"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
Affichage des articles dont le libellé est Patéricon de Jordanville. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Patéricon de Jordanville. Afficher tous les articles

mardi 8 juillet 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (XI)c


Do and Don't


11. Le Soleil Rouge (III)

L'archimandrite Wladimir passa 39 ans au Monastère de la Sainte Trinité. pendant la guerre, en tant que jeune laïc, il se retrouva à Munich. De là, il partit pour Jordanville où il arriva en mars 1949. C'est ainsi que l'ouvrier Basile ( c'était son nom de laïc) apparut d'abord à Jordanville. Bientôt, pour la fête de l'Annonciation, il fut revêtu d'une soutaine par l'archevêque Vitaly ( Maximenko) et il fut fait novice.

Père Wladimir se souvient que durant ses jeunes années monastiques, la vie au monastère était très dure. Les frères devaient travailler du matin jusque tard dans la soirée à accomplir de laborieuses obédiences. Il n'y avait presque pas de machines, et la plupart des travaux se faisaient à dos de cheval. Et en même temps, il fallait aussi faire leur travail académique du séminaire. " Quelquefois je trayais les vaches avec mon livre de grec à côté de moi sur le sol. Et pendant que je trayais la vache, je lisais ma leçon." L'ordination du diacre Wladimir au diaconat le jour du Saint Esprit ( Pentecôte) en 1953 est lié à l'incident qui suit...

L'archimandrite Averky ( Tauchev) devait être ordonné évêque à Jordanville. Il devaient trouver un candidat pour la cléricature pour qu'il soit ordonné par l'évêque nouvellement ordonné. Ce jour-là, Père Wladimir avait pour obédience de travailler comme cuisinier au réfectoire. Il fut emporté pour ainsi dire de la cuisine. Le métropolite Anastase ( Gribanovsky) qui était arrivé à Jordanville pour l'ordination de l'archimandrite Averky mentionna en rapport avec cet événement: " Un diacre est le serviteur des tables."

Bien que le Seigneur lui eût donné des dons obvies de consolation et de claivoyance, Père Wladimir resta un moine modeste et humble. Il ne se considérait pas comme un staretz ou un clairvoyant. Le fait que bien qu'il fût déjà archimandrite, il signait encore ses nombreuses lettres higoumène Wladimir, montre sa modestie.

Père Wladimir mourut le 7/20 août 1988. d'une tumeur au cerveau. Avant sa mort, il communia plusieurs fois, et il alla à la rencontre de son Seigneur presque immédiatement après avoir reçu les Saints Mystères. Un grand nombre de gens qui vénéraient Père Wladimir vinrent pour le service funèbres et l'église fut pleine. En relation avec ceci, Vladika Laure dit dans son discours d'adieu que tous les gens étaient rassemblés là par l'amour de Père Wladimir.

Le chemin terrestre de Père Wladimir s'acheva et le Soleil Rouge de Jordanville se coucha. Il se coucha, mais pas pour ceux qui avaient connu et aimé Père Wladimir, car même aujourd'hui ils sont réchauffés par la tendre lumière de son sourire rayonnant, tandis que toute parole d'affection qu'il prononça résonne encore dans leur cœur. Même ceux qui ne connaissaient pas Père Wladimir semble ressentir sa présence au monastère et au séminaire.

Beaucoup de pèlerins qui visitent le monastère viennent encore vers Père Wladimir, même pas à son bureau comme autrefois, mais à sa tombe qui est située derrière l'autel de la cathédrale de la Sainte Trinité.

Père Wladimir, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mercredi 2 juillet 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (XI)b


Glistening in the Sun

10. Le soleil rouge (II)

Père Wladimir parlait et se déplaçait rapidement et vivement. L'archimandrite Cyprien qui était bien connu pour son œil acéré d'observateur, avait l'habitude de comparer pour plaisanter Père Wladimir à un écureuil. Le fait que Père Wladimir se promène souvent autour du monastère en pantoufles, lui donnait un certain charme. L'allure même de Père Wladimir séduisait les gens dès qu'ils le rencontraient. Sa grande barbe blanche comme neige, son visage rond et ses bons yeux brillants faisaient ressembler Père Wladimir à un des startsy d'Optina ou de Valaam au XiXème siècle. 

Après les complies, Père Wladimir restait dans son bureau pour répondre au courrier jusqu'à deux ou trois heures du matin.. Sa correspondance était très abondante. il essayait de répondre à chaque lettre avec amour et d'unbe manière informelle. Il cpmmençait souvent des lettrres à des gens qu'il connaissait à peine avec les mots: "Mon très cher..." auxquels il ajoutait le nom de la personne. Sa gentillesse ne causait aucun embarras, au contraire, elle enthousiasmait et réconfortait les gens, cvar elle était sincère et non artificielle.

Le bon cœur de Père Wladimir était rempli d'amour pour toute la création de Dieu. Il nourrissait les oiseaux de la fenêtre de son bureau, c'est pourquoi une troupe bariolée de ses amis à pluumes volait toujours près de sa fenêtre.

Père Wladimir n'aimait pas seulement les oiseaux; il collectionnait aussi les pèetites figurines d'oiseaux qu'il gardait sur le rebord de sa fenêtre. Un jour, un pèlerin lui demanda d'expliquer ce qu'était le péché "d'apreté au gain" [ le fait d'aimer posséder ]. Il pointa du doigt sa collection de figurines et répliqua: "C'est comme ce que j'ai sur le rebord de ma fenêtre."

Un soir, un homme récemment arrivé de Russie et qui avait grand besoin d'argent, vint rendre visite à Père Wladimir. Etant mis au courant de ses difficultés, Père Wladimir se réjouit et lui tendant septante dollars lui dit: " Voilà qui est bien, je commençai à m'inquiéter que le jour s'achève sans que je n'aie fait quoi que ce soit de bien."

Un autre inciudent démontre non seulement la générosité, mais également la claivoyance de Père Wladimir. Un serviteur de Dieu avait aussi grand besoin d'argent, mais il n'avait rien dit à Père Wladimir. Il le croisa par hasard dans un corridor. Ce dernier sortit silencieusment un chèque de sa poche et le tendit à l'homme. Le chèque était d'un montant égal à la somme dont avait besoin cet homme.

Il y eut d'autres incidents qui prouvèrent la clairvoyance de Père Wladimir. Le moine Benjamin se souvient qu'un jour, le doyen du séminaire, Eugène Eulampiévitch Alphériev l'envoya au bureau pour rapporter du miel ( une partie du miel à vendre était gardé dans ce bureau.) Dès que Père Benjamin passa le seuil, Père Wladimir lui dit: " Le miel est là, sur le rebord de la fenêtre.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mardi 1 juillet 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (XI)a





Archimandrite Waladimir (Soukhobok)


10. Le Soleil Rouge (I)

Tout pèlerin qui arrive de Russie dans n'importe quel monastère, pose généralement la question suivante: "Y a-t-il des startsy dans le monastère?. Si l'on parle de Jordanville dans cette optique, il ne sera pas exagéré de dire que l'esprit de ce monastère est l'esprit d'humilité. Il n'est pas habituel d'appeler qui que ce soit staretz à Jordanville, bien que, d'après les critères de la Russie, il y a eu et il y a encore des personnes dignes de ce nom en ces lieux. Dans le passé, l'higoumène Philémon ( + 1953). moine vieux-calendariste de Valaam et premier père spirituel du monastère, était particulièrement vénéré tout comme les archimandrites Antoine ( Yamchikov) et Mitrophane ( Manouilov) déjà mentionnés. Pourtant, le très vénérable archimandrite Wladimir ( Soukhobok) mérite une attention spéciale des admirateurs des startsy.

Père Wladimir... toute une période de Jordanville est liée à son nom. Ses enfants spirituels l'appelaient le "Soleil Rouge" en l'honneur de son saint patron, le saint prince Wladimir, le baptiste de la Russie. Et Père Wladimir était en vérité le Soleil Rouge de Jordanville. Un jour l'archevêque Antoine de Los Angeles, évêque qu'on ne pouvait soupçonner d'être sentimental, dit à un jeune homme qui s'apprêtait à partir pour ses études au séminaire de la Sainte Trinité. " Quand tu arriveras là-bas, va au second étage , au bureau du monastère voir le Père Wladimir. Il t'enthousiasmera tout de suite. Il a un véritable rayonnement autour de sa personne."

Le bureau était l'endroit où Père Wladimir accomplissait son obédience, là où il passait la plus grande partie de son temps. Il y allait après le petit déjeuner et y restait jusque tard dans la nuit. Lorsque Père Wladimir était encore en vie, l'amour régnait en maître dans ce bureau. Ses portes étaient ouvertes, non seulement les jours de semaine, mais aussi le dimanche et les jours de fête. Les pèlerins et les séminaristes qui rendaient visite à Père Wladimir étaient accueillis par les paroles suivantes: " Entre! Entre, très cher!"

Père Wladimir avait indubitablement le don de consoler. Il aimait tout le monde, il trouvait une parole pour chacun; il "réchauffait" tout visiteur, quel qu'il soit. Je vais vous en donner un exemple dans un incident qui arriva. Un jour, une femme arriva au monastère. Elle était habillée à la dernière mode, portait du maquillage et était, comme on le dit, remplie d'elle-même. La première personne qu'elle vit était un frère du monastère vieux et respectable. Il lui fit rapidement rencontrer Père Wladimir, pensant en lui-même: " Qu'est-ce qu'une personne comme elle a à faire ici? Pourquoi est-elle venue ici?" Imaginez sa surprise quand, entrant dans le bureau un peu plus tard, il vit la même femme versant des larmes de repentance après une conversation spirituelle avec Père Wladimir.

Les séminaristes plus particulièrement, apportaient souvent leur "problèmes " à Père Wladimir. A l'un d'entre eux qui était découragé et qui désespérait, Père Wladimir dit avec son sourire rayonnant comme un soleil:" Ne sois pas troublé, frère. Quand tu quitteras ce lieu, tu oublieras tous tes griefs et tu ne te souviendras que de ce qui était bon et heureux; tu te souviendras avec amour des années que tu passas à Jordanville." Les années passèrent, et ce séminariste vit la vérité de ces paroles de Père Wladimir.

Père Wladimir oignait tous ceux qui lui rendaient visite avec de l'huile de la lampade du sépulcre de saint Jean ( Maximovitch) qui en ces temps n'avait pas été glorifié. Une photo de ce hiérarque était accrochée sur un des murs du bureau. Père Wladimir vénérait aussi profondément la mémoire de l'empereur Paul 1er. Il avait l'habitude de dire: " A partir de Paul 1er, tous nos tzars furent des saints." Chaque soir, après les complies, Père Wladimir servait un acathiste à la Sainte Mère de Dieu. Beaucoup des diplomés du séminaire qui sont à présent members du clergé, se souviennent avec enthousiasme de ces acathistes.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

lundi 30 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (X)




Père Alexis (+ 2000 A.D.)


10. Un vieux guerrier

La pause après le repas est presque finie, Il est temps de vaquer à nos obédiences. Les habitants de Jordanville ont différents types d'obédiences: au bureau au séminaire, à l'imprimerie, à la ferme, au garage, au jardin potager, à l'église, à la bibliothèque, à la cuisine, à la boulangerie et en d'autres lieux.

Ainsi, le moine Alexis travaille à la librairie. Il a déjà plus de nonante ans, pourtant il surpasse beaucoup de jeunes moines par sa diligence envers son obédience et dans l'assistance aux offices de l'église.

Le moine Alexis était cadet à Omsk avant la révolution. Beaucoup de choses sont arrivées pendant le cours de sa vie. Il se souvient que lorsque le Tzar fut forcé à renoncer à son trône, les gens dans les rues se réjouissaient et portaient des rubans rouges tandis qu'eux, petits cadets pleuraient devant le portrait de Sa Majesté l'Empereur Nicolas II.

Le moine Alexis apprit l'obéissance dans l'armée. Il dit qu'il a échappé à la mort trois fois quand il a accompli la volonté de son commandant au lieu de la sienne propre. Jusqu'à ce jour, Père Alexis reste loyal à ses amitiés de l'armée. Chaque jour à l'autel, on lit ses dyptiques portant les noms des soldats morts.

Malgré son grand âge, Père Alexis s'occupe de la tombe de l'archevêque Séraphim ( Svezjevskii, + 1966), ancient cadet d'Odessa. L'incident suivant eut lieu un hiver. Père Alexis alla à la tombe de Vladika Séraphim afin d'y mettre un nouveau cierge. Il était environ 4h 30 du matin, avant l'office de Minuit, et il tomba dans une congère profonde. Il y tomba et ne put en sortir. Dieu merci, un novice qui passait aida Père Alexis à sortir de la congère.

Père Alexis avait connu aussi le hiérarque Jean de San Francisco, en Serbie et en France. Il se souvient: " Pendant trois ans, j'ai servi comme chantre et lecteur à Vladika Jean de Bruxelles. Quel homme poli et plein de tact c'était! Chaque fois qu'il allait à Paris, il bénissait tout le monde. Il partait souvent en retard pour son train, selon l'horaire officiel. On le pressait. Pourtant à chaque fois le train était en retard et il arrivait à le prendre."

Bien que Père Alexis ne soit pas toujours de bonne humeur et qu'il puisse quelquefois même se montrer sévère en paroles, je pense que quiconque puisse lui en tenir rigueur longtemps, ou ne pas l'aimer.

Je considère Père Alexis, comme le dernier lien avec les cadets d'Omsk qui ne trahiraient ni le Roi Céleste, ni le roi terrestre, et cela m'effraie de penser à ce qui arrivera lorsque des gens comme lui nous quitteront. Il n'en reste qu'une poignée. Y aura-t-il d'autres guerriers du Christ qui serviront l'Eglise, le Tzar et leur Patrie avec autant de constance que la génération de Père Alexis?

Sur ce, cher lecteur, nous terminerons notre promenade autour de Jordanville. Maintenant asseyons-nous à une table, à l'ombre des pommiers... C'est ici que les visiteurs et les habitants de Jordanville aiment à se reposer. Là, vous pouvez entendre de la bouche de ceux qui résident depuis longtemps au monastère, de nombreuses histoires profitables à l'âme. Asseyons-nous et écoutons les!

[Le moine Alexis est né au ciel en l'an 2000 du Seigneur. Le récit de sa vie se trouve dans l'Anthologie publiée par le moine Vsévolode ( Filipiev) Traditionalisme, publiée conjointement à Moscou et Jordanville en 2004]

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

dimanche 29 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)i


Through the Gates

9. Editeur et Père Spirituel ( X)

" Mais rabaissons-nous, renonçons à toute arrogance suffisante, gardons constamment dans notre mémoire visuelle notre Seigneur et Sa Mère, et le Seigneur nous montrera et nous enseignera tout ce que nous avons besoin de savoir, tout comme un père aimant l'enseigne à ses enfants.

"Observe avec ton esprit ce qui va dans ton âme. Si tu as un peu de grâce dans la prière, alors il y a la paix dans ton âme et tu ressens de l'amour pour tous; s'il y a une prédisposition constante pour la prière, alors même si ton âme dévie vers le monde agité, il y aura plus de grâce, et il y aura de la lumière et une grande joie dans ton âme. C'est le moment où nous devons protéger cette constance immuable et éviter de juger autant que possible, éviter aussi de regarder les autres dans les yeux [pour y chercher la paille dont parle l'Evangile], et de juger leurs actions pour lesquelles nous ne sommes pas responsables devant Dieu.

" Quand il n'y a pas de bons instructeurs spirituels, c'est l'époque où nous vivons qui veut cela, nous devons donc nous abandonner à la Volonté de Dieu dans une humilité pleine de prière, et le Seigneur nous donnera la sagesse et nous enseignera le voies de la vie, tout comme Il enseigne les gens qui vivent seuls dans les taudis de la terre, car le Seigneur nous aime tant qu'il est impossible même d'exprimer ou bien de le saisir [cet amour] avec notre intellect, mais [on peut le faire] avec la foi dans les circonstances de la vie et les expériences spirituelles.

" Certains discutent la foi, d'autres abandonnent la seule foi véritable et salvifique et partent dans des contrées lointaines et il n'y a pas de fin à ces arguments, mais nous devons savoir que nous n'avons pas besoin de discuter la foi, mais nous devons prier le Seigneur et la Très Sainte Mère de Dieu, comme notre Sainte Eglise Orthodoxe, qui nous a été donnée il y a deux millénaires, nous l'enseigne...Et le Seigneur nous illuminera sans besoin d'arguments et nous enseignera tout ce qui est utile et salvifique.

"J'ajouterai aussi que toute âme qui s'abandonne humblement à la volonté de Dieu, verra Dieu dans cette âme à chaque seconde. Et l'âme elle-même, ne peut l'exprimer et est incapable d'en parler. C'est seulement par expérience qu'elle ressent la miséricorde de Dieu et l`âme sait que Dieu est avec elle. Toute âme capable de s'abandonner à Lui se sent comme un petit enfant qui reçoit de la nourriture chaque jour, mais ne sait pas d'où elle provient. Ainsi l'âme se sent bien et est heureuse quand elle est avec Dieu, même si elle ne peut expliquer comment cela arrive, car cela appartient au monde spirituel.

"Tes difficultés quotidiennes, je le comprends sont doubles. Avant tout, c'est la perte de ton père bien aimé, soutien de la famille qui ne peut être remplacé par personne...Là, tu ne peux trouver de réconfort qu'en priant pour lui, chez toi et à l'église. Ensuite, tu as le sentiment d'être spirituellement abandonné. Ce sentiment pèse lourdement sur l'âme qui vit sans espoir et sans prière véritable. Le Seigneur permet que nous ayons l'expérience de cet état, afin de faire que l'homme se ressaisisse et Il le remet sur la voie salvifique qui conduit au Royaume des Cieux.

" C'est une question de salut: que l'homme veuille suivre cette voie ou non, qu'il croit en la vie éternelle à venir ou non, il ne pourra aucunement l'éviter. Le Créateur Lui-même l'a voulu ainsi, et Il ne nous a pas demandé [notre avis], et ne nous le demande pas à présent, mais Il nous révèle Son secret et nous montre comment nous devons vivre, prenons en considération le fait que l'homme a reçu une volonté libre et qu'il est libre d'agir comme il le veut: il peut être sauvé, il peut sombrer de par sa seule volonté propre... Sois patient et prie, il n'y a pas d'autre solution. Que le Seigneur Miséricordieux te garde en santé et t'accorde la prospérité.

Quoi qu'il arrive dans ce monde, nous chrétiens devons suivre fermement la voie de la vie que nous montre l'Eglise Orthodoxe, dans la prière et la confiance en Dieu, avec patience, sans jugement [des autres], sachant et gardant à l'esprit les paroles du Seigneur Lui-même: " Pardonne-les, ô Dieu, ils ne savent pas ce qu'ils font." dans l'espoir de rester sur la voie que nos ancêtres ont suivie et sur laquelle ils ont trouvé la paix dans l'éternité. Ils nous ont légué cette même voie de la Vie, suivons fidèlement leurs traces.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

jeudi 26 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)g





9. Editeur et Père Spirituel (VII)
"Que le Seigneur préserve aussi Mère Eugénie qui voit tant de choses difficiles à supporter pendant ses voyages. Que toutes ces choses soient balayées de sa mémoire visuelle, et qu'elle soit sauvée. Tout cela fait partie de l'action ascétique dans l'ascèse monastique. Quand vous êtes assaillies par des pensées pécheresses inacceptables, n'oubliez pas de secouer votre tête et de dire la prière de Jésus. De cette manière, vous vous en débarrasserez. C'est mon expérience.
Que le Seigneur miséricordieux vous garde toutes de nombreuses années, en santé, dans la patience, les prières incessantes et le bien-être pour la gloire de Dieu."
"...Oui, mon cher N., ainsi sont les temps où nous vivons, avec non pas de simples tentations... mais des tentations amères, en particulier celles qui au mieux sont préparées ... et au pire, rien, si ce n'est l'horreur en résulte. Les gens ont cessé de prêter attention à leur conscience, ils vivent comme ils l'entendent, ils parlent et agissent selon leurs opinions corrompues, sans reconnaître ni les lois, ni les principes de la société ni quoi que ce soit qui ait un rapport avec la conscience. Des temps difficiles sont arrivés et quant à ce qui est encore à venir, il est effrayant même d'y penser...rien que des larmes et des peines. Les gens ne peuvent pas vivre ainsi.
Alors je me souviens de ce que dit l'Ecriture,"quand le Seigneur reviendra sur terre, y trouvera-t-Il la foi?" et à présent cette situation difficile parait claire. Toi et moi vivrons-nous pour connaître l'apogée? Ou devrons-nous endurer encore quelque chose avant cela?une chose cependant est évidente: je pense que la vie telle que nous la connaissons, comme nous l'envisageons et la construisons en imagination, n'adviendra pas dans la réalité. Les choses vont dans une tout autre direction.
"Regarde l'idole moderne qui est apparue dans le monde, la télévision, vers laquelle toutes les nations du monde se sont précipitées, laissant tout ce qui autrefois était important, tout ce qui était salvifique, tout ce qui instruisait et donnait la vie. En un mot, les gens ont presque complètement abandonné l'Eglise du Christ; et, il est honteux et triste de le dire, très peu de gens viennent à l'église.
Même les gens qui ne sont pas occupés par leur travail ou leurs affaires sont assis en face de la télévision et il semble qu'il n'y ait rien d'autre au monde dont ils aient besoin, et le résultat de tout cela est la damnation éternelle. Car on doit comprendre que le cœur est comme une éponge: il rendra tout ce qu'on lui aura fait absorber. Pour cette raison, le vêtement spirituel de l'homme, reflète les intérêts qui ont empli sa vie.
Je ne connais aucune nouvelle (par les média) car je ne les écoute pas, et les gens vivent avec ce qu'ils connaissent, chacun comme il l'entend. Rien de bon n'arrive dans ces conditions, "vanité des vanités, tout est vanité" dit le prophète; pourtant on ne peut échapper au péché, personne ne considère même cette question, et les gens ne reconnaissent aucune sorte de péché. Il est facile de vivre ainsi, mais il sera plus difficile de répondre de cette vie [au Jugement].

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mercredi 25 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)f


Church Entrance


9. Editeur et Père Spirituel (VI)
Père Antoine donnait aussi des instructions spirituelles par lettres. Il fut pendant des années l'instructeur spirituel du couvent de moniales de l'Icône de la Mère de Dieu de Wladimir à San francisco, ainsi que le père spirituel de l'higoumène du grand schème Ariadna.
En conclusion à notre histoire sur Père Antoine, citons les passages de ses lettres à différentes personnes qui montrent qu'il était un staretz et un grand homme de prière, qui avait personnellement expérimenté ce que signifient les paroles "voir Dieu constamment."
Mes chères Mère Higoumène Ariadna et sœurs de saint cloître. D'abord je vous félicite pour la fête patronale de la rencontre de l'Icône de la Mère de Dieu de Wladimir qui arrive. Souvent, très souvent, votre demeure entend la voix festive constante de l'Eglise. C'est bien, bon et salvifique, quand cela a lieu dans la paix et la joie ressentie par le cœur. Pourtant je peux imaginer avec grande difficulté combien de courage, de dévouement et de connaissance il vous faut pour accomplir la sainte obédience que vous avez acceptée de diriger le couvent situé au centre d'une ville importante dans ces temps éxécrables dans lesquels nous vivons. Que le Seigneur vous protège en toute circonstance et qu'Il vous guide imperceptiblement dans tous les dangers. Il en est ainsi dans la vie humaine: nous devons supporter certaines difficultés et épreuves que Dieu nous envoie afin de complaire au Père céleste.... Je ne me souviens pas exactement maintenant où il est écrit quelque chose sur les difficultés d'accomplir nos obédiences, mais la réponse était la suivante ( je cite librement), "supportez ce qui vous est donné, cela est en votre pouvoir, mais si vous essayez de l'éviter, alors quelque chose de pire et de plus difficile vous sera donné, que vous ne pourrez alors éviter; et c'est la Volonté de Dieu..."
"Dans peu de temps, je vous enverrai un livre que je viens d'imprimer à propos de la femme qui avait rôle de staretz u couvent de femmes de saint Séraphim à Diviyevo. j'en enverrai assez pour toutes les sœurs afin d'éviter le possible ressentiment d'une sœur qui se croirait négligée. je ne voudrais pas que cela arrive."
" Aux nouvelles moniales tonsurées, j'adresse la question suivante: à Mère Eunice. Quelle est votre nom, ma sœur? " et je réponds " Sauve-toi au Nom du Seigneur!" De même, je m'adresse à Mère Euphrosyne, " Quel est votre nom, ma sœur?" "" Sauve-toi au Nom du Seigneur!". C'est parce qu'il y a de tellles personnes que la paix existe dans le monde: car, souvenons-nous de la conversation qu'Abraham eut avec Dieu, selon laquelle s'il y avait eu, ne serait-ce que dix justes dans Sodome et Gomorrhe, la cité n'aurait pas été détruite. Ceci montre combien sont précieux aux yeux du Seigneur les justes, mais d'un autre côté, le Diable n'est pas endormi. Il essaie de les harceler de toutes les manières possibles, même de manière " miraculeuse", mais il ne peut les détruire complètement, car la grâce de Dieu sauve tous ceux qui essaient de complaire au Seigneur et qui se repentent de leurs manquements.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mardi 24 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)e


,Above the Entrance to the Church
Fresque à l'entrée de la Cathédrale du Monastère

9. Editeur et Père Spirituel (V)
" Afin d'instruire ses enfants spirituels, Père Antoine leur donnait souvent des livres sur des sujets spirituels qu'il avait personnellement imprimés dans sa jeunesse, préparant chaque lettre de chaque mot salvifique! Il préférait donner aux débutants les œuvres de saint Théophane le Reclus " La Vie Spirituelle et comment se mettre à son diapason" et "Pensées pour chaque jour de l'année" Cette dernière œuvre permattait de s'habituer à lire chaque jour des extraits des Epitres et de l'Evangile. ( Récemment j'ai recommencé à lire " Pensées pour chaque jour de l'année" et j'ai été étonnée de la concision des pensées, de la profondeur spirituelle et même du don poétique que possédait saint Théophane). 

Comme nous sommes tous pécheurs et que nous égarons fréquemment, Père Antoine conseillait de lire le Psautier, qu'il appelait " Le meilleur des meilleurs livres salvifiques." "Sa dernière leçon fut la suivante... Après cinq ans d'instruction spirituelle, je finis dans une université américaine. Là, je rencontrai toutes sortes de débauches, de spiritisme, le monde de l'occulte. P ère Antoine voulait me préserver de toutes ces horreurs. Il avait l'habitude de me dire que rien au monde n'était plus précieux que le Seigneur, que l'âme humaine, et que nous devions en conséquence les chérir comme des possessions sacrées.

Père Antoine avait un fragment de reliques des saints Côme et Damien, qu'il me donna à porter sur moi le jour. La nuit je mettais les reliques dans mon coin d'icônes. Avec quelle appréhension et conscience je devais passer la journée. je devais soigneusement choisir les gens avec lesquels je parlais afin de ne pas profaner l'objet sacré que je portais sur moi, sans oublier la garde des pensées...Trois mois après, mon futur époux fit peindre une icône dans laquelle reposent encore à ce jour les reliques que j'avais reçues en cadeau. 

La leçon est simple. Notre corps est un reliquaire, dans lequel réside le Christ Lui-même. Et quelle est notre attitude envers notre corps, notre âme? Si nous y réfléchissons sérieusement, nous devrions avoir honte et en être peinés, mais nous ne voulons rien savoir, et nous n'avons aucune honte."
"J'espère que ces souvenirs seront utiles à quelqu'un."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

lundi 23 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)d


9. Editeur et Père Spirituel (IV)

Vers la fin de sa vie, lorsque Père Antoine ne pouvait plus assister aux offices dans l'église, souvent beaucoup commencèrent à venir dans sa cellule pour déverser devant lui ce qu'ils avaient sur le cœur. Ils disaient que passer quelque temps dans sa cellule suffisait pour que leur cœur se calme.

Voici ce dont se souvient une de ses filles spirituelles Matouchka Lioubov Loukianov: " J'ai longtemps désiré partager avec d'autres ce sont je me souviens concernant mon père spirituel l'archimandrite Antoine (Yamchtchikov). J'ai essayé de transmettre ces perles d'expérience spirituelle aux jeunes gens de la conférence pour la jeunesse de saint Germain d'Alaska, mais je n'ai pas le don de l'éloquence et de plus, je commence seulement moi-même à apprécier les leçons spirituelles qu'il a essayé de nous inculquer durant ses causeries, durant la confession ou par des lectures spirituelles. Je dis "nous" puisqu'une génération entière de gens qui exercent jusqu'à ce jour dans l'Eglise du Christ comme prêtres, moines et femmes de prêtres, sont passés par ses mains. Par la grâce de Dieu, nous avons tous échappé au maelstrom et aux jouissances des années soixante et septante.

J'ai rencontré Père Antoine pendant la confession quand les étudiants de l'église paroissiale ( de la ville de Nayak, état de New York), furent enmenés à Jordanville. Un des autochtones du monastère suggéra: "Allez vers ce moine, il est gentil!" Il y avait beaucoup de gens qui attendaient la confession et Père Antoine répétait le même conseil à nous tous: "Regardez tout le monde comme vous regardez un arbre." Père Antoine répéta le même conseil deux fois quand je lui rendis visite dans l'espace de six mois. Jeune et inexpérimentée comme je l'étais, je décidai, la troisième fois, de faire remarquer à Père Antoine que j'avais déjà pris en compte son conseil. En entendant une réponse aussi inattendue, il me regarda, sourit, et dit: " Viens demain après la Liturgie, nous bavarderons." Le jour suivant Père Antoine commença son "bavardage" avec moi, et cela dura plus de six ans.

" Le premier exemple à suivre pour mener une vie spirituelle, Père Antoine le définissait de la manière suivante: "Regardez tout le monde de la même façon que vous regarderiez un arbre, c'est-à-dire sans jugement, sans aucune sorte de passion. Pour un laïc, cette expression semble drôle, absurde! Pourtant, en réalité, elle s'applique à tous, moines et laïcs, jeunes et vieux. Dans toutes les situations et à tous les âges de la vie, cela calme les passions qui se déchainent.. C'est ainsi que nous devons nous entrainer à considérer toute personne avec laquelle nous entrons en contact. Cela vaut la peine de se souvenir du Seigneur Lui-même quand Il s'adressa à Judas à la cène et lui dit: " O ami!" Comme il est dur quelquefois d'accomplir une telle chose dans notre vie! Père Antoine disait: " Vis de manière à ne déranger personne."

Sa seconde leçon concernait la "mémoire visuelle". Les yeux sont le miroir de notre âme. Comment préserver l'âme de tout ce qui la détruit? Il est plus particulièrement important de comprendre cela de nos jours. " Garde toujours devant les yeux de ton esprit l'image du Sauveur." Il montrait l'icône centrale au tiers supérieur de l'iconostase et disait: Répète la prière de Jésus en l'adressant à la personne derrière cette image."

Père Antoine donnait quelquefois une épitimie ( pénitence) à ses enfants spirituels afin de "leur apprendre quelque chose." Il aimait profondément ses enfants spirituels et il était toujours très affectueux avec eux.

La troisième leçon dura plusieurs années et demanda beaucoup de perfectionnement de soi. Afin de développer la vérité en soi, il fallait qu'il n'y ait " nulle divergence entre la parole et l'action." 

Père Antoine avait l'habitude de dire: " D'abord entreprends quelque chose de modeste. Ayant prié le soir, demande au Seigneur de t'accorder la force d'accomplir une action salvifique, comme de lire deux psaumes ou de faire douze métanies par exemple. Le lendemain, essaie de tenir parole. Tu ne peux imaginer combien d'obstacles se dresseront devant toi. Le Diable fera tout pour essayer de t'égarer, mais souviens-toi que ta parole et ton acte devront faire un, alors accomplis la promesse au nom du Christ. Remercie le Seigneur pour Sa miséricorde pendant tes prières du soir et recommence. De cette manière, la vérité se développera en toi, et avec elle la force de combattre tes passions." ( Père Antoine déconseillait d'accomplir de tels exercices sans la bénédiction de son père spirituel afin d'éviter de tomber dans une tentation encore plus grande). 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

samedi 21 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)b





Saint Job de Potchaïev

9. Editeur et Père Spirituel ( II)

Revenons à Père Antoine... Un an plus tard, en 1933, le serviteur de Dieu Jean reçut la tonsure monastique sous le nom d'Antoine et commença à accomplir l'obédience d'éditeur. pendant un certain temps, des pensées obsédantes d'abandonner le monastère, importunèrent Père Antoine, mais il ne cessa de se dire: " je vivrai ici quelques temps encore, et puis ensuite je partirai." Ceci arriva plusieurs fois. Cependant après une longue bataille avec lui-même, Père Antoine accepta son sort et décida de rester pour toujours au monastère. Immédiatement après cela, il ressentit un soulagement, une paixet une grande quiétude dans son âme. pendant la seconde guerre mondiale, les frères de Ladomirovo furent forcés de déménager en Europe de l'Ouest et en 1946, ils déménagèrent en Amérique, à Jordanville, qui était déjà à cette époque un petit monastère. A Jordanville, Père Antoine fut un éditeur à plein temps. Il avait aussi l'obédience de père confesseur. Il mourut en 1993, le 23 septembre, à l'âge de 101 ans. Un des frères remarqua que l'Evangile, le Psautier et le Trebnik qui furent utilisés pendant le service d'enterrement, avaient été imprimés par Père Antoine lui-même.
Avant de continuer notre histoire sur Père Antoine, nous devons clarifier la chose suivante: le monastère de Jordanville est un monastère où l'on prie et l'on travaille. Tous les frères essaient sincèrement d'accomplir leurs obédiences et d'assister aux offices. Il n'y a pas d'aspiration particulière à la vie contemplative. Les habitants de Jordanville traite toute sorte de miracles avec beaucoup de prudence. Cependant...lorsque quelque chose de surnaturel arrive vraiment, personne ne discute. Ce qui est arrivé, est arrivé! De la même façon, Père Antoine acceptait les choses qu'il lui fallait accepter. On pourrait probablement le qualifier de visionnaire par l'esprit, mais personne ne le nommait ainsi. Jugez-en par vous-même. Un jour, pendant les salutations des frères, c'est-à-dire lorsque les frères font le tour de l'église pour vénérer toutes les icônes et puis vont vers l'higoumène pour lui demander sa bénédiction, une pensée traversa l'esprit de Père Antoine. En quoi le prophète Elie nous concerne-t-il à présent que 3000 ans se sont écoulés depuis le moment où il vivait sur terre?. Soudain, il vit que le cadre de la grande icône du prophète Elie était vide, mais il la vénéra quand même. Alors, tandis qu'il allait vers l'higoumène pour recevoir sa bénédiction, se tenant peu éloigné de lui, il y avait le prophète Elie qui le bénit en disant: " Je suis vivant, même si 3000 ans se sont écoulés."
De par la volonté de Dieu et non la sienne, Père Antoine menait une farouche bataille invisible contre les démons. Les démons l'attaqueient très souvent d'une manière tout à fait visible. La première fois, un démon repoussant lui apparut dans la nuit. En ce temps-là, Père Antoine ne connaissait pas encore la manière de se battre avec les démons, alors il frappa le démon sur la tête de toute sa force. Sa main passa à travers la tête. Et c'est alors que le démon lui dit: " Je continuerai à te punir pour cela tout le reste de ta vie." Et il disparut.
Après cela, Père Antoine commença à combattre les démons par la prière. mais même alors, il fit des erreurs, car les prières doivent être humbles et non arrogantes. C'est ce qu'écrivit Père Antoine à propos de lui-même: " Plusieurs fois j'ai eu des disputes avec des démons. Un jour, l'un d'eux tomba sur moi pendant la nuit tandis que je dormais et il commença à me chatouiller des deux mains.Je bondissais de bas en haut de toute mes forces, mais je ne pouvais pas appeler quelqu'un. Soudain, il y eut une occasion, je bondis, pensais que c'était un séminariste. Il semblait que mon cœur était sorti de ma poitrine et sutait sans discontinuer de haut en bas. Quand je pus enfin bien le regarder, je vis deux cornes sur son front. Je lui tenais encore les mains pour l'empêcher de m'attaquer encore. Après cela, je me calmai un peu, je levais sa main gauche avec ma main droite et je la posai sur son front avec le paroles suivantes." Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit," et je commençai à tracer le signe de la Croix sur lui. Alors, le regardant droit dans les yeux, je lui dis: " Regarde, avec ta propre main, je t'ai signé!". Il répondit. " Et je continuerai à te faire du mal jusqu'au jour où tu mouras." Dans ma hâte, je ne réfléchis pas et je lui dis: " Très bien, on verra cela!" et il disparut. Ce que j'aurais du dire, c'était: " Que notre Seigneur Jésus-Christ t'en empêche!", mais il était déjà parti. Et à cause de cette bourde, pendant toute ma vie, j'ai du endurer toutes sortes d'ennuis venant du Diable. Il envoya vers moi de jeunes filles, même quand j'avais huitante ans, etc... Il y eut aussi les pensées pécheresses qui étaient si vivantes qu'elles paraissaient réelles, même si les gens étaient à cent deux cents kilomètres et plus loin encore, et en général, j'ai eu à subir toutes sortes de malheurs.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

vendredi 20 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IX)a




Père Antoine (Yamchtchikov)

9. Editeur et Père Spirituel (I)

Et maintenant, je vais vous parler plus longuement du remarquable propriétaire de cette cellule 318 ( c'est-à-dire de la cellule où je vis maintenant), l'archimandrite Antoine Yamchtchikov. Plus d'une page de l'histoire de notre monastère est associée avec Père Antoine. 
Père Antoine est né le 7 octobre 1892 dans le village de Galladia dans la province de Novgorod. Il fut nommé Jean en mémoire de vénérable Jean de Rila. Voici ce que Père Antoine écrivit de ses années de jeunesse: " Ma jeunesse s'est envolée en allant à l'école; j'allais toujours au Matines et à la Divine Liturgie avec les autres étudiants... Ayant commencé à lire et sans que personne ne m'enseigne, je tombais sur certains livres sur l'hypnose, l'autosuggestion, la télépathie et tout ce qui peut s'étudier seul en général...Armé de ces fadaises scientifiques je suis entré au service militaire. J'ai abandonné toute idée de m'établir et d'avoir une vie de famille. Bien que difficile, ma vie militaire fut couronnée de succès, donc au début de l'année 1916, je fus transféré de la compagnie au bureau et à la branche comptable du régiment. Je m'y distinguai et le 24 décembre 1916, je devins fonctionnaire en temps de guerre et fus appointé quartier-maître du régiment."
Après 1917, Père Antoine devint à jamais un ferme partisan de la Russie tzariste disparue. Mis dans la réserve en 1918, il arriva dans le Saint Petersbourg révolutionnaire avec nul autre propos que de tuer le chef des bolchéviks Wladimir Oulianov( Lénine). Avec ce projet à l'esprit, Père Antoine arriva au quartier général des révolutionnaires, et prenant avantage de la confusion qui régnait là, il s'y introduisit. Il était revêtu d'un simple manteau, alors les révolutionnaires le prirent pour l'un d'eux. Père Antoine avait sur lui un revolver chargé. Selon ses souvenirs, il vit un groupe de gens avec Lénine à leur tête venir vers lui. Un instant, puis un autre, et le groupe vint à la hauteur de Père Antoine. Rien ne s'interposait entre Père Antoine et l'accomplissement de son plan. Pourtant il ne tira pas. Etait-ce parce qu'il avait peur? Je ne pense pas. Le Seigneur avait probablement vu en ce guerrier Jean un futur moine, un combattant spirituel, et il empêcha Père Antoine de tirer le coup de feu qui l'aurait fait réduire en pièces par la foule révolutionnaire.
Le guerrier Jean quitta le quartier général des révolutionnaires les mains vides. Et bien quil ait été quelque peu déçu, il voyait déjà une certaine lumière d'un espoir hors du monde sur la voie de son futur. Après cela, Père Antoine fit la guerre aux côtés de l'Armée Blanche. Quand l'Armée Blanche eut été complètement défaite, il se retrouva en Bulgarie, où il travailla dans des mines près de Sophia. C'était autour de 1919 ou 1920. Dans l'émigration, Père Antoine rencontrait souvent des soldats de l'Armée Blanche qui avaient été estropiés, physiquement ou mentalement. Les mutilés qui avaient perdu leur bras ou leurs jambes, menait une vie difficile, parce que personne ne s'occupait d'eux. Le cœur de Père Antoine saignait quand il voyait ces pauvres êtres humains, et il voulait désespérément venir à leur aide.
Pourtant, ce fut seulement beaucoup plus tard qu'il commença à leur apporter une aide réelle, c'est-à-dire quand il devint un pasteur orthodoxe et que beaucoup de ces anciens soldats devinrent ses enfants spirituels. mais alors, dans le milieu des années vingt, il fit un effort désespéré pour pour devenir riche afin d'être capable d'être philanthrope plus tard. Avec ce projet à l'esprit, il partit pour la France et 1928 et commença à jouer à des jeux d'argent. Il avait auparavant fait des calculs mathématiques, mais cependant ses calculs ne l'aidèrent pas. Ayant perdu tout l'argent qu'il avait gagné en travaillant dur dans les mines, Père Antoine arriva à une impasse de sa vie. mais le Seigneur, voyant le bon cœur de Père Antoine le secourut. Un des amis de Père Antoine, Trouchtchevitch, ex-séminariste, le soutint beaucouip spirituellement à ce moment-là.
Par un dimanche matin ensoleillé, Père Antoine qui allait en voiture dans la ville, vit venir de loin, ce qui semblait être la lumière irréelle de croix orthodoxes qui brillaient dans le soleil. Père Antoine se réjouit, car à ce moment-là, il comprit qu'il y avait un autre monde du Christ, saint et éternel et que c'était là seulement qu'il était possible d'y trouver un havre sûr et la consolation. En 1932, Père Antoine arriva en Tcécoslovakie, en Russie Carpathique, au village de Ladomirovo, où depuis 1923, il y avait eu une fraternité monastique missionaire. Le fondateur du monastère de Ladomirovo et de l'imprimerie, était l'archimandrite Vitaly ( Maximovitch) le même qui avait restauré les presses de la Laure de Potchaïev peu de temps avant la Révolution.
Le père Séraphim ( Ivanov, plus tard archevêque) qui avait été tonsuré moine au Mont Athos et le père Philémon, vieux-calendariste de Valaam, tous deux arrivèrent à Ladomirovo en 1928 et d'autres moines vivaient et y travaillaient ensemble en 1932 avec Père Vitaly. La même année 1932, "l'iconographe de toute l'Eglise Russe à l'étranger", l'archimandrite Cyprien ( Pyjov) arriva au Monastère. Des années après, Père Cyprien avait l'habitude de dire en plaisantant qu'il était arrivé comme artiste laïc pour peindre l'église et fut remercié en recevant la tonsure de rassophore pour son travail.
Fin de la première partie...A suivre...

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

jeudi 19 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (VIII)




Icône de la Portaïtissa

8. Dans la cellule
Quel moine n'aime pas sa propre cellule? On entre, on ferme la porte, on allume une lampade devant les icônes et on écoute le silence orant à l'intérieur du saint monastère. On sent qu'on ne voudrait jamais en partir. Tout ce qui est cher au moine est dans sa cellule: Les murs sont tapissés de ses icônes favorites, d'images d'ascètes, de photos de mentors spirituels, de citations des sentences des Saints Pères. Ma cellule ne fait pas exception à la règle...
Bienvenue! S'il vous plait, entrez, venez jeter un œil. Le mobilier est typique: le strict nécessaire. Il faudrait mentionner cependant que tout les meubles sont vieux, en bois, ce qui donne à la cellule un certain cachet. J'ai hérité du mobilier du propriétaire précédent de la cellule, l'archimandrite Antoine ( Yamchtchikov). De lui, j'ai aussi hérité l'icône de saint Jean de Rila qui est suspendue dans le coin d'icônes. Avant de recevoir la tonsure monastique, Père Antoine portait le nom de ce saint. L'icône en question fut bénie en Bulgarie sur les reliques de saint Jean et fut envoyé comme présent du monastère de Rila à l'archevêque Averky ( Tauchtchev) alors qu'il était higoumène du monastère de Jordanville. Et de Vladika Averky, cette icône est passée à Père Antoine...
Grâce à Père Antoine, la cellule dans laquelle nous nous trouvons cher lecteur, est devenue spéciale, remplie de prière comme le dit le dicton. Je n'essaie pas d'introduire des changements dans le mobilier de la cellule. Je chéris particulièrement le petit tabouret vert que Père Antoine utilisait quand il pratiquait la prière de Jésus.
L'unique fenêtre de ma cellule s'ouvre sur la cour du monastère. Il y a une merveilleuse vue de la cathédrale et du petit cimetière des frères. Toutes choses considérées, de quelle grâce nous les moines nous jouissons! Je me souviens d'un ami qui me disait qu'il avait toujours rêvé de vivre dans une pièce avec vue sur une église du Seigneur. Et me voilà, vivant ici, sans l'apprécier à cause de la dureté de mon cœur.
Dans ma cellule, sur le mur opposé à l'entrée, il y a une feuille blanche avec un message que j'appelle "l'Evangile du moine". Le titre du texte est Cache-toi! et il appartient à l'archimandrite du grand schème Théophane ( Chtchichtchmanov). Père Gabriel le compagnon de cellule de Père Théophane, m'a donné une photocopie de ce message qui a été écrit à la main par Père Théophane lui-même). A propos, Père Gabriel habite la cellule voisine de la mienne.
Père Théophane venait originellement du monastère bien connu de la diaspora russe, de Milkovo, il fut restauré en 1926 en Serbie par des moines russes réfugiés. La plupart d'entre eux étaient des vieux-calendaristes de l'île de Valaamo. Il existait un monachisme d'une certaine réputation dans ce monastère. Les frères vivaient dans une pauvreté volontaire, produisant leur propre nourriture. En même temps, on y insistait beaucoup sur le principe d'obédience, d'ouverture de ses pensées à ses mentors spirituels, et sur la prière. C'est pour cette raison que ce monastère produisait de bons fruits.. Le saint hiérarque Jean ( Maximovitch) et les deux archevêques Antoine de San Francisco et Antoine de Los Angeles y reçurent la tonsure monastique. Cette atmosphère spirituelle commença à exister grâce à leur higoumène, l'archimandrite du grand schème Ambroise, ancien novice d'Optino et grâce à leur père confesseur, le moine du grand schème Marc.. Tous deux n'étaient pas des administrateurs ou des surveillants des frères, mais des pères, aimés et respectés par tous. Père Théophane reçut la tonsure monastique à Milkovo en 1930.
Pendant la seconde guerre mondiale,comme beaucoup d'autres frères du monastère, il finit par venir aux Etats-Unis d'Amérique. Depuis la fin des années cinquante, il eut l'obédience de compagnon de cellule de l'archevêque Seraphim ( Ivanov; Vladika fut un temps higoumène de Jordanville). Père Théophane vécut avec Vladika Seraphim d'abord à Chicago, puis au désert de NovoKorrenaya, près de New york. Père Théophane partit pour le séjour des justes le 2/15 novembre 1987.
Tous ceux qui connaissaient Père Théophane, témoignent de ce qu'il était un de ces ascètes inconnus du monde, mais par les prières desquels le monde se maintient. Il était remarquable de modestie altruiste, d'humilité, de douceur et d'obéissance. Ceux qui entraient en contact avec lui sentaient son ardeur spirituelle et étaient réconfortés par lui. Pour quelle raison le Seigneur envoya-t-il à Père Théophane le don de consoler les gens? Ceux qui le connaissaient disiaent que c'était parce qu'il ne jugeait jamais personne et qu'il ne se plaignait jamais de quoi que ce soit.
Le Père Théophane essayait de guider sa vie avec le message dont j'ai parlé, celui qui est aussi dans ma cellule. Regardons-le attentivement et considérons-le comme un précepte donné aux chrétiens du monde moderne par un humble moine. Sous le titre, il y a une sorte d'épigraphe: " Veille à ce qu'il n'y ait pas de pensée secrète dans ton cœur mauvais!" ( id est veille à ce qu'une pensée mauvaise n'entre pas dans ton cœur Deutéronome 15:9). Ensuite il y a une liste de vertus que toute âme devait aspirer à atteindre, à savoir, l'attention, la compassion, la gentillesse, la pitié, la sympathie, la quiétude, le sérieux, l'empathie, la bonté de cœur, le silence, la gratitude, la concentration, la raison, le reproche de soi, la soumission, la serviabilité, la réflexion, l'humilité, les petites graines. Amen!
Il n'est pas difficile d'écrire cette liste, mais il n'est pas aisé de la mettre en pratique. Quels furent les exploits ascétiques accomplis par Père Théophane avant que d'acquérir ces vertus? Et il est indubitable qu'il les avait acquises avec l'aide de Dieu, sinon, il n'eût été capable de vivre "sans jamais juger quiconque, et sans se plaindre de quoi que ce soit."
Par les prières de Père Théophane, accorde-nous Seigneur de voir, ne serait-ce que de loin, la lumière des vertus énumérées dans ce message!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mercredi 18 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (VII)










7. Au réfectoire 

Et voici la cloche qui sonne invitant les frères au déjeuner. Il est déjà midi. Bien, nous devons observer la routine du monastère. Nous entrons dans le réfectoire. Aussitôt les fresques du réfectoire peintes par l'archimandrite Cyprien et ses assistants, attirent nos yeux et les émerveillent. Sur ces fresques, nous voyons les pèlerins d'Emmaüs qui parlent au Sauveur Qui rompt le pain, le Seigneur Jésus-Christ qui a préparé du poisson et du miel pour Ses disciples; le vénérable Antoine le Grand et saint Paul de la Thébaïde partagent un repas frugal dans une humble cave; et d'autres images...

Il y a de gros bols fumants avec une riche soupe aromatiques, de la kasha ( sarrasin) et des pommes de terre sur la table.Il y a de la salade. Il y a des pains blancs et bis du monastère- du vrai pain coupé en tranches épaisses. Ces jours-ci les repas au monastère sont copieux, mais autrefois quand Père Procope était cuisinier, les repas étaient vraiment ascétiques ( soupe claire de betteraves, borchtch et pommes de terre) et de plus les mêmes choses étaient servies tous les jours. On pouvait difficilement trouver plusieurs tranches de betteraves et de pommes de terre dans le borchtch préparé par Père Procope. Un des frères dit un jour avec indignation à Père Procope: " C'est dégoûtant!" "Je le sais!" répondit le cuisinier calmement, "Moi non plus je ne peux pas le manger." Père Procope fut cuisinier pendant de nombreuses années, mais à présent, à cause de sa maladie et de son grand âge, il n'acomplit plus cette obédience. En fait, c'est Père Procope qui sera le lecteur au réfectoire aujourd'hui. Son éminence Vladika Laur sonne sa cloche ; le repas commence...Le lecteur commence à lire la vie des saints.
Tandis que Père Procope lit, je me souviens d'un incident qui arriva quand il était lecteur au réfectoire et qu'il lisait l'émouvante vie de la vénérable Macrine. Quand Père Procope en arriva à la partie où le saint hiérarque Grégoire de Nysse, parlant avec son ascète de sœur sur son lit de mort, est incapable de retenir ses larmes, notre lecteur était si ému, qu'il ne pouvait pas non plus retenir ses larmes et que sa voix commença à trembler. 

Des témoins disent que quelques pèlerins firent un jour une petite donation à Père Procope. Et que pensez-vous qu'il a fait de cet argent? Il jeta immédiatement cet argent au feu! Exemple de non-possession monastique qui est rare de nos jours...

Pourtant, bien que le repas du monastère change selon le cuisinier, le pain du monastère fut toujours renommé parmi les pèlerins et les russes locaux. Il se souviennent encore des deux derniers boulangers: le hiéromoine Nicodème, et le moine Jonas.

Le Seigneur accorda à Père Nicodème de mourir dans l'accomplissement de son obédience sacrée- "Je jugerai par ce que je trouverai." On l'a trouvé dans la boulangerie après qu'il ait déjà rendu son âme à Dieu. C'est ainsi qu'on l'enterra, avec de la pâte encore collée aux mains. La bienheureuse mort de Père Nicodème eut lieu en 1965.

Le Seigneur fit grande miséricorde à l'autre boulanger, Père Jonas. Il mourut pour la Pâques de 1989. Il se tint debout pendant tout l'office des matines, la Divine Liturgie, accueillit la Sainte Pâques, communia et, retournant à sa cellule, il partit tranquillement et paisiblement au royaume de l'éternelle Pâques sans fin. De toute l'histoire du monastère, il fut le seul à mourir le jour-même de Pâques, ce qui, selon la Tradition, est un signe particulier de la miséricorde de Dieu...

La cloche de l'higoumène interrompt mes pensées. Le repas monastique est fini. Le lecteur va vers Vladika pour recevoir une bénédiction. Après les prières d'action de grâce, les frères, les pèlerins et les séminaristes s'en vont pour prendre quelque repos afin d'être capables de retourner à leur obédience avec une force renouvelée.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

mardi 17 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (VI)b




6. Condisciple du saint hiérarque Jean

Père Mitrophane pratiquait la prière à la Mère de Dieu " Vierge Marie, Mère de Dieu, réjouis-toi pleine de Grâce..." Et la Reine des Cieux répondait à sa prière. L'incident suivant eut lieu à San Francisco. Père Mitrophane voyageait en tram, tout en lisant la prière à la Mère de Dieu. Soudain, un homme qui selon toutes les apparences était possédé, se mit à hurler après Père Mitrophane, l'admonestant dans le langage le plus cru et le plus blasphématoire. Père Mitrophane n'eut pas peur. Pour répondre, il se mit à réciter la prière " Vierge Marie, Mère de Dieu..." à voix très haute. Le possédé fut immédiatement comme étourdi. il fit retraite vers la sortie, et sauta du tram au tout premier arrêt. Et quand Père Mitrophane dit encore plusieurs fois la prière à haute voix dans sa direction, le possédé s'enfuit à toutes jambes.
Père Mitrophane priait avec zèle pour ses enfants spirituels. Il leur conseillait, lorsqu'ils étaient dans la tentation, de dire, après avoir lu les prières à Jésus et à la Mère de Dieu," Par les prières de mon père spirituel l'archimandrite Mitrophane, ô Seigneur aie pitié de moi." 
Bien qu'il fût arrivé à Jordanville déjà âgé et épuisé par les travaux et les exploits ascétiques de toute une vie, Père Mitrophane n'abandonna pas son ministère pastoral.. Même dans les derniers jours de sa vie, il demanda à son compagnon de cellule d'écrire des lettres qu'il lui dictait pour ses enfants spirituels. Quand Père Mitrophane en avait la force, il demandait à être amené à l'église afin de pouvoir y couper des parcelles de commémoration [pour la Communion] pour la santé ou le repos de ses enfants spirituels. Il avait plusieurs douzaines de listes de noms de gens pour lesquels il priait, et et il essayait de prélever une parcelle pour chacun d'eux. Quelquefois il priait à haute voix pour eux en disant les paroles suivantes: " O Seigneur, Tu connais la faiblesse de cette personne, aide-la comme Tu le sais, sauve-la ô Seigneur!"
Quand cela était possible, Père Mitrophane essayait de servir des molebens quotidiens devant son icône de la Joie Inattendue et des pannikhides pour Vladika Jean [Maximovitch].
Est-il surprenant alors que Père Mitrophane soit mort pendant que l'acathiste à son icône favorite "Joie Inattendue" était lu à son chevet? Il mourut le 1/14 janvier 1986. Il fut enterré dans le cimetière des frères, derrière l'autel de la cathédrale du monastère. Une copie de l'icône Joie Inattendue fut attachée à la croix de pierre au-dessus de sa tombe. Quant à l'icône miraculeuse qui appartenait à Père Mitrophane, Elle est accrochée dans l'église d'hiver. 
Quand le cœur est lourd et que l'âme est troublée, on est amené à descendre les escaliers qui conduisent à cette demie pénombre orante de l'église d'en bas, et en vénérant cette icône merveilleuse, on y découvre avec empressement, la joie inattendue...

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

lundi 16 juin 2008




Père Mitrophane

6.Condisciple du saint hiérarque Jean

Enfin nous arrivons de nouveau au monastère. Maintenant nous dépassons les ailes du dortoir du séminaire dans lequel l'archimandrite Mitrophane ( Manouilov) passa les derniers jours de sa vie. Il est temps à présent de se souvenir du vénérable staretz avec une bonne parole.
Père Mitrophane était bien connu et respecté dans la diaspora russe d'Europe, de San Francisco et à Jordanville. C'est vers lui que se tournaient de nombreuses personnes à des moments difficiles de leur vie et il aidait ceux qui étaient désespérés et sans espoir. Et alors le printemps fleurissait en leur cœur et une joie inattendue les envahissait. On peut même dire que Père Mitrophane était le serviteur de la Joie Inattendue Elle-même. Chacun sait que c'est là le nom d'une icône miraculeuse de la Très Sainte Mère de Dieu. Eh bien Père Mitrophane gardait de l'huile de la lampade qui avait brûlé devant cette icône en Russie.
Père Mitrophane avait reçu de cette huile de son parent, le protobresbytre Mitrophane Bounevitch, homme de prière bien connu pour son don de claivoyance, qui avait reçu la couronne du martyre durant les années de persécution de la foi en Russie.
Père Mitrophane ( Manouilov) gardait cette huile comme un grand trésor. Il y eut de nombreux cas où les gens oints avec cette huile furent guéris de leur maladie. L'iconographe du Couvent du Mont des Oliviers ( Eleon) en terre Sainte, la moniale Thaïsia ( Antonina dans le Grand Schème +1997) fut ainsi miraculeusement guérie. Comme remerciement, Mère Thaïsia écrivit une icône de la Joie Inattendue et la donna au Père Mitrophane. A partir de ce moment, de nouvelles vagues de joie inattendue remplies de Grâce commencèrent à couler, car Père Mitrophane pouvait généreusement donner de l'huile de la nouvelle icône à tous ceux qui en avaient besoin. Et à nouveau, il y eut des guérisons miraculeuses quand les gens avaient la foi. Père Mitrophane disait souvent à ses enfants spirituels que la nouvelle icône de la Joie Inattendue était miraculeuse. Et pourtant, j'ai entendu j'ai entendu quelques personnes qui le connaissaient bien dire que les miracles n'avaient pas lieu sans les prières de Père Mitrophane. Lui-même essayait de le cacher de toutes les manières possibles et attribuait toute la gloire à l'icône de la Très Sainte Mère de Dieu. C'est un exemple digne d'être imité!
Suivant l'exemple de son mentor, Père Mitrophane se consacra tout entier au service de son prochain et de la Sainte Eglise. Un exemple suffira à le prouver: au tout début de son ministère pastoral, Père Mitrophane fut nommé pour servir la communauté orthodoxe de Tunis. Ils avaient besoin d'une église là-bas. En arrivant, Père Mitrophane suggéra à ses fidèles la chose suivante: " Que chacun donne son salaire mensuel pour la construction de l'église!" Il fut le premier à mettre sur le plateau l'argent qu'il avait. Tous les paroissiens suivirent son exemple. Grâce à son désintéressement, la belle église de la Résurrection du Christ, fut construite à Tunis en une courte période de temps... ( Fin de la première partie) A suivre...

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

dimanche 15 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (V)




Sur cette photo de gauche à droite:
Archevêque Séraphim, Métropolite Philarète, Archevêque Averky, 
Evêque Leonty, Archimandrite Nektary

5. Pensées en chemin...
Bien que le calme règne ici, on pourrait appeler ce lieu un village, même s'il ne faut pas marcher longtemps pour aller du monastère au cimetière et en revenir; néanmoins une voiture vous dépasse quelquefois à toute allure quand vous marchez sur la route. Il n'y a pas de trottoirs ici, donc on ne peut que marcher sur la route. Bien sûr, quand on chemine avec la prière et la bénédiction de Dieu, on n'a rien à craindre, car le Seigneur vous protège. Pourtant, même à Jordanville il se passe des choses qui sont liées à la route et les accidents de circulation peuvent être instructifs pour les chrétiens.
Un jour un frère devait travailler dans l'étable. Incidemment, nous passons devant le pâturage à présent. Il s'étend depuis le rucher de l'autre côté de la route et derrière le pâturage, on peut voir l'étable. Et ainsi le frère dont nous parlions décida un jour qu'il devait absolument aller rendre visite à un frère malade à l'hôpital. Il semblait que c'était quelque chose de bien et d'aimable à faire, alors il alla voir le père spirituel du monastère, l'archimandrite Cyprien, pour lui demander la bénédiction pour y aller. Mais ce dernier ne voulut pas lui donner sa bénédiction, au lieu de cela, il lui dit: " Il vaut mieux travailler dans l'étable!" Le frère cependant, pensa "Il y aura assez de temps pour travailler dans l'étable, mais à présent j'ai besoin d'aller voir un ami malade." Il partit sans bénédiction et eut immédiatement un accident de voiture. Il démolit la voiture. Grâce à Dieu, il était vivant. Il comprit que la bénédiction d'un père spirituel n'est pas une formalité obligatoire pour tous dans un monastère, mais qu'elle possède un réel pouvoir.
Autre incident. Une de nos paroissiennes de l'église du monastère, avait une grande vénération pour Vladika Averky, ancien higoumène de notre monastère. Et ainsi, en 1967 après la mort de Vladika Averky, elle était dans une voiture avec sa fille qui était au volant. Soudain, elle sentirent toutes deux l'odeur de caoutchouc brûlé. La fille arrêta la voiture et sortit. La mère vit Vladika Averky debout près de la voiture. Il souriait. Il semblait transparent et une beauté extraordinaire émanait de lui. A ce moment la fille sortit de la voiture et dit: "Vite, vite, sors!" Elle remarqua qu'il y avait quelque chose de changé dans l'expression de sa mère et elle lui demanda ce qui n'allait pas. Sa mère pointa du doigt vers Vladika, mais à cet instant il devint invisible. Quand la mère sortit de la voiture, elle comprit qu'elles avaient frôlé la mort et que le Seigneur les avait sauvées par la prière de Vladika Averky. Une des roues de la voiture était sortie de son axe et était à côté de la voiture! Plus tard arriva un mécanicien qu'elles connaissaient et qui avait aussi connu Vladika Averky. En examinant la voiture, il dit à plusieurs reprises qu'un miracle avait véritablement eu lieu, parce que si la roue s'était détachée pendant qu'elles roulaient, elles seraient toutes deux mortes et pourtant, elles étaient là, bien vivantes. Ni la mère ni la fille ne doutèrent avoir été sauvées par l'intercession de Vladika Averky.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)

vendredi 13 juin 2008

Moine Vsevolod:L'île de l'Amour Divin/ Patéricon de Jordanville (IV)d

Pèlerines sur la tombe de Frère Joseph/Ambroise

4. Sous la protection des croix du cimetière ( suite)
Continuons notre marche dans le cimetière de Jordanville. une tombe à la croix inhabituelle attire notre attention. Allons à sa hauteur. Nous voyons des fleurs simples mais belles et une petite croix de pierre dont la forme vous fait penser à la croix monastique que l'on met autour du cou des moines nouvellement tonsurés. C'est la tombe du moine Issaac ( Chotter). Le périple de vie de Père Issaac est inhabituel. D'origine allemande, il est né en 1942 aux USA,. Il fut élevé en Europe où il reçut une excellente éducation. Bien bâti, beau, ayant une brillante carrière militaire, quel futur l'attendait? La voie vers la haute société européenne? Le bonheur domestique? Les richesses?

Non, ce n'étaient pas les richesses terrestres, mais célestes et spirituelles que le Christ préparait pour le futur moine Isaac. Ces richesses l'attendaient dans le sein de la Sainte Eglise Orthodoxe où il parvint après une quête longue et douloureuse. Père Isaac fut baptisé en Europe; là il rejoignit un monastère orthodoxe. Après cela, il vécut au Mont Athos et puis Dieu l'amena à Jordanville où il fut tonsuré en 1990 sous le nom d'Isaac, sous le patronage de saint Isaac d'Optino. Il apprit le russe et commença à enseigner le grec ancien en russe au séminaire. Il semblait que tout ne faisait que commencer pour lui dans sa nouvelle vie...Pourtant en 1996, Père Isaac mourut du cancer.

Quand il découvrit que la mort était proche, il commença à étudier avec assiduité les écrits des Saints Pères sur la mort et la vie après la mort. Il dit un jour, qu'à causedes soucis quotidiens, il n'avait pas eu le temps de vivre concentré sur son monachisme, mais que le Seigneur l'avait débarrassé de tous soucis temporels et l'avait laissé avec le seul souci de la vie éternelle. Néanmoins il passa à travers beaucoup de souffrances avant de mourir. Père Isaac demanda même à son père spirituel la bénédiction de mourir. Son pire spirituel répondit que le Seigneur savait mieux que lui quand l'appeler et que d'abord il devait remettre toutes ses obédiences. Père Isaac remit tout, ses affaires étant dans un ordre parfait. Sa mort fut sans douleur, ce qui étant donnée la nature de sa maladie fut en soi un exemple de la miséricorde de Dieu. Il mourut le 28 juillet/10 août.

On peut se poser la question: " Qu'y avait-il de si spécial dans la vie de Père Isaac? Ma réponse est que toute la famille de Père Isaac qui était autrefois très éloignée de l'Orthodoxie, rentra dans le sein de l'Eglise Orthodoxe. Sa sœur et sa nièce furent baptisées déjà de son vivant; sa mère accepta le saint baptème le dix-huitième jour après la mort de son fils. Elle vint à la tombe récente de son fils revêtue de ses habits baptismaux blancs.

N'est-ce pas un témoignage de ce que la vie de Père Isaac fut juste et agréable à Dieu? Les gens vont souvent sur sa tombe. La partie anglophone de la communauté le vénère particulièrement. Et c'est compréhensible. Cela est dû à la similarité des parcours de vie. Une histoire édifiante pourrait être écrite à propos de tout nouveau converti américain. Ce serait l'histoire de gens qui cherchaient la Vérité et qui la trouvèrent. ( fin de la quatrième partie) A suivre...

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le texte du site Rousky Inok 
( Le Moine Russe) de Jordanville
Русскiй Инокъ (На главную)