"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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jeudi 22 août 2024

La folie au service du Christ : Accepter la folie divine au nom de la clarté spirituelle.

Fols-en-Christ : embrasser la folie divine pour la clarté spirituelle.

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La sagesse nous invite à une relation plus profonde et plus authentique avec Dieu.

 Aujourd'hui, alors que nous célébrons la fête de saint Syméon  Fol-en-Christ, [21 juillet/3 août] nous réfléchissons à la tradition mystérieuse et profonde des "fols-en-Christ" au sein de l'Église orthodoxe. Ces saints extraordinaires, souvent incompris et parfois tournés en dérision, ont adopté une voie unique et radicale vers la sagesse et la sainteté divines.

Qui sont les "fols-en-Christ" ?

Les "fols-en-Christ", également connus sous le nom de "yourodivi" en russe, sont des individus qui ont décidé de masquer leur folie ou leur excentricité pour présenter des vérités spirituelles et critiquer les normes sociétales et religieuses de leur époque. Leur apparente folie était un masque qui cachait une profonde perspicacité spirituelle et un engagement profond à vivre l'Évangile dans sa forme la plus radicale.

Parmi les fols-en-Christ les plus connus, citons saint Syméon d'Emèse actuellement Homs, [...], saint Basile de Moscou et sainte Xénia de Pétersbourg. Ces saints, bien qu'ils aient semblé irrationnels ou même fous à leurs contemporains, étaient vénérés pour leur extrême piété, leur ascétisme et leurs pouvoirs souvent miraculeux.


Saint Syméon d'Emèse [Homs]

Saint Syméon d'Emèse, qui vécut au VIe siècle, est l'un des exemples les plus anciens et les plus célèbres de cette tradition. Ce moine, qui d'abord mena une vie d'ascèse extrême dans le désert, se sentit ensuite appelé à suivre une voie non conventionnelle. À son retour dans la ville de Homs, il prit l'apparence d'un fou, adoptant un comportement étrange et provocateur pour dissimuler ses dons spirituels et éviter les louanges publiques.

La folie apparente de saint Syméon lui permit de remettre en question l'hypocrisie, la cupidité et le manque de compassion qu'il voyait autour de lui. Il était connu pour accomplir en secret des actes étonnants de charité et de bonté, ne révélant sa véritable nature qu'à ceux qui avaient des yeux pour voir. Par ses actions, il amena de nombreuses personnes à se repentir et à mieux comprendre la foi chrétienne.


La mission des "fols-en-Christ"

La mission des apôtres pour le Christ était multiple :

- L'humilité et la dissimulation : En adoptant le caractère de la folie, ces saints évitaient les tentations de l'orgueil et de la reconnaissance du monde. Leur vie cachée leur permettait de cultiver l'humilité et de rester concentrés sur leurs objectifs spirituels.

- Critique prophétique : Leurs actions ont souvent servi de critique vivante des échecs moraux et spirituels de leur société. Par leur apparente folie, ils dénonçaient l'hypocrisie, la cupidité et la corruption, et appelaient les gens à une véritable repentance et à la foi. C'est là le travail d'un prophète (qui ne prédit pas nécessairement l'avenir).

- Une sagesse subversive : Les fous pour le Christ ont incarné une sagesse divine qui a bouleversé les attentes du monde. Leur comportement, bien qu'apparemment irrationnel, met en évidence des vérités spirituelles plus profondes et la nature radicale de l'Évangile.

- L'amour radical : Leurs actions apparemment irrationnelles cachent souvent des actes d'amour et de charité profonds. En vivant en marge de la société, ils se sont rapprochés des pauvres et des marginaux, démontrant ainsi l'amour inclusif et sans frontières du Christ.

L'héritage de la folie-en-Christ

L'héritage de la "folie-en-Christ" reste un témoignage puissant du pouvoir de transformation de la folie divine. Dans un monde qui valorise souvent la rationalité, le confort et le statut social, leur vie nous rappelle la nature radicale et contre-civilisationnelle de la foi chrétienne. Ils nous invitent à regarder au-delà des apparences et à rechercher les réalités spirituelles plus profondes qui se cachent sous la surface de nos vies quotidiennes.

En honorant saint Syméon aujourd'hui, souvenons-nous des leçons profondes que lui et d'autres personnes dévouées au Christ nous offrent. Que leur exemple nous inspire à faire preuve d'humilité, à défier l'injustice et à vivre notre foi avec un amour radical et tendre.

Dans leur apparente folie, les "fols-en-Christ" révèlent la sagesse infinie de Dieu - une sagesse qui confond les sages et nous invite à une relation plus profonde et plus authentique avec le divin.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Arabic Saint 

en Arabe

et

Trueorthodox.eu

en Anglais


lundi 22 juin 2015

La bienheureuse folle-en-Christ Zina de Vetlouga (R)



BIENHEUREUSE ZINA DE VETLOUGA

Mai 27/Juin 9 († 1960)

La bienheureuse Zina (Zinaïda Grigorievna Matrokhina) naquit à Vetlouga en 1877, dans une famille de marchands. Lorsque le père de Zina mourut jeune, la famille connut pour la première fois des difficultés et des contraintes matérielles. Mais ces difficultés n'étaient pas comparables à ce qui allait advenir plus tard.

Immédiatement après la révolution, tous les biens furent confisqués et la famille fut réduite à la pauvreté. La mère de Zinaïda accepta cette croix avec humilité. Autrefois marchande aisée, maintenant, elle marchait dans de minces bottes de feutre, presque pieds nus, en vêtements usés jusques à la corde, mais elle n'était pas abattue. Souvent en hiver, elle allait chez la pieuse famille Goloubev de Vetlouga, et elle s'asseyait et chantait des psaumes. Alexandra Golubev la regardait et pensait en elle-même, "Nous vivons et nous ne sommes pas satisfaits de tout, mais cette personne marche presque nu-pieds en hiver et elle chante des psaumes."

Suivant l'exemple de sa mère et par la Providence de Dieu, sa fille Zinaïda menait une vie semblable. Pleine de boue, en haillons, avec des poux, elle disait: "Ma Mamochka [petite mère] me l'a ordonné ainsi. Mes poux ne vont pas ramper sur quelqu'un d'autre."

Les gens évitaient de la recevoir dans leurs maisons à cause de son aspect négligé, et ceux qui la recevaient étaient pauvres eux-mêmes. Telle était Maria Alexandrovna, qui vivait dans une extrême pauvreté elle-même. La bienheureuse Stepanida de Vetlouga lui avait dit qu'elle serait couverte de sang, à sa mort. Elle avait peur de prendre des pensionnaires pour cette raison.

Les fols-en-Christ vivent étrangement, et les motifs de leur comportement sont incompréhensibles pour nous. Ils vivent dans la pauvreté, ils acceptent les aumônes, mais ne les gardent pas pour eux-mêmes. Zinaïda, par exemple, mettait toutes ses aumônes à la caisse d'épargne. Rendez à César ce qui est à César (Matthieu 22:21), disait-elle. "Il est venu au monde et au monde, il retourne." Là restait l'argent. Elle n'en donnait pas même à sa logeuse, Maria Alexandrovna. L'hôtesse se plaignait à ceux qui venaient comme invités, "S'il vous plaît, dites à Zina de me payer un loyer plus élevé pour son longement. Vous voyez, je n'ai rien pour acheter du bois de chauffage. Je dois ramasser le bois mort de la forêt moi-même."

"Je paierai plus cher, Maria Alexandrovna, je paierai plus cher. Cinq roubles par an," disait alors Zina.

Maria Alexandrovna bouillait d'indignation: "Et qu'est-ce que c'est pour toi, Zinouchka [petite Zina]? Est-ce que cinq roubles représentent beaucoup d'argent pour une année entière?"

Mais Zina disait seulement une chose, "Je paierai plus cher, Maria Alexandrovna, je paierai plus cher. Cinq roubles par an."

A la fin de sa vie errante, la bienheureuse perdit même ce dernier refuge. Cela se fit de la manière suivante: un jour Maria alla à la commission médicale. Elle espérait qu'elle recevrait une pension pour cause de maladie. Mais elle ne prit pas en considération le fait que les médecins étaient athées, et quand par pudeur, elle refusa de se déshabiller, ils commencèrent à l'insulter et, enfin, la chassèrent. Elle revint tellement bouleversée que marchant vers la maison, en traversant les voies ferrées, elle n'entendit pas le train.

Ainsi, les paroles de la bienheureuse furent accomplies: Maria Alexandrovna tomba sous le train et mourut de l'abondante perte de sang.

Pendant plusieurs mois avant sa mort, Zina marcha partout en ville et demanda, "Permettez-moi de rester chez vous."

Mais tout le monde savait qu'elle ne payait pas pour son logement, et qu'elle était négligée, de sorte qu'ils ne lui permirent pas de loger chez eux.

Ainsi, elle est également morte, sans refuge terrestre. Elle a attrapé froid, et au bout de trois jours, le 27 mai/9 juin 1960, elle naquit au Ciel. Elle fut enterrée dans le nouveau cimetière. Les citoyens de Vetlouga honorent sa mémoire à cette date.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Higoumène Damascene
NEW CONFESSORS OF RUSSIA
St. Herman of Alaska Press
Platina, California
1988

mardi 18 février 2014

Vie de Grégoire, Fol-en-Christ de Glinsk



Vassily Ivanovitch Sourikov (1885)

Frère Grégoire [Svarkovski] avait l'apparence typique d'un fol-en-Christ, maigre, émacié, la tête rasée. Il ne regardait jamais les gens en face, et portait une longue chemise et une robe de chambre d'hôpital brune. Il ne possédait rien d'autre que ces vêtements, et apparemment, il n'avait besoin de rien d'autre; il n'avait pas de chambre à lui ou de travail, et au début, il ne demeurait pas toujours au monastère. Il vivait suivant les règles de ceux qui sont leur propre patron. Les moines avaient de lui des opinions diverses: quelques-uns pensaient qu'il était saint, d'autres qu'il était clairvoyant, d'autres encore qu'il était fou! Il restait devant les quartiers du hiéromoine Aristocle, ou près des ruches de Père Moïse, qui tous deux le vénéraient et pensaient que c'était un saint.

Il était habituellement assis par terre, devant un seau, avec une paire de ciseaux, et il coupait du papier, des haillons, des lacets, etc. Quelquefois, il versait de l'eau sur tout ce qu'il avait coupé, et s'arrachait les poils de barbe. Il ne souriait ni ne riait jamais, parlait rarement (en  dialecte petit russien), mais toujours à propos et en allégories.
Un jour, un des moines (qui sera plus tard l'archimandrite Séraphim [Verbine]) travaillait au bureau, et avait apporté des papiers à Père Aristocle pour signature. Quand il récita la prière habituelle à la porte, il ne lui fut pas répondu Amen! Il répéta une deuxième fois, mais tout resta silencieux. Quand il répéta une troisième fois, il entendit la voix rauque de frère Grégoire disant: "Ouvrez pour l'archimandrite!" Il entra et trouva le syncelle qui était occupé et n'avait pas entendu la prière. Père Grégoire était assis, impertubable dans sa robe de chambre, devant son seau, occupé à couper un vieux journal. Ce fut seulement dix ans plus tard, quand il devint archimandrite, que la signification de sa prophétie lui revint en mémoire.

Père Aristocle avait toujours vis-à-vis de lui une attitude révérentieuse, en dépit de sa conduite qui n'était pas toujours agréable.

Une dame, qui vivait près du monastère, raconte la chose suivante. Pendant la guerre de 14-18, son époux, un officier, fut mobilisé et après un certain temps, elle ne reçut plus de lettres de lui. Elle commença à s'inquiéter et demanda à sa mère d'aller à Glinsk, d'y prier la Mère de Dieu et de voir si le fol-en-Christ Grégoire dirait quelque chose. 
Quand la mère vint vers lui, il était occupé à son activité habituelle, à couper du papier, et il ne lui prêta aucune attention. Elle était sur le point de partir quand soudain, il commença à arracher des poils de sa barbe, et à crier en saisissant sa jambe: "Aïe! Aïe! Une abeille m'a piqué!" Il enveloppa un haillon autour de sa jambe, et en silence, restant assis à sa place, sans répondre aux questions de la mère. Après quelques jours, la dame reçut une lettre disant que son époux avait été légèrement blessé à la jambe. Alors elles réalisèrent le sens des paroles: " Une abeille m'a piqué!"

Pendant le Grand Carême, elles voulurent envoyer des pains pascaux à l'époux blessé de la dame, mais elles ne purent rien faire avec la pâte: elle ne levait pas. D'abord elles mirent cela sur le compte du levain, puis elles tombèrent dans la superstition: cela signifiait qu'il devait y avoir eu une opération, une amputation, quelque infection, ou bien d'autres choses pires encore. L'absence de lettres confirmait leurs craintes.

Pendant la Semaine Sainte, la mère de la dame alla à Glinsk, et rendit visite au fol-en-Christ Grégoire. A ses requêtes, à ses questions, et à son histoire à propos de la pâte, il dit: " C'est inutile [de s'inquiéter]!"

A Pâques, il n'y avait toujours pas de nouvelle, et la dame pensa qu'elle était devenue veuve. Puis, après l'office pascal, après le baiser habituel, elle se retourna et vit son époux. Il y avait eu quelque confusion concernant sa permission d'absence, et de ce fait, il ne pouvait pas lui écrire s'il viendrait ou non. A la maison, sa mère se souvint de l'épisode de la pâte, de la prophétie de Grégoire, et de son étrange comportement.

Juste avant la révolution, le 2 mars 1917, Grégoire vint chez cette dame, plaça une petite table sur une autre table, puis un fauteuil sur cette dernière, et il s'assit en haut sur son "trône"; il tomba et se blessa. Ils se précipitèrent et le trouvèrent dans la pile des meubles, sur le tapis couvert de sang. Il était assis là, se coupant les ongles des orteils avec un ciseau; du sang coulait de ses tempes et de ses doigts. Ils demandèrent: "Que se passe-t-il?". Il répondit: "Cela doit être ainsi!"
Le lendemain, les vendeurs de journaux criaient "Edition Spéciale, le Tzar a abdiqué." Tout comme l'archimandrite Iliodore l'avait prédit en 1870, frère Grégoire, le fol-en-Christ, répéta la prophétie, le jour de la grande tragédie de la monarchie russe.

Frère Grégoire mourut dans la prison locale après que le régime communiste ait été établi.

Saint et bienheureux Fol-en-Christ Grégoire, 
prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
GLINSK PATERICON
ST. XENIA SKETE
Wildwood, California
1984

mardi 9 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (8)





D'après les souvenirs de Marie:
Deux mois avant sa mort, elle ne laissait pas les gens rester la nuit...
Le samedi (29 octobre) elle m’a envoyé un mot. Quand je suis arrivée, elle a dit: "Va à notre Eglise, tu peux  acheter les cierges et les laisser pour le lendemain matin. Prends la Pannikhide, cours à la Laure et ne reviens pas vers moi." Le dimanche, 30 octobre, je suis venue vers elle après la liturgie. Matouchka était très faible. Avant sa mort, la staritza a demandé pardon à tous et nous a demandé de venir à son lieu de sépulture avec tous nos problèmes.
D'après les mémoires d'une fille spirituelle de la staritza:
- Peu de temps avant sa mort, Matouchka eu beaucoup de personnes rassemblées dans sa maison. Tout à coup, elle dit à tout le monde de s'agenouiller et de se taire. Tranquillement, les portes s'ouvrirent, Matouchka se tourna vers elle et dit: "Etes-vous venus me voir?" Nous étions tous à genoux dans un silence respectueux pendant que Matouchka avait une conversation tranquille avec ses visiteurs invisibles. Qui étaient-ils et quelles nouvelles lui apportaient-elle - tout cela reste un mystère. Elle ne nous l'a pas révélé, mais après cette visite, elle parlait souvent de sa mort: "Je vais mourir quand le premier gel et la neige arriveront. Je serai enterrée dans les bois." Le 29 octobre, j'étais chez Matouchka et je pleurais fort. "Ne reste pas ici à pleurer. Va donner des aumônes dans les églises." Des lettres comportant une demande de prier pour notre Matouchka furent envoyées à tous les monastères. Les enfants spirituels allèrent même vers le staretz N.  dans un endroit éloigné de Russie. " La pomme est mûre, elle ne peut plus rester sur l'arbre et doit tomber" - répondit le staretz qui connaissait Matouchka seulement en esprit.

Ce fut le 30 octobre  qu’une première forte gelée et une grosse neige duveteuse arrivèrent.
Quand les affaires de Matouchka furent données, je reçus un petit coussin. Et maintenant, quand j'ai une migraine, je me couche sur le coussin et la douleur s'arrête. Reçois le Royaume des cieux et une mémoire éternelle, notre chère Matouchka Alypia pour tout le labeur que tu as entrepris dans ta vie terrestre pour nous, pauvres pécheurs.

D'après les souvenirs d’Ekaterina Ermolenko:
- Au cours de la cérémonie commémorative, du corps de Matouchka émanait une forte odeur, ses mains étaient chaudes, et quand les gens les baisaient, un parfum agréable restait sur les lèvres pendant une longue période.

Maintenant, on a collecté beaucoup de preuves des guérisons par la prière de Matouchka.
D'après le témoignage de Ludmilla:
" Je cuisais un biscuit pour le prendre avec moi sur la tombe de Matouchka et je me suis brûlé la main. Une grosse ampoule qui s'était formée sur la main était très douloureuse. Sur la tombe, nous avons prié et nous avons pris une petite collation. Après je suis rentrée… la main était parfaitement bien: pas d’ampoule, pas même une trace de brûlure, pas de douleur, je n'ai pas remarqué quand la guérison s'est produite, je n'ai vu que le résultat.
Un an plus tard, sur mon index, j’avais une grosseur épaisse avec la taille d'un haricot qui empêchait le doigt de se plier. Ayant déjà une expérience de la guérison de la brûlure, à la croix sur la tombe de Matouchka, je murmurai : "Matouchka, mon doigt me fait mal!" et je touchai la croix avec la grosseur. Nous avons prié... Une demi-heure plus tard, j'ai vu que la bosse sur mon doigt avait disparu. Il restait seulement une petite cicatrice rose - pour mémoire!

Bienheureuse staritza Alypia, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


lundi 8 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (7)




L’Archiprêtre Vitaly Medved a dit:
- À l'occasion du 1000 anniversaire du Baptême de la Russie, Matouchka est venue à moi à l'église et adit à haute voix: "Le Christ est ressuscité ! Maintenant, ils ne vous dérangeront plus! ".
En ce temps-là, je ne pouvais pas m’enregistrer pour vivre à Kiev et je suis allé la voir. Elle me regarda et dit: "N'aie pas peur, allez, ils t’enregistreront.» Et en effet, bientôt j'étais inscrit.
Matouchka a beaucoup aidé dans les affaires judiciaires: par ses prières, les peines de prison ont été réduites et les condamné à tort ont été libérés. Matouchka a été très utile dans une variété de comptes de trésorerie très confus et mal tenus. Par sa prière tout a été réglé et positivement résolu. Lees guérissait les gens avec de la nourriture qu'elle cuisinait elle-même et avec un onguent qu’elle faisait avec des fraises. Avant l'explosion de Tchernobyl elle l'avait prédit: "Ils empoisonneront les gens avec le gaz!"

D'après les mémoires de l'archiprêtre Anatoly Gorodinsky:
- La première fois, nous avons rencontré Matouchka Alypia en 1974 à l'église de l'Ascension. Il était impossible de ne pas la remarquer. Sur le chemin de l'église, elle s'arrêtait toujours au magasin et acheté beaucoup de pain et des petits pains. Tout ce qu'elle mettrait sur la table mémorial. Elle nous enseignait aussi: " Ayez toujours un morceau de pain avec vous." Elle vivait dans une petite maison qui avait une petite chambre et un petit couloir, où elle gardait ses poulets et ses chats... Les gens venaient à Matouchka pour demander une prière, des conseils et des bénédictions. Ma femme et moi avions aussi besoin de tout cela. Elle nous bénissait fréquemment et nous donnait beaucoup de bonbons. Nous n'avions pas besoin d'autant de bonbons mais elle insistait en disant: "C'est pour les enfants". Nous n'avions pas d'enfants pendant 10 ans, mais nous avons cru les paroles de Matouchka et maintenant nous avons une grande famille. Dieu nous a envoyé la joie par Matouchka et par nos prières.

Avant la catastrophe de Tchernobyl, Matouchka était très inquiète et elle nous a envoyé à la maison en disant: "Fermez bien les portes et les fenêtres, il y aura beaucoup de gaz à l'extérieur." Après le désastre de nombreuses personnes voulaient quitter Kiev. Matouchka n'a pas donné la bénédiction à quiconque de partir, et qui ne l'écouta pas, plus tard, en fut marri, car dans d'autres endroits, c'était encore pire. Sur notre inquiétude à propos de la nourriture, elle répondit: "Lavez la nourriture, lisez le Notre Père et la prière à la Mère de Dieu, faites le signe de croix dessus, mangez et vous n’aurez aucun mal."



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 7 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (6)




D'après les souvenirs de Sœur F.
- J'ai rencontré Matouchka en 1981 quand je suis arrivée à entrer au monastère Florovsky.
Pendant 21 semaines, tout l’automnes et l’hiver, Matouchka fut gravement malade. Elle n’accepta aucune nourriture, seulement un peu d'eau. Après Pâques, elle mangea une petite bouillie avec du lait. Avant la maladie Matouchka nourrissait les gens avec ce que les autres lui apportaient. Et après être tombée malade jusques à sa mort, elle faisait elle-même cuire la nourriture pour les gens. Chaque jour, elle cuisait du bortsch et de la bouillie sans parler, en priant seulement ...

Selon des témoins oculaires, pendant l'été sec de 1986, la staritza jeûna et pria pendant onze jours, puis dit à ses enfants spirituels, qu'elle "demandait la pluie." Après cette conversation, le même jour, une forte pluie commença à tomber.
En raison de sa gentillesse, elle était aimée par beaucoup, mais il y avait quelques malfaisants qui étaient irrités par la bienheureuse staritza et ses multiples visiteurs. Un homme qui vivait à côté de chez elle,  plus d'une fois menaça de détruire sa maison. Enfin il persuada un conducteur du tracteur de venir pousser le bois soutenant le mur de la vieille maison. Avec ses mains levées vers le ciel, la staritza pria demandant à saint Nicolas son intercession et de l'aide. Voilà ce qu’une fille spirituelle de la bienheureuse Alypia raconta de cet événement:
- Le conducteur du tracteur prit la ligne de faîte sous le toit et commençait déjà à la tirer pour briser le toit. Matouchka commença à prier, toutes les personnes présentes commencèrent à crier après le conducteur de tracteur, l'exhortant à ne pas nuire à la maison. Tout d'un coup la pluie tomba si fort que tout devint sombre (avant il n'y avait même pas un petit nuage dans le ciel!). Le conducteur était assis dans la cabine attendant que la pluie cesse. Mais la pluie a continué et il a dû rentrer à la maison. Plus tard, les gens se sont réunis pour réparer la maison afin que Matouchka soit en mesure d’y vivre. Un jour, Matouchka dit: "Tant que je vivrai, les saints des grottes ne laisseront personne détruire la maison, mais après ma mort, elle sera démolie" - et c'est ce qui arriva.

Tous ceux qui connaissaient Matouchka ont été étonnés par le pouvoir de la prière et sa capacité à guérir et à prévoir les choses... J'ai souffert de maux de tête graves. Matouchka m'a donné une boisson aux fruits et m’a dit: "Après l'Ascension ton mal de tête s'arrêtera." Et c'est ce qui arriva. Après l'Ascension, je n'ai plus souffert de maux de tête… Mon père avait une maladie des reins, il était à l'hôpital et les médecins voulaient employer la chirurgie, mais il refusa et quitta l'hôpital. Quand mon père et moi-même sommes allés vers Matouchka, elle le vit et dit: "C'est bien pour toi que tu sois parti [de l’hôpital], ils t’auraient tué." Elle lui a donné un jus de fruit et la douleur dont il souffrait a complètement disparu…

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 6 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (5)




Valentina, une fille spirituelle de la bienheureuse Alypia, est devenue témoin de nombreux miracles présentés par le Seigneur par la prière de la staritza:
- Un jour, quand j'étais là-bas, une femme d'un très bel aspect est venue rendre visite à Matouchka... C'était un jour de grand vent, de fortes rafales pliaient les arbres, les bois fredonnaient et gémissaient, se balançant et  s'inclinant sous les fortes rafales de vent. La femme demanda: "Matouchka, où sont mes parents?" Matouchka se tenait en silence regardant quelque part vers le haut. Les rafales de vent s'étaient calmées, les arbres se redressaient et les bois semblaient soudain dans le silence. Matouchka continua de se tenir avec ses yeux regardant vers le ciel et j'ai pensé: "Quelle est la puissance doit avoir sa prière, si elle est capable de conjurer le Créateur de réprimander le vent afin de réconforter et d'encourager une âme chrétienne". La femme a compris que ses parents étaient dans un lieu de silence et de tranquillité.
Matouchka comprenait le langage des oiseaux, des poules et des chats. Un jour quelques-uns d'entre nous étions assis dans le jardin où il y avait beaucoup d'oiseaux rassemblés sur les arbres et le toit de la maison. Ils gazouillaient et sifflaient. Matouchka parla avec eux en dialecte mordve inconnu pour moi. Le comportement des oiseaux de toute évidence montra qu'ils avaient compris les paroles de Matouchka. Un chat du nom d’Okhrim était assis à ses pieds. Matouchka dit aux oiseaux en russe: "Voyez le chat assis ici? Je ne suis pas responsable si vous entrez dans ses pattes, envolez-vous!" et  les oiseaux se levèrent et s'envolèrent...
Pendant 47 ans Matouchka ne mangea pas de viande...
Un jour, Matouchka cuisait du bortsch (soupe de betteraves). Des gens vinrent et je m’assis au bord de la table. Matouchka m'a dit: "Sers le bortsch." J'ai rempli jusques en haut 11 bols. Quatre autres personnes sont venues et Matouchka m’a encore dit: "Sers le bortsch". Je me suis dit: "En avons-nous assez?" J'ai regardé dans le pot et le pot était toujours à moitié plein. J'ai pensé que je n'avais probablement pas remarqué comment Matouchka avait ajouté de bortsch au pot. J'ai rempli plus de quatre bols et j'ai pensé que maintenant nous n'avions pas laissé de bortsch. Et encore trois autres personnes sont venues et Matouchka m’a encore dit, "Sers le bortsch. " Cette fois, j'ai regardé et je savais que Matouchka ne s'était pas levée de son siège et n'avait pas ajouté de bortsch au pot, j'ai ouvert le couvercle et je vis que c’était exactement à moitié plein comme si je n’en avais pas pris du tout! même une moitié Et puis j'ai réalisé que par la grâce de Dieu, la nourriture dans la cuisine de  Matouchka se multipliait.
J'ai demandé une fois, "Que faire pour être sauvé?" Elle répondit: "Seigneur, aie pitié».



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


vendredi 5 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (4)




D'après les souvenirs d’Inna Alexandrovna:
- Ma mère et moi sommes revenues à Kiev après l'évacuation. Nous étions en 1947, et nous avons commencé à rendre visite à Père Damien à la Laure des Grottes de Kiev, pour obtenir des conseils et une guidance spirituelle... Un jour, ma mère pointa du doigt une femme svelte, gracieuse et belle... Ma mère dit que son nom était Lipa (diminutif d’Alypia), et qu'elle vivait dans le ravin derrière la clôture de la Laure, passait des nuits en prière incessante en plein air... Lipa faisait inhabituellement une impression profonde, pure, et aimable qui venait de ses yeux gris clair... le Père spirituel de Lipa était l'higoumène du monastère des Grottes de Kiev, l'archimandrite Khronid. Selon ses propres souvenirs, à la fin de l’office, il se rapprochait d'elle, lui donnait du pain sec et lui disait: "Tu as chaud maintenant? Maintenant, mange, repars et travaille à ton salut. "Montrant obéissance à son père spirituel, elle allait humblement vers un grand arbre et montait dans un creux dans lequel elle ne pouvait se tenir qu’à moitié courbée. Parfois, la neige recouvrait complètement l'arbre, ce qui rendait impossible de sortir du creux pour aller à l'église, alors Père Kronid venait à l'arbre apportant du pain sec dans son manteau et disant: "Comment vas-tu?"  il laissait son offrande, disait comme à son d'habitude "travaille à ton salut" et revenait au monastère laissant l’ascétique staritza aux prises avec une longue nuit d'hiver. Dans le profond ravin, c’était effrayant: des chiens errants affamés venaient hurler sous l'arbre, et le froid paralysait presque son corps. Seule la prière incessante Jésus la consolait. Ceci  dura jusques en 1954, année où l'archimandrite Kronid, Père spirituel et mentor de Lipa, mourut ...
Elle aimait toute personne et montrait de la pitié pour tous, ne s’offensait jamais, même si elle était souvent offensée par ceux qui ne comprenaient pas quelle lourde croix, elle avait pris sur ses épaules. Dans ses vêtements simples et modestes, elle avait toujours l’air propre et nette. Pour moi, cela reste encore un mystère comment Lipa était-elle capable de paraitre si propre et si soignée sans même avoir un toit sur la tête... Pendant trois ans, vivant dans le creux d'un gros arbre, elle ne murmura jamais, ne mendia jamais, ne mangeant que ce que les gens lui donnaient...

Père Damien du Monastère des Grottes s’adressait à Lipa avec chaleur et attention,  lui parlant comme à une collaboratrice égale à lui, voyant en elle d’une manière évidente dans son futur quelqu’un d’agréable à Dieu et son propre successeur. Bientôt des nuages ​​sombres commencèrent à se rassembler sur le monastère de la Laure et les rumeurs au sujet de sa fermeture commencèrent à se répandre. Le comportement de Lipa devint étrange - elle levait souvent les mains vers le ciel criant à haute voix dans son dialecte mordve, tombant à genoux et pleurant. Elle s'affligeait anticipant la fermeture imminente du saint monastère. La tempête éclata en mars 1961: la vive et brillante étoile de la Grande Laure s’écroula vite. Les cloches du monastère se turent. Le merveilleux chœur des moines et les prières ne furent plus entendues dans les églises, les portes des cellules furent fermées et les couloirs devinrent vides. Les startsy commencèrent à partir - certains dans l’internement et d’autres sous la persécution de la part des autorités.
Après la fermeture des grottes de la Laure de Kiev, la bienheureuse Alypia s’installa dans une petite maison près du monastère Golosiyivskaya. Les résidents locaux, entendirent parler des guérisons miraculeuses faites par les prières de la juste staritza, et ils venaient à elle comme un flux sans fin.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 4 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (3)




D’après les souvenirs de Martha:
- Matouchka Alypia observait très strictement le jeûne - les première et dernière semaines du Grand Carême et aussi tous les mercredis et vendredis de chaque semaine, elle ne mangeait rien. Elle restait à prier jusques au matin, et à son cou, elle portait un lourd trousseau de clés. Il y a une histoire intéressante associée aux clés. Lorsque Matouchka travaillait dans le camp allemand, la nuit, elle allait à la grille, la coupait et laissait les gens partir en toute sécurité et personne ne savait où ils allaient. Pour chaque vie sauvée, elle ajoutait une clé - petite ou grande, blanche ou jaune. Une chaîne de ficelle mince coupait son cou en laissant une cicatrice d'un bleu profond sur sa peau et ce lourd trousseau de clefs Matouchka le porta à son cou jusques à son dernier souffle.
De toutes les parties de la grande Russie, les gens venaient pour rendre visite  à cette fragile lampe de grâce: des archimandrites et des abbés, des moines et des  laïcs, des chefs importants et des travailleurs ordinaires, des vieux et des jeunes, des gens d'âge moyen et des enfants, des malades, des affligés et des persécutés. Au cours d'une journée il y avait environ 50 à60 personnes qui venaient vers Matouchka et toutes étaient acceptées par elle avec amour, même si elle savait parfaitement ce qu'il y avait en chaque personne: la foi, l'amour, la curiosité ou le mal. Dans son cœur, il y avait une place pour tout le monde. Pour chaque personne, elle savait quoi dire et comment guérir. Elle n'a jamais donné une bénédiction à ses enfants spirituels pour faire appel à la chirurgie, surtout au niveau abdominal.
Un jour Matouchka m'a dit: "Viens demain matin pour préparer le bois de chauffage pour l'hiver." Cette nuit-là était particulièrement froide et pluvieuse. J'ai commencé à me préparer: mettant des vêtements propres et des bottes de cuir neuves pensant que chez Matouchka, je trouverais des vêtements de travail plus usés pour me changer. Je suis venue plus tôt, mais la Mère était déjà partie et à la fois sa maison et la grange étaient fermées... Dans les bois, c’était humide et sale, et j'ai dû porter de lourdes branches d'arbres et les empiler à côté de la maison... À environ 5 heures du matin, Matouchka est rentrée à la maison fatiguée avec un panier sur ses épaules. Elle m'a regardée et m'a dit: "Tu a marché dans les bois, n'est-ce pas?"
- Oui.
- Et comment tes chaussures et les vêtements ne sont pas sales?
J'ai regardé mes pieds et j'ai vu que mes chaussures et mes vêtements étaient complètement propres, comme si je n’étais jamais allée dans la boue et n’avais jamais porté ces grosses branches humides sur mes épaules ce jour-là...
D'après les mémoires de Anna K.:
- C’était une source inépuisable de miracles et de guérisons qu'aucune vie, années, ou mort ne pouvaient détruire. La puissance donnée par la grâce se déversait littéralement sur tous ceux qui venaient la voir avec leurs problèmes et leurs maladies. Personne ne la quitta sans recevoir de consolation et de paix.
La première fois, je suis venue vers Matouchka à cause d'une terrible maladie dont je souffrais à cette époque. Je ne pouvais rien manger… Mon corps entier était asséché, la peau était devenue noire et en plus de tout cela, j’avais deux petits enfants sur les bras. J'étais très faible et j’ai eu beaucoup de peine pour arriver jusques à Matouchka. J’ai frappé, elle ouvrit la porte tout de suite et me dit avec un beau sourire: "Oh, viens, viens, maintenant, tu commenceras à manger"... Je me souviens avec quelle attention elle regarda directement au fond de moi... Elle mis une poêle à frire devant moi, fit le signe de croix sur la nourriture et me demanda de manger... et ce fut le premier miracle que Matouchka fit avec moi. J'ai mangé de tout et je ne me suis même pas sentie rassasiée. Depuis lors, la noirceur sur mon visage a commencé à disparaître, j'ai commencé à manger, et devint bientôt tout à fait bien... Matouchka m'a invitée à venir plus souvent, et gloire à Dieu d’avoir un endroit où je pouvais venir. On venait à elle malade, brisée, à peine vivante, et on retournait voler comme un personne nouvellement née. Toutes vos tristesses et misères s'en allaient. Vraiment, Dieu est admirable dans Ses saints!
Plusieurs fois, grâce à ses prières, Matouchka prévint des catastrophes qui pesaient sur ma famille et moi... Tout le monde sait que Matouchka guérissait les gens avec un onguent, qu’elle-même préparait. Avant sa préparation, elle jeûnait et priait. Elle passait toute la nuit à prier sur son chapelet lors de la préparation de la pommade. Un jour, après s’être penchée vers moi, elle murmura à mon oreille: "Tu dois savoir, cet onguent mange toutes les cellules cancéreuses. " Cela fut dit à voix basse, mais très sérieusement et je me suis dit: "Cela signifie que la pommade a déjà été testée… Elle peut vous sauver. "  Mais ce n'était pas la pommade, mais la puissance de la prière de Matouchka qui agissait à travers elle. Par humilité, elle ne voulait pas que les gens fasse l'éloge de ses actions et elle attribuait la force de guérison à la pommade, et, bien sûr, par la grâce de Dieu, la pommade devenait la guérison. Quand les gens se plaignaient de douleurs, elle disait: "Applique la pommade et elles s'en iront. "Et c’est ce qui se passait...
Ceux qui ont rendu visite à Matouchka disent souvent qu'elle avait prédit l'accident de Tchernobyl 5 ans avant que cela n’arrive. Je lui ai rendu visite 2 semaines avant l'accident, et je me rappelle comment elle dit en regardant les icônes "Regarde comment elles brillent, quel feu!" Mais je ne pouvais pas le voir. Deux semaines plus tard - l'accident s'est produit. Ce jour-là, la mère était habillé tout en noir, et elle a répété à plusieurs reprises: "Nous vivons à cause de la douleur des autres!"

Un jour j'ai apporté à la Mère deux icônes - la Sainte Trinité et  saint Nicolas du Japon et elle m'a dit: "Je le connais... aide-nous très cher... ne laisse pas se produire... aide le 11... non, ne laisse pas ceci arriver. " Des larmes remplirent le visage de la Mère. J'ai eu un sentiment que quelque chose de mauvais allait se passer pour moi le 11. Elle a longtemps prié Saint-Nicolas et a dit, "C’est un grand saint." Et puis elle a mentionné un autre nombre qui était le 8.
C'était la date du 11, l’hiver touchait à sa fin, tout a commencé à fondre et les toits étaient couverts de lourds morceaux de glace. Mon mari allait travailler, tout à coup, un énorme bloc de glace est tombé depuis le toit d'un immeuble de grande hauteur et est tombé devant lui à une distance d'un pas. Un instant seulement le séparait d'une mort terrible.
Une fois suivante, je rentrais chez moi très tard, après avoir rendu visita à mon père malade à l'hôpital. Quand j'étais juste à côté de la porte de quelqu'un au niveau supérieur a jeté une bouteille vide et elle s’est brisée en morceaux à quelques centimètres devant mon visage! C'était à une seconde près que je fus sauvée - c'est arrivé le 8.




Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 3 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (2)



Tombe de Matouchka Alypia


D'après les souvenirs de Martha:
- Matouchka m'a dit que quand elle travaillait dans le camp allemand, la nuit, elle lisait le psautier pour les femmes qui avaient laissé leurs enfants ou des personnes âgées chez elles et puis elle les aidait à passer derrière les barbelés et à partir en toute sécurité. Plus tard, avant la fin de la guerre, Matouchka s’échappa également,  franchit la ligne de front et se rendit à Kiev à pied.

Un jour, quand elle était sur la route, quelques hommes la rattrapèrent... Elle commença avec zèle à prier la Mère de Dieu pour la protéger. À proximité, elle vit une meule de foin et courut se cacher des bandits... Elle atteignit la meule, s’y enfonça avec son dos et se mit à crier à la Mère de Dieu de ne pas l’abandonner. Les bandits couraient autour de la meule, jurant et disant: « Où est-elle, il n'y a pas de place pour se cacher ici ! " Ils restèrent là pendant un moment, puis s'en allèrent. Lorsque Matouchka se regarda, elle vit que tout son vêtement et ses mains été faits de lumière... La Mère de Dieu la protégea, la cacha des bandits et la revêtit d'une lumière céleste pour la rendre invisible pour eux.

Matouchka était éduquée, elle savait bien lire et écrire, et connaissait tout le psautier par cœur.
Elle me demanda un jour: "Quelle est ton année de naissance?"
- 1916 - répondis-je.
- J'ai 6 ans de plus que toi.
Par la providence de Dieu, la folle-en-Christ Agapia fut acceptée à la laure des Grottes de Kiev où elle vécut jusques à sa fermeture. L’Archimandrite Khronid tonsura Agapia moniale, lui donnant un nouveau nom - Alypia. Après Alypia passa trois ans à vivre dans le creux d'un vieil arbre.
"Quand il faisait très froid, j’allais dans le couloir du monastère pour me réchauffer Certains moines me donnaient du pain, et certains me chassaient... Mais je ne m’en suis jamais offensée."  Se rappela plus tard, la bienheureuse staritza.
Portant volontairement la croix de la folie-en-Christ, acceptant humblement les humiliations et les insultes, l’ascétique staritza acquit une humilité et une douceur profondes pour lesquelles elle reçut de grands dons de Dieu: les dons de voyance et de guérison.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Fols-en-Christ ( en russe)


mardi 2 avril 2013

La bienheureuse Alypia, folle-en-Christ: Témoignages et miracles (1)


D'après les souvenirs de Maria:
- Matouchka a connu beaucoup de difficultés pendant la persécution des chrétiens orthodoxes. Elle a été arrêtée et mise dans une cellule commune… 

Dans la prison, où elle a été détenue, il y avait beaucoup de prêtres. Chaque nuit 5-6 personnes étaient emmenées sans retour. Enfin, seules trois personnes restèrent dans la cellule: un prêtre, son fils et Matouchka. Le prêtre dit à son fils: "Faisons un service commémoratif pour nous-mêmes, aujourd'hui avant l'aube, ils viendront pour nous"... Et à Matouchka il dit, "Aujourd'hui, vous allez sortir d'ici vivante." Ils ont fait le service commémoratif, et quand la nuit fut venue, le père et le fils ont été emmenés à jamais. Lorsque Matouchka fut laissée seule dans la cellule, la porte de la cellule s’ouvrit silencieusement,  et l’Apôtre Pierre entra et par la porte de derrière, il l’amena sur la rive. Elle marcha sans eau ni nourriture pendant 11 jours. Escaladant des falaises escarpées, elle dévissait, tombait, se relevait et continuait à ramper, se déchirer la peau de ses coudes jusqu’à ce que l’on voie les os. Et le Seigneur la sauva. 
Il y avait des cicatrices profondes laissées sur ses bras, que plus tard, elle m'a montrées. Peut-être, qu’à ce moment, Matouchka a rendu visite à un grand staretz Théodose de Jérusalem, qui vivait alors dans la petite ville de Gorny. C'est ainsi que Matouchka a parlé de cela: "J'ai été chez Théodose, j'ai vu Théodose, je connais Théodose." Il est possible que ce soit lui qui lui a donné la bénédiction pour accomplir le grand exploit spirituel (podvig) de la folie en Christ...

La staritza se souvint  toujours de sa délivrance miraculeuse, honorant la fête de saints Apôtres Pierre et Paul et priant souvent devant leur icône... Pendant la guerre Agapia (son nom de baptême) fut envoyée en Allemagne aux travaux forcés…

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après