samedi 22 janvier 2011

Père Antoine Alévizopoulos: la Quête de la Vérité (II) La Vérité Chrétienne


Ce vide qui se crée dans l'homme qui cherche une vérité salvifique est rempli par l'Église. Le chrétien ne cherche pas la vérité faite par l'homme, la vérité rationnelle, une idée ou quelque Esprit Cosmique, appelé Dieu.

Il cherche la vérité qui transcende les limites de l'homme et de toute la création. En outre, il cherche Dieu Qui peut entrer en communion personnelle avec lui, dans une communion d'amour, c'est-à-dire qu'il cherche Dieu Qui est une personne.

Pour le chrétien, la connaissance de Dieu a une signification différente. Ce n'est pas simplement un objet d'approche rationnelle ou une plongée impersonnelle dans un Principe de l'Univers qui exclut toute relation personnelle. La connaissance chrétienne de Dieu est un événement de communion personnelle entre Dieu et l'homme, une communion liées à l'existence entière de l'homme et non pas simplement reléguée à sa faculté rationnelle.

La "connaissance" donc, selon la conception chrétienne, n'est pas le produit de l'activité rationnelle, séparée de l'amour, en effet dans les Saintes Écritures le terme est utilisé pour exprimer la consommation de communion interpersonnelle dans le mariage (Genèse 4:1). Une telle communion n'abolit pas la personne de l'homme dans une sorte de principe "cosmique", mais elle le protège plutôt! Grâce à cette communion, l'homme mortel transcende la condition de créature, c'est-à-dire, le fait qu'il soit créé, et il participe à la vie du Dieu incréé et éternel.

L'homme, cependant, ne peuvent pas réaliser cette transcendance à travers ses propres capacités et potentiels, qui par nécessité sont limitées à la sphère de la réalité créée. La nature même de l'homme est un obstacle insurmontable qui rend son passage ou sa "montée", et son approche de Dieu impossible. Un abîme ontologique, c'est à dire un fossé infranchissable liés à l'essence de Dieu et à celle de l'homme, sépare l'homme de Dieu. L'homme ne peut dépasser ce gouffre.

Mais ce que l'homme ne peut pas faire, Dieu le fait par amour pour Sa créature: Il "descend" ou plutôt "condescend", c'est-à-dire qu'Il s'adapte à la condition de l'homme, transcende l'abîme, Se révèle à sa créature et lui offre la possibilité d'une communion réelle de l'amour et la vie.

La connaissance de la vérité chrétienne, c'est-à-dire la vie éternelle, est et reste le grand don de notre Père céleste affectueux. Ce n'est pas le résultat de nos efforts humains. Ce que Dieu nous offre n'est pas conditionné par nos efforts. C'est le fruit de la liberté et de l'amour de Dieu. Ce don est offert librement et devrait être toujours accepté avec gratitude. Personne ne peut forcer le donateur à offrir ses dons.

Par ailleurs, Dieu ne viole pas la volonté humaine. Il lui permet de faire son propre choix libre. Il lui permet de répondre à Son amour pour l'amour de Dieu ou de rejeter cet amour. Un tel choix ne fait pas partie du domaine rationnel de l'homme, c'est-à-dire qu'une inclination rationnelle vers Dieu de la part de l'homme, ne suffit pas. L'homme doit participer à la totalité. Ce qui est nécessaire est une preuve tangible de se retour holistique de l'homme vers Dieu, qui inclut sa lutte pour la catharsis spirituelle, l'exécution du commandement de Dieu. Sans ce présupposé de base, il est impossible de trouver Dieu:

"En effet, les pensées perverses séparent de Dieu, et sa puissance, quand on la met à l'épreuve, accuse les insensés.
La sagesse n'entre pas dans une âme qui médite le mal, et n'habite pas dans un corps esclave du péché.
L'Esprit-Saint, éducateur des hommes, fuit l'astuce; il s'éloigne des pensées dépourvues d'intelligence, et se retire quand approche l'iniquité." (Sagesse de Salomon 1,3-5).

Le libre exercice des vertus divines éloigne l'homme de l'autonomie. Il fonctionne dans le domaine de l'amour de Dieu. L'homme, par son obéissance et par la réalisation des commandements de Dieu humilie son corps et son esprit, en reconnaissant que par lui-même il ne peut ni entreprendre ni continuer à cheminer sur le chemin de la connaissance véritable de Dieu. Sa vie entière devient un crie vers Dieu. Dieu condescend ensuite et Il offre à l'homme la grâce de Sa connaissance. L'homme devient participant de cette grâce, qui est don de Dieu, et qui est appelée énergie divine incréée. Bien sûr, la grâce n'est pas identique à l'essence de Dieu. L'essence de Dieu reste inaccessible et incompréhensible pour l'homme. La grâce cependant, sourd de l'essence de Dieu Qui est sa source. Par conséquent, elle n'est pas créée, mais incréée. C'est pourquoi la condescendance de Dieu signifie pour l'homme la connaissance véritable de Dieu, la vie éternelle et le salut. C'est là le concept chrétien concernant la connaissance de Dieu.

Pour les fidèles parvenir à cette connaissance salvifique, il est nécessaire qu'il "incline la tête", qu'il se soumette dans l'amour au Seigneur miséricordieux. C'est pour cette raison que le prêtre célébrant les offices divins, après l'injonction "Inclinez vos têtes devant le Seigneur», prie ainsi:

"Ô Seigneur, notre Dieu, Toi Qui as abaissé le ciel et es descendu pour le salut de la race des hommes, regarde Tes serviteurs et Ton héritage. Car pour Toi, Juge redoutable et Ami de l'homme, Tes serviteurs ont incliné la tête et leur nuque, cherchant le secours non pas des hommes, mais demeurant en Ta miséricorde et en attente de Ton salut... "

Avec le concept chrétien de la vérité et de sa "connaissance", la vie de l'homme acquiert un sens plus profond, plus vrai et une destinée éternelle. Il suffit que l'homme considère la "connaissance" de Dieu, comme le trésor le plus précieux de sa vie, et qu'il le cherche correctement. Ensuite, la grâce de Dieu va le toucher et le désir de Dieu va devenir si grand que rien ne pourra se placer entre lui et Dieu ou le séparer de l'amour de Dieu:

"Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur."(Romains 8, 35-39).

C'est la voie que les saints martyrs de notre Église ont suivie; Ainsi l'hymne de l'Église chante:

"Ni la tribulation, ni la détresse, ni la famine, ni la persécution, ni le fouet, ni la colère des bêtes, ni l'épée, ni le feu, ne peuvent vous menacer de la séparation d'avec Dieu, Martyrs dignes de toute louange, car vous avez échappé à la nature en dédaignant la mort par votre désir ardent pour Lui et vous avez lutté comme si le corps vous était étranger…"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://www.impantokratoros.gr/searching_the_truth.en.aspx


Père Antoine (Alévizopoulos) 
Th. D. Ph. D.

L'ermitage du cœur (33)




Cherche le lien du cœur
Et va sûrement par le monde 
Avec cette certitude claire
De l'Amour éternel en Son Nom

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 21 janvier 2011

Père Antoine Alévizopoulos: la Quête de la Vérité (I)


Le problème de savoir où est la vérité, a occupé l'humanité à travers les siècles, c'est un problème qui est toujours d'actualité et par sa nature même, il conduit l'homme à chercher une réponse. Les philosophes, en particulier les anciens Grecs, posèrent la question: "Qu'est-ce que la vérité?" et la plupart des hommes l'ont cherchée de manière rationnelle. Certains ont dit que la vérité est une idée, le "principe de toutes choses", le "premier moteur immobile" et ils l'ont appelée Dieu.

Mais ce "Dieu", le Dieu des philosophes, ne peut pas racheter. Il ne touche en l'homme que la faculté rationnelle, et non l'homme dans son ensemble, personne ne peut entrer en communion personnelle avec lui, car il n'est pas une personne, mais quelque chose d'impersonnel, un Mental universel qui agit à l'aveuglette, ou qui est si lointain et si transcendant, qu'il n'a aucun intérêt pour l'homme ou le monde.

Il ne fait aucun doute que toute personne ayant une bonne disposition, dès qu'elle voit la création et en utilisant son potentiel humain, peut découvrir des preuves de l'existence de Dieu. Toutefois, elle ne découvrira que le concept de Dieu, mais pas Dieu Lui-même, la vérité salvifique.

D'autres, à travers les siècles, ont créé des idoles du monde et une multitude de divinités. Ils ont établi des lois "divines" et des règles et des systèmes de culte créés, d'origine humaine. Tous ceux-ci, toutefois, sont simplement des expressions de l'homme lui-même, ils ne dépassent pas le monde créé, la réalité créée, en d'autres termes, ils ne révèlent pas le seul vrai Dieu Qui transcende le monde créé.

De même, d'autres encore croient que l'homme est Dieu par nature. Il lui reste tout simplement à comprendre "son vrai moi", il n'a rien besoin de changer, sinon sa position vis-à-vis de son Dieu qui n'est que lui-même, rejetant toute pensée qui pourrait le distinguer de sa propre divinité et de reconnaître l'existence d'un Dieu, en dehors et au-delà de lui .

En dernière analyse, une telle approche de Dieu ne peut pas satisfaire l'homme. Elle conduit à une solitude infinie, ce qui est contraire à la nature humaine. Par nature, l'homme cherche la chaleur, l'amour, la communion avec les autres et non seulement avec lui-même; sans ces choses, il ne peut pas exister. C'est pourquoi il les cherche sans cesse. Il ne se satisfait pas de concepts faits par l'homme sur Dieu. Il veut s'élever au-dessus la réalité créée, au-dessus de la création et chercher le sens de la vie en communion avec le Dieu incréé et éternel.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Père Antoine (Alévizopoulos) 
Th. D. Ph. D.

L'ermitage du cœur (32)


Par les larmes de contrition
Et par la pure prière du cœur
Défait lentement et sûrement
Les liens qui entravent ton âme

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 20 janvier 2011

Père Alexandre Schmemann: Prière d'action de Grâce



Père Alexandre Schmemann a célébré la Divine Liturgie pour la dernière fois le jour de Thanksgiving. C'était particulièrement approprié, car le Père Alexandre avait consacré toute sa vie à l'enseignement, l'écriture et la prédication de l'Eucharistie, car le mot Eucharistie en grec signifie action de grâce. À la fin de la Liturgie, le Père Alexandre tira de sa poche un court sermon écrit, sous la forme d'une prière, qu'il se mit à lire. Ce fut un événement étrange, car le Père n'avait jamais écrit ses homélies liturgiques, mais il les a disait d'une manière impromptue. Voici ses paroles, qui se sont avérées être les dernières jamais prononcées par lui depuis l'ambon de l'église.


Prédication du Père Alexandre le 22 Novembre, 1983

Merci, Seigneur!

Tous ceux qui sont capables de dire des actions de grâces, sont dignes du salut et de la joie éternelle.

Merci, Seigneur, d'avoir accepté cette Eucharistie, que nous avons offerte à la Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit, et qui remplit nos cœurs de la joie, de la paix et de la justice de l'Esprit Saint.

Merci, Seigneur, de T'être révélé à nous et de nous avoir donné l'avant-goût de Ton Royaume.

Merci, Seigneur, de nous avoir réunis les uns aux autres à Ton service et à celui de Ta sainte Eglise.

Merci, Seigneur, pour nous avoir aidés à surmonter toutes les difficultés, les tensions, les passions, les tentations et pour la paix rétablie, l'amour mutuel et la joie dans le partage de la communion du Saint Esprit.

Merci, Seigneur, pour les souffrances que Tu nous as données, pour qu'elles nous purifient de l'égoïsme et nous rappellent la seule chose nécessaire:"Ton Royaume éternel.

Merci, Seigneur, de nous avoir donnés ce pays où nous sommes libres de T'adorer.

Merci, Seigneur, pour cette école, où le Nom de Dieu est proclamé.

Merci, Seigneur, pour nos familles: les époux, les épouses et, surtout, les enfants qui nous apprennent à célébrer Ton saint Nom dans la joie, le mouvement et bruit saint.

Merci, Seigneur, pour tous et pour tout.

Grand es-Tu, Seigneur, et merveilleuses sont Tes oeuvres, et aucune parole n'est suffisante pour célébrer Tes miracles.

Seigneur, qu'il est bon d'être ici! Amen.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
The Orthodox Church, vol. 20, No. 2, Février 1984,
&

L'ermitage du cœur (31)


Tu seras dans le Royaume
Chaque jour dès cette vie
Si tu montes au Ciel à chaque instant
Dans une prière de pure louange

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 19 janvier 2011

Staretz Joseph l'hésychaste: L'humilité/La colère


Saint Staretz Joseph l'Hésychaste

Ainsi, 
c'est ce que je voudrais vous dire 
à vous et à tous: 
ne cherchez jamais 
à vous corriger les uns les autres 
avec colère, 
mais seulement 
avec humilité 
et un amour sincère, 
parce que l'on ne chasse pas une tentation
 par une autre tentation. 

Quand vous voyez la colère venir,
 oubliez la correction pour le moment.
 Une fois que vous voyez 
que la colère est passée,
 que la paix est venue,
 et que vos pouvoirs de discernement
 fonctionnent correctement, 
alors vous pouvez parler avec profit.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'ermitage du cœur (30)


Dieu n'est pas absent
Dans la réalité de chaque instant
Dans chaque soupir de ton cœur
Il est présent et attentif

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 18 janvier 2011

Le pasteur Richard Wurmbrand et l'Orthodoxie (7)




Pasteur Richard Wurmbrand: le dernier combat
par le hiéromoine Damascène (Christensen) (2)


Pensant que cela pourrait être notre dernière chance de nous rencontrer et de parler avec le pasteur Wurmbrand, nous sommes partis pour le voir presque immédiatement après avoir reçu la lettre de Père Georges.

Le hiéromoine Gérasime, Mère Nina (qui avait passé deux années dans un monastère de Roumanie) et moi-même sommes arrivés à la maison de soins infirmiers dans la matinée du 28 Juillet. Le pasteur Wurmbrand nous a accueillis avec amour et il a été heureux de nous voir. Nous sommes allés avec lui dans son fauteuil roulant dans la même cour dans laquelle le Père Georges avait parlé avec lui.

Sa première préoccupation était ce qu'il pouvait faire pour nous. Nous avons été émus par la façon dont il a, si faible et lui-même si affaibli, été si désireux de donner aux autres.

Je lui ai demandé comment faire face à la persécution, si jamais elle venait. Il nous a dit de ne pas avoir peur de la persécution. «La persécution doit advenir à tous les chrétiens, dit-il," mais n'ayez pas peur. "

Mère Nina lui a demandé comment supporter la souffrance. Il a dit qu'il avait toujours eu peur de la souffrance, mais ensuite il a commencé à être joyeux dans la souffrance. "Soyez joyeux!" Dit-il, «Sautez de joie!" Comme Mère Nina l’a fait remarquer plus tard, tandis il disait cela, ses yeux semblaient une mer de lumière s’ouvrant dans l'éternité.

Mère Nina lui a posé une question sur l’hymne qu'il avait composée à la Mère de Dieu en hébreu. Immédiatement il a chanté pour nous, et nous l'avons enregistré sur bande comme le Père Georges nous avait invités à le faire. Mère Nina pleurait. Quand il finit de chanter, le pasteur Wurmbrand a dit que Marie était la plus proche de Jésus, et qu’elle avait été la seule à changer Sa volonté. (Évidemment, il parlait du miracle du Christ changeant l'eau en vin. Selon le commentaire de saint Cyrille d'Alexandrie, à l'époque la Mère de Dieu a bien persuadé son fils de faire quelque chose qu’Il n'avait pas prévu de faire; Il l'a fait par obéissance envers elle.) Nous avons pu voir, comme le Père Georges nous l’avait dit, que le pasteur Wurmbrand avait un grand amour pour la Mère de Dieu.

Bientôt nous fûmes rejoints par des amis du pasteur Wurmbrand: une femme roumaine, ses deux sœurs, et son mari américain. Les jambes du pasteur Wurmbrand commençaient à lui faire mal, il grimaçait de douleur, et il a demandé à être amené à l'intérieur sur son lit. (Comme nous l'avons appris plus tard, la douleur était due à une grave neuropathie avancée de la jambe, contractée lors de ses trois années d'isolement, quand il avait été obligé de se tenir debout d'interminables heures, et dans un régime de famine.)

Une fois qu'il a été installé dans son lit, il a chanté pour nous une fois de plus son hymne à la Mère de Dieu: d'abord en anglais, puis en hébreu. Il nous a expliqué les circonstances dans lesquelles il l’avait composée (nous avons aussi enregistré ceci sur bande). «J'étais dans une très mauvaise situation en prison, dit-il. "La prison n'a pas toujours été très mauvaise. Parfois il y avait des temps meilleurs, des temps parfois pires. C’était un très mauvais moment. Et j'ai prié pour que les temps changent, et ils n'ont pas changé. Ensuite, j'ai promis que si elle [la situation] changeait pour le bien des prisonniers, je traduirais cette hymne en hébreu. En cinq minutes, la situation a changé. "

Nous avons commencé à chanter des hymnes orthodoxes avec le pasteur Wurmbrand: «Le Christ est ressuscité» et «Saint Dieu" [le Trisaghion] en roumain. Même si c'était difficile pour lui de chanter et qu’il étouffait et toussait, il a chanté les hymnes de tout son cœur.

Je lui ai demandé s'il aimerait être oint avec l'huile sainte, et il y consentit volontiers. Lui oignant trois fois la tête, les mains et les pieds avec de l'huile de la châsse de Saint Jean (Maximovitch) de Changhai et San Francisco, je lui ai dit à haute voix la prière de bénédiction à notre Seigneur Jésus-Christ, en demandant l'intercession de Saint Jean. Après cette onction le pasteur Wurmbrand a semblé plus apaisé, et il a cessé de montrer des signes évidents d' être éprouvé par la douleur.

Nous fûmes là pendant près de trois heures. Nous y sommes retournés dans la soirée et nous avons été accueillis par Sabine Wurmbrand, qui rayonnait de la même joie que son époux. Elle était aussi très heureuse de nous voir, en particulier Mère Nina. Sabine avait été dans les prisons communistes avec des religieuses orthodoxes pendant trois ans.

Au cours de notre deuxième visite le pasteur Wurmbrand nous a demandé de nous rassembler près de lui, et il n’a cessé de nous demander une «parole». Il était très intéressé d’ entendre parler du travail missionnaire de notre Fraternité.

J'ai été impressionné par son humilité. Lorsque, par exemple, j’ai mentionné devant lui le Père Georges Calciu, il a dit: «Père. Georges est un grand homme. Il aime les pécheurs. C'est pourquoi il m'aime. "

Il a demandé à Sabine leur carnet de chèques, parce qu'il voulait faire un don pour le prochain voyage de Mère Nina en Roumanie. Nous lui avons assuré que ce n'était pas nécessaire pour lui de se donner cette peine, mais il a dit avec force: «Nous devons montrer notre amour chrétien par des actes concrets." (Sabine n'avait pas le carnet de chèques à l'époque, mais peu après, elle a envoyé à Mère Nina une lettre avec un don important, qui a ensuite été donnée à une maison d'édition orthodoxe en Roumanie.)

Après un certain temps Sabine a commencé à craindre que son mari ne devienne trop fatigué, et elle a dit qu'elle pensait que tout le monde devait partir et le laisser se reposer. Mais le pasteur Wurmbrand ne voulait pas nous quitter, et il a essayé de retarder notre départ le plus longtemps possible. Enfin nous sommes partis quand les heures de visite étaient terminées. Il a exprimé sa gratitude envers nous, et nous sommes sortis de la chambre, il nous regardait avec envie.

Nous étions très reconnaissants de cette rencontre. Nous avons pu faire l'expérience de l'amour du pasteur Wurmbrand pour Dieu et le prochain, qui avait été testé et éprouvé dans le creuset de la souffrance de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons été témoins, aussi, de son amour pour la Mère de Dieu Très Pure, et du respect et de l'estime dans laquelle il tenait l'Église orthodoxe et sa tradition.

(Hiéromoine Damascène (Christensen)  du monastère de saint Germain d’Alaska, à Platina, en Californie.)


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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L'ermitage du cœur (29)


Elève ton regard vers Lui
Qui est amour et compassion
Et ne cède pas à la tentation
De croire qu'Il n'est pas près de toi


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 17 janvier 2011

Le pasteur Richard Wurmbrand et l'Orthodoxie (6)


Pasteur Richard Wurmbrand: le dernier combat
par le hiéromoine Damascène (Christensen)(1)


Notre Fraternité de Saint Germain d’Alaska et le monastère ont depuis longtemps beaucoup de respect et de reconnaissance pour la vie, le témoignage et le travail du pasteur Richard Wurmbrand, juif converti au christianisme qui a souffert pendant quatorze ans dans les prisons communistes en Roumanie en raison de son activité incessante de chrétien. En 1979, notre père co-fondateur, Seraphim Rose a parlé du pasteur Wurmbrand aux séminaristes et aux pèlerins au monastère de la Sainte Trinité à Jordanville, dans l’état de New York. Les années suivantes, nous avons correspondu avec le pasteur Wurmbrand lui-même, lui avons envoyé du matériel orthodoxe, et nous nous sommes entretenus avec lui lors de certaines de ses allocutions.

En 1996, notre Fraternité a établi un contact personnel avec un homme qui avait été dans les prisons communistes en Roumanie, en même temps que le pasteur Wurmbrand, et pour la même raison: le prêtre orthodoxe roumain, le Père Georges Calciu. Le Père Seraphim Rose avait aussi parlé longuement de Père Georges et de sa prédication courageuse du Christ en Roumanie. Nous avons été ravis de le connaître ici en Amérique, d'apprendre de sa foi, et de bénéficier de sa sagesse et de son expérience.

Il est vite devenu connu de nous que le pasteur Wurmbrand et le Père Georges étaient amis. Père Georges nous a dit que le pasteur Wurmbrand s’était confessé à lui à plusieurs reprises aux États-Unis - non pas comme un sacrement, car le pasteur Wurmbrand était luthérien - mais comme devant un prêtre orthodoxe et un ami. Avant ces entretiens, dans lesquels il révélait ses combats, le pasteur Wurmbrand faisait toujours le signe de Croix.

Le pasteur Wurmbrand s’est également confessé à un prêtre orthodoxe de nombreuses années avant de venir en Amérique, quand il était dans les prisons communistes. Il a parlé de cela à Père Georges quand il l’a rencontré en Pennsylvanie en 1989. Dans une lettre récente Père George nous a informé de ce que le pasteur Wurmbrand lui avait dit:

Le pasteur Wurmbrand était dans un hôpital de la prison pour une maladie en phase terminale. La majorité de la population de cette prison devait mourir.

Un jour, un nouveau transport de prisonniers est arrivé à la prison. Parmi eux se trouvait un prêtre orthodoxe très humble venant d'un village. Il semblait si simple que les gardes ont fait toutes sortes de plaisanteries sur lui. Les prisonniers étaient dans la cour – un lieu particulier entouré d'une clôture - et le garde l’a amené, vêtu de lambeaux avec les nouveaux arrivants.

Le garde leur a dit: «Écoutez, les gars, c'est un prêtre. Il a été envoyé ici par l'administration pénitentiaire pour entendre votre dernière confession. A vous tous !» Il faisait allusion au fait qu'ils devaient tous mourir, y compris le prêtre.

Le pasteur Wurmbrand dit: «Il [le gardien] a prophétisé: en moins de six mois, tout le monde est venu vers ce prêtre et s’est confessé. J'ai été parmi les premiers. "

En 1998, le pasteur Wurmbrand était dans un état critique dans un hôpital de Californie du Sud. Il n'avait pas mangé depuis dix jours, et il semblait qu'il allait mourir. On lui a demandé quel pasteur devrait être appelé, et il a demandé le Père Georges Calciu. Père Georges a téléphoné et s’est préparé à venir, mais le danger est passé et le pasteur Wurmbrand est allé mieux. Pourtant, le pasteur Wurmbrand était dans un état tel qu'il devait être maintenu dans un foyer de soins - un foyer de soins catholiques à Torrance, en Californie.

En Juillet 1998 Père Georges est allé voir le pasteur Wurmbrand. Peu de temps après cette visite, il nous a envoyé le message suivant:

Le pasteur Wurmbrand était très exalté de me voir. Il est dans une maison de soins infirmiers, très faible, il ne peut rien avaler, même pas sa propre salive. Je l'ai trouvé dormant, parce qu'il voulait ne pas être fatigué et être en mesure de parler plus longtemps avec moi. Après une demi-heure il se réveilla et on le poussa dans son fauteuil roulant vers une petite cour, où il y avait une statue de la Mère de Dieu. Nous avons parlé quelques minutes tous ensemble: sa femme Sabine, deux dames roumaines, Nicolae Popa et un jeune homme.

Ensuite, tout le monde nous a laissés seuls Richard et moi. Nous avons commencé par nous rappeler le temps dans les prisons, et il se souvint de quelque chose de touchant. Il a dit: «J'ai été en prison avec des gens différents: orthodoxes, catholiques, roumains, hongrois, allemands, etc.… Et j'ai remarqué que l'Hymne à la Mère de Dieu existait dans toutes les langues, sauf en hébreu. Et j'ai décidé de composer cet hymne en hébreu, parce que Marie est une juive et que l'hébreu était sa langue. "Il a commencé à chanter, avec sa voix faible et tremblante, l'hymne en hébreu. La mélodie composée par lui est très juive. J'ai été profondément impressionné. La statue de la Mère de Dieu était là, nous regardant et nous bénissant… Il m'a dit que, dans son cœur, il aimait l'Orthodoxie, mais il a estimé qu'il n'était pas digne d'elle, et que c’était pour cette raison qu'il n'avait pas réussi à devenir pleinement orthodoxe.

Allez voir Richard et parlez-lui, demandez-lui de chanter "Ave Maria". Et soyez prêts à enregistrer l’hymne. Il aime beaucoup la Mère de Dieu, et je suis sûr qu'il sera heureux dans son cœur de laisser cette hymne comme témoignage. Je n'étais pas préparé et j’ai manqué l'occasion [de l’enregistrer].

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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L'ermitage du cœur (28)


C'est dans le silence des mots
Dans la prière muette
Que le Verbe te parle
Et que tu ne L'entends pas

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)


dimanche 16 janvier 2011

Le pasteur Richard Wurmbrand et l'Orthodoxie (5)



Un amour éternel


Quand j'étais en prison je suis tombé très malade. J'ai eu la tuberculose de la surface totale des deux poumons, et quatre vertèbres ont été attaquées par la tuberculose. J'ai également eu la tuberculose intestinale, le diabète, une insuffisance cardiaque, la jaunisse et d'autres maladies dont je ne me souviens plus. J'étais près de la mort.

A ma droite était un prêtre du nom d’Iscu. Il était higoumène d'un monastère. Cet homme, peut-être dans la quarantaine, avait été si torturé qu'il était proche de la mort. Mais son visage était serein. Il parlait de son espérance du Ciel, de son amour du Christ, de sa foi. Il irradiait de joie.

A ma gauche était le tortionnaire communiste qui avait torturé ce prêtre presque à mort. Il avait été arrêté par ses propres camarades. Ne croyez pas les journaux quand ils disent que les communistes n’ont que la haine des chrétiens ou des juifs - ce n'est pas vrai. Ils ont tout simplement de la haine. Ils détestent tout le monde. Ils détestent les Juifs, ils détestent les chrétiens, ils détestent les antisémites, ils ont la haine des antichrétiens, ils détestent tout le monde. Un communiste hait un autre communiste. Ils se disputent entre eux, et quand ils se disputent entre communistes, ils mettent l'autre en prison et le torturent comme un chrétien, et ils le battent.

Et c'est ainsi que le tortionnaire communiste qui avaient torturé ce prêtre presque à mort, avait été torturé presque à mort, par ses camarades. Et il allait mourir près de moi. Son âme était à l'agonie.

Au cours de la nuit, il me réveilla, en disant: «Pasteur, s'il te plaît prie pour moi. Je ne peux pas mourir, j'ai commis des crimes tellement terribles. "

Alors je vis un miracle. J'ai vu le prêtre agonisant appeler deux autres prisonniers. Et s’appuyant sur leurs épaules, lentement, lentement il est venu jusques à mon lit, s’est assis sur le lit de ce meurtrier, et lui a caressé la tête - je n'oublierai jamais ce geste. J'ai vu un homme assassiné caressant son assassin! C'est l'amour - il avait trouvé une caresse pour lui.

Le prêtre dit à l'homme, «Tu es jeune, tu ne savais pas ce que tu faisais. Je t'aime de tout mon cœur. "Mais il n'a pas simplement dit les mots. Vous pouvez dire «amour», et c'est juste un mot de cinq lettres. Mais il a vraiment aimé. "Je t'aime de tout mon cœur."

Puis il continua: «Si moi qui suis un pécheur je puis t’aimer, imagine le Christ, qui est l'Amour incarné, combien Il t’aime! Et tous les chrétiens que tu as torturés, sache qu’ils te pardonnent, qu’ils t’aiment, et que le Christ t’aime. Il souhaite que tu sois sauvé beaucoup plus que tu ne souhaites être sauvé toi-même. Tu te demandes si tes péchés peuvent être pardonnés. Il tient à pardonner tes péchés plus que tu ne souhaites que tes péchés ne soient pardonnés. Il désire que tu sois avec Lui dans le Ciel beaucoup plus que tu ne souhaites être au Ciel avec Lui. Il est Amour. Tu as seulement besoin de te tourner vers Lui et de te repentir. "

Dans cette cellule de prison où il n'y avait pas de possibilité de vie privée, j'ai entendu la confession du meurtrier à celui qu’il avait assassiné. La vie est plus passionnante qu'un roman - aucun romancier n'a jamais écrit une telle chose. Celui qui a été assassiné - près de la mort - a reçu la confession de son assassin. Celui qui a été assassiné a donné l'absolution à son meurtrier.

Ils ont prié ensemble, se sont embrassés, et le prêtre est retourné dans son lit. Les deux hommes sont morts la même nuit. C'était un soir de Noël. Mais ce n'était pas une nuit de Noël dans laquelle nous nous contentions de rappeler que deux mille ans plus tôt Jésus était né à Bethléem. C'était un soir de Noël au cours duquel Jésus est né dans le cœur d'un assassin communiste.

Ce sont des choses que j'ai vues de mes propres yeux.

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après
(Publié à l'origine dans le magazine AGAIN, Septembre, 1987).

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L'ermitage du cœur (27)


Espère en Sa miséricorde
Qui est abondante et infinie
Mais n'aie pas la lâcheté de penser
Que cela te dispense d'éviter le péché


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)