"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 18 juillet 2012

Jean-Claude LARCHET: Recension/Jean-Michel Spieser et Élisabeth Yota (éd.), « Donation et donateurs dans le monde byzantin »


Jean-Michel Spieser et Élisabeth Yota (éd.), « Donation et donateurs dans le monde byzantin. Actes du colloque international de l’université de Fribourg, 13-15 mars 2008 », Desclée de Brouwer, Paris, 2012, 347 p. (Réalités byzantines n° 14).
Ce volume réunit seize contributions, dont la moitié en anglais et l’autre moitié en français, issues d’un colloque international qui s’est tenu à l’université de Fribourg en 2008.
Elles étudient de plusieurs points de vue les donations, grâce auxquelles, dans le monde byzantins, la plupart des églises, chapelles, monastères et institutions dépendant de l’Église (hôpitaux, hospices, orphelinats…) ont été établis, décorés (en particulier de fresques et d’icônes pour les églises) pourvus (de propriétés attenantes leur permettant de tirer des revenus ; d’objets de culte pour les églises et les monastères) et entretenus. Elles étudient également sous divers angles (origine sociale, motivations…) les donateurs, et la façon dont leur mémoire a été conservée (fresques, inscriptions…).
Ces quelques extraits de l’introduction des deux éditeurs donnent quelques aperçus plus précis du riche contenu de ce volume, dont le thème reste toujours actuel, puisque les Églises, aujourd’hui encore, continuent à vivre des dons de leurs fidèles:
« À la fin de l’Antiquité tardive, dans le contexte du christianisme triomphant, l’évergétisme ne disparaît pas complètement, mais se transforme progressivement. L’émergence d’une nouvelle institution, l’Église, qui fait largement appel au don et le contrôle, entraîne pour celui-ci des motivations tout à fait différentes et permet, entre autres, l’apparition d’un nouveau type de donateurs, clercs ou laïcs, qui n’appartiennent plus nécessairement à l’élite. Cependant, ce groupe social, y compris l’empereur, réunit les donateurs les plus en vue, mais leurs attentes semblent être tout autres. Le rapport de l’homme à Dieu dans le christianisme modifie considérablement l’attente des donateurs qui, du moins dans le discours qui accompagne le don, loin d’espérer uniquement la reconnaissance de la cité ou un bénéfice direct, recherchent à travers l’acte du don le salut éternel. […].
Les nombreuses monographies sur les monuments byzantins ont montré que les grandes constructions religieuses sont en général dues à l’initiative et à la contribution financière d’un donateur qui avait pris en charge le financement de la construction, du décor ou des travaux de restauration.
Outre le financement initial pour la construction ou la restauration d’un édifice religieux, les donateurs dotaient monastères et églises de richesses, en particulier de terres, dont les revenus permettaient l’entretien et la survie. Souvent, un monastère était fondé pour devenir le lieu où passer la fin de sa vie (et même pour y être enterré), retraite qui était aussi promise aux descendants du donateur dans le typikon rédigé par le fondateur. Associés aux monastères et aux églises et financés dans les mêmes conditions, on trouve aussi des édifices destinés à la charité au sens large du mot (hôpitaux, hospices, orphelinats … ) qui reçoivent des ressources pour leur bon fonctionnement.
Au-delà des donations en elles-mêmes, il convient de s’intéresser aux donateurs. Ils sont très nombreux à être issus d’un rang élevé ou faisant partie de la famille impériale. Des membres du clergé, en particulier ceux qui sont issus du même milieu social que les donateurs laïcs, se retrouvent parmi les nombreux donateurs attestés. Cependant, à l’époque médio-byzantine aussi, où les modes de patronage se modifient considérablement, les classes sociales moyennes fournissent des donateurs, tandis qu’on connaît aussi des donations collectives faites par des paysans, un phénomène qui n’avait encore guère été mis en évidence, mais qui est attesté aussi bien par les textes documentaires que par les monuments. Leurs donations montrent un intérêt très largement répandu à investir une partie des biens que l’on possède dans le bon fonctionnement d’un monastère ou la construction et décoration d’une église.
Mais ces investissements, quelle que soit la classe sociale dont est issu le donateur, sont-ils véritablement désintéressés? Peut-on continuer à se contenter sans examen critique de l’idée généralement acceptée qu’à travers son don le donateur exprime sa piété et recherche le salut de son âme et celui de sa famille? Pour répondre à cette question, il convient d’examiner la relation de dépendance qui se crée entre donateur et donataire, le bénéfice, fiscal ou autre, que peut en tirer le donateur ainsi que le statut juridique du bien cédé.
[…] Les sources textuelles ne restent pas silencieuses sur ces questions et nous donnent de nouvelles pistes de recherche. Ces informations, mises en regard de celles qui sont visibles dans le décor des églises, contribuent également à mieux saisir les motivations des donateurs. Leurs portraits, intégrés dans le décor, montrent leur souci de mettre en avant leur rôle de bienfaiteur et nous en disent long sur l’importance qu’ils attachent à cette visibilité. lis figurent souvent tenant entre les mains l’objet de leur don, la maquette de l’église, qu’ils offrent au Christ ou à la Vierge, ou encore prosternés devant eux. Des signes ostentatoires ou des inscriptions dédicatoires dévoilent souvent des informations importantes sur le nom, l’origine ou le statut du donateur et les motifs de son don, en particulier lorsqu’elles permettent des rapprochements avec des familles importantes connues par ailleurs.
D’autres portraits demeurent anonymes, mais ne sont pas pour autant exempts d’indices. La façon dont le donateur est représenté, l’emplacement de son portrait dans l’église ainsi que la qualité artistique du décor permettent quelques observations sur sa personnalité ou le prestige de son rang social. Dans un cas comme dans l’autre, l’image individuelle du donateur met en évidence le rôle autant expiatoire que social de son acte; de manière paradoxale l’image individuelle, entourée par des images sacrées, revêt le même caractère intemporel que celles-ci. Le contenu des inscriptions dédicatoires, les formules de donation et les différents types de portraits de donateurs nous entraînent encore vers d’autres conclusions. […]
Il convient aussi de s’interroger sur le jeu entre donation anonyme et donation revendiquée. La modestie, liée à un rang peu élevé dans la société ou à une piété particulièrement fervente peuvent pousser un donateur à rester anonyme. Mais il apparaît clairement qu’à partir du XIIIe siècle, l’anonymat n’est plus de mise. Texte et image vont de pair dans plusieurs contributions pour mettre en évidence des cas particuliers de donations et apportent de nouvelles perspectives à la recherche.
Les interrogations ne sont pas différentes dans le cas des donations d’objets portatifs. Car si les dons pour des constructions monumentales sont particulièrement importants et sont nombreux à être conservés, les donations d’icônes, de manuscrits, d’objets liturgiques, ou de textiles ne manquent pas dans le monde byzantin. Elles constituent une catégorie particulière, dont l’intérêt n’est pas moindre. Souvent luxueux et de grande valeur artistique et monétaire, ces objets ont fait partie d’un ensemble ou sont un don unique, le plus souvent en faveur d’une institution religieuse. Portraits, inscriptions dédicatoires, textes de colophons ou de notes postérieures dans des manuscrits révèlent des indices non seulement sur le donateur mais aussi sur le donataire, l’objet étant toujours étroitement lié au lieu pour lequel a été conçu. Les informations recueillies, aussi bien à travers les images qu’à travers les textes, ne laissent pas entrevoir des différences d’intention notoires entre une donation pour la construction d’une église et la donation d’un objet portatif, quelle que soit l’importance de l’investissement, qui, pour certains objets de prix, est également conséquente.
D’une qualité artistique exceptionnelle, de tels objets reflètent immédiatement le rang élevé du donateur. Son portrait et l’inscription qui accompagne ou remplace celui-ci mettent en scène son prestige social et renforcent la valeur de l’objet. D’un coût financier inférieur, d’autres objets portatifs, qui peuvent aussi comporter des portraits, souvent dans l’attitude de suppliant, proviennent de donateurs plus modestes, qui rendent plus apparent le caractère expiatoire de leur donation. Dans de nombreux cas, les objets ne donnent pas d’indications sur les donateurs. Cet anonymat est souvent lié au rang peu élevé des donateurs. Cette situation contraint les chercheurs à élargir leurs problématiques. Au-delà de l’identité du donateur, observations et hypothèses émises peuvent porter sur les motivations, l’engouement pour tel saint ou tel sanctuaire et s’ouvrir à la question des contacts culturels. […]
Quelques interventions vont dans cette direction et font le lien entre le monde byzantin et les cultures qui lui sont proches, en explorant l’origine et la diffusion des modèles, les spécificités iconographiques et textuelles propres à chaque région, les motivations des donateurs et la fonction des donations. »
Jean-Claude Larchet

mardi 17 juillet 2012

L'acteur Jonathan Jackson parle de son voyage vers le christianisme orthodoxe (II)


Père Andrew (gauche) Jonathan Jackson (droite)

Père Andrew: Et en termes de comment tout a commencé, comment la transition s'est-elle produire? Quelle a été la découverte, le catalyseur qui vous a amené là [à l'Orthodoxie]?
M. Jackson: Vous savez, j'ai été envoyé en Roumanie pour travailler sur un film. J'étais là-bas pendant environ trois mois et demi à Bucarest.
Fr. Andrew: Quel film était-ce?
M. Jackson: C'est une histoire drôle. C'est un film qui a fini par être appelé The Seeker: The Dark is Rising. C'est intéressant parce que j'ai eu un grand, grand rôle, un rôle aussi important que le rôle principal, mais très important pour le film. Celui-ci est basé sur un livre, et j'étais là pour trois mois et demi, tout a été filmé, et quand ils ont monté le film, le studio a fini par vouloir couper tout mon personnage dans le film.
Père Andrew: Charmant!
M. Jackson: Donc, il se fait que je ne suis pas dans le film. Mais je pense que j'ai été envoyé là pour une autre raison.
Père Andrew: Oui. C'est la Providence.
M. Jackson: Oui. Et j'y suis allé avec ma femme, et j'avais deux enfants à l'époque, Caleb et Adora. Nous étions là pendant trois mois et demi en Roumanie, et c'était vraiment intense. Nous étions à Bucarest, c'était donc un environnement très intense. Curieusement, ce n'est pas là que j'ai appris à connaître l'Orthodoxie.
Père Andrew: Oh, wow. Là-bas il y a des églises orthodoxes à chaque coin de rue!
M. Jackson: Cela aurait dû être ainsi, mais je vous le dis, là où j'en étais dans ma tête, c'était: tout ce qui était ancient était seulement oppressif et religieux. C'était juste une hypothèse. C'est tout ce que je savais.
Je suis allé dans quelques églises orthodoxes, ultra-petites, beaucoup d'or et qui m'étaient tout à fait étrangères. Et je n'en pensais pas vraiment quoi que ce soit. Je pensais que les orthodoxes étaient en quelque sorte (et ma femme pensait la même chose, elle est italienne, donc elle a grandi catholique romaine-tous deux avions la même pensée à ce sujet) des sortes de cousins bizarres du catholicisme romain. C'est tout ce que nous pensions.
Père Andrew: Oui, nous avons beaucoup l'habitude de cela!
M. Jackson: Je n'ai même pas pensé d'y réfléchir un peu plus. J'ai juste pensé, oh, c'est juste une émanation bizarre de Rome ou de quelque chose de ce genre.
Père Andrew: Etes-vous allés à quelques offices religieux pendant que vous étiez là-bas, ou avez-vous seulement visité des églises?
M. Jackson: Non, nous avons visité des églises. La première chose que nous avons fait quand nous sommes arrivés, c'était d'aller dans une église orthodoxe. Et la première chose que nous ayons faite quand nous sommes sortis c'était de nous faire agresser par des gitans. Pas de blague. Ce n'était donc pas tout à fait "Bienvenue en Roumanie."
La Roumanie a été très bien, mais ce qui s'est passé était que j'ai eu une semaine de congé du tournage, et ma femme est italienne. Nous avons pensé, "Hé, nous allons aller à Rome."
Père Andrew: Oui, ce n'est pas si loin.
M. Jackson: Ce n'est pas si loin, alors... Nous avions déjà été à Bucarest pendant deux mois, je pense, à ce moment-là. Donc, nous allons à Rome et c'est là que j'ai rencontré, pour moi, ce sens de "Attends une seconde. Il y a beaucoup plus de choses dans cette foi, dans ce christianisme, que je ne l'ai jamais pensé. Et il ne date pas de l'époque des pères fondateurs de l'Amérique. "
Père Andrew: Alors, votre épouse était une catholique-romaine pratiquante lorsque vous vous êtes mariés?
M. Jackson: Non, non, la façon dont elle est revenue au Christ... Elle s'est éloignée de sa foi quand elle a eu 20 ans, elle a eu une période très sombre. C'est tout autre chose, une histoire très puissante, de la façon dont nous nous sommes réunis. Elle est revenue au Christ dans les églises de maison que nous avions.
Père Andrew: Très bien. Alors, est-ce ainsi que vous l'avez rencontrée, à travers l'église?
M. Jackson: Eh bien, c'était une actrice dans Hôpital Général, alors nos chemins se sont croisés, et ce fut en fait à des Emmys Awards que nous nous nous sommes vraiment liés, parce que je remerciais le Christ, quand j'ai reçu un des prix, et celui a fait quelque chose en elle. Elle était loin du Seigneur à ce moment-là.
Père Andrew: C'est merveilleux.
M. Jackson: Elle se sentait aussi scandalisée et très intriguée par cela. C'était comme si elle me reprochait: "Ne dis pas ça!"
Père Andrew: Oui, "Attends une minute. Jésus est là-haut maintenant!" Tout d'un coup.
M. Jackson: De toute façon, non, elle n'était pas catholique. Elle était dans le même lieu où j'étais, ce qui était non-confessionnel. Et comme je m'y attendais, dans mon genre de, je crois qu'on peut dire, bigoterie religieuse , je m'attendais à aller à Rome et à ressentir quelque chose comme "Il s'agit d'un lieu religieux oppressif. Cela doit être ainsi. "Eh bien, c'était exactement le contraire.
Je suis arrivé. C'était le dimanche des Rameaux, et c'était tout simplement incroyable. Des branches de palmier étaient alignées sur les rues, et le pape Benoît parlait. Nous étions à trois pâtés de maisons de Saint-Pierre, et c'était magique. C'était vraiment, vraiment profond, mais je ne savais pas vraiment pourquoi. Dans le Colisée, il y a cette grande croix qui est là, et elle nous a  frappés ma femme et [moi] si puissamment que… être dans la présence de martyrs chrétiens... C'est une chose de lire à ce sujet dans un livre, c'est une autre chose que d'être là, physiquement, et de réaliser ce dont il s'agit.
Ce fut le voyage qui a éveillé quelque chose en moi. J'ai pensé, "Je dois en savoir plus sur ma foi, plus sur l'histoire chrétienne." Nous sommes retournés en Roumanie. J'ai commandé un livre par Justo L. Gonzalez. C'est un historien vraiment super. Il a fait un livre intitulé L'histoire du christianisme, en deux volumes. J'ai lu le premier tome, et il s'agit d'un protestant, mais il m'a vraiment ouvert les yeux à l'histoire chrétienne.
Ce fut le trou du terrier [d'Alice au Pays des Merveilles], car une fois que vous ouvrez cette porte et que vous y allez, "Eh bien, attends une seconde! D'où tout cela provient-il? "
Père Andrew: C'est comme la vieille citation-dont vous avez probablement entendu parler- de John Henry Newman, qui s'est converti de l'Église anglicane au catholicisme romain. Il a dit, "Aller profond dans l'histoire, c'est cesser d'être protestant."
M. Jackson: Oui, vous savez, ce qu'il y a de drôle, c'est que je l'ai lu. Ce qui s'est réellement passé c'était, parce que j'étais allé à Rome, et les livres d'histoire que j'ai commencé à lire, étaient tous catholiques ou protestants. Il n'y avait presque aucune mention de l'Orthodoxie ou de l'Église d'Orient.
Père Andrew: Oui, nous sommes invisibles.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (195)


Lorsque tes paroles
Mériteraient d'être tues
Reste silencieux

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 16 juillet 2012

L'acteur Jonathan Jackson parle de son voyage vers le christianisme orthodoxe (I)




L'acteur Jonathan Jackson, qui joue Lucky Spencer dans le feuilleton "General Hospital", a remporté le trophée du meilleur second rôle aux Daytime Emmy Awards samedi soir.
Il a saisi cetteoccasion pour remercier Dieu dans son discours d'acceptation.
"Tout d'abord, je dois rendre gloire et honneur au Père, au Fils et au Esprit Saint," a-t-il dit au début du discours, en faisant le signe de la croix. Après avoir remercié sa famille et ses collègues, il a ajouté: "Merci à tous les moines sur le Mont Athos qui sont constamment en prière pour la vie du monde".

Jonathan Jackson s'est converti à l'Orthodoxie en 2012. Il a raconté son histoire dans une interview à Ancient Faith Radio




Père Andrew Stephen Damick: Je suis le Père Andrew Stephen Damick, et c'est un peu un épisode différent de Routes d'Emmaüs (Emission d'Ancient Faith Radio). Vous avez l'habitude de m'entendre parler en face d'un microphone à un tas de gens qui nous écoutent lors d'une conférence, mais aujourd'hui, en fait, nous faisons une conversation. J'ai une entrevue avec quelqu'un. Pourquoi devrais-je faire cela? La raison en est que je suis très intéressé par les questions de communion et de lieu et à ce qui est local et à ce qui y est directement relié. Donc, une fois que j'avais entendu dire que mon invité d'aujourd'hui était sur la côte Est, nous avons travaillé pour trouver un moyen de nous connecter directement. Nous sommes actuellement assis dans le parking de l'aéroport de Newark Liberty International, où il s'apprête à monter dans son avion pour repartir vers la côte Ouest.
Mon invité aujourd'hui est M. Jonathan Jackson, qui est  acteur et musicien peut-être mieux connu pour son rôle d'acteur invité en tant que Lucky Spencer dans Hôpital général, qui a joué pendant ces deux dernières années, eh bien, ils pensent que vous prenez une pause maintenant, mais aussi vous êtes dans un film, Tuck Everlasting, d'il y a environ dix ans. Il a remporté quatre Emmy Awards, et il a également eu un rôle récurrent dans la série de la Fox The Sarah Connor Chronicles, qui est un spin-off des films Terminator, et il a son propre groupe, qui est appelé Enation, et c'est pourquoi il était ici sur la côte Est.
Pourquoi, vous demandez-vous peut-être suis-je entrain d'interviewer un homme qui est une star de feuilletons télé? Eh bien, la raison en est qu'à l'heure actuelle, lui et sa famille sont catéchumènes dans l'Eglise orthodoxe. Donc, je vous remercie beaucoup de me rencontrer. Je suis très honoré d'être avec vous, vraiment.
M. Jonathan Jackson: Je vous remercie, Père. Je suis honoré aussi. J'apprécie. Heureux d'être ici.
Père Andrew: Ma première question est la suivante: comment en êtes-vous arrivé là? Quel est votre parcours religieux?
M. Jackson: Mes deux parents ont été élevées en Adventistes du Septième Jour, pendant environ probablement quatre générations de chaque côté d'Adventistes du Septième Jour. J'ai donc grandi avec cette partie de mon éducation chrétienne jusqu'à probablement vers l'âge de neuf ou dix ans. Mes parents ont commencé à s'éloigner de cette dénomination particulière. Et nous avons déménagé à Los Angeles quand j'avais dix ans, alors que je venais d'avoir 11ans, j'ai commencé à travailler comme  acteur assez rapidement. J'ai commencé sur Hôpital Général quand j'avais 11 ans, alors j'ai commencé vraiment...
Père Andrew: Oui, et seulement pour ceux de mes auditeurs qui sont un peu plus âgés, vous vous souvenez peut-être à partir des années 1970 et au début des années 80, du super couple Luc et Laura dans Hôpital Général, et Jonathan a joué leur fils, Lucky. Donc, cela vous met au panthéon des feuilletons télé.
M. Jackson: Quand j'ai déménagé à Los Angeles, nous n'avons pas eu d'église que nous sommes allés partout. Et mon frère et moi, Richard Lee Jackson-il est acteur, et il est aussi dans Enation-nous écoutions des cassettes de sermons de deux pasteurs différents, presque tous les soirs pendant la semaine. Et ce fut en quelque sorte notre église, c'était notre vie spirituelle.
Pendant environ cinq ans à Los Angeles, à partir de l'âge de 11 à 16 ans, je n'allais presque à aucune église. J'écoutais ces bandes la nuit et j'ai commencé à lire les  livres apologétiques spirituels chrétiens, sans doute quand j'avais 12 ou 13 ans. Deux sermons m'ont vraiment marqué, m'ont marqué profondément, quand j'avais 12  ou 13 ans, et c'est vraiment alors que ma vie a commencé à se diriger vers ma relation avec Dieu d'une manière très sérieuse. J'ai commencé à lire Mere Christianity de C.S. Lewis et The Great Divorce et tous ces grands livres.
Père Andrew: Excellents bouquins!
M. Jackson: Excellents bouquins. Et qui m'ont vraiment mis sur un chemin, autour de 12 ou 13 ans.
Donc, je n'allais pas encore à l'église. Je n'en voyais pas le but. Cela n'avait pas de sens pour moi. J'adorais Dieu, j'aimais Jésus, mais l'Eglise était juste un concept absolument déroutant. C'était presque ... pour moi, cela semblait inutile. Je pensais que si je pouvais lire des livres, si je pouvais écouter des cassettes, pourquoi devais-je aller [à l'église]?
Père Andrew: D'accord. Juste moi-et-Jésus, c'est juste?
M. Jackson: Oui, oui, exactement. Eh bien, et dans le même temps, il y avait ce sens cosmique, aussi. J'ai toujours senti que je voulais être... Je ne voulais pas appartenir à une confession. Je voulais appartenir à l'ensemble du mouvement chrétien dans le monde entier. Je n'avais aucune idée de ce que cela pourrait signifier que l'Eglise Universelle, mais je me sentais connecté à C.S. Lewis, qui était d'une génération antérieure, qui était d'Angleterre, et j'ai réfléchi-
Père Andrew: Et [il était] anglican.
M. Jackson: Anglican, exact. Mais pour moi, j'étais comme: c'est quelqu'un à qui je me sens connecté. Les dénominations semblaient tout à fait étranges pour moi, pour être honnête.
Et puis autour de mes 17 ans, nous avons réellement  commencé à trouver des groupes religieux, et c'était plus dans le monde protestant charismatique, non-confessionnel.
Père Andrew: Alors quel âge avez-vous maintenant?
M. Jackson: 29 ans.
Père Andrew: 29 ans. Comment avez-vous pour aller de ce point de votre fin d'adolescence à maintenant? Vous êtes catéchumène dans l'Eglise orthodoxe.
M. Jackson: Je n'aurais même pas su ce que le mot était il y a quelques années.
Père Andrew: Oui, c'est un shibboleth orthodoxe. […]
M. Jackson: Eh bien, vous le savez, une fois nous nous sommes liés un peu plus avec le mouvement charismatique, nous avons réellement fait une église à domicile à Burbank pendant deux ans et demi, que mon frère et moi en quelque sorte nous dirigions pour la plus grande part, avec mes parents. Ils allaient et venaient en ville, et un pasteur avec qui nous étions liés, triait et supervisait les choses. Mais nous avons fait cela pendant environ deux ans et demi avec moi et n'importe ù,  avec 15 à 20 acteurs et actrices et gens de l'industrie [cinématographique] qui venaient presque chaque week-end.
Père Andrew: Donc, votre famille en quelque sorte formait le noyau de ce groupe, mais il y avait d'autres personnes qui lui étaient associées.
M. Jackson: Oui, ce qui était super. Ce fut un moment très puissant, et ce fut une expérience incroyable. Je ne suis jamais revenu dans l'état de Washington, après que je me sois marié. Je me suis marié-cela fera de dix ans en juin.
Père Andrew: Vous vous êtes marié à 19 ans?
M. Jackson: 20 ans. Je venais d'avoir 20 ans.
Père Andrew: C'est bien pour vous, mon ami. Bien pour vous. Je suis très en faveur du mariage jeune. Que tout le monde en prenne note.
M. Jackson: Oui, C'était bien. Un mariage jeune, et j'ai déjà trois enfants. J'ai un enfant de huit ans et six ans et un jeune de 17 mois.
Père Andrew: Dieu soit loué.
M. Jackson: Oui, c'est merveilleux.
Bref, le mouvement charismatique pendant dix ans, vraiment. Et il y eut quelques belles expériences étonnantes. Il y avait quelque chose qui fait que je pense que beaucoup de gens dans le mouvement charismatique seraient attirés vers l'Orthodoxie, parce que beaucoup des éléments les plus rationalistes dans certaines autres dénominations protestantes repoussent vraiment l'Esprit Saint. Elles repoussent ce tout ce qui est mystique et surnaturel. Je pense qu'au cœur de ce désir, les charismatiques protestants ont un désir de rencontrer Dieu, d'en faire l'expérience, de connaître Son mystère.
Père Andrew: Ce sont des grands mots à utiliser pour cela.
M. Jackson: Et ils n'ont pas la tradition de l'Église. Ils ne l'ont tout simplement pas, de sorte qu'ils  créent de nouvelles traditions, mais je pense que la plupart du temps, les gens ont le cœur à la bonne place [sont bons]. Ils recherchent Dieu. Ils recherchent cette rencontre. Et je pense que beaucoup d'entre eux trouveraient un grand nombre de réponses dans l'ancienne foi [l'Orthodoxie], et ils y trouveraient un foyer. Cela a certainement été comme ça pour moi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Haïjin Pravoslave (194)


Le Livre des Psaumes
Du Roi Prophète David
Parle de ton âme

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 15 juillet 2012

Père Nicodème, Père spirituel du staretz Païssios




Papa Nicodème, Père spirituel du staretz Païssios*, était un homme d'une grande patience. Un homme simple. Un hiéromoine de beaucoup de prières et de grande vertu. Il commençait des offices de prière après minuit et terminait à la fin de l'après-midi! Il lisait tout lui-même.

Il ne voulait pas omettre quoi que ce soit. Il faisait cela chaque jour. Il avait cinq cahiers remplis de noms qu'on lui avait donnés au fil du temps, et il les commémorait tous les jours au cours de la proscomédie. Il n'en jetait aucun. Il lui fallait peut-être cinq heures pour commémorer les noms, ainsi que Père Géronte, qui le connaissait très bien, me l'a dit.

Papa Nicodème, avant son arrivée à la Sainte Montagne, était higoumène du monastère de Koudoumas en Crète. Un moine qui vivait dans l'ascétisme à Koudoumas, sous la conduite du célèbre Papa Nicodème, m'a raconté que les bergers de la région venaient lui rendre des comptes pour les troupeaux. Il leur disait: "Je ne veux pas que vous me rendiez des comptes. Quoi que vous pensiez d'approprié pour le monastère, laissez-le devant la Panaghia [la Toute Sainte Mère de Dieu]. C'est avec elle que vous devez traiter…" 
Quand il est venu au Jardin de la Panaghia, il vivait à l'ermitage de Saint-Pantéléimon de Koutloumousiou. Il a servi à sa tête. Puis, pour avoir une plus grande quiétude, il est venu à la cellule de la Panaghia, plus haut à Bourazeri.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
MYSTAGOGY

* Le Père spirituel de Père Païssios fut le staretz Tikhon [qui naquit au Ciel en 1968). A la mort de celui-ci, Père Païssios se confessa  à Père Nicodème. Le grec emploie le terme Πνευματικός [pnevmatikos] à la fois pour le père spirituel et pour le confesseur.

ORTHODOXIE A LA REUNION



Ocean Mist

Aidons nos frères orthodoxes de la Réunion

Qui sont-ils?


APPEL A DES DONS POUR LA CONSTRUCTION D’UNE EGLISE

Afin de disposer d'un lieu de culte propre vous pouvez faire des dons à notre association cultuelle (ces dons donnent lieu à une réduction d'impôts). Fraternité Orthodoxe- Nativité de la Mère de Dieu Code banque: 10107 Code Guichet: 00396 Numéro de Compte: 00334022324 Clé: 96 Domiciliation: BRED-ST DENIS Providence Code IBAN: FR76 1010 7003 9600 3340 2232 496

Courriel:

makarios77@gmail.com

samedi 14 juillet 2012

Saints Ignace du Caucase (Briantchaninov): Sur la nécessité des tentations pour le salut



Свт. Игнатий Брянчанинов

 Pour le salut de quelqu'un de nouveau à monachisme, et qui est en proie à des tentations (sans date).

Le chemin de notre vie est semblable à un voyage à travers une large mer. Il est parfois calme sur cette mer, et parfois un vent favorable y souffle, mais le plus souvent il y a des tempêtes sur cette mer. Voyant l'approche d'une tempête, voyant la tempête elle-même, nous ne devons pas être perturbés, ou tomber dans le découragement ou le désespoir; nous devons nous battre contre les vagues et les vents contraires. Sinon, le navire de notre âme pourrait subir un naufrage, et pourrait même couler. 
Si au cours d'une tempête, quelque chose se brise ou est endommagé dans le navire de notre âme-encore une fois, nous ne devons pas désespérer, nous ne devons pas être troublés. Nous devons trouver un port fiable, y entrer, fixer et réparer ce qui a été endommagé, puis continuer notre voyage avec l'espoir en Dieu Tout-Puissant. Et Dieu Tout-Puissant n'abandonnera pas celui qui espère en Lui! 
Les tempêtes elles-mêmes servent pour le bien du véritable serviteur de Jésus-Christ: elles font de lui un marin expérimenté. Le port où le navire de l'âme est réparé, c'est la prière dans un esprit contrit, la lecture des Saintes Ecritures et les livres patristiques, et le conseil de son prochain, si ce prochain est capable de conseiller selon le Seigneur. Calme-toi -Béni est l'homme, dit l'Écriture, qui endure les tentations. Contrairement à cela, celui qui n'a pas été éprouvé, n'est pas qualifié. Que la tempête qui est passé sur toi, serve en tant que préparation à l'avance, comme une expérience d'apprentissage pour avoir l'endurance lors des tempêtes futures. Considère à l'avance ce que ta conduite doit être [pour ces futures tempêtes] prépare-toi à l'avance-, étudie. Les tempêtes suivront à coup sûr. Le Très sage Seigneur, établit que c'est par beaucoup d'afflictions que nous entrerons dans le Royaume des Cieux, que nous avons perdu et que nous perdons par un effort prématuré et une attirance illégitime pour le plaisir. Chacun d'entre nous, comme notre ancêtre, est enclin à tendre une main audacieuse vers le fruit défendu de la connais-sances du bien et du mal; nous sommes enclins au confort matériel et sommes rapidement séduits par le fantôme trompeur du discernement spirituel et de la vertu, sous le déguisement duquel est caché le mal qui nous tue.
L'affliction agit contre le ravissement, et par conséquent, elle agit contrairement à notre chute, et nous aide à nous lever. Par ces attributs, l'affliction nous est essentielle pour notre salut. En raison de sa nécessité, le Sauveur a conduit son troupeau saint par l'intermédiaire du chemin de douleurs, vers la terre de l'éternelle béatitude. Pour lui, celui qui renonce aux afflictions, il proclame résolument: Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas n'est pas digne de moi (Matt. 10:38).
Que le Christ soit avec toi. J'espère te voir et te donner tout ce que Dieu me donne pour le renforcement de ton âme, qui a quitté le monde à la recherche du Seigneur. Je pense que je vais te rencontrer lors de l'hiver dans le monastère de [Saint-Nicolas de] Babaev. Je voudrais t'y voir au printemps aussi. Cependant, que cela soit comme Dieu le permettra. Prie pour moi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après







Errare humanum est, perseverare diabolicum!


Sur Orthodoxie.com

Le patriarche œcuménique Bartholomée a exprimé sa détermination à continuer les dialogues œcuméniques, à l’occasion de la fête de la sainte mégalomartyre Cyriaque en l’église qui porte son nom dans le quartier de Contoscali, à Constantinople. Le patriarche Bartholomée présidait la liturgie qui a été célébrée hier matin et a parlé aux fidèles qui venaient de différentes parties de Constantinople et aussi  de Grèce. Parmi ceux-ci se trouvaient des archontes du Patriarcat œcuménique et des clercs de l’étranger. Dans son homélie, prononcée à l’occasion du quarantième anniversaire du décès du patriarche Athénagoras, le patriarche Bartholomée a déclaré :
« Aujourd’hui, comme chaque année, nous nous souvenons du défunt patriarche Athénagoras de bienheureuse mémoire, qui s’est endormi  à l’aube du 7 juillet à l’hôpital de Balukli en 1972. Bien que nous nous rappelions son souvenir chaque année, comme aujourd’hui, il est fort naturel que nous nous souvenions de lui et que nous lui marquions notre reconnaissance avec plus d’intensité cette année, alors que quarante années se sont écoulées depuis son trépas. Aussi, j’ai suggéré récemment au Saint-Synode de notre patriarcat que nous célébrions demain, en la vénérable église patriarcale, un requiem officiel afin que nous nous rappelions encore plus son souvenir. J’ai demandé à notre frère le métropolite de Perge, qui a servi le patriarche Athénagoras à différents postes de la cour patriarcale, de nous parler de la personnalité et de l’œuvre de ce grand patriarche. Prions ensemble pour le repos de l’âme de notre patriarche, qui a ouvert des horizons nouveaux pour le Patriarcat oecuménique, a renouvelé la période des dialogues œcuméniques, a rencontré le pape Paul VI à Jérusalem il y a 48 ans, a ouvert des fenêtres pour l’orthodoxie, à savoir notre centre patriarcal à Genève, l’académie orthodoxe de Crète, le centre patriarcal d’études patristiques à Thessalonique et encore d’autres ».
Dans la suite de son discours, en présence du grand-protopresbytre du Patriarcat œcuménique Georges Tsetsis, qui avait représenté ledit patriarcat au Conseil œcuménique des Églises, le patriarche a poursuivi : « Le COE a été fondé en 1948, l’année de l’élection au patriarcat de Mgr Athénagoras, alors archevêque d’Amérique. Pendant les 23 années de son patriarcat béni, Athénagoras, comme son successeur le patriarche œcuménique Dimitri, puis moi-même, collabora avec les cadres et fonctionnaires  du COE. Car cela est la ligne de notre Église, de l’Église de Constantinople. C’est une ligne stable et inébranlable. On ne peut aujourd’hui se renfermer égoïstement sur soi-même, avec autarcie, autosuffisance et narcissisme en attendant que les autres se prosternent devant nous. Cela ne peut être aujourd’hui (…)  Nous avons besoin d’ouvertures œcuméniques, humaines, sociales, de dialogue avec tous les hommes de bonne volonté. Le patriarche Athénagoras fut alors critiqué pour ces ouvertures qu’il avait pratiquées. Comme alors, notre Patriarcat œcuménique est continuellement critiqué aujourd’hui pour les dialogues œcuméniques qu’il poursuit, comme si nous désirions vendre l’orthodoxie. Ce n’est que par le dialogue que peut se produire l’accord, le rapprochement et la réconciliation. Pour cette raison, nous continuerons, quoi que l’on nous dise, autant que l’on nous critique, de dialoguer avec Rome, l’Église anglicane, le COE, la Fédération luthérienne mondiale et avec les Églises dites anciennes orientales, les Arméniens, les coptes, les Ethiopiens, jusqu’à ce que vienne le jour grand et insigne de l’union de tous, pour lequel l’Église prie dans chacun des ses offices, continuellement, immanquablement et sans cesse, lorsqu’elle dit « Pour la paix du monde entier, la stabilité des saintes Églises de Dieu et l’union de tous… Cela est l’une de nos priorités, l’un de nos buts sacrés, l’un des idéaux et des objectifs de notre ministère ». 
Rappelons ici que les menées œcuméniques du patriarche Athénagoras avaient effectivement provoqué nombre de critiques, dont celles des hiérarques de l’Église de Grèce, des moines athonites – qui avaient même suspendu la commémoration du patriarche dans les offices – de l’Église russe hors frontières, ainsi que du célèbre théologien serbe Justin Popovitch, maintenant canonisé. Ajoutons que ces critiques ne portaient pas tant sur la notion de dialogue lui-même, que sur la façon dont celui-ci avait été conduit à l’époque. En effet, selon l’étude récente de frère Patrice Mahieu, osb, que nous avons évoquée ici une commission secrète, constituée du côté orthodoxe par le défunt métropolite Damaskinos Papandreou, alors archimandrite, et de Jean Zizioulas, alors théologien laïc et actuellement métropolite de Pergame, avait émis en 1970 un avis favorable à la concélébration eucharistique du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras qui, en définitive, n’a pas eu lieu. C’est précisément la communio in sacris avec l’Église romaine, sans accord sur le contenu de la foi, que ces critiques visaient en premier lieu.
Source et photographie : Amen.gr
Le titre du message est d'orthodoxologie 

Haïjin Pravoslave (193)


Ne dis rien en vain
Afin que dans tes paroles
Règne la Parole

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 13 juillet 2012

Saint Ignace Briantchaninov: De la maladie et de l'amertume

Святитель Игнатий Брянчанинов


[…] Et tu es toujours malade! Que peux-tu faire?! Un homme malade ne peut pas entièrement être compté parmi les vivants, parce qu'il vit une demie-vie, une sorte d'ombre de vie. 
Les facultés de son âme le paralysent, elles ne fonctionnent pas de la façon dont elles sont censées fonctionner. Les chrétiens de notre époque ne souffrent pas des fers et de l'épée [des persécutions], nous endurons les tourments des maladies et d'autres afflictions. Chaque période de temps donnée a sa propre forme de souffrance, à notre époque nous sont données des souffrances insignifiantes. Supportons-les. Les balances et les récompenses dépendent de Dieu.
D'où pourrais-tu avoir obtenu cette amertume? "La miséricorde et la vérité sont réunies, la justice et la paix s'embrassent" (Psaume 84:10), dit l'Écriture Sainte. Cela signifie que, lorsqu'il n'y a pas de "miséricorde", où il y a "l'amertume", il n'y a pas de "vérité". Lorsqu'il n'y a pas de "paix", il  n'existe pas de "justice". Et un état ​​d'âme qui est éloigné de la vérité divine et de la Droiture ne peut pas être considéré comme "une condition envoyée par Dieu." 
Tu dois remettre ton âme d'un tel état et la conduire dans un état donné par la Vérité divine et la droiture, un état de "paix et de miséricorde." 
Tu vas réussir dans ce cas si tu dis: "Ce n'est pas sans la Providence de Dieu que ce qui m'est6 advenu est arrivé. Béni est le nom de Dieu dès maintenant et à jamais!" 
Ne scrute pas trop les circonstances de la vie [pour comprendre]: cela n'en vaut pas la peine. Elles avancent, elles courent plus vite, et se remplacent les unes les autres. 
Et nous aussi nous courons le long des frontières de l'éternité! Mais pour celui qui scrute les circonstances, il semblent qu'elles ne bougent pas, et il tombe facilement dans le désespoir. 
Celui qui voit que toutes choses s'envolent, s'envolera lui-même; son cœur sera léger et heureux.
Le Christ soit avec toi. Prie pour moi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (192)


Ne juge jamais
Toi qui te sais justiciable
Du Très Juste Juge

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)


jeudi 12 juillet 2012

Saint Ignace Briantchaninov: Les épreuves sont le lot de tous les disciples du Christ



Игнатий Брянчанинов

Lettre à une moniale.
J'ai reçu ta lettre et j'y ai vu que le chemin de ta vie se trouve dans des voies étroites et douloureuses, comme cela est promis à tous ceux qui désirent suivre le Christ. Celui qui suit le Christ, comme les illustres apôtres Pierre et André le Protoclyte (Premier-Appelé), est destiné à la croix. Le lot de celui qui se convertit à Jésus-Christ, comme le Larron, est de nouveau la croix. Dans le premier cas la croix est  une couronne; dans le second cas, elle agit comme une échelle. Mais peu importe ce que sont nos circonstances, et quel que soit le modèle auquel nous ressemblons, il est impossible d'être au Christ sans la croix. Comme il est dit à la tonsure dans le monachisme: "Soyons toujours prêts pour la venue de toutes les afflictions que la Providence pourrait permettre pour nous" Que le Seigneur te fortifie.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (191)


De l'aube au couchant
Ta vie passe comme un jour
Avant le Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 11 juillet 2012

Saint Ignace du Caucase ( Briantchaninov): [A une moniale]Sur les distractions

Святитель Игнатий (Брянчанинов)



La mer, troublée par les vents, continue d'être agitée pendant un montant considérable du temps, même après que les vents se calment. Donc l'esprit, de même, quand il a été soumis à l'influence des distractions, continue à sentir cette influence, même après son retrait des distractions, pendant une période considérable de temps. Il faut supporter une telle situation avec sérénité et tenter de détourner l'esprit des distractions par le souvenir de la mort et du Jugement de Dieu.
Que le Seigneur miséricordieux aide votre lutte par Sa miséricorde! (29 avril 1863)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (190)


Retrouve la Voie
De l'enfant auprès du Père
Et marche confiant

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 10 juillet 2012

Saint Ignace du Caucase ( Briantchaninov): Sur la mort


Святитель Игнатий Брянчанинов

Extrait d'une lettre à une religieuse qui a perdu un proche parent (sans date).
[…[ Nous qui avons quitté le sein du monde pour aller dans le giron des saints monastères, par cet acte même avons initié notre mort selon la chair, et commencé notre vie en Christ. Il y a des morts qui sont soudaines et il y a des morts qui viennent avec des maladies prolongées. A partir du moment où on quitte le monde, on meurt tous les jours, selon le témoignage de saint Apôtre Paul. Dans cette mort, nous voyons la condition indispensable de la vraie vie. Le moment de notre passage sur la terre, notre naissance dans l'éternité, n'est pas aussi étrange et étrangère à nous qu'elle l'est pour ceux qui vivent dans le monde, assourdi par le bruit, attaché à lui par l'esprit et le cœur; qui ont oublié que la mort existe et qui ne pensent pas à l'éternité, qui doit immanquablement être aussi leur destin.
Ayant appris le décès de ton parent, ne te laisse plus aller à des pleurs inconsolables, dans lesquels le monde tombe généralement, démontrant par là que son espoir n'est que dans la chair. Ton espoir est en Christ! Verse des larmes emplies de prière pour le défunt, tourne ton cœur et tes pensées vers Celui qui seul peut te consoler, devant Qui tu dois te tenir au temps prévu pour toi. Ne te laisse pas emporter par quoi que ce soit de terrestre; le fruit d'une telle passion qui est illusoire, séduisant et imaginaire-est la corruption. Aie la paix en Dieu et offre-toi en complète soumission à Sa sainte volonté. Dans cette volonté est la plénitude de la bonté et de la sagesse; inclinons-nous devant elle et prosternons-nous à Ses pieds, en confiant nos âmes et nos corps au Seigneur. Amen.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Haïjin Pravoslave (189)


Aux jours d'acédie
En prononçant le Saint Nom
L'espoir refleurit

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Lettre ouverte du métropolite de Gortyna et Mégapolis Jérémie (Église d’Hellade) au métropolite Augustin d’Allemagne (Patriarcat œcuménique) au sujet de l’office œcuménique de Trèves


Sur orthodoxie.com
Nous avions évoqué ici un office œcuménique au cours duquel les représentants des diverses confessions chrétiennes s’étaient administrés mutuellement une onction pour commémorer le sacrement du baptême. C’est à cette occasion que le métropolite Augustin d’Allemagne (Patriarcat œcuménique) avait reçu le « baptême » de l’évêque catholique-romain de Speyer Karl Heinz Wiesemann . Cette cérémonie a été connue avec beaucoup de retard en Grèce et a provoqué un certain nombre de réactions négatives, dont celle du métropolite de Gortyna et Mégapolis Jérémie, qui a publié sur le site de son diocèse une lettre ouverte au métropolite Augustin, datée du 28 juin 2012. « Le spectacle de cette onction, Éminence, a scandalisé fortement les orthodoxes de l’Église de Grèce, clercs et laïcs, dont le peuple de mes ouailles… Cet événement a été commenté négativement dans les périodiques ecclésiastiques, dans les prédications, les sites religieux sur internet ».
Le métropolite Jérémie, a ensuite rappelé les différences dogmatiques existant entre l’orthodoxie et le catholicisme-romain, considérant en outre que ce genre de cérémonies portait atteinte au caractère unique de l’Église orthodoxe : « Nous croyons que l’Église du Christ est Une, comme nous le confessons dans notre credo. Cette Église une est l’Église orthodoxe ». Après avoir souligné qu’il souhaitait et priait pour l’union avec les catholiques-romains, dans la mesure où ceux-ci renonceraient à la primauté et à l’infaillibilité papales, le métropolite Jérémie conclut : « Enfin, j’exprime avec les nombreux évêques, prêtres, hiéromoines, diacres, moines et moniales et la multitude innombrable des pieux chrétiens orthodoxes, la profonde affliction devant ce spectacle que nous avons vu sur internet, vous voyant ondoyé (bien que ce soit avec de l’eau et dans une cérémonie symbolique), vous, évêque de l’Église orthodoxe par un évêque catholique-romain ».
Source : Imgorrt.gr