"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 21 septembre 2016

mardi 20 septembre 2016

Découverte de la piscine de Siloé par des archéologues



Pendant des années, certains chercheurs ont mis en doute l'exactitude historique du quatrième Evangile. Mais un plongeon dans la piscine de Siloé guérira cela.

L'Evangile de Jean, au chapitre 9, raconte l'histoire de la guérison par Jésus d'un homme né aveugle. Après avoir dit à ses disciples que la cécité de l'homme n'avait rien à voir avec les péchés de l'homme, ou ceux de ses parents, Jésus appliqua de la boue aux yeux de l'homme et lui a dit de les laver à la piscine de Siloé.

Depuis au moins le cinquième siècle, les chrétiens avaient identifié un endroit à Jérusalem comme la piscine de Siloé et le site du miracle. Mais il a fallu attendre une dizaine d'années pour que les archéologues trouvent, ce qu'ils sont certains, est l'ancienne piscine de Siloé.

Comme beaucoup de ces découvertes, ce fut presque par accident. Pendant les travaux de construction de réparation d'une conduite d'eau près du Mont du Temple, les archéologues israéliens Ronny Reich et Elie Shoukron ont trouvé "deux anciennes marches de pierre."

Selon la Biblical Archaeology Review, "d'autres fouilles ont révélé qu'elles faisaient partie d'une piscine monumentale de l'époque du Second Temple, la période où Jésus a vécu." La piscine était de forme trapézoïdale et mesurait 225 pieds de long.

L'Evangile de Jean n'est pas le seul livre de la Bible étant archéologiquement vérifié dans cette région immédiate. Comme la revue l'indique aux lecteurs, "les origines de la piscine de Siloé remontent encore plus loin dans l'histoire - au moins sept siècles avant l'époque de Jésus."

La piscine faisait partie des préparatifs que le roi Ezéchias - l'objet d'une récente découverte- faisait en prévision d'un siège par le roi Sennachérib d'Assyrie.

Selon 2 Chroniques 32, "c'était Ezéchias qui avait bloqué la sortie supérieure de la source de Gihon et canalisé l'eau vers le bas sur le côté ouest de la ville de David."

Bien que l'existence d'un tel tunnel soit connue depuis la fin du 19ème siècle, de nombreux chercheurs ont hésité à l'associer à celui mentionné dans Chroniques 2. Les fouilles étendues de Reich et Shoukron dans la région les ont amenés à conclure que le récit dans les deuxièmes Chroniques l'attribuant à Ézéchias est en fait correct.

Selon une inscription dans l'un des tunnels, appelée "inscription de Siloam," deux équipes ont creusé dans des directions opposées - l'une au nord et l'autre au sud - et elles se sont rencontrées au milieu. Le résultat a été une source d'eau fiable qui a permis à Juda de résister au siège assyrien.

L'histoire de la découverte de la piscine de Siloé met également de plus en plus en évidence l'appréciation scientifique des qualités historiques du quatrième évangile. Traditionnellement, les chercheurs les plus libéraux non seulement niaient l'historicité de l'Evangile de Jean, mais ils le blâmaient, au moins en partie, pour la montée de l'antisémitisme. Ils soulignaient l'utilisation répétée de l'expression "les Juifs".

Mais comme l'a écrit le Pape Benoît XVI dans "Jésus de Nazareth," l'Evangile de Jean" repose sur une connaissance extrêmement précise des temps et des lieux, et ainsi il ne peut avoir été produit que par quelqu'un qui avait une excellente connaissance de première main de la Palestine au temps de Jésus".

De plus, il est devenu clair "que l'Evangile pense et argumente entièrement en termes de l'Ancien Testament et que toute sa façon d'argumenter est profondément enracinée dans le judaïsme de l'époque de Jésus."

Le fait est qu'il est devenu de plus en plus clair que la position scientifique de ne pas croire la Bible parce qu'elle est la Bible, est intenable.

Bien sûr, les chrétiens devraient déjà savoir cela. Mais il est toujours gratifiant de voir que d'autres personnes sont en mesure de le voir ainsi. Même si elles doivent aller à la piscine de Siloé pour ce faire.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant

L'Ami de Dieu/上帝的朋友 [56]



Ton ange gardien
Veille à chaque instant sur toi
Mais toi tu l'ignores
Haïjin Pravoslave

lundi 19 septembre 2016

Métropolite SABA [Esper]: Maximes de la croix


Métropolite Saba



+ La croix est ma vie et il n'y a de vie que par la croix.

+ Jésus sans cesse regarde vers le bas avec les bras ouverts parce qu'il veut mon âme, pour laquelle Il est mort, afin de l'embrasser.

+ La croix est non seulement un lieu de la justice divine; c'est aussi un lieu d'amour qui va jusques à la mort.

+ La croix n'est pas un point fixe sur lequel Jésus a été pendu un certain jour. Au contraire, elle est la base pour le mouvement du cœur du Seigneur vers toute l'humanité.

+ Dans son aspect extérieur, la croix était une expression de l'injustice du monde, mais intérieurement la croix est toute joie, tout amour et abandon au Père pour le salut du monde.

+ La croix est le lieu de la conformation de l'âme à Dieu: "avec le Christ tu fus crucifié."

+ La croix est la balise sur laquelle le Christ met la lumière du monde, par laquelle nous devenons une lumière pour le monde.

+ Fuir la croix équivaut à fuir la gloire de Dieu.

+ La croix est une école... la fuir, c'est perdre l'avenir.

+ La croix est le seul chemin vers la résurrection... la fuir, c'est d'entrer dans la mort éternelle.

+ Celui qui perd sa croix perd son christianisme.



+ Celui qui perd sa croix a perdu son chemin vers Dieu.

+ Si on perd sa croix, sa vie devient froide et tiède, sans coopération avec Dieu.

+ La méditation constante de la croix de notre Seigneur gagne pour l'âme la liberté, la paix, la puissance et le pardon.

+ Par sa nature, la croix est le degré le plus fort et le plus profond de l'amour.

+ Dans la mesure où notre contemplation de la croix augmente, s'approfondit notre communion et notre connaissance du Seigneur Jésus.

+ La croix est le chemin de la liberté des liens du monde et de la convoitise du corps.

+ Si l'on est formé pour goûter la douceur de la Parole de Dieu et de la croix, il fera repousser par l'âme tous les plaisirs corporels.

+ La croix est le moyen de libération de soi et sa crucifixion.

+ La croix n'est pas seulement une sorte de belle méditation spirituelle. C'est également endurer la souffrance afin de se tenir debout face au monde pécheur.

+ La croix est notre arme pendant la guerre spirituelle.

+ Toute lutte contre le péché, afin de préserver ma liberté s'appuie sur la croix.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

+
Article original en langue arabe:

L'Ami de Dieu/上帝的朋友 [55]



Tu possèderas
Le jour où tu seras mort
Tes seules prières
Haïjin Pravoslave

dimanche 18 septembre 2016

L'Ami de Dieu/上帝的朋友 [54]


Fais un bel écrin
Pour la prière du Nom
Au creux de ton cœur
Haïjin Pravoslave

Article dans France Catholique du 7 septembre 2016


Le moine Hilarion Domratchev naquit vers 1845 dans la région de Viatka en Russie  ; après le séminaire il enseigna, alla au Mont Athos et y vécut vingt-cinq ans. Vers 1880, il partit au Caucase, où il fut rattaché au monastère Saint-Simon-le-Cananéen du Nouvel Athos. Il y mena son ascèse et fonda des communautés en plusieurs lieux. Il séjourna longtemps à Teberda, près du fleuve Gunatchkhir. En 1899, il fonda une communauté féminine (devenue monastère en 1904) dédiée à la Protection de la Mère de Dieu, à Temnye Bouki, entre Anapa et Novorossisk. C’est là que le moine Silouane [Kiriliouk], l’aida à rédiger Sur les monts du Caucase. Il mourut en 1916.

Traitant de la Prière de Jésus (Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi pécheur  !) et du Nom de Dieu, son livre eut un grand succès dans les milieux monastiques et l’intelligentsia. Comme Les récits du Pèlerin russe, c’est une belle apologie de la Prière de Jésus, un éloge superbe de la Création Divine. Le staretz Barsanuphe d’Optino, disait qu’il fallait le lire plusieurs fois pour en apprécier toute la profondeur. Le Prince Troubetzkoï déclarait : «  Ce livre m’a brûlé l’âme. Je n’ai jamais lu une œuvre humaine aussi lumineuse, pure et sainte. Cet homme contemple Dieu.  »

Le hiéromoine Hilarion exposa clairement son but : «  Ce livre, écrit avec l’aide de Dieu, n’a qu’un but : expliquer aussi complètement que possible en quoi consiste la Prière de Jésus, elle qui, suivant l’enseignement unanime des saints Pères, est la racine et le fondement en même temps que le sommet et la perfection de la vie spirituelle. [...] Nous mettons toujours cette Prière au-dessus de toutes les autres vertus, dont aucune ne l’égale lorsque la Prière atteint les degrés les plus élevés.  »

Sur les monts du Caucase fut publié en 1907, 1910 et 1912, avec la bénédiction du staretz Barsanuphe d’Optino et le soutien financier d’Elisabeth Feodorovna, sœur de la Tzarine, future sainte et martyre. Aucune de ces trois éditions n’eut de problème avec la censure ecclésiastique. Ce livre n’était pas nuisible en lui-même : saint Jean de Cronstadt, et d’innombrables théologiens respectés ne disaient rien de différent sur le Nom de Dieu. Mais cette position, basée sur le livre du hiéromoine Hilarion, fut poussée à l’extrême dans L’Apologie de la foi en la Divinité des Noms de Dieu et du Nom Jésus d’Antoine Boulatovitch qui l’utilisa intellectuellement, méprisant la hiérarchie de l’Église, insultant les évêques qui refusaient ses théories, et les traitant d’hérétiques.

Boulatovitch fut hussard de la garde impériale, participa en 1896 à une mission russe de la Croix Rouge en Éthiopie. Il connut l’empereur Ménélik II, devint son conseiller militaire, l’aidant à repousser les italiens. Explorateur, il reçut une médaille de la société géographique russe avant de résigner toutes ses fonctions (après plusieurs entretiens avec saint Jean de Cronstadt) pour entrer comme moine dans la skite de Saint-André, dépendance du monastère de Saint-Pantéléimon sur l’Athos.

Il fut la tête du mouvement appelé Imiaslavié (Glorification du Nom) au Mont Athos, mouvement condamné par le Saint-Synode de Russie, qui provoqua l’expulsion violente de près d’un millier de moines russes du Mont Athos. Rien dans l’ouvrage du paisible moine Hilarion ne laissait présager une telle querelle et un tel usage de son livre.

Comme le dit justement le théologien orthodoxe Jean-Claude Larchet, «  les formulations controversées du hiéromoine Hilarion sont sans aucun doute inacceptables au regard de la théologie orthodoxe, car elles témoignent d’une série de confusions (notamment entre signifiant et signifié, entre personne et nature, entre nature divine et énergies divines) et donnent vraiment à certains moments l’impression que le Nom de Dieu prend la place de Dieu. Mais elles n’occupent dans ce volumineux ouvrage de 300 pages qu’une place minime (quelques phrases), et il faut savoir les dépasser et apprécier l’exposé de l’auteur, qui reste l’un des meilleurs exposés sur la Prière de Jésus, et comporte par ailleurs de nombreux développements sur la vie spirituelle qui, tout en étant fondés sur l’enseignement de Pères abondamment cités, ont l’avantage de refléter aussi une expérience personnelle dont le saint staretz Barsanuphe d’Optina lui-même louait la profondeur.  »

Le métropolite Antoine [Khrapovitsky], théologien respecté (il fut sollicité pour être patriarche d’Antioche après la révolution russe  !) prit part à la controverse : il parla de ce livre comme une œuvre de khlysty (secte de flagellants  !), alors qu’il ne l’avait pas lu, comme il l’avoua plus tard à sainte Elisabeth  ! Le patriarche de Constantinople condamna l’ouvrage comme hérétique, mais il ne lisait pas le russe  ! Cet épisode et les expulsions de moines russes qui suivirent (avec le départ des novices de la skite du Prophète Élie après la déclaration de guerre de 1914), porta un coup fatal à la présence russe sur l’Athos, ce qui n’était pas pour déplaire aux autorités grecques de l’époque.

Les moines en venant aux mains, la Russie envoya l’armée au monastère de Saint-Pantéléimon. Il y eut des morts (près d’une cinquantaine), des retours forcés ensuite. Le Concile russe local de 1917 qui se réunit pour aborder ce sujet, fut interrompu par la révolution bolchevique. La question, selon le métropolite Hilarion (Alfeyev) reste ouverte, et un futur concile russe devra trancher cette question de la vénération du Nom.

Ce livre existait en russe, et il n’y avait qu’une traduction en allemand. Mère Elisabeth, moniale du Patriarcat de Moscou à Bruxelles, ayant ouï dire qu’une traduction avait été entreprise par Dom André Louf, se mit à sa recherche. Elle voulait renouveler le geste de sa sainte patronne qui avait permis la publication de ce livre. Elle trouva le texte au Monts des Cats, et obtint la permission de faire corriger cette version pour publication, avec la bénédiction du métropolite Hila­rion [Alfeyev], qui promit d’en faire la préface.

Tout le mérite de cette traduction, revient au père André Louf. Il naquit à Louvain, devint moine du Mont des Cats en Flandre française et y mourut le 12 juillet 2010. Élu abbé de ce monastère, à 33 ans, en 1963, il résigna sa charge en 1997, partit dans les Bouches-du-Rhône, où il vécut en solitaire, s’affairant à ses écrits et traductions. Malade, il retourna au Mont des Cats peu de temps avant son trépas. Homme de prière, il a témoigné d’une manière émouvante de sa foi :
« J’étais à genoux dans les stalles de l’abbatiale quand je compris comme une évidence l’amour infini de Dieu pour moi. Ce fut une expérience bouleversante, comme si Dieu avait voulu me montrer son vrai visage (…) A partir de ce jour-là, j’ai compris que Dieu dépasse infiniment ce que l’on peut dire de Lui.  »
Erudit et linguiste, pratiquant 15 langues anciennes et modernes, et auteur spirituel de nombreux ouvrages, dont l’édition complète des textes du mystique Jean de Ruysbroek traduits du vieux-flamand, son premier livre publié en 1974, Heer leer ons bidden (Seigneur apprends-nous à prier) fut édité en une dizaine de langues, dont le français en 1975 (Editions Lumen Vitae).

Il fut très impliqué dans le mouvement de rapprochement entre catholiques romains et orthodoxes et publia, traduits du russe, trois ouvrages sur Saint Isaac le Syrien (Spiritualité Orientale).

Commencer à lire Sur les Monts du Caucase, c’est faire un pas dans la prière, et c’est comme un grain du chapelet qui conduit à la lisière du Royaume.

Claude Lopez-Ginisty

Hiéromoine Hilarion, Sur les monts du Caucase, Dialogue de deux solitaires sur la prière de Jésus, éditions des Syrtes, 374 pages, 25 €.

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

5/18 septembre
13ème dimanche après la Pentecôte
Fête de tous les saints de la Terre d’Helvétie

Icône de Dominique Aymonier-Lopez

***
Saint prophète Zacharie et juste Elisabeth, parents de saint Jean-Baptiste ; saints martyrs Thathuil et sa sœur Bebaia d’Edesse (98-138) ; sainte vierge-martyre Rhaïs d’Alexandrie (308) ; saints martyrs Urbain, Théodore, Medimnus et leur 77 compagnons à Nicomédie (370) ; saints martyrs Juventin et Maxime d’Antioche (361-363) ; saints martyrs Abdas, Hormiade et Sunin de Perse (environ 424) ; saint Guénébaud, évêque de Laon (555) ; martyre de saint Gleb de Russie, David au saint baptême (1015) ; saint Athanase de Brest-Litovsk, martyrisé par les Latins (1548) ; saints néo-martyrs de Russie : Euthyme (Kotchev) (1937).
Lectures : 1 Cor. XVI, 13–24. Мatth. XXI, 33–42. Prophète.: Hébr. VI, 13–20. Мatth. XXIII, 29–39.

FÊTE DE TOUS LES SAINTS DE LA TERRE D’HELVÉTIE

Selon les paroles de St Jean de Changhaï, «  il nous appartient de vénérer dignement les saints d’Occident reconnus par l’Église orthodoxe du Christ depuis les temps anciens et recourir à eux… ». C’est pourquoi nous vénérons aujourd’hui tous les saints de la Terre d’Helvétie, dont l’office a été composé par l’évêque Ambroise (Cantacuzène) d’éternelle mémoire. Parmi tous ces saints figure saint Gall, dont nous reproduisons la vie ci-dessous.

Saint Gall naquit en Irlande de parents riches et pieux qui l’envoyèrent étudier au célèbre monastère de Bangor fondé par saint Comgall [10 mai]. Il y embrassa avec zèle la vie ascétique qui mène à la connaissance de Dieu, et fut compté parmi les douze moines qui accompagnèrent saint Colomban en Gaule [23 nov.]. Il suivait son père spirituel dans ses tournées missionnaires, l’assistant dans sa prédication et dans la destruction des idoles. Lorsque Colomban fut condamné à l’exil à la suite des intrigues de la reine Brunehaut, saint Gall, saint Eustaise [29 mars] et d’autres moines de Luxeuil trouvèrent refuge auprès du roi d’Austrasie. Colomban les ayant rejoints, ils remontèrent le Rhin et pénétrèrent en Suisse, jusqu’au lac de Zurich, où ils se heurtèrent aux habitants barbares et idolâtres qui essayèrent de les tuer. Parvenus au lac de Constance, près de Bregenz, ils s’y installèrent autour d’une chapelle dédiée à sainte Aurélie, qui avait été occupée par les païens et qui abritait leurs idoles. Saint Gall, qui connaissait la langue des habitants, leur prêcha avec zèle 

l’Évangile et, brisant devant eux les statues, il en jeta les morceaux dans le lac. Ils purifièrent ensuite l’endroit de tout culte idolâtre, et la vie monastique put s’y développer. Saint Gall avait pour obédience la confection des filets et celle d’aller à la pêche pour fournir du poisson à la communauté grandissante. Un jour, le démon du lac de Constance, répondant au démon de la montagne qui l’avait appelé à son aide contre les moines, se mit à crier : « Cet étranger me presse dans les eaux et dévaste mon domaine. Je ne parviens pas à le tromper, car le Nom de Dieu est toujours sur ses lèvres et, veillant continuellement sur lui-même, il se rit de nos pièges ! » Les païens ayant accusé les serviteurs de Dieu auprès du seigneur du lieu, saint Colomban prit le parti de passer en Italie avec ses disciples (612). Empêché par la maladie, Gall resta en Suisse et, une fois guéri, il se mit à la recherche d’une nouvelle solitude pour y mener la vie hésychaste avec quelques compagnons. Un jour, par sa prière, il délivra du démon Frideburge, la fille du duc Gonzon, qui avait été fiancée au roi franc Sigebert. En remerciement, celui-ci lui offrit un terrain en bordure du lac de Constance. Le jour des noces royales étant arrivé, Frideburge déclara qu’elle désirait consacrer sa virginité à notre Seigneur Jésus-Christ. Le roi s’en remit à la volonté de Dieu et, revêtant sa fiancée des habits de reine, il la présenta à l’autel en disant : « Avec les mêmes ornements qui vous ont été préparés pour moi, je vous donne en épouse au Christ Dieu ! » Présent à une grande assemblée d’évêques et de seigneurs réunie à Constance, Gall y refusa l’élévation à l’épiscopat et proposa son disciple Jean, malgré les résistances et la tentative de fuite de ce dernier. Il assista à la consécration du nouvel évêque, puis retourna dans sa solitude où il bâtit une église entourée de douze cellules pour ses disciples.

À la mort de saint Eustaise, les moines de Luxeuil envoyèrent une députation auprès de saint Gall pour lui proposer l’abbatiat de ce grand monastère. Mais l’homme de Dieu refusa en disant qu’il préférait servir les autres plutôt que de commander. Il continua donc sa vie au sein de sa petite communauté, sans abandonner la pêche et l’humble service de ses frères. Il s’endormit paisiblement, en 640, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans. Le monastère de saint Gall devint par la suite un des principaux centres de rayonnement de la tradition colombanienne. Il était réputé non seulement pour la qualité spirituelle de ses moines, mais aussi pour sa riche bibliothèque et ses ateliers de copistes.

Tropaire du dimanche, ton 4

Свѣ́тлую воскресéнiя про́повѣдь отъ Áнгела yвѣ́дѣвша Гoспо́дни yчени́цы и пра́дѣднee осужде́нie отве́ргша, Aпо́столомъ xва́лящася глаго́лаху : испрове́́pжеся cме́рть, воскре́сe Xpистócъ Бо́гъ, да́руяй мípoви ве́лiю ми́лость.
Les saintes femmes, disciples du Seigneur, ayant appris de l’Ange la radieuse nouvelle de la Résurrection, rejetèrent la condamnation des premiers parents, et, pleines de fierté, dirent aux Apôtres : « La mort a été dépouillée, le Christ est ressuscité, donnant au monde la grande miséricorde ! »


Tropaire du saint prophète Zacharie, ton 4

Свяще́нства оде́ждею обложе́нъ, прему́дре, по зако́ну Бо́жію всесожже́нія прія́тна священнолѣ́пно приноси́лъ еси́, Заха́ріе, и бы́лъ еси́ свѣти́льникъ и зри́тель та́йныхъ, зна́менія въ тебѣ́ благода́ти нося́ я́вственно, всему́дре, и мече́мъ убіе́нъ бы́въ въ хра́мѣ Бо́жіи, Христо́въ проро́че, съ Предте́чею моли́ спасти́ся душа́мъ на́шимъ.
Revêtu des ornements sacerdotaux,  selon la loi de Dieu tu offris saintement  d'agréables holocaustes, Zacharie,  et tu fus un flambeau, un contemplateur des mystères divins;  les signes de la Grâce, tu les as manifestés et le glaive te frappa dans le temple de Dieu. Prophète du Christ, avec le Précurseur intercède pour que nos âmes soient sauvées. 


Tropaire de tous les saints de la Terre d’Helvétie, ton 8

Я́коже пло́дъ кра́сный Твоего́ спаси́тельнaго сѣ́янiя, земля́ Елветі́йская прино́ситъ Tи́, Го́споди, вся́ святы́я, въ то́й просiя́вшыя. Тѣхъ моли́твами въ  ми́pѣ глубо́цѣ Це́рковь и отéчество на́ше  си́лою Креста́ Твоего́, coблюди́ Многоми́лостиве.
Comme le beau fruit de Tes semailles salutaires, la terre d’Helvétie T’apporte Seigneur, tous les saints qui l’ont illuminée. Par leurs prières, garde en paix profonde Ton Église et notre patrie, par la puissance de Ta Croix, ô Très-miséricordieux.

Kondakion du saint prophète Zacharie, ton 3
Проро́къ дне́сь и свяще́нникъ Вы́шняго, Заха́рія предложи́, Предте́чевъ роди́тель, трапе́зу своея́ па́мяти, вѣ́рныя пита́я, питіе́ бо пра́вды всѣ́мъ раствори́въ, сего́ ра́ди скончава́ется, я́ко боже́ственный таи́нникъ Бо́жія благода́ти.
En ce jour le père du Précurseur, le prophète et prêtre du Très-Haut, Zacharie, a préparé la table de son mémorial pour nourrir les fidèles et leur offrir le vin mêlé de la justice et sainteté. Acclamons-le comme initié au saint mystère de la grâce de Dieu. 

Kondakion de tous les saints de la Terre d’Helvétie, ton 3

Егда́ обрѣ́те мѣ́сто Га́ллъ, éже на пощéнie ему́ предназна́чилъ ecи́, Влады́ко, воздви́же кре́стъ и Тебѣ́ воcпѣ́ : Го́споди Христе́ Бо́же и́же человѣ́чество спасы́й на Крестѣ́, благоволи́ да мѣ́сто сі́é Тебѣ́ посвяти́тся и не умолчи́тъ когда́  пѣ́ти Тебѣ́ хвалы́.
Lorsqu’il découvrit le lieu que Tu lui avais désigné pour son ascèse, le vénérable Gall dressa une croix et Te chanta : Seigneur Jésus-Christ, Toi qui a sauvé l’humanité sur une croix, permets que ce lieu Te soit consacré et retentisse à jamais du chant de Tes louanges.


Kondakion du dimanche, 4ème ton
Спа́съ и изба́витель мо́й изъ гро́ба я́ко Бо́гъ воскреси́ отъ у́зъ земноро́дныя, и врата́ а́дова сокруши́, и я́ко Влады́ка воскре́ce тридне́венъ.

Mon Sauveur et mon Rédempteur, au sortir du Tombeau, a libéré les humains de leurs chaînes et a fracassé les portes de l’enfer ; en Maître, Il est ressuscité le troisième jour.
HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR L’ÉPÎTRE DE CE JOUR

« Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec vous ». Il est d'un pasteur d'aider les âmes, non-seulement de ses exhortations, mais de ses prières. « Ma charité est avec vous tous en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Amen ». Pour n'avoir pas l'air de les flatter en finissant par ce témoignage d'affection, il dit « en Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Son amour n'a rien d'humain, ni de charnel; il est tout spirituel, et par conséquent très sincère. Le terme dont il se sert témoigne un vif amour. Séparé d'eux par la distance des lieux, il étend les bras de sa charité pour les embrasser de loin. Ma charité, dit-il, « est avec vous tous», c'est comme s'il disait : Je suis avec vous tous. Il ne pouvait mieux leur témoigner qu'il ne leur avait rien écrit par aigreur et par colère, mais uniquement par le zèle qu'il avait de leur salut, puisqu'après une si longue réprimande qu'il leur avait adressée, il ne ressentait contre eux aucune aversion, mais au contraire il les aimait et les embrassait malgré la distance par le moyen de ses lettres qui portaient au milieu d'eux son âme et son cœur. C'est ainsi que doit agir celui qui corrige les autres. Quand on corrige par un mouvement de colère, on satisfait simplement sa passion. Mais quand après avoir corrigé celui qui pèche, on lui témoigne de la charité, on lui prouve par là que tout ce qu'on a dit pour réprimander, venait d'un sentiment d'affection.


Ayons soin, mes frères, de garder cet esprit de douceur en nous reprenant les uns les autres. Que l'on fasse des remontrances sans se fâcher, autrement ce ne serait plus de la correction, mais de la passion. Que d'un autre côté celui qui est repris, ne se fâche pas; on veut le guérir et non le blesser. Les médecins quelquefois appliquent le fer et le feu, et personne ne les condamne, quoiqu'ils n'arrivent pas toujours au point qu'ils s'étaient proposé; et malgré la douleur que leur fait éprouver ce traitement, les malades reconnaissent pour leurs bienfaiteurs ceux qui les y soumettent; combien celui qui reçoit une réprimande doit-il plus entrer dans ce sentiment, et regarder comme un médecin et non comme un ennemi la personne qui le corrige? Et nous qui reprenons les autres, faisons-le avec beaucoup de douceur, avec beaucoup de tact. Si nous voyons faillir notre frère, suivons le conseil du Sauveur, ne rendons pas publique la réprimande que nous lui adressons, faisons-la seul à seul, sans paroles amères, sans insulter le pauvre malheureux, qui est par terre, mais avec douleur et en nous apitoyant sur son sort. Montrons-nous tout prêts à bien accueillir nous-même la réprimande toutes les fois que nous la mériterons par nos fautes.