"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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dimanche 2 août 2026

Archimandrite Savva (Majuko): LES ANIMAUX ONT-ILS UNE ÂME ? (suite)


-Est-il acceptable de faire stériliser un animal de compagnie afin d'éviter une progéniture indésirable ?

-Je pense que nous devrions aborder cela avec un simple bon sens et suivre le principe de choisir le moindre mal. Les adultes comprennent que nous sommes souvent obligés de choisir non pas entre le bien et le mal, mais entre un plus grand  mal et un mal moindre. Quelqu'un doit prendre la décision, sinon supporter les conséquences et s'adapter.

Je crois que les animaux sont naturellement destinés à se reproduire. Cela fait partie du but de leur existence, car un animal est, au sens le plus plein, une créature de son espèce. Un être humain, en revanche, peut être considéré à plusieurs niveaux : comme un membre de la race humaine, certes, mais aussi comme une personne dont la valeur transcende l'espèce elle-même. Nous existons, pour ainsi dire, sur deux plans.

Je le  répète, un animal existe principalement en tant que représentant de son espèce. Il n'existe pas en tant que personne individuelle, bien qu'il ait certainement des caractéristiques individuelles. Surtout, il existe comme une continuation de son espèce, et le but de sa vie est de transmettre cette vie.

Par exemple, j'ai toujours été frappé par l'expression sur le visage d'une mère chatte après qu'elle ait accouché. C'est inoubliable. J'adore regarder une chatte avec ses chatons, et j'aime toujours avoir des chatons ou des chiots autour de moi. Oui, ils demandent beaucoup de travail, mais ils sont merveilleux. Il y a une fierté si sacrée et bénie au visage d'une mère chatte qui a rempli sa vocation. Au-delà de cela, il ne semble pas y avoir d'importance si elle survit elle-même ou ce qu'elle devient par la suite.

C'est pourquoi je pense qu'il y a quelque chose de malsain dans la tendance généralisée à stériliser les animaux. Même ainsi, je répète que nous devons être guidés par le bon sens et par le principe du moindre mal. Parfois, la stérilisation est en effet la bonne voie.

-Cela conduit naturellement à une autre question. Si un animal est gravement malade, devrions-nous attendre une mort naturelle, ou l'euthanasie est-elle autorisée ?

-Un animal n'est pas un être humain. Une personne a parfois besoin de traverser le chagrin et la souffrance pour être purifiée. Un animal n'a pas besoin d'une telle purification. Ils sont déjà innocents. À cet égard, ils sont en fait meilleurs que nous. Ils ne portent aucun vice moral sur leur conscience - parce qu'ils n'ont pas de conscience. Je regarde mon Anfisa et je me dis qu'elle n'a pas la moindre conscience, et pourtant je l'aime.


-Alors une personne peut prendre cette décision ?

-Oui, cela aussi relève du principe du moindre mal. Parfois, il vaut vraiment mieux ne pas laisser un animal continuer à souffrir. Pourquoi devrait-il souffrir ?

En même temps, on peut regarder la question différemment, et chaque personne doit prendre cette décision selon sa propre conscience. S'occier d'un animal malade peut être quelque chose dont le propriétaire lui-même a besoin. Cela fait partie de sa propre biographie, de sa propre histoire, de son propre ministère et de son épreuve spirituelle. Il n'y a pas de formules prêtes à l'emploi.

C'est pourquoi les conversations sur les animaux peuvent se poursuivre sans fin. Chaque cas est un chapitre unique dans la vie d'une personne particulière dans l'histoire de laquelle cet animal est entré. Qu'il s'agisse d'un chat, d'un chien, d'un petit crocodile ou d'un raton laveur, cela fait désormais partie de votre vie, et vous devez maintenant décider comment réagir. Comme le dit le proverbe, vous êtes responsable de ceux que vous avez domestiqués.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN


jeudi 30 juillet 2026

Archimandrite Savva (Majuko): LES ANIMAUX ONT-ILS UNE ÂME ? (suite)



 En d'autres termes, il n'est pas vraiment correct de considérer l'âme d'un animal - ou son destin ultime - en dehors de la personne à qui il appartient ?

-Je le pense aussi. L'homme est l'image de Dieu. Il est unique. Les êtres humains ne peuvent pas être placés au même niveau que les animaux.

J'ai la réputation d'être un défenseur des animaux et de quelqu'un qui aime beaucoup les chats, les chiens, les crocodiles - et les grenouilles aussi, d'ailleurs. J'étais récemment au jardin botanique de Moscou, et j'y suis allé délibérément juste pour écouter les grenouilles. Ils ont de merveilleux étangs où les grenouilles chantent.

Puis certains de mes lecteurs m'ont abandonné, m'ont rejeté et m'ont même envoyé des lettres de colère lorsqu'ils ont découvert que je ne suis pas, en fait, un adorateur d'animaux dans le sens qui est devenu à la mode parmi certains cercles urbains progressistes aujourd'hui - des gens qui sont prêts à diffamer un autre être humain, ou même à le détruire, le tout au nom de la défense d'un chat ou d'un chien. À mon avis, c'est une autre forme de corruption morale.

J'aime vraiment les animaux. Mais les êtres humains ont une capacité étonnante à corrompre même leurs impulsions les plus nobles. L'amour pour les animaux peut lui-même devenir désordonné. Je ne veux pas dire au sens clinique, mais comme une sorte d'excès émotionnel, une sentimentalité immodéré.

Un tel excès émotionnel peut également se manifester dans la compassion. La pitié est un sentiment noble, mais même la pitié peut être déformée. Une personne peut éprouver de la pitié pour quelqu’un de manière si aveugle et sans retenue que cette pitié finit par nuire à la fois à celui qui a pitié et à celui qui est l’objet de cette pitié. La compassion, elle aussi, peut en arriver là.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN