"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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lundi 14 octobre 2024

Supplique aux prédicateurs


Ce que je veux dire aux prédicateurs dans le Corps du Christ, comme chrétien laïc (tou laou, "du peuple") est ceci...


Nous ne venons pas à l'église pour entendre des histoires drôles.
Nous ne voulons pas être divertis.
Nous n'avons pas besoin de connaître le contexte culturel.
Nous ne sommes pas intéressés par ce que disent les érudits de la Bible.
Parlez nous hébreu et grec quand cela approfondit le sens réel,
mais ne le faites pas juste pour impressionner.
Nous savons que vous êtes allés au séminaire,
mais peu nous importe qui a dit ceci ou cela.
Nous voulons entendre la Parole Vivante que vous êtes censé communiquer.
Nous voulons l'entendre simplement et directement.
Nous voulons savoir ce que Jésus peut faire avec nous, 
si nous ne le laissons aux commandes.
Nous ne voulons pas que vous nous disiez "vous "devriez", 
ou nous faire vos débiteurs.
Il suffit de parler de la Parole de Vérité qui nourrit les enfants,
que nous sommes tous devant le trône du Père.
Nous voulons grandir à l'image du Maître.
Juste semer la graine de la façon qu'Il veut la semer.
Ne vous pressez pas si l'Esprit veut se faire attendre,
ne pas faites pas  traîner les choses, si courte et douce est la Parole.
Ouvrez la bouche pour prêcher ce que vous pratiquez vous-mêmes.
Nous pouvons voir à travers la rhétorique plus clairement que vous ne le pensez.
Pourquoi perdre notre temps, et celui de Dieu? 
Restez à niveau,
puisque chaque colline et montagne, sera abaissée par Lui,
quand Il reviendra rétribuer Ses serviteurs.
Vous ne voulez pas rejoindre les boucs quand ils iront à Sa gauche.

Romanòs

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 28 septembre 2013

Marcher sur les eaux: Comment pouvons-nous croire à l'impossible? (IV)



IcoWat - Orthodox Christ Walking on the Water Icon

- Et comment l'appel de Dieu à l'homme peut-il être exprimé ? Pour une personne qui n'a pas encore trouvé la foi, c'est très difficile à comprendre. Vous parlez d'énergies incréés, comment peuvent-elles se faire sentir? Nous comprenons comment la chaleur, le froid ou un incendie peuvent se faire sentir, mais comment peut-on sentir ce qui se passe au-delà des limites des cinq sens ordinaires?

- Ceci est vraiment difficile à sentir avec les cinq sens ordinaires. Mais voilà, ici est rendue manifeste l'humilité incroyable, la douceur incroyable de la Divinité. Si le Seigneur devait apparaître à toute personne visiblement, même dans une petite fraction de Sa Splendeur, alors la question de la foi tomberait. Ce serait une sorte de démonstration devant laquelle aucun homme ne pourrait rester debout, car tout le monde tomberait tremblant à Ses pieds. Mais le Seigneur ne pousse, ni surtout ne force la volonté humaine. Par conséquent, Il appelle simplement à ce qui est meilleur en nous, à ce que , quel que soit notre état ​​de chute dans le péché, à ce qui reste néanmoins à chaque personne, et c’est comme s’Il se révèle à cette partie de nous qui est la meilleure. C'est un mystère insondable de l'âme humaine - pourquoi une personne voit et reconnaît Dieu, tandis que l'autre ne voit pas et ne reconnaît pas Dieu. Tout, dans ce cas, dépend uniquement de la personne.

Pendant les jours de sa vie terrestre, le Christ était sur la terre, et il y avait des gens qui ne voyant que Ses yeux, Son visage, comprenaient sans mots Qui se tenait devant eux. Ils quittèrent tout, et Le suivirent. Pour certains d'entre eux, le Seigneur manifesta l’un ou l'autre miracle divin, tandis que d'autres, sans miracles, constataient miraculeusement que devant eux se tenait Celui pour Qui ils laisseraient tout, et qu’ils suivraient jusques aux extrémités de la terre. D'autres, même après avoir vu les miracles que le Christ accomplissait, restèrent absolument sourds à la manifestation de la divinité et devinrent les ennemis du Christ, avides de le trahir à mort, ce qu’en fait ils firent avec une cruauté particulière, Le crucifiant sur la Croix.

La même chose se passe dans nos propres vies. Le Christ se révèle peu à peu à nous de la même façon. Et il faut dire que plus une personne est consciencieuse, mieux elle se comporte avec les personnes, plus vivante sera son âme et plus grande seront ses chances de voir le Christ dans sa vie et de Le reconnaître. Le Christ est particulièrement proche de chacun de nous dans tout le bien que nous faisons, et il est plus facile de Le reconnaître dans ce domaine. Bien qu’il arrive qu'une personne qui est absolument endurcie et cruelle puisse, en un instant, inexplicablement, vivre une véritable renaissance de cette rencontre même. C'est aussi un mystère .

- Il y a une injustice regrettable dans le fait que certains puissent connaître Dieu, tandis que d'autres ne semblent pas être si favorisés...

- Non, il ne faut jamais dire cela. Si une personne veut être meilleure, si elle apprend à aimer ceux qui sont autour d’elle, si elle apprend à sacrifier quelque chose pour eux, de cette façon, elle ouvre un chemin vers la connaissance du Christ. Mais si elle n'a pas besoin de tout cela, et que sa volonté est dirigée dans la direction opposée, dans le sens du péché, alors elle ne peut pas rencontrer le Christ sur ​​ce chemin; c'est à dire que la principale chose dépend de chaque personne. Les gens choisissent tout eux-mêmes, aussi inconsciemment que cela puisse être, mais le choix est toujours en fonction de l'inclination de leurs cœurs.

Il y a encore un autre point important. Dans un de ses livres, Saint Théophane le Reclus parle d'une chose choquante. Il dit que si une personne est à la recherche de la vérité et non pas du confort ou du bonheur, ou de quelque chose qui correspond à son idée d'une vie prospère qui lui convient, alors dans cette recherche de la vérité désintéressée, elle va certainement trouver le Christ. Elle ne peut pas Le manquer, car la recherche de la vérité la conduira très inévitablement à Christ.

- Elle recherche la vérité, et non pas le bonheur... Mais le bonheur n'est-il pas synonyme de vérité ?

- Non, bien sûr que non, parce que les gens peuvent avoir des idées très différentes du bonheur. Pour une personne le bonheur pourrait être une mine d'argent, pour un autre, il pourrait être l' occasion de gouverner les autres, de les humilier et de les rabaisser. D'autre part, le bonheur peut être l'occasion de faire sa propre volonté, sans entrave et en toute impunité, pour satisfaire ses instincts les plus vils, les plus cruels. Par exemple, quel est le bonheur des démons ? Le bonheur ténébreux, monstrueux d'un démon se consiste à  voir les gens périr,  parce que chaque ange déchu sait ce que sa propre fin terrible sera, et c'est sa joie que de voir la création du Dieu bien-aimé aller au même endroit, vers le même abîme. Malheureusement, bien que tous soient créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, pour certains de nos contemporains, l'idée du bonheur est très similaire à celle des démons, car il en est beaucoup ces jours-ci qui aiment la destruction de gens comme eux, et se réjouissent dans leur perversité et leur corruption.

- Mais ce ne serait pas le "bonheur", entre guillemets ? Ce ne serait pas le vrai bonheur, après tout.

- Beaucoup ne savent pas ce qu'est le vrai bonheur. Tout bonheur que l'homme cherche en dehors de Dieu n'est que le "bonheur"  entre guillemets. Bien sûr , il y a des idées totalement monstrueuses de bonheur, et il y a, disons, de bonnes idées décentes. Quand une personne voit le bonheur dans une famille, dans l'amour, en faisant le bien, c'est une idée plus parfaite, mais n'est pas tout à fait parfait, parce que le bonheur ne peut être donnée à l'homme que par Celui Qui l'a créé.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 24 juin 2013

St Isaac le Syrien: Ayez la paix dans votre cœur




J'ai trouvé un passage très étonnant dans les écrits de saint Isaac de Syrie, dans un petit livret ( en anglais) intitulé "Lectures quotidiennes avec St Isaac de la Syrie"*,

Il dit, "Quelqu'un qui a réellement goûté à la vérité, ne se querelle pas pour la vérité."

Quelqu'un qui est considéré parmi les hommes comme étant zélé pour la vérité, n'a pas encore appris ce qu'est vraiment la vérité; une fois qu'il aura vraiment appris ce qu'elle est, il cessera d'être zélé en son nom.

Le don de Dieu et Sa connaissance ne sont pas une cause d'agitation et de clameurs, mais ce don est plutôt entièrement rempli d'une paix dans laquelle résident l'Esprit, l'amour et l'humilité.

Ce qui suit est un signe de la venue de l'Esprit; la personne que l'Esprit a obombré est rendu parfaite dans ces vertus mêmes.

Dieu est réalité. La personne dont l'esprit a pris conscience de Dieu ne possède même pas une langue avec laquelle parler, mais Dieu réside dans son cœur dans une grande sérénité. Elle ne subit aucune agitation par le zèle ou la volonté d'argumenter, elle n'est pas mue non plus par la colère. Elle ne peut même pas être irritée au sujet de la foi. " (op.cit. p.61 ).

Bien sûr, la lecture d'une telle chose doit nous faire nous demander, Combien de fois nous avons-nous parlé de la vérité avec une telle passion, même de la colère, comme si la vérité,qui est elle-même réalité, était si fragile qu'elle avait besoin de notre protection? Ou pire encore, tout ce que nous faisons en affirmant la vérité (ou notre incompréhension de celle-ci comme de simples faits), c'est affirmer notre ego, notre image de soi et nous affirmer dans la domination sur ceux qui nous entourent?

Nous ferons bien si, avant de parler ou d'agir, nous nous arrêtons un instant pour faire une évaluation honnête de notre état émotionnel et spirituel.
Nous ferons encore mieux si, plus que toute autre chose, nous poursuivons une expérience personnelle de première main de cette réalité ultime, notre Dieu Trine, dans un esprit de paix, d'humilité et d'amour.

Cette aspiration à la vérité doit être d'abord et avant tout un désir de transformation de nos propres cœurs, afin que la prière de notre Seigneur
Jésus-Christ soit accomplie en nous, quand il a prié ainsi:

"Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité. " ("Jean 17:17-19)

Version française Claude Lopez-Ginisty

(Introduit et édité par A.M. Allchin, Traduit par Sebastian Brock, Templegate Publishers, Springfield Illinois 1990)

mardi 9 octobre 2012

Oh, les difficultés pour trouver un partenaire de vie ayant la foi!




J'avais une question pour le prêtre après mon premier office orthodoxe : "Que que dois-je faire pour devenir prêtre?"
Plutôt que de rabrouer ce jeune garçon de 16 ans, le père Michael fit deux solides suggestions.
"Eh bien, tu as besoin [d'abord] de devenir orthodoxe," a-t-il observé, "puis tu devras épouser une femme qui est orthodoxe."
Ce fut mon introduction à la difficile sagesse de l'ancienne foi. Cependant même si un oiseau peut beaucoup aimer un poisson, ils auront du mal à trouver un endroit pour pondre leurs œufs.
Chercher un partenaire avec les mêmes valeurs sur lesquelles construire une famille est logique, mais moins de gens semblent en voir l'avantage de nos jours. Les couples mariés représentent aujourd'hui une minorité des ménages américains, car les jeunes adultes retardent le moment de se lier, jusqu'à ce que leurs carrières sont établies.
Certains peuvent aimer leur copain/copine, mais réaliser que les épouser est hors de question. Pendant ce temps, ils "tâtent le terrain" en cohabitant.
Pour les chrétiens célibataires, du moins ceux qui croient que la morale biblique est obligatoire, il y a là un problème - la fornication est considérée comme un acte répréhensible et auto-destructeur.

Depuis plus d'une décennie de notre vie, nos corps nous disent que nous sommes prêts à nous reproduire, pourtant une convention sociale rend ceci de plus en plus difficile. Les espoirs de mariage précoces peuvent aussi se heurter à la rareté des perspectives spirituellement compatibles entre personnes de sexe opposé.
Dans mon cas, la nécessité de me marier au sein de l'obscure minorité de l'orthodoxie américaine représentait une difficulté supplémentaire. Bien que les mariages avec d'autres chrétiens trinitaires soient pratiqués, les prêtres doivent avoir des épouses orthodoxes, comme me l'a dit le Père Michael.
En dehors de l'obligation canonique, ceci est de bon sens pour celui qui doit traîner son conjoint à toutes les obligations qui vont de pair avec le fait d'être épouse d'un membre du clergé.
Puisque ma paroisse n'avait pas de filles de mon âge (mis à part les filles des membres du clergé, qui avaient tiré des leçons de l'expérience de leurs mères pour éviter les aspirants prêtres), cela signifiait qu'il fallait faire beaucoup de rencontres missionnaires - ou plutôt de rendez-vous de prospection amoureuse.
Un rabbin juif orthodoxe dans un talk-show à la radio m'a persuadé dès le début que ces rencontres sontt une perte de temps non biblique, donc j'ai décidé d'évaluer de façon critique toute relation dès le début, pour voir s'il y avait une raison de la poursuivre.
Bientôt cette approche philosophique fut mutilée par le train de marchandises de l'infatuation. La première fille qui me le fit expérimenter, faillit se voir faire une proposition de mariage cette semaine-là, même si c'était une fille spirituelle-mais-pas-religieuse qui pensait que ma foi était pittoresque, mais trop traditionnelle pour devenir la sienne.
Heureusement, elle a fini par être assez honnête pour réaliser que cela ne pouvait pas fonctionner. Une fois que vous devenez gaga, le sens commun est facilement abandonné. Vous commencez à abandonner le côté rationnel de vos principes.
Vous pensez que vous allez changer quelqu'un, mais vous êtes le seul qui change. J'ai le plus grand respect pour ceux qui maintiennent leur foi au sein de mariages spirituellement hétérogènes, mais je n'avais pas assez d''endurance pour cela.
Après des entreprises répétées à travers le cycle de l'espoir et de la désillusion, j'ai développé une nouvelle tactique. Le troisième rendez-vous consistait à venir à l'église avec moi. J'ai œuvré à quelques reprises avec celle-là, ce qui était difficile, mais je suis content car la douleur [de l'échec], venait plutôt tôt que tard.
Finalement, j'ai eu de la chance. La sœur d'un camarade de classe au séminaire ne pouvait pas courir assez vite [pour m'échapper]. Nous venons de célébrer nos huit ans de mariage.
Je suis content d'avoir été repoussé à plusieurs reprises pour avoir collé à mes principes, parce que mes enfants savent qui ils sont et ce que notre famille croit. Cela les concernait, après tout.
Je les ai baptisés, et les ai fait communier tous les dimanches. Quand leur mère et moi serons partis, ils seront ce qui reste de nous deux. Après leur avoir donné notre foi, nous espérons qu'ils vont la garder, et allumer un cierge en notre mémoire.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

lundi 8 octobre 2012

John Marler: Sauver le monde (1994)


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"La beauté sauvera le monde" 
Fiodor Dostoïevski

Le progrès avec ses machines a fait régresser le monde vers un lieu où il n'y a pas de beauté. S'il n'y a pas de beauté, qu'est-ce ce qui va sauver le monde?

Depuis le sein [de notre mère], on nous apprend que les choses détestables sont attrayantes, et de ce fait l'image de la véritable beauté est déformée. Comme il n'y a pas de distinction entre ce qui est beau et ce qui est déformé, les jeunes d'aujourd'hui sont laissés dans le chaos.

On nous dit que la beauté est dans l'œil de celui qui regarde, mais si cela était vrai, le monde n'aurait jamais une chance d'être sauvé, car l'interprétation de de la beauté par l'homme peut être mortelle. "La beauté est vérité et la vérité est beauté", mais la vérité ne pourrait jamais être dans l'œil de son spectateur, car dire cela, c'est dire qu'il n'y a pas de vérité ultime, et qu'il n'y a pas de réponse à la question "Pourquoi?"

Dans le passé, l'humanité avait une façon d'exprimer la vraie beauté, et d'exprimer l'âme apparemment confinée de l'homme, et de l'élever vers son état véritable, qui est beauté. Ceci était accompli par les arts, la peinture, la littérature, la sculpture, le théâtre et la musique.

Les arts du monde moderne ont rendu les âmes confuses et déformées et ne les ont plus élevées vers un état supérieur. Ils n'expriment que l'âme de l'homme moderne, qui est tombé la tête la première dans la destruction, le désespoir et la tristesse. 
Ceci est dû au fait que l'homme accomplit ses désirs terrestres et oublie sa vocation surnaturelle. Comme le temps presse, il semble de plus en plus facile d'oublier tout ce pourquoi l'homme a été créé aux yeux de Dieu, mais nous ne devons pas oublier que "Beaucoup sont appelés mais peu sont élus pour n'être  pas de ce monde."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 17 août 2012

Protodiacre Léonide (Mickle): Cultivez cette Lumière paisible (1)


Beaucoup périssent...

J'ai souvent entendu des conseils similaires à ceux donnés par saint Séraphim de Sarov: Cultivez en vous la lumière paisible de Jésus-Christ, et avec elle vous éclairerez ceux qui vous entourent. Parfois, lorsque l'on envisage le zèle dont  ont fait preuve tant d’apôtres dans leur confession de foi devant le monde, je me suis posé des questions sur ce conseil. Nous savons que nombreux sont ceux qui périssent, que beaucoup n'ont jamais entendu parler de l'Église orthodoxe, ou ne sont pas conscients du fait que l'Eglise n'est pas un club ethnique, mais une source d'eau vive pour tous. Pourquoi ne pas faire de la publicité, sortir avec des trompettes, des tambours, des haut-parleurs, des lumières vives, pour rendre l'Eglise plus visible? Dieu nous donne parfois des réponses merveilleuses avec des paramètres inattendus.

      Un jour, lors d’un long voyage, je me suis arrêté dans un centre d'informations d'état pour demander le meilleur itinéraire vers ma destination. L’employée m'a demandé si je voulais vraiment le meilleur itinéraire, ou l'itinéraire le plus rapide. Elle a souligné que le meilleur itinéraire ajouterait environ une heure au voyage de quatorze heures que je pouvais envisager via l'autoroute, mais que, si j'avais le temps de prendre l'autre route, j'apprécierais certainement le calme et la beauté de très belles routes de campagne. En pensant à mon emploi du temps, j'ai choisi l'autoroute. J'ai fait une excellente moyenne, du moins jusqu'à ce que je sois arrêté pour excès de vitesse. J'avais gagné moins d'une heure, mais perdu un pourcentage important de mon salaire et une occasion de me familiariser avec une jolie campagne, et je m’étais brièvement mis en la colère contre un policier d'État qui faisait correctement le travail pour lequel mes impôts le payaient.

Les petites choses

Peu de temps après, je me suis arrêté dans une petite église, près de deux heures avant que l’office des Vigiles ne commence. J'ai trouvé le prêtre occupé à tailler les mèches et à renouveler l'huile dans les lampades derrière l'autel. Il m'a dit qu'il arrivait presque toujours au temple bien avant l’office régulier, afin de s’occuper des lampades à huile. Je lui ai demandé s'il avait déjà envisagé d'utiliser des bougies au lieu de lampes à huile. Il a souri, et a dit: "Ce serait certainement plus rapide. J'entrerais et j’allumerais les bougies sans même y penser. Sans y penser! Pensez quelle grande leçon serait perdue!"

      "Ici, pour allumer les lampades, je dois organiser ma journée pour que je puisse être ici tôt. Je dois me concentrer sur ma tâche. Je dois veiller à ce  qu'il y ait une grande quantité d'huile, de sorte que les lampades ne s'éteignent pas. Je ne peux pas  me hâter, je dois verser avec précaution, de peur de verser de l’huile sur l'autel, je dois couper et ajuster la mèche, puis l'allumer et observer la flamme: si elle est trop faible, une toute petite brise peut la souffler. Si elle est. trop élevée, elle génère une chaleur telle que le verre se fissure, ou à tout le moins, elle brûle si vite que la mèche se transforme en cendres, et la flamme s'éteint.

      "Une telle tâche apparemment est insignifiante, et pourtant, cela se fait dans la maison de Dieu, et pour la gloire de Dieu. Si je ne puis être à l'écoute des petites tâches que Dieu me permet d’accomplir, comment puis-je espérer persévérer dans les tâches plus grandes? Si je ne peux pas prendre le temps nécessaire et faire l'effort nécessaire pour préparer ces lampades, pour m’assurer que la flamme reste allumée mais ne devient pas un feu autodestructeur, comment puis-je espérer faire la même chose avec mon âme? Comment puis-je contrôler mes passions, et comment puis-je enseigner aux autres à faire de même? Non, parfois la manière de faire  rapide, la solution de facilité, n'est pas la meilleure voie. Gloire à Toi, ô Seigneur !

      Alors j'ai été frappé par ses paroles, et à ma grande honte, je me suis retrouvé un peu irrité par elles. Je me suis dit que, oui, c'est peut-être la meilleure façon de faire, mais il a le luxe de servir dans une église de campagne avec une petite congrégation, ce  qui ne pose pas de grandes exigences sur son temps. Il a le temps, il n'a pas de travail séculier à partir duquel se précipiter à l'église à temps pour les offices... Tout à coup, j'ai réalisé combien irrationnelles étaient mes pensées, et combien rusé et persistant était l'Ennemi de notre salut. Lorsqu'il est confronté à une vérité évidente, l'Ennemi la combat en évoquant des détails externes, inutiles, pour détourner notre attention de la leçon spirituelle.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
et 
+

Père Léonide (Mickle) 
est protodiacre 
à la Cathédrale Saint Jean Baptiste
(ROCOR/PM)
de Washington D.C.
USA
+


Cathédrale saint Jean Baptiste

jeudi 26 juillet 2012

Jean Romanides: Théologie Mystique ou secrète




Par mysticisme, on entend la tentative de contourner ou de dépasser l'aspect matériel de la réalité par la contemplation des archétypes immatériels dans une intelligence divine, comme si Dieu était comme un architecte qui exécute Ses plans mentaux. La forme néo-platonicienne de cette tradition a fait son chemin dans la tradition franco-latine par le biais d'Augustin. C'est devenu la fondation du monachisme augustinien, qui a remplacé monachisme orthodoxe, représentée par les saints Patrick, Jean Cassien et Benoît basée sur la purification et l'illumination du cœur et de la glorification qui n'était pas seulement pour les moines, mais pour tous les laïcs ainsi.

De ce point de vue il n'y a pas de réelle différence entre les protestants et les latins [id est catholiques romains] puisque ni les uns ni les autres ne connaisse la tradition de la purification et de l'illumination du cœur et de la glorification ou déification. La véritable différence entre ces enfants d'Augustin, c'est que Luther a rejeté le mysticisme d'Augustin et le monachisme qui en découle. A partir de cette position que nous avons la distinction latine entre la vie contemplative et la vie active. Les protestants choisissent la vie active et dans l'ensemble laissent la vie de la contemplation aux latins.

Parce qu'ils sont des enfants d'Augustin, les latins et les protestants ont été coupés de la glorification et avec eux les victimes orthodoxes de Pierre le Grand.

Tous les Latins que je connais présentent le mysticisme comme une partie intégrante des Pères grecs  parce qu'ils les ont lus avec leurs lunettes augustiniennes. En raison de cela le chapitre grec de saint Denys l'Aréopagite sur la Mystike Theologia est à tort traduit par 'Théologie mystique ' au lieu de "Théologie Secrète". Il appelle "Théologie Secret ce chapitre parce que la gloire incréée de Dieu dans la glorificationne peut pas être décrite par des mots ni comprise avec des concepts. C'est à partir de la glorification des saints que nous savons il n'existe aucune similitude entre le créé et l'incréé et qu 'il est impossible d'exprimer Dieu et encore plus impossible de concevoir Dieu (saint Grégoire le Théologien). Aussi Vladimir Lossky, avec  le titrede son livre Théologie mystique de l'Église d'Orient a quelque peu ajouté à la confusion.

Version fran4aise Claude Lopez-Ginisty
d'après
et

mardi 26 juin 2012

Père Michael Samokhine: Vacances... de l'Orthodoxie?




Vassily Nesterenko: L'été à Jérusalem (1996)

L'été est là. Les paroissiens viennent de plus en plus vers moi avec la demande: "Batiouchka, bénis-moi pour partir en vacances." Suite à cette demande, en règle générale, viennent de très nombreuses questions sur la façon de combiner le repos avec notre foi.
Lorsque je réponds à la majorité de ces questions, je prends une approche personnelle. Les personnalités, des situations, et l'état de santé de mes paroissiens sont très variables. Néanmoins, il y a certains principes et les questions fréquemment posées valent la peine d'en parler en général, dans l'espoir de rendre la vie plus facile pour ceux qui vont en vacances.
Prendre une pause est non seulement permis, mais nécessaire. Idéalement, notre repos de la vanité de ce monde devrait consister dans la prière et la communion avec Dieu. Nous avons besoin des vacances de tout ce que nous considérons comme travail. Lorsque la prière est une joie, quand le jeûne est devenu aussi habituel que la respiration, et quand nous attendons avec impatience toute l'année pour aller en pèlerinage, alors la question de la compatibilité des vacances et de la foi ne se pose tout simplement pas - et pas le repos par rapport aux choses de la foi n'est pas nécessaire .
La réalité, c'est qu'une certaine partie de nos vies spirituelles est reprise par le travail et la discipline. Chacun a sa propre frontière entre la joie spirituelle et la la lutte ascétique. Par conséquent, les conseils devraient être donnés principalement sur une base individuelle.
Mais certains principes généraux demeurent. Le plus souvent, lors de nous passons par des difficultés, nous nous approchons d'un prêtre pour obtenir des conseils sur la façon d'adapter notre foi dans nos vacances à venir. Mais que faire si nous devions essayer de faire le contraire? Que faire si nous devions essayer de planifier nos vacances, tout en tenant compte de la possibilité d'observer le jeûne; d'essayer d'aller vers une partie moins fréquentée de la plage - où, d'ailleurs, l'eau pourrait être plus propre? Si cela n'est pas possible, alors on peut aller à la mer tous les matins et tous les soirs, ce qui est bon non seulement pour l'amour de la chasteté, mais aussi pour le bronzage en toute sécurité.
En ce qui concerne les bars et les boîtes de nuit, personne ne nous force à y aller. C'est à nous de décider ce qu'il faut faire. Là, le bon sens peut venir à notre aide. Après tout, nous l'utilisons avec tant de succès en pensant à de nombreuses excuses et prétextes pour ne pas respecter les commandements.
Cependant, il y a encore toute une série de questions spécifiques. Comment doit-on effectuer sa règle de prière? Faut-il réduire le jeûne? Jusques à quel point peut-on être extravagant dans ses dépenses pendant les vacances? Le principe général est que l'on devrait éviter de prendre des vacances de la vie spirituelle. Un affaiblissement de l'effort spirituel peut conduire à la paresse et à l'infidélité dans le futur. Cependant, tout ici est individuel et dépend du degré de son engagement à l'Eglise. Ces questions doivent être discutées personnellement avec son père spirituel ou avec le prêtre à qui nous nous confessons régulièrement.
Approché d'une manière raisonnable et avec une forte détermination, nos vacances habituelles (en dehors des pèlerinages) peuvent cesser d'être une occasion de compromis avec l'Orthodoxie et simplement devenir une façon de nous renforcer dans notre labeur et notre prière.

Version française Claude Lopez-Ginitsy
d'après

lundi 14 mai 2012

L'hérésie du racisme (3 et fin)



Mais le principe racial sape également le système gouvernemental sacré de l'Eglise… 
Dans une église organisée selon des critères de race, l'église du diocèse local n'a pas de zone qui lui est propre, mais les juridictions ethniques des autorités suprêmes ecclésiastiques sont étendues ou restreintes en fonction du flux et du reflux des peuples sans cesse déplacés ou en fonction de la migration en groupe ou individuellement… 
Si le principal racial est suivi, il n'y a pas d'église diocésaine ou patriarcale, pas d'église provinciale ou métropolitaine, aucune église épiscopale, pas même une simple paroisse, qu'il s'agisse de l'église de village, de petite ville ou de banlieue, ne peut exister avec son propre lieu ou sa propre région, contenant en son sein tous ceux d'une seule foi. Le Christ n'est-ce pas ainsi divisé, comme Il l' était une fois parmi les Corinthiens, par ceux qui disent: "Je suis de Paul, je suis d'Apollo, je suis de Céphas» (1 Cor 1:12.)?… 
Aucun concile œcuménique ne trouverait juste ou dans les intérêts de la chrétienté dans son ensemble d'admettre une réforme ecclésiastique [dont l'adhésion a été fondée sur l'identité ethnique] pour servir les particularités éphémères des passions humaines et de basses préoccupations, parce que, en dehors de renverser les acquis législatifs de tant de grands Conciles œcuméniques, cela implique d'autres résultats destructifs, à la fois manifestes et potentiels: Tout d'abord, cela introduit un exclusivisme de type judaïque, où l'idée de la race, est vue comme une condition sine qua non pour être chrétien, en particulier dans la structure hiérarchique. Chaque non-grec, par exemple, sera donc légalement exclu de ce qui sera appelé l'Eglise grecque et de la hiérarchie, tous les non-bulgares de l'Eglise bulgare, et ainsi de suite. En tant que Juif, saint Paul, l'Apôtre des Gentils, ne pourrait avoir été pasteur que dans une nation, la communauté juive. 
De même, saints Cyrille et Méthode, étant d'origine grecque, n'auraient pas été acceptés chez les Slaves. Quelle perte cela aurait entraîné pour l'Eglise!... Ainsi, le sacré et le divin sont rendus tout à fait humains, l'intérêt séculaire est placé au-dessus des préoccupations spirituelles et religieuses, avec chacune des églises basée sur la race, à la recherche des siens. 
La doctrine de la foi dans "l'Église une, sainte, catholique et apostolique" reçoit un coup mortel. Si tout cela se produit, comme cela s'est produit, le racisme est en conflit ouvert et en contradiction avec l'esprit et l'enseignement du Christ.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
cité par 

samedi 24 décembre 2011

Anges incognito



Il n'est pas un seul d'entre de nous, dans une semaine donnée, qui ne rencontre quelqu'un qui a besoin d'encouragement, d'amour et de miséricorde. Ce sont souvent les mères, dont les enfants vont au lit le soir avec la faim au ventre, par manque d'argent pour la nourriture. Les femmes âgées, dont les maris sont partis depuis longtemps, et dont les enfants sont trop occupés pour venir les voir. Le jeune étudiant au bout du couloir dans le dortoir, qui n'a aucun endroit où aller pour Noël, pas de famille aimante qui veuille le voir. Il y a la vieille dame solitaire au sac, assise sur un banc de parc qui regarde tout le monde l'éviter.


Le monde est plein de gens seuls qui ont besoin de gentillesse, de bonté, de miséricorde. Et le vieux voisin grincheux qui est toujours à froncer les sourcils? N'est-il pas possible que ses froncement de sourcils cachent la douleur d'une femme perdue, ou d'un fils qui a tourné le dos à son père? Il y a le policier qui vous a arrêté pour avoir dépassé la limite de vitesse, et qui a été plutôt abrupt avec vous? Y a-t-il une chance qu'il ait des problèmes conjugaux, et qu'il soit de mauvaise humeur?



Toutes ces personnes peuvent avoir besoin d'une parole de gentillesse, d'un doux sourire et d'une parole d'encouragement. Pouvez-vous imaginer l'impact sur la journée de l'agent, si vous, après avoir reçu la contravention, vous le remerciez de rendre nos routes plus sûres, et éventuellement de sauver votre vie en vous rappelant votre conduite dangereuse? Et si vous vous asseyiez à côté de la vieille dame et que vous lui demandiez comment elle va? Et si vous offriez de l'emmener dans un café pour un dîner de Noël avant la date? Et si vous faisiez une assiette pleine de biscuits pour le vieux grincheux? Et si vous  demandiez à vos parents si vous pouvez inviter la jeune homme solitaire au bout du couloir pour Noël dans votre maison?

Et si tranquillement vous payiez pour l'épicerie de la jeune femme derrière vous dans la queue à la caisse? Et si vous ramassiez tous les vieux jouets laissés par vos enfants, et les donniez à un refuge pour femmes battues? Et si vous donniez une centaine de dollars en billets de dix dollars à des SDF? Et si vous commandiez un hamburger et des frites supplémentaires, et que vous donniez ce sac à un SDF à l'entrée du magasin de restauration rapide, et que vous y ajoutiez un billet de vingt dollars comme don supplémentaire?

Et si vous faisiez un pacte avec vous-même de faire sept actes de bonté, chaque jour, sans jugement. Et si vous jouiez incognito le rôle d'un ange?

N'oubliez pas l'hospitalité; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir.
 (Hébreux 13:2).

Avec amour en Christ,
Higoumène Tryphon

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 17 décembre 2011

Qu'est-ce qu'un prêtre?



Un prêtre est une route.
Quelques routes sont bonnes, quelques routes sont mauvaises.
Mais quelle que soit la route, 
le plus important,
 ce n'est pas la route elle-même, 
mais ce qui est transporté sur elle, 
c'est-à-dire le Christ.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 4 décembre 2011

Vladika Jovan de Choumadiya (Serbie): Sermon sur le pardon


Sermon donné pendant l'épiscopat de Vladika Jovan, dans le diocèse orthodoxe serbe de l'Ouest américain
Le Seigneur Lui-même dit dans son Évangile: Lorsque deux ou trois sont assemblés en Mon Nom, je suis là au milieu d'eux (Matthieu 18:20). Nous nous sommes réunis aujourd'hui dans ce saint temple au Nom du Seigneur. C'est pourquoi aujourd'hui le Seigneur est avec nous, au milieu de nous. C'est ainsi qu'Il a toujours été durant ces deux mille dernières années: là où un évêque avec le clergé et le peuple fidèle, qui invoquent le Nom du Seigneur, apportent leurs dons -le pain et le vin- là est le Seigneur et là, l'Esprit Saint descend. Voilà comment l'Église de Christ est ressuscitée, voilà comment elle demeure et elle existe dans ce monde. Partout où, dans quelque nation, les gens qui croient en Christ se rassemblent, partout où ils apportent leurs dons à Dieu et invoquent le Saint-Esprit, là le Seigneur est avec eux, et là est l'Église indivise du Christ. Ainsi qu'il est écrit dans un vieil ouvrage chrétien: "Comme des grains de blé sont recueillis auprès de différents domaines et deviennent une miche de pain, de la même façon, les gens divers et différentes nations se rassemblent, et elles sont toutes présentes dans le Christ, devenant une nation de Dieu dans l'Église du Christ "Nous apportons un seul pain et un seul vin à l'Éternel comme un don; et le Seigneur, qui est Un, descend sur le pain et le vin et nous communions à Son Corps et à Son Sang. Ainsi nous devenons une seule âme, un seul cœur, un seul peuple éternel de Dieu. Voilà comment, ici et maintenant, le Royaume de Dieu commence en nous, dans l'Eglise et par l'Église, qui n'a pas de fin.
Comment le Royaume de Dieu commence-t-il dans ce monde? Il commence par la prédication du Christ: Repentez-vous car le Royaume des Cieux est tout proche (Matthieu 4:17). Se repentir, c'est faire partie de ce royaume des cieux. Tout d'abord et fondamentalement, c'est ce à quoi nous sommes tous appelés, tous ceux d'entre nous qui sont sur cette terre. Il y a un dicton serbe qui dit: ". Se repentir, c'est se réjouir!" Avec ces mots, le peuple serbe exprime une vérité évangélique profonde. Sans repentir, ce qui signifie sans changement dans sa pensée, dans son esprit, sans cœur transfiguré, sans purification, sans se renforcer dans la foi et la vertu, on ne vit pas la vie propre et véritable d'une personne digne. Le Seigneur a donné à l'humanité beaucoup de dons, mais il me semble que le meilleur don, qu'Il ait donné à l'homme est le don du repentir, le don du pardon mutuel et la recherche du pardon de Dieu. C'est pourquoi nous disons dans la prière du Seigneur: "... Pardonne-nous nos offenses comme nous les remettons à ceux qui nous ont offenssés."
Comment l'Eglise du Christ est-elle différente en tant que communauté de toute organisation ou communauté terrestres? Par le fait que l'Eglise est une communauté dans laquelle il y a le pardon -par lequel Dieu pardonne et par lequel les gens se pardonnent mutuellement. Jamais est une personne n'est si belle, si élevée, et si digne que quand elle pardonne à son prochain, comme quand elle crie devant la Face de Dieu, "Aie pitié de moi pécheur", et que quand elle dit les paroles suivantes: "Frère, pardonne-moi -que Dieu te pardonne. "
Pourquoi y a-t-il tant de haine entre les nations de ce monde? Pourquoi y a-t-il tant de haine et de division dans notre pays? Il y a deux raisons à cela. La première raison est qu'il y a beaucoup de gens, tant dans notre pays que dans le reste du monde, qui appartiennent à des idéologies et à des groupes qui ne savent pas ce qu'est le pardon, qui n'accepte pas le pardon comme principe de vie, et qui non seulement tuent le péché, mais tuent le pécheur avec le péché. Telle est la nature de toutes les idéologies impies.Ainsi était le nazisme, c'est ce que le communisme a été et reste encore. Ce fut l'idéologie de l'Inquisition en Occident au Moyen Age.
Il y a une autre raison pour laquelle il y a tant de haine, de nos jours. Ceux qui ne savent se repentir et le pardon sont, ceux qui appartiennent à l'Eglise du Christ, qui est fondée sur la repentance et le pardon, telles celles ne véhiculent pas cela dans leur vie quotidienne.
Aujourd'hui, de nombreux chercher le pardon de Dieu, mais ne sont pas prêts à pour-donner à l'autre: mari et femme, mari et femme, parents et enfants, les enfants et les parents, un ami et un ami, frère et frère. Il se trouve que vous venez à l'église pour demander pardon de Dieu, et dès que vous sortez de l'Eglise, vous montrez votre pardon à un autre. Il n'ya pas de pardon à Dieu si je ne vous pardonne et vous ne me pardonnent pas. Il n'ya pas de bonheur dans le mariage, sans mu-tuel pardon. Il n'ya pas de bonheur ou de bénédiction dans l'église communauté ou dans la paroisse sans pardon mutuel. Cela signifie que l'on doit pardonner non pas demain, pas plus tard, mais maintenant. Quand on donne pour-, et quand on cherche le pardon, puis de tout son cœur et son âme devient enveloppé dans la joie ineffable. C'est quand l'homme pardonne qu'il ressemble le plus à Dieu. Donc, si nous désirons pour ressembler à Dieu et c'est à cela que nous sommes tous appelés, laissez-nous pardonner et demander pardon. Pardonnez les uns les autres afin que Dieu vous pardonne. Seul sur le pardon que nous pourrons construire une église, une paroisse, un diocèse. Là, vous avez ma leçon, mon souhait, et ma bénédiction. Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
ORTHODOX WORD (227)
St. Herman of Alaska Brotherhood
Platina
California, USA
2009

mercredi 16 novembre 2011

Prier pendant l'Eternité


Père Aidan l'a dit plusieurs fois: "Si vous vous ennuyez à la Divine Liturgie, vous vous ennuierez dans les cieux." C'est tout à fait quelque chose à considérer, puisque nous parlons d'un laps de temps beaucoup plus long qu'un heure et demie.
Pour ne pas expliquer quelque chose de presque incompréhensible, je me demande combien d'entre nous, quand, nous demandant si nous allons être placés avec les boucs ou les brebis au Jour terrible du Jugement, espérons le Ciel tout simplement pour éviter la carine que nous sommes parvenus à avoir de l'enfer.
Plutôt que de nous efforcer d'aller vers les hauteurs sur notre chemin spirituel, nous nous contentons de rester en dehors des profondeurs. Face à la montagne formidable de choses comme le jeûne, une vie de prière rituelle, le service aimant aux autres, et au don véritablement sacrificiel, recherchant un moyen de contourner ces disciplines est certainement moins exigeant que de se réellement donner du mal à atteindre leurs sommets. Mais je peux vous dire ceci. Si nous vivons nos vies ici sur terre à la recherche de ces sortes de détours, nous allons beaucoup nous ennuyer dans le Ciel.
J'ai commencé à penser sérieusement à ce sujet l'autre jour. A quel point ai-je vraiment envie de passer l'éternité à sans cesse louer Dieu? Je sais pour sûr que je ne veux être SANS Lui, tout comme je sais que je ne veux pas être AVEC le Malin. Mais si je suis honnête avec moi-même, il y a de nombreuses fois où mon esprit est ailleurs que dans l'église, pendant la Divine Liturgie avec la Sainte Trinité et les saints et les anges. Comment parviendrai-je à gérer ce genre de focalisation spirituelle qui est nécessaire pour toujours, toujours et à jamais?
Je ne suis pas théologienne; simplement une épouse et une mère qui se bat quotidiennement pour simplement être dans ce monde, mais pas complètement de ce monde. Luttant pour regarder les montagnes et dire "je peux le faire," plutôt que "c'est trop élevé." Luttant pour être un exemple décent pour mes enfants quand il serait vraiment facile d'utiliser un peu d'huile d'olive et du parmesan sur les pâtes de vendredi. Donc la question est double: ai-je vraiment besoin de cela pour l'éternité? Et qu'est-ce qui me fait penser que j'ai l'endurance spirituelle pour le faire quand mon esprit vagabonde pendant l'Hymne des Chérubim?
Eh bien, j'en suis venu à ces conclusions, aussi imparfaites et simplistes théologiquement qu'elles puissent être. Bien que mon attention puisse dériver à des moments, il n'est pas une Divine Liturgie où je n'ai pas l'expérience d'un flot de sang (à défaut d'un meilleur terme) qui se répand à travers moi et me fait frissonner. Cela a commencé à se produire régulièrement il y a environ 5 ans, quand j'ai commencé à prier pour que Dieu m'aide à participer plus significativement à la Liturgie. Sans vouloir paraître sous l'influence d'un état d'origine médicamenteuse de l'esprit, je sentis dans mon cœur, aussi sûrement que si j'avais entendu chuchoter à mon oreille, que ce sentiment était Sa présence en m'assurant que j'y étais (comme nous tous le sommes) dans ce même état durant chaque office. Et bien que je sache que cela peut ne jamais se reproduire, ce fut une bénédiction d'éprouver ce rappel physique à un moment donné au cours de chaque Divine Liturgie. Et donc la réponse à ma première question est "Oui". Si cette éphémère et spirituelle montée de sang est une indication de la façon dont nous nous sentirons lorsque nous louerons Dieu pour toujours, c'est sûrement quelque chose qu'il faut s'efforcer d'atteindre.
Donc je suppose que cela nous amène à la question suivante. Dans mon esprit, les seules personnes que je peux voir de manière réaliste maintenir l'attention 24 heures par jour et 7 jours sur 7 (ou n'importe quels chiffres que l'on pourrait utiliser pour représenter l'éternité) dans le Royaume céleste de Dieu seraient ceux qui sont vraiment dans la prière, ici sur terre. Ceux qui sont impatients de prier; qui peuvent se pencher sur une icône et voir un autre monde au-delà d'elle. Ceux qui ne se pressent pas pendant leurs prières du matin pour ne pas manquer les gros titres du Today Show, et ceux qui, la nuit, remercient Dieu pour les bénédictions de la journée, plutôt que de lire le dernier best-seller au lit. Ceux qui prient pour nous tous qui ne savons pas vraiment comment prier.
Mais Dieu nous a assurés qu'Il ne veut pas seulement des gens déjà saints auprès de Lui, Il veut que nous tous, même ceux d'entre nous qui pensent  aux corvées ménagères pendant la lecture de l'Epître. Donc, ma réponse concernant ce qui me fait penser que j'ai l'endurance spirituelle pour garder ma concentration sur Dieu à travers toute l'éternité, est ma foi et la confiance qu'Il récompense nos efforts. Et si nous ESSAYONS réellement d'escalader ces montagnes spirituelles qui bloquent le chemin pour faire CE QUE nous voulons faire,  QUAND nous le voulons, alors même si nous n'atteignons pas les sommets dans cette vie terrestre, notre récompense pour avoir essayé sera vraiment dans le hauteurs du Ciel.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Becky Turner
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