Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
Affichage des articles dont le libellé est Père Placide. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Père Placide. Afficher tous les articles
mercredi 16 octobre 2024
jeudi 3 août 2023
jeudi 18 janvier 2018
Sur orthodoxie.com/ « In Memoriam : père Placide Deseille » par le père Élie (Ragot)
Le 11 janvier dernier le père l’archimandrite Élie, higoumène du monastère de la Transfiguration à Terrasson, a prononcé l’éloge funèbre du père Placide au nom de la communauté monastique de Simonos Petras lors des funérailles. Nous vous invitons à le lire ci-dessous :
« L’archimandrite Placide Deseille s’est donc endormi le 7 janvier 2018 dans sa 92ème année.
C’était pour lui et pour nous, le lendemain de la Théophanie, cette fête qu’il aimait par-dessus toutes, et donc le jour de la synaxe du Saint Précurseur et Baptiste Jean. Ce même jour mais selon l’Ancien calendrier julien en vigueur à la sainte Montagne de l’Athos se déroulaient les solennités de Noël. L’higoumène de notre monastère de Simonos Pétra était en train de célébrer l’office de commémoraison des défunts du monastère lorsque les moines reçurent le message leur annonçant le décès de père Placide. Ils purent ainsi nommer parmi ceux-ci le hiéromoine Placide de bienheureuse mémoire.
En 1966 le père Placide, alors moine cistercien, avait fondé un petit monastère de rite byzantin dans la forêt d’Aubazine, en Corrèze, avec l’aide de son compagnon de la toute première heure le père Séraphim. C’est là qu’en 1970 je suis revenu le rejoindre.
En 1977 nous entrions au monastère de Simonos Petra, sur la Sainte Montagne de l’Athos, en Grèce. Nous nous sommes attachés à l’Eglise orthodoxe puis devenus moines de cette communauté sous la direction spirituelle de l’archimandrite Aimilianos, faits hiéromoines (moines-prêtres) enfin avec la bénédiction de l’higoumène Aimilianos, renvoyés en France où nous allions fonder deux monastères sous la protection de Simonos Pétra (métochia): le 24 juin 1978 celui de la Transfiguration, à Martel, dans le Lot, où je devais préparer les lieux pour accueillir des moniales. Puis le 14 septembre de la même année, le monastère Saint Antoine le Grand, à Saint Laurent en Royans, dans la Drôme, où père Placide déplaçait avec père Séraphim leur fondation d’Aubazine où ils ne pouvaient plus rester. Le Monastère le la Transfiguration de Martel devrait déménager 13 ans plus tard à Terrasson-Lavilledieu où il se trouve toujours, alors que le Père Placide allait encore fonder une autre communauté monastique, féminine, à Saint Mémoire à côté de son monastère Saint- Antoine. Elle devrait elle aussi déménager à Solan, dans le Gard, où les sœurs gèrent un domaine viticole produisant du vin «bio» et militent activement pour la protection de la nature avec monsieur Pierre Rabhi.
Le père Placide a profondément marqué le monastère de la Transfiguration : par la formation et l’influence spirituelle qu’il a exercée sur moi pendant notre vie commune à Aubazine, mais aussi durant nos nombreux voyages d’alors dans les pays de tradition orthodoxes, et tout le temps de notre commune réflexion sur l’opportunité de choisir l’Orthodoxie, lors de notre séjour ensemble à la sainte Montagne de l’Athos en particulier.
Donc le père Placide s’en est allé vers le Père, mais sans nous quitter totalement : sa présence, comme celle de tous les défunts, continue, mais sous une autre forme qui n’est pas seulement dans notre souvenir, mais selon son corps spirituel, comme le dit Saint Paul dans sa seconde épître aux Corinthiens (4,14 ; 5,1-4).
Il me revient je crois, en tant que plus ancien compagnon de Père Placide avec le père Séraphim, de souligner trois ou quatre aspects particulièrement marquants de la personnalité de Géronda Placide. Ce ne peut être un bilan de sa vie ni de son œuvre ni de son rayonnement ; beaucoup d’autres mieux que moi sauront le faire et plus judicieusement.
Il me revient je crois, en tant que plus ancien compagnon de Père Placide avec le père Séraphim, de souligner trois ou quatre aspects particulièrement marquants de la personnalité de Géronda Placide. Ce ne peut être un bilan de sa vie ni de son œuvre ni de son rayonnement ; beaucoup d’autres mieux que moi sauront le faire et plus judicieusement.
C’est à la suite de la lecture de son premier livre «L’Evangile au désert» que j’ai eu la grâce providentielle de rencontrer le père Placide alors que je cherchais ma vocation. Ce n’est pas qu’une lapalissade de dire que tout ce que nous avons reçu de lui s’inscrit dans ce premier livre et dans sa dernière publication, le recueil d’un choix de ses homélies qui vient de paraître juste avant son trépas. Dans le premier, tout est déjà dit : à travers l’histoire du monachisme et de ses aléas il indique le fil directeur de la recherche de Dieu, les étapes et les principes de la vie spirituelle, les difficultés et les effets de la prière, le but de la vie chrétienne.
Dans sa dernière publication, il distille son enseignement au long des dimanches et des cycles festifs de l’année liturgique, il exhorte, encourage, montre la Voie, explique et commente les Ecritures selon l’interprétation des Pères, mais assimilées par son expérience personnelle et vécue idéalement dans la grande Tradition monastique universelle et ininterrompue.
Ainsi qu’il l’évoque dans sa courte autobiographie publiée récemment dans son ouvrage récent «De l’Orient à l’Occident, Orthodoxie et Catholicisme» (éd. des Syrtes, 2017) le père Placide était un homme de prière dès son enfance, prière qui selon lui se présente pour un moine sous deux formes : La prière communautaire qu’il a lui-même goûtée, chantée, ruminée et qui le nourrissait tant d’abord lors des offices cisterciens pendant la période qui précédait le concile catholique de Vatican II, puis dans les longs offices monastiques orthodoxes. Il en a gardé et développé l’amour tout au long de sa vie et a fait partager cet amour à beaucoup de ses enfants spirituels.
Quant à sa prière personnelle, il ne nous en a pas révélé les secrets intimes bien sûr. Mais ceux qui l’ont côtoyé savent à quel point elle était imprégnée des Psaumes et des hymnes de l’Eglise, hymnes unifiés, intégrés, personnalisés, intériorisés dans le silence de la Prière de Jésus et l’invocation du Nom, cette prière hésychaste que nous l’avons vu découvrir émerveillé.
Je me souviens de son enthousiasme quand, à la Sainte Montagne de l’Athos, Géronda Aimilianos nous montrait l’importance de la prière personnelle nocturne, ou lorsqu’il découvrait et traduisait quelque hymne acathiste ou autre paraclisis. Dès les années 60, il avait traduit l’admirable et riche acathiste du Buisson Ardent, du moine Daniel de Roumanie. A Aubazine, il nous les commentait en communauté ou dans la voiture lors de nos déplacements. Avec grande humilité il adoptait ces hymnes, et chaque verset, chaque expression, étaient l’occasion d’une large mais synthétique vision des Ecritures dont il nous révélait les «harmoniques» et les développements ou les implications dans la vie spirituelle et dans la perception de la «communion des saints» en Eglise. Par là, il nous initiait à entrer dans «les profondeurs du cœur» et à y trouver en la présence divine de Jésus tous les Membres de Son Corps. Par ces commentaires, il nous éduquait et nous invitait à la prière continuelle qu’il faisait sienne.
Le géronda Placide nous a aussi transmis sa sensibilité à la réalité profonde de l’Eglise, dison : au «Mystèr » de l’Eglise. Son charisme ne se manifestait pas en de grands développements de théologie spéculative – bien qu’il en eût été fort capable – mais il voyait, sentait et défendait l’expression de l’unité de l’Eglise – et sa condition – à travers l’unité de foi et l’unité sacramentelle. Il se raccrochait toujours à ce qui a été cru toujours et par tous, à ce qui a été universellement expérimenté dans la Liturgie et l’Office divin. Nous pouvons remarquer le souci qu’il a eu de nous transmettre le Psautier d’après la traduction des Septante et le soin qu’il a mis à traduire et à perfectionner inlassablement ces traductions, enrichies par les riches et multiples interprétations des Pères de l’Eglise.
Il faut relire l’introduction à sa traduction du Psautier et se reporter aux notes qui accompagnent des mots ou des expressions spécifiques, pour comprendre à quel point elles sont le fruit de sa propre manducation des Psaumes et des Ecritures qu’il nous transmet et nous révèle.
Il faut relire l’introduction à sa traduction du Psautier et se reporter aux notes qui accompagnent des mots ou des expressions spécifiques, pour comprendre à quel point elles sont le fruit de sa propre manducation des Psaumes et des Ecritures qu’il nous transmet et nous révèle.
Après avoir évoqué sa vaste culture patristique, je voudrais aussi évoquer un autre aspect de notre père maintenant endormi : il avait une âme philocalique. N’avait-il pas projeté dans les années 70, de traduire en français et d’éditer avec l’aide de ses disciples la Philocalie ? Sa lecture des Pères et des grands spirituels n’était en rien de l’érudition, bien qu’il fut fin connaisseur, mais faisait de lui une authentique philocalie vivante. Elle l’amenait toujours à l’intime expérience de la vie spirituelle, c’est-à-dire de la vie en Dieu par la prière, l’ascèse et la contemplation, fruits de la foi, telle que les Pères neptiques la décrivent et vers laquelle ils nous orientent. C’est encore ce qu’il a voulu nous transmettre en mettant à notre portée par de fines et claires traductions «l’Echelle Sainte» de «Jean Climaque» et les «Discours ascétiques» d’Isaac le Syrien.
Alors qu’il était strict sur tous les points relatifs à la doctrine théologique et spirituelle de l’Eglise, le père Placide savait allier un sens profond de «l’économie» dans les conseils spirituels pour lesquels on le consultait, mais toujours au service de la recherche de Dieu.
En effet, tant pour lui-même que pour ceux qui se confiaient en lui, tout était au service non seulement d’une vie avec Dieu, mais d’une vie en Dieu. C’est ce qu’il nous montrait lorsque qu’il commentait le livre de Nicolas Cabasilas, «Ma vie en Christ». Peut être pourrions nous même dire que là résidait la raison profonde de sa conversion à l’Orthodoxie qui lui permettait de passer d’une vie avec Dieu et dans l’espérance, vivante dans la tradition latine et catholique, à une vie en Dieu à laquelle aspirent pour ici et maintenant les Orthodoxes – autant que leur faiblesse le leur permet – et que transmet consciemment leur Eglise.
En effet, tant pour lui-même que pour ceux qui se confiaient en lui, tout était au service non seulement d’une vie avec Dieu, mais d’une vie en Dieu. C’est ce qu’il nous montrait lorsque qu’il commentait le livre de Nicolas Cabasilas, «Ma vie en Christ». Peut être pourrions nous même dire que là résidait la raison profonde de sa conversion à l’Orthodoxie qui lui permettait de passer d’une vie avec Dieu et dans l’espérance, vivante dans la tradition latine et catholique, à une vie en Dieu à laquelle aspirent pour ici et maintenant les Orthodoxes – autant que leur faiblesse le leur permet – et que transmet consciemment leur Eglise.
Pour conclure mes propos, je voudrais encore ajouter que d’une certaine manière, père Placide a été un trait d’union entre l’Orient et l’Occident chrétiens. Il n’a jamais rien renié de l’Occident, mais il y a toujours recherché trouvé et exalté les racines orthodoxes présentes en Occident, y décelant jusqu’à aujourd’hui, et chez maintes personnes ce qui en est toujours vivace, nous invitant non seulement à les découvrir, mais à les développer et à les amener à leur transfiguration par l’expérience spirituelle et liturgique de l’Orthodoxie. C’est ainsi qu’il savait aider et conseiller de nombreux Catholiques attachés à leur tradition et ne souhaitant pas à en changer, par des lectures appropriées à leur tradition. Le père Placide servait toujours l’Eglise en révélant au monde occidental les richesses mystiques de la tradition spirituelle, théologique, littéraire, liturgique, artistique de l’Orthodoxie, et en montrant aussi au monde orthodoxe, souvent ignorant de ces choses depuis le Grand Schisme de 1054, les richesses de la grande Tradition latine et des ceux qui en vivent encore.
Avec l’aide de Dieu et l’intercession de père Placide, les membres des métochia, et les fidèles bénéficiaires du même héritage, vont poursuivre avec humilité la voie qu’il nous a montrée et qu’avait jadis bénie Géronda Aimilianos et maintenant encore son digne successeur Géronda Elisée.
Non, père Placide ne vous laisse pas, non il ne nous laisse pas orphelins, il demeure présent, mais autrement, et pas seulement à travers ses écrits ou nos souvenirs intimes ; c’est ce qu’ont ressenti beaucoup de ceux qui – nombreux – l’ont veillé filialement, avec foi, jour et nuit, avec les Psaumes et beaucoup de paix, depuis sont trépas jusqu’à ses funérailles.
Non, père Placide ne vous laisse pas, non il ne nous laisse pas orphelins, il demeure présent, mais autrement, et pas seulement à travers ses écrits ou nos souvenirs intimes ; c’est ce qu’ont ressenti beaucoup de ceux qui – nombreux – l’ont veillé filialement, avec foi, jour et nuit, avec les Psaumes et beaucoup de paix, depuis sont trépas jusqu’à ses funérailles.
Père Placide, merci!
Géronda, mémoire éternelle !
Archimandrite Elie »
Géronda, mémoire éternelle !
Archimandrite Elie »
mercredi 10 janvier 2018
Sur le blog de Maxime (https://orthodoxe-ordinaire.blogspot.ch/)
Les écrits de Geronda Placide n'ont pas fini de nourrir les âmes et d'éclairer les intelligences. Voici, un texte, extrait de la conclusion d'un de ses articles, qui expose de façon condensée mais particulièrement claire la situation contemporaine dans laquelle nous nous trouvons. Il est suivi de statistiques partielles non dénuées d'intérêt issues du blog devenir-orthodoxe.blogspot.fr *
Importance du témoignage orthodoxe en Occident
[…] la présence de l'Orthodoxie en Occident est une nécessité vitale, avant tout parce que l'Église orthodoxe est l'Église véritable du Christ. Comme nous l'enseigne toute la Tradition, l'Église est la véritable arche du salut pour toute l'humanité, le moyen établi par Dieu pour que les hommes obtiennent le Salut et la vie éternelle. A ce titre, il faut qu'elle soit présente partout et rayonne sur le monde. Les fruits que portera cette présence dépendront ensuite de la libre réponse des hommes.
D'autre part, l’Occident est douloureusement partagé, depuis le XVI" siècle, entre le catholicisme romain et les confessions issues de la Réforme protestante. De bons historiens pensent que celle-ci n'aurait jamais eu lieu, si la grande rupture avec l'Orthodoxie ne s'était pas produite au XI° siècle. Les Réformateurs ont voulu réagir contre des abus et des déviations qui étaient en grande partie propres au Christianisme occidental, et qui s'étaient développés à la faveur de la séparation du reste du monde chrétien. Mais ces Réformateurs vivaient dans un univers déjà coupé de la tradition ancienne et étaient eux-mêmes imprégnés d'augustinisme ; c'est pourquoi ils n'ont pas pu retrouver la plénitude du christianisme originel. Dans un tel contexte, la présence de l'Église orthodoxe, bien loin d'être un facteur de nouvelles divisions, peut être un puissant ferment pour la recomposition de l'unité spirituelle de l'Europe. Unité qui ne peut se fonder […] que sur la foi que tous les chrétiens ont pro- fessée ensemble pendant un millénaire.
Enfin, l'occident est soumis depuis longtemps déjà à un processus de déchristianisation qui mine les fondements même de sa civilisation, et qui risque de le conduire, dans les décennies à venir, à un déclin irrémédiable. Ceci est particulièrement sensible en France, où ce processus est une conséquence indirecte de la Réforme du XVI° siècle, et aussi de la réaction trop cléricale et autoritaire du catholicisme de la Contre-Réforme. Il est étroitement lie à certains aspects de la Révolution française et aux conditions dans lesquelles sont nés aussi bien le libéralisme économique que le marxisme. Devant le risque d'l'asphyxie spirituelle qui les menacent, beaucoup d'Occidentaux en viennent à chercher un peu d'oxygène dans les sectes plus ou moins marginales qui se multiplient, ou dans les sagesses extrême-orientales. Mais, même parmi ceux-ci, il est des hommes qui redécouvrent finalement dans l'Église orthodoxe une source spirituelle toujours jaillissante, demeurée largement étrangère à la plupart des conflits qui ont préparé l'éclatement de l'univers occidental, et qui porte la promesse de la Vie pour notre monde.
Archimandrite Placide Deseille
* Voici quelques statistiques, dans la copie d'écran ci-dessous, qui concernent la rubrique du blog intituléeComment devenir orthodoxe et qui montrent qu'une certaine quantité de personnes sont attirées par l'Orthodoxie dans le monde francophone…et cherchent à le devenir
lundi 8 janvier 2018
Sur le blog de Maxime
Père Placide Deseille est décédé, Mémoire éternelle.
Père Placide qui a été mon père spirituel pendant toute ma vie d'orthodoxe parisien, qui m'a ensuite toujours encouragé dans ma modeste contribution sur Internet à faire connaître notre foi (malgré l'indifférence, le mépris ou la malveillance des "frères") et qui se réjouissait que nous continuions avec mon cher confrère blogger et ami, Claude Lopez-Ginisty, notre travail de défense de l'Orthodoxie sur Internet, restera irremplaçable pour la naissance et le développement de l'Orthodoxie francophone. Sans aucun doute d'autres que moi, avec compétence, écriront et parleront davantage de son incontournable rôle dans l'histoire de l'Orthodoxie et de sa lumineuse présence, je me contenterai donc en hommage de citer le passage de l'interview que m'a proposée de faire l'excellent Tudor Petcu sur mon entrée dans l'Orthodoxie :
« 1.) Pour commencer ce dialogue, s'il vous plaît de bien vouloir parler sur vos expériences spirituelles et préciser comment vous avez découvert l'Orthodoxie.
[…] J’ai éprouvé le besoin de rechercher un Père spirituel sûr et une tradition solide et fiable pour continuer mon chemin. Je ne savais pas où chercher, alors je suis revenu en arrière et j’ai contacté le lama tibétain qui m’avait initié à la méditation, je l’ai informé de ma conversion, je lui envoyé mes anciens objets de culte et je lui ai demandé, à lui qui avait organisé des rencontres interreligieuses, s’il ne pouvait pas me conseiller quelqu’un. Il m’a envoyé trois adresses : je n’ai jamais pu joindre les deux premières personnes de la liste, la troisième a répondu aussitôt en revanche à mon coup de téléphone. La voix était avenante, d’une personne cultivée, douce et accueillante. Je pouvais aller au monastère quand je voulais, et même y séjourner une période pour y faire une retraite, j’étais le bienvenu. Quand je suis arrivé à destination, devant le portail, j’ai deviné que j’étais arrivé dans un monastère orthodoxe, ce que m’a confirmé le chauffeur de taxi. Une belle aventure s’annonçait : j’en étais heureux, nullement inquiet. J’avais lu quelques articles dans des revues et l’Orthodoxie ne m’était pas inconnue, j’étais curieux d’en apprendre davantage. Le moine qui m’avait répondu au téléphone était Père Placide Deseille, higoumène du monastère orthodoxe de St Antoine le Grand dans le Vercors.2.) Quelle a été la raison principale pour laquelle vous avez choisi la conversion à l'Orthodoxie?Je suis donc resté une semaine chez Geronda Placide. Son nom ne m’était pas inconnu ; je me suis alors souvenu de l’avoir lu dans la liste des conférenciers ayant participé à un colloque inter-religieux organisé par Lama Denis supérieur de Karma Ling, la communauté bouddhiste tibétaine installée à l’ancienne Grande Chartreuse de Saint Hugon où j’avais été initié à la méditation... Voilà pourquoi il était dans les adresses que m’avait données Lama Denis à ma demande : il le connaissait bien sûr.J’ai été reçu avec la même amabilité et la même douceur que je l’avais été au téléphone. J’ai bien sûr raconté, non sans une certaine crainte, mon itinéraire spirituel au Révérend Père Archimandrite et j’ai trouvé auprès de lui une immédiate, profonde et chaleureuse compréhension. Sa sérénité comme son humour, sa fermeté doctrinale comme son absence de jugement, sa préoccupation de vivre et de faire vivre la Tradition comme sa connaissance du monde contemporain, sa filiation athonite comme son intimité profonde et ancienne avec le monachisme d’orient et d’occident, sa simplicité comme son évidente érudition, la beauté frappante à mes yeux de ses mains d’intellectuel, comme l’étonnante simplicité avec laquelle je l’ai vu préparer la cuisine des moines, ceint de son tablier, devant son fourneau, tout contribuait à faire naître en moi le désir qu’il devienne le Père spirituel que je recherchais.
Chaque fois que le Père pouvait me recevoir en entretien, il répondait à toutes mes questions sans hésitation, avec simplicité et précision et tout cela me fut précieux pour compléter et éclaircir ce que je lisais avec grand intérêt dans la bibliothèque du monastère dans laquelle je me plongeais avec avidité. […] »
Maxime Martinez, le minime
- Lire l'interview de Felicia Dumas qui parle de l'importance de Père Placide par Tudor Petcu parue sur le Blog de Claude .
- En écrivant "Placide Deseille" dans la fenêtre Recherche de ce Blog vous pourrez voir tous les articles consacrés à Geronda Placide par orthodoxe-ordinaire
dimanche 19 novembre 2017
Père Placide aux Editions des Syrtes
« De l’Orient à l’Occident » – Père Placide Deseille
20,00€ TTC
En stock
UGS :ISBN 9782940523641 (novembre 2017)Catégories : Nouveautés, OrthodoxieÉtiquettes : Orthodoxie, placide
Table des matières :
Préface de Bernard Le Caro
- Avant-propos
- Étapes d'un pèlerinage : autobiographie du père Placide
- Les étapes d'une évangélisation : de Jérusalem à la Gaule
- L'inculturation du christianisme en Occident entre le IVe et le VII siècles
- Aux sources du monachisme occidental : des Pères d'Égypte à saint Benoît de Nursie
- Aux origines d'une divergence : saint Augustin et la théologie trinitaire
- Histoire d'une déchirure : orthodoxie et catholicisme moderne
- La spiritualité catholique romaine et la tradition orthodoxe
- Dieu « sensible au cœur » selon Pascal et selon les Pères orientaux
- Divergences et convergences entre la tradition orthodoxe et la tradition occidentale
- La Révolution française, l'Europe et l’orthodoxie
- Le Mont-Athos et l'Europe
- La présence orthodoxe en Europe occidentale
- Signification et rôle de la diaspora orthodoxe en Europe occidentale
- Orthodoxie, uniatisme et œcuménisme
- Points de vue orthodoxes sur l'unité des chrétiens
- Être chrétien orthodoxe aujourd'hui
- Conclusion : quelques exigences de la vie chrétienne
Père Placide
Présentation de l’éditeur: « Si les divergences principales entre l’orthodoxie et les confessions occidentales sont aujourd’hui connues, les racines de celles-ci, ainsi que leurs implications sur la vie spirituelle ont été peu traitées en langue française. Peu de choses sont connues sur la période qui a précédé le schisme de 1054 et qui l’a préparé. C’est, entre autres, cette lacune que vient compléter l’ouvrage du père Placide, de façon positive et avec discernement, en cherchant « la confession et non la confrontation ». Dans cet esprit, il sait déceler également ce qui, en Occident, a gardé un parfum d’orthodoxie après le schisme.
En même temps qu’une œuvre, ces pages retracent le parcours de l’archimandrite Placide Deseille. Ayant vécu depuis son adolescence dans un monastère cistercien et ayant étudié en profondeur les sources bibliques et patristiques, il est devenu orthodoxe au Mont Athos et porte en Occident, depuis plus de quarante ans, le témoignage de la tradition de l’Église des dix premiers siècles, toujours vivante dans l’orthodoxie. Comme le dit l’higoumène du monastère de Simonos Petras, il s’agit d’un « témoignage authentique de la vie orthodoxe et du monachisme athonite dans un environnement quasiment déchristianisé et dans une société en décomposition ».
L’ouvrage part de l’Orient des premiers siècles pour arriver en Occident au XXIe siècle : des racines chrétiennes de la France avec une foi commune à l’Occident et à l’Orient, puis ses déviations, notamment au niveau de son repli sur l’augustinisme, pour arriver à la Révolution française. Mais ce livre ne se cantonne pas à l’histoire ancienne, abordant les problèmes actuels de l’Église orthodoxe et sa façon de les résoudre. La sincérité et la profondeur de la démarche du père Placide, sa connaissance approfondie de la tradition spirituelle et théologique occidentale, et son expérience de l’orthodoxie donnent à sa parole une autorité unique.
L’archimandrite Placide (Deseille), né en 1926, entre à l’abbaye cistercienne de Bellefontaine en 1942 à l’âge de seize ans. Il fonde en 1966 avec d’autres moines un monastère de rite byzantin à Aubazine en Corrèze. En 1977, les moines décident de devenir orthodoxes et en février 1978, ils deviennent moines au Mont Athos. Rentré en France peu après, père Placide fonde le monastère Saint-Antoine-le-Grand, à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme) dans le Vercors, et en devient l’higoumène. Dans son sillage naît le monastère de la Protection de la Mère de Dieu, plus connu aujourd’hui sous le nom de monastère de Solan. Il a enseigné à l’Institut Saint-Serge, et est également auteur et traducteur de plusieurs ouvrages sur la spiritualité et le monachisme orthodoxes. »
Pour toutes les publications des Editions des Syrtes,
voir le catalogue ICI
samedi 18 mars 2017
Inscription à :
Articles (Atom)




