Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
Affichage des articles dont le libellé est Saint Païssios. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Saint Païssios. Afficher tous les articles
samedi 17 juillet 2021
lundi 23 mai 2016
Saint Paissios et le staretz Jacques (Iacovos) d'Eubée

Père Jacques d'Eubée, saint Paissios, saint Porphyries
*
Témoignage du hiéromoine Iakovos:
"J'étais laïc, étudiant du Lycée Ecclésiastique de Lamia, en 1986, sous le nom de Jean. Je suis allé au Mont Athos, et j'allai rendre visite, avec la bénédiction de mon staretz Jacques (Iakovos [Tsalikis]), le staretz Païssios, afin d'être conseillé par lui, pour savoir si je devais devenir moine ou non.
Le staretz Jacques avait une grande vénération pour le staretz Païssios, et quand je suis allé vers lui, il m'a donné quelque chose à lui donner comme bénédiction, et il m'a dit: "Dis au staretz Paissios, lorsque tu arriveras à Thessalonique, qu'il devrait venir nous voir. Quant à moi, Jean, il m'est difficile d'aller voir le staretz, parce que je dois passer au-dessus des montagnes, des vallées, de la mer, et ma santé ne me le permet pas, sans oublier que le staretz Païssios est un saint, moi je suis pécheur et indigne." Il m'a alors donné 5.000 drachmes pour allumer un cierge dans sa chapelle.
Quand je suis allé à la Sainte Montagne, j'ai rencontré le staretz juste devant sa porte. Dès qu'il m'a vu - je voyageais avec un hiéromoine - il m'a dit:
"Hé, c'est bon de te voir, c'est bon de te voir!"
Nous avons reçu sa bénédiction, et il m'a dit:
"Hé, que penses-tu? Allons-nous faire de toi un moine?"
"Staretz," lui ai-je dit, "j'ai un problème avec mes parents."
"Écoute ce que je te dis, laisse tes parents pleurer pendant un mois ou deux, de sorte que tu ne puisses pas pleurer éternellement, et avant que tu ne perdes le trésor." (Il faisait allusion au staretz Jacques, sans que je lui ai dit où je pensais devenir moine.)
"Staretz," lui ai-je dit, "tu as la bénédiction du Père Jacques de [l'église du] Vénérable David [d'Eubée]."
"Oh, mon enfant, ce sont là les saints qui luttent aujourd'hui et qui prient avec humilité et amour. Je ne suis pas digne de voir ce géant de l'Orthodoxie, mais il y a aussi une très grande distance pour le rencontrer, et cela exige une lutte et beaucoup d'efforts. Mais Dieu nous a donné l'amour, et nous communiquons entre nous spirituellement. "
"Staretz, est-il béni pour moi de vénérer dans ta chapelle pour une bénédiction?"
"Non, ce n'est pas nécessaire."
"Staretz, aie de l'amour, pour une bénédiction!!!"
"Non, mon enfant, peut-être parce que le staretz Jacques t'a donné 5.000 drachmes, et par la suite, que vais-je faire avec ça, parce que je suis un moine?"
Il ne me laissa pas aller vénérer. Il me donna un chapelet de laine et une petite croix à donner au staretz.
Quand je suis retourné au monastère, le staretz Jacques me reçut avec joie. Et je lui ai donné les cadeaux du staretz Païssios et immédiatement il m'a dit: "Les 5.000 drachmes que le staretz Païssios n'a pas acceptées, lorsqu'il ne t'a pas laissé vénérer dans la chapelle, prends-les pour toi pour tes dépenses à l'école de Lamia." J'ai été stupéfait.
"Staretz, comment sais-tu cela?"
Et il m'a dit, en me chuchotant à l'oreille: "Nous, mon enfant, nous communiquons spirituellement."
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
samedi 30 janvier 2016
Saint Païssios l'Athonite: Une vie aisée et le christianisme ne vont pas ensemble
Saint Païssios l'Athonite
Malgré les apparences et l'indignité des moines et du clergé, l'Eglise est une source inépuisable de miracles. Elle prend de l'eau et rend de l'eau bénite; elle prend le pain et le vin et fait l'Eucharistie; elle prend l'homme fait de boue et fait de lui un dieu! Mais beaucoup de gens ne voient pas les miracles. Parce que s'ils les voyaient, ils ne mépriseraient pas ou ne haïraient pas l'Église du Christ, mais ils l'aimeraient et l'honoreraient et ils ne parleraient pas d'elle avec mépris comme ils le font.
Les chrétiens sont destinés à porter une lourde croix dans leur vie. C'est une chose difficile à dire que vous croyez dans le Seigneur et aussi que vous avez une vie aisée dans cette vie. Parce que, quand vous rencontrez la facilité d'une vie aisée sur terre, il y a quelque chose de mal en vous-même; vous vous souciez de l'or de la terre et non pas des trésors du ciel. Mais quand vous pensez ainsi, vous êtes loin de la volonté de Dieu. La vie chrétienne et une vie aisée ne vont pas ensemble; ce sont des choses différentes.
Une fois un médecin bien connu est venu parler ici. Sa femme était aussi médecin, c'étaient deux personnes religieuses. Il se plaignait que ses enfants menaient une vie mondaine et non seulement ne suivaient pas les traditions de familiales de l'Eglise, mais les considéraient aussi avec ironie.
Ils caractérisaient les chrétiens comme des déficients mentaux, à l'esprit étroit, malhonnêtes, hypocrites et coquins, parce que leur vie, disaient-ils, ne cadrait pas avec leurs paroles, et leurs actes n'étaient pas chrétiens.
Même à la Sainte Onction, que les parents faisaient une fois par an dans leur maison avec leurs enfants, à laquelle ils participaient quand ils étaient jeunes, maintenant ils n'étaient plus présents.
Le médecin semblait très fatigué et désespérait de la régénération spirituelle de ses enfants. Et il pensait que tous les efforts, les siens et ceux de sa femme, étaient en pure perte; ils n'étaient pas appréciés, et les enfants n'étaient pas touchés.
À un certain point le médecin, mettant sa tête à l'intérieur de ses deux mains, comme pour couvrir son visage à cause de sa honte, m'a dit: "Je crains que tout cet argent nous a fait du mal."
Je lui ai demandé de me dire ce qu'il voulait dire, et il a très franchement admis qu'ils s'étaient égarés et avaient acquis beaucoup de choses qui étaient complètement inutiles. "Nous avons trois grandes maisons," dit-il, "une pour nous et une pour chaque enfant. En outre, deux maisons de campagne, quatre voitures de luxe, un bateau, des comptes en banque, et beaucoup de choses matérielles. "
Il a poursuivi: "Les enfants sont devenus gâtés et maintenant nous sommes accusés par eux d'avoir causé cela. En outre, ils nous disent que nous avons magnifiquement marié la richesse avec le christianisme. "
Il m'a alors demandé de lui dire que faire pour faire revenir la paix et l'unité dans la famille.
Je lui ai dit de tout donner tout aux pauvres et de ne garder qu'une seule maison, une maison de campagne et leurs salaires. Effrayé, il a changé de couleur, a eu peur, et a été déçu par la réponse que je donnais.
Il partit et ne revint jamais. Il était attaché à ce qui est ici-bas, pas au-dessus. Voilà pourquoi les enfants s'étaient tournés vers d'autres modes de vie différents de ceux que leurs parents leur avaient suggérés.
Quand j'entends qu'il y a une grande pauvreté et de la misère, je suis grandement blessé et je ne puis pas prier.
Je ne dis pas que lorsque vous avez deux tuniques d'en donner une. Ceci est inhabituel et difficile pour la plupart. Mais si vous voulez être appelé chrétien et avoir de bonnes choses de Dieu, pourquoi au lieu de dépenser de la sueur et lutter pour les choses mentionnées ci-dessus, ne pas faire la charité et s'adonner aux bonnes œuvres? Il construit ses fondations sur le sable, celui qui a beaucoup d'argent et le gère égoïstement, inconscient de la pauvreté et de la misère de ses semblables.
Avez-vous vu des vêtements mortuaires avec des poches? Tout reste ici-bas. Seules les bonnes œuvres vont au ciel. Vous savez pourquoi il y a des guerres? Pour l'argent. Parce que les riches ne peuvent pas mettre un frein à la cupidité et les pauvres ne souhaitent pas acquérir le nécessaire, mais ont l'envie des richesses et de la gloire des riches.
Vos poches doivent toujours être ouvertes pour permettre à l'argent de partir vers les organisations caritatives. Il est scandaleux qu'il y ait des poches pleines d'argent, et qu'elles soient cousues.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
jeudi 16 juillet 2015
Conseils Spirituels de saint Païssios l'Athonite: La Télévision (R)
Comment la télévision abîme nos âmes, et plus particulièrement celle des jeunes.
La télévision nous fait un grand tort. Elle est particulièrement destructrice pour les enfants. Un enfant de sept ans est venu à l'ermitage un jour. J'ai vu le démon de la télévision parler par la bouche de l'enfant, exactement comme les démons parlent par la bouche des possédés.
C'était comme un bébé né avec toutes ses dents. Il n'est pas facile de trouver des enfants normaux; ils deviennent de petits monstres. Et vous voyez qu'ils ne pensent plus par eux-mêmes, ils ne font que répéter ce qu'ils ont entendu et vu à la télévision.
C'est pour cela qu'ils ont inventé la télévision: pour abrutir les gens et les rendre stupides afin qu'ils prennent tout ce qu'ils entendent et voient à la télévision pour des faits avérés, et qu'ils agissent en conséquence.
Nous devrions inciter nos enfants à rechercher une "télévision spirituelle".
[ Il faut aider les mères] à comprendre que la télévision endort l'esprit des enfants. Ils perdent leur capacité de penser par eux-mêmes, de penser d'une manière critique- sans oublier les dommages qu'elle cause à leurs yeux.
Et nous parlons d'une télévision faite par les hommes. Mais il est une autre sorte de télévision, une télévision spirituelle. Quand les gens déracinent leur vieux moi, et que les yeux de l'âme sont purifiés, ils peuvent voir le futur sans l'aide d'aucune machine. Ont-ils dit à leurs enfants que c'était là une autre sorte de télévision? S'ils ne le font pas, ces boîtes rendront nos enfants stupides.
(N.B: : Père Païsios joue sur le sens du mot télévision, vision au loin, vision de l'avenir spirituel, du Royaume)
Version française Claude Lopez-Ginisty
dimanche 12 juillet 2015
vendredi 13 mars 2015
Saint Père Païssios l'Athonite: De la Confession
- Pourquoi échouons-nous parfois à nous engager dans la bataille nécessaire pour nous corriger, malgré le fait que notre conscience nous accuse?
- Cela peut se produire à cause d'une certaine forme de défaillance spirituelle. Si une personne est prise de panique à cause de certaines tentations qui lui arrivent, elle veut entreprendre la lutte spirituelle, mais n'a ni la disposition nécessaire ni les pouvoirs spirituels de le faire. Dans un tel cas, on doit se mettre intérieurement en ordre à l'aide de la confession. Avec l'aide de la confession, on reçoit la consolation, on soutient ses forces, et par la grâce de Dieu, on trouve une fois de plus la volonté d'engager la lutte spirituelle. Si l'on ne se met pas en ordre de façon appropriée, une autre tentation peut nous assaillir. En conséquence, nous trouvant dans une telle condition de triste oppression, on se décompose encore plus, on est étouffé par des idées, on devient déprimé, et on ne peut pas du tout entreprendre la lutte spirituelle.
En outre, dans la confession, il faut être spécifique. Il ne suffit pas d'énumérer ses péchés durant la confession - par exemple "Je suis envieux, je me suis mis en colère", etc. Afin de recevoir de l'aide, on doit confesser ses défauts spécifiques.
En omettant de faire une confession concrète/spécifique, on se moque du Christ. Si l'on ne confesse pas la vérité à son père spirituel, si on ne lui révèle pas son péché afin que le père spirituel puisse être en mesure de nous aider, on se fait un préjudice grave, comme une personne malade qui fait un grand mal à sa santé en cachant sa maladie à son médecin.
En outre, celui qui a agi injustement envers quelqu'un d'autre, ou qui, par son comportement a blessé quelqu'un, doit d'abord aller vers celui qu'il a offensé et lui demander humblement son pardon, se réconcilier avec lui, et ensuite il doit se confesser à son directeur spirituel afin de recevoir l'absolution. De cette façon, la grâce de Dieu vient à lui. Si on confesse un péché à son père spirituel sans avoir d'abord demandé pardon à celui qu'on a blessé, il sera impossible pour l'âme d'être en paix, car dans un tel cas, le [pécheur] ne s'humilie pas.
- Géronda, si on a commis un péché grave, est-il permis de remettre à plus tard la confession?
- Il faut le faire le plus vite possible. Si on a une plaie ouverte, devrions-nous attendre pendant un mois, et seulement alors la traiter? Non. Dans un tel cas, il ne faut pas attendre un moment où le père spirituel aura plus de temps, ou une meilleure possibilité de nous consacrer plus d'attention. Cela ne prend pas beaucoup de temps pour décrire notre condition au père spirituel. Si la conscience fonctionne correctement, on peut décrire son état en quelques mots. Cependant, s'il y a crise intérieure, on peut dire beaucoup de paroles, et ne pas donner au père spirituel une impression de son état.
- Géronda, si pendant la confession, le pénitent ne ressent pas la douleur qu'il éprouvait en commettant le péché, est-ce que cela signifie qu'il ne se repent pas vraiment?
- Si un certain temps s'est écoulé depuis qu'il a commis le péché, la plaie commence à se fermer, et c'est pourquoi il ne le ressent pas comme une grande douleur. Mais voici, ce que l'on devrait veiller à garder à l'esprit: dans la confession, il ne faut pas chercher à se justifier. Quelqu'un qui, pendant confession se livre à l'auto-justification ne reçoit pas de consolation intérieure, peu importe combien il fait taire sa conscience. Les auto-justifications derrière lesquelles il se cache pendant la confession deviennent un fardeau pesant sur sa conscience.
- Géronda, j'ai lu quelque part que dans la vie future, les démons nous tourmenteront, même pour une mauvaise pensée que nous n'avons pas confessée.
- Eh bien, quand quelqu'un se confesse sans intention de cacher quoi que ce soit, et dit à son père spirituel ce dont il se souvient, le sujet est clos, et les démons n'ont aucun pouvoir sur lui. Toutefois, s'il ne parvient pas à confesser consciemment certains de ses péchés, il sera tourmenté pour ces péchés dans la vie future.
- Géronda, si quelqu'un a confessé les péchés de sa jeunesse, mais y pense à nouveau et est tourmenté par eux, son attitude envers eux est-elle correcte?
- Si, ayant ressenti une grande componction pour les péchés de sa jeunesse, quelqu'un les a confessés, il n'y a aucune raison d'être à la torture à cause d'eux, car à partir du moment où il a confessé ses péchés au cours de sa confession, Dieu l'a pardonné.
Après cela, il n'est pas nécessaire de rouvrir la plaie de ses anciens péchés, en particulier ses péchés de la chair; en faisant cela, il peut se faire du mal.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
samedi 31 janvier 2015
Saint Païssios l'Athonite: Un chrétien ne doit pas être fanatique.

Un chrétien ne doit pas être fanatique; il doit avoir de l'amour et être sensible envers toutes les personnes. Ceux qui font inconsidérément des commentaires [négatifs], même s'ils sont vrais, peuvent causer des dommages.
J'ai rencontré un jour un théologien qui était extrêmement pieux, mais qui avait l'habitude de parler aux laïcs autour de lui d'une manière très directe; sa méthode pénétrait si profondément qu'il les secouait très sévèrement.
Il m'a dit une fois: "Au cours d'une réunion, j'ai dit telle ou telle chose à une dame." Mais la façon dont il l'a dit, l'écrasa. "Et bien", lui ai-je dit, "tu peux jeter des couronnes d'or parsemées de diamants à d'autres personnes, mais la façon dont tu les jettes sur elles peut casser les têtes, non seulement celles de ceux qui sont sensibles, mais aussi celles de ceux qui sont solides."
Ne lapidons pas notre frère d'une manière soi-disant "chrétienne." La personne qui, en présence d'autres personnes, reprend d'une "manière chrétienne" quelqu'un pour avoir péché (ou parle d'une manière passionnée d'une certaine personne), n'est pas mue par l'Esprit de Dieu; elle est mue par un autre esprit.
La voie de l'Eglise est l'amour; elle diffère de la manière des légalistes. L'Église voit tout avec tolérance et vise à aider chaque personne, quoi qu'elle ait fait, et aussi pécheresse qu'elle soit.
J'ai observé un genre particulier de logique chez certaines personnes pieuses. Leur piété est une bonne chose, et leur prédisposition au bien est aussi une bonne chose; toutefois, un certain discernement spirituel et une certaine largeur d'esprit est nécessaire pour que leur piété ne soit pas accompagnée par l'étroitesse d'esprit ou un fort entêtement. Quelqu'un qui est vraiment dans un état spirituel doit posséder et illustrer le discernement spirituel; sinon il restera à jamais attaché à la "lettre de la loi", et la lettre de la loi peut être très mortelle.
Une personne vraiment humble ne se comporte jamais comme un professeur; elle écoute, et, chaque fois que son avis est demandé, elle répond humblement. En d'autres termes, elle répond comme un étudiant. Celui qui croit qu'il est capable de corriger les autres est rempli d'égoïsme.
Une personne qui commence à faire quelque chose avec une bonne intention et à la fin atteint un point extrême, manque de discernement véritable. Ses actions sont un exemple d'un type latent d'égoïsme qui est caché sous ce comportement; elle l'ignore, parce qu'elle ne se connaît pas bien, c'est pourquoi elle en vient à des extrêmes.
C'est comme les icônodules et les icônomaques. Extrêmes étaient les uns et les autres étaient extrêmes aussi!
Les premiers en vinrent au point de racler l'icône du Christ pour en jeter la poussière dans le Saint Calice, de sorte que la Sainte Communion pourrait devenir meilleure; les autres encore brûlèrent les icônes et les jetèrent.
C'est pourquoi l'Église a été contrainte de mettre les icônes en hauteur et, quand la persécution fut passée, elle les a descendues, de sorte que nous puissions les vénérer et honorer la personne représentée.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
lundi 19 janvier 2015
Sur l'excellent blog de Maxime: Saint Père Païssios
CANONISATION DE PÈRE PAÏSSIOS. ENFIN ! ET ENFIN UNE BONNE NOUVELLE
*
En hommage à notre très grand Saint ce texte de la préface du livre de St Paissios :
Nous qui avons connu l'Ancien Païssios, nous pouvons affirmer qu'il se place dans la lignée de Hadji Géorgis, non seulement au sens le plus large, c’est-à-dire comme moine athonite, mais encore au sens plus restreint de grand «lutteur», ascète et jeûneur. Il fut en effet un moine, qui, ayant atteint la mesure spirituelle de Hadji-Géorgis, préserva son typicon ascétique et le transmit jusqu’à nos jours.
Deux vies parallèles, qui présentent maintes similitudes. Tous deux partirent de leur pays natal dès leur jeunesse, tous deux quittèrent leurs parents pour l’amour du Christ tous deux «firent sortir» leur amour du cercle de leur petite famille et acquirent ainsi l’amour divin, si bien qu'ils considéraient tout homme comme leur frère. Ils devinrent enfants de la grande famille de Dieu et voyaient sur le visage de chaque homme l’Adam total - tout le genre humain. Ils n’avaient pas de projets propres. Aussi Dieu les fit-Il entrer dans Son divin Projet. Ayant compris la grande dignité de l'Habit Angélique et les délices de la véritable vie monastique, ils ne désirèrent pas d’autres dignités. Et alors qu’ils s’efforçaient de se cacher et de rester dans l’ombre, Dieu les révéla aux hommes.
Tous deux avaient reçu les dons de la Grâce de Dieu en abondance, en particulier, celui de réconciliation avec la nature et les bêtes sauvages - comme avant la Chute. L’un s’entendait avec les sangliers et les hébergeait; l’autre avec les vipères et les lézards. Chacun d’eux possédait de façon évidente le don de clairvoyance, qui fonctionnait comme une «télévision» spirituelle. Tous deux avaient aussi le don de guérison des malades. Et ils utilisaient ces dons, non pour se mettre en avant, mais pour affermir et consoler les hommes souffrants et désespérés en les aidant à trouver la voie du salut.
Déja de leur vivant, leur renommée avait dépassé les limites de la Sainte Montagne et de la Grèce. De partout, les gens accouraient à eux pour leur profit spirituel. De l’aube jusqu'au soir, ils recueillaient la douleur de ceux qui souffrent et réchauffaient leur cœur par leur amour spirituel, semblable au soleil du printemps. C’est pourquoi à leur contact les cœurs des hommes s'ouvraient et devenaient aptes à recevoir la Miséricorde de Dieu. Ils usaient du retranchement de la volonté selon l’esprit des Pères, c’est-à-dire ils élaguaient les passions avec discernement et ne tranchaient pas sans discernement. Comme Ils étaient réellement saints, les hommes se soumettaient à eux par respect, et non par crainte.
Tous deux se sacrifièrent à Dieu par l’ascèse pratiquée avec philotimo et servirent les hommes d'un amour désintéressé. Ils se reposaient rarement sur un lit. Le repos pour eux était la «station» dans leur stalle. Là, ils se réjouissaient des agrypnies et s’en nourrissaient spirituellement. «J’ai préféré la dernière place dans la maison de Dieu, plutôt que d’habiter sous les tentes des pécheurs» (Ps 83,11). Ils ne «voyaient» presque jamais leur cellule, car, la nuit, ils étaient à 1’église et 1e jour, c’étaient les hommes souffrants qui les «voyaient». Tous ceux qui vécurent auprès de Père Paissios pendant la dernière période de sa Vie, c’est-à-dire après son opération, peuvent certifier la véracité de cette parole. L’aumône était une autre de leurs caractéristiques. Le Përe Paissios, non seulement «jeûnait comme Hadji-Géorgis», mais encore «donnait comme Hadji-Géorgis». «Qu'est-ce que c’est qu’un cœur miséricordieux? C’est un cœur brûlant d’amour pour toute la création», dit saint Isaac le Syrien, dont l'Ancien faisait ses délices quotidiennes. Il avait hérité de Hadji-Géorgis cette règle de donner en bénédiction” lesbénédictions qu’on lui donnait et de rester lui-même toujours plus pauvre que les pauvres. Il envoyait les sacs de provisions qu’on lui apportait à de vieux moines impotents et alités au Skite de Koutloumoussi ou à d‘autres Cellules” en disant: «À quoi cela me servira-t-il? Va-t-on ouvrir un supermarché? Je ne suis pas venu ici en vacances. Donnez-les ) à ce petit vieux qui en a besoin!»
Dans les dernières pages du livre, consacrées aux péripéties et épreuves de Hadji-Géorgis, le Vieillard Paissios s’efforce d’aider tout homme souffrant et ayant subi l’injustice à interpréter correctement les afflictions causées par les autres et à pouvoir s’en réjouir. Le dépassement des afflictions qu’il propose est parfaitement biblique et patristique. Ceux qui ont subi l'injustice, souligne-t- il, sont les enfants bien-aimés de Dieu et peuvent se réjouir et exulter auprès du Christ ayant subi l'injustice. Pourtant, son grand discernement et son amour s’efforcent non seulement d’approcber et d'aider ceux qui souffrent à interpréter les afflictions et épreuves des justes, mais aussi d’amener au repentir ceux qui nuisent aux autres et leur font du tort. Seule l'approche pastorale et si patristique d‘un cœur brûlé par l’amour peut ne pas décourager les injustes et les pécheurs et arranger toutes choses, afin que pas une seule âme faible ne se perde.
Maintenant, le corps de Père Paissios, usé par l'ascèse, repose, selon son désir, dans la cour du monastère de saint Jean le Tbéologien, près du village de Souroti, «dans la maison et les bras de son saint», saint Arsène de Cappadoce. Et son âme sanctifiée se réjouit et exulte «dans les parvis du Seigneur», «dans les demeures des anges», qu ’il avait désirés par toute sa Vie. La, il intercède auprès de Dieu pour nous. Il se trouve avec saint Arsène, avec l'Ancien Hadji-Géorgis et les autres Pères hagiorites, dont il imprima la vie, non seulement dans ses livres, mais aussi par sa vie. Il est difficile de discerner laquelle de ces deux empreintes est la plus exacte. Nous rencontrons rarement ressemblance et identification si admirables entre le biographe et son personnage. Le souci du Père Païssios que l’esprit de la Vie des moines du Mont Athos et plus généralement du monachisme soit gardé avec authenticité et fidélité ainsi que son amour pour tous les hommes — «la grande famille d’Adam», l’Église - accomplirent ce double miracle.
Sa simple sépulture, qui héberge son corps habité par la Grâce de Dieu, affermit les hommes dans leur combat, leurs souffrances et leurs épreuves, car elle fait «jaillir des miracles et est une source de guérison». Ses livres emplis de grâce et de sagesse patristique guident le lecteur de manière accessible à tous dans la voie de la vie spirituelle orthodoxe et I’aident à trouver le chemin du salut. Toute l'Orthodoxie est concernée et intéressée par le Père Paissios et par ses livres. […] Ces quelques lignes à la mémoire du Grand Ancien se veulent un humble témoignage de reconnaissance et de gratitude pour tout son amour et ses prières.
Professeur Anestis KesséIopouIos
le 26 septembre 1995 fête de Saint Jean 1e Théologien
(extrait de la préface du livre
"Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis) moine du Mont Athos 1809-1886)"
édition du monastère de St Jean Le Théologien, Souroti de Thessalonique Grèce
![]() |
| Très Saint Père Païssios prie Dieu pour nous ! |
Inscription à :
Articles (Atom)



