"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire
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lundi 14 août 2023




Des milliers de musulmans au Moyen-Orient tournent leur visage vers Jésus-Christ et ce qu'ils commencent à considérer comme la “religion de la liberté” au milieu des conflits sanglants qui se sont emparés de ce coin du monde, indique un rapport christianpost.com. de nombreuses Églises espèrent que des centaines de milliers de musulmans se convertiront au christianisme, étant donné la “faim spirituelle” créée dans les zones de conflit, où la persécution est devenue de plus en plus dure.

Selon une Association chrétienne, qui soutient les radios chrétiennes de la région, malgré l'exode massif des chrétiens d'Irak et de Syrie, contraints à l'exil en raison des djihadistes de l'Etat islamique, du terrorisme et des conflits sans fin, de nombreux musulmans ont décidé de passer au christianisme.

Des centaines et des centaines de musulmans choisissent le chemin de Jésus-Christ, disent ceux de l'Association chrétienne, qui disent être en contact avec des familles en Irak et ailleurs au Moyen-Orient. "Beaucoup d'entre eux ont dit aux stations de radio que nous soutenions pourquoi ils avaient choisi de passer au christianisme et de renoncer à l'islam", a ajouté un représentant de l'association, selon christianpost.com

En Iran, les maisons des chrétiens sont la cible de plus en plus fréquente d'attaques du gouvernement islamique de Téhéran. Mais malgré leur persécution, le groupe missionnaire des Ministères d'Elam affirme que le nombre de chrétiens a augmenté et on estime qu'il y a maintenant plus de 360 000 croyants en Iran, contre seulement 500 en 1979.

"Les dirigeants de l'Église s'attendent à ce que des millions de personnes se convertissent au christianisme dans les années à venir, compte tenu de cette faim spirituelle existante et de la désillusion croissante causée par les régimes islamistes”, a déclaré Elam Ministries.

Parallèlement, comme l'ont écrit des publications occidentales, des réfugiés musulmans arrivés en Europe l'année dernière ont décidé de se convertir au christianisme. Un article paru dans le Guardian en juin 2016 a montré que le nombre de migrants musulmans en Europe cherchant à se faire baptiser dans la religion de Jésus avait considérablement augmenté.

Un exemple est donné par une église de Berlin, qui a vu le nombre de convertis au christianisme passer en quelques semaines de 150 à 700. De même, une église en Autriche a vu une augmentation de 70% de ceux qui voulaient se convertir au christianisme au cours des premiers mois de 2016.

"J'ai appris que l'histoire de l'Islam est complètement différente de ce que j'ai appris à l'école. Une religion qui commence par la violence ne peut pas conduire à la liberté et à l'amour. Jésus a dit que ceux qui utilisent l'épée, périront par l'épée. Cela m'a fait changer d'avis et choisir la religion chrétienne”, a déclaré Johannes, un Iranien de 32 ans converti au christianisme.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Marturiaathonita.ro


jeudi 14 juin 2018

Un roi tribal africain devient orthodoxe sur la Sainte Montagne de l'Athos



Ici et là sur le Mont Athos

Alors que nos pèlerins continuent leur voyage sur le Mont Athos, nous considérons qu'il est important de se rappeler que la veille de leur voyage, la nouvelle de l'entrée dans l'Orthodoxie d'une figure importante du monde africain traditionnel a été annoncée. Le hiéromoine Dionysios du monastère de Koutloumousiou a baptisé sous le nom de David, le roi tribal Jean Gervais Tchiffi Zié, chef des Krous de Côte d'Ivoire.

Le roi Tchiffi Zié, bien connu sur le web, sert comme secrétaire général permanent du Forum des rois, des princes, des cheikhs et des chefs africains traditionnels, et dirige diverses initiatives de contact entre les souverains tribaux du continent africain.

Nous souhaitons au nouveau dirigeant orthodoxe de nombreuses années de paix et de guidance éclairé [...].

samedi 21 octobre 2017

Archiprêtre André Tkatchev: Pourquoi les occidentaux se convertissent à l'Orthodoxie


Conversion de saint Paul (Decani/Serbie XIVe siècle)

Bonjour, mes frères!

Nous vivons dans un monde incertain et notre travail consiste à comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Comment nous comportons-nous? A quoi devrions-nous être attentifs? A quelles portes frapper? Quel chemin choisir?

Des questions vraiment sérieuses.

Pour notre joie, il y a des gens en Occident, et non les moindres, qui acceptent le christianisme orthodoxe et deviennent orthodoxes.

Récemment, Tom Hanks, interprête de Forrest Gump, a déclaré qu'il s'était converti à l'Orthodoxie. Bien sûr, vous vous en souvenez: "Cours, Forrest, cours!" l'un des meilleurs films du XXe siècle, du moins de ceux qui ont le son et la couleur.

Et donc Tom Hanks est devenu chrétien orthodoxe, mais pas seulement lui! Nous pouvons voir beaucoup de conversions des gens du monde de la culture et de la politique, des personnes de croyances et de rôles différents. Et ce sont tous des gens significatifs et intéressants.

Avec la fermeture des églises, l'euthanasie et  les mariages  du même sexe qui sont maintenant permis par la loi, la destruction de la famille traditionnelle, l’uniatisme et bien d'autres problèmes accompagnent la vie des catholiques dans diverses régions du monde et en particulier en Europe occidentale, non ce n'est une surprise que beaucoup de catholiques attachés aux valeurs traditionnelles se convertissent à l’Orthodoxie conservatrice.

Un citoyen américain, Robert Jacklin, qui a servi comme prêtre catholique pendant 10 ans, est devenu paroissien d'une des Églises orthodoxes. Il explique son changement de religion par la détérioration rapide de la vie spirituelle de l'Église catholique.

"Je ne pouvais pas rester dans une Eglise qui pervertit la Divine Liturgie", dit un ancien catholique dans une de ses interviews à une agence de presse russe.

Il n'y a pas longtemps, un membre du parlement turc du plus grand parti d'opposition républicain, Selin Sayek Böke, est devenu chrétien orthodoxe. Il a ouvertement déclaré qu'il a été baptisé dans l'Eglise orthodoxe d'Antioche et n'a pas honte de parler publiquement de sa nouvelle religion.

Il fut ouvertement converti à l'orthodoxie, fut baptisé et le déclara publiquement  à haute voix. Que Dieu sauve son âme! En fait, ces choses exigent un grand courage et aussi la capacité d'être prêt à mourir.

Bien sûr, je lui souhaite une longue vie, mais nous savons comment sont vraiment les Turcs. Nous nous souvenons de l'histoire de l'Empire ottoman et du siècle dernier où l'Empire était déjà déchiré et devint un pays quasi démocratique. Nous savons qui ils sont et leur attitude envers les chrétiens. Nous nous souvenons combien de Serbes et de Bulgares ont été tués, et comment tant d'Arméniens et de Grecs et beaucoup d'autres ont été décapités.

Ils ont une attitude très spécifique envers le christianisme. Cependant, Atatürk voulait amener la Turquie au christianisme, et il a même ordonné de traduire l'Evangile en turc.

Assez étrangement, il n'était pas amoureux de tout ce qui est turc. Il a interdit l'écriture en caractères arabes et a converti la langue turque en alphabet latin. Il aimait beaucoup les allemands et les français: il était francophilee et germanophile. Il voulait faire de son peuple un peuple chrétien et le retirer de l'islam, mais il n'a pas réussi.

Cependant, il y a des chrétiens en Turquie. Il y a des protestants locaux, certains orthodoxes locaux, à part les Grecs qui ont été expulsés pendant de nombreux siècles.

Aujourd'hui, nous pouvons voir une tendance parmi les turcs (s'il vous plaît, ne soyez pas surpris, car c’est un secret et je le dis urbi et orbi, mais secrètement): les Turcs se sont convertis en masse à l’Orthodoxie. Les Turcs instruits, c'est-à-dire les étudiants d'orientalisme, de philologie, de mathématiques et d'autres facultés, qui comprennent que l'Europe n'est pas seulement des boîtes de nuit et le haschisch, l'Europe est aussi une culture. L'Europe, c’est le christianisme, la philosophie, la psychologie, etc. L'Europe, c’est des églises et des moines. Tout ce qui est saint est dans les profondeurs de l'Europe, tandis que tout ce qui est sale est à la surface de l'Europe. Et plongeant dans les profondeurs de l'Europe, les Turcs s'ouvrent au christianisme, puis se rendent en Grèce pour se faire baptiser.

Il y a donc un mystérieux courant souterrain. Vous savez qu'il y a des courants de surface dans les mers et qu'il y a des courants souterrains qui sont plus froids et beaucoup plus profonds. Ainsi, dans la société turque, il y a le courant clandestin dans lequel les jeunes gens instruits se convertissent au christianisme. Pour ce faire, ils vont en Grèce pour apprendre le catéchisme, puis les évêques, les moines grecs et les prêtres les baptisent en masse. Secrètement, bien sûr. Puis ils retournent en Turquie. Et par exemple un turc baptisé est officiellement Ahmet Abdul-Ogle, mais personnellement, il sait qu'il est déjà Arsène en Christ!

Ils épousent aussi des femmes russes et leurs femmes russes, peu à peu, les convertissent à l’Orthodoxie et baptisent leurs enfants.

Il y a donc une lutte interne continue et cachée pour la vérité et de nombreux Turcs deviennent chrétiens.

Ces nouvelles arrivent au public et, je le répète, d'autres, non seulement Tom Hanks et quelques stars d'Hollywood ou des scientifiques européens deviennent chrétiens orthodoxes, mais certains membres du Parlement turc également deviennent chrétiens orthodoxes! Et ils n'ont pas peur de le dire à voix haute dans le pays dominé par le parti pro-musulman de Recep Tayyip Erdoğan!

Cela signifie que l'Orthodoxie garde sa force vitale où qu'elle soit! Que vous soyez en Afrique ou en Turquie, en Islande ou en Amérique latine, au Japon ou en Russie, l'Orthodoxie garde sa force vitale, et c'est très important!

Par conséquent, prêtez attention à la question de la foi! Selon les paroles de Tchekhov, un homme doit avoir foi ou la chercher de tout son cœur, sinon c’est un homme vide.

-->
Au revoir.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le version italienne de

mercredi 13 septembre 2017

Rod DREHER : Qu’y a-t-il de si attirant dans l'Orthodoxie?

Rod DREHER

En 18 ans, comme journaliste professionnel, y compris en tant que critique de cinéma pour  le New York Post et éditeur de la National Review, Rod Dreher s'est imposé comme l'un des commentateurs les plus intéressants de sa génération. Ses écrits sur la religion, la politique, le cinéma et la culture sont apparus à la fois dans la National Review et la National Review Online, The Weekly Standard, The Wall Street Journal, Touchstone, Men's Health, Los Angeles Times, entre autres publications. Il est actuellement chroniqueur au Dallas Morning News. Les commentaires de Rod ont été diffusés sur The All Things Considered de la Radio Publique Nationale et il a été analyste de CNN, Fox News, MSNBC, Court TV et d'autres réseaux. Rod écrit également Crunchy Con, l'un des blogs les plus populaires de Beliefnet.com. Il a été nommé plusieurs fois pour le prix Pulitzer.


Homme brisé, je suis venu à l'Orthodoxie en 2006. J'avais été un pieux catholique pratiquant et convaincu pendant plusieurs années, mais ma foi fut brisée en grande partie par ce que j'avais appris en tant que journaliste couvrant le scandale des abus sexuels [dans l’église catholique]. J'avais supposé que mes convictions théologiques protégeraient le noyau de ma foi de toute épreuve, mais la connaissance avec laquelle je luttais portait ma capacité à annihiler les affirmations de vérité ecclésiales de l'église romaine (j'ai écrit en détail sur ce drame). Pour mon épouse et moi, le protestantisme n'était pas une option, compte tenu de ce que l'on savait de l'histoire de l'Eglise et de nos convictions concernant la théologie sacramentelle.

Cela nous laissa l'Orthodoxie comme le seul refuge sûr dans la tempête qui menaçait de faire chavirer notre christianisme.

En vérité, j'avais désiré l'Orthodoxie pendant un certain temps, pour les mêmes raisons que, en tant que jeune homme, j'ai trouvé mon chemin dans l'Église catholique. Elle me semblait un roc de stabilité dans une mer turbulente de relativisme et de modernisme frappant le christianisme occidental. Et tandis que l'Église romaine jetait tant de son patrimoine artistique et liturgique dans la violence du Concile Vatican II, les orthodoxes se sont toujours attachés au leur.
Plusieurs années avant notre entrée en Orthodoxie, ma femme et moi avons rendu visite à des amis orthodoxes dans leur paroisse du Maryland. En tant que catholiques moralement et liturgiquement conservateurs, nous avons été émus et même envieux de ce que nous y avons vu. Nous avons dû partir tôt pour prendre la route de la paroisse catholique moderne des années soixante-dix la plus proche, pour respecter notre obligation [d’assistance à la messe] du dimanche. Le contraste entre les cérémonies liturgiques décousues à Notre-Dame de Pizza Hut, et ce que nous avions quitté dans la paroisse orthodoxe sur la route nous a littéralement conduits aux larmes. Mais la laideur, même un sentiment de désolation spirituelle, n'empêche pas la vérité, et nous savions que nous devions supporter la vérité - et donc Rome - malgré tout.

Si le catholicisme en Amérique avait été sain, peut-être que nous aurions pu tenir malgré les procès d’abus sexuels. Mais ma femme et moi étions inquiets depuis quelque temps sur la façon dont nous allions élever des enfants chrétiens fidèles étant donné l'enseignement moral laxiste des paroisses romaines. Nous nous considérions comme des catholiques orthodoxes, ce qui signifie que nous croyions vraiment ce qui était dans le catéchisme et nous luttions pour vivre ainsi. Nous avons échoué - tout le monde échoue - mais le fait est que nous avons cherché que l'Eglise nous fournisse une direction morale claire et  nous aide à vivre la foi avec intégrité et joie. Voici le problème: il y a très peu d'orthodoxie dans l'église catholique des États-Unis, et au niveau de la paroisse, presque aucune reconnaissance qu'il existe une «foi droite». Ce n'était pas que je voulais exclure tous ceux qui ne «sont pas à la hauteur de l'enseignement catholique »- J'aurais été le premier à me faire montrer la porte si cela avait été vrai - mais je ne distinguais aucune orientation, et je ne croyais pas vraiment que les communautés paroissiales existent pour une autre raison que pour nous affirmer dans notre adéquation commune à la foi.

Bien que je n'eusse pas encore de terme pour le décrire, j'étais fatigué de l'ersatz de christianisme que le sociologue Christian Smith appelle le «déisme thérapeutique moraliste». J'avais été tellement miné par le désespoir de tout cela en tant que catholique, que lorsque les forts vents du scandale des abus sexuels commencèrent à souffler, la structure de ma croyance catholique ne résista pas.

Je dis tout cela, non pour dénigrer l'Église catholique romaine - que j'aime toujours, et à laquelle je ne peux pas être assez reconnaissant de m'avoir fait connaître le christianisme antique et sacramentel - mais pour montrer pourquoi l'Orthodoxie était si attirante pour moi.

Quand je l'ai interviewé pour mon livre "Crunchy Cons," mon ami Hugh O'Beirne, converti du catholicisme à l'Orthodoxie, m'a dit que pour un catholique las des guerres culturelles qui se répandent dans le catholicisme américain, c’est une bénédiction de trouver l'Orthodoxie, où l’on n’est pas sur le «pied de guerre». Les types de problèmes qui déchirent beaucoup d'autres églises américaines ne sont pas de tels sujets de controverse dans la pratique orthodoxe. Bien qu'il soit stupide de prétendre que ces conflits n'existent pas dans les paroisses orthodoxes, ils ne représentent tout simplement pas un problème aussi important.

Et puis il y a la Liturgie et la musique. Il n'y a rien de comparable dans d'autres églises. C’est très beau et très profond, et c’est en grande partie la même Divine Liturgie (bien que dans la langue vernaculaire) que saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople du Ve siècle, a formalisée. La beauté de cette liturgie est entièrement exaltante, et la révérence qu'elle inspire est tonique. Et alors que me manquent d'anciens hymnes familiers (dans les offices orthodoxes, nous chantons des prières et des Psaumes), il y a beaucoup à dire de ne jamais avoir à supporter "On Eagle's Wings" et d'autres hymnodies sirupeuses endémiques du culte catholique américain moderne.[1]

La raison principale pour laquelle l'Orthodoxie est si attirante pour les convertis, du moins pour ce type de converti, est son sérieux au sujet du péché. Je ne veux pas dire que c'est une religion sévère – loin s’en faut! - mais plutôt que l'Orthodoxie considère la rupture de l'humanité avec un sérieux approprié.

L'Orthodoxie ne vous dira pas que vous allez bien. En fait, il faudra que vous vous considériez, comme saint Paul l'a décrit lui-même, comme le «premier des pécheurs». Et l'Orthodoxie va vous dire la Bonne Nouvelle: Jésus est mort et est revenu à la vie afin que vous aussi puissiez vivre. Mais pour vivre, vous allez devoir mourir à vous-même, encore et encore. Et ce ne sera pas indolore, et cela ne peut pas l’être, ou cela n’est pas véritable.

Pour cette raison, par toute sa beauté dramatique et sa richesse, l'Orthodoxie est beaucoup plus austère et exigeante que la plupart des chrétientés américaines. Les longues liturgies, les prières fréquentes, les jeûnes intenses - sont toutes des exigences sérieuses pour le croyant, surtout pour l’américain aisé de la classe moyenne comme moi-même. Ils nous appellent à nous dépasser, et à la repentance. L'Orthodoxie n’a aucun intérêt à ce que vous vous sentiez à l'aise dans vos péchés. Elle ne veut rien de moins que le fait que vous soyez un saint.

Il est commun parmi les convertis américains d'entendre que les hommes sont d'abord attirés par l'Orthodoxie, et que leurs épouses les suivent ensuite. Il n'est pas difficile de voir pourquoi. Beaucoup d'hommes sont las d'un christianisme doux et bourgeois qui ne les attire pas beaucoup, car il n'est pas très exigeant. Les hommes adorent le défi, et c'est exactement ce que l'Orthodoxie leur donne.

Ne vous trompez pas. L'Orthodoxie ne consiste pas principalement en règles et en pratiques. Plus je progresse dans mon Orthodoxie, plus il est clair pour moi que l'Orthodoxie est avant tout une Voie. Ce n'est pas une institution, un ensemble de doctrines, ou une collection de rituels, bien qu'elle contienne les trois. C'est plutôt une façon de voir le monde, et notre  place en lui, et une carte de la sainteté, paradoxalement à la fois ancienne et étonnamment nouvelle, du moins pour la sensibilité occidentale. C'est la Voie de la libération.

Certes, il est possible de trouver une vie de paroisse morne dans l'Orthodoxie américaine, souvent parmi les paroisses anciennes orientées vers l'ethnie qui se considèrent plus comme une tribu en prière. Et parce que les églises orthodoxes sont pleines de gens américains ordinaires, elles sont également remplies de problèmes américains ordinaires.

Quiconque viendra dans une église orthodoxe en s'attendant à la perfection sera déçu. Ce que vous trouverez, cependant, est la vérité et la beauté présentées d'une manière qui peut être à couper le souffle pour les américains modernes, et une voie ancienne fondée sur la stabilité doctrinale, la réalité sacramentelle et la mystique chrétienne pratique - un mysticisme marginalisé dans la plupart des autres églises américaines.

J'ai trouvé dans l'Orthodoxie ce que je pensais trouver lorsque je suis devenu catholique romain. Pour saint patron en Orthodoxie, j'ai choisi saint Benoît de Nursie, cher aux deux Eglises, et signe de l'unité que nous avions, et que nous pourrions encore avoir à nouveau. […]

Je prie, je prie vraiment, [espérant] que je vivrai pour voir cette unité revenir. Jusqu'à ce moment-là, je suis reconnaissant à Dieu de ce qu'il m'ait donné une deuxième chance avec l'Orthodoxie et m'ait montré la Voie que j’ai recherchée toute ma vie. Quand je suis arrivé à la porte, spirituellement totalement brisé, je pensais qu'il serait impossible pour moi d'apprendre à supporter ces longues liturgies, cette prière intense, ces prosternations, le jeûne strict et, comment le dire? - la rareté du christianisme orthodoxe dans un contexte américain. Cinq ans plus tard, je ne peux pas imaginer comment j'ai vécu sans cela. Vous ne pouvez pas trouver votre voie vers l'Orthodoxie par les livres. Vous devez venir voir [ce qu’elle est] par vous-même.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après





[1] Musique profane… Phénomène proche de ce que rapportait Alexandre Vialatte parlant de la pratique latine après Vatican II : un curé catholique romain faisait chanter à ses paroissiens « Auprès de l’hostie qu’il fait bon prier… » sur l’air de Auprès de ma blonde !(NdT)

vendredi 21 juillet 2017

Entretien de conversion de l'hypodiacre Pierre 6


6. Quel serait votre message pour nos lecteurs ?

L’Orthodoxie est l’Eglise, le don sans prix de Dieu fait à l’homme - la perle de grand prix, le trésor le plus précieux enfoui dans le champ – pour accéder au Royaume, i.e. la vie éternelle, par l’intégration au Corps du Christ, en d’autres termes pour connaître Dieu.

Pour qui est saint, cela peut se faire dans une vie humaine ; mais dans tous les cas cette connaissance et cette révélation du Dieu sans limite ne peut avoir de fin, et c’est bien l’éternité qui en est la mesure.

Que tout orthodoxe mesure donc bien à son prix inestimable le précieux dépôt dont nous sommes les récipiendaires indignes… et qui dépassera toujours notre capacité d’entendement.

S’il était besoin d’une preuve que l’Orthodoxie est la vie, révélée par la Vie vivante, et non pas une doctrine relevant de l’archéologie, une seule, parmi toutes celles qui sont innombrables, en serait qu’aujourd’hui les saints délivrent le même message – intemporel - que dans les premiers siècles de l’Eglise. Le discours des saints Pères de notre époque rend le même témoignage que celui de leurs prédécesseurs, les miracles continuent d’être accomplis de nos jours tout comme dans les précédents, et le siècle écoulé, parmi tous les confesseurs ou martyrs, a porté aussi bien des docteurs et des startsy que des fols en Christ et des thaumaturges, qui continuent à nous aider par leur intercession.
Pour ce qui est de l’heure présente, chaque époque de l’Eglise a éprouvé des attaques spécifiques venant de l’adversaire, et aujourd’hui, l’Orthodoxie, qui suscite en tout temps la jalousie du Malin, connaît une attaque en règle du Monde, sournoise mais sans relâche.
En partie par la violence, avec l’installation au Kosovo de la plus grande base militaire américaine en dehors des Etats-Unis, qui a été le point culminant de la diabolisation que dut souffrir la Serbie durant la guerre orchestrée aussi bien par les armées que les médias occidentaux, tout comme celle que subissent actuellement les orthodoxes d’Ukraine.
Tout aussi orchestrée est la guerre économique destinée à enlever à la Grèce son identité, pour la rendre telle un simple étal de marché pour l’économie néolibérale.
Plus subtile, mais non moins insidieuse et acharnée, est la lutte persistante qui tend à détruire au quotidien les valeurs des sociétés orthodoxes, sous le couvert du « progrès », de « l’évolution » et de l’occidentalisation-mondialisation.
De toute façon, que ce soit par une violence visible ou cachée, l’Orthodoxie est considérée de longue date par l’Occident comme un ennemi à éliminer : lors de la guerre de Yougoslavie, le ministre autrichien de l’époque n’avait-t-il pas déclaré ouvertement à Bruxelles, de manière significative : « L’Europe s’arrête là où commence l’Orthodoxie ! ».

La plus perfide des stratégies consistera donc à infiltrer cette destruction au sein même de la hiérarchie de l’Eglise par le biais « des bâtisseurs qui ont rejeté la pierre d’angle » pour y instiller, sous le masque de l’évolution et de l’ouverture, des idées et des positions non conformes au dépôt de la Révélation.
Tous les saints de l’époque moderne ont mis en garde contre ce danger et ont dénoncé l’arrivée de la « pan-hérésie » ou « hérésie suprême », selon leurs propres termes, comme étant la plus pernicieuse de toutes : celle d’abandonner la fidélité à l’enseignement des Pères pour se conformer à « la sagesse du monde » et au goût du jour.
Mais voilà, l’homme « moderne », même orthodoxe, se considère comme plus évolué spirituellement que ceux des époques précédentes. Que les saints Marc d’Ephèse, Côme d’Etolie, Ignace Briantchaninov, Seraphim Sobolev, Paissios, ou Gabriel de Géorgie et tant d’autres, aient explicitement présenté l’œcuménisme comme la plus haute des hérésies ne viendrait-il que de leur « vision trop étroite » de l’Orthodoxie, ou peut-être ces personnes n’étaient-elles pas assez évoluées intellectuellement et socialement …puisque depuis lors  nous avons tellement progressé, n’est-ce pas?
Pour arriver à ses fins, le père du mensonge s’entend à déformer les plus grandes vérités : sous couvert de « charité » et d’amour du prochain, il voudrait que l’Eglise « s’ouvre », c’est-à-dire « se relativise », pour ne devenir qu’une « confession » parmi d’autres. Les Pères sont pourtant unanimes à rappeler qu’il faut aimer le malade, mais haïr la maladie.
Ne nous y trompons pas : « le Christ est Le même hier et aujourd’hui, et Il Le sera demain », son enseignement est vivant et ne participe pas de l’archéologie ni des conditions d’une époque passée.
De fait, il y a déjà longtemps que nous sommes dans la situation décrite par l’apôtre Paul : « car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs » (2 Tim.3, 4).

L’Orthodoxie est la révélation que la vie de chaque homme est un don gratuit de Dieu. Un mystère qui dépassera toujours l’entendement, mais trouve sa réponse dans l’amour – un mystère, et non le hasardeux produit d’une « évolution » biologique tâtonnante, partie du protozoaire pour arriver au singe, qui serait notre (vénérable) ancêtre, ni un accident absurde, dénué de toute signification, qui trouverait sa fin rapide (une vie d’homme !) et non moins absurde dans un néant complet, ni encore un maillon dans une chaîne de « réincarnations », commodes pour donner une explication (très sommaire) aux heurs et malheurs d’une existence individuelle et aux injustices du monde par une loi mécanique, mais repoussant toujours plus loin l’accès à une cause véritable.


De Dieu, nous avons reçu la vie.
Cela signifie qu’Il nous a offert à chacun un commencement – la sortie du néant -, mais pas de fin.
Et qu’il faut bien, en effet, l’éternité pour rendre grâce à sa mesure du don sans mesure que Dieu nous a fait.

Slava Bogu za vsio !


Source
Conversion orthodoxe



Hypodiacre Pierre

*

jeudi 20 juillet 2017

Entretien de conversion de l'hypodiacre Pierre 5


5. Peut-être avez-vous quelque chose à dire sur l’église à Genève dans laquelle vous servez ?

L’église russe de l’Exaltation de la Sainte Croix est la première église orthodoxe établie, par la grâce de Dieu, à Genève depuis maintenant 150 ans.
Elle a ainsi joué un rôle central et fédérateur, jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle, pour les orthodoxes de diverses juridictions établis à Genève ou de passage.
En 1946, le patriarcat de Moscou, alors que la tension était grande avec l’Eglise orthodoxe russe hors frontières, installa un lieu culte consacré à la Nativité de la Mère de Dieu et au début des années 70 fut construite l’église grecque de St Paul, dépendant directement du patriarcat de Constantinople. A cela s’ajouta ensuite la création de deux paroisses roumaines.
Aujourd’hui toutefois, malgré l’usage du slavon comme langue liturgique, cette église continue à remplir sa mission d’accueil pour étrangers de passage de différentes nationalités, ainsi que pour l’immigration russe qui n’a cessé d’augmenter depuis maintenant 20 ans. La vie paroissiale y est très active (pour les enfants, comme pour les laïcs, notamment avec l’organisation de pèlerinages).

Je demeure, bien sûr, très reconnaissant à cette église de m’avoir accueilli dans l’Orthodoxie, et infiniment à Dieu de m’avoir accordé, à moi indigne, d’accéder au service de l’hypodiaconat.

Puisse-t-Il continuer à la combler de grâces et de bénédictions dans les années à venir.

Source

lundi 17 juillet 2017

Entretien de conversion avec hypodiacre Pierre de Genève 2


2. Qu’est-ce qui vous a attiré vers l’Orthodoxie ?La réponse à cette question se trouve fondamentalement dans les éléments exposés précédemment.
Je vais toutefois essayer de la compléter et de préciser également ce que j’y ai rencontré.

Ayant été reçus dans l’Eglise le Samedi Lumineux, le lendemain - dimanche de Thomas - nous avons communié aux Saints Mystères. Après la liturgie, un couple d’amis, qui nous avait accompagnés dans notre démarche, nous a invités à prendre un café. Et là, dans le calme de cet établissement tranquille, ils nous ont demandé, mi-sérieux mi-plaisants : « Alors, qu’est-ce que ça vous fait d’être devenus orthodoxes ? »
C’est alors, après avoir approché le plus haut sacrement de l’Eglise, que j’ai pris conscience d’un changement fondamental qui venait de s’opérer en moi : durant toute cette longue période de recherche – plus de quinze années – où j’avais erré en quête de réponses, de certitudes, et d’un ancrage où me fixer, j’étais continuellement soumis à des forces centrifuges qui me dispersaient, me débilitaient et m’empêchaient de prendre racine intérieurement, et de me développer avec solidité et fermeté. Ce type d’errance et de désarroi, apparemment sans fin, me ballotait à tous vents, et engendrait une instabilité et une inquiétude proches de l’angoisse, ainsi qu’une vulnérabilité qui me laissaient à la merci de toutes sortes d’influences externes.
En cet instant, donc, - grâce insigne de la Divinité, dont je prenais conscience au moment même où je répondais - je pus affirmer en toute force et vérité, parce que le vivais désormais : « On se sent au centre ! ».

Cadeau sans prix, et réponse à ma si longue et douloureuse attente, que Dieu me donnait en plénitude. Cette assise, inespérée, s’était opérée en moi de manière apparemment très simple, mais en toute puissance.

Autre changement : avant d’entrer dans l’Orthodoxie, j’éprouvais une certaine réticence à vénérer les icônes. Cela m’apparaissait comme une démarche trop axée sur la sensitivité. Mon approche de la théologie passait beaucoup par l’intellect, et le sensible y trouvait peu de place, car je vivais cette dimension comme une « déviance » par rapport à la pureté des dogmes, comme un « alourdissement charnel ».
Une fois reçu dans l’Eglise, j’embrassai les icônes – par obéissance. Je m’approchai de l’icône de la Mère de Dieu de Kazan, que je trouvais jusque là particulièrement peu propice à la vénération : sa riza me semblait trop chargée et « baroque » (ce qui n’est objectivement pas le cas), et suscitait en moi une réaction de retenue. Voici donc que, m’approchant pour la vénérer, je ressentis un flot d’amour venant de la Très sainte Mère de Dieu à mon égard, qui emplit mon cœur et fit disparaître à jamais ce blocage qui était le mien – un peu comme si un glaçon avait été fondu par la présence d’une source de chaleur, ou comme si une fenêtre fermée jusque-là avait été ouverte -, et dès lors les icônes ont été pour moi une porte ouverte sur l’Invisible.

Ceci va de paire avec la posture centrale mentionnée plus haut. De fait, mon entrée dans l’Orthodoxie a concrètement ouvert mon cœur de manière complète, pour qu’il devienne tel que Dieu l’a créé : le centre de l’homme et l’organe de la connaissance (de Dieu et de la création) – et non pas seulement le siège des sentiments, comme on le réduit trop souvent dans le monde profane.
Cette « ouverture » ou « croissance » du cœur s’est faite bien sûr progressivement, selon la pédagogie de l’Eglise, qui instruit ses enfants tout au long de leur existence par le souffle de l’Esprit aussi bien que par l’enseignement liturgique et la vie d’amour partagée entre tous ses membres.

A cet égard, j’ai vécu un phénomène significatif durant ma première année dans l’Eglise : j’avais « les pieds dans l’Orthodoxie », mais - de manière tout à fait involontaire - je n’arrivais pas à m’y sentir totalement intégré, comme si une partie de moi-même, façonnée par le papisme, était restée en arrière et regardait l’autre agir selon le rite orthodoxe. Cette situation d’incomplétude disparut entièrement après une année, par la grâce de Dieu, et à ce moment-là une image intense et vivante me fut révélée avec force : je me sentis comme une plante qui jusque-là avait été cultivée à l’étroit dans un pot, séparée de la vraie terre, et dont les racines s’étaient développées et enchevêtrées dans leur croissance contre les parois du récipient – ce qui correspondait évidemment à ma posture dans l’église papiste, limitée dans sa dogmatique et coupée de la plénitude - et avait été transplantée en pleine terre - soit la réalité de la Vie telle qu’offerte en abondance dans la Révélation orthodoxe. Or, comme cela se passe concrètement en horticulture, la plante sortie du pot garde son « nœud de racines » intact, même une fois transplantée, durant une année entière avant qu’elle n’en fasse croître de nouvelles – après un cycle saisonnier complet - qui iront s’enfouir et se nourrir dans la pleine terre. Et de fait, après une année, je me suis senti dès lors relié et enraciné dans la Vie sans limite dont jusque-là un nombre d’obstacles me séparaient.
Ainsi, il m’avait fallu vivre un cycle liturgique annuel complet pour me sentir 100% orthodoxe.

En résumé, Dieu m’a offert et continue à m’offrir chaque jour, par Sa munificence ineffable, ce que je recherchais et dont j’étais affamé : à savoir, la Voie, la Vérité et la Vie.

Source


dimanche 16 juillet 2017

Entretien de conversion de l'hypodiacre Pierre de Genève 1


1. Pouvez-vous dire quelques mots sur votre famille, éducation, et comment vous avez décidé de devenir orthodoxe ?

Je suis né dans un pays sous-développé, souffrant de la misère et de la famine, où le soleil est voilé en permanence par un ciel de nuages ténébreux – tout ceci sur un plan spirituel, bien entendu.

Il s’agit de la Suisse, et plus particulièrement de la ville de Genève, haut-lieu de la franc-maçonnerie internationale et de l’univers bancaire, citadelle de l’hérésie obscurantiste, et métropole matérialiste jouissant d’un confort inébranlable et rassurant, qui l’isole aisément de beaucoup de tragédies constituant le quotidien de l’humanité.

Mes parents m’ont élevé dans la foi de l’église catholique-romaine, qui était celle de leurs ancêtres, et de cela je leur suis éternellement reconnaissant, puisqu’ils m’ont appris dès mon enfance les bases de la révélation chrétienne – à savoir, la foi en Dieu, les dogmes, ainsi que la nécessité de prier.
Nous étions ce que l’on appelle une famille « pratiquante » : nous allions à la « messe » le dimanche et aux fêtes, et la prière faisait partie de notre quotidien (tout au moins durant mes dix premières années d’enfance). Mon père, journaliste, avait consacré sa vie professionnelle à la défense des opprimés et des causes justes. En ce qui les concerne, mes parents ont fait leur possible pour transmettre dans leur famille une éducation religieuse.

Pour ce qui est de l’Eglise elle-même – appelons-la de son vrai nom : le papisme -, les choses ont tourné différemment.
En tant qu’enfant (durant les années 50), je me trouvais à l’aise dans le cadre de la religion – le fait de prier en latin, par exemple, ne me posait une aucune difficulté particulière. Toutefois, je la pratiquais par obéissance mais me posais beaucoup de questions, auxquelles les adultes – mes parents et les prêtres – ne répondaient pas. Sinon avec un sourire indulgent, estimant que « je cherchais trop loin » : on me faisait comprendre que ce qui comptait était de pratiquer au mieux les devoirs de la morale enseignée.
J’escomptais bien obtenir plus tard les réponses à mes questions en cherchant et étudiant les sources d’où la morale découlait.
Aussi loin que remontent mes souvenirs d’enfance, j’ai toujours été affamé de connaître la Vérité.

J’étais dans cette attente, au tout début de mon adolescence, lorsque survint un événement majeur en Occident, véritable révolution – au sens géométrique de virage à 180° - du papisme, qui continue son action à ce jour : il s’agit du Concile Vatican II en 1962.
En l’espace de quelques mois, ou de deux à trois ans pour certains points, une foule de pratiques qui constituaient depuis des siècles la réalité vivante et quotidienne du christianisme occidental ont été supprimées, déclarées invalides et obsolètes, et même interdites : reléguées en un instant au domaine mort et poussiéreux de l’archéologie. Par exemple, pour célébrer la «messe», l’autel et le prêtre doivent désormais être retournés à l’envers (id est, face aux fidèles) ; le latin, langue liturgique de l’Occident depuis l’origine, est déclaré interdit; la messe du dimanche est avancée au samedi soir pour permettre aux fidèles de partir skier le dimanche, ou de faire la grasse matinée ; la soutane (l’habit ecclésiastique du prêtre pour l’extérieur) est supprimée ; tous les jeûnes (eucharistique, carêmes, et vendredis) sont supprimés ; durant la liturgie, la distribution du sacrement de l’eucharistie aux fidèles est effectuée par des laïcs, hommes et femmes, (pour « soulager » le prêtre de ce « travail ») ; etc., etc.
Et, en synthèse, un besoin maladif de changer: on ne supporte plus la continuité, elle est un signe de mort. L’instabilité étant devenue la norme avec, comme corollaire de base, la certitude imbue que nous sommes tellement supérieurs, grâce à notre modernité, à tout ce qui vient du passé: les hommes de l’antiquité étaient des rustres grossiers, n’est-ce pas ?  Et nous, nous sommes le fleuron de l’évolution… (Ou, pour reprendre Nietzsche : « Les derniers hommes disent : ‘’Nous avons inventé le bonheur !’’, et ils clignent de l’œil… »)
Cette révolution avait comme thème directif « l’aggiornamento » (se mettre au goût du jour, en italien), c’est-à-dire de conformer l’Eglise avec le monde, ce qui signifie que celle-ci est alors condamnée à perpétuellement « courir après lui » (puisqu’il sera toujours en avance sur elle dans son propre domaine).
Dans ce contexte, je n’ai obtenu aucune réponse aux questions que je me posais et n’y ai plus trouvé aucun repère intérieur.

J’ai donc commencé petit à petit à prendre de la distance avec la religion dite « catholique ». Cela, d’ailleurs, correspondait avec un relâchement généralisé, au niveau social, de la pratique religieuse : jusqu’au concile Vatican II, la majorité de la population – même les plus tièdes, sauf les athées déclarés – observait une pratique religieuse sociale en allant à l’office du dimanche. A partir du concile, la nouvelle norme de permissivité et de confort personnel a vidé les églises de la majorité des fidèles.
Ainsi a commencé pour moi une longue – très longue – période de recherche. Le papisme n’ayant rien de substantiel à proposer et se résumant une morale extérieure sans saveur, je cherchais à l’aveugle quelque chose qui répondrait à mes interrogations.

Vers l’âge de 17 ans, je découvris un livre qui allait ouvrir comme une fenêtre dans la pénombre où je me trouvais. Intitulé La spiritualité hindoue et écrit par un orientaliste de haut niveau, il me montrait qu’il existe un langage qui parle de la réalité intérieure de l’homme – là où demeuraient mes interrogations. Jusqu’ici, mon approche de la spiritualité ou de la mystique s’était effectuée dans le cadre du papisme, et je n’en avais retiré qu’une impression de sentimentalisme ou de morale extérieure limitée. Cette ouverture m’a mené à m’intéresser aux religions orientales, hindouisme tout d’abord (yogas et métaphysique), puis bouddhisme, ainsi que soufisme, et à l’ésotérisme en général.

Toutefois, durant ces mêmes années, il m’avait été donné de bénéficier du don inestimable de la Providence : la présence de l’église orthodoxe russe, dont les coupoles dorées, par la grâce de Dieu, dominent la ville depuis maintenant 150 ans. Elles me faisaient signe depuis mon enfance, mais je n’avais jamais pénétré dans le bâtiment.
C’est ainsi que, alors que j’étais collégien, je me suis rendu plusieurs fois aux vigiles du samedi soir. La profonde tranquillité du lieu, la pénombre éclairée des seules bougies avec le parfum de l’encens, et enveloppée dans la psalmodie, étaient pour moi comme une oasis de paix dans le désert de ce monde. Le seul problème était que je ne comprenais pas un seul mot de tout ce qui se disait ou était chanté et, de ce fait, je restais comme à l’extérieur de toute la réalité de l’office, sans aucun moyen de m’y intégrer.
(J’avais bien essayé – une seule fois – d’assister à la liturgie le dimanche : mais en ouvrant la porte, je me trouvai devant une foule compacte remplissant toute la nef et un chœur tonitruant à la manière d’un opéra – tout cela était pour moi tellement à l’opposé de l’atmosphère recueillie des vigiles que, effrayé, je refermai aussitôt la porte et repartis… [lol]).
Je n’ai donc pas pu, à cette période-là, pousser plus avant ce premier contact avec l’Eglise orthodoxe.

Cette recherche, devenue une vraie quête, m’a accompagné durant mes années universitaires et même après : au total, plus de 15 ans d’errance.

Entretemps, je m’étais marié et, avec ma femme, nous partagions cette démarche de recherche.
Il faut dire qu’après plusieurs années – tout en restant positivement ouverts et accueillants à toutes sortes de religions – nous avions décidés, par « honnêteté intellectuelle » et souci intérieur d’authenticité, de nous mettre à étudier également le christianisme. Mais, cette fois, en cherchant autant que possible « à la source » - ce qui signifie, de facto, dans la tradition des Pères, c’est-à-dire orthodoxe. Là, nous avons découvert un langage auquel nous adhérions pleinement et qui nourrissait intérieurement notre attente.

Cependant, par suite de nos années d’errements, nous avions gardé les pieds – intellectuellement parlant – dans les autres traditions orientales: considérant en quelque sorte la vie spirituelle à la manière d’un consommateur occidental dans un supermarché, qui met dans son panier tout ce qui lui plaît, ou l’attire, dans les divers rayons.
Il faut également dire que, dans ces années 70 et 80, prenait essor une nouvelle tendance « spiritualiste », qui semblait apporter toute la lumière attendue sur les différentes religions, et que l’on peut désigner par l’expression, désormais connue, d’unité transcendantale des religions. En termes simples, cela signifie : toutes les religions diffèrent par leur aspect extérieur – l’exotérisme – pour des raisons historiques et culturelles, mais plus l’on s’élève vers l’enseignement intérieur et métaphysique – l’ésotérisme -, plus l’on rencontre une réalité spirituelle identique et unique, la réalité divine. Donc, par voie de conséquence, toutes les religions se valent.
Ce mode de pensée est toujours d’actualité, mais à cette époque, pour les jeunes gens en recherche que nous étions, il apparaissait comme une révélation exceptionnelle et décisive, apportant toute la clarté nécessaire pour l’évolution générale spirituelle de l’humanité.
Le corollaire de base une fois accepté – considérer les enseignements ésotériques de toutes les religions comme étant la manifestation de la même réalité métaphysique –, on pouvait ainsi passer d’une religion à l’autre suivant ses humeurs, ou le moment de la journée, sans contradiction ni incohérence ; et si un aspect, moral ou pratique, de l’une d’entre elles n’apparaissait pas comme acceptable ou compréhensible pour sa propre vision personnelle, il suffisait de lui apposer l’étiquette d’«exotérisme », donc d’enseignement à caractère limitatif, destiné aux besoins du peuple « non initié », dont on pouvait ainsi ne pas tenir compte.
Cela était très pratique et confortable pour l’intellectuel que j’étais…
Mais toutefois, si la riche complexité de ces doctrines orientales me séduisait, jamais je n’ai pu m’identifier dans aucune d’elles : elles pouvaient être attirantes, mais je n’y étais pas réellement chez moi.

Ayant eu l’occasion de nous rendre en Grèce, suite à notre mariage, ce premier séjour fut pour moi une expérience décisive : d’une manière inattendue, je me suis senti aussitôt chez moi – comme je ne l’avais jamais été nulle part jusque-là -, ainsi que dans une famille spirituelle ou une patrie dont j’avais toujours eu la nostalgie, en communion cordiale et psychologique les gens, et en accord avec mes aspirations intimes de base. Je ne mis pas longtemps à me rendre compte que cela venait du fait qu’il s’agissait d’un pays orthodoxe, et que l’attitude et le comportement des êtres était déterminé par cette réalité. Nous avons assisté à la liturgie, où nous nous sentions également chez nous - la langue grecque étant quand même un peu plus accessible que le russe pour des francophones.
Après ce premier contact, nous avons pu y retourner souvent en été, avec la même joie de retrouver chaque fois un lieu de familiarité intérieure et extérieure.

Désirant donc trouver notre place concrètement dans une religion où vivre avec tout son être, et pas seulement intellectuellement, nous avons fait la tentative de « revenir » au christianisme, mais en le pratiquant sous sa forme locale occidentale – au lieu de l’orthodoxie, bien que présente à Genève - : estimant, par un scrupule « d’honnêteté » et « d’authenticité », plus conforme à « l’obéissance » de ne pas recourir à ce qui me semblait alors comme de « l’exotisme ». Mais revenir au papisme officiel – malgré un cours essai de bonne volonté – s’est révélé totalement impossible pour moi (au regard des raisons déjà évoquées).
C’est alors que, dans cette situation de malaise profond, un oncle et une tante - eux-mêmes souffrant de la déroute du catholicisme romain - nous ont offert leur soutien : seule présence cordiale familiale dans ce désarroi persistant. Ils nous ont ainsi introduits parmi les « catholiques traditionnels », en d’autres termes, ceux qui n’avaient pas accepté les changements du concile Vatican II et qui pratiquent la religion comme auparavant. Là, nous avons retrouvé un cadre plus recueilli, permettant une pratique de piété apaisante. Toutefois, nous nous sentions à l’étroit sur le plan de la théologie, après avoir ouvert notre esprit à la tradition orthodoxe (sans parler de notre ouverture aux religions orientales…).
Nous étions dans une situation de « jonglerie » : pratiquant selon le rite latin, pensant – croyions-nous alors – selon la théologie orthodoxe (…nous récitions le Credo sans le Filioque), et accueillant même des traditions non chrétiennes. Ce n’était pas vraiment équilibré, mais cette situation de compromis ne gênait pas outre mesure l’intellectuel que j’étais. Cela aurait pu durer encore longtemps, mais c’est là que la Grâce de Dieu intervint de manière déterminante pour m’obliger à passer du monde des idées à celui de la réalité : la vie réelle n’étant pas une seule question de choix mental, mais d’engagement concret de tout l’être.
J’avais alors 32 ans, ma femme devint enceinte de notre première enfant et il fallut prendre une décision qui allait déterminer toute la vie de cet être.
Nous étions résolus à la baptiser. Mais dans quelle Eglise ? Dans le papisme, cela était inconcevable. Dans le catholicisme traditionnel, nous étions dans une posture de « repli » étriquée ou de « protectionnisme », de « combat d’arrière garde » défendant des valeurs du passé, dans un cadre considéré de l’extérieur comme une secte. Situation qui peut être volontairement assumée par un adulte, mais qui semblait peu propice pour le développement spirituel harmonieux d’un enfant.
Il ne restait donc que l’Orthodoxie, avec laquelle nous étions intérieurement en accord, mais où le sujet de la langue constituait une barrière. C’est avec l’aide de deux connaissances, paroissiens francophones de l’Eglise russe, que nous avons pu nous en approcher avec plus de familiarité et pénétrer dans la compréhension des rudiments pratiques de base.
Mais alors que logiquement tout aurait dû aller ensuite de l’avant avec simplicité et facilité, plus le délai du baptême approchait et plus je ressentais une sorte de paralysie : paradoxalement, en dépit de ma complète adhésion – toute théorique – avec la doctrine orthodoxe, une force ou un poids (la crainte, peut-être, de quitter le confort de la religiosité « à choix multiple » ?) me retenait dans cette démarche pour faire le pas concret. Un peu comme une personne marchant autour de la piscine, désireuse d’y nager, mais n’osant pas sauter dans l’eau. Preuve en est, s’il en fallait une, que la religion n’est pas un choix d’opinions intellectuelles, mais un choix de vie entier.

La naissance de l’enfant étant survenue, il a fallu passer de la théorie à la réalité : nous avons donc fait le pas, et sauté ensemble avec notre fille pour entrer en famille dans l’Eglise, et - gloire à Dieu pour tout ! – dès lors la vraie Vie s’est révélée.

Source
Mission orthodoxe

*

Hypodiacre Pierre



vendredi 25 novembre 2016

Un groupe de catholiques romains se convertissent à l'Orthodoxie



"Lors de la visite du patriarche, il (un responsable Caritas de Curuzu) a regardé la traduction [de la retransmission]d'Asuncion. Il a été profondément touché par les paroles de notre primat et par le fait qu'il a visité Asuncion, petite ville de province  et servi dans une petite église et a donné un merveilleux sermon", a déclaré le métropolite Ignace d'Argentine et d'Amérique du Sud, sur la chaîne Soyuz TV.

"Il a commencé à étudier l'Orthodoxie et finalement avec son personnel, une vingtaine de personnes, il a décidé de se convertir à la foi orthodoxe", a déclaré le hiérarque.

Selon le métropolite, son nom est Ernesto, maintenant il suit un cours à distance dans un séminaire et il va devenir un prêtre. D'ailleurs, avec ses compagnons ils ont construit une petite église.
[...]
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 19 novembre 2016

Père Nicon de Nea Skiti (Mont Athos) raconte une conversion à l'Orthodoxie

Père Nicon

Père Nicon de Nea Skiti [Mont Athos] se souvient d'un Anglais qui avait des difficultés avec son Église et se rendit en Inde, à Calcutta, à la recherche d'une véritable expérience spirituelle. Il étudia à la faculté hindoue pendant quatre ans, mais il ne trouva toujours pas ce qu'il cherchait ...


Et le directeur de la Faculté de théologie, de cette religion étrangère à Calcutta, lui dit: " Si vous voulez quelque chose de plus profond, alors allez chez les orthodoxes." Et cela lui fut dit par [quelqu'un d'] une autre religion!


Et puis il constata que le monastère de l'autre côté de la rue, en face de chez lui, est en fait le monastère orthodoxe de l'Essex [i.e. le Monastère Saint-Jean-Baptiste de Maldon-Angleterre]...


"Il était très enthousiaste, il était catéchumène au moment où il nous a raconté cela, et maintenant il attend d'être baptisé."





Il y a quelques années, j'ai logé dans ma cellule quelqu'un qui vivait à côté d'un monastère orthodoxe en dehors de Londres, célèbre pour son fondateur [le Staretz Sophrony, disciple de saint Silouane] et son higoumène [Père Cyrille], le monastère de Saint-Jean le Précurseur dans l'Essex.

Un Anglais vivait en face du monastère. Mais ayant des difficultés avec son église mère, il voulait quelque chose de plus spirituel, de plus profond...

Il alla en Inde, à Calcutta. Il étudia dans une université [hindoue] pendant quatre ans... Quand il termina ses études, il voulut remercier le directeur de l'école.

"Je vous remercie! J'ai beaucoup appris. Je ne croyais pas que votre religion avait une telle profondeur spirituelle... "

...Et l'homme remercia le directeur de l'école et celui-ci lui demanda: "Êtes-vous satisfait? Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez?"

Il répondit:

"Pour vous dire la vérité. Je veux encore quelque chose de plus. Je ne sais pas, j'éprouve un mécontentement intérieur."

Et le directeur de la Faculté de théologie, de cette religion étrangère à Calcutta, lui dit:

"Si vous voulez quelque chose de plus profond, alors allez, "écoutez bien!" chez les orthodoxes. Pas chez les catholiques. Ils ne sont pas sérieux."

Et cela lui fut dit par [quelqu'un d']une autre religion. Et il retourna en Angleterre, au monastère devant sa maison, et il dit pour la première fois: "Allons au monastère et voyons."

"Pendant tant d'années", l'higoumène riait quand il disait cela, "nous étions en face de sa maison. Il a vu tant de personnes entrer et sortir de cet endroit."

Il n'avait jamais pensé à traverser la rue... Il a dû aller à Calcutta et de là être renvoyé dans la rue, en face de sa maison, où était le monastère... Il était très enthousiaste.

"C'était ce que je cherchais, dit-il, et je ne savais pas où c'était."

Dans un monastère situé devant lui...

Il était très enthousiaste, il était catéchumène au moment où il nous l'a dit, et maintenant il attend d'être baptisé.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après la transcription
de

lundi 17 octobre 2016

CONVERSIONS...

Kacie, vit en Indonésie avec sa petite famille. Voir sa petite biographie

J'ai promis de poster ce message il y a un moment, quand j'ai mentionné ce que j'avais lu que sur un certain nombre de convertis à l'Orthodoxie orientale, certains étaient tout à fait surprenants. Plus de 70% des prêtres de l'Eglise orthodoxe en Amérique aujourd'hui sont convertis, ce qui est une statistique assez étonnante, compte tenu notamment du fait que ce n'était que 10% il y a quelques décennies.

J'ai mentionné Frederica Mathewe’s Greene auparavant, et je viens de terminer son livre Face à l'Est: Voyage d'un pèlerin dans les Mystères de l'Orthodoxie. L'époux de Mme Greene était prêtre dans l'église épiscopalienne quand ils se sont convertis à l'Orthodoxie orientale, et leur histoire est fascinante pour moi, et semble assez classique. Ils font partie de la récente vague de convertis de l'église épiscopale/anglicane et de l'église catholique romaine. Autre converti venant de l'église anglicane, Kallistos Ware, un lettré éduqué à Oxford qui a rencontré intensément l'Orthodoxie quand il voyageait à travers la Grèce. Il est maintenant métropolite orthodoxe.

Une conversion vraiment renversante fut celle de Jaroslav Pelikan, qui était  l'historien de l'Église par excellence et professeur à Yale. Il est né dans l'Ohio dans une famille fortement luthérienne, il est également devenu historien de l'église et érudit luthérien, obtenant un doctorat à l'âge de 22 ans. Il était connu pour la grande étendue de son expertise, qui comprenait l'étude et les livres concernant l'Eglise primitive, Augustin, Luther, le développement de la doctrine, Kierkegaard, la philosophie médiévale, etc. Il a produit une œuvre de cinq volumes d'histoire de l'Eglise, et il fut le premier savant protestant à inclure l'Orthodoxie orientale dans son travail sur l'histoire de l'église.

Après avoir été un tel solide érudit luthérien pendant si longtemps, ce fut choquant pour le monde protestant quand il se convertit à l'Orthodoxie orientale à l'âge de 70 ans en 1996. Il n'a pas beaucoup parlé de sa conversion, mais quelques citations ont attiré mon attention. Il a dit:

"J'étais le luthérien avec la plus grande connaissance de l'Eglise orthodoxe, et maintenant je suis l'orthodoxe avec la plus grande connaissance de Luther. "

Il a également dit qu'il ne l'a pas tant trouvée [l'Orthodoxie] que de retourner vers elle,

"en épluchant les couches de ma propre croyance, pour révéler l'Orthodoxie qui était toujours là."

Encore plus surprenant que Pelikan fut pour moi la découverte de l'histoire de Peter E. Gillquist, qui n'était pas tant l'érudit de la haute église, que le leader évangélique de la basse église. Il fut impliqué avec Campus Crusade à l'université et il devint un "chrétien né de nouveau" ("born again Christian"). Il a poursuivi des études supérieures à Wheaton, puis au  Dallas Theological Seminary (où mon époux est maintenant). Il a commencé à travailler pour Campus Crusade basé à Notre Dame, et il finit par en devenir le directeur régional.

Tandis qu'il était avec Campus Crusade Gilquist et certains collègues ont commencé à étudier le christianisme historique, et à lire les Pères de l'Eglise, et il devint finalement convaincu que l'Eglise Orthodoxe était la seule Eglise historique inchangée. Ils ont d'abord formé des églises de maison qui avaient l'intention de reprendre la pratique historique de l'Eglise primitive, mais la plupart ont fini par rejoindre l'Archidiocèse [orthodoxe] antiochien. Lorsque Gillquist s'est finalement converti, en 1987, il a dirigé 17 paroisses et 2.000 évangéliques avec lui. Tonnerre, cette histoire m'a étonnée!

Un autre converti de l'évangélisme de la basse  église est Frank Schaeffer, fils de Francis Schaeffer. Beaucoup ne connaissent pas le nom de Francis Schaeffer, mais pour les évangéliques des années 60, il écrivait des livres comme  Manifeste Chrétien, comment devrions-nous vivre ? et La spiritualité véritable. C'était un grand nom de l'évangélisme. Il est allé en Suisse et a commencé à L'abri, un centre de discussion et de débat sur la foi et la spiritualité*. Il était très influent. Son fils Frank devint artiste et cinéaste. Il prit le pli et suivit le chemin de son père, jusqu'au milieu des années 1980 quand il s'éloigna publiquement de la droite religieuse. Je connaissais cette partie de son histoire et j'ai apprécié sa critique de la droite religieuse. Je ne connaissais pas, cependant, sa conversion à l'Orthodoxie orientale en 1992.

Kallistos Ware, anciennement Timothy Ware, était clerc anglican quand il a voyagé à travers la Grèce et profondément rencontré l'orthodoxie dans certaines églises là-bas. Il est maintenant un éminent théologien, auteur et métropolite orthodoxe.

Peter Jackson était évangéliste et missionnaire de Wycliffe Bible Translators en Columbie. Comme il traitait des difficultés de traduction, il a commencé à rechercher la clarté dans l'intention de l'auteur en étudiant l'histoire de l'église. Il a vraiment regardé vers l'Est alors qu'il cherchait plus avant des  raisonnements contre le calvinisme. Il a rejoint en fait une église orthodoxe tandis qu'il était sur le champ de la mission, même si la communauté orthodoxe était minuscule et n'avait même pas de prêtre. Il étudie maintenant dans un séminaire orthodoxe avec l'intention de commencer une église orthodoxe officielle de retour en Colombie.

Matthew Gallatin faisait partie du Mouvement de Jésus. C'était un chanteur / compositeur, clerc pour la jeunesse, et pasteur de la chapelle du Calvaire. Dans cette position, il luttait contre la vaste gamme d'opinions protestantes, toutes venant de la même croyance en l'autorité finale de l'Écriture. Cela l'a conduit à une étude de l'Eglise primitive, ce qui l'a amené à l'endroit qui, il le croitdétient encore les croyances et les pratiques de l'Eglise primitive: l'Orthodoxie orientale.

Joel Kalvesmaki était un jeune évangélique enthousiaste qui est également devenu missionnaire avec l'OM. Quand Wheaton, un camarade missionnaire OM a partagé sa recherche dans l'Eglise orthodoxe avec Joel, Joel fut sceptique. Il a commencé à lire les Pères de l'Église pour contester le cheminement de son ami, et il était en effet initialement très anti-orthodoxe. Plus il lisait, plus humble et surpris il était du manque de compréhension de sa propre foi évangélique. Il considéra l'anglicanisme, et fortement le catholicisme romain. Il a vu d'autres évangéliques à la recherche de l'histoire [de l'Eglise]  cheminant de la même manière et atterrissant dans une variété d'endroits. Finalement, la conviction que l'Orthodoxie maintenait la simplicité de la foi primitive plutôt que d'y ajouter, le conduisit dans l'Orthodoxie.

John Maddex a été mentionné sur mon blog auparavant. Il a aidé à faire fonctionner Moody Radio pendant des années, et ses filles assistaient Moody et Wheaton. Une fille et son petit ami ont commencé à explorer l'Orthodoxie orientale après quelques cours d'histoire de l'Eglise, et l'autre fille et son petit ami ont suivi. John a commencé à fréquenter [l'Eglise] avec eux uniquement pour être en mesure de s'en servir contre leur cheminement dans l'Orthodoxie. Son épouse s'est immédiatement sentie à l'aise dans l'Eglise orthodoxe, et comme il a commencé à lire les Pères de l'Église, ses arguments aussi ont fondu. Après que toute la famille se soit convertie, il a fini par mettre sur pieds Ancient Faith Radio pour l'Eglise orthodoxe, et je l'ai entendu parler dans un cours de formation spirituelle alors que j'étais à Moody.

Fascinant, hein? Le thème de presque chaque conversion à l'Orthodoxie est une étude de l'Église primitive. Cela semble être plutôt bouleversant pour la plupart des protestants.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*

* L'Abri était sis en Suisse, dans le Canton de Vaud à Huémoz, au-dessus d'Ollon.