Père Slađan avec le Métropolite Marc de Berlin de l'ERHF.
L'église de St. Nicolas. Photo : Facebook

Les très dynamiques éditions Apostolia, qui sont devenues en France le premier éditeur de livres orthodoxes, ont pris l’heureuse initiative de republier, au fur et à mesure qu’ils seront épuisés aux éditions de Chevetogne, les douze tomes des Ménées (qui regroupent les variables des textes liturgiques de chaque jour de l’année consacrés aux fêtes fixes et aux saints célébrés par toutes les Églises orthodoxes).
Il y a là plus qu’une simple réimpression ou même qu’une réédition.
— La présentation a été considérablement améliorée : le grand format adopté (28×22 cm) et l’utilisation de grands caractères (en taille 15) permet à tous les membres d’un chœur, regroupés autour du pupitre, d’avoir aisément accès au texte. Les rubriques sont imprimées en rouge, comme dans les livres liturgiques grecs et slaves.
— Les indications concernant le typikon des grandes fêtes tiennent compte des usages grec, slave et roumain.
— Pour les psaumes, l’excellente traduction de l’Archimandrite Placide Deseille a été adoptée.
— La liste de tous les saints du jour telle qu’on la trouve dans le Synaxaire du Père Macaire de Simonos-Pétra a été ajoutée au synaxaire.
— Enfin et surtout, la traduction du père Denis Guillaume, a été révisée, corrigée et améliorée par Bernard Le Caro, qui a la double qualité d’être un excellent connaisseur des textes liturgiques, et de posséder une parfaite maîtrise du grec et du slavon.
Le mois de Septembre vient de paraître, et plusieurs autres volumes sont en préparation.
Ces livres peuvent être commandés à la librairie du monastère de la Transfiguration.
Jean-Claude Larchet
Ne restez pas à vous juger pour quelque chose que vous avez fait - que ce soit bien ou mal, vertu ou péché - ou pour vous comparer avec les autres.
Combien de fois devons-nous nous occuper de cette question ! Oublions ce qui s'est passé et ne nous intéressons pas à ce que nous avons fait. En analysant, nous découvrons que nous avons fait quelque chose d'important ou de mauvais, quelque chose de grand et de beau et de meilleur que ce que l'autre a fait ou quelque chose de moindre.
Si nous jugeons la chose en soi ou en relation avec notre frère, nous tomberons dans l'un des deux pièges : soit dans la fierté, si c'est quelque chose de bon et d'extraordinaire, soit dans le désespoir, dans la misère, dans la destruction de notre existence si ce n'est pas quelque chose de bon.
C'est parce que tant que nous pensons que nous sommes matures et que nous pensons avoir le pouvoir en nous-mêmes, nous portons la faiblesse d'Adam et d'Ève, l'ego tremblant dont nos ancêtres nous ont fait hériter.
Par conséquent, afin de rester sans être dérangé par les pensées, ne vous attachez jamais à elles pour analyser ce que vous avez fait. C'est vrai pour tout ce qui nous arrive. Mais comment vais-je faire ma confession si je ne me juge pas ? À la confession, je ne fais pas l'analyse de mes actes, je ne fais que présenter mes péchés. C'est quelque chose de différent, car je n'apprécie pas mes actes, je ne fais que les raconter.
Je ne reste pas à penser à ce que j'ai fait le matin, à ce que j'ai fait et à ce que je n'ai pas fait, parce que cette chose provoque une atmosphère étouffante dans mon âme.
Si nous nous rendons compte que nous avons fait quelque chose de bien, vous comprenez dans quel grand égoïsme nous pouvons tomber. Le conseil de ne pas se mesurer dans aucun acte est la vraie sagesse.
La plupart des gens quand ils sont tombés, l'ont fait pour cette raison. Ou bien nous l'utilisons pour justifier nos passions. Par exemple : j'ai péché une fois et après je me dis : à quoi sert la repentance pour moi ? Quelle misère ! Combien notre être est déchiré de cette façon !
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Le vendredi 2 septembre 2002, à l'occasion du 40e anniversaire de la naissance au Ciel du hiéromoine Séraphim (Rose), sa commémoration annuelle a eu lieu sur sa tombe du monastère de Platina en Californie.
Cette année, une grande nouveauté est venue de notre cher ami, Son Éminence le Métropolite Nikoloz (Pachuashvili, à gauche sur la photo) d'Akhalkalaki, Kumurdo et Kari, qui est venu de Géorgie avec une mission spéciale : inspirer la glorification officielle parmi les saints du Père Séraphin, qui est très aimé et vénéré dans l'Église géorgienne, comme dans de nombreux autres pays.
La photo ci-dessus montre le Métropolite Nikoloz avec une icône de glorification qui lui a été offerte par les moines de Platina. Nous sommes ravis que l'icône soit calquée précisément sur l'icône de pré-glorification peinte pour notre communauté de Turin en 1996 (à droite sur la photo), et aujourd'hui conservée au monastère de Visoki Dečani au Kosovo : même depuis Turin, nous avons pu inspirer la canonisation d'un saint au niveau mondial !
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://christopherklitou.com

Père Slađan avec le Métropolite Marc de Berlin de l'ERHF.
L'église de St. Nicolas. Photo : Facebook
La vénérable Martha (dans le monde Maria Semenovna Miliukova) naquit le 10 février 1810 dans une famille paysanne de la province de Nijny-Novgorod, district d'Ardatsky, village de Pogiblo (maintenant Malinovka ; "Robin").
La famille Miliukov, juste et d'une vie pieuse, était proche du staretz séraphim de Sarov. Outre Maria, il y avait deux autres enfants plus âgés : une sœur Praskovya Semenovna et un frère Ivan Semenovich. Avec la bénédiction du Vénérable Séraphim de Sarov, Praskovya Semenovna entra dans la communauté de Diveyevo et atteignit une vie spirituelle élevée. À la mort de son épouse, Ivan entra dans l'Ermitage de Sarov.
Quand Maria eut treize ans, elle alla avec sa sœur Prasokovya voir le père. Séraphim pour la première fois. Cela se produisit le 21 novembre 1823, lors de la fête de l'Entrée de la Très Sainte Génitrice de Dieu dans le Temple. Le grand staretz, prévoyant que la jeune fille Maria était un vase choisi de la Grâce de Dieu, ne lui permit pas de rentrer chez elle, mais il lui ordonna de rester dans la communauté de Diveyevo.
Cet enfant de Dieu extraordinaire, merveilleuse, jeune, incomparable et angélique, dès son plus jeune âge a commença à mener une vie ascétique, dépassant même les moniales du monastère dans la sévérité de ses exploits spirituels [podvigs], se distinguant par sa rigueur de vie. La prière incessante était sa nourriture, et elle ne répondait qu'aux questions nécessaires et avec une douceur céleste. Elle était presque complètement silencieuse et Père Séraphim l'aimait beaucoup avec une particulière douceur, lui révélant toutes ses révélations, la gloire future du monastère et d'autres grands mystères spirituels.
Peu après que Marie soit entrée dans la communauté de l'église de Kazan, le Très Sainte Mère de Dieu ordonna à saint Séraphim de créer une autre communauté féminine à côté de celle-ci, c'est ainsi que la construction promise à Mère Alexandra du monastère par la Génitrice de Dieu commença. Deux semaines après l'apparition de la Mère Dieu, le 9 décembre 1825, Maria et une sœur allèrent voir saint Séraphim et Batiouchka leur déclara qu'elles devaient aller avec lui dans un désert éloigné. En arrivant là-bas,.Batiouchka donna aux moniales deux cierges de cire allumés de ceux pris avec elles sur son ordre avec de l'huile et des biscottes, et demanda à Maria de se tenir sur le côté droit du crucifix suspendu au mur, et à Praskovya Stepanovna à gauche. Ainsi, ils se tinrent plus d'une heure avec les cierges allumés, avec Père. Séraphim priant tout le temps, debout entre elles. Après avoir prié, il vénéra le Crucifix et leur dit de prier et de le vénérer également. Avant de commencer la fondation de la nouvelle communauté, le saint priait ainsi mystiquement avec les moniales, élues par la Mère de Dieu pour son service spécial et celui du monastère.
Maria lutta de manière ascétique au cours des quatre années suivantes, aidant le vénérable Séraphim et les sœurs à construire la nouvelle communauté. Avec elles et d'autres moniales, elle stocka des poteaux et des bois pour le moulin que la Mère de Dieu avait bénis pour le construire sur le site de la fondation de la nouvelle communauté ; elle portait des roches pour la construction de l'église de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu ; elle moulait de la farine et accomplissait d'autres obédiences pendant lesquelles elle n'abandonna jamais ses prières sincères, élevant silencieusement son esprit ardent vers le Seigneur.
Elle ne vécut dans le monastère que six ans et à dix-neuf ans, le 21 août 1829, elle partit paisiblement et tranquillement vers le Seigneur. Ayant prévu dans l'esprit son heure de repos, en Christ le Vénérable Séraphim commença soudain à pleurer et dit avec une grande tristesse au Père. Paul dans la cellule voisine « Paul ! Il semble que Maria soit partie, et je suis tellement désolé, c'est tellement dommage que, tu vois, je pleure ! » De son destin posthume, il dit : « Une telle grâce, lui a été accordée par le Seigneur ! Elle se tient ans le Royaume céleste sur le trône de Dieu, près de la Reine céleste avec les saintes vierges! C'est la moniale mégaloschème Martha - je l'ai moi-même tonsurée. Étant à Diveyevo, je ne passe jamais sans me recueillir devant sa tombe, en disant : « Notre mère Martha, souviens-toi de nous au trône de Dieu dans le Royaume céleste ! » Après cela, Batiouchka appela auprès de lui-même la fidèle moniale Xénia [Vasilievna Putkova], à qu'il ordonnait toujours d'enregistrer divers noms pour les commémorations, et il lui dit : "Matoushka, enregistre la moniale Maria, parce que par ses propres actes et par les prières du misérable Séraphim, elle a été digne du grand habit. Vous prierez tous pour elle en tant que moniale mégasloschème Martha ! » Selon le Vénérable Séraphim, elle est à la tête les orphelins de Diveyevo dans le Royaume des Cieux, dans les demeures de la Mère de Dieu.
Maria Semenovna était grande et d'une belle apparence ; elle avait un long visage blanc et doux, des yeux bleus, des sourcils épais brun foncé et des cheveux de même teinte.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Père Averkios (avec le bâton) et sa fraternité : le diacre Dionysios, le moine Haralampos, le diacre Nikanor (arrière gauche) et le moine Kosmas.
Les puissances centrales avaient bloqué la Grèce et la faim se faisait sentir sur la Sainte Montagne, en particulier parmi ceux qui vivaient aux kellies et dans les skites. Les monastères étaient légèrement mieux lotis parce qu'ils avaient leurs dépendances.
Alors le comité représentant les moines vivant aux kellies a élu les Pères Chrysostomos Lavriokelliotis et Averkios, leur a fourni de l'argent et des papiers officiels estampillés par la police et les a envoyés à Athènes pour acheter du blé pour la Sainte Montagne. Le blocus était strict et le blé était très difficile à trouver. Les autorités ne permettaient qu'à un seul bateau à vapeur de décharger sa cargaison pour toute la Grèce. Par la faute du gouvernement Gounaris, les moines ne furent pas en mesure d'assurer des approvisionnements.
Ils ont ensuite rencontré Eleftherios Venizelos. Ils lui ont demandé son aide et grâce à ses efforts personnels auprès des ambassadeurs d'Angleterre et de France, ils ont réussi à obtenir 160 000 okas de blé [environ 230 tonnes] pour la Sainte Montagne exclusivement. Le staretz raconta plus tard que, d'une part, ils étaient ravis de la bénédiction de la Mère de Dieu, mais que, d'autre part, ils étaient dans l'impossibilité de trouver rapidement suffisamment de sacs pour une telle quantité de blé.
Je me promenais dans les rues du Pirée, très inquiet et je priais les Saints Archanges pour qu'ils résolvent ma difficulté à trouver les sacs dont nous avions besoin. Je me suis assis pour prier sur un banc sur une place.
Un jeune garçon vint vers moi et me dit : « Père, tu as l'air inquiet ».
Je lui ai parlé du problème, disant que je ne connaissais pas le Pirée, donc je ne savais pas vers où me tourner et que personne à qui j'avais demandé ne semblait pas le savoir non plus.
« Ne t'inquiétes pas », a-t-il dit et il a pointé du doigt un magasin en face. « Tu y trouverasautant de sacs que tu le souhaites ».
Et alors, le jeune garçon [ un ange du Seigneur?] a disparu juste devant moi. Et, en effet, je n'ai pas seulement trouvé tous les sacs que je voulais, mais on nous les a donnés gratuitement ».
Ils ont pris le blé, mais ont connu beaucoup de difficultés et de nombreuses attaques de la part des forces armées allemandes avant de parvenir au port de Daphni [sur la Sainte Montagne ]. Ce n'est que par un miracle qu'ils survécurent à une mort presque certaine lorsqu'ils ont furent mitraillés par des avions allemands basés à Kavala. Mais, à la fin, ils réussirent à revenir avec leur trésor. Le comité kelliote organisa sa distribution et des milliers de personnes furent sauvées de la famine.
Extrait d'un texte du moine Païsios Kareotis, publié dans la revue Protaton, vol. 115, juillet - septembre 2009.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Je me penche sur le bord de mon âme comme s'il s'agissait de quelque chose de matériel, comme sur une tombe commune où je puis regarder sans rien voir.
Je ne trouve même pas de souvenirs, probablement broyés par leur insignifiance, mélangés au sable, ils restent quelque part au fond, comme une toile pourrie qui se déchire lorsque vous essayez de la sortir de terre.
Je sais quand mon âme est devenue matière, comment elle s'est durcie lentement, tout comme la poussière couvre les parois d'un récipient jusqu'à ce qu'elle l'enveloppe d'une coquille terrestre.
Parfois, je me suis réveillé le matin et j'humectais une fenêtre soufflant de l'air chaud avec ma bouche et en l'essuyant avec ma manche jusqu'à ce que mes manches soient usées, jusqu'à ce que la vapeur devienne sèche et qu'elle ne soit plus chaude.
Dieu, Ami des hommes, souffle à nouveau sur moi comme tu soufflas au commencement sur Adam et réchauffe la terre, et fais de mon cœur comme un feu, un petit feu où je pourrai me réchauffer quand je me tiens devant toi et que je recommence à voir.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Ce grand penseur ne pouvait manquer d'être attiré par la majesté d'Optino. Il était très intéressé à suivre l'institution spirituelle des startsy et à se familiariser avec le staretz éclairé, Ambroise. Et en juin 1878, il lui rendit visite et y resta deux jours. Naturellement, nous ne savons pas ce dont ils ont discuté dans leur conversation privée. Le père Ambroise apprécia Dostoïevski et dit de lui : « C'est un homme qui se repent ».
Le staretz Ambroise, était une figure qui résonnait profondément dans l'âme de Dostoïevski, tout comme son œuvre. Il est présenté de manière réaliste dans les premiers chapitres des Frères Karamazov, que Dostoïevski commençait tout juste à écrire.
Cette œuvre majestueuse, chef-d'œuvre de la composition d'un roman, présente en camaïeu la vie, l'activité et l'enseignement du staretz Zossima.
Toute la description extérieure du lieu, la cellule, les salles du monastère, et même certains des détails les plus fins, parlent tous d'Optino. Certaines des caractéristiques de la personne de staretz Zossima peuvent être attribuées directement au Père Ambroise. Ils trahissent certainement les impressions personnelles de l'auteur. Il a écrit que « la toute première fois que le staretz regardait quelqu'un qu'il n'avait pas rencontré auparavant, il savait pourquoi elle était venue, ce dont elle avait besoin et, très souvent, ce qui troublait sa conscience.
La personne qui se repentait était étonnée, souvent terrifiée même, sentant que son âme avait été ouverte avant même d'avoir dit un mot.
Beaucoup de ceux qui venaient pour la première fois lui parler en privé entraient dans sa cellule avec crainte et tremblement. Par la suite, presque tous en sortaient radieux».
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Source: Ο Στάρετς Αμβρόσιος, p. 186, Saint Monastère du Paraclet, Oropos, Athènes
[1]Lettre à Mme. N. D. Fonvisin (1854), dans Lettres de Fiodor Michaïlovitch Dostoïevski à sa famille et à ses amis (1914), Lettre XXI, p. 71.
« AU NOM DU PÈRE, ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT, JE LAISSE LE TESTAMENT SUIVANT ÊTRE EXÉCUTÉ SELON MES PAROLES ET PAR MES FRÈRES QUI SONT DE MÊME ESPRIT QUE MOI.
Je vous prie, jetez mon corps dans le désert, pour être dévoré par les bêtes et les oiseaux, car ce corps a beaucoup péché devant Dieu et est indigne d'être enterré.
Si vous ne le faites pas, alors creusez une fosse sur le terrain où nous vivons et enterrez-moi dedans sans honneurs. Prenez garde aux paroles que saint Arsène le Grand adressa à ses disciples : "Je vous poursuivrai si vous livrez mon corps à quelqu'un!"

« Que l'amour soit authentique. Ayez en horreur ce qui est mal. Accrochez-vous à ce qui est bon ! »
Nous entendons quelques paroles puissantes de saint Paul dans l'épître d'aujourd'hui, qui a préparé le terrain pour nous avec beaucoup de force, alors que nous passons ce dimanche à nous souvenir de tous nos frères et sœurs qui sont derrière les barreaux, en ce dimanche de la pastorale des prisons. Il s'agit d'un ministère que de nombreux chrétiens orthodoxes ne connaissent pas ou qui ont trop de craintes préconçues au sujet de l'accomplissement de cet appel de notre Seigneur.
Cette peur n'est pas différente de la scène dont nous avons parlé dans les Évangiles il y a deux semaines avec le démoniaque. Voici un homme complètement sauvage, vivant dans les tombeaux et enchaîné par le peuple par peur ! Sa vie a été celle d'un chaos total, ce à quoi conduit finalement l'écoute de nos passions.
Ce à quoi les habitants de cette région, ainsi que tant d'entre nous qui vivons aujourd'hui oublient souvent de penser quand il s'agit de ceux qui sont en prison, ce sont les circonstances qui ont conduit tant d'hommes et de femmes au cours des siècles à être incarcérés. Ce n'est bien sûr pas pour excuser le péché ! Ils en paient le prix et font face aux conséquences de leurs leurs passions et du chaos chaos de leur vie ! Mais combien de ces individus ont eu les cartes pipées contre elles depuis le jour où elles ont reçu leur premier souffle ? Combien sont venues de foyers brisés, de parents violents, d'une vie de dysfonctionnement ? Pour quelqu'un qui a grandi dans ces situations, la vie n'est que chaos !
Je repense aux paroles de sainte Marie d'Égypte, après avoir décrit toutes les choses horribles qu'elle avait faites avant de découvrir l'image de Dieu en elle : « C'était la vie pour moi ».Quand quelqu'un ne sait rien d'autre que le chaos, quand il n'a pas eu la bénédiction d'une famille aimante, d'une vie spirituelle forte, de ne pas avoir de relation vraie et significative avec Dieu, la vie est chaotique, froide et sombre. Ce n'était pas ainsi que l'humanité était censée vivre.
J'ai passé du temps la semaine dernière à réfléchir à mon séjour au séminaire et au ministère de présence que nous avions dans la prison à sécurité maximale qui était située à quelques kilomètres de la route. J'avoue que j'ai eu une énorme appréhension à l'idée d'y aller ! Je me souviens avoir traversé les multiples couches de portes avec des visions de « Shawshank Redemption » tournant encore et encore dans ma tête. Qu'allais-je trouver lorsque je suis arrivé au bout de ce couloir et que je suis entré dans ce village rempli de trafiquants de drogue, de délinquants sexuels et de meurtriers ?
Il y avait un thème qui tournait encore et encore dans ma tête. Notre rôle en tant que chrétiens était d'être la « douce présence du Christ au milieu du chaos ». Après que les portes aient été fermées derrière moi, et que j'ai pu m'asseoir et parler avec ces hommes, de personne à personne, les visions de la Rédemption de Shawshank ont rapidement disparu, et l'image de Dieu chez les prisonniers a été lentement révélée. Beaucoup ont partagé des histoires de leur éducation et des démons avec lesquels ils se sont battus et qui les ont conduits en prison. La peur s'est transformée en une immense pitié et tristesse à propos de ce que la vie leur avait fait subir.
Matouchka se souvient que je suis rentré à la maison après ces rencontres, me suis assis sur le canapé et que je regardais juste le sol avec incrédulité... complètement submergé par l'obscurité que ces hommes avaient vécues, et à quel point nous avions été incroyablement bénis par notre propre éducation.
Bien qu'extrêmement difficiles, ces rencontres ont été une formidable bénédiction pour moi, car elles m'ont appris à reconnaître l'image de Dieu en chaque personne.
Saint Jean de Cronstadt a dit un jour : « Ne confondez jamais la personne, formée à l'image de Dieu, avec le mal qui est en lui. Le mal n'est qu'un malheur fortuit, une maladie, une rêverie diabolique. Mais l'essence même de la personne est l'image de Dieu, et cela reste en lui, malgré toute défiguration. »
C'est ce que nous sommes appelés à faire en tant que chrétiens chers frères et sœurs! Pour accomplir ce que saint Paul dit aux Romains : « Ayez en horreur ce qui est mal ! » Ayez une énorme haine pour le Diable et les démons qui harcèlent et assaillent non seulement ceux qui sont en prison, mais aussi chacun de nous, jour après jour ! Puis, une fois que vous avez fait cela : « Accrochez-vous à ce qui est bon. » Au sein de chaque être créé, il y a une certaine mesure de bien, et il est de notre responsabilité d'aider à la faire ressortir en partageant la Vie Divine dont nous avons été bénis ici dans l'Église.
Le ministère pénitentiaire du dimanche consiste à réfléchir à ces deux choses. Apprendre à haïr le mal qui a imprégné tant de vies dans le monde, et à embrasser l'image de Dieu qui se trouve dans ces mêmes vies.
Chacun de nous a une occasion sûre de pratiquer ces deux vertus dans le travail du ministère carcéral chrétien orthodoxe, et je prie pour que chacun profite de cette occasion unique de grandir dans notre foi !
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Là, ce n'est pas comme dans le monde. Ici, sur la terre souillée par les péchés, vous pouvez prétendre que Dieu n'existe pas ou qu'Il ne vous voit pas et qu'Il ne vous entend pas, surtout si vous êtes très insensible. Dieu se retire du monde et Il n'est ressenti que par ceux qui pleurent en priant.
À l'Athos, Dieu est une preuve écrasante, une sensation d'une sainte surabondance, un murmure de joie, une source de larmes qui se déversent du Ciel, une présence sublime, d'une finesse infinie qui vous fait respirer l'air avec crainte et tendresse.
Là, tout est devenu prière, sentiment du Ciel, goût du Ciel descendant dans l'âme et débordant dans l'histoire.
Je vais vous donner un exemple.
Quand je suis allé à l'Athos pour la première fois, j'étais étudiant et j'avais quitté le monastère de Philothéou du cœur de la montagne en direction du monastère roumain de Prodromou sur un chemin de plusieurs kilomètres à pied.
J'avais une massue à la main, deux grosses prunes dans mon sac à dos et une pierre peinte avec la Sainte Mère de Dieu que j'ai portée tout le long sur la Montagne comme s'il s'agissait d'une meule de moulin
J'ai mangé les prunes. Le soleil brûlait de plus en plus chaudement, il y faisait plus de 40 degrés à l'ombre et il n'y avait pas du tout d'ombre sur la voie stérile où il n'y avait que de mauvais arbustes épineux. Il n'y avait pas de source, rien du tout, seulement de la poussière lourde sur le chemin et la chaleur insupportable. Lentement, mes forces se sont estompées. Je transpirais beaucoup et le maillot de corps qui me couvrait la tête brûlait.
Tout à coup, j'ai eu la sensation de m'évanouir. Je me suis assis dans la poussière jaune du bord de la route. Je me sentais étourdi. Il n'y avait pas de grand ou d'arbre imposant sur une distance de centaines de mètres
J'ai soupiré : Sainte Mère de Dieu. C'est tout ce que je pouvais dire. Je fermai les yeux un instant. J'ai vu une ombre devant moi. C'était un jeune moine avec une soutane noire poussiéreuse. Il m'a donné une bouteille de 0,5 litre d'eau glacée. Je l'ai bue en une seconde. Je me suis rétabli. Je l'ai remercié. Quand j'ai levé les yeux, il n'y avait personne autour. Le moine avait disparu.
Devant et derrière, sur une distance d'un kilomètre, il n'y avait personne. Je gardais cette bouteille en plastique bleu dans ma main et je pleurais. Je garde toujours la bouteille du moine invisible.
C'est ainsi que Dieu se ressent sur l' Athos.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après