"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 8 juillet 2018

Staretz Ephrem de Vatopaidi: Nous devons abandonner les soucis du monde



Le Christ fut transfiguré 
sur le Mont Thabor. 

Selon les saints Pères, 
Il nous a donc fait comprendre 
que si nous voulons faire l'expérience 
des mystères de la Grâce divine, 
nous devons abandonner 
les soucis du monde. 

Notre esprit doit se séparer 
des choses de ce monde, 
les laisser derrière nous
et se concentrer 
sur les choses d'en haut. 

Le Seigneur nous montre 
que nous pouvons devenir 
par Grâce 
ce qu'Il est par nature.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

samedi 7 juillet 2018

St. Père Porphyrios: Le stress et la mélancolie



Le stress 
est causé 
par l'éradication 
du sens religieux.

Si vous n'avez pas d'amour 
pour le Christ, 
si vous ne vous occupez pas
 de choses saintes, 
vous serez forcément emplis
 de mélancolie 
et 
de méchanceté.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 6 juillet 2018

Le sens de la vie



Avant de partir pour le Ciel, 
nous devons réaliser la valeur 
et 
le sens de cette vie : 
c'est une arène 
dans laquelle nous luttons. 

Nous devrions nous rappeler 
que le dicton est sage et vrai 
qui nous dit : 
Ils ont eu la douleur
pour maître 
et 
ils ont beaucoup appris.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Solidarité Kosovo

Classe de mer : c'est dans un mois !

Chers amis, 
Dans un peu moins d'un mois maintenant, nous partirons avec 40 enfants des enclaves en classe de mer, comme nous le faisons chaque été depuis 7 ans maintenant.
Cette idée est née d'un constat : la plupart des enfants et des jeunes que nous croisons pendant nos opérations sur le terrain ont le visage marqué. Ils ont dans les yeux la même gravité qu'ont les adultes qui les entourent, cette gravité qui montre qu'ils n'ont pas eu le temps d'être vraiment des enfants, insouciants, joyeux, libérés de tout soucis.
Ces vacances au bord de la mer leur permettent de vivre, le temps d'une semaine, leur vie d'enfants, mais aussi de réaliser qu'une autre vie est possible, loin des enclaves, loin des brimades continuelles, loin de la peur de l'avenir qui ne les quitte jamais. Avec le temps, nous avons constaté qu'elles leur permettaient également de créer des liens d'amitié avec d'autres enfants vivant des situations comparables aux leurs, amitiés qui les aident aujourd'hui à mieux supporter leur quotidien et qui les aideront demain à construire leur avenir.
Le message que nous avons reçu de la part d'Aleksandar après son séjour avec nous au Monténegro.

Cette année, ces vacances prennent une importance particulière parce qu'elles arrivent dans un contexte très tendu au Kosovo depuis quelques mois. 

Il ne fait nul doute que les enfants ont particulièrement souffert de cette insécurité permanente et bénéficieront plus encore que d'habitude de ces quelques jours de bonheur.

C'est pourquoi nous retournons à Tivat, au Montenegro, comme l'année dernière. Le cadre idyllique de cette petite ville cachée au fond de la baie de Kotor, au bord de l'Adriatique, est parfait pour offrir à ces enfants des vacances dont ils se souviendront toute leur vie.

Les enfants qui viendront cette année ont été sélectionnés par le Père Serdjan, responsable de notre bureau humanitaire au Kosovo, en lien avec toutes les paroisses du Kosovo. Une trentaine ont été choisis à cause de l'extrême pauvreté de leur famille, la dizaine restante a été sélectionnée parmi les élèves les plus méritants cette année. À l'heure où vous lisez ces lignes, les enfants ne savent pas encore qu'ils ont été sélectionnés : ils l'apprendront dans quelques jours. Je vous laisse imaginer les cris de bonheur qui résonneront un peu partout dans les enclaves chrétiennes, puis la hâte joyeuse qui animera ces enfants alors qu'ils prépareront leurs bagages !

Bien entendu, vous vous en doutez, tout ceci a un coût : tout compris, la semaine de vacances pour un enfant coûte 350 euros, pour un total de 15 000 euros. Je ne doute pas que le bonheur de ces enfants vous touchera et que votre générosité nous permettra d'atteindre notre objectif cette année encore.
Merci pour votre confiance et votre fidélité et bon été  !

L'équipe de "Solidarité Kosovo"

PS. Pour retrouver les articles consacrés à la classe de mer de l'an dernier, cliquez ici.
PS2 : « Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.
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jeudi 5 juillet 2018

Staretz Ephrem de Katounakia: Prière et puissance


La prière de Jésus 
vous donne tant de douceur,
 tant de joie. 

Elle est courte, 
mais elle a tant de puissance...

Tant et si bien que vous dites : 
" Même si je vais en enfer, 
je n'ai pas peur. 

Je vais simplement dire la prière
 là aussi."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 4 juillet 2018

Staretz Joseph de Vatopaidi: Personne n'est infaillible!


Personne parmi les hommes n'est infaillible, 
surtout quand ils sont encore imparfaits 
et pleins de méchanceté.

Il y a beaucoup de choses 
qu'ils ne savent pas, 
et ils ne sont pas très bons 
pour les autres.

Ils manquent d'expérience 
et mènent également 
une lutte inégale.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 3 juillet 2018

Staretz Ephrem d'Arizona: la bonne intention


Lorsque Dieu voit de notre part
une bonne intention, 
Il nous aide.

Et il rendra cette petite intention si grande,
que le merveilleux salut
de notre âme
sera accompli!

Version française Claude lopez-Ginisty
d'après

lundi 2 juillet 2018

Staretz Yermanos Stavrovouniotis: Priez-Vous avec foi?


Priez-vous avec foi ? 

Vous êtes entendus! 

Vous repentez-vous avec foi ? 

Vous avez droit à la miséricorde ! 

Vous confessez-vous avec foi ? 

Vous êtes pardonnés! 

Êtes-vous patients avec foi ? 

Vous êtes sanctifiés !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 1 juillet 2018

Jean-Claude Larchet: Demande à toutes les Églises locales d’intégrer explicitement dans les règles relatives aux carêmes et jours de jeûne, l’abstinence de l’usage de l’Internet et des réseaux sociaux





Communication présentée au 2ème Colloque international sur les médias numériques et la pastorale orthodoxe (DMOPC 18), Académie de Crète, Kolymbari, 18-21 juin 2018

Les nouveaux médias, encore appelés médias numériques, dont les instruments sont les ordinateurs, les tablettes et surtout maintenant les smartphones et dont le contenu est principalement celui de l’Internet et des réseaux sociaux et des messages, ont envahi la vie des hommes de notre époque, en particulier celle des jeunes, dès l’âge de 10 ans, parfois moins.
Leurs capacités de communication rapide et presque gratuite, la possibilité qu’ils donnent d’accéder à tous et à tout, et la force des images que les médias numériques véhiculent, leur ont donné un pouvoir de séduction considérable. La pression sociale (notamment celle du conformisme) mais aussi l’organisation économique de la société en a fait des instruments qu’il est pratiquement obligatoire de posséder, sous peine de se voir exclu de divers groupes ou circuits sociaux, administratifs ou économiques.
Mais c’est surtout une dépendance interne, psychologique, qui s’est établie chez les utilisateurs de tous âges. Cette dépendance inquiète beaucoup de parents, car elle affecte maintenant beaucoup d’enfants. Elle est remarquée par les utilisateurs eux-mêmes, et est fortement perçue dans les cas les plus graves, qui nécessitent un traitement drastique, sous la forme notamment d’un sevrage total de longue durée et parfois d’un accompagnement psychiatrique en clinique. Mais cette addiction est souvent inconsciente dans les cas moins graves, car l’habitude a le pouvoir de faire apparaître comme normal ce qui ne l’est pas. On doit le constater : chez la plupart des utilisateurs, l’usage est devenus abus.
Dans ce colloque qui réunit des acteurs de médias orthodoxes, les médias sont présentés dans la plupart des cas d’une manière positive, comme appartenant ou devant appartenir à la vie ecclésiale, avec l’idée qu’ils sont devenus de nos jours des moteurs indispensable à l’activité pastorale et missionnaire de l’Église. Cette vision quasi paradisiaque doit cependant être tempérée. Dans la vraie vie, la consultation de sites orthodoxes occupe malheureusement beaucoup moins de place que celle des autres sites, et beaucoup de jeunes orthodoxes y restent totalement étrangers. Dans une très grande majorité de cas, les passions qui habitent l’homme déchu l’attirent vers des contenus conformes à ces passions, que ce soit dans le choix des sites visités ou dans les motivations de la communication sur les réseaux sociaux comme Facebook, où le narcissisme (que les Pères de l’Église appellent philautia) joue un rôle considérable, que ce soit dans la mise en scène de soi-même ou dans la recherche effrénée de « like » qui flattent l’ego.
J’ai publié récemment un livre de 320 pages, intitulé en français « Malades des nouveaux médias », qui a été traduit en roumain sous le titre « Captivi în Internet », et est en cours de traduction en anglais sous le titre « Addicts of modern medias ». Je montre dans ce livre, de manière très détaillée et argumentée, les effets négatifs, corrosifs et destructeurs des nouveaux médias dans les divers sphère de la vie de l’homme : psychique, intellectuelle, culturelle, sociale, relationnelle, et enfin et surtout spirituelle. Je propose aussi un certain nombre de prophylaxies et de thérapies, en particulier de nature spirituelle. Pour le présent exposé, qui doit être très court, j’ai choisi de parler seulement du jeûne et de l’abstinence, comme moyens de limiter et de contrôler l’usage des nouveaux médias, devenu dans la plupart des cas abusif et nocif.

L’Église orthodoxe a établi pour les périodes de carêmes et certains jours de la semaine ou de l’année des règles de limitation et d’abstinence concernant l’usage de la nourriture et de la sexualité.
L’une des finalités principales de ces règles est d’habituer l’esprit à contrôler les impulsions corporelles et psychiques, à réorienter et à recentrer les forces psycho-physiologiques vers la vie spirituelle, à instaurer un état de faim et de désir qui fait ressentir à l’homme sa dépendance à l’égard de Dieu et son besoin de Lui, à établir dans l’âme un état paisible qui dispose à la pénitence et favorise l’attention et la concentration dans la prière.

L’abus, devenu commun, des nouveaux medias, produit des effets contraires à ceux recherchés par le jeûne et l’abstinence : épuisement vain de l’énergie, sollicitation et dispersion extérieures permanentes, mouvement et bruit intérieurs incessants, occupation envahissante du temps, impossibilité d’établir ou de maintenir la paix intérieure, destruction de l’attention et de la concentration nécessaires à la vigilance et à la prière.
Ces effets, il faut le souligner, sont relatifs à l’usage même des nouveaux médias dès lors qu’il atteint un certain seuil, indépendamment de leur contenu. Comme la montré le grand spécialiste des medias Marshall Mc Luhan, le medium a plus d’impact que le message qu’il véhicule, au point que l’on peut dire que « le medium est le message » (« the medium is the message »). Cela ne doit évidemment pas faire oublier la question du contenu qui, lorsqu’il est mauvais, vient solliciter et alimenter les passions, et augmente encore le degré d’incompatibilité avec la vie ascétique au sens large, et nuit encore plus à la vie spirituelle.

L’Église doit prendre en compte ces circonstances nouvelles créés par notre époque, et établir des règles appropriées, accompagnant celles du jeûne alimentaire et de l’abstinence sexuelle, de manière à aider l’homme moderne, par une limitation volontaire régulière, à se libérer des nouvelles addictions qui l’enchaînent, et de manière à lui donner les moyens de mener pleinement la vie spirituelle qui convient à sa nature et qui est la condition de son épanouissement personnel  véritable.
On pourrait dire que nulle règle n’est nécessaire pour cela et que des recommandations pastorales suffisent, mais on pourrait dire la même chose par rapport au jeûne alimentaire ou à l’abstinence sexuelles pour lesquelles cependant l’Église a établi des canons, et même de manière solennelle, c’est-à-dire lors de Conciles œcuméniques, pour la raison que les règles officiellement et précisément formulées ont un impact plus grand, une portée plus universelles et un caractère plus obligatoire que de simples recommandations – d’ailleurs pas toujours données – au sein d’une paroisse.

La question qui se pose est ici celle de la nature du jeûne et de l’abstinence pratiquées.
Il s’agit déjà, comme l’indique ce qui précède, de limiter le temps de connexion et de réguler strictement l’usage et le contenu des médias. Il est nécessaire d’abandonner la connexion permanente, et de limiter la connexion à une période définie dans la journée. Il convient d’abandonner les médias non nécessaires, comme les médias sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, etc.) et tous les sites de divertissement. Tous les sites Internet présentant un risque de tentations ou de mauvaises rencontres doivent évidemment être évités. Il convient de limiter aussi la connexion Internet à ce qui est strictement nécessaire pour le travail professionnel ou les études.
Les parents doivent apprendre à leurs enfants utilisateurs des nouveaux medias à pratiquer une telle limitation en leur en expliquant le sens.
Les périodes de carême sont des opportunités offertes à tous d’abandonner les relations virtuelles et artificielles des réseaux sociaux pour retrouver des relations réelles, concrètes, approfondies avec la famille et les amis, et, d’une manière générale, être plus attentifs aux personnes qui nous entourent. Ces périodes de carême sont aussi des opportunités pour redécouvrir le silence et la solitude, qui sont nécessaires à l’exercice et au développement de la vie spirituelle.

La question qui risque de fâcher, dans le contexte de ce colloque, est de savoir si l’on doit étendre la règle du jeûne et de l’abstinence des nouveaux médias aux sites orthodoxes eux-mêmes. Je ne veux pas mettre au chômage partiel la plupart des participants à ce colloque, et mon but est encore moins de limiter la présence de la parole chrétienne et ecclésiale dans un monde où elle est déjà trop peu présente.
Mais je voudrais tout d’abord faire remarquer que lors des carêmes, et surtout du Grand Carême, un certain nombre de médias orthodoxes, en particulier ceux qui ont un contenu spirituel, s’autolimitent : ils ferment leurs sites pour une période plus ou moins longue, ou du moins ralentissent et restreignent leur production.
Un telle restriction a une valeur exemplaire et témoigne à sa manière de l’existence du carême et des limitations auxquelles il invite.
Ma seconde remarque concerne la lecture. Il est vrai que, très positivement, la plupart des médias orthodoxes proposent, au moins pour une part, des lectures spirituelles, et certains sites sont même consacrés uniquement à cela. Il n’y a donc pas de raison, en principe, de limiter la production ou la consultation de tels sites, et il semble qu’on devrait même l’encourager, dans la mesure où les fidèles sont invités, pendant les périodes de carême, à faire davantage de lectures spirituelles.
Je voudrais cependant signaler ici que les études scientifiques qui ont été faites sur les modalités de la lecture sur écran montrent que ce  type de lecture est à la fois très rapide et très superficiel.
Sur les écrans, les textes nous apparaissent comme des images. Pour cette raison, le texte sur écran fait l’objet, comme une image, d’un balayage en surface, le regard s’arrêtant habituellement sur quelques lignes seulement.
Une étude scientifique a montré que la plupart des gens ne lisent pas le texte ligne par ligne, comme ils le feraient pour un livre, mais sautent rapidement du haut jusqu’au bas de la page, dans un mouvement qui suit généralement la forme d’un F : ils lisent les premières lignes, descendent un peu, lisent la partie gauche de quelques lignes, puis descendent le long de la partie gauche de la page.
Une deuxième étude a conclu qu’un lecteur moyen sur le Web ne lit qu’environ 20% du texte.
Une troisième étude a établi que la plupart des pages Web sont regardées au maximum pendant 10 secondes, ce qui montre de toute évidence qu’elles ne sont pas vraiment lues.
La lecture sur écran ne s’arrête guère sur les mots ou les expressions. C’est une lecture où l’on fait peu de retours en arrière. C’est une lecture peu réflexive. C’est une lecture superfi­cielle qui ne donne guère lieu a un effort de compréhen­sion et à un effort de mémorisation.
De beaucoup de façon, le multimédia rend la relation au texte plus instable, plus légère, plus fragile, plus éphé­mère.
Les périodes de carêmes peuvent et doivent être des périodes où le temps et la qualité de la lecture peuvent être retrouvés par l’abandon des supports numériques au profit des supports imprimés et en particulier des livres qui, toutes les études le montrent, permettent une lecture beaucoup plus fructueuse que la lecture sur écran et n’a pas les inconvénients de celle-ci.
Se couper complètement des médias, quels qu’il soient, pendant les périodes de carême est une solution idéale pour retrouver l’hésychia indispensable à l’approfondissement de la vie spirituelle, qui est précisément le but principal des temps de jeûne.

Je voudrais noter en conclusion que de nombreuses cliniques privées et hôtels proposent des séjours plus ou moins longs de déconnexion totale aux prix le plus bas de 1000 euros ou 1200 dollars la semaine. L’Église orthodoxe devrait officiellement offrir cette possibilité pendant les périodes de carême, la gratuité du service étant assurée et le rendant donc accessible à tous, avec un outre un profit spirituel qu’on ne trouve pas ailleurs. L’une de ces cliniques a pour slogan publicitaire : « Déconnectez vous pour vous reconnecter. » L’Église peut reprendre à son compte ce slogan en précisant : Déconnectez vous des nouveaux medias pour vous reconnecter à Dieu et à votre prochain.

Deuxième Conférence internationale sur les media digitaux et la pastorale Orthodoxe


Père Jivko d'orthodoxie.com, professeur à Saint Serge, le théologien orthodoxe Jean-Claude Larchet et votre serviteur furent les 3 intervenants francophones à cette conférence. Nous traduirons certaines interventions (qui se faisaient en Anglais, russe ou grec), et mettrons en ligne la conférence originale lorsqu'elle sera accessible.
Aujourd'hui nous publions la conférence de M. Jean-Claude Larchet qu'il nous a communiquée en français.
Pour voir tout le programme:

samedi 30 juin 2018

Père Andrew Phillips: Sur la guerre et les saints militaires


*

A première vue, il peut sembler étrange qu'il y ait des saints militaires, des soldats qui sont devenus de saints martyrs. Mais nous pouvons penser à de nombreux exemples de nombreux pays : St Sabbas le Commandant (+ 272), St Georges (+ 303), St Dimitri (+ 304), St Alban (+ 305), St Théodore la Recrue (+ 306), St Théodore le Commandant (+ 319), St Alfred le Grand (+ 899), St Alexandre Nevsky (+ 1263) et plus récemment l'amiral, St Thédore (Ouchakov) (+ 1817).

Certes, au paradis, il n'y aura pas d'armées, parce qu'il n'y aura pas de guerre, tout comme au paradis, il n'y aura pas de police et pas de prisons parce qu'il n'y aura pas de crime. Mais nous vivons dans le monde réel tel qu'il est et n'importe qui, quel que soit son origine, peut devenir saint. En effet, dans les Evangiles, il n'y a pas de condamnation des soldats qui y apparaissent et, l'un d'entre eux, le centurion, est loué et un autre, Longin, qui se tenait au pied de la Croix et confessait que le Christ est bien le Fils de Dieu, est devenu saint.

Et pourtant, dans le Livre de l'Exode, le sixième commandement dit : "Tu ne tueras point." Cependant, dans le même chapitre et les chapitres suivants, il est clair que cela signifie que nous ne devons pas tuer par haine ou pour une autre raison maléfique, par exemple, parce que nous voulons obtenir l'argent ou les biens de quelqu'un d'autre, ou par amour de la gloire. Mais cela signifie-t-il que nous pourrions tuer quelqu'un pour une autre raison ? Par exemple, si nous avons vu quelqu'un dans la rue essayer de tuer quelqu'un pour obtenir son argent, est-ce que cela signifie que nous devrions défendre cette personne ?

Supposons que nous sommes un policier armé et que nous avons vu un terroriste armé d'une arme à feu ou d'une bombe et qu'il menace de tuer beaucoup de gens, dont des personnes âgées, des femmes et des enfants, et qu'il ne peut pas nous voir et que nous avons la possibilité de l'arrêter, ce qui entraîne sa mort, cela serait-il interdit ? Bien sûr que non, il serait irresponsable de notre part de ne pas agir pour défendre les autres. Dans de telles situations où nous sommes capables de défendre les autres, ne pas défendre serait simplement de la lâcheté de notre part.

Le fait est que, dans ce monde, nous sommes souvent confrontés à des choix et que le choix que nous devons faire est ce que nous appelons "le moindre mal". Cependant, nous devons être très prudents : un tel choix ne s'applique qu'en cas de défense des autres. Ainsi, dans chaque pays, les forces armées sont contrôlées par quelque chose qui s'appelle " le ministère de la Défense. " Mais les forces armées défendent-elles vraiment ? Malheureusement, elles semblent souvent faire le contraire et attaquer en prenant l'offensive.

C'est la même chose pour nous. Si nous sommes agressifs et attaquons les autres, et même si nous les tuons, c'est mal. En effet, il est interdit aux prêtres et aux moines de prendre les armes pour se défendre. Mais si nous défendons ceux qui sont plus faibles que nous, cela peut être justifié. Là, il n'y a pas de haine pour un individu, mais seulement le désir responsable de protéger les autres. Là, il n'y a pas d'égoïsme, nous ne nous défendons pas nous-mêmes, ni nos biens, ni notre argent, ni notre force, nous protégeons les autres, peut-être même les gens que nous ne connaissons pas.

Oui, en tant que chrétiens, nous sommes appelés à aimer nos ennemis, mais cela signifie ne pas ressentir de haine personnelle pour eux. Pourquoi ? Parce qu'ils sont victimes de leurs mauvaises passions, les victimes du mal. Aimer nos ennemis ne signifie pas que nous ne devons pas défendre les autres. La guerre pour défendre les faibles est un moindre mal que le déclin de la guerre et la reddition au pouvoir des terroristes barbares. Pour nous, un soldat n'est pas un meurtrier satisfait, mais un héros noble qui se sacrifie en défendant les faibles.

(Publié pour la première fois dans le magazine des jeunes de la paroisse orthodoxe de Colchester,Searchlight, numéro 5, juin 2018)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Version italienne 
de
pour les lecteurs italiens du blog

vendredi 29 juin 2018

Saint Porphyrios de Kavsokalyvia: La prémonition de Dieu


Saint Porphyrios de Kavsokalyvia

Voici un mystère : 
dans Sa toute-puissance 
et Son omniscience, 
Il sait tout, 
y compris ce qui va se passer dans le futur, 
mais Il n'est la cause d'aucun mal.

Dieu possède la précognition, 
mais Il ne prédestine pas.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Sur le blog de Maxime

Celui qui n'aime pas les noirs, c'est un raciste,
Celui qui n'aime pas les juifs, c'est un antisémite,
Et celui qui n'aime pas les Russes,
 c'est un défenseur des droits de l'homme!

mercredi 27 juin 2018

Apparition de Saint Séraphim au staretz Samson (R)


...Je me souviens que je dormais dans ma cellule lorsque je vis saint Séraphim de Sarov. Il vint vers moi vêtu de la soutane blanche durant mon sommeil, il se pencha vers moi et lut lentemeent " O Très Miséricordieuse..." et je sentis ses larmes sur mon front. Au matin, je sautai du lit et j'écrivis cette prière:

Ô ma Très Miséricordieuse, 
Dame Souveraine,
Très Sainte, 
Très Pure Vierge,
Génitrice de Dieu Marie, 
Mère de Dieu,
Ma seule et indubitable espérance:
Ne me dédaigne pas, 
Ne me rejette pas,
Ne m'abandonne pas,
Aide-moi, intercède pour moi, 
Ecoute-moi
Et pose Ton regard sur moi,
Ô Souveraine, aide-moi
Pardonne-moi
Pardonne-moi,
Toi Qui es Pure.

Trois heures plus tard j'étais arrêté. La Très Miséricordieuse me conduisit et veilla sur moi pendant dix-huit ans dans les camps de concentration.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
The Orthodox Word N° 177: 
Elder Sampson, 
Patron of the Convert Movement

*


mardi 26 juin 2018

Père Seraphim Holland: La foi du centurion ( St. Matthieu 8:5-13)



Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Va ton chemin, et qu'il en soit fait selon ta foi.

Le Seigneur parla ainsi au centurion. Juste avant cela, Il avait dit,

Je n'ai pas trouvé une aussi grande foi en Israël.

Alors pourquoi cet homme L'a-t-il cru et pourquoi le Seigneur a-t-Il mis en exergue sa croyance ?

Dans notre monde d'aujourd'hui où les choses semblent faciles, la croyance est presque magique pour les gens. Ils dissocient la foi de leurs actions et de leurs priorités de vie.

La foi n'est pas de la magie. Ce n'est pas quelque chose qui apparaît  simplement. C'est la façon dont nous vivons.

C'est ce que le Seigneur indiquait. Le centurion a montré par ses paroles et ses actions le genre d'homme qu'il était.

Alors il vient vers le Seigneur. Il a un serviteur malade. Il lui a demandé de le guérir. C'est tout ce qu'il demande ; il ne lui demande pas d'aller chez lui ou quoi que ce soit d'autre, parce qu'il sait que le Seigneur peut guérir.

Pourquoi le sait-il ? Il le sait à cause de la façon dont il vit.

Il le dit au Seigneur : Je suis un homme d'autorité, je dis à un de mes soldats : Fais ceci et il le fait; va et il va ; à mon esclave, va et il le fait.

Il sait que lorsque vous êtes sous l'autorité, vous devez faire ce que l'on vous dit. Comment le saurait-il s'il ne le faisait pas lui-même ?

La confiance dans nos prières vient de la manière dont nous vivons, frères et sœurs. Si nous ne vivons pas une vie juste, si nous ne sommes pas obéissants, alors quand nous prions Dieu, nous n'aurons pas confiance.

Comprenez bien qu'il ne s'agit pas d'être complètement sans péché. Aucun homme n'est sans péché.

C'est une question du type de celles qui suivent :

Comment vivez-vous votre vie ?

Quelles sont vos priorités ?

Qu'est-ce qui est important pour vous ?

Ce soldat était sous l'autorité et donc il obéissait à l'autorité, et il avait des hommes sous son autorité, et il s'attendait à ce qu'ils obéissent. Il connaissait l'autorité ; il connaissait l'obéissance. C'est ainsi qu'il vivait sa vie, et comme il était obéissant, il avait confiance même s'il se considérait comme indigne.

Ce soldat était considéré par les Juifs comme un païen, puisqu'il représentait Rome auprès d'eux, même s'il croyait au vrai Dieu et lisait les écrits juifs. Un juif ne pourrait pas entrer dans la maison d'un païen ou bien il serait souillé. Ainsi, le centurion ne voulait pas que le Seigneur vienne chez lui parce que le Seigneur, étant juif, serait rituellement souillé. Et bien sûr, le centurion était assez humble pour le dire clairement.

Parfois, nous essayons de fabriquer de l'humilité en posant les yeux sur le sol et en nous inclinant devant les gens et en disant des choses qui paraissent et semblent humbles.

L'humilité n'est pas ce à quoi nous ressemblons ou à quoi ressemblent nos yeux.

L'humilité est notre mode de vie. L'humilité est ce que nous sommes.

L'humilité, c'est reconnaître que sans Dieu nous ne pouvons rien faire et qu'avec Dieu nous pouvons tout faire. Et nous sommes indignes de Son Amour, mais Il nous aime et Il nous aidera.

Seuls ceux qui sont absolument conscients de leur péché sont absolument confiants dans leurs prières.

Cela semble être un peu un mystère ou une énigme. En étant plus conscients de notre indignité, nous sommes plus confiants ? Absolument. Parce que la personne qui est consciente de son indignité vit une vie digne, ou relativement digne, dirons-nous. Nous sommes tous indignes.

Le vrai chrétien vit une bonne vie, fiable, obéissant, éthique et honorable. Et si vous vivez de cette façon, indépendamment de vos faiblesses et de vos péchés, Dieu entendra vos prières, et vous vous sentirez confiant que Dieu entendra vos prières. C'est pourquoi le centurion croyait, à cause de qui il était, et de sa manière de vivre.

C'est la même chose pour nous.

Il y a des choses dans nos vies, de chacun de nous, qui sont difficiles. Les personnes dont nous nous soucions, les situations qui ne sont pas ce qu'elles devraient être, et aussi, bien sûr, nos propres péchés et nos propres faiblesses dont nous aimerions être déchargés.

Oh, oui, chacun d'entre nous voudrait que le Seigneur nous dise que ce que nous croyons est accompli. Mais c'est seulement si nous y croyons.

Et la croyance vient de la pratique. La croyance vient du fait d'être bon.

C'est la grande chose inouïe et cachée du christianisme à notre époque. Vous pouvez redéfinir Dieu pour qu'Il soit tout ce que vous voulez de nos jours. Il peut permettre tout et n'importe quoi, sauf croire qu'il y a du péché.

Mais à l'intérieur, l'âme sait.

L'âme sait quand elle se trompe. L'âme sait quand elle a de mauvaises priorités. L'âme sait quand elle se ment vraiment à elle-même, en disant qu'elle est chrétienne mais qu'elle ne vit pas d'une manière chrétienne - peut-être en allant à l'église, en donnant des aumônes et d'autres choses, mais n'ayant pas la priorité absolue et unique d'être avec Dieu.

Mais en elle, l'âme sait.

L'âme sait quand elle se trompe. L'âme sait quand elle a de mauvaises priorités. L'âme sait quand elle se ment vraiment à elle-même, en disant qu'elle est chrétienne mais qu'elle ne vit pas d'une manière chrétienne - peut-être en allant à l'église, en donnant des aumônes et d'autres choses, mais n'ayant pas la priorité absolue et unique d'être avec Dieu.

L'âme sait.

Ainsi, lorsque nous prions et que nous manquons de confiance, c'est à cause de la façon dont nous vivons, de nos priorités.

Apprenons une leçon du centurion. Il comprenait l'autorité parce qu'il était obéissant à l'autorité, de sorte qu'il était facile pour lui de croire que le Seigneur, qui a autorité sur toutes choses, pouvait faire ce qu'il voulait qu'il fasse, même s'il savait qu'il était lui-même indigne.

Vous voyez quelle est la clé ici ?

La clé de la foi est : Vous devez vivre selon les choses que vous dites croire.

C'est une question de priorité. C'est une question de cohérence. Il s'agit d'être honorable à propos de ce que vous dites croire. C'est ce qui marque un chrétien.

Soyons comme le centurion.

Soyons des hommes de foi, vivons selon notre foi. Alors, nous aurons confiance.

Amen!


 Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après