"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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lundi 19 décembre 2016

Père Andrew Phillips: Nous avons vraiment besoin d'un Concile maintenant.


Saints des Îles Britanniques



Après l'échec embarrassant du forum de Crète de 2016, auquel n'ont assisté que des hétérodoxes et des représentants de dix des quatorze Églises locales, qui se sont opposés entre eux, beaucoup refusant de signer, le patriarche de Constantinople est en colère. 

Il est en colère parce que son "rêve de pape" personnel a échoué, et il menace donc tous ceux qui sont en désaccord avec son projet favori de ne pas concélébrer avec eux. Il peut le faire au sein de son propre Patriarcat, mais il ne peut pas le faire avec d'autres Églises locales, sauf en s'excommuniant lui-même. 

En ce qui concerne les quatre Eglises locales, qui représentent plus de 80% des orthodoxes, qui n'étaient pas d'accord avec l'ordre du jour du forum et n'y ont donc même pas assisté, elles trouvent le comportement du patriarche âgé non seulement irréaliste mais de plus en plus imprévisible. Certains ont mentionné la possibilité que lui et peut-être certains de ses assistants gériatriques ont la maladie d'Alzheimer. Compte tenu de tout cela, quel est l'avenir?

Le fait est que le forum de Crète a ouvert une blessure dans l'Église, la plaie de l'œcuménisme, c'est-à-dire le statut pour les membres de l'Église, des non orthodoxes et des organisations religieuses auxquelles ils appartiennent. 

La tentative du Patriarcat de Constantinople d'imposer par autoritarisme une compréhension hérétique de ceci sur l'Église, n'a apporté que la division. 

Il faut maintenant répondre à ce problème. Lié à cette erreur dogmatique qui doit être éclaircie, mais pire encore qu'elle, le forum de Crète a délibérément échoué à s'attaquer au seul vrai problème auquel est confronté l'Eglise dans le monde réel. C'est le refus d'envoyer des missions pour convertir le monde en dehors de l'Église. 

Beaucoup de hiérarques semblent préférer agiter dans l'air le drapeau ethnique plutôt que de s'occuper des vastes territoires missionnaires largement ignorés, où vivent sept milliards de non-orthodoxes. Ils ont besoin d'être éclairés par l'Église. 

Voilà pourquoi nous avons besoin d'un véritable Concile.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 24 novembre 2016

Sur Orthodoxie.com



Le patriarche de Moscou Cyrille : « L’Église orthodoxe russe n’a pas participé au Concile de Crète afin d’éviter un schisme »

L’Église orthodoxe russe s’est abstenue au dernier moment, au mois de juillet de cette année, de participer au Concile de Crète, afin de ne pas provoquer un nouveau schisme. C’est ce qu’a communiqué aux journalistes le patriarche de Moscou Cyrille, au cours d’une interview à la veille de son soixante-dixième anniversaire. « Dans l’histoire, des divisions ont eu lieu après presque chaque Concile. Des divisions se sont même produites après les Conciles œcuméniques, aussi, à notre époque, nous ne devons pas risquer l’apparition de nouvelles scissions. C’est précisément pourquoi nous nous étions mis d’accord pour adopter toutes les décisions par consensus, mais il s’est avéré, déjà lors de la réunion des primats à Genève, que deux Églises – celles d’Antioche et de Géorgie – n’avaient pas signé des documents très importants, et qu’il n’y avait plus alors de consensus » a expliqué le patriarche. « Ensuite, l’Église serbe a déclaré qu’elle considérait nécessaire de reporter le Concile. L’Église de Géorgie a également déclaré qu’elle ne se rendrait pas au Concile, et l’Église de Bulgarie a refusé de même», a poursuivi le patriarche. « Aussi, lorsque nous avons reçu cette information, nous avons adressé une lettre à Constantinople, proposant de convoquer d’urgence une Conférence panorthodoxe, afin de définir nos actions, et décider quelle devait être notre approche du Concile, parce que sans consensus il ne fallait pas convoquer un Concile ». Un accord fondamental entre primats prévoyait que l’adoption des documents ne se ferait que par un vote unanime. Cela permettait d’exclure les différends et de ne pas provoquer les divisions. « Nous avons dit encore une fois que les documents tels qu’ils devaient être présentés au Concile, ne nous convenaient pas, que nous avions des amendements sérieux à y apporter. Nous avons reçu une réponse très impolie, où il était dit : le Concile aura lieu, c’est tout», a poursuivi le patriarche Cyrille. « Si le Concile a lieu en l’absence de consensus, cela signifie que nous renonçons aux principes que nous avons approuvés ensemble », a-t-il clarifié. « En outre, cela signifierait pour nous, tout simplement, une division programmée dans l’Orthodoxie ». Le patriarche a rappelé que les représentants de certaines Églises se sont néanmoins rendus en Crète et ont pris part au Concile, tandis que d’autres ont refusé, ce qui a privé celui-ci du statut de « panorthodoxe ». « Dans une telle situation, notre Église a pris la décision de ne pas aller au Concile », a déclaré le patriarche. « Mais nous avons une attitude respectueuse envers ce qui s’est passé en Crète. Nous avons bien sûr nos réserves et nos amendements. Notre Commission biblique et théologique a déjà étudié ces documents, et a formulé ses amendements », a ajouté le patriarche, qui a annoncé que, lors de la prochaine Assemblée des évêques [de l’Église orthodoxe russe, ndt], ces amendements seront examinés attentivement et que « certaines suggestions seront faites ». « Nous considérons ce Concile de Crète comme une partie du processus conciliaire. À ce jour, en l’absence de tout un nombre d’Églises, mais il ne faut pas le dramatiser. Nous sommes sur la voie de ce Concile [panorthodoxe, ndt], qui sera convoqué selon toutes les règles et qui présentera à l’Église orthodoxe et au monde entier des documents orthodoxes communément acceptés », assure le patriarche Cyrille.
Source

jeudi 14 juillet 2016

Sur orthodoxie.com: Le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque n’a pas signé le document conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »


Le métropolite du Monténégro et du Littoral Amphiloque (Église orthodoxe serbe) a déclaré qu’il n’avait pas signé le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » adopté au cours des travaux du Concile en Crète, qui s’est déroulé du 18 au 26 juin 2016. C’est ce que celui-ci a dit, entre autres, au cours de l’émission « Živa istina » (« La vérité vivante ») de la chaîne télévisée « Atlas » du Monténégro, mentionnant que ce document avait précisément provoqué une polémique acerbe lors du Concile. 

Le métropolite Amphiloque considère que le document en question était insuffisamment préparé, ce que la délégation serbe avait indiqué lors des réunions préparatoires. « Je dois vous dire que j’étais l’un de ceux qui n’ont pas signé le sixième document [c’est-à-dire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »]» a souligné le métropolite Amphiloque, qui répondait au journaliste Darko Šuković. 

Les termes mêmes de l’affirmation du métropolite laissent entendre que le nombre des évêques serbes qui n’ont pas signé le document litigieux pourrait être plus grand. C’est ainsi que les médias grecs ont cité, dans ce contexte, le nom de l’évêque de Bačka Irénée, tandis que selon d’autres sources, ce sont plusieurs évêques serbes qui n’auraient pas signé le document. Toutefois, rien n’a été révélé à ce sujet dans les médias serbes. Il convient de mentionner que la publication des documents adoptés, telle qu’elle figure sur le site officiel du Concile ne permet pas de comprendre qui précisément à signé le document, et suggère l’idée que tous l’ont signé. L’interview du métropolite Amphiloque est disponible sur Youtube (en serbe) :

mardi 12 juillet 2016

L’évêque Irénée de Bačka (Église orthodoxe serbe) : « Pourquoi je n’ai pas signé » (le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »)

L’évêque Irénée de Bačka (Église orthodoxe serbe) : « Pourquoi je n’ai pas signé » (le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »)

Dans un texte long et détaillé publié par l’Agence grecque Romfea.gr, l’évêque de Bačka Irénée, membre du Saint-Synode de l’Église orthodoxe serbe, a expliqué pourquoi il n’avait pas signé le texte conciliaire « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Dans l’introduction de sa déclaration, l’évêque Irénée précise « qu’il n’était pas le seul (…) à ne pas avoir signé parmi les 25 évêques serbes présents au Concile, mais que la plupart d’entre eux n’avaient pas signé non plus. En outre, beaucoup d’autres évêques également n’ont pas signé le texte. En conséquence, ce texte est invalide en raison du principe du consensus en vigueur depuis 1961, décidé communément. Et si un évêque ne signe pas (tandis que sa signature est exigée !), le texte est inexistant». Parmi les raisons mentionnées pour son refus, l’évêque Irénée avance qu’au lieu du « principe apostolique d’un homme, un suffrage, était en vigueur [au concile, ndt] le principe : une Église autocéphale, un suffrage, ce que l’on a interprété comme le seul vote des Primats des Églises ». Par conséquent, selon l’évêque Irénée « la seule différence entre l’évêque orthodoxe et l’observateur hétérodoxe [présents au concile, ndt] est que l’un peut parler à volonté, tandis que l’autre reste assis, silencieux. Ni l’un, ni l’autre, ne décident de quoi que ce soit. Dans ce cas, cependant, à quoi sert la signature sous le texte de ceux qui n’ont pas le droit de voter ? Afin de donner l’impression que le système conciliaire fonctionne, tandis qu’il est inactif et transgressé ? Ou bien est-ce pour une autre raison ? Je l’ignore, naturellement, mais je peux au moins ne pas signer ce qui ne correspond pas à mes convictions ». L’évêque Irénée indique ensuite « la raison principale » pour laquelle il n’a pas signé le texte « Relations de l’Eglise orthodoxe avec le reste du monde chrétien » : « Selon moi, tout au moins, il s’agit du contenu équivoque du texte, ambigu du point de vue ecclésiologique, s’approchant par certains points des limites d’une doctrine autre [non orthodoxe ndt] ». L’évêque Irénée déclare ensuite que malgré les améliorations apportées au texte en ce qui concerne « la dénomination historique des autres Églises et confessions chrétiennes », il considère que celui-ci « du début jusqu’à la fin est irrémédiable et inacceptable, car il est un véritable mélange de positions purement orthodoxes et de terminologies à caractère et style œcuméniques ». L’évêque Irénée considère toutefois que le texte aurait dû laisser la dénomination d’Église au « catholicisme romain » pour la raison que « le conflit dogmatique entre celui-ci et nous-mêmes, qui dure plus de mille ans, n’a pas encore été tranché au niveau d’un concile œcuménique, si ce ne sont les pseudo-conciles œcuméniques de Lyon et de Florence ». Quoi qu’il en soit, selon l’évêque Irénée, le texte aurait dû, après avoir confessé, comme il l’a fait, que l’Église orthodoxe est l’Église Une, Sainte, Catholique, affirmer à l’instar de la constitution de Vatican II, que les chrétiens non-orthodoxes « ont aussi des éléments sains provenant de l’ancienne Tradition commune et des déviations très sérieuses dans le domaine de la foi et de l’ordre (« taxis ») en raison desquelles ils ne sont pas en communion avec l’Église orthodoxe. Particulièrement en ce qui concerne les catholiques-romains, il fallait souligner que non seulement la primauté et l’infaillibilité papales hydrocéphales, mais aussi l’ajout du Filioque dans le Symbole de Foi constituent à la fois des obstacles infranchissables à l’union de l’Orient et de l’Occident, étant au demeurant les thèmes principaux du dialogue théologique ». Abordant l’absence des quatre Églises autocéphales, l’évêque Irénée récuse les accusations de ceux qui considèrent qu’il aurait été leur « avocat » : « Je déclare que leur présence et leur contribution active, dynamique eût été plus utile à l’Église. Néanmoins, j’éprouve de la compréhension et de la compassion lorsque j’entends sonner la cloche du danger de nouveaux schismes, para-synagogues et « d’emmurements » [de groupes qui se referment sur eux-mêmes, ndt] à la suite de textes défectueux, quant au fond des textes pauvres, inférieurs même à ceux du second Concile du Vatican ». Et l’évêque Irénée ajoute : « Je n’ai pas de compréhension et de compassion pour ceux qui disent : ‘Les fanatiques, les obscurantistes, les…, les… ne nous intéressent pas’. Au contraire, tous nous intéressent : les ‘nôtres’, les ‘étrangers’, les proches et les lointains. Il fallait faire ceci sans négliger cela, selon la parole du Seigneur. Si ce n’est rien d’autre, la faiblesse de la conscience du frère, justement ou injustement scandalisé, produit dans nos âmes le sentiment de responsabilité humaine et pastorale, de soutien mutuel et de compassion… ‘Ce n’est pas en paroles, mais en actes qu’est notre piété ‘ [St Grégoire le Théologien, ndt] ». L’évêque Irénée ajoute que « Selon mon humble avis, par sa Toute-sainteté son président [le patriarche œcuménique Bartholomée, ndt], le Concile s’est adressé à juste titre aux observateurs hétérodoxes par des paroles fraternelles et chaleureuses, et a évité en même temps, en raison du dialogue, le style ardu de la confrontation. Or, il fallait cependant, ou plutôt il était nécessaire, de soumettre par le texte [conciliaire, ndt] en question le témoignage de l’identité ecclésiologique et la conscience qu’a d’elle-même [l’Église orthodoxe, ndt] d’une façon plus claire, plus conséquente et plus exacte ». En conclusion, l’évêque Irénée écrit que l’Église orthodoxe serbe espérait que le présent Concile se préoccuperait des « problèmes contemporains de l’Orient, tels que les schismes, qu’ils soient d’inspiration nationaliste ou zélote, de l’absence de communion entre Églises [locales, ndt] et de la conduite anti-canonique d’autres Églises [locales, ndt], de la question de l’autocéphalie (…). Or, rien de tel n’a eu lieu (…). Très malheureusement, l’occasion historique bénie a été perdue d’aborder et de commencer à résoudre toute une quantité de défis et d’épreuves dans la vie de notre sainte Église (…) Je crains que dans l’histoire future de l’Église, le Concile de Crète ne soit mentionné que comme un Concile provincial des Églises qui y ont participé, sans rayonnement et influence plus importante. Mais peut-être est-ce préférable à l’aphasie et l’absence totales d’existence historique ».


Source (texte intégral en grec) ( Orthodoxie.com pour la version française)

jeudi 7 juillet 2016

Sur orthodoxie.com/ Le métropolite de Nafpaktos Hiérothée : « Pourquoi je n’ai pas signé le texte sur les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien»



Le métropolite de Nafpaktos Hiérothée (Église orthodoxe de Grèce) a publié la mise au point suivante, expliquant les raisons qui l’on conduit à refuser de signer le texte concernant « les relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien » :
« Différents commentaires ont été publiés concernant la position que j’ai adoptée concernant le texte du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe intitulé : « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien ». Certains écrivent que je ne l’ai pas signé, d’autres que je l’ai signé avec des réserves, et d’autres encore que je l’ai signé. Par la présente déclaration, je confirme qu’effectivement je n’ai pas signé ce texte et que, en outre, j’ai exprimé mes réserves au sujet des textes « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain » et « Le sacrement du mariage et ses empêchements », relativement à des points concrets que j’ai développés durant les sessions. En particulier, pour ce qui concerne le premier texte, intitulé « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », je veux dire que, réellement, je ne l’ai pas signé et ce après profonde réflexion, sur la base de critères théologiques. Ce n’est pas encore le moment pour moi de développer tous mes arguments historiques et théologiques, ce que je ferai lorsque j’analyserai plus généralement tous les processus et l’atmosphère que j’ai ressentie lors du déroulement des sessions du saint et grand Concile. Je vais mentionner ici, laconiquement, certaines raisons particulières.
1. [En prenant ma décision], j’ai pris en considération le fait que toutes les décisions prises à l’unanimité par la hiérarchie de l’Église de Grèce n’ont pas été retenues, non seulement concernant la phrase « L’Église orthodoxe reconnaît l’existence historique des autres confessions et communautés chrétiennes », mais aussi dans quatre-cinq autres cas. J’ai choisi dès le début d’accepter de participer au saint et grand Concile en tant que membre de la délégation de l’Église de Grèce, en attendant toutefois les décisions de la hiérarchie [c’est-à-dire de l’assemblée des évêques de l’Église de Grèce] en mai 2016, avant de décider finalement si je serai présent. Lorsque je fus convaincu que les décisions de la hiérarchie étaient significatives et unanimes, j’ai finalement décidé de participer au saint et grand Concile dans le but de les soutenir.
2. J’étais préoccupé depuis le début au sujet de toute la structure et la façon de penser qui se dégageait du texte, car elles provenaient de la réunion de deux textes différents mais, jusqu’à la fin, j’avais espoir dans ses rectifications, avec les propositions également des autres Églises. Finalement, cependant, j’ai observé que les corrections qui avaient été proposées par les Églises ne sont pas toutes introduites dans le texte pour diverses raisons.
Le métropolite de Pergame, manifestement en tant que conseiller, sur l’incitation du patriarche, était l’évaluateur ultime des propositions. Ou bien il les rejetait, ou il les corrigeait ou encore il les adoptait et son évaluation était acceptée par l’Église de Constantinople et les autres Églises. Ainsi, à mon avis, le texte n’était pas mûr pour être édité par le saint et grand Concile puisque, jusqu’au dernier instant précédant sa signature, il était corrigé et modifié, jusque lors de sa traduction dans les trois langues, français, anglais et russe. C’est la raison pour laquelle certaines Églises, dès le début, avaient demandé le retrait du texte pour une révision ultérieure. En outre, le texte était on ne peut plus diplomatique et chacun pouvait l’utiliser selon ses préférences. Comme je l’ai soutenu lors de la session du saint et grand Concile, le texte n’a pas de base ecclésiologique stricte, et la question de savoir qu’est-ce que l’Église et qui en sont membres était l’un de presque cent sujets qui avaient été proposés pour le saint et grand Concile [initialement, dans les années soixante, ndt], mais entre temps, il est tombé à la trappe, dans la perspective d’un débat plus large ainsi que d’un dialogue qui feraient ensuite l’objet d’une décision. Il fallait, par conséquent, que soit d’abord discuté et défini ce qu’est l’Église et qui sont ses membres et ensuite que soit déterminée la place des hétérodoxes. En outre, si j’avais signé ce texte, j’aurais renié dans la pratique tout ce que j’avais écrit de temps à autre au sujet de l’ecclésiologie sur la base des saints Pères de l’Église. Et cela, je ne pouvais le faire.
3. Il est impossible que l’on comprenne pleinement la raison pour laquelle j’ai renoncé à signer, si je ne donne quelques informations sur la raison pour laquelle les représentants de l’Église de Grèce ont changé à cet instant la décision unanime de la hiérarchie de l’Église. Comme on le sait, la décision initiale de la hiérarchie de mai 2016 était que « l’Église orthodoxe reconnaît l’existence historique des autres Confessions et Communautés chrétiennes », et cela a été modifié par la proposition : « L’Église orthodoxe accepte la dénomination historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes ». La différence entre les deux phrases est évidente. Le vendredi, alors qu’était discuté le texte concret, la discussion a abouti à une impasse au sixième paragraphe, où il était question de la dénomination des hétérodoxes. L’Église de Roumanie a proposé que l’on dise « confessions et communautés hétérodoxes ». L’Église de Chypre a proposé que l’on dise « Églises hétérodoxes ». Et l’Église de Grèce a proposé que l’on dise « confessions et communautés chrétiennes ». Étant donné que l’Église de Roumanie avait retiré sa proposition, la discussion a porté sur la proposition de l’Église de Chypre, qui a été adoptée par d’autres Églises, et celle de l’Église de Grèce. Lors d’une consultation de notre délégation, le vendredi après-midi, il a été décidé que nous resterions fermes dans la décision de la hiérarchie [de l’Église de Grèce, ndt], et que soient proposées des solutions alternatives, à savoir que l’on écrive « L’Église orthodoxe connaît l’existence d’hétérodoxes » ou « d’autres chrétiens » ou « de chrétiens non orthodoxes ». Étant donné que les propositions de l’Église de Grèce n’avaient pas été acceptées, le patriarche œcuménique, lors de la session de l’après-midi du vendredi a proposé publiquement une rencontre du métropolite de Pergame et de moi-même, afin que soit trouvée une solution. Le métropolite de Pergame ne semblait pas disposé à une telle chose et je déclarai moi-même que ce n’était pas une question personnelle, auquel cas je pourrais prendre seul une telle responsabilité, mais que c’était la question de toute la délégation. C’est alors que le patriarche œcuménique a proposé à l’archevêque d’Athènes de trouver absolument une solution. Le samedi matin, avant la session, notre délégation s’est réunie pour prendre une décision à ce sujet. L’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Jérôme, se comportant de façon démocratique, a mentionné qu’il existait trois solutions concrètes : la première, que nous en restions à la décision de la hiérarchie ; la deuxième, que nous déposions une nouvelle proposition, dont j’ignore comment elle est venue et qui l’a proposée, à savoir : « l’Église orthodoxe accepte la dénomination historique d’autres Églises chrétiennes hétérodoxes »; et la troisième, que nous acceptions la proposition de l’Église de Chypre, dans laquelle il était question « d’Églises hétérodoxes ». Une discussion s’en est suivie entre les membres de notre délégation au sujet des trois propositions. Personnellement, j’ai soutenu la première proposition avec les formulations alternatives qui avaient été mentionnées préalablement, tandis que les autres présents votèrent en faveur de la deuxième proposition. Je considérai que cette proposition n’était la plus indiquée du point de vue historique et théologique et je déclarai immédiatement devant tous les présents que je ne signerai pas ce texte, si cette proposition est soumise, mais que, en raison de l’unité, je m’abstiendrai de nouvelles discussions. Par conséquent je ne pouvais signer le texte pour cette raison également.
4. Il y a encore une raison, qui, naturellement, n’est pas essentielle, mais qui a un poids particulier : une forte critique verbale a été adressée à l’Église de Grèce et au sujet de sa décision. Naturellement, l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce Mgr Jérôme a rejeté par un discours sensé cette prise de position injurieuse. En fin de compte, cette opposition a joué un rôle psychologique dans la formation de l’autre proposition. J’ai fait l’objet personnellement d’une sérieuse pression et d’une attitude injurieuse de la part d’autres hiérarques en raison de ma position, et j’ai été informé que d’autres évêques de notre Église avaient fait l’objet de pressions. Et du fait que je réagis toujours avec sang-froid, calme et liberté, je ne pouvais accepter de telles pratiques insultantes. Ce sont les raisons les plus fondamentales qui ont fait que je renonce à signer, pour des raisons de conscience et de théologie. Naturellement, dans le texte final qui a été publié, mon nom aussi a été utilisé comme si j’avais signé le texte, de toute évidence parce que j’étais membre de la délégation de l’Église de Grèce. Ce sont ici certains éléments sur ce qui s’est produit à ce sujet. J’écrirai plus tard, lorsque j’analyserai également la problématique – sous l’aspect historique et théologique – de la proposition finale qu’a soumise l’Église de Grèce et qui a été introduite dans le texte officiel.

Sur Orthodoxie.com: Déclaration du métropolite de Limassol Athanase au sujet du Concil


Déclaration du métropolite de Limassol Athanase au sujet du Concile


Le métropolite de Limassol Athanase (Église de Chypre) a confirmé qu’il n’avait pas signé le texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien » par le communiqué suivant : « Puisque l’on a pu observer une confusion dans l’information des fidèles, alors que l’on se pose la question si j’avais finalement signé le texte du saint et grand Concile concernant le thème : « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », je souhaite informer les intéressés que, pour des raisons de conscience, je ne l’ai pas signé, puisque je suis en désaccord avec ce texte, tel qu’il a été finalement constitué. Je donne, pour publication, la version écrite du point de vue que j’ai soumis au saint et grand Concile, en ce qui concerne ce texte. Cela, pour simple information, avec beaucoup de respect et d’estime pour tous ». La version écrite mentionnée est disponible en grec sur le site ci-dessous.

mercredi 15 juin 2016

Primats ou papes???



Primats, ou papes?
Patras, le 10 juin 2016.
Finalement, les Eglises orthodoxes ont-elles des primats, ou des papes? Se pourrait-il qu'il y en ait, qui, à cause du Saint et Grand Concile, veulent aussi conférer aux primats des pouvoirs papaux?
Ces questions ont été soulevées par les réactions de certains «défenseurs» du prochain Saint et Grand Concile, qui est devenu agité par les décisions synodales unanimes des Hiérarchies des Églises de Serbie, de Bulgarie, de Géorgie et de Grèce, concernant la position que ces Églises auront au Concile panorthodoxe.
 Sans donner de réponses aux individus concernés, aux plaintes extrêmement graves des saints synodes des Églises locales, ils déchirent leurs vêtements et répètent sur un ton monotone: "Les primats avaient signé les textes, et ils ont pris la décision, tant pour la convocation, que pour la procédure et le règlement pour le fonctionnement du Concile; par conséquent, les synodes locaux ont pas le droit de se prononcer sur les décisions des primats ! "C’est sur la même logique que le synode Sacré et permanent du Patriarcat œcuménique lui-même s’était aligné, dans son annonce officielle (6 juin 2016).
Excusez-moi?! Quand les primats des Eglises locales orthodoxes deviennent-ils... des papes? Depuis quand l'opinion/décision personnelle d'un primat lie-t-elle irrévocablement et oblige-t-elle le synode de la hiérarchie à laquelle il appartient, de se conformer à sa décision?
Est-ce le Primat, ou est-ce synode des hiérarques qui compose l'instrument administratif suprême dee Églises orthodoxes locales, conformément à la tradition orthodoxe? Est-ce que chaque Eglise approuve synodalement et s'exprime-t-elle Elle-même par un synode, ou bien est-elle liée par n’importe quelle vue exprimée par un primat? (Je ne vais pas ajouter le terme "ex cathedra" ici, pour éviter que nos esprits s’égarent ailleurs!)
Bien sûr, les primats ont signé! Cependant, de retour dans leur Eglise locale, chaque primat a présenté sa décision - comme il est été obligé de le faire- à son synode. Et chaque synode souverain et responsable a formulé son avis, soit d'accord avec la signature du Primat, ou en désaccord et il a annulé naturellement sa décision personnelle! Y a-t-il peut-être des gens qui cherchent à dicter à ce synode ce qu’il devrait décider?
Il est louable que les primats des Eglises de Serbie, de Bulgarie, de Géorgie et de Grèce, qui, en respectant l'institution synodale, aient soumis leurs décisions pour être jugée par le corps de la hiérarchie. Et non seulement cela; en se conformant à la lettre et à l'esprit du 34ème Canon apostolique, ils se sont réunis, ils ont accepté et ils ont co-signé les décisions unanimes de leurs hiérarchies: «... il ne doit pas (le chef de chaque synode local), sans l'avis de tout le monde, faire quoi que ce soit. Car, cela est conforme, et Dieu est glorifié par le Seigneur, dans le Saint-Esprit: le Père, le Fils et le Saint-Esprit ». Voilà ce que signifie le respect de l’institution synodale! Voilà ce que signifie le respect de l'unité de l'Église!
Malheureusement, certains, habitués à la manière de fonctionner des synodes de certains Patriarcats (au Nord et au Sud et à l’Est sans  mentionner de noms, ou offenser des familles...), ne peuvent pas «digérer» le fait qu’il y a des Églises locales dans lesquelles le système synodal est opérationnel - sans aucun doute avec des problèmes et des difficultés, mais il fonctionne. Le Primat ne donne pas d’ordres – de style papiste - tandis que les autres participants obéissent, qu'ils le veuillent ou non ...
Le danger pour l'Orthodoxie elle-même, est qu'il y a ceux qui veulent imposer le modus operandi du "Concile" de certains patriarcats à toutes les Églises, et par le Concile panorthodoxe, ils cherchent à élever les primats,  de "primus inter pares" (premier parmi les égaux) à "paribus sine primus" (premier sans égaux – selon Elpidophoros de Prousa) et en fait avec une juridiction papale! De cette façon, il sera plus facile de reconnaître le premier parmi les premiers, qui seront alors à nouveau "paribus sine". Cette question est déterminante, et touche directement à l'essence même de l'ecclésiologie orthodoxe.
Il est évident que l'image présentée par l'Eglise orthodoxe en vue du Concile panorthodoxe n’est pas idéal.e Ne voulant pas reconnaître l'ampleur de leur responsabilité dans cette situation, certains des individus responsables tentent de rejeter le blâme sur la fonction du système synodal des Églises locales. Mais le problème a été principalement créé par la manière anti-traditionnelle avec laquelle le Saint et Grand Concile a été préparé jusqu'à présent, et principalement ses règlements opérationnels qui, au nom du Concile panorthodoxe avait méconnu l'institution synodale des Églises locales. Il est impossible, que des questions aussi importantes (par exemple, l'approbation des textes pré-concilaires) soient décidées par un seul représentant, de manière irrévocable et contraignante pour les Eglises, en absence des hiérarques des Églises locales. Il est impossible pour les Hiérarques des Églises de ne pas avoir le dernier mot concernant les règlements opérationnels du Concile panorthodoxe. Il y avait, bien sûr, une autorisation bureaucratique formelle qui, comme cela est apparu, ne pouvait pas remplacer la fonction essentielle du système synodal de chaque Église particulière, ni l’Église catholique orthodoxe présente partout dans le monde.
Une solution au problème émergent peut exister, seulement avec une révision des procédures utilisées jusqu'à présent, avec le repentir, et à un niveau panorthodoxe. En cette dernière minute, puisse un respect substantiel pour le système synodal, en ce qui concerne les décisions conciliaires - qui ont été votées à l'unanimité par les hiérarchies des Églises locales - être un début.
Patras, le 10 Juin ici 2016.
Protopresbytre Père Anastasios Gotsopoulos
Prêtre  à l’église Saint-Nicolas de Patras

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
IMPANKRATOROS

lundi 13 juin 2016

Humour et Concile!


Le bureau de Presse du Grand Concile a ajouté un point aux thèmes abordés par les Eglises (qui seront présentes... s'il en reste): l'humour involontaire (?): Voici son dernier communiqué!




Kolymbari, Crète, Grèce, 11 juin 2016

Les Églises orthodoxes plantent les graines de l’unité en dépit de conditions difficiles
Le comité en charge du message, ensemble dans la communion

Les bourgeons du prochain Saint et Grand Concile ont commencé à se former lorsque « le comité en charge du message » s’est réuni. Ce rassemblement est l’expression d’une foi qui partage les mêmes racines, malgré une histoire complexe, elles s’étendent sur des centaines d’années et mobilisent des cultures incroyablement différentes.
Collaborant à la mise en commun des arguments du Message, les Églises orthodoxes du monde font preuve d’une unité sans précédent par le simple fait de se retrouver autour d’une table pour parler ensemble.
Son Éminence, le Métropolite Georges de Paphos a présidé ce matin la divine liturgie à l’occasion de la fête de l’Ascension au monastère patriarcal et stravropégique de « Gonia », une cérémonie qui a inspiré le comité dans ses délibérations et qu’ils porteront tout au long de la journée.
Le Comité en charge du message se réunit du 9 au 16 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, à Kolymbary.
Quels sont les points à l’ordre du jour du Saint et Grand Concile ? Ces sujets ont été discutés avec passion et attention pendant plus de 40 ans par de nombreux Primats orthodoxes mais jamais comme un seul corps.
Le travail du comité en charge du message
Le comité en charge du message préparera un projet comprenant un ensemble de déclarations qui sera examiné par la Synaxe – ou rencontre des Primats alors qu’ils travaillent à la réalisation complète du Concile.
Le message aura un impact non seulement sur l’Église orthodoxe dans son ensemble, mais il marquera aussi une étape historique dans l’histoire du christianisme. Au moment où le comité en charge du message se réunit, de nombreuses Églises orthodoxes autocéphales de par le monde traversent des temps de détresse, aux prises avec des conflits les poussant à exprimer leur besoin de solidarité. Ensemble, elles font face à des défis idéologiques, à la confusion spirituelle, aux troubles sociaux, à la stigmatisation et à la discrimination qui ont conduit à leur persécution.
Le comité en charge du message fera la démonstration de ce dont la foi est capable – et des fruits dont elle pourrait être porteuse – en dépit d’un contexte difficile.

Le Saint et Grand Concile sera ouvert officiellement le 20 juin à l’Académie orthodoxe de Crète, en Grèce. 

vendredi 10 juin 2016

Concile Orthodoxe, suite...

Lettre synodale de l’Église orthodoxe serbe au patriarche œcuménique Bartholomée, avec copie à tous les primats des Églises orthodoxes et leurs saints-synodes

Le Saint-Synode des évêques de l’Église orthodoxe serbe
N°793
À Belgrade, le 6 juin 2016
À Sa Sainteté
l’archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique
Mgr Bartholomée
à Constantinople
Objet : le saint et grand Concile
Le Christ est ressuscité !
Très saint archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche œcuménique, bien-aimé frère en Christ et concélébrant de notre humilité, seigneur Bartholomée, embrassant Votre respectée Sainteté fraternellement dans le Seigneur, nous vous saluons très chaleureusement.
Nous considérons superflu de souligner avec quel espoir, engagement et apport, à la mesure de nos possibilités, notre Église a participé à la préparation du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe catholique.
Considérant, cependant :
1. L’insatisfaction et les remarques critiques de certaines Églises locales relativement à différents textes préparés au cours de la période préconciliaire
2. La décision irrévocable des patriarcats d’Antioche et de Bulgarie de s’abstenir de participer au Concile
3. Les problèmes des relations et de la communion entre Églises (Jérusalem – Antioche en raison du Qatar ; l’aggravation des relations entre nous et le Patriarcat de Roumanie, qui peut déjà difficilement être surmontée, en raison de l’intrusion anti-canonique dudit Patriarcat en Serbie orientale et de la création par lui d’un évêché parallèle, ce qui mènera à la rupture de la communion liturgique et canonique de deux Églises sœurs voisines, dans la mesure où il ne sera pas mis un terme au comportement susmentionné, etc) ; tout cela dans la perspective que ces problèmes ne soient pas discutés et résolus au Concile, mais encore reportés à la période postconciliaire, comme si quelle commission que ce soit puisse constituer un organe supérieur au Concile panorthodoxe et,
4. L’absence de volonté chez notre Église mère de Constantinople d’inclure au moins une proposition de notre Église (comme la discussion sur [l’octroi de, ndt] l’autocéphalie, le droit des évêques de voter lors du Concile, le traitement des conciles du IXème et XIVème siècle comme œcuméniques, ce qu’ils sont déjà dans la conscience et la pratique de l’Église orthodoxe, et encore d’autres questions, peut-être de moindre importance) dans la thématique et l’ordre du jour du Concile, et dans la mesure où nous sommes liés par les positions du saint Concile des évêques de notre Église, qui ont été formulées officiellement il y a deux ans et récemment, à la fin du mois de mai écoulé, nous sommes contraints, avec tristesse, mais en même temps avec le plein sentiment de notre responsabilité pastorale et, en général, ecclésiale, d’informer Votre Sainteté qui nous est chère et respectée, ainsi que votre Saint-Synode que, les choses étant ainsi, notre Église ressent qu’il lui est difficile de participer au saint et grand Concile convoqué et propose son ajournement, durant un certain temps. Notre prochaine réunion en Crète, avec l’aide de Dieu, serait alors considérée comme une consultation préconciliaire inter-orthodoxe dans le but de la préparation complémentaire du Concile et de l’amélioration de ses textes ou, qui plus est, comme la phase initiale de tout le processus conciliaire qu’il faut parfaire par la suite, dans la phase suivante, après que soient éliminés les désaccords et que soient atteints l’unanimité et le consensus des Églises. De cette façon, avec l’aide de Dieu, le fruit du Concile sera le témoignage de notre foi immaculée, la réponse sur l’espérance qui est en nous et le message du salut en Christ, adressé à tous, à ceux qui sont proches et ceux qui sont éloignés de nous, et en aucun cas, à Dieu ne plaise, la germination de nouveaux schismes et para-synagogues indésirables et nuisibles sous le motif d’un zèle mensonger et de la soi-disant préservation de l’orthodoxie.
Cela dit, nous demeurons l’humble frère et concélébrant de Votre Sainteté, dans le Christ ressuscité
L’archevêque de Peć, métropolite de Belgrade et Karlovci, et patriarche de Serbie
Irénée, président du Saint-Synode des évêques
Source


Les moines de la laure de Potchaïev (Ukraine) s’expriment au sujet du Concile panorthodox

La communauté monastique de la Laure de Potchaïev est solidaire avec l’opinion du clergé et des moines qui ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour corriger les projets de documents préparés pour le Concile panorthodoxe de 2016. C’est ce qui ressort du message publié sur le site officiel du monastère. C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien qui soulève le plus de questions et de remarques », soulignent les moines de la laure de Potchaïev. Ceux-ci assurent les paroissiens et les pèlerins de leur attachement aux dogmes de l’Église « qui ne nécessitent aucune sorte de changement ». Les moines appellent les fidèles à la prière ardente pour la préservation et le renforcement de tous les enfants de l’Église du Christ dans la pureté de la foi orthodoxe. Ci-après le texte complet du message :
« Appel des communautés du monastère de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev et de la skite du Saint-Esprit, dépendant de la laure, au sujet du futur Concile panorthodoxe.
Bien-aimés pères, frères et sœurs dans le Christ,
Du 16 au 27 juin 2016 se réunira sur l’île de Crète le Concile panorthodoxe qui, malheureusement, ne sera pas annulé. Les documents suivants y seront examinés :
- L’autonomie et la manière de la proclamer
– L’importance du jeûne et son importance aujourd’hui
– Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien
– La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain
– La diaspora orthodoxe
– Le sacrement du mariage et ses empêchements
C’est le document intitulé « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien « qui soulève le plus de questions et de remarques. Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, le Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, la Sainte-Communauté du Mont Athos, le diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, le métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre) ont exprimé leurs remarques et leurs propositions pour modifier ledit document et ce de façon très argumentée et solide du point de vue théologique. Les moines de la laure de la Sainte-Dormition de Potchaïev partagent la préoccupation de leurs confrères moines, des évêques, prêtres, des pieux laïcs, qui sont soucieux de leur salut et du destin de l’Église du Christ. Nous sommes reconnaissants à ceux qui se sont donné de la peine et ont exprimé leurs remarques et suggestions pour la correction des documents concernés. La communauté de la Laure de Potchaïev est solidaire et en accord avec l’opinion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare, du Synode des évêques de l’Église orthodoxe russe hors-frontières, de la Sainte-Communauté du Mont Athos, du diocèse de Kamenets-Podolsk de l’Église orthodoxe d’Ukraine, du métropolite de Limassol Athanase (Église orthodoxe de Chypre). Pour nous, l’opinion exprimée par Mgr Benjamin, métropolite de Vladivostok et de Primorsk, dans sa lettre aux participants à la conférence « Concile panorthodoxe : points de vue et attentes », qui s’est déroulée le 19 avril 2016 à l’Université orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou, est également très importante. Quant à nous, nous souhaitons assurer les paroissiens et les pèlerins de notre Laure que, espérant en la miséricorde divine, la protection et l’intercession de la reine des cieux, et affermis par les prières et les exemples de nos Pères qui vécurent dans l’ascèse, Job et Amphiloque, thaumaturges de Potchaïev, et fixant les exploits de nos maîtres qui subirent les plus violentes persécutions et outrages à l’époque de l’athéisme, les moines de la Montagne de Potchaïev feront à l’avenir également tout ce qui est possible afin que le peuple fidèle reçoivent dans les églises du monastère la grâce divine dans les sacrements de la sainte Église orthodoxe qui a été fondée par le Christ Sauveur Lui-même, dont les dogmes ont été fixés par les saints Pères et les décisions des sept Conciles œcuméniques et n’ont besoin d’aucun changement. La vérité divine est parfaite et immuable. Et le Sauveur du monde nous a confié de la garder et de la proclamer, et non de « la mettre au point ». Nous croyons fermement que le notre Seigneur Jésus-Christ gardera Son Église inébranlable et invincible « et les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle » (Matth. 16,18). Nous appelons le pieux peuple à élever ses prières ardentes, afin que le Seigneur très-miséricordieux continue à nous renforcer dans la pureté de la foi orthodoxe, dans laquelle seulement est possible le salut éternel ».

mercredi 8 juin 2016

Grand Concile orthodoxe

St. Etienne le Grand
Voïvode de Moldavie

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200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine ont adressé une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, faisant part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe



Dans une lettre ouverte au métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane, 200 moines et moniales du diocèse de Moldavie de l’Église orthodoxe roumaine, on fait part de leur préoccupation au sujet du Concile panorthodoxe :



« À S.E. le Métropolite de Moldavie et de Bucovine Théophane,



Le Christ est ressuscité !



En ces jours de grande joie pour nous tous chrétiens orthodoxes, alors que « le Christ s’est levé du tombeau » et « a terrassé la mort par la mort », nous partageons avec humilité et amour ces sentiments élevés avec Votre Éminence.



Parallèlement à cette joie pascale, nos âmes, comme celles de nombreux membres vivants de l’Église du Christ (clercs, moines et laïcs) nourrissent des sentiments de profonde préoccupation au sujet du futur Concile panorthodoxe du mois de juin sur l’île de Crète.



Nous savons que notre grande mission de moines est de prier pour le monde entier, ayant pour œuvre principale la vigilance envers nous-mêmes et la sanctification des âmes. Toutefois, notre conscience ne nous permet pas d’être indifférents envers les problèmes contemporains qui concernent l’éternité. C’est ainsi que le grand confesseur et maître des moines, saint Théodore le Studite nous dit que « lorsque la foi est en danger, le commandement de Dieu est de ne pas se taire. S’il est question de la foi, personne n’a le droit de dire : ‘Qui suis-je ?’ Suis-je un prêtre ? Cela ne me regarde pas ».



Nos craintes ne viennent pas de positions égoïstes, ni du souhait de schismes ou de rébellions, mais d’une grande sincérité et du désir du salut.



Cette inquiétude qui est nôtre concerne les projets de documents de ce « grand Concile » et en premier lieu celui qui est intitulé « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ». Bien que le premier point de ce document reconnaisse la conscience qu’à d’elle-même l’Église orthodoxe, les points 4,5,6,7, en revanche, en reconnaissant les différentes hérésies comme Églises, altèrent le dogme sur l’Église une, sainte, catholique et apostolique tel qu’il a été défini par le deuxième concile œcuménique,



St Photius le Grand dit: « Il n’existe qu’une seule Église du Christ, apostolique et catholique, mais non plusieurs, ni même deux, et toutes les autres ne sont en fait que des “assemblées de ceux qui font le mal” et des réunions de rebelles ».



Les projets de documents non seulement ne reconnaissent pas les autres « Églises » comme hérétiques et hétérodoxes, mais promeuvent l’unité avec celles-ci, comme il ressort du point 5. Des expressions telles que « l’unité invisible » ou « l’unité perdue des chrétiens », comme mentionné aux points 4,5,6,12 ne sont pas dans l’esprit théologique des saints Pères de l’Église orthodoxe et, en fait, constituent le message fondamental du projet de document. L’Église orthodoxe n’a jamais recherché l’unité avec les hérétiques (ariens, monophysites, monothélites et iconoclastes). Au contraire, ses membres vivants se trouvent en unité constante et pleine les uns avec les autres et avec le Chef de l’Église, le Christ ressuscité.



L’Église orthodoxe a toujours considéré que l’unité ne peut se réaliser que par le repentir des hérétiques, la renonciation à leurs hérésies et à leurs chefs, tandis que le projet de document ne donne pas l’impression qu’ils reviendront à l’orthodoxie. En outre, saint Cyprien de Carthage dit que « les hérétiques ne reviendront jamais à l’Église si nous renforçons leur conviction qu’ils ont aussi une Église et des sacrements saints ».



Un autre passage qui provoque notre tristesse est le point 22 du projet de document, dans lequel le grand Concile s’attribue le droit d’être le juge final et compétent en matière de foi, oubliant le fait historique que le plérôme ecclésial, qui est la conscience dogmatique vigilante de l’Église, est toujours le facteur final et décisif.



Notre inquiétude est également provoquée par le texte sur les mariages mixtes entre orthodoxes et hétérodoxes, qui sont absolument inacceptables pour l’Église orthodoxe. Le 72ème canon du Concile quinisexte affirme clairement dans ce sens qu’il « ne faut pas mélanger ce qui ne doit pas l'être ». Étant donné que le texte destiné à être voté, « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien » revêt un caractère dogmatique et qu’il est de toute évidence rédigé dans une tonalité œcuménique qui altère et démembre l’Église, nous ne pouvons, avec tout notre respect, être en accord avec lui, et restons les disciples des Saints Pères.



Une attitude semblable à la nôtre envers le texte de projet de document a été exprimée par le Synode de l’Église de Géorgie, le Synode de l’Église de Bulgarie, le Synode de l’Église russe hors-frontières, les hiérarques grecs (Leurs Éminences les métropolites Séraphim du Pirée, Hiérothée de Nafpaktoss, Séraphim de Kitros, Jérémie de Gortyna, Paul de Glyphas), des hiérarques de Chypre, de Moldavie, d’Ukraine, ainsi que des professeurs de théologie (Dimitri Tseleggidis, Théodore Zisis) et de la Sainte Montagne de l’Athos.

Aussi, la position de Votre Éminence, fondée sur la sainte tradition de l’Église orthodoxe, sera une lumière spirituelle qui guidera vers le Royaume de Dieu le troupeau qui Vous est confié, sur les pas de nos grands saints Pères et Confesseurs orthodoxes.

Avec une profonde humilité, nous demandons vos prières paternelles et votre bénédiction épiscopale. Que le Seigneur vous renforce par une juste confession et par toute œuvre bonne et salvatrice.

samedi 4 juin 2016

NIHIL NOVI SUB SOLE [Rien de nouveau sous le soleil): Ecclésiaste (chapitre 1, verset 9)




Extrait de Déclin du Patriarcat de Constantinople par saint Jean de Changhaï et San Francisco au Second Sobor de toute la Diaspora de l'Eglise Russe qui se tint en Yougoslavie en 1938!
+


[…]L'autorité morale des Patriarches de Constantinople est également tombée très bas, en raison de leur extrême instabilité en matière ecclésiastique. Ainsi, le Patriarche Meletios IV organisa un "Concile Pan-orthodoxe," avec les représentants des différentes églises, qui décréta l'introduction du nouveau calendrier.
Ce décret, reconnu seulement par une partie de l'Eglise, introduisit un schisme terrible parmi les chrétiens orthodoxes. Le Patriarche Grégoire VII reconnut le décret du Concile de l'Église Vivante* concernant la destitution du Patriarche Tikhon, que peu de temps auparavant le Synode de Constantinople avait déclaré être un "confesseur", puis il est entré en communion avec les "rénovationistes" en Russie […].
En somme, le Patriarcat œcuménique, embrassant, en théorie,  presque tout l'univers et en fait, n’étendant son autorité que sur plusieurs diocèses, et en d'autres endroits exerçant seulement une supervision plus superficielle et recevant  pour cela certains revenus, persécuté par le gouvernement chez lui** et non soutenu par une autorité gouvernementale à l'étranger, ayant perdu sa signification en tant que pilier de la vérité, et étant lui-même devenu une source de division, et en même temps étant possédé par un amour exorbitant de puissance, représente un spectacle pitoyable qui rappelle les pires périodes de l’histoire du Siège de Constantinople.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
ORTHODOX CHRISTIAN INFORMATION CENTER
http://orthodoxinfo.com/ecumenism/decline.aspx
NOTES :
* Secte aussi dénommée « rénovationiste », à la solde des bolcheviks, et utilisée par eux contre l’Eglise confessante.
** id est en Turquie.

L’Église orthodoxe de Bulgarie demande le report du Concile

 
Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie a pris, en date du 1er juin, la décision suivante concernant sa participation au Concile panorthodoxe, publiée sur le site officiel de l’Église orthodoxe de Bulgarie :
« Lors de sa session de ce jour, faisant l’objet du protocole № 12 du 1.06.2016, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe du Patriarcat de Bulgarie, siégeant au complet, a procédé à une discussion approfondie concernant les questions liées à la convocation du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe qui se tiendra du 16 au 26 juin 2016 sur l’île de Crète.
Au vu des considérations et motifs suivants :
1) De l’absence de l’ordre du jour du Concile panorthodoxe de thèmes particulièrement importants pour la sainte orthodoxie, revêtant une importance actuelle et nécessitant une décision commune panorthodoxe en temps opportun
2) Des désaccords qui ont surgi et qui ont été déclarés officiellement par des Églises orthodoxes locales concernant des textes conciliaires déjà approuvés.
3) De l’impossibilité, selon le règlement déjà adopté du déroulement du saint et grand Concile de l’Église orthodoxe, de rédiger des textes au cours des travaux du Concile
4) De la place occupée dans la salle par les primats des Églises orthodoxes locales qui, telle qu’elle est proposée et prévue, transgresse le principe d’égalité des primats des Églises orthodoxes autocéphales
5) De l’emplacement des observateurs et hôtes du Concile, qui ne convient pas
6) De la nécessité de procéder à des dépenses importantes et injustifiées en cas de participation de l’Église orthodoxe de Bulgarie au Concile
Le Saint-Synode a décidé à l’unanimité, après avoir voté :
1. D’insister afin que le saint et grand Concile de l’Église orthodoxe du 16 au 26 juin de cette année soit reporté afin que la préparation à celui-ci soit prolongée
2. Dans le cas contraire, le Saint-Synode de l’Église orthodoxe bulgare déclare sa décision catégorique de ne pas participer aux travaux du grand et saint Concile de l’Église orthodoxe planifiés pour le 16-26 juin de cette année.

vendredi 3 juin 2016

Lettre de la Communauté Athonite au sujet du Grand concile Orthodoxe



Karyès, le 12/25 mai 2016


À Sa Divine Sainteté,
Notre très respecté Père et Maître le Seigneur Bartholomée,
au Phanar

Très saint Père et Maître,

Nous saluons joyeusement, filialement et avec un profond respect, votre Divine Sainteté, dans le Christ ressuscité, par la célèbre acclamation « Le Christ est ressuscité ! »

Selon les institutions de notre lieu sacré, nous nous sommes réunis en Synaxe double extraordinaire et nous avons pris pieusement en considération :
1) Votre vénérable lettre patriarcale du 11 mars 2016, par laquelle notre Sainte Communauté a été informée au sujet de la convocation du Saint et Grand Concile, et ont été communiqués à celle-ci, à titre informatif, les six textes préconciliaires qui seront renvoyés devant le Saint et Grand Concile ;
2) Votre encyclique patriarcale et synodale du 20 mars de cette année, dans laquelle est mentionné que le Concile panorthodoxe a pour but primordial et de première importance  de « manifester que l’Église orthodoxe est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, unie dans les Sacrements, et particulièrement dans la Divine Eucharistie ainsi que dans la foi orthodoxe, mais aussi dans la conciliarité », et est porté à notre connaissance que « les textes mis au point au niveau panorthodoxe et soumis au Saint et Grand Concile sont publiés et mis à disposition de tout fidèle bien disposé dans le but de son information et de sa mise au courant, mais aussi afin qu’il exprime son point de vue sur le Saint et Grand Concile et ses attentes quant à celui-ci».

Répondant à cette incitation paternelle de votre Divine Toute-Sainteté, nous prions instamment, avec tous les Pères vivant dans l’ascèse et de façon agréable à Dieu sur la Sainte Montagne, afin que le Seigneur bénisse et couronne de succès l’œuvre élevée du Saint et Grand Concile, pour le bien de Son Église et manifeste réellement l’unité de notre sainte Église orthodoxe, laquelle est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

Ayant étudié dans ce but et avec l’attention et le soin voulus les textes préconciliaires, nous nous permettons de soumettre respectueusement à votre attention ce qui suit.

Nous respectons et nous vénérons comme il se doit notre Mère la Grande Église du Christ [l’Église de Constantinople, dont dépend le Mont Athos, ndt] et Vous-même, le Patriarche Œcuménique et notre Père. Nous prions sans cesse pour l’Église primatiale martyre et l’allègement du poids de la croix qu’elle porte depuis des années. Chaque fois que surgissent des questions qui posent problème à la conscience de la sainte Église orthodoxe, nous exprimons nos points de vue et suggestions avec respect et amour, comme le faisaient les pères qui vécurent avant nous.

Nous constatons l’effort efficace et diligent des Représentants des très saintes Églises orthodoxes lors des Conférences panorthodoxes préconciliaires, en vue de la rédaction des textes préconciliaires concernés, qui ont été publiés sur décision de la Synaxe des Primats (du 21 au 29 janvier 2016).

Néanmoins, nous pensons que certains points des textes préconciliaires nécessitent une clarification, afin que soient exprimés plus clairement la tradition pérenne des Saints Pères et le viatique conciliaire de l’Église. Nous soumettons humblement notre point de vue et nos suggestions concernant ces points, pour leur évaluation et leur mise en valeur par l’Église.

Le premier point concerne l’ecclésiologie. La formulation « l’Église orthodoxe, étant l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique » a été posée à juste titre comme exergue au début du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », dans le sens et dans la conception qu’il exprime l’unicité de Celle-ci. Cependant, le Saint et Grand Concile, en tant qu’organe conciliaire supérieur aux Conférences pré-concilaire, devrait compléter la formulation du texte concerné et éviter le terme « Église » au sujet des hétérodoxes, utilisant au lieu de celui-ci les termes « religions (dogmata) et confessions chrétiennes ». Ainsi, les hétérodoxes connaîtront très clairement ce que nous pensons à leur sujet en tant que leurs sincères interlocuteurs. Dans cette perspective, il serait plus juste d’introduire la formulation suivante dans l’alinéa 2 du paragraphe 6 : « L’Église orthodoxe connaît (au lieu de reconnaît) l’existence historique des autres confessions chrétiennes… » Dans la suite du texte, le concept d’unité de l’Église nécessite également une clarification. Nous croyons qu’appartiennent à son unité uniquement les membres de l’Église orthodoxe, en tant que Corps du Christ, participant à la « gloire » (la grâce déifiante du Saint-Esprit), pour laquelle a prié le Grand-Prêtre – notre Seigneur Jésus-Christ. C’est à leur sujet seulement qu’il est dit « qu’ils soient un, comme nous sommes un », selon le commentaire des Pères théophores (S. Athanase le Grand, S. Jean Chrysostome, S. Cyrille d’Alexandrie). Il est utile pour tous, pour la conscience qu’a de lui même le troupeau orthodoxe, mais aussi pour les hétérodoxes, que nous parlions du retour de ceux qui se sont séparés à l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, à savoir notre sainte Église orthodoxe, laquelle maintient imperturbablement « le lien indivisible existant entre la véritable foi et la communion sacramentelle »[1], comme cela fut exprimé par les saints Conciles œcuméniques. C’est dans ce sens de son unité que l’Église  « a toujours cultivé le dialogue avec ceux qui sont partis, lointains et proches », et qu’elle peut dans ce cadre exprimer sa nature apostolique « dans des conditions historiques nouvelles »[2] avec pour but objectif de préparer le terrain à leur retour dans Son unité dans l’Esprit Saint. Concrètement, nous suggérons que la phrase finale de l’article 5 sur « l’unité perdue des chrétiens », soit formulée comme suit : « le retour dans la vérité des chrétiens qui se sont éloignés d’elle ».

Le deuxième point des textes préconciliaires qui devrait subir des modifications, de telle façon que soit fixée la conscience qu’a d’elle-même l’Église à travers les temps, est ce qui se rapporte aux dialogues interchrétiens bi- ou multilatéraux. Le mode de conduite et de cheminement des dialogues théologiques ne satisfait pas l’ensemble du plérôme de l’Église. Quant à notre sainte Communauté, elle s’est exprimée, de temps à autre et dans différentes circonstances, par des textes officiels s’opposant aux accords théologiques avec les hétérodoxes, et elle a protesté contre les prières communes et autres pratiques liturgiques (baisers liturgiques, etc.), par lesquels est donnée l’image d’une fausse union avec eux, comme cela a été mentionné dans le texte de notre Synaxe double du 9/22 avril 1980. Concrètement, dans l’article 18 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », il doit être dit clairement que l’Église orthodoxe ne peut en aucun cas accepter l’unité de l’Église comme un accommodement interconfessionnel ou comme participation à des prières communes et autres pratiques liturgiques, qui créent la confusion dans la conscience du plérôme orthodoxe. Aussi, nous ne pouvons pas ne pas exprimer notre vive préoccupation et nos objections fondées quant à la poursuite de la participation des orthodoxes au Conseil Œcuménique des Églises.

Troisièmement, en ce qui concerne « le règlement d’organisation et de fonctionnement du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe », nous comprenons les difficultés pratiques, aussi nous évitons d’aborder les questions qui se posent au sujet du mode d’organisation et de la participation à titre égal des évêques. En même temps, cependant, l’article 22 du texte « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », où se pose la question de savoir qui est « le juge désigné et ultime en matière de foi »[3], le texte peut être plus clair avec la précision que la tradition ecclésiale reconnaît comme juge ultime dans les questions de foi la conscience du plérôme de l’Église, qu’expriment parfois des personnes individuelles ou des conciles de hiérarques ou le peuple fidèle, et qui est validée par des décisions conciliaires. Nous considérons également qu’il doit être fait référence aussi aux grands Conciles de l’Église orthodoxe qui ont eu lieu après le VIIème Concile œcuménique (ceux qui ont été tenus sous le patriarche Photius le Grand en 879, sous saint Grégoire Palamas en 1341-1351, et ceux qui ont invalidé les pseudo-conciles unionistes de Lyon et de Florence). En effet, par la référence à ces conciles, les différences dogmatiques et ecclésiologiques entre les hétérodoxes (sur le Filioque, la grâce créée, la primauté papale, etc) sont complètement tirées au clair.

Le quatrième et, selon nous, dernier point, concerne l’esprit du texte « La mission de l’Église orthodoxe dans le monde contemporain ». Le texte se distingue par une sensibilité spirituelle ; cependant, nous pensons, en tant qu’athonites et héritiers de la tradition ascétique hésychaste, qu’il serait complété de la façon la plus approprié (de préférence dans le paragraphe 6,13) avec une référence pleinement développée à l’anthropologie et à la cosmologie orthodoxes correspondantes, telle qu’elle a été formulée principalement par saint Grégoire Palamas. Concrètement, le texte peut être complété de la façon suivante : « Dieu peut se révéler à l’homme par la communion immédiate avec Lui, lorsque ce dernier met en pratique l’ascèse selon le Christ et aspire à Lui continuellement par la prière noétique. Le but de cette spiritualité rigoureuse et mystagogique est la déification, c’est-à-dire l’expérience personnelle de la Lumière divine de la Transfiguration par celui qui prie. La condition indispensable pour cela est que la perfection personnelle, la communion avec Dieu et Sa révélation ne peuvent être atteints que dans le cadre de l’Église. Tout le combat spirituel est réalisé seulement par la grâce de Dieu et non indépendamment d’elle (comme c’est le cas par l’application de diverses techniques rencontrées dans différents courants mystiques anciens et contemporains ou par le développement autonome de l’intellection et de la connaissance humaines). Dans ce cadre, la place principale est occupée par la distinction entre l’essence et les énergies incréées de Dieu. Dieu ne reste pas inaccessible à l’homme, mais entre en relation directe et personnelle avec Lui par Ses énergies incréées. Ainsi, l’homme participe à la vie divine et devient dieu selon la grâce. L’énergie de Dieu n’est pas une quelconque puissance ou surpuissance ; elle est le Dieu vivant personnel et trinitaire, qui devient accessible et participable pour l’homme, et qui entre dans l’histoire et sa vie afin que celui-ci « devienne participant à la nature divine », portant « l’image » et cheminant vers « la ressemblance » par l’ascèse, la vie vertueuse et l’impassibilité (apatheia). Par cette voie susmentionnée de la déification, la paix selon le Christ entre dans l’homme – la « paix qui vient d’en-haut »,  laquelle doit être distinguée de la notion de paix de ce monde, qui est recherchée par des initiatives et des manifestations inter-religieuses.

Très saint Père et Maître, estimant profondément les labeurs de ceux qui ont travaillé lors des Conférences préconciliaires, nous pouvons dire en conclusion que les textes préconciliaires nécessitent certaines améliorations, afin d’exprimer la conviction universelle de notre sainte Église orthodoxe. Nous soumettons cette demande filiale afin, qu’entre autres, vous preniez en compte nos suggestions, que nous exposons avec circonspection, attention et prière, et pour que le Saint et Grand Concile « constitue une expression authentique de la tradition canonique et de la praxis ecclésiastique pérenne pour le fonctionnement du système conciliaire »[4] de l’Église. Alors se produira une grande joie dans les cieux et sur terre, et seront évités les séparations et les schismes éventuels, tandis que le plérôme de l’Église « d’une seule bouche et d’un seul cœur » glorifiera le Dieu très-saint dans la Trinité, l’espoir et le salut du monde entier.

Cela dit, élevant de tout cœur des prières ardentes au Seigneur ressuscité pour votre Divine Toute-Sainteté et pour le succès du Saint et Grand Concile maintenant convoqué, nous vous adressons notre plus profond respect et notre dévouement filial.

Tous les représentants et supérieurs des 20 monastères sacrés et vénérables monastères de la Sainte Montagne de l’Athos, réunis en Synaxe double extraordinaire

Copie : aux Églises orthodoxes autocéphales et aux 20 monastères du Mont Athos




[1] Texte de la Vème Conférence préconciliaire « Relations avec le reste du monde chrétien », paragraphe 3
[2] Ibid., paragraphe 4
[3] Ibid.
[4] Votre lettre patriarcale du 11.3.2016