lundi 30 décembre 2019

Archimandrite André [Konanos]: LES SIGNES D'UNE VIE SPIRITUELLE CORRECTE


Quelqu'un m'a demandé un jour : "Comment savoir si je mène une vie correcte dans l'Église ? Certains vont souvent à l'église, prient, participent aux offices, participent aux sacrements, mais je ne vois aucun changement notable dans leur vie, ou plutôt, je vois le même genre de personnes dans le monde ; j'attendais plus de leur part. Quels sont les signes d'une vie d'église convenable ?"

Je ne peux pas dire qu'il y a un certain nombre de signes. Dieu fait les "calculs", parce que les changements sont internes, secrets, cachés de l'extérieur. D'un côté, seuls vous et Dieu savez ce qui se passe dans les recoins de votre âme, et de l'autre, certaines choses sont déterminées par votre comportement avec votre conjoint, vos enfants, avec les autres. 

Certaines personnes âgées disent : "Je vais à l'église depuis que je suis enfant." Et alors ? Quel est le résultat ? Qu'avez-vous accompli au fil des ans ? Je veux dire, vous ne pouvez pas dire que vous allez à un gymnase, disons, depuis cinq ans et cinq mois, et que vous pesez 80 kilos, mais maintenant vous pesez 110 kilos. Ou que vous apprenez l'anglais depuis de nombreuses années, mais quand vous arrivez à l'aéroport, vous n'êtes pas capable de réunir de façon cohérente deux ou trois mots. 

Quand vous dites que vous êtes près de Christ, il y aura du fruit, il n'y a pas d'autre manière. Votre vie intérieure se manifestera d'une manière ou d'une autre à l'extérieur. 

Quand vous vous approchez du Christ, vous obtenez le bonheur non pas de l'extérieur, mais de l'intérieur de vous-même ; c'est-à-dire que vous ne vous affligez pas de certains événements, vous n'êtes pas déçus par des choses insignifiantes. Quelqu'un dit quelque chose et vous êtes offensé ; le temps est mauvais dans la rue et vous tombez dans la mélancolie ; tandis que celui qui réussit dans la vie spirituelle ressent la paix et la tranquillité dans le fond de son cœur, et cela se manifeste dans toutes ses actions. 

Saint Isaac le Syrien a dit : "Imagine dire à un ivrogne : "Ta maison est en feu. Et il répond : "Ne t'inquiète pas, laisse-la brûler." C'est une métaphore, bien sûr. Votre ivresse, d'autre part, votre bonheur, c'est ce que l'Église appelle la béatitude. Quand vous avez la béatitude du Saint-Esprit en vous, aucun facteur extérieur ne peut perturber votre paix intérieure.

Je me souviens des paroles suivantes de Mère Gabriela : "Il n'y a pas encore un homme né qui puisse blesser mon âme, qui puisse m'enlever ma joie." Pourquoi en est-il ainsi ? Bien sûr, il y avait des gens qui l'ennuyaient, l'offensaient, la dérangeaient, la calomniaient. Mais la façon dont vous vous comportez avec les autres est votre propre problème. La façon dont vous y répondez dépend de votre position dans la vie, et votre position de vie est une question de choix personnel. Ce que vous voulez, c'est ce que vous leur répondez. Si vous commencez à être nerveux et à crier, alors je perçois, selon saint Porphyre, que vous êtes comme celui qui est blessé, frappé et qui saigne. Si je vous vois dans cet état, mon comportement devrait être approprié. Nous devons devenir plus perspicaces, comprendre à la fois notre propre âme et celle de notre frère.

Un jour, il y a longtemps, je me suis fâché contre quelqu'un et j'ai commencé à lui parler grossièrement, mais il continuait à me regarder calmement. Longtemps après, je lui ai demandé : "Comment as-tu supporté tout ce que je t'ai dit ?" "J'ai compris que tu avais un problème. Je ne voulais plus te contrarier, je ne voulais plus te faire de mal", dit-il. Écoutez calmement votre prochain, mais ne vous mêlez pas de son problème. Ça ne veut pas dire que vous le méprisez. Essayez de le comprendre.

Un jour, le Père Païssios voyageait sur un bateau de Daphné à Ouranoupolis. On lui a offert une chambre séparée pour les moines afin d'éviter tout peuple mondain. Géronda répondit : "Pour quoi faire ? Pourquoi devrais-je m'asseoir seul, à part si je cachais quelque chose ? Nous sommes tous pareils." 

C'est quelque chose de très important. Nous devons nous rendre compte que nous sommes tous frères et sœurs en Christ et que nous avançons vers le même but. Plus vous grandissez spirituellement, plus vous vous connectez avec votre prochain. Quand vous arrivez à comprendre les paroles du Christ sur ce que signifie être le serviteur de votre frère, vous commencez à comprendre ce que cela signifie de laver les pieds d'un autre.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire