"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 15 juillet 2025

De l'Orgueil


[...] 



Un point très important de l'amour est de voir la valeur de chaque
personne, car il y a quelque chose de bon chez tout le monde - il suffit de changer votre attitude souvent biaisée.


Ce n'est qu'en cultivant l'amour pour notre prochain dans notre cœur, en changeant notre attitude envers lui, en apprenant à voir les bons côtés en lui, que nous vaincrons progressivement l'orgueil et l'arrogance en nous.


L'amour conquiert l'orgueil car l'orgueil est un manque d'amour pour Dieu et les hommes.

Version française Claude Lopez-GInisty
d'après

lundi 14 juillet 2025

Staretz Julian de la skite de Prodromos: Comment prier sans cesse

Staretz Julian

La prière ? Bien sûr, vous ne passerez pas des heures à prier. Lorsque vous avez le temps - les jours de fête - vous pouvez lire une paraclèse ou quelque chose comme ça... Ne perdez pas votre temps avec des choses vaines, regarder la télévision et ainsi de suite. 

Vous pouvez dire une prière. Mais vous pouvez dire une courte prière même lorsque vous allez travailler : « Seigneur, aide-moi... » ou « Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. » Si vous vous êtes habitué à dire la prière pendant que vous respirez, alors vous pouvez prier à tout moment. Une courte prière, et vous priez ! Même lorsque vous travaillez, quel que soit le travail que vous faites, ou lorsque vous cuisinez. Ou vous pouvez vous asseoir sur une chaise et y dire « Seigneur, Jésus-Christ... ».

C'est pour que la prière « Seigneur, Jésus-Christ... » puisse être greffée sur votre cœur. Et si elle y est greffée, alors même si vous parlez à quelqu'un, la prière fonctionne. Si vous faites quelque chose de bien pour quelqu'un ou si vous pensez faire quelque chose de bien, si vous dites quelque chose d'utile à quelqu'un - c'est la prière. Ne pensez pas qu'il n'y a pas là de prière.

« Là où deux ou trois se rassemblent en Mon nom, là je suis avec eux », dit le Sauveur. Et donc, si deux personnes parlent de choses spirituelles, des Écritures ou de quelque chose comme ça, Dieu est là aussi, au milieu d'eux. Et c'est la prière. Pensez-vous que ce n'est pas une prière ? Et lorsque vous partez de là, dites « Seigneur, Jésus-Christ... » ou d'autres prières - et c'est la prière. Ne pensez pas que ce n'est pas une prière.

Il est dit dans le Patericon : « la prière n'est pas seulement lorsque vous vous asseyez et lisez les prières ; la prière est lorsque vous priez en permanence ». Et le saint apôtre Paul dit dans Thessaloniciens 5:17 : « Priez sans cesse. » C'est ce qu'il dit, et il le dit à tout le monde, pas seulement aux moines : « Priez sans cesse. » 

Et maintenant, réfléchissez-y : comment puis-je prier sans cesse ? En disant même une courte prière : « Seigneur, aide-moi », ou si un chagrin vous abat, dis : « Aide-moi, Seigneur ! » Faites ce que vous pouvez et priez. Et puis pensez à ce qui est écrit : « Frappez, et il vous sera ouvert. »

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Sayings of the Romanian Elders

dimanche 13 juillet 2025

De la vaine gloire

 

Pharisien et publicain


Le staretz Païssios l'Athonite a dit :

Dans un monastère en Grèce, il y avait une coutume de donner aux frères un peu d'argent pour le travail acharné. Les moines voulaient travailler un peu plus et distribuer l'argent qu'ils recevaient aux pauvres. Ils le faisaient tous. Un seul moine était différent. Personne ne l'avait jamais vu donner l'aumône même à un seul pauvre homme, et ils le surnommèrent Avare. 

Les années passèrent. Tout resta inchangé. « Quel avare », pensaient les autres moines. Mais le moment vint pour le moine surnommé Aare de passer à l'autre vie, et il mourut. Lorsque les villages environnants apprirent sa mort, tous les résidents commencèrent à affluer vers le monastère pour dire au revoir au défunt. Ils le pleurèrent et s'affligèrent de sa mort, et les frères furent surpris. « Quel bien cet homme a-t-il fait pour vous afin que vous le pleuriez ainsi ? » demandèrent-ils. Un paysan dit : « Il m'a sauvé ! » Un autre ajouta : « Moi aussi ! » Il s'avère que le moine qu'ils appelaient Avare économisait l'argent et achetait des bœufs pour les paysans les plus pauvres afin qu'ils puissent labourer la terre et que leurs enfants ne manquent pas de pain. Il les sauva donc de la faim et de la pauvreté. Combien furent choqués qui pensaientt que le moine était avare !

St. Théophane nous donne également des conseils sur la façon de surmonter la vanité par l'humilité. Il écrivit à une femme : « "Il est bon de ne pas s'asseoir à l'église. Mais si la vanité vient, assieds-toi exprès pour dire à la pensée qui commence à se vanter : « Tu t'es assise toi-même ». Un Père, lorsque vint la pensée vaniteuse qu'il était un grand jeûneur, sortit de bonne heure à l'endroit où beaucoup de gens se réunissaient, s'assit et se mit à manger du pain." »

Alors, rappelons-nous que la vanité commence par de petites choses : se vanter à quelqu'un d'une bonne action, quelque part accepter volontiers les louanges et la flatterie. Et de là, il s'en faut de peu pour que la passion s'installe dans notre âme. Pour éviter cela, traquons la vaine gloire dès le début, soyons critiques envers nous-mêmes et disons plus souvent : Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom, donne la gloire.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

5e DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE & SYNAXE DES DOUZE APÔTRES

Saint Pierre et saint Paul


Ce week-end est très chargé. Samedi, nous célébrons les saints apôtres Pierre et Paul. Le tropaire de la fête est étonnamment, mais parfaitement concis, bien que nous aurions pu supposer que plus de détails auraient été inclus. Cela indique probablement qu'il s'agit d'un texte très ancien :

Ton 4

Chefs des Apôtres et maîtres du monde, priez le Maître de tous d'accorder la paix au monde et une grande miséricorde à nos âmes. 

L'office du Ménée, bien que célébré conjointement en l'honneur de saint Pierre et de saint Paul, ne leur donne pas un canon commun à Matines, mais deux canons, un en l'honneur de chaque apôtre.

Comme l'a dit Vladika saint Jean [Maximovitch] dans un sermon prononcé à l'occasion de cette très éminente fête : 

Ces deux Apôtres étaient, en fait, les commandants du rang des Apôtres, ce qui est exprimé (dans le service qui leur est consacrté) par le mot « dirigeants ».

Sans avoir d'autorité sur les autres, ils dominaient tous les autres par leur zèle chaleureux et leurs travaux. Leur vie était la plus brillante et personnifiait la vie et l'œuvre de tous les apôtres. La fin de leurs travaux terrestres fut particulièrement impressionnante, notamment parce qu'elle se déroula, pour ainsi dire, sous les yeux du monde entier.

L'un d'eux (Pierre) fut crucifié la tête en bas, et l'autre (Paul) fut décapité, tous deux à Rome même, vers laquelle les regards de tous les peuples étaient alors tournés. La nouvelle se répandit rapidement jusqu'aux confins de l'univers, d'autant plus qu'ils étaient tous deux connus personnellement en de nombreux endroits ; leurs noms figuraient partout où le Sauveur avait été prêché.

Christ et les saints apôtres

Cette commémoration s'achève le dimanche, qui est célébré comme la synaxe des douze apôtres saints, glorieux et loués : Pierre, André, Jacques et Jean, fils de Zébédée, Philippe, Barthélemy (Nathanaël), Thomas, Matthieu, Jacques, fils d'Alphée, Jude, frère de Jacques, Simon le Zélote et Matthias. La lecture de l'Évangile (Marc 3, 13-19) rapporte l'événement au cours duquel le Christ ordonna les Apôtres.

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L'Évangile du dimanche est Matthieu 8, 28-9, 1. Il raconte la guérison, par le Christ, de deux hommes possédés par des démons.

Le récit suit l'apaisement de la tempête par le Christ, à la stupéfaction de tous. Ainsi, dans son explication de cette lecture, le bienheureux Théophylacte observe : Alors que les hommes dans la barque se demandaient encore quel genre d'homme c'était pour que même les vents et la mer lui obéissent, les démons viennent proclamer la réponse. La version autorisée de la Bible rapporte que le lieu de cet événement était le pays des Gergesenes.  L'Interlinéaire grec indique le pays des Gadaréniens et dans une note de bas de page, il est dit : D'autres autorités anciennes lisent Gergesenes, d'autres Gerasenes. Nous devrions peut-être noter que la ville de Gadara se trouve au sud-est de la mer de Galilée, en Jordanie, et que son nom moderne est Umm Qays. La ville de Gerasa se trouvait dans la même région et est actuellement identifiée comme El-Koursi.

Christ et les démoniaques de Gardara


On nous dit que les deux hommes, qui vivaient parmi les tombes, étaient extrêmement féroces et que tout le monde avait peur de les approcher. Théophylacte nous apporte ici un éclairage supplémentaire : Ils vivaient parmi les tombes parce que les démons veulent faire croire que les âmes de ceux qui sont morts deviennent des démons. Que personne ne croie cela : quand l'âme quitte un homme, elle n'erre pas sur la terre. En effet, les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et les âmes des pécheurs sont aussi emportées, comme l'âme de l'homme riche. (voir la parabole de Lazare et de l'homme riche, Luc 18 : 19-31).

Notez que les démons croient aussi. Ils se sont opposés à Dieu, mais ne Le renient pas. Ils se sont adressés correctement au Christ, mais ont supposé à tort qu'Il était venu pour punir leur méchanceté. Ils seront punis, mais devront attendre la fin du monde. Le fait qu'il y ait un troupeau de porcs suggère qu'il y avait une population païenne dans la région. Mais pourquoi ont-ils demandé la permission d'entrer dans le troupeau de porcs, provoquant ainsi leur noyade ? Nous le découvrons au verset 34, lorsque les propriétaires des porcs entendirent parler de cet événement et qu'ils n'étaient pas contents. Les autres habitants de la ville se demandaient s'ils n'allaient pas subir des pertes encore plus importantes. Ces ressentiments et ces craintes les ont tournés contre le Christ et L'ont éloigné de leur ville. Les démons cherchent à empêcher les habitants d'écouter le Christ et d'être convaincus par Ses enseignements. Ainsi, par ce stratagème sournois, ils encouragèrent le ressentiment, voire l'hostilité, à l'égard du Christ, parmi ces gens.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
in Mettingham. 

ENGLAND


samedi 12 juillet 2025

De l'orgueil



L'orgueil, qui a commencé par la vanité, peut atteindre les profondeurs de l'enfer, car c'est le péché de Satan lui-même. Aucune des passions ne peut se développer dans une telle mesure si ce n'est l'orgueil - c'est son principal danger. Mais retournons à la condamnation. Condamner signifie juger, anticiper le jugement de Dieu, usurper Ses droits (c'est aussi un terrible orgueil !), car seul le Seigneur, qui connaît le passé, le présent et l'avenir d'un homme, peut le juger. St. Jean du monastère de Savvas raconte l'histoire suivante dans le prologue :

Un jour, un moine du monastère voisin est venu me voir, et je lui ai demandé comment allaient les pères. 

Il a répondu : « Eh bien, par tes prières. » Puis j'ai posé des questions sur un moine qui n'avait pas une bonne réputation, et il m'a dit : « Il n'a pas du tout changé, Père ! » 

Quand j'ai entendu ça, je me suis exclamé : « C'est mal ! »

Et dès que je l'ai dit, j'ai immédiatement eu l'impression d'être en état d'extase et de voir Jésus-Christ, crucifié entre les deux larrons. 

Je me précipais pour adorer le Sauveur quand Il s'est soudainement tourné vers les anges qui se tenaient devant moi et m'a dit : « Chassez-le ; c'est un antichrist, car il a condamné son frère avant Mon jugement. » 

Et alors que j'étais chassé par la Parole du Seigneur, ma mantia a été attrapée et laissée derrière moi dans la porte, puis je me suis réveillé. 

« Malheur à moi », ai-je dit au frère qui était venu, « ce jour est mauvais pour moi » 

« Pour quelle raison ? » a-t-il demandé. 

Alors, je lui ai parlé de la vision et j'ai noté que la mantia laissée derrière moi signifiait que j'étais privé de la protection et de l'aide de Dieu. Et à partir de ce moment-là, j'ai passé sept ans à errer dans les déserts, sans manger de pain ni avoir un abri ni converser avec un homme jusqu'à ce que je voie mon Seigneur me rendre ma mantia.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Le premier miracle accompli par le nouveau martyr Philoumenos au Puits de Jacob

Saint Philoumenos
 



Nous considérons que le premier miracle accompli par le martyr du Christ Philoumenos du Puits de Jacob, est le suivant : le frère du père Philoumenos, le père Elpidios, vivait à New Skiti au Mont Athos depuis 1976. Lorsque leur sœur de sang, Alexandra, et ses enfants apprirent à Athènes la mort terrifiante de leur frère et oncle bien-aimé, ils réussirent à parler au père Elpidios au téléphone. Cependant, avant qu'ils ne puissent l'informer de l'événement tragique, il leur dit : « Je sais tout. Mon frère m'a parlé en disant : « Frère, ils me tuent, ils me tuent ! Mais ne te révolte pas, car je meurs pour le Christ ! »

En effet, ce n'est pas un événement courant qui peut passer inaperçu. Dans le monde, de nombreux crimes ont lieu, et les proches des victimes sont généralement informés par des moyens ordinaires, pas immédiatement, mais après un certain temps, plus ou plus long. 

Ce genre d'annonce immédiate du moment terrifiant, en entendant la voix du défunt à une telle distance, nous amène dans le domaine de la foi et des miracles. C'est une preuve indéniable de l'œuvre de Dieu et le fait que cet homme, qui à l'heure du service divin a quitté le lieu de culte dans les lieux saints, étant transféré à l'éternité, est une âme bénie entièrement dévouée au Christ.

Par conséquent, le miracle qui s'est produit avec le père Philoumenos a témoigné dès le tout début, immédiatement après sa mort, que Dieu a accepté son sacrifice et a voulu montrer au monde qu'Il le reconnaît comme Sien. Pour le bien de son sang au nom du Christ, le Martyr a trouvé de l'audace devant le Seigneur

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

vendredi 11 juillet 2025

Staretz Dionosie Ignat: Consils spirituels

 

Staretz Dionisie Ignat

Dieu se soucie plus que nous-mêmes de notre salut.

Dieu nous a donné une grande grâce divine : la liberté de choix. Dieu ne nous force pas à être sauvés ; il ne nous enlève pas notre liberté. Et à cause de cela, nous utilisons notre liberté de choix pour nos passions et par cela, nous chassons la Grâce de Dieu - en particulier par l'égoïsme et l'orgueil.

Comme je le vois, l'humanité a beaucoup changé aujourd'hui. Avant, la vie était difficile ; les gens devaient travailler dur et vivre dans la pauvreté et la peine, mais il y avait beaucoup de joie spirituelle et de sainte simplicité. Il existe de nombreuses commodités aujourd'hui, mais parce que nous ne savons pas comment les utiliser pour Dieu, elles nous éloignent de Lui. Il y a beaucoup de troubles dans nos âmes ; il n'y a plus de cette simple joie. C'est ainsi que je vois les choses : l'humanité est devenue faible.

La sagesse de ce monde est folie devant Dieu. C'est-à-dire que si vous ne croyez pas que Dieu nous a donné les découvertes et les commoditéss du monde moderne, vous vous éloignez de Lui. Vous croyez que tout vient de l'humanité, avec nos pouvoirs.

Dieu est amour. Celui qui a de l'amour est en Dieu. Dieu est paix. Nous avons besoin d'amour pour notre prochain, non seulement pour nos amis, mais aussi pour nos ennemis.

Sans amour, aucun ascétisme n'a de valeur - l'amour, la paix et la protection de l'obéissance.

J'ai prié la Mère de Dieu de m'accorder un don - de m'empêcher de grogner parce que je devenais aveugle - et elle a eu pitié de moi. Elle m'a fait comprendre que c'est bon pour moi d'être comme ça. Et maintenant je suis en paix. Ça a été bien, et c'est bon pour moi d'être comme ça.

Peu importe combien de temps vous voudrez vivre, vous vivrez autant que Dieu l'a ordonné - pas une minute de plus.

Le salut est si facile si nous sommes sincères - mais nous sommes si rusés... malheur à nous!

Si nous ne transgressons pas devant Dieu, Dieu nous bénit, et nous sommes toujours joyeux parce que notre âme n'est pas irritée ou accablée.

Ne dites jamais : « J'ai le droit de le faire », car c'est l'auto-justification et l'exaltation de votre esprit ; de cette façon, vous croirez plus aux opinions de votre esprit qu'aux conseils des autres.

Tout - l'âme, le nouvel homme - doit être construit sur une base solide, sur un roc, dès le tout début. C'est ainsi que nous pouvons supprimer nos propres points de vue, nos passions cachées et l'exaltation de nos esprits, qui peuvent tous briser toute la demeure de notre âme. quand nous approchons de la fin, de la mort.


Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Sayings of Romanian Elders