"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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mardi 27 juin 2017

+ Ephrem Métropolite de Tripoli, al-Koura et de leurs dépendances: Le Père spirituel



Le baptême ne change pas une personne mécaniquement et doit donc être activé dans notre vie par la repentance et la confession. Saint Syméon, le nouveau théologien, dit: «Si une personne n'est pas baptisée dans ses larmes (c'est-à-dire dans la repentance), elle n'a été lavée que dans l'eau». Tout comme la participation à la communion entraîne parfois la condamnation et la mort, de même si le baptême n'est pas accompagné de bonnes œuvres, c'est un arbre desséché. L'apôtre Paul dit: "Quiconque mange ce pain ou boit cette coupe du Seigneur de manière indigne (par exemple, sans préparation) sera coupable du Corps et du Sang du Seigneur" (voir le passage entier, 1 Corinthiens 11: 23-30). Ce passage est lu le Jeudi Saint. Néanmoins, si quelqu'un vient vous vivifier une fois de plus dans l'Esprit, vous devenez une nouvelle création.

L'activité spirituelle n'est pas seulement en fonction de notre position. Un prêtre ne devient pas Père spirituel en vertu de sa position. Si l'évêque remarque un don spirituel qui est venu habiter chez lui, il le déclare père spirituel. Il y a une prière spéciale pour cela dans l'Euchologion. 

Ensuite, il est rendu digne de donner des conseils spirituels. Puis il comprend profondément (par l'Esprit de compréhension) la Parole du Seigneur et il sait comment affronter les péchés, les soigner et les guérir. Le Père spirituel est celui qui engendre le Christ dans ses enfants. Par conséquent, dans l'Église orthodoxe, nous avons des moines et des religieuses qui ne sont pas prêtres, mais qui excercent une paternité et une guidante spirituelle. L'exemple le plus marquant de cela aujourd'hui est le Père Païssios, l'Athonite dont la sainteté a récemment été déclarée: il n'était pas prêtre et n'avait pas d'éducation formelle.

Rappelons ce que l'apôtre Paul a dit aux Corinthiens: "Ce n'est pas pour vous faire honte que j'écris ces choses; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n'avez cependant pas plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus Christ par l'Évangile. Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs. "(1 Corinthiens 4: 14-16).

Bien sûr, les sacrements et la Parole de l'Évangile restent la source de la sainteté. Néanmoins, le Saint-Esprit octroie des dons libres, en dehors des sacrements, tout en restant dans la communion de l'Église, en utilisant des canaux ou sans canaux. L'important est que le Saint-Esprit soit présent et que nous croyons qu'Il est actif, et actif librement.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
article original en arabe 

mardi 14 juin 2016

Higoumène Danielle [Myasnikova]: "Un Père Spirituel n’est pas un baby-sitter, on devrait penser par soi-même" (9 et Fin)


-Combien de moniales et de novices devrait-il y avoir dans votre couvent? Prévoyez-vous un nombre, ou est-il déterminé progressivement?

-Il se détermine de lui-même. Il y a des moments où un très grand nombre de personnes entrent dans un monastère: un nouveau candidat solide apparaît littéralement chaque mois. Ensuite, le flux cesse. Personne ne vient pendant deux ans. Après cette période de calme, les gens viennent à nouveau. Je ne sais pas quelle en est la raison. Dieu décide combien de personnes devraient être dans un couvent.

-Les difficultés terrestres affectent-elles les statistiques de la circulation des personnes dans un couvent? Par exemple, la crise actuelle?

-Le Seigneur réprimande les personnes de différentes façons. Certaines personnes sont enseignées par la maladie, et certaines par des difficultés économiques. Les gens traitent les difficultés de manière différente. Certains sont brisés, mais certains deviennent plus forts.

-Entrer dans un monastère signifie-t-il que l’on est brisé ou que l’on devient plus fort? On ne pouvait pas faire quoi que ce soit dans le monde, et on est allé à l'endroit où quelqu'un va nous aider à résoudre nos problèmes...

-Il y a des gens comme cela, mais ils ne restent généralement pas longtemps. La vocation est essentielle pour un monastère. Parfois, c’est plus difficile dans un monastère. On ne peut pas devenir musicien, parce qu'on était un mauvais physicien - il faut avoir de l’oreille pour la musique.

-On a besoin d'un talent pour peindre des icônes. Vous avez déjà dit que vous en possédez un, mais maintenant vous avez à chercher du bois. N’est-il pas choquant de perdre votre temps à quelque chose d’aussi humble? Avez-vous des pensées comme: «Dieu m'a donné ce talent, pourquoi dois-je chercher du bois?"

-Le bois fait partie du processus de création. Que puis-je faire? Je voudrais passer du temps devant un chevalet, bien sûr. Mais vous comprenez que vous aurez besoin d'acheter ce chevalet et de trouver de l'argent pour cela. Vous aurez besoin de trouver des peintures quelque part, et en quelque sorte d'embellir une salle pour le dessin. Quoi qu'il en soit, quelqu'un doit le faire et vous pouvez le faire mieux que quiconque, parce que vous le feriez pour vous-même. Un couvent ne se développera pas par lui-même. Voulez-vous entrer dans un couvent? Voulez-vous en faire le meilleur? Qui va le rendre tel? Moi!


-Comment survivez-vous alors qu'il y a une place vide au lieu d'un couvent? Comment avez-vous réussi à survivre ici au début?

-Grâce à l'aide de Dieu et aux merveilleux résidents de la région de l'Amour. Quand nous sommes arrivés il n'y avait rien en effet. Le diocèse a pris soin de la restauration du couvent. Nous sommes encore ses obligés .

Une bienfaitrice a contribué à transformer un club rock à moitié détruit en une église en l'honneur des saintes martyres Foi, Espérance et Charité à Blagoveshtchensk. Nous attendons la réparation extérieure, mais à l'intérieur il y a une église achevée. Une personne a tout simplement sacrifié quelque chose et l’a donné à l'Eglise. Une autre paroissienne a fait présent au couvent d’une automobile.

Une congrégation a commencé à se rassembler, les gens ont commencé à assister aux services divins. Ils ont aidé à acheter des outils et à nettoyer l'église après les réparations. On pourrait penser que la situation était désespérée, qu’il n'y avait pas assez de moyens. Une femme âgée a fait don d'un kopeck, puis une autre et une autre... Ainsi, nous avons économisé assez pour acheter une voiture pleine de charbon, et nous avons été en mesure de chauffer le couvent pendant une semaine. Les monastères et les églises ont toujours été construits par le monde entier.

-Comment peut-on participer à une telle aide? Par exemple, si une personne est en vacances et veut aider.

-Les gens me téléphonent ou me joignent par notre métochion [dépendance monastique] à Blagoveshtchensk. À l'heure actuelle, nous avons la possibilité d'accepter plusieurs personnes. Le couvent fournit de la nourriture. À l'heure actuelle, nous acceptons seulement ceux qui sont prêts à aider. À l'avenir, je veux donner aux gens l'occasion d'échapper à la ville, pour donner à leurs âmes un peu de repos, [pour qu’ils puissent] se promener, prier et vivre dans un couvent pour une donation raisonnable en fonction de leurs moyens.

Si vous avez apporté trois roubles à une église, vous la considèrerez déjà comme votre maison. Les gens ne valorisent pas les choses qu'ils obtiennent gratuitement. Quand c’est gagné par le travail, cela devient une église préférée ou un couvent favori. Certaines personnes viennent à l'Église grâce à ceci: elles se sentaient désolées pour les moniales qui avaient froid, elles ont donné un kopeck, puis elles ont découvert que cela avait de l’intérêt - c’était la vie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

lundi 13 juin 2016

Higoumène Danielle [Myasnikova]: "Un Père Spirituel n’est pas un baby-sitter, on devrait penser par soi-même" (8)






-Quel est votre objectif personnel à l'heure actuelle?

-Mon objectif personnel est de créer des conditions de serre pour nos mères, et pour les moniales futures qui entreront dans notre couvent.


-Comment atteignez-vous cet objectif?

-Il y a dix-sept mères dans notre couvent, qui a deux ans. La principale réalisation pour cette période est l'ouverture d'une église. Depuis novembre 2014, les services divins sont organisés régulièrement dans l'église, et notre couvent a commencé à vivre et respirer. La prière monastique commune et les Divines Liturgies ont commencé à être célébrées. Les choses les plus précieuses dans un couvent: le groupe monastique et la famille monastique- sont en cours d'élaboration. Les gens ont déjà commencé à s’habituer les uns aux autres, brisant leurs «ronces». Nous avons déjà des personnes clés dans le couvent qui seront en mesure d'expliquer quelque chose aux nouveaux arrivants.

-D’où les nouveaux arrivants viennent-ils? Un couvent est une chose nouvelle pour la région de l'Amour. Jusqu'à récemment, il y avait seulement un monastère quelque part à Tynda.

-Ils viennent de la même manière que les gens sont venus à chaque siècle. Les gens ne sont pas nés moines. Ils ont simplement rencontré Dieu à un moment donné de leur vie, ont soudain réalisé que Dieu existe et qu'ils vivaient à l'intérieur de Son monde. Il est difficile de le décrire avec des mots. Une personne a tout simplement entendu qu'ils voulaient être avec Lui et Lui obéir.

-Disons que quelqu'un lit cela et réalise soudain que Dieu est en lui, de sorte qu'il aspire à Lui obéir. Disons que toute une «armée» de ces personnes vient soudain à votre couvent. Comment distinguer ceux qui ont été effectivement amenés par Dieu, de ceux qui sont «des vaches sur une clairière idyllique"?

-Par tâtonnements. Il y a quelque temps, voici comment le couvent de la Protection à Tervenitchi a été fondé. Deux femmes retraitées, qui ont quitté tout ce qu'elles avaient gagné par leur travail acharné et honnête, ont suivi un hiéromoine de vingt-cinq ans dans l'arrière-pays, dans un village détruit, qui n’était plus qu’un lieu vide. C’était dans le but de vivre dans un hangar, de transporter de l'eau, de couper du bois, en vivant dans la faim.


Ensuite, les gens ont commencé à y venir. Certains sont restés, et vivent encore là heureusement depuis de nombreuses années maintenant. Certains ne résistent pas à des symptômes de sevrage quand ils ont réalisé que le couvent était complètement différent de ce qu'ils avaient imaginé, vu dans les films, ou lu dans les livres. Certains ont survécu à des maladies terrestres et sont restés dans le couvent, mais certaines personnes l’ont quitté, après avoir réalisé leurs souhaits, et construit une famille dans le monde, ce qui est également bon. Certes, il y a eu des gens qui sont partis plus tragiquement - en conflit.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

dimanche 12 juin 2016

Higoumène Danielle [Myasnikova]: "Un Père Spirituel n’est pas un baby-sitter, on devrait penser par soi-même" (7)




-Vous êtes higoumène, et c’est un travail ardu. Donc, on vous a fait sortir d'un environnement naturel pour une moniale, qui consiste juste en «Dieu et moi». Vous devez faire des activités plus terrestres qu'une personne laïque moyenne. Est-ce encore le monachisme?

-C’est également le monachisme. Le monachisme sert le Christ dans les conditions qui existent à un certain moment. Une vie normale dans un monastère est quand une personne a un certain emploi du temps pour une journée, ce qui est normal et humain. Cela signifie que c’est une occasion de ne pas penser à des problèmes quotidiens tels que ce que vous mangerez demain, ou ce que vous allez porter. Il y a une personne qui pense comment fournir à l'ensemble du monastère de la nourriture et des vêtements.

Lorsque les responsabilités sont clairement réparties, cela permet de prendre soin de soi et de faire ses activités dans un monastère, sans avoir des pensées non désirées. Un moine est censé avoir un endroit où il peut s'isoler et juste rester avec Dieu, les anges et les saints en privé. C’est idéal. À l'heure actuelle, il est essentiel de tout faire pour que les gens capables de mener une vie monastique aient une telle possibilité.

Certes, je voudrais vivre dans une telle «serre» maintenant. Cependant, le Seigneur nous met toujours dans un lieu qu’Il pense être nécessaire, quelles que soient nos aspirations. Je suis actuellement en train de faire ce qui est nécessaire: je cours dans toute la ville à la recherche de ciment, de bois, de peinture, et de quelqu'un qui puisse me donner du charbon pour la salle des chaudières. Ceci est mon obédience actuelle.

-N’y a-t-il pas des moines qui peuvent faire ce travail «non-féminin»?

-Notre couvent est pour les femmes et nous avons notre propre économie. La chose est que l'on comprend à un certain moment, c’est que, quel que soit le mode de vie que l'on mène, la vie spirituelle ne consiste pas à vivre dans des conditions de serre. C’est le don de Dieu que de comprendre cela.

Au début, tout le monde pense qu'un monastère est, comme une femme l'a appelé, «la vie d'une plante». En d'autres termes, les moines vivent de la même façon que les vaches broutent paisiblement, tandis que l'herbe est verte et que les oiseaux chantent. Les moines ne sèment pas et ne moissonnent pas et le Seigneur les nourrit et les habille. En fait, Il les nourrit et les habille, mais Il les fait également travailler. Peu à peu, on commence à comprendre que la vie monastique et notre cellule, sont dans notre cœur. On comprend le sens des paroles «le Royaume des Cieux est en vous».


Pourquoi les saints, qui ont été mis dans des camps de concentration au début du XXe siècle, restent-ils saints parmi les criminels les plus endurcis? Quand on lit les lettres des institutions pénales, on est surpris de leur paix intérieure et du calme intérieur! Ces gens ont réussi à voir Dieu dans une cellule, dans la saleté, où les gens ont juré, raillé et torturé. Les saints étaient avec Dieu. Heureusement, les tâches de notre aujourd'hui sont infiniment plus faciles.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après