"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mardi 18 février 2020

Kirill Alexandrov : Qui sont les archontes du Patriarcat de Constantinople ?

Archontes du patriarcat de Constantinople.
Photo : A.S.Org.
Quel rôle les clans grecs influents jouent-ils dans le renforcement du pouvoir de Phanar et quels sont leurs rapports avec l'Ukraine ?

Avec la chute de Constantinople sous l'assaut des Turcs ottomans en 1453, la position du patriarcat de Constantinople a connu des changements importants : d'une part, il est passé de dominant à juste toléré dans un pays musulman, et d'autre part, il a été voué aux fonctions administratives non caractéristiques pour l'Église de la population grecque (rum-millet) de l'Empire ottoman.

La politique de Phanar a été fortement influencée par les riches laïcs, qui étaient appelés archontes du Patriarcat de Constantinople. Quelle est cette organisation aujourd'hui, qui y joue les premiers rôles et quelles tâches se fixe-t-elle ?

"Le fils du Diable" et autres.

La conquête de Constantinople par les Turcs a apporté des changements importants à la population grecque. Mais tous n'étaient pas négatifs. L'historien anglais bien connu Steven Runciman a écrit : "Le sultan était également bien conscient que les Grecs pouvaient être utiles à son empire. Les Turcs lui fourniraient des souverains et des guerriers, mais ils manquaient de compétences dans le commerce et l'industrie ; peu d'entre eux étaient de bons marins ; et même au village, ils étaient pasteurs plutôt qu’agriculteurs. La coopération avec les Grecs était essentielle pour l'économie de l'empire. <...> L'une des conséquences les plus imprévues de la conquête ottomane fut la reprise de la vie commerciale grecque. <...> Peu de Turcs avaient une propension ou un goût pour le commerce, et le commerce dans les vastes domaines du sultan, en pleine expansion, tomba entre les mains des peuples serviles : Juifs, Arméniens, et surtout Grecs. Le génie commercial grec a toujours prospéré dans les régions où les Grecs étaient privés de pouvoir politique, et de ce fait leur ambition et leur énergie étaient dirigées vers le commerce.

Les Turcs et les Grecs ont formé une symbiose très efficace : les Turcs fournissaient une couverture militaire et politique, de types divers, et les Grecs gagnaient beaucoup d'argent dans ces conditions favorables. Bientôt, de très riches dynasties grecques se sont formées, dans lesquelles non seulement a été transféré de père en fils le capital, mais aussi des relations utiles, ainsi que l'expérience et les connaissances dans la conduite d'opérations commerciales.

Les représentants de dynasties grecques aussi célèbres que les Lascaris, Duca, Argir, Ipsilanti, Cantacuzène et d'autres encore ont joué un rôle très important dans l'histoire. Il y avait des légendes sur leur richesse. Par exemple, au XVIe siècle, Michel Cantacuzène était l'un des hommes les plus riches de tous les peuples d'Orient. Une description intéressante fut donnée de lui par un des descendants de la dynastie, Michel Cantacuzène-Speransky, dans son livre "La Saga des Cantacuzène-Speransky" : "Commerçant de sel et de fourrure russe, voleur uniforme pour tout ce qui concerne son argent (surtout quand il faisait du commerce avec les Turcs après le renvoi du Patriarche Mitrophane), créancier cruel – on l'appelait Chaïtan-Oğlu - fils du Diable".

Naturellement, ces riches Grecs, d'une part, apportèrent une aide matérielle importante au patriarcat de Constantinople et, d'autre part, acquirent tellement du pouvoir au sein même du patriarcat où ils pouvaient mettre des patriarches sur le trône et les en retirer. Ainsi, le même Michel Cantacuzène déposa l'un des plus éminents patriarches de Constantinople de la période ottomane, Joasaph II, pour ne pas avoir béni le mariage -contraire aux canons de l'Eglise- qu'il souhaitait.

Les Turcs et les Grecs formaient une symbiose efficace : les Turcs assuraient une couverture militaire et politique, tandis que les Grecs gagnaient beaucoup d'argent.

Avec le temps, ces riches familles grecques commencèrent à construire des maisons près du patriarcat de Constantinople dans la région du Phanar et commencèrent à être appelées archontes. Ce mot lui-même est assez ambigu. Dans la Grèce antique, les plus hauts fonctionnaires des villes-États étaient appelés archontes. Dans l'Empire byzantin, on nommait ainsi des gouverneurs qui reconnaissaient néanmoins l'autorité de l'empereur sur eux-mêmes. Mais à certains endroits de l'Évangile dans l'original grec, le Diable est appelé archonte ("άρχων του κόσμου τούτου" - "prince de ce monde"). Et dans le gnosticisme, les mauvais esprits étaient appelés archontes!

Une augmentation significative de l'influence des archontes dans les affaires du patriarcat est due au fait que l'administration turque donna la permission d'occuper les plus hautes fonctions de l'Eglise par le biais du système corrompu de Berat, pour lequel les Turcs prirent beaucoup d'argent. Comme l'écrit Runciman, "à la fin du 17ème siècle, la somme habituelle payée par le patriarche pour son office était d'environ 20.000 livres-or - environ 3.000 livres".

Cet argent devait bien venir de quelque part. Et alors les archontes avec leur capital vinrent à l'aide. Où cela a mené, est décrit avec éloquence par l'un des évêques modernes du patriarcat de Constantinople, le Métropolite Calliste (Huer) dans son livre "L'Eglise Orthodoxe" :

"Le sommet de l'administration de l'Eglise était impliqué dans un système dégradant de corruption et de simonie. Les évêques empêtrés dans de sombres affaires et des intrigues politiques devinrent les victimes de l'ambition et de la cupidité. Chaque nouveau patriarche demandait au sultan le droit de monnayer les   postes, et il devait payer cher ce document. Le patriarche couvrait ses dépenses aux frais des évêques, recevant de chacun d'eux une récompense pour avoir été nommé à la tête du diocèse ; ces derniers, à leur tour, taxaient les prêtres de paroisse et les autres prêtres du troupeau. Ce dont la papauté était autrefois accusée fut sans doute vrai dans le patriarcat œcuménique sous les Turcs : tout était vendu.

Lorsqu'il y avait plusieurs candidats au trône patriarcal, les Turcs le vendaient généralement à celui qui payait le plus. Ils comprirent vite qu'il était dans leur intérêt financier de changer de patriarche le plus souvent possible pour pouvoir vendre des mitres. Les patriarches changeaient et étaient reconduits à une vitesse kaléidoscopique. Sur les 159 patriarches qui occupèrent le trône entre le XVe et le XXe siècle, 105 furent déposés par les Turcs, 27 abdiquèrent, et furent souvent contraints de le faire par la force, 6 patriarches moururent de mort violente, ayant été pendus, empoisonnés ou noyés, et seulement 21 d'entre eux sont morts de mort naturelle pendant leur mandat. La même personne devint parfois patriarche 5-6 fois, et plusieurs anciens patriarches vécurent généralement en exil, attendant obstinément une occasion de revenir sur le trône.

L'extrême instabilité des patriarches donna naturellement lieu à une intrigue constante parmi les métropolites du Saint Synode, qui se précipitaient vers le siège vacant, et généralement les dirigeants de l'Église étaient divisés en partis extrêmement hostiles. "Tout bon chrétien, - écrivait au XVIIe siècle un Anglais qui vivait en Orient, - est forcé de voir avec tristesse et de constater avec compassion comment cette Eglise autrefois glorieuse se déchire de l'intérieur et en jette les morceaux aux corbeaux, aux vautours et aux autres créatures sauvages et sanguinaires du monde.

Michel Cantacuzène renvoya le patriarche pour ne pas l'avoir béni par un mariage convoité, mais contraire aux canons de l'Eglise.

Bien sûr, le rôle des archontes ne fut pas entièrement négatif. Ils allouaient des fonds pour l'éducation, les livres. Ainsi, Michel Cantacuzène rassembla la plus riche bibliothèque de l'époque, qui après son exécution par les Turcs fut presque toute achetée par des monastères du Mont Athos.

Les archontes payaient souvent pour l'éducation des jeunes Grecs dans les écoles européennes, pour la plupart catholiques. Cependant, pour y étudier, il fallait souvent se convertir au catholicisme, du moins pour le temps des études.

Et au XIXe siècle, pendant la lutte pour l'indépendance de la Grèce, les archontes, avec leur argent, leurs liens avec les dirigeants de différents pays et leur influence sur la société grecque, contribuèrent au fait que la Grèce était encore capable de se libérer des Turcs. Ypsilantis [Alexandre], général de l'armée russe et aide de camp de l'empereur Alexandre Ier, mena en 1821 la guerre d'indépendance, qui conduisit la Grèce à l'indépendance.

Les loyaux serviteurs du Phanar

Au XXe siècle, la Société des archontes du patriarcat de Constantinople fut institutionnellement formée. Le 10 mars 1966, au cours du patriarcat du patriarche Athénagoras Ier (celui qui, immédiatement après son accession au trône, déclara que sa tâche principale était de promouvoir les intérêts américains), un ordre religieux des archontes fut créé - l'Ordre de Saint-André l'Apôtre. Son deuxième nom est "Les Archontes du Patriarcat Œcuménique".

L'Ordre fut créé à l'Archidiocèse américain du patriarcat de Constantinople sous la forme d'une organisation publique à but non lucratif. Et en 1991, le Synode du Patriarcat de Constantinople établit un ordre séparé pour les a rchontes vivant hors d'Amérique - la Fraternité des officiers (Archontes de la  "Sainte Vierge".

Le mentor spirituel de l'Ordre du Saint-Apôtre André est le chef de l'archidiocèse américain. C’est maintenant l'archevêque Elpidophore (Lambriniadis). Le même qui formula le concept de suprématie du Patriarche de Constantinople, "Le Premier sans égal" (sic !).

L'Ordre est directement dirigé par un commandeur national. Il s'agit maintenant d'Anthony Limberakis. Les organes directeurs sont également le Comité exécutif et le Conseil national.

Chaque année, le patriarche de Constantinople attribue le titre d'archonte à une vingtaine de candidats. Les critères de sélection, selon la procédure en vigueur sur archontes.org, sont les suivants

Le candidat a-t-il des antécédents d'activité dans sa paroisse locale, sa métropole et son église nationale ?
Le candidat est-il prêt et capable de mettre son temps, son talent et ses finances au service de la protection de la liberté religieuse du Patriarcat œcuménique ?
Le candidat est-il disposé et capable de parler aux responsables locaux, étatiques et/ou fédéraux pour soutenir la liberté religieuse du Patriarcat œcuménique ?
Le candidat est-il disposé et apte à visiter ou à participer à des pèlerinages au Patriarcat œcuménique ?
Comment le candidat peut-il contribuer à la défense des intérêts du Patriarcat œcuménique ?
Il n'est pas difficile de remarquer que pratiquement toutes les exigences concernent la dévotion non pas à l'Orthodoxie en général, mais au patriarcat œcuménique (de Constantinople). Cette liste ne formule même pas les exigences relatives à l'image morale du candidat.

Il n'est pas simple que la liste des critères inclue la volonté du candidat de faire pression pour les intérêts du Phanar auprès des autorités américaines. En 2006, l'Ordre des Archontes a lancé un projet de "Résolution sur la liberté religieuse", qui a été adopté par tous les États américains sauf quatre.

D'après le titre de la résolution, on pourrait conclure qu'elle vise à établir la liberté religieuse dans les États pour toutes les organisations religieuses ou au moins orthodoxes. Mais ce n'est pas le cas. Les dispositions de la résolution ne concernent que la défense des droits du Phanar devant les autorités turques. En particulier, l'administration turque est tenue de reconnaître que le patriarche de Constantinople a un "statut universel" et n’est pas seulement le chef de la communauté orthodoxe locale.

Epiphane Doumenko et "le premier sans égal"

L'Ordre des Archontes a participé directement au projet de l'église orthodoxe d'Ukraine [schismatique] En août 2018, lorsque le patriarcat de Constantinople n'a pas décidé de créer l’église orthodoxe d’Ukraine sur la base de deux confessions ukrainiennes qui se divisaient, l'Ordre des Archontes a déclaré qu'il "appelle tous les chrétiens orthodoxes à se rappeler que le Patriarche œcuménique a le droit de donner le Tomos d'autocéphalie à l'Église orthodoxe ukrainienne, s'il décide de le faire."

Et en 2019, lors de la réunion annuelle de l'Ordre aux États-Unis, le chef de l'église orthodoxe ukrainienne [chismatique], Epiphane Doumenko, a reçu le prix Athénagoras dans le domaine des droits de l'homme. Selon la description du prix sur archontes.org, il "est décerné chaque année lors du banquet annuel de l'Ordre à une personne ou à une organisation qui, par ses actions, ses intentions et son dévouement, fait preuve d'un souci constant pour les droits fondamentaux et la liberté religieuse de tous les peuples.
 
Remise du "Prix des droits de l'homme Athénagoras" 
à Epiphane Doumenko.
Photo : pomisna.info
Il semble assez cynique de décerner le prix pour "qui a le souci des droits fondamentaux et de la liberté religieuse de tous les peuples" au chef d'une organisation religieuse dont les adhérents s'emparent des temples d'une autre confession en Ukraine, battent les prêtres et les paroissiens et commettent d'autres atrocités.

Lors de la remise du prix, le Commandeur de l'Ordre Anthony Limberakis a souligné "la longue expérience du métropolite Epiphane dans la défense du patriarcat œcuménique. Et archontes.org a rapporté que "le métropolite Epiphane était un partisan actif de la liberté religieuse et un défenseur clé de l'église et des prérogatives canoniques du patriarcat œcuménique.

Un autre domaine d'activité de l'Ordre des Archontes est de soutenir les initiatives œcuméniques visant à réunir le patriarcat de Constantinople et le Vatican. En 2007, l'Ordre a déclaré le pape Benoît XVI et le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople "Apôtres de la paix".

Le 10 janvier 2020 l'Ordre a proclamé le pape Benoît XVI et le patriarche Bartholomée Ier "Apôtres de la paix". L'Ordre a tenu sa réunion fondatrice à New York, où il a créé la "Fondation patriarcale œcuménique de Saint-André". Son président fut Anthony Limberakis, commandeur national de l'Ordre des Archontes.

La Fondation est conçue pour "aider le Patriarcat œcuménique à protéger son autorité canonique aux États-Unis et ailleurs", ainsi que pour "défendre et préserver le rôle de leader du patriarcat œcuménique parmi les diverses juridictions et organisations orthodoxes dans le monde".

Le patriarche Bartholomée a récemment déclaré que le patriarcat de Constantinople "est adoré non seulement par nos propres enfants spirituels, mais aussi par d'autres - toute l'Orthodoxie dans le monde chrétien", oubliant probablement les paroles du Christ : "adorez le Seigneur votre Dieu et servez-Le seul" (Matthieu 4, 10).

Toutefois, il convient de noter que le concept de suprématie du patriarche de Constantinople "Premier sans égal" n'est pas seulement un raisonnement théorique général. Ce concept est soutenu par un solide soutien financier et organisationnel. La seule question est : ce concept est-il Orthodoxe ou anti-Orthodoxe ?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

lundi 17 février 2020




APPEL A SOUSCRIPTIONS : 10€ POUR SAUVER LE SALON CULTUREL SLAVE DE PARIS IV !

« Les esprits sans culture et sans lumières qui ne connaissent d'autres objets de leur estime que le crédit, la puissance et l'argent, sont bien éloignés de soupçonner même qu'on doive quelque égard aux talents, et qu'il y ait du déshonneur à les outrager ». Nous tenons ce bel enseignement de Jean-Jacques Rousseau !

Mesdames, messieurs,
Au début de l’année, nous vous avions annoncé sur les groupes de diffusion de l’Université Paris IV la tenue du Salon culturel slave, à l’initiative d’un collectif d’étudiant·e·s bénévoles, qui doit se tenir les vendredi 24 et samedi 25 avril 2020 au Centre Universitaire Malesherbes, dans le 17ème arrondissement. Nous vous y invitons bien sûr très chaleureusement, et nous vous suggérons de vous abonner à notre page, si vous souhaitez être renseigné·e·s des actualités du Salon ! Un premier stand a même pu être dévoilé en janvier : celui concernant les Femmes illustres du monde slave.
Depuis, bien d’autres idées ont vu le jour : des stands thématiques sur les différents pays, souvent méconnus ou complètement inconnus, seront proposés, les maisons d’éditions et associations travaillant sur le monde slave seront également au rendez-vous. Sans parler du reste de la programmation : conférences, rencontres-lecture avec des autrices et des auteurs, une pièce de théâtre mise en scène par les étudiantes et les étudiants du département de polonais, projection-débat du film "La plaisanterie" de Jaromil Jireš, tourné dans le contexte du dégel du « Printemps de Prague » en 1968, et d’après le roman éponyme de Milan Kundera…
Malgré cette programmation solide, riche et exigeante sur le plan culturel comme intellectuel, malgré l’apport manifeste d’un tel événement pour la communauté universitaire, malgré un investissement, certes invisible du grand public, mais restant massif, quasi-quotidien, des bénévoles au sein du comité d’organisation, la tenue du Salon est aujourd'hui sérieusement menacée !
En plus de toute la charge temporelle et intellectuelle assumée sans aucune contrepartie, en plus du paiement des droits audiovisuels, comme des frais quotidiens et usuels sans qu’aucune subvention ne soit distribuée, afin notamment de garantir l’indépendance financière du Salon, on nous annonce désormais une nouvelle facture à payer par les bénévoles organisant le Salon depuis des mois, pour financer un service de gardiennage à l’entrée du site lors de la journée du samedi.
Une telle mesure, plus dissuasive que préventive, est en plus une opération particulièrement coûteuse !
Mais vu l’importance et la nécessité de la tenue du Salon, au regard de l’état d’avancement du projet, nous sommes prêt·e·s à assumer nous-mêmes une partie de ce coût, non négligeable pour un budget étudiant contraint !
Toutefois, nous ne pourrons pas payer l’intégralité de cette nouvelle facture !
Aujourd’hui, nous avons vraiment besoin d’aide ! Nous n'avons pas la prétention de dire que l'effort que nous demandons est facile à accomplir et indolore pour quiconque ! Toutefois, si, chacun·e venait à apporter sa modeste pierre à l’édifice, si 50 personnes acceptaient de contribuer à hauteur de 10€, nous aurons les 500€ qui nous manquent pour payer le gardiennage et le Salon pourra se tenir, dans la joie et le bonheur ( et la sécurité ) ! "Ad Augusta per Angusta" - pouvant se traduire du latin par "Vers des sommets par des chemins escarpés" -, comme s'étaient donnés pour mot de passe les conjurés dans l'acte IV de "Hernani" de Victor HUGO ;)
En contribuant, même très modestement, vous contribuerez à l’organisation d’un événement, où des personnes vont présenter leurs travaux dans un espace démocratique et ouvert, échanger des idées pour faire vivre l’intelligence collective, penser, en quelque sorte, le Bien commun !

Si vous aussi, vous souhaitez contribuer à sauver le Salon culturel slave, à hauteur de vos moyens, nous vous invitons :
- à vous rendre directement à l’U.F.R. d’études slaves ( 108, Boulevard Malesherbes, face au métro 3 Malesherbes, 3ème étage, bureau 332 ) pour déposer votre contribution dans l’urne dédiée. Cette option est privilégiée, si possible à la seconde, car elle permet une gestion interne de la trésorerie !
- à contribuer en ligne via la cagnotte « Leetchi » mise en place, en suivant le lien :


Merci d’avance pour toutes vos contributions ! N’hésitez pas à partager et relayer l’information.

Sagesse


Ne dis pas qu'il n'y a pas de salut
Toi qui es épuisé par les afflictions:
Plus la nuit est sombre, plus les étoiles sont brillantes
Plus la douleur est profonde, plus Dieu est proche...

Apollon Maïkov
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*

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dimanche 16 février 2020

Le monastère Saint Nicolas d’Andros a besoin de votre aide

Icône de la Mère de Dieu "Racine de Jessé"

Entrée du Catholicon dédié à saint Nicolas le thaumaturge

Diverses vues du monastère



Connu en Grèce comme lieu de pèlerinage, le monastère Saint Nicolas d’Andros, dans les Cyclades, l’est également des fidèles occidentaux depuis maintenant quelque trois décennies. Fondé au XIe siècle, et rénové en 1760, il abrite plusieurs chapelles contenant de nombreuses reliques, dont la catholicon dédié à Saint Nicolas ; mais sa notoriété est surtout due à la présence de deux icônes thaumaturges de la Très Sainte Mère de Dieu.

La première, la « Racine de Jessé », datant du XVe s. et placée sur l’iconostase du catholicon, sécrète un myrrhon très parfumé qui est la source de nombreux miracles, parmi lesquels de non moins nombreuses guérisons [Cf. https://orthodoxologie.blogspot.com/2008/07/miracle-de-licne-de-la-mre-de-dieu.html].

La seconde, I Pandon Elpis (L'Espérance de tous), du XVe s. également, est une fresque située sur le mur de l’exonarthex, qui pleure à chaque fois que le monde va connaître un malheur (guerre, catastrophe, ou autre événement… ). Des branches de lys séchées sont accrochées sur les deux côtés de l’image et des boutons apparaissent miraculeusement avant les fêtes de la Toute Sainte, qui fleurissent pleinement le jour exact de la fête. [voir photo ci-dessous]

Lorsque le frère José Muñoz, gardien de l’icône miraculeuse de la Portaïtissa d’Iviron (appelée aussi Portaïtissa de Montréal), visita le monastère le 29 octobre 1997, à la stupéfaction du moine qui ouvrit la porte de l’église, la fresque avait les yeux gonflés de larmes qui se mirent aussitôt à couler : le lendemain, José Muñoz mourait en martyr à Athènes ! 


Fresque en temps normal

Fresque "pleurant"

Frère José Cortès Muñoz laissa un message touchant sur le livre d'or du monastère. Ce fut la dernière chose qu'il écrivit avant de naître au Ciel en martyr.

[Merci à Dieu de m'avoir béni pour visiter un véritable monastère, avec de véritables moines. José Cortes Muñoz]

Situé sur un escarpement rocheux qui ne permet pas l’agriculture, le monastère n’a d’autre ressource principale que l’accueil des pélerins. Après plus de cinq décennies d’intense activité durant lesquelles le nombre des moines a été variable, ce lieu saint se retrouve aujourd’hui avec quatre moines, dont trois âgés – l’higoumène Dorothée, bien touché dans sa santé, les Pères Euthyme et Boniface, et un novice – pour assurer les services quotidiens, l’entretien des chapelles et celui des bâtiments, alors que le nombre de pèlerins a brutalement chuté, ces dernières années, en conséquence de la crise économique. Dans cette situation matériellement très critique, un drame est récemment venu s’ajouter.

En octobre passé, le Père Euthyme est tombé en voiture dans un précipice de l’île. Très grièvement blessé, sa vie n’a pu être sauvée de justesse que par l’intervention d’une équipe de secours privée, avec hélicoptère, et un transfert en urgence dans une clinique, également privée, pour lui prodiguer les premiers soins (diverses opérations délicates) nécessaires pour lui sauver la vie, car ni les secours et hôpitaux officiels n’auraient été en mesure d’assurer ces deux démarches.

Cela a impliqué que, pour le maintenir en vie, le Père Dorothée a dû instantanément s’engager dans un emprunt démesuré – puisque le monastère ne dispose d’aucun fonds et que personne de l’entourage ne dispose de moyens financiers – : la première des opérations d’urgence - à titre d’information - ayant, à elle seule, coûté la somme de 10.000 euros (!).

A cela s’ajoute le fait que le rétablissement du Père ne se fait pas correctement : à la fin de l’année, il ne pouvait toujours pas poser les pieds par terre. Aussi une convalescence avec rééducation s’avère indispensable et seule une clinique privée est capable d’assurer de tels soins. L’hospitalisation risque donc de se prolonger de façon imprévue.

A cette épreuve soudaine et violente est venue s’en adjoindre une autre : des pluies dévastatrices ont occasionné des glissements de terrain en octobre, et ont endommagé sérieusement diverses chapelles du monastère – ainsi que l’église de l'Archange Saint Michel, dont des parties de murs se sont écroulées – où se trouvent des fresques, des icônes et des reliques qui doivent absolument être protégées des intempéries, à cause des moisissures qui se développent très rapidement avec le climat humide.

Contre toute attente, l’Etat n’est pas disposé à venir en aide. Car, dans le contexte actuel, il doit plutôt augmenter et multiplier ses impôts en tous genres, afin de satisfaire aux exigences de la Communauté Européenne.

En synthèse, trois moines, dont deux âgés et atteints dans leur santé se retrouvent seuls pour faire fonctionner le monastère, tout en assumant la vie liturgique quotidienne, mais n’arrivent plus à eux trois à assurer l’entretien des reliques et du patrimoine.

Un exemple parlant donnera l’ampleur de cette situation critique à l’extrême : à côté des biens de première nécessité de la vie quotidienne – plus chers sur l’île que sur le continent, à cause des frais de transport -, d’autres frais fixes imposent leurs obligations sur la vie matérielle du monastère, ainsi le chauffage, qui s’avère indispensable pour protéger les fresques, icônes et reliques des moisissures, non seulement en hiver mais selon la météo, coûte en moyenne la somme de 40.000 euros par an (!) – alors que le Père higoumène, par économie, ne chauffe pas le monastère, excepté le réfectoire au moment des repas, et à une température maximale de 18°.

Il convient de préciser que, jusqu’ici, cette somme importante avait pu être prise en charge par la Fondation Héritage Orthodoxe (sise à Genève), destinée à venir en aide à des biens culturels immobiliers (mais non, toutefois, à des personnes ou à la vie religieuse). Or, cette année, dans le contexte général des restrictions financières de toutes sortes, cette fondation peine à trouver des donateurs pour assurer ce service.

Aussi, faute de ressources, le monastère se retrouve à l’abandon, et il lui est impossible maintenant de continuer sans soutien extérieur.

Si vous souhaitez venir en aide, toute contribution sera bienvenue.

Vous pouvez faire un don par versement bancaire à :


Fondation Héritage Orthodoxe (Geneva, Switzerland)
IBAN : CH8904835177686032001
SWIFT CRESCHZZ80A
Référence : Monastère de Saint Nicolas

(Les versement effectués depuis la Suisse peuvent obtenir une attestation de dons pour déduction fiscale)



Que Dieu bénisse votre soutien !

Lieu où naquit saint Serge de Rafdonège

samedi 15 février 2020

Sur le blog de Maxime: MANIFESTE ANTICLÉRICAL (sic)


Au nom de tous les pécheurs dont je suis le premier, qui aiment et vénèrent notre Sainte Église, Corps du Christ, et qui ont besoin d'avoir, en toute confiance et abandon, recours à elle pour être soignés, guéris et sauvés de tous leurs péchés, leurs maux et leurs afflictions spirituels, douloureusement et profondément blessés par tout ce qui se passe chez ceux qui sont censés transmettre fidèlement et par l'exemple de leur propre vie, la vivifiante Tradition orthodoxe et guider le peuple des fidèles sur le chemin du salut, voici quelques questions : 

Qu’avons-nous à faire, nous Orthodoxes, d’une institution avec un chef appelé Patriarche ? 

Quel peut être l’objectif d’une institution si ce n’est de se perpétuer elle-même ? 

Le Seigneur, a-t-Il créé une institution ? Quel est ce mensonge ? Ses apôtres, avaient-ils formé une hiérarchie avec « un Primus inter pares », ou pire un « Primus sine paribus », (Lui qui s’est voulu le serviteur de tous) un bureau, des employés, des secrétaires, des ambassadeurs etc. ? C’était, c’est, et ce sera toujours le Christ Lui-même, notre Seigneur et Maître, le seul chef de l’Église. Inutile de se revêtir d’habits prestigieux aussi riches soient-ils matériellement que symboliquement, à l’instar des prêtres du Temple de Jérusalem et de procéder à des liturgies épiscopales qui finissent par devenir « pontificales » sur le modèle romain. Qu’ont-elles de supérieur à une Divine Liturgie célébrée par un saint prêtre si ce n’est une pompe superflue pour impressionner les fidèles ? 

Faut-il conserver le statut d’évêque ? Avons-nous besoin d’évêques quand ils ne sont que des apparatchiks d’un système bureaucratique à vocation administrative, oppressive de surcroît. Dieu a-t-Il besoin d’une administration ? Qu’est-ce qu’on administre d’ailleurs ? 

Nous avons besoin de Pères spirituels et disons-le carrément quand un évêque est un spirituel, ce n’est pas son statut d’évêque qui impose notre respect, c’est sa spiritualité. 

Qu’avons-nous à faire qu’il nous « représente » paraît-il dans les instances officielles, les organisations mondaines, les régimes politiques. Ont-ils besoin d’un statut reconnu pour enseigner ? Les Orthodoxes n’ont pas l’habitude d’attendre qu’un Pape fût-il oriental leur désigne officiellement, après procès, un saint homme pour les autoriser à le fréquenter, le consulter, le vénérer et en demander l’intercession ? 

Qu’est-ce qui est profitable pour nous pieux fidèles : la sainteté d’un saint évêque ou son statut d’évêque qui n’apporte rien de plus à sa sainteté ? Sa capacité à administrer ou sa capacité à transmettre la voie du salut ? 

Disons-le clairement ; ce que nous aimons, respectons et vénérons chez un saint évêque ce n’est pas qu’il ait de beaux habits et qu’il parle la langue de bois religieuse et diplomatique au mieux moraliste du « politiquement correct ». D’ailleurs au lieu de le surcharger en tâches bureaucratiques qui risquent de lui faire perdre son âme, ne devrait-on pas favoriser, directement nous-mêmes, fidèles désirant de tout notre être le chemin du salut, l’exercice de maître spirituel ? Que nous importe que l’Église orthodoxe soit « visible » ? Que nous importe les visites plus ou moins rares d’un hiérarque condescendant accompagné d’un plus ou moins imposant équipage ? Que nous importe qu’il rassemble le clergé local et par une table réservée au dit clergé qu’il fasse bien comprendre aux simples fidèles qu’ils appartiennent à une caste fermée ? On est bien loin des noces de Cana ? Quelle misère ! 

Les religions connaissent leurs dernières heures et cela pourrait être bien comme ça. Jusqu’à présent je n’étais pas amateur de différence entre spiritualité et religion mais quand une religion devient une institution, elle relève plus du politique que de la transmission spirituelle. Les derniers exploits du « Patriarche œcuménique » – excusez du peu – ont provoqué tellement de malheurs, de contre-témoignages, de divisions et de déchirures… alors on va le prendre au mot puisqu’il s’intitule le « primus sine paribus » et qu’il est soi-disant le chef suprême de l’Église orthodoxe ; c'est ainsi qu'il transforme, par le moyen de toutes sortes de manœuvres politiciennes, par le fait même, toute la Tradition orthodoxe en simple institution religieuse mondiale qui n’offre plus le moindre intérêt pour qui a le souci de son salut. Il ne nous fait plus prendre « des vessies pour des lanternes » et comme il n’a aucunement l’intention de regretter ses méfaits et encore moins de démissionner en suivant l’exemple d’un récent ex-pape romain ou de convoquer un concile panorthodoxe authentique, il a, aux yeux du monde qui s’intéresse encore à ce genre d’activité et de croyance, définitivement rangé l’Orthodoxie avec sa cohorte de carriéristes sans scrupules sur les étagères des institutions totalitaires à éviter (l’exercice particulièrement autoritaire de son prétendu pouvoir ne saurait le contredire) dont plus personne ne veut, pour ne pas dire qu’il a jeté l’Orthodoxie dans les poubelles de l’Histoire. 

Bel ouvrage en vérité ! 

Même si l’obéissance à une hiérarchie inique a tracé le chemin de sainteté à des St Nectaire d’Égine, il ne faudrait pas confondre l’obéissance à un apparatchik malveillant avec l’obéissance monastique à un père spirituel expérimenté et avéré comme guide sûr sur le chemin du salut. L’obéissance aveugle à un hiérarque de l’administration ecclésiastique est plutôt une perversion de la vertu d’obéissance à un starets qui mène à la vraie liberté, comme c’est une perversion de transformer des conseils spirituels de mise en garde, par les Saints Pères comme Évagre, des passions à combattre, en péchés capitaux par le juridisme de l’Église romaine. 

Qui osera dire qu’il s’agit alors de l’intervention de l’Esprit saint ? 

Mais il nous reste le Christ et les amoureux du Christ, ceux qui l’ont goûté, l’ont expérimenté, ceux qui marchent au rythme de leur cœur ardent, les yeux à la fois baissés sur leur condition de pécheur et le regard intérieur orienté vers la beauté de leur Seigneur et Maître, ceux que nous appelons les saints. Nous laisserons l’amour mondain des éphèbes aux clergés célibataires carriéristes qui veulent montrer à leur maman comme ils ont réussi dans la vie en gravissant par tous les moyens (voire en utilisant « la promotion canapé ») les échelons de la hiérarchie ecclésiastique. À suivre ? 

Providence et Miséricorde de Dieu



Une poignée de sable
Jetée dans la mer,
Voilà ce qu'est le péché
comparé à la Providence
Et à la Miséricorde 
de Dieu!

Saint Isaac le Syrien
***
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après le bulletin paroissial 
de l'Eglise de la Mère de Dieu 
Joy of All Who Sorrow, 
Mettingham, Grande Bretagne 

Selon le site grec Romfea, la rencontre panorthodoxe en Jordanie est maintenue


Le Métropolite de Volokolamsk Hilarion, qui s’exprimait hier devant les journalistes à Rome, a mentionné que le Patriarche Cyrille se rendrait en Jordanie. Le métropolite Hilarion a également révélé que le patriarche de Jérusalem avait envoyé une deuxième lettre invitant à nouveau les primats à participer à la rencontre. Commentant le refus du patriarche œcuménique Bartholomée d’y participer, le Métropolite Hilarion a souligné que « le patriarche Bartholomée ne montre aucun désir de résoudre le problème qu’il avait créé lui-même, tout en s’efforçant de convaincre les Églises à reconnaître son iniquité. »

vendredi 14 février 2020

Métropolite Antoine : Chaque chrétien est un combattant pour l'unité de l'Eglise

Métropolite Antoine de Boryspil et Brovary (Pakanich), 
Chancelier de l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique. 
Photo : YouTube

*
L'unité de l'Église est basée sur le fait que le Chef de notre Église est notre Seigneur Jésus-Christ, a noté le hiérarque de l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique.

L'unité est l'un des principes fondamentaux de l'existence de l'Eglise, et chaque chrétien est un combattant pour elle, a expliqué le Chancelier de l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique, le Métropolite Antoine [Pakanich] de Boryspil et Brovary .

"Toute personne qui non seulement sait théoriquement quelque chose sur l'Église mais qui vit sa vie en faisant partie intégrante de l'Église elle-même comprend qu'il est possible de vivre seulement dans l'unité. Et l'unité de l'Eglise est basée sur le fait que le Chef de notre Eglise est notre Seigneur Jésus-Christ", a souligné Vladyka Antoine dans un message vidéo à ses ouailles, publié sur sa chaîne YouTube.

Il a rappelé que toute division est une propriété du péché, qui déchire et divise tout autour. Par conséquent, un vrai chrétien se bat pour l'unité en surmontant son propre péché.

"Une personne qui mène une vie chrétienne, vit selon les commandements de Dieu, essaie simplement, tout d'abord, en surmontant le péché, d'unir en elle toutes les propriétés de la nature humaine en une seule harmonie afin d'avoir un lien direct avec Dieu", a déclaré le hiérarque de l'Eglise orthodoxe ukrainienne canonique. "Et dans une telle manifestation extérieure, bien sûr, chaque chrétien est un combattant pour l'unité de l'Eglise".

Le Métropolite Antoine a expliqué que la lutte pour l'unité n'est pas une activité extérieure.

"En fait, un vrai chrétien est un combattant avec lui-même. Et quand nous dépassons le péché, nous dépassons cette fragmentation de la vie humaine", a-t-il dit à ses ouailles.

Selon l'évêque, le péché cherche toujours à pénétrer dans le corps de l'Église et à fragmenter les gens. Pour une telle dissociation, le péché utilise souvent des catégories significatives, sociales et nationales, en essayant de changer le sens de la vie de l'Église et de convaincre les gens que l'Église devrait construire "le paradis sur terre".

"En fait, l'Eglise devrait toujours témoigner seulement qu'il y a un Dieu qui prend constamment soin de l'âme humaine", a conclu Vladyka Antoine.

Auparavant, il a parlé des trois étapes à franchir pour parvenir à la paix dans le Donbass.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 13 février 2020

Saint Père Païssios et la mort


Saint Païssios (1924-1994), né Arsenios Eznepidis, était un ascète bien connu du Mont Athos. Il était très respecté et aimé pour ses conseils spirituels et sa vie d'ascète. 

De nombreuses personnes dans le monde entier vénèrent le staretz Païssios, en particulier en Grèce et en Russie, et ses dits, documentés par ses disciples dévoués, sont devenus omniprésents dans les maisons orthodoxes. Les paroles de saint Païssios, inhabituelles par leur simplicité, leur chaleur et leur réalisme, semblent être exactement ce dont les gens modernes ont désespérément besoin. 

- Geronda ["geronda" est le mot grec pour "staretz"], le diagnostic final a été établi. Ta tumeur est cancéreuse et elle est agressive.

- Apportez-moi un mouchoir pour que je puisse danser sur l'air : "Je te dis adieu, ô pauvre monde !" Je n'ai jamais dansé de ma vie, mais je vais maintenant danser de joie à l'approche de ma mort.

- Geronda, le médecin a dit qu'il voulait d'abord utiliser des radiations pour réduire la tumeur et ensuite faire une opération.

- Je comprends ! L'armée de l'air bombardera d'abord l'ennemi, puis l'attaque commencera ! Je monterai alors et je vous apporterai des nouvelles ! Certaines personnes, même les personnes âgées, lorsque le médecin leur dit : "Vous allez mourir" ou "Vous avez cinquante pour cent de chances de survivre", sont très angoissées. Elles veulent vivre. Et puis quoi ? Je me le demande ! Maintenant, si quelqu'un est jeune, eh bien, c'est justifiable, mais si quelqu'un est vieux et essaie encore désespérément de s'accrocher, eh bien, je ne comprends pas. Bien sûr, c'est tout à fait différent si quelqu'un veut suivre une thérapie pour gérer la douleur. Il n'est pas intéressé par la prolongation de la vie, il veut seulement rendre la douleur un peu plus supportable afin de pouvoir prendre soin de lui jusqu'à sa mort - c'est logique.

- Geronda, nous prions pour que Dieu te donne une prolongation de ta vie.

- Pourquoi ? Le psalmiste ne dit-il pas : "Les jours de nos années sont soixante ans et dix ans" ?

- Mais le psalmiste ajoute : "Pour les plus robustes , quatre-vingts... "

- Oui, mais il ajoute : "Et le surplus n'est que peine et douleur..."  auquel cas il vaut mieux avoir la paix de l'autre vie.

- Geronda, quelqu'un peut-il, par humilité, se sentir spirituellement non préparé pour l'autre vie et souhaiter vivre plus longtemps pour s'y préparer ?

- C'est une bonne chose, mais comment peut-il savoir que, même s'il vit plus longtemps, il ne deviendra pas spirituellement pire ?

- Geronda, quand peut-on dire que quelqu'un est réconcilié avec la mort ?

- Quand le Christ vit en lui, alors la mort est une joie. Mais il ne faut pas se réjouir de mourir simplement parce qu'on s'est lassé de cette vie. Quand on se réjouit de la mort, au sens propre, la mort s'en va pour trouver quelqu'un qui a peur ! Quand on veut mourir, on ne le fait pas. Celui qui vit la vie facile a peur de la mort parce qu'il se réjouit de la vie mondaine et ne veut pas mourir. Si les gens lui parlent de la mort, il réagit par le déni : "Va-t'en d'ici !" Cependant, celui qui souffre, celui qui est dans la douleur, voit la mort comme une libération et dit : "Quel dommage, Charon n'est pas encore venu me prendre... Il a dû être retenu !"

Rares sont les personnes qui accueillent la mort. La plupart des gens ont une affaire inachevée et ne veulent pas mourir. Mais le Bon Dieu pourvoit à la mort de chaque personne lorsqu'elle a atteint sa pleine maturité. En tout cas, une personne spirituelle, qu'elle soit jeune ou âgée, devrait être heureuse de vivre et de mourir, mais ne devrait jamais poursuivre la mort, car c'est un suicide.

Pour quelqu'un qui est mort aux affaires du monde et qui a été spirituellement ressuscité il n'y a jamais d'agonie, de peur ou d'anxiété, car il attend la mort avec joie parce qu'il sera avec le Christ et se réjouira de Sa présence. Mais il se réjouit aussi d'être en vie, encore une fois parce qu'il est uni au Christ dès maintenant et qu'il éprouve une partie de la joie du Paradis ici sur terre et se demande s'il n'y a pas une joie plus grande au Paradis que celle qu'il ressent sur terre. De telles personnes luttent avec philotimo et abnégation ; et parce qu'elles placent la mort devant elles et s'en souviennent chaque jour, elles se préparent plus spirituellement, en luttant avec audace et en vainquant la vanité.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


NOTE:

Philotimo Sur le blog de Maxime:



Dans une note extraite du livre St Arsène de Cappadoce par le père Païssios traduit et édité par le monastère St Jean le Théologien Souroti de Thessalonique (où repose Père Païssios) on peut lire cette définition plus spécifiquement chrétienne orthodoxe :

φιλότιμο = noblesse d’âme, bonté, reconnaissance, amour purifié exempt de tout retour sur soi, de celui qui ne regarde jamais son propre intérêt mais ne cherche qu’à être agréable à Dieu, le Père Païssios considérait cette vertu comme le fondement du progrès dans la vie spirituelle. 

À propos de philotimo, Père Païssios disait :

"Le juste chrétien ne pratique pas de bonnes actions pour son propre bénéfice, c’est-à-dire pour être récompensé ou pour éviter l'enfer et gagner le paradis, mais plutôt parce qu'il préfère le bien au mal. Tout le reste est une conséquence naturelle du bien qui remplit notre âme sans l’avoir demandé. De cette façon, le bien a de la dignité, sinon, il provient de l'attitude à bas prix du 'donner et prendre'." (Version française par Maxime le minime)