Bien-aimés, même si le jeûne est terminé, que la piété demeure. Même si le temps de la sainte quarantaine [jeûne de quarante jours] est révolu, n'en laissons pas de côté le souvenir.
Que personne ne soit mécontent de cette exhortation; car je ne le dis pas pour vous imposer une autre période de jeûne, mais parce que je souhaite, à la fois que vous vous détendiez et que vous fassiez maintenant un jeûne plus exact but mais véritable. Car il est possible pour celui qui ne jeûne pas de jeûner. Comment est-ce? Je vais vous le dire.
Alors que d'un côté nous prenons de la nourriture, de l'autre, abstenons-nous du péché. Car c'est le jeûne qui nous aide, et c'est en vue de ce jeûne que nous nous abstenons de nourriture, afin de pouvoir plus facilement courir dans la voie de la vertu. Par conséquent, si nous souhaitons à la fois prendre soin du corps et garder l'âme exempte de péché, prenons garde et agissons en conséquence.
Cette manière de jeûner sera plus facile pour nous. En ce qui concerne l'autre type, je veux dire l'abstention de nourriture, j'entendais beaucoup d'hommes dire qu'ils avaient du mal à supporter le fardeau du manque de nourriture, et blâmer la faiblesse de leur corps, et prononcer de nombreuses autres lamentations amères, disant que leur santé était ruinée parce qu'ils devaient se passer de bain et limiter leur consommation à de l'eau. Aucune excuse de ce genre n'est possible en ce qui concerne le jeûne du péché. Il est possible de profiter de toutes ces choses et de fournir le service correspondant au corps, et aussi de prendre soin de l'âme.
En fait, je ne vous exhorte pas maintenant à vous abstenir de l'une de ces choses. Éloignez-vous seulement du péché et montrez-vous constamment fidèle à cette abstinence. De cette façon, vous pourrez à chaque période de votre vie, pratiquer le véritable jeûne. Rien ne vous empêche de jouir avec modération des choses que j'ai énumérées; mais le péché sous toutes ses formes est interdit. Le péché, cependant, naît précisément de sources telles que la luxure, la gourmandise et trop de paresse. Par conséquent, j'exhorte, puisque nous savons clairement que ce sont des erreurs, n'utilisons pas ce qui ne va pas sous prétexte que nous nous détendons.
Je vais maintenant répéter ce que j'ai souvent dit auparavant: de même que l'usage modéré de la nourriture profite grandement à la fois à la santé du corps et à l'état de l'âme, de même, d'un autre côté, l'abus de nourriture corrompt tout l'homme, corps et âme.
L'excès de manger et de boire affaiblit la force du corps et détruit la santé de l'âme. Fuyons donc l'excès et ne devenons pas négligents en ce qui concerne notre propre salut; puisque nous savons que l'excès est la racine de tout mal, prenons soin de l'éliminer. Chaque forme de péché jaillit de la luxure comme de sa source. Ces vices nous font sombrer dans le péché comme le carburant fait brûler un feu. En cas d'incendie, une abondance de combustible crée un feu plus important et soulève les flammes en hauteur. De même ici, si nous nous abandonnons au luxe et à l'ivresse, nous agrandissons le bûcher brûlant de nos péchés.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
SOURCES:
Saint Jean Chrysostome, Saint Jean Chrysostome: Instructions baptismales, "La Cinquième Instruction", (Mahwah, NJ: Paulist Press, 1963), pp. 80-81.

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