"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 19 mai 2024

DIMANCHE DES FEMMES MYRRHOPHORES/ 3ème DIMANCHE DE PAQUES

Icône des myrrhophores

Nous commémorons aujourd'hui les femmes myrrhophores : les saintes Marie-Madeleine, Marie, épouse de Cléopas, Jeanne, Salomé, mère des fils de Zébédée, Suzanne, Marie et Marthe, sœurs de Lazare, et Marie, mère de l'apôtre Jacques. Nous nous souvenons également du juste Joseph d'Arimathie et de Nicodème. 

Le calendrier des saints nous donne une liste de commémorations pour ce jour, dont Job le grand souffrant, qui est né il y a environ 4 000 ans sur la terre d'Uz, mais le lieu exact n'est pas connu avec certitude. Diverses théories ont suggéré des lieux possibles allant de la Syrie à la Jordanie en passant par l'Arabie. Étant donné qu'en hébreu, le mot "Uz" signifie "conseil", certains commentateurs ont suggéré qu'il s'agissait d'un nom fictif qui correspondait à l'objectif de l'histoire. 

Saint Sava


Par ailleurs, nous commémorons aujourd'hui la translation, en 1238, des reliques de saint Sava, premier archevêque de Serbie. Il s'agissait d'un homme vraiment remarquable dont les talents comprenaient ceux de théologien et d'écrivain, ainsi que ceux de diplomate et de législateur. Malgré son statut de prince, il fut tonsuré moine au Mont Athos. Sa fête principale a lieu en janvier, ce n'est donc pas l'occasion d'entrer dans les détails de la vie de ce grand hiérarque. 

Saint Job de Pochaev


Nous commémorons également aujourd'hui la translation, en 1238, des reliques de saint Sava, premier archevêque de Serbie. Il s'agissait d'un homme vraiment remarquable dont les talents comprenaient ceux de théologien et d'écrivain, ainsi que ceux de diplomate et de législateur. Malgré son statut de prince, il fut tonsuré comme moine au Mont Athos. Sa fête principale a lieu en janvier, ce n'est donc pas l'occasion d'entrer dans les détails de la vie de ce grand hiérarque. Un autre saint commémoré aujourd'hui est saint Job, higoumène et thaumaturge de Pochaev, qui a rejoint sa récompense céleste en 1651.

+

La lecture des Actes des Apôtres pour aujourd'hui est le récit de la nomination de sept diacres (Actes 6,1-7). Alors que la communauté chrétienne s'efforçait de faire preuve d'unité d'esprit et d'objectif, des tensions internes étaient apparues. De nombreux Juifs de la diaspora étaient mécontents. Certaines traductions les appellent Grecs, d'autres Hellénistes. La culture et la langue de la Méditerranée orientale étaient grecques et ces Juifs avaient absorbé des éléments de cette philosophie, mais ils se sentaient désavantagés par le fossé culturel qui les séparait des Juifs palestiniens qui, sur leur terre natale, parlaient l'hébreu ou l'araméen. Les veuves, qui dépendaient de la communauté pour leur soutien, se sont senties négligées. Cette situation n'était peut-être pas délibérée, mais elle résultait peut-être de l'absence d'une planification adéquate pour faire face à l'augmentation constante du nombre de ceux qui croyaient au Seigneur.

Le Christ et Ses apôtres


Les apôtres prirent donc ¨ des mesures pour résoudre ce problème avant qu'il ne porte atteinte à l'harmonie de la communauté chrétienne. Leur suggestion fut acceptée avec empressement et les sept premiers diacres furent ordonnés. Étienne, le premier martyr du Christ, et Philippe sont peut-être les plus connus. Prochore, le scribe, devint le compagnon de saint Jean le Théologien. Nicanor fut martyrisé par les Juifs le même jour qu'Étienne. Timon, qui devint évêque en Arabie, mourut martyr, tout comme Parménas. Nicolas, le prosélyte d'Antioche, a peut-être été choisi pour satisfaire les hellénistes, mais son nom ne figure pas dans la liste des saints.  

Les protodiacres du Christ

  

La lecture de l'Évangile (Marc 15, 43 - 16, 8) nous ramène au Vendredi saint, jour de la crucifixion du Christ. On nous dit que saint Joseph d'Arimathie était un conseiller, c'est-à-dire un fonctionnaire qui occupait une position officielle. Homme pieux et honorable, il reconnut le Christ comme le Dieu incarné. 

Saint Joseph d'Arimathie


Il prit donc l'initiative audacieuse d'aller voir le gouverneur romain, Ponce Pilate, et de lui demander le corps de Jésus afin de lui donner une sépulture décente et digne. Des personnes d'un statut social plus élevé que Joseph avaient été responsables de la crucifixion. En faisant cette démarche, Joseph risquait donc sa réputation et son statut, car il serait perçu comme l'ami et le disciple de quelqu'un qui avait été condamné à mort comme un vulgaire criminel.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND 

samedi 18 mai 2024

Christian Awareness: Persécutions des chrétiens dans le monde

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Défense de tous les chrétiens persécutés 
Défense de tous les chrétiens persécutés 
Défense de tous les chrétiens persécutés 
Défense de tous les chrétiens persécutés 
Défense de tous les chrétiens persécutés 

vendredi 17 mai 2024

Il vous semble avoir la foi!


 Si vous avez foi pour recevoir les trésors éternels qui durent pour l'éternité, alors il est encore plus important d'avoir foi que le Seigneur vous fournira des possessions terrestres et temporaires, qu'Il accorde également aux impies, aux créatures sauvages et aux oiseaux.

De plus, Il nous a ordonné de ne pas nous préoccuper de ces questions, en nous enseignant : « Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? Que boirons-nous? De quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. » (Matthieu 6:31-32).

Si vous vous trouvez toujours préoccupés par ces choses temporelles et que vous n'avez pas une confiance totale en Sa Parole, cela indique que vous n'avez pas encore pleinement embrassé la croyance en l'obtention des trésors éternels du Royaume des Cieux. 

Sachez qu'il vous semble que vous avez foi en la Parole de Dieu, quand vous ne croyez pas que vous recevrez des choses petites et transitoires.

Version Française Claude Lopez-ginisty

d'après The Athonite Testimony

Citant les Cinquante Homélies Spirituelles 

de saint Macaire l'Égyptien.

Gerondissa Makrina de Volos


"Aimons infiniment
 la Très sainte Mère de Dieu, 
et prions-la chaque jour
 avec notre chapelet". 

- Gerondissa Makrina de Volos -



 

jeudi 16 mai 2024

QUE POUVONS-NOUS APPRENDRE DU ROI HÉRODE AGRIPPA ? Notes de guerre du Métropolite Luc

 Agrippa. Paris, Musée du Louvre. Photo : Pinterest

Agrippa. Paris, Musée du Louvre. Photo : Pinterest

Le Christ est ressuscité, mes chers lecteurs !

L'Écriture Sainte décrit des événements qui se répètent sous une forme ou une autre à différents moments, dans diverses circonstances. Ainsi, aujourd'hui [Lundi lumineux], nous lisons dans l'église comment le grand prêtre juif et Hérode Agrippa ont formé une coalition d'entraide et d'amitié. 

Le roi espérait que les personnalités religieuses l'aideraient à renforcer son pouvoir. Les personnalités religieuses pensaient que grâce au roi, leur position dans la société serait plus forte et plus durable.

Mais que se passe-t-il en fait lorsque vous avez une union de religion et d'État ? Il n'y a jamais eu d'exemple dans l'histoire où l'État est devenu plus religieux grâce à une telle coalition. Cela s'est toujours passé dans l'autre sens. Au lieu de servir Dieu par la religion, elle a commencé à servir l'État. L'État à son tour a commencé à utiliser la religion pour mettre en œuvre des plans qui ne sont pas inhérents à la religion.

Alors, demandez-vous, quelle est la bonne façon de faire ? Il est approprié que l'Église enseigne aux gens comment sauver leur âme. Et que l'État se préoccupe de servir le peuple et de ne pas transformer la vie de ses citoyens en enfer. Chacun devrait s'occuper de son propre travail.

L'exemple d'Hérode Agrippa est une image de ce qui peut arriver aux hommes d'État qui décident d'aller contre Dieu pour leur propre intérêt. Peu importe ce qu'ils pensent d'eux-mêmes, ou la façon dont ils s'exaltent, leur destinée sera très grave. Le sort de ces figures religieuses qui, au lieu de servir Dieu, commencent à s'incliner devant les puissants de ce monde ne sera pas moins grave.


Métropolite Luc (Kovalenko)
     

Peu importe à quel point cela est difficile pour nous, peu importe comment nous sommes persécutés ou comment nous souffrons, nous devons placer tout notre espoir non pas dans les princes de ce monde, car en eux il n'y a pas de salut, mais dans le Dieu miséricordieux. 

L'Église ne devrait pas toujours vivre dans un état de bonheur et de paix, mais nous pouvons le souhaiter. C'est une voie directe vers la dégradation de ses membres. L'Église doit périodiquement passer par le renouveau à travers les persécutions, par lesquelles elle est sanctifiée. Et ceux qui, par la miséricorde de Dieu, serviront dans l'Église pendant cette période bénie devraient être reconnaissants à Dieu pour ce don, car c'est le meilleur moment de notre vie, où nous pouvons prouver notre fidélité au Christ non seulement en paroles, mais aussi en actes.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ORTHOCHRISTIAN

mercredi 15 mai 2024

Moniale Porphyria: L'humilité, c'est la liberté!

 

Dieu ne regarde pas le visage, Il n'aime pas certaines personnes plus et d'autres moins, Il nous aime tous de la même façon. Mais nous, le peuple, aimons Dieu d'une manière différente. L'un L'aime plus, un autre un peu et un autre ne lLaime pas du tout. Ainsi, l'amour mesurable ne s'applique pas à Dieu, mais à l'homme.

Supposons qu'un homme essaie de vivre sans Dieu. Qu'est-ce qu'il va accomplir ? Il vivra biologiquement. Il peut accomplir beaucoup de choses. Il peut obtenir une position sociale très élevée, il peut gagner beaucoup d'argent. Une chose est sûre : il ne pourra jamais trouver son équilibre. Il ne trouvera cela qu'auprès du Christ, parce que nous sommes créés pour ne trouver notre paix qu'auprès de Lui.

Dieu est dans la nature de l'homme. Peu importe ce que nous faisons, il est impossible de le sortir de notre nature. C'est une présence ontologique appartenant à notre propre être. Bien sûr, sur le chemin de notre vie, il y a beaucoup de choses qui visent à rompre ce lien que nous avons avec Lui. Les nombreuses attractions visent à asservir nos cœurs, à le détacher de Dieu et à l'attacher à autre chose. Cet autre chose est certainement le péché, le désespoir, le grognement et, en fin de compte, la mort de notre âme. Et nous aimons certains aveugles qui suivent le chemin qui mène au lit de Procuste. Il reste en notre pouvoir de sauver non seulement notre dignité, mais surtout notre âme.

Aujourd'hui, les gens ne se repentent pas de leurs péchés ou de leurs erreurs, parce qu'ils ne veulent pas s'humilier. Ils pensent que l'humilité signifie l'humiliation de leur personnalité.

Mais ce n'est pas de l'humilité. L'humilité signifie la liberté. L'humilité signifie : je suis libéré de mes passions, de mes péchés, de mes complexes, de ma misère, de mon égoïsme. S'ils s'humilient véritablement, ils verront la Grâce divine, ils verront Dieu en personne. Un Père de l'Église a dit : « Plus vous êtes haut, plus il est facile de glisser. Quand quelqu'un sent qu'il est en bas pour l'amour de Dieu et s'humilie, alors Dieu vient et l'élève. Au contraire, l'homme qui se vante à propos de de lui-même, qui augmente son égoïsme et sa confiance en soi, tombera sûrement.

L'homme qui s'humilie signifie qu'il ne cherche pas obsessionnellement les primautés et les honneurs, laisse Dieu seulement prendre soin de  lui et même s'il acquiert quelque chose dans le monde, il ne considère pas cela comme sa propre réalisation ou son intelligence et ne pense pas non plus qu'il est devenu une grande personnalité, il croit seulement que toutes les choses qu'il a accomplies sont des bénédictions et des dons de Dieu. Il ne les a gagnés qu'avec la grâce, la miséricorde et la clémence de Dieu.

De nos jours, les gens ont besoin d'une bonne secousse pour comprendre leurs erreurs, leurs péchés, pour se repentir et s'humilier.

Le chemin du Christ nous a enseigné l'expression de l'humilité parfaite. Mais il n'y a pas d'homme capable d'atteindre ce niveau. Mais un jour, nous, tous les gens, atteindrons le bord de notre vie. Si nous n'atteignons pas ce point au cours de notre vie, nous l'atteindrons au moment où nous mourrons.

Le Diable contrôle ce monde d'une manière très puissante, parce que nous lui donnons des droits. Ce qui est mauvais, c'est que cela empêche l'intervention divine, car il n'y a pas de repentir et d'humilité. Si cela existait, notre vie serait meilleure. L'homme ne serait pas submergé par le désespoir, mais il se serait consacré à la création.

Je souhaite de tout cœur que nous atteignions tous l'humilité afin de trouver la liberté de notre âme à la fin et de vivre la vraie joie de la vie !

Extrait du livre Écoutez-moi ! par la moniale Porphyria, publié par Evanghelismos

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

mardi 14 mai 2024

Archimandrite Nikos Koutsidis:

 

Fanny Ardant

Une célèbre actrice française, Fanny Ardant, dans une récente interview donnée pour le journal grec TRIBUNE, a déclaré ce qui suit :

"Le succès est quelque chose que vous comprenez à peine. Mais au moment d'un échec, vous pouvez donner une explication logique. Car l'échec vous ramène face à face avec vous-même. Par exemple, je n'aime pas les compliments. Un compliment est comme un parfum. Vous l'utilisez, il sent pendant un certain temps, il vous satisfait. Ensuite, vous vous y habituez tellement que vous ne le sentez plus. Seuls les autres le sentent encore jusqu'à ce qu'il s'évapore, puis personne ne le sent plus.

Mais une offense, peu importe à quel point elle serait injuste, est comme une lumière qui nous montre dans l'obscurité comment nous devrions être ou ce que nous devrions faire. Par conséquent, cela aide davantage. C'est étrange. J'ai lu quelque part qu'une chanteuse ne gardait que les lettres qui contenaient des commentaires offensants à son sujet. Et je comprends pourquoi elle l'a fait. Parce qu'elle voulait tout le temps être vigilante. »

Les saints de l'Église ont compris ces choses plus profondément et mieux à partir de leur propre expérience de vie :

Un jour, saint Jean Colobos se tenait près de l'église. Les frères l'entourèrent et lui posèrent des questions sur leurs pensées.

Quelqu'un le vit, l'envia et lui dit : « La cruche de Jean est pleine de poison ! » Abba Jean répondit : "Ce que tu dis est tout à fait vrai. Et tu as dit cela parce que tu n'as vu que les choses extérieures. Mais qu'aurais-tu dit si tu avais vu ce qu'il y a dans mon âme ? »

Comment saint Jean a-t-il atteint tant d'humilité qu'il a pu obtenir un avantage (et en faire bénéficier même d'autres !) d'un comportement aussi envieux ? Très simplement, en accomplissant le commandement du Christ : « Mais je vous le dis, aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent et priez pour ceux qui vous font du mal et vous persécutent ! » 1

La confession de l'actrice a une signification particulière pour nous. Parce que nous disons souvent : « Les commandements du Christ sont difficiles. » Et quand nous entendons parler des réalisations spirituelles de saint Jean, nous disons : « Nous ne sommes pas de saints ermites ! » Mais nous voyons qu'une femme du monde confesse - sans invoquer la Sainte Écriture - que les commandements du Christ qui ont été parfaitement accomplis par les saints sont "la lumière qui nous montre dans l'obscurité ce que nous devrions être ou ce que nous devrions faire".

C'est pourquoi cela vaut mille fois la peine de faire un effort, en marchant sur les traces des saints, pour atteindre, autant que possible pour nous, leur paix spirituelle.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

THE ATHONITE TESTIMONY

NOTE:

Matthieu 5, 44

lundi 13 mai 2024

De L'humilité

 

Dessin de Philippe GELUCK



Celui qui a des complexes se compare aux autres.

Celui qui est humble ne se compare à personne. 

Pour lui, cela n'a pas de sens,

car il ne manque de rien. 

Il ne se compare qu'aux saints 

et marque

 de temps en temps 

sur son chemin intérieur

 le point qu'il a atteint.

***




dimanche 12 mai 2024

DIMANCHE DE THOMAS Deuxième dimanche de Pâques

 Χριστὸς ἀνέστη
Христос Воскресе !
Le Christ est ressuscité!
 Christ is risen ! 

La grande majorité des saints sont commémorés à une date fixe, ce qui signifie que le jour de la semaine change chaque année. D'autres commémorations sont liées à Pâques et ont donc lieu à un jour fixe de la semaine, mais pas à une date fixe. C'est le cas par exemple du jour de l'Ascension, qui a toujours lieu un jeudi. 

Saint Basile d'octrog

La commémoration d'un saint a tendance à être éclipsée lorsque le jour du saint coïncide avec une commémoration biblique. Ce dimanche est le dimanche de Thomas, mais c'est aussi la commémoration de Saint Basile, ouvrier prodige d'Ostrog. Né en 1610 en Herzégovine, à l'époque où les Balkans faisaient partie de l'Empire ottoman, il était serbe et s'appelait Stojan Jovanovic.

On raconte qu'il était un garçon diligent et obéissant. Ayant travaillé avec le bétail, il était bon et généreux avec les paysans, partageant sa nourriture avec eux. Ses parents organisèrent son éducation au monastère de Zavala où son oncle paternel, le hiéromoine Seraphim, était l'higumène (abbé). Dans la bibliothèque du monastère, le jeune étudiant étudiait la Bible et tous les aspects de la foi. Au fur et à mesure qu'il grandissait dans la vie monastique, sa piété et sa modestie ne passaient pas inaperçues.  En conséquence, il fu élu évêque de Zahumlje et Skenderija en 1639, poste qu'il n'occupa que pendant dix ans, car il n'était pas vraiment adapté à la fonction d'administrateur.  Après son décès en 1671, il fut enterré dans le monastère d'Ostrog, qu'il avait fondé. Son tombeau, situé dans l'église troglodyte du monastère, devint rapidement un lieu de pèlerinage. De nombreuses personnes, non seulement des chrétiens orthodoxes, mais aussi des catholiques romains et des musulmans, furent attirées à Ostrog par les récits de miracles résultant des intercessions auprès du saint hiérarque Basile. C'est encore le cas aujourd'hui, où de nombreux pèlerins se rendent dans son sanctuaire, qui est l'un des principaux lieux de pèlerinage dans les Balkans.

+

Tropaire - Ton 7 

Lorsque le tombeau fut scellé, c'est toi, la Vie, ô Christ notre Dieu, qui sortit du tombeau, et lorsque les portes furent fermées, c'est toi, la Résurrection de tous, Qui Te tint au milieu des disciples, et qui, par eux, renouvela en nous l'esprit droit, selon Ta miséricorde. 

Dimanche dernier, aux vêpres pascales, nous avons entendu la lecture de l'Évangile (Jean 20, 19-25) qui nous présente la réaction de saint Thomas à l'annonce de la résurrection du Christ. Aujourd'hui, nous lisons ce même récit, mais il se poursuit jusqu'au verset 31, qui marque la fin de ce chapitre.

Saint Apôtre Thomas

La King James Version utilise l'expression "Thomas, l'un des douze, appelé Didyme". Dans certaines traductions, cette expression est rendue littéralement par "Jumeau". Thomas avait-il un frère ou une sœur ?  Si c'est le cas, cela n'est mentionné nulle part dans le Nouveau Testament. Le Synaxaire propose une autre explication possible. Thomas était de nature sceptique et avait tendance à avoir deux avis sur les choses. Le qualifier de sceptique né serait peut-être trop cynique, mais même s'il voulait accepter quelque chose, son esprit ne pouvait ignorer ses réserves à ce sujet.

Le passage que nous lisons commence un dimanche, le premier jour de la semaine. Nous pouvons difficilement imaginer la tension de cette soirée après le traumatisme de la crucifixion et l'annonce de la résurrection par les femmes myrrhophores plus tôt dans la journée.

Nous constatons également un autre changement : les Juifs ne sont plus "nous", mais "eux". Le fossé entre ceux qui ont accepté le Christ et ceux qui l'ont rejeté commence à se creuser. Les portes étaient fermées, mais le Christ entre, démontrant ainsi que le corps ressuscité n'est plus lié par des contraintes physiques, bien qu'il ne soit pas une simple apparition. Pour apaiser les craintes des disciples, Il leur dit : "La paix soit avec vous", ce qui signifie "n'ayez pas peur". 

Nous constatons également une autre évolution. Les disciples étaient des suiveurs, mais en tant qu'apôtres, ils sont investis de l'autorité qui fait d'eux des représentants du Seigneur. Le Christ souffle sur eux : "Recevez le Saint-Esprit", mais il s'agit d'une effusion partielle qui s'achèvera à la Pentecôte, lorsqu'ils recevront la plénitude des dons spirituels et le pouvoir d'accomplir des miracles pour l'avancement du Royaume.

Thomas, pour une raison quelconque, n'était pas présent à ce moment-là.

Saint apôtre Thomas et le Christ ressuscité

Lorsqu'il entendit la nouvelle, nous avons vu le Seigneur, son esprit a eu du mal à comprendre. De nos jours, nous pourrions utiliser l'expression "tu plaisantes ?" Thomas choisit la voie de la sécurité et exigea des preuves. Une semaine plus tard, la scène se répète et cette fois Thomas était présent.Le Seigneur sait tout, il n'attend donc pas que Thomas parle.Il lui renvoie les paroles de Thomas.Thomas est théologiquement inspiré pour exprimer les deux natures du Christ. Il l'appelle mon Seigneur, un mot utilisé dans le monde humain, et affirme ensuite sa foi par les mots .... et mon Dieu. Les mots Seigneur et Dieu désignent une seule et même personne.Le Christ dit : "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru".Il ne prive pas Thomas de sa part de bénédiction, mais approuve la foi des autres qui n'ont pas exigé de preuves et envoie un message à toutes les générations futures.

On pourrait s'interroger sur le corps ressuscité du Christ, qui, libéré de la grossièreté terrestre, n'est pas entravé par des murs et des portes. En même temps, il montre qu'il n'est pas un fantôme en démontrant qu'il peut être touché par des mains humaines. En effet, il montre à nouveau cette qualité en mangeant alors qu'il n'a pas besoin de nourriture sur terre. Il est clair que s'il était un simple fantôme, il ne pourrait pas manger.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND 




samedi 11 mai 2024

Père Stephen Freeman: UNE BELLE PAQUES – DANS UNE PRISON SOVIÉTIQUE – en 1928 (R)

Serge Schmemann, fils de Père Alexandre Schmemann, dans son merveilleux petit livre, Echoes of a Native Land [Echos d'un pays natal], rapporte une lettre écrite par l'un des membres de sa famille d'une génération antérieure, qui avait passé plusieurs années dans les prisons des Soviétiques et y était mort. La lettre, écrite la nuit de Pâques en 1928, est adressée à un membre de la famille, « Oncle Grishanchik » (c'était Grigory Trubetskoi qui avait réussi à émigrer à Paris). Cette lettre devrait devenir un classique de l'écriture orthodoxe et témoigner de la foi qui a soutenu tant de personnes et qui ressuscite aujourd'hui dans tant d'endroitsLe triomphe de la Résurrection transcende tellement sa cellule de prison qu'il est étonnant que les murs soient restés debout. Tout le livre est une lecture merveilleuse. Je le recommande sans réservation.

     

30 mars/ 12 avril 1928

Cher oncle Grishanchik, je vous salue, toi et tante Macha, avec le jour saint imminent, et je vous souhaite tout le meilleur. Pendant très, très longtemps, j'ai voulu t'écrire, cher oncle Grishanchik ; tu as toujours montré une telle préoccupation pour moi, tu m'as aidé si généreusement dans un moment difficile de ma vie, et, surtout, toute ton image est si inséparablement liée pour chacun de nous, tess neveux, à de si merveilleux souvenirs ; vous es toujours notre oncle très cher et bien aimé.

J'approche de la quatrième Pâques que je passerai derrière ces murs, séparé de ma famille, mais les sentiments pour ces jours saints qui ont été infusés en moi dès la plus tendre enfance ne me manquent pas maintenant ; depuis le début de la Semaine Sainte, j'ai senti l'approche de la fête, je suis la vie de l'Église, je me répète les hymnes des offices de la Semaine Sainte, et dans mon âme surgissent ces sentiments de tendre révérence que je ressentais quand j'étais enfant allant à la confession ou à la communion. A 35 ans, ces sentiments sont aussi forts et aussi profonds que dans ces années d'enfance.

Mon cher oncle Grishanchik, en passant en revue les Pâques passées en ma mémoire, je me souviens de nos dernières Pâques à Sergiyevskoye, que nous avons passées avec toi et tante Macha, et j'ai ressenti le besoin immédiat de t'écrire. Si tu ne l'as pas oublié, Pâques en 1918 était assez tardive, et le printemps était précoce et très chaud, alors quand, dans les dernières semaines du Carême, j'ai dû emmener tante Macha à Ferzikovo, les routes étaient impraticables. Je me souviens de ce voyage comme si c'était aujourd'hui ; c'était une journée chaude, lourde et humide, qui fit fondre la dernière neige dans les forêts et les ravins plus rapidement que le soleil le plus chaud ; où que l'on posait les yeux, [il y avait] de l'eau, de l'eau et encore de l'eau, et tous les bruits semblaient en sortir, du bouillonnement et du ruissellement des ruisseaux de tous côtés au tintement incessant d'innombrables alouettes. Nous avons dû aller en traîneau - pas sur la route, qui serpentait à travers les champs à moitié nus dans une seule crête boueuse, mais à côté, en choisissant soigneusement l'itinéraire. Chaque empreinte de sabot, chaque piste laissée par les cavaliers, se  transformait immédiatement en un petit ruisseau boueux, se précipitant quelque part. Nous avons roulé sans cesse, épuisant le pauvre cheval, et, finalement, après avoir échappé avec succès au champ de Polivanovo, l'un des endroits les plus difficiles, je suis devenu trop audacieux et j'ai tellement embourbé tante Macha que j'ai failli noyer le cheval et le traîneau ; nous avons dû dételer pour le retirer et nous mouiller jusqu'aux sourcils ; en un mot, c'était une « couleur locale » totale.

Je me souviens du sentiment que j'avais ce printemps de force croissante, mais tout ce vacarme printanier heureux, malgré toute la beauté et la joie de l'éveil de la nature, ne pouvait étouffer le sentiment d'alarme qui serrait le cœur de chacun de nous. Soit une main s'est levée dans une fureur insensée pour profaner notre Sergiyevskoye, soit il y avait le sentiment troublant que notre famille aimante et étroitement soudée était en train d'être brisée : Sonia loin quelque part avec un tas d'enfants, seule, séparée de son mari ;  Seryozha, qui vient de se marier, nous ne savons pas où ni comment, et toi, mon cher oncle Grisha et tante Macha, séparés de vos jeunes, en souci constant pour eux. C'était une période dure et difficile. Mais je crois qu'au-delà de ces problèmes spécifiques, ce brouillard spirituel avait une source commune plus profonde : nous tous, jeunes et vieux, nous nous trouvions alors à un tournant critique : sans nous en rendre compte, nous faisions nos adieux à un passé rempli de souvenirs bien-aimés, tandis que devant nous se profilait un avenir hostile et totalement inconnu.

Et au milieu de tout cela vint la Semaine Sainte. Le printemps était à ce stade où la nature, après une grande poussée pour se débarrasser des chaînes de l'hiver, se calme soudainement, comme si elle se reposait de la première victoire. Mais sous ce calme apparent, il y a toujours le sentiment d'un processus complexe et caché qui se déroule quelque part au plus profond de la terre, qui se prépare à s'ouvrir de toute sa force, dans toute la beauté de la croissance et de la floraison. Le labourage et l'ensemencement de la terre dégageaient de riches parfums, et, suivant la charrue sur le sillon suivant et doucement tourné, tu fus enveloppé dans la merveilleuse odeur de la terre humide. J'ai toujours été enivré par cette odeur, parce que, en elle,  on sent le pouvoir créatif illimité de la nature.

Je ne sais pas comment vous vous sentiez tous à l'époque, parce que j'ai vécu une vie totalement à part et que je travaillais du matin au soir dans les champs, ne voyant pas et, oui, ne voulant rien voir d'autre. C'était trop douloureux de penser, et seul l'épuisement physique total donnait une chance, sinon d'oublier, du moins de s'oublier soi-même. Mais avec la Semaine Sainte, j'ai commencé les offices à l'église et à la maison, j'ai dû diriger le chœur en répétition et à l'église ; le Mercredi Saint, j'ai fini le semis d'avoine et, en rangeant la charrue et la herse, je me suis entièrement consacré au diapason. Et c'est là que commença ce que je n'oublierai jamais !

Cher oncle Grishanchik ! Te souviens-tu de l'office des Douze Evangiles dans notre église de Sergiyevskoye ? Te souviens-tu de cette manière merveilleuse et inimitable de notre petit prêtre ? Ce printemps, cela fera neuf ans qu'il est décédé pendant le service de Pâques de minuit, mais même maintenant, quand j'entends certaines litanies ou certaines lectures de l'Évangile, je peux entendre la voix exaltée de notre gentil pasteur, ses intonations perçant l'âme même. Je me souviens que tu avais été touché par cet office, que cela a eu un grand impact sur toi. Je vois maintenant l'énorme crucifix s'élever au milieu de l'église, avec les silhouettes de la Mère de Dieu d'un côté et de l'apôtre Jean de l'autre, encadrées par des lumières votives multicolores, la flamme agitante de nombreux cierges et, parmi la foule tout à fait familière des paysans de Sergiyevskoye, ta silhouette près du mur de route, devant le comptoir des cierges, avec une expression de contemplation sur le visage. Si seulement tu savais ce qui se passait dans mon âme à ce moment-là ! Ce fut tout un revirement, une révélation énorme révélation et salvatrice !

Ne sois pas surpris que j'écrive de cette façon ; je ne pense pas exagérer quoi que ce soit, c'est juste que je ressens une grande émotion en me souvenant de toutes ces choses, parce que je m'interromps continuellement pour aller à la fenêtre et écouter. Une nuit calme et étoilée plane au-dessus de Moscou, et je peux entendre d'abord une, puis une autre église annoncer les Évangiles successifs avec les sons lents et mesurés de la cloche. Je pense à ma Lina et à notre Marinochka, à Papa, à maman, à mes sœurs, à mes frères, à vous tous, ressentant la tristesse de l'expatriation ces jours-ci, tous si chers et si proches. Aussi douloureuse que soit, surtout en ce moment, la conscience de notre séparation, je crois quand même fermement, inébranlablement, que l'heure viendra où nous nous réunirons tous, tout comme vous êtes tous rassemblés maintenant dans mes pensées.

1/14 avril - Ils m'ont permis de finir d'écrire des lettres, et je me suis délibérément assis pour les terminer ce soir. À tout moment, les matins de Pâques commenceront ; dans notre cellule, tout est propre, et sur notre grande table commune se trouvent les koulitchs et la paskha, un énorme « X.B ». [Christos Voskrese « Christ est ressuscité »] à partir de cresson frais est magnifiquement disposé sur une nappe blanche avec des œufs aux couleurs vives tout autour. C'est exceptionnellement calme dans la cellule ; afin de ne pas éveiller les gardes, nous nous couchons tous sur des lits de camp abaissés (nous sommes 24) en attendant [que sonnent] les cloches, et je me suis assis pour vous écrire à nouveau.

Je me souviens que je suis sorti de l'église Sergiyevskoye à cette époque submergé par une masse de sentiments et de sensations, et que mon brouillard spirituel antérieur semblait une bagatelle, ne méritant aucune attention. Dans les grandes images des services de la Semaine Sainte, l'horreur du péché de l'homme et la souffrance du Créateur conduisant au grand triomphe de la résurrection, j'ai soudainement découvert ce commencement éternel et indestructible, qui était aussi dans ce printemps temporairement tranquille, cachant en lui-même la semence d'un renouvellement total de tout ce qui vit. Les services se sont poursuivis dans leur ordre austère et riche ; les images remplaçant les images, et quand, le Samedi Saint, après le chant de « Lève-toi, ô Seigneur », le diacre, après s'être changé en ornement blanc, est entré au centre de l'église jusqu'à l'épitaphes pour lire l'évangile sur la résurrection, il me sembla que nous étions tous mêmement émus, que nous ressentions tous la même chose et que nous priions tous de concert.

Pendant ce temps, le printemps passa à l'offensive. Lorsque nous marchions vers les matins de Pâques, la nuit était humide, de lourds nuages couvraient le ciel, et en marchant dans les ruelles sombres du parc des tilleuls, j'imaginais un mouvement dans le sol, comme si d'innombrables plantes invisibles poussaient à travers la terre vers l'air et la lumière.

Je ne sais pas si nos matines de Pâques à minuit t'ont alors impressionné. Pour moi, il n'y a jamais eu, et il n'y aura jamais, rien de mieux que Pâques à Seriyevskoye. Nous sommes trop organiquement liés à Sergiyevskoye pour que quoi que ce soit le transcende, pour évoquer tant de bien. Ce n'est pas là un patriotisme aveugle, parce que pour nous tous, Seriyevskoye était ce berceau spirituel dans lequel est né et a grandi tout ce par quoi chacun de nous vit et respire.

Mon cher oncle Grishanchik, comme je te l'ai écrit, les sonneries éparses autour de Moscou sont devenue une puissante sonnerie de fête. Les processions ont commencé, les sons des pétards nous atteignent, une église après l'autre rejoint le vacarme croissant des cloches. La vague sonore gonfle. Voilà ! Quelque part entièrement à proximité, une petite église perce l'accord commun brillamment, avec une petite voix si joyeuse et si exultante. Parfois, il semble que le tumulte ait commencé à diminuer, et soudain une nouvelle vague se précipite avec une force inattendue, un grand hymne entre ciel et terre.

Je ne peux plus écrire ! Ce que j'entends maintenant est trop bouleversant, trop beau, pour essayer de le transmettre avec des mots. Le sermon incontestable de la Résurrection semble sortir de ce puissant cri de louange. Mon cher oncle Grishanchik, il fait si bon dans mon âme que la seule façon dont je puisse exprimer mon esprit est de te dire une fois de plus: le Christ est ressuscité !

Georgy