"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
Affichage des articles dont le libellé est Evolution. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Evolution. Afficher tous les articles

mardi 6 août 2019

Saint Père Païssios: L'ÉVOLUTION EST UNE THÉORIE ; JÉSUS-CHRIST EST DIEU


Dès l'âge de onze ans [dit le staretz Païssios], je lisais la vie des saints, je jeûnais et je veillais. Mon frère aîné prenait les livres et les cachait, mais cela ne m'arrêtait pas. J'allais dans la forêt et je continuais à lire.

Plus tard, quand j'eus quinze ans, un ami de mon frère, Costas, m'a dit à mon frère : "Je vais lui faire abandonner volontiers toutes ces absurdités. Il est venu m'expliquer la théorie de l'évolution de Darwin. Cela m'a secoué et j'ai dit : "Je vais aller prier, et si le Christ est Dieu, Il m'apparaîtra pour que je croie. Je verrai une ombre, j'entendrai une voix, il me montrera un signe." C'est tout ce que j'ai pu trouver à l'époque.

J'allai donc prier et faire des prosternations pendant des heures, mais rien ne se passa. J'ai fini par m'arrêter dans un état d'épuisement. Puis quelque chose que Costas avait dit m'est venu à l'esprit : "J'accepte que le Christ soit un homme important, m'avait-il dit, juste et vertueux, détesté par envie pour sa vertu et condamné par ses compatriotes". Je me suis dit : "Puisque le Christ était ainsi, même s'il n'était qu'un homme, il mérite mon amour, mon obéissance et mon abnégation. Je ne veux pas du paradis, je ne veux rien. Cela vaut la peine de faire tous les sacrifices pour Sa sainteté et Sa bonté."

Dieu attendait de voir comment j'allais faire face à cette tentation. Après cela, le Christ Lui-même m'est apparu sous une grande lumière. Il était visible à partir de la taille. Il me regarda avec un amour immense et dit : "Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra" (Jean 11:25). Il tenait l'Evangile dans sa main gauche, ouvert à la page où les mêmes mots étaient écrits.

Avec cet événement, les incertitudes qui avaient troublé mon âme ont été surmontées, et dans la Grâce divine, j'ai connu le Christ comme vrai Dieu et Sauveur du monde. J'étais convaincu de la vérité de l'homme-Dieu, non par les hommes ou les livres, mais par le Seigneur Lui-même, qui s'est révélé à moi dès ce jeune âge. Fermement établi dans la foi, je me suis dit : "Reviens maintenant, Costas, si tu veux, et nous pourrons parler."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 16 octobre 2016

Nous ne descendons pas du singe


Basé sur saint Jean Damascène, 
et Père Arsenie Boca de bienheureuse mémoire


Le Christ a voulu librement, avec Sa volonté divine et Sa volonté humaine, obéir à Dieu le Père jusques à la mort, car le libre arbitre est absolument inhérent à chaque nature rationnelle. Après tout, à quoi peut servir la rationalité à une nature qui ne raisonne pas librement?

Alors le Créateur a implanté dans les bêtes un appétit naturel qui les contraint à agir pour la préservation de leur propre nature. Car, puisqu'ils manquent de raison, ils ne peuvent pas se conduire rationnellement;  ils sont plutôt dirigés par leur appétit naturel.

De cela, nous pouvons voir que la race humaine ne descend pas du singe; mais il semble que comme nous nous éloignons de Dieu, nous devenons plus semblables à eux.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*
Un petit garçon orthodoxe, à qui la maîtresse d'école expliquait péremptoirement que l'homme descendait du singe, lui dit aussi péremptoirement: "Vous peut-être, mais pas moi!"

*

Lors d'une rencontre orthodoxe, on parlait de saint Silouane, de Père Sophrony, des Lamentations d'Adam écrites par le saint staretz Silouane. Une moniale déclara: " Et aussi bien le staretz Silouane que Père Sophrony, pensaient qu'Adam et Eve avaient vraiment existé, pour eux ils n'étaient pas des symboles dans l'Ecriture.
En y réfléchissant, effectivement, si Adam et Eve sont des symboles et non des êtres réels, il n'y a pas de péché originel, donc pas de nécessité de rédemption et l'incarnation du Christ n'est pas nécessaire. La foi chrétienne devient inutile. clg

lundi 30 mai 2016

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Père Séraphim Rose, « Genèse, création et premier homme »

C_ROSE_Genese

Père Séraphim Rose, Genèse, création et premier homme. Traduit de l’anglais par Thierry Cozon, Éditions des Syrtes, Genève, 2016, 254 p.
Le père Séraphim Rose est une grande figure de l’orthodoxie américaine, mal connue dans le monde francophone. Né en 1934 à San Diego (Californie) dans une famille protestante ayant des origines françaises, il termina ses études secondaires comme major au lycée de San Diego, sortit diplômé de l’université de Pomona (Californie), suivit ensuite les cours d’Alan Watts (grand spécialiste des religions extrême-orientales, mondialement connu dans les années 60) à l’Académie des études asiatiques de San Francisco, avant d’obtenir un doctorat en langues orientales à la prestigieuse Université de Berkeley. Après avoir examiné soigneusement les différentes religions de l’Orient, c’est l’Orthodoxie qui entraîna son adhésion. Il entra dans l’Église orthodoxe à San Francisco en 1962, où il devint le disciple de l’évêque (futur saint) Jean (Maximovitch) de Changhaï et San Francisco. Après avoir fondé une fraternité missionnaire sous le patronage de saint Germain d’Alaska, il créa un monastère dans les solitudes sauvages du Nord californien où, avec quelques frères, il mena un vie ascétique austère qui lui valut une réputation de sainteté (ce monastère, dédié à Saint Germain d’Alaska, à Platina, existe toujours, et ses moines continuent à y vivre dans une grande pauvreté et des conditions difficiles, notamment sans électricité). Là, il écrivit un grand nombre d’articles et de livres, ayant tous pour but d’exprimer le point de vue de la Tradition orthodoxe par rapport à des courants de spiritualité modernes (New Age) ou en vogue (Hindouisme, Bouddhisme) ou à des théories philosophiques ou scientifiques posant problème au christianisme. Ordonné prêtre en 1977, il fut emporté par une courte maladie cinq ans plus tard, à l’âge de 48 ans. Après sa mort, ses livres – L’âme après la mortL’Orthodoxie et la religion du futurLa révélation de Dieu au cœur de l’hommeRéalité du Royaume célesteGenèse, création et premier hommeLe nihilismeLa place du Bienheureux Augustin dans l’Église orthodoxe – connurent un succès mondial, étant traduits en russe, grec, serbe roumain, bulgare, géorgien, français, lituanien, polonais, italien, chinois et malayalam (langue de l’Inde du Sud). Une biographie de 1000 pages lui a été consacrée en langue anglaise : Père Séraphim Rose : sa vie et ses œuvres.
Le présent volume regroupe plusieurs études du père Séraphim qui critiquent la théorie évolutionniste.
Une première partie est plutôt méthodologique et concerne la nature et les rapports de la théologie, de la science et de la philosophie, et affirme la supériorité de la première comme mode de connaissance. La deuxième partie est une critique du modèle évolutionniste. La troisième partie est une critique des penseurs chrétiens qui ont cherché à intégrer le modèle évolutionniste et à le concilier avec la conception chrétienne des origines du monde et de l’homme. La quatrième partie, qui occupe près d’un tiers du volume, expose la doctrine patristique de la création au regard de la conception évolutionniste et argumente en faveur de l’incompatibilité des deux approches (c’est une longue réponse à un article d’Alexandre Kalomiros, orthodoxe grec évolutionniste).
Disons-le d’emblée, le Père Séraphim Rose est un fondamentaliste pur et dur, et ses positions paraîtront sans aucun doute surprenantes à des lecteurs européens, peu habitués à la querelle qui aux États-Unis oppose – depuis longtemps dans un débat devenu banal – les créationnistes (en majorité évangélistes) aux évolutionnistes. Selon lui, par exemple, « l’univers n’est pas âgé de plus de 7500 ans » (p. 193), et le monde a été créé par Dieu en 7 jours correspondant à nos journées actuelles, chacune ayant 24 heures, pas une de plus ni de moins. Une position manifestement intenable, car les notions de semaine et d’heure n’étaient pas universelles dans l’Antiquité et se sont imposées tardivement dans l’Histoire (sur l’histoire du découpage du temps voir l’excellent livre de P. Couderc, Le calendrier dans la collection « Que sais-je? »). La Bible elle-même n’entend pas que les sept jours de la création du point de vue de Dieu correspondent à nos journées (voir pas exemple le psaume 90, 4 : « Car mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier qui passe, comme une veille dans la nuit »). Il n’y a pas a priori d’obstacle, du point de vue de la foi chrétienne, à considérer que les jours de la création aient correspondu à de très longues périodes, ni que l’univers ait plusieurs millions d’années. Le père Séraphim Rose fait de l’Écriture et des Pères une lecture exclusivement littérale et historique, proche de celle du fondamentalisme protestant. Dans plusieurs passages il affirme que les Pères privilégient ce type de lecture, ce qui n’est pas exact. Même saint Jean Chrysostome, qui est apparenté au courant exégétique dit antiochien qui accorde une grande importance au sens littéral et historique, ne se limite pas à ce sens premier, et les représentants de l’exégèse dite alexandrine considèrent qu’il y a quatre types de sens dans l’Écriture : le sens littéral ou obvie ; le sens allégorique ; le sens tropologique (ou moral) ; et le sens anagogique (qui indique ce vers quoi on doit tendre). Origène ou saint Maxime le Confesseur par exemple accordent très peu de place au sens littéral et historique, et privilégient le sens spirituel, considérant que l’Écriture a le plus souvent un sens symbolique.
Cela dit le livre du père Séraphim Rose a le mérite de montrer les failles de la théorie évolutionniste, devenue un article de foi de la pensée moderne et enseignée comme un dogme intangible et obligatoire dans notre système éducatif, de l’école primaire à la terminale.
Il démontre que cette théorie n’est pas purement scientifique, mais a une base et des visées philosophiques, et que dans sa dimension scientifique même, elle présente de nombreuses insuffisances et contradictions. Outre qu’elle comporte des variantes qui ne sont pas compatibles entre elles (lamarckisme, néo-lamarckisme, darwinisme et néo-darwinisme, avec plusieurs écoles), elle ne permet pas de rendre pleinement compte de l’évolution qu’elle postule. C’est un fait bien connu et reconnu qu’il y a entre les espèces supposées avoir évolué de l’une à l’autre de nombreux « chaînons manquants », ce manque étant particulièrement criant en ce qui concerne le passage des prétendus « hominidés » à l’homme.
Il faut dire qu’il n’y a pas que les fondamentalistes religieux qui critiquent l’évolutionnisme: dès son apparition et jusqu’à nos jours, la théorie évolutionniste sous ses diverses formes a suscité des réserves de la part de philosophes (parmi lesquels Marx qui voyait dans le darwinisme une couverture pseudo-scientifique apportée au système concurrentiel du capitalisme, qui élimine les plus faibles et renforce les plus forts), d’épistémologues (qui ont souvent souligné sa dimension idéologique), d’historiens des sciences, et de scientifiques (un certain nombre de ces critiques sont recensées dans cet article).
Cette théorie, et toutes celles qui sont relatives à la paléontologie et à la cosmologie ont, sur le plan scientifique même, la faiblesse de ne pas pouvoir trouver de confirmation dans une expérimentation, et d’être limitées à une observation indirecte et partielle de vestiges ou de traces comportant beaucoup de lacunes. L’évolutionnisme n’est qu’une hypothèse (c’est-à-dire une explication supposée) présentant de nombreuses zones d’ombre et de nombreux points de fragilité.
Le père Séraphim Rose en présente quelques-uns. Il note que le rejet de l’évolutionnisme n’amène à rejeter ni la variation, ni le développement, ni amélioration des espèces, car c’est à tort que l’on assimile ces trois notions à l’évolution pour justifier celle-ci. Il montre que la théorie évolutionniste est avant tout une philosophie. Et surtout – c’est l’un des buts fondamentaux de son livre – il rappelle quelle est la conception qu’ont les Pères de la création, souligne que celle-ci reste normative pour les chrétiens et montre pourquoi, selon lui, elle n’est nullement conciliable avec l’évolutionnisme. Il faudrait rappeler ici de manière plus développée que la science et la religion n’ont pas les mêmes bases ni les mêmes visées: le but de la première est de tenter de donner une compréhension rationnelle, aussi cohérente que possible, des phénomènes (c’est-à-dire, étymologiquement, des apparences), tandis que la seconde est de donner, en se fondant sur une révélation, une connaissance spirituelle de ce qui transcende les apparences et qui donne sens à la vie de l’homme non seulement en cette vie mais dans l’au-delà.
Contre la pensée unique, matérialisme et athée, que notre société impose de manière de plus en plus coercitive et intolérante, le livre du père Séraphim Rose a le mérite de rappeler que l’évolutionnisme n’est pas un dogme intangible, et que sur la question de l’origine du monde et de l’homme d’autres façons de voir se justifient à partir de cadres de référence différents.
Jean-Claude Larchet

samedi 11 mai 2013

Père Seraphim: De l'évolution théiste!



Ainsi, "l'évolution théiste", si je comprends bien ses motifs, est une invention des hommes qui, ayant peur que l'évolution physique ne soit vraiment "scientifique" colle "Dieu" dans différents points du processus évolutif afin de ne pas être en reste, afin de conformer la "théologie" aux "dernières découvertes scientifiques." 
Mais ce genre de pensée artificielle n'est satisfaisant ni pour la théologie, ni pour la science, elle ne fait que mélanger deux domaines.

[…]

... Tout le but et l'intention de la théorie de l'évolution physique est de trouver une explication du monde sans Dieu, c'est à dire que l'évolution, physique, de par sa nature est athée, et il est seulement ridicule que les "théologiens" courent après la dernière théorie "scientifique" afin de ne pas se laisser distancer par les temps. En outre, le "Dieu" de l'évolution théiste ou spirituelle n'est pas le Dieu du christianisme orthodoxe!

Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
in
 Letters from Fr. Seraphim by Fr. Alexey Young

vendredi 26 avril 2013

Père Georges Calciu: La science et la théologie





J'ai lu dans les journaux il y a quelques jours que le pape a fait une déclaration, l'avez-vous lue?

Il croit en la théorie de l'évolution.

Oui. Il a essayé de justifier son intervention en disant que seule l'âme de l'homme est faite par Dieu. Mais jusques à l'apparition de l'homme - que fit Dieu - a-t-il dormi? 
Quand a-t-il commencé à faire l'âme de l'homme et pourquoi? Si vous acceptez que le corps de l'homme et le corps des animaux ne sont pas créés par Dieu, qu'ils sont le résultat de l'évolution, alors pourquoi Dieu a-t-il commencé à faire l'âme de l'homme?…
 Et maintenant, il parle de l'évolution - limitant Dieu à un être qui pouvait faire une âme seulement de temps en temps. Je pense qu'il est dans les mains de la franc-maçonnerie. Je ne peux pas l'expliquer autrement. Soit ça, soit il a perdu l'esprit.

Il y avait un professeur d'apologétique au séminaire. Il a dit que le moment est venu pour que la science soit en accord avec la théologie - et non la théologie avec la science. Et c'est vrai! Nous avons découvert beaucoup de choses, et toutes ces choses nous ont amenés à accepter que l'énergie vient avant la matière - l'esprit avant la matière. Et le Pape a dit que Dieu ne joue aucun rôle dans la création du monde? Que la matière elle-même s'est créée elle-même sans avoir le cerveau pour organiser les lois de l'univers? Et maintenant, les êtres humains, qui ont un cerveau, sont incapables de découvrir les lois de l'univers faites par la matière sans cerveau? Et Dieu n'a créé que l'âme de l'homme? Si nous acceptons la théorie de l'évolution comme le pape dit que nous devrions le faire, cela signifierait accepter que, au début était une cellule, et seulement ensuite un homme. Quand donc Dieu a-t-il décidé de donner à l'homme une âme? A l'homme de Neandertal ou à l'homme moderne? Donc, il est absolument stupide pour un pape de dire une chose pareille.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Father George Calciu
Christ is calling you
St Herman Press


jeudi 25 avril 2013

Saint Barsanuphe d'Optina: L'apport de Darwin à l'humanité




Le philosophe anglais Darwin a créé tout un système selon lequel la vie est une lutte pour l'existence, une lutte du fort contre le faible, où ceux qui sont conquis sont condamnés à la destruction et les vainqueurs sont triomphants. 

C'est déjà le début d'une philosophie bestiale, et ceux qui viennent à croire en elle n'hésiteraient pas à tuer un homme, agresser une femme, ou voler leur ami le plus proche - et ils feraient tout cela calmement, avec une pleine reconnaissance de leur droit de commettre ces crimes.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Elder Barsanuphius of Optina, 
St. Herman’s Press