samedi 26 avril 2014

Un Amour sacrificiel: Sainte Grande-Duchesse Elisabeth, la nouvelle martyre.




L'une des étoiles les plus brillantes dans l'ordre céleste des nouveaux martyrs de Russie est le sainte Grande Duchesse Elisabeth. Convertie à l'Orthodoxie, elle éclipsa beaucoup de ceux qui avaient la foi qu'elle avait si ardemment embrassée. 

Elle était comme un soleil dont les rayons pénétrants réchauffent les cœurs devenus froids, et renouvellent la foi perdue d'une humanité déchue et désespérée, comme pour dire que tous n'ont pas succombé à la philautie [l'amour égoïste de soi], qu'il y a encore ces serviteurs de l'amour dont l'exemple souligne le chemin de la voie véritable, à la fois pour le bonheur sur cette terre et pour toute l'éternité. 

Elle a placé une loi dans son cœur: que les forts portent les faiblesses des faibles. L'amour était la pierre angulaire de sa vie et de toutes ses activités. Cet amour rendit facile pour elle ce qui était difficile, il fit du service de son prochain un moyen sûr par lequel le pardon des ennemis fut rendu possible. Pour les besoins de cet amour, elle se sacrifia pour les autres, remplissant ainsi que le plus grand des commandements selon l'Apôtre de l'amour, à savoir que nous devons donner notre vie pour les frères (1 Jean 3:16).



Il n'existe peut-être pas plus éloquent hommage à la sainte Grande-Duchesse que le portrait spirituel si finement dessinée par feu le Métropolite Anastase:
" Elle était une rare combinaison d'esprit chrétien exalté, de noblesse morale, d'esprit éclairé, de cœur doux, et de goût raffiné. Elle possédait une composition spirituelle extrêmement délicate et à multiples facettes, et son apparence extérieure reflètait la beauté et la grandeur de son esprit. 

Sur son front était le sceau d'une dignité élevée innée, qui la distinguait de ceux qui l'entouraient. Sous le couvert de modestie, elle s'efforça souvent, mais en vain, de se cacher du regard des autres, mais on ne pouvait pas la prendre pour une autre. Partout où elle apparaissait, on pouvait toujours se demander: Qui est celle qui  paraît pareille à l'aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil (Cantique des Cantiques 6:10)? 

Partout où elle allait, émanait d'elle le parfum pur de la fleur de lys. C'était peut-être pour cette raison qu'elle aimait la couleur blanche: il était le reflet de son cœur. Toutes ses qualités spirituelles étaient strictement équilibrées l'une avec l'autre, ne donnant jamais une impression de partialité. La féminité chez elle était jointe à un caractère courageux; sa bonté n'a jamais conduit à la faiblesse et à la confiance inconditionnelle et aveugle des personnes. Même dans ses plus belles et sincères inspirations, elle manifestait ce don de discernement qui a toujours été si prisée des ascètes chrétiens…"


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La Grande-Duchesse est née le 20 Octobre 1861, fille de la princesse Alice de Hesse et petite-fille de la reine Victoria d'Angleterre, sous la stricte tutelle de laquelle elle reçut une formation à la fois vaste et pratique. Sa mère mourut quand elle était encore jeune, première tragédie dans une vie marquée par la souffrance intérieure. Mais par grandeur d'âme, sa douleur due à l'absence de l'amour maternel fut plus tard transformée en une tendre compassion de sollicitude pour ceux à qui cet amour faisait défaut.

Choisie pour être la future épouse du Grand-Duc Serge Alexandrovitch, la Grande-Duchesse arriva à Moscou, et elle se mit à apprendre tout ce qu'elle pouvait sur ​​sa terre récemment adoptée, sur son peuple et sa culture. Son cœur fut bientôt capturé par la beauté et la profondeur spirituelle de l'orthodoxie qu'elle découvrit si étroitement imbriquées dans le riche tissu de l'âme russe. 



Avec le Grand-Duc, son époux

Ce ne fut pas une simple formalité qui causa sa décision de devenir orthodoxe, mais une forte conviction intérieure. Dans l'Orthodoxie, elle trouv sa pleine expression pour le penchant spirituel naturel de son caractère. Les obligations sociales au palais, cependant, empêchèrent cette disposition de s'épanouir, bien que dans sa nouvelle position sociale, elle était en mesure de consacrer beaucoup de temps à des activités philanthropiques. 

C'est seulement avec le tragique assassinat de son mari en 1905 que la Providence lui accord la possibilité de se retirer du tumulte d'un monde que son âme trouvait si ennuyeux. Mais grâce à sa persévérance, elle avait déjà atteint un certain degré de perfection chrétienne. Ceci fut manifeste dans son pardon prompt de l'assassin de son mari, auquel elle alla même rendre visite dans l'espoir d'adoucir son cœur. Sur la croix, monument érigé sur le site de la mort de son mari, elle avait inscrit les paroles évangéliques, Père , pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font. Elle avait déjà commencé l'ascension de l'échelle des vertus chrétiennes.

Ignorant le scandale provoqué par une telle démarche [la visite et le pardon à l'assassin de son époux], la Grande-Duchesse quitta les appartements royaux et s'installa dans un immeuble qu'elle avait acquis à Ordinka. Là, avec le conseil des startsy de l'Ermitage de Zossima sous lesquels elle s'était placée dans une obéissance totale, elle jetles bases d'une fraternité qui combinait en elle-même les labeurs ascétiques de la vie monastique et les œuvres de charité. Ce havre de paix au milieu d'une ville animée, fut dédié à Marthe et Marie, sœurs de Lazare, dont les deux natures de service et de prière étaient si bien imbriquées dans la mission de la nouvelle communauté. " Ne pas être de ce monde et en même temps vivre et agir dans le monde pour le transformer: ce fut le fondement sur lequel elle souhaita établir son couvent."



La Grande-Duchesse fut personnellement impliquée dans tous les plans de construction de la communauté, et ils reflètent ses sensibilités esthétiques raffinées. L'église principale fut construite dans le style traditionnel Novgorod- Pskov et peint par l'artiste russe bien connu Nesterov. Les murs blancs austères furent équilibrés avec une exquise ornementation sculptée. L'harmonie architecturale des bâtiments, l'atmosphère paisible, la beauté des offices de l'Eglise - le tout contribuait à élever l'âme fatiguée de ses soucis terrestres et à lui donner un aperçu du Paradis. Même les membres de la société russe contemporaine éloignés de l'Eglise, dont la ré-éducation spirituelle était une grande préoccupation pour la Grande-Duchesse, furent attirés par cette communauté unique.

The Holy Protection Cathedral at the Martha and Mary Convent of Mercy

L'église du Pokrov au Couvent de Marthe et Marie Couvent 

" Il n'est pas surprenant que le couvent se soit épanoui rapidement et ait attiré  beaucoup de moniales de l'aristocratie, ainsi que des gens du commun. L'ordre monastique régnait dans la vie intérieure de la communauté et à la fois à l'intérieur à l'extérieur du couvent, les activités de la Grande-Duchesse comprenaient la prise en charge de ceux qui rendaient visite aux malades qui étaient déposés au couvent, dans l'aide matérielle et morale donnée aux pauvres, et dans l'hospice pour les orphelins et les enfants abandonnés trouvés dans chaque grande ville. 

La Grande-Duchesse accordait une attention particulière aux malheureux enfants qui portaient en eux la malédiction des péchés de leurs pères, les enfants nés dans les bidonvilles troubles de Moscou, pour se faner avant d'avoir  une chance de s'épanouir. Beaucoup d'entre eux étaient amenés dans l'orphelinat construit pour eux, où ils étaient rapidement rétablis spirituellement et physiquement. 


Statue de Sainte Elisabeth à Marthe et Marie

Pour d'autres, une surveillance constante sur leur lieu de résidence fut établie. L'esprit d'initiative et de sensibilité morale qui accompagnait la Grande-Duchesse dans toutes ses activités, l'inspirait et la poussait à chercher de nouvelles voies et formes d'activité philanthropiques, qui reflétaient parfois l'influence de sa première patrie d'Occident, et ses organisations de pointe pour le développement social et l'aide mutuelle…"

Partout où il y avait un besoin, la Grande-Duchesse tentait d'y répondre, et seul son esprit fort pouvait l'empêcher d'être entièrement vaincue physiquement par tout ce qu'elle était prête, de par sa volonté, à entreprendre. Toutes ses activités, cependant, ne la firenpas dévier de la "seule chose nécessaire," et tout en servant les moindres des frères en Christ, elle fut toujours aux pieds du Christ, à écouter Ses paroles.

Les tristes tribulations qui ont affecté la Russie tandis que la Révolution étendait son ombre sur la terre, firent que ses vertus d'amour et d'abnégation brillèrent avec encore plus d'éclat. Avec sa sœur cadette la tsarine Alexandra, elle fut calomniée à cause de son sang allemand. Mais elle ne nourrissait ni amertume, ni haine envers ses ennemis, et même les révolutionnaires reconnurent sa grandeur d'esprit et l'épargnèrent elle et sa communauté, pour un temps.

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Les reliques de sainte Elisabeth

Finalement, cependant, la couronne du martyre fut à sa portée. A Pâques 1918, la Grande-Duchesse fut soudain arrêtée et emmenée, d'abord à Ekaterinbourg et à Alapayevsk où, avec sa compagne toujours fidèle Sœur Barbara, elle fut emprisonnée dans l'une des écoles de la ville. 


Martyre des saintes moniales
 Elisabeth et Barbara


Tous les martyrs d'Alapayevsk

Dans la nuit fatidique du 5/18 juillet, avec d'autres captifs royaux, elle emmenée dans une voiture en dehors de la ville, et enterrée vivante dans un puits de mine. Même là, dans les entrailles de la terre, elle ne cessa point de manifester son amour sacrificiel. Les fouilles ont montré que jusques au dernier moment, elle s'est efforcée de servir les Grands-Ducs qui avaient été gravement blessés dans la chute.


Les cercuils de mère Élisabeth et de soeur Barbara en 1920

Accueil des cercueils à Jérusalem en 1920

Enfin ses restes précieux, qui, selon des témoins oculaires furent trouvés complètement épargnés par la corruption dans le puits de mine, furent accueillis avec triomphe à Jérusalem, et reposent dans un tombeau de  l'église de Sainte-Marie-Madeleine, au dessus de la colline de Béthanie où les saintes sœurs Marthe et Marie, servirent et glorifièrent le Seigneur.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
PRAVMIR

Note: Les citations sont tirées de The Holy New Martyr, Grand Duchess Elizabeth Feodorovna,” par le Métropolite Anastase, in Orthodox Life, Sept.-Oct., 1981).


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Sainte Elisabeth et sainte Barbara

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Haïjin Pravoslave (CCCXLVI)


Le saint par sa vie
Te montre un chemin terrestre
Pour aller au Ciel

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 25 avril 2014

Une fragrance ineffable!

Il est impossible de décrire combien exquis et nobles sont les ascètes (podvijniki)! [ 1 ] Ces hommes, bien qu'ils portent les traces de luttes difficiles, même si leurs corps sont tellement flétris et émaciés- ont une fragrance et une grâce imprimées sur leurs âmes merveilleuses. 

The Monastery of Simonopetra, Mt. Athos. Photo: Travis Dove / travisdove.com

Le monastère de Simonopétra, Mont Athos. 
Photo: Travis Dove / travisdove.com

1976 Au mois d'août - 22 juillet au Calendrier des Pères. Panégyrique de Sainte-Marie-Madeleine à Simonopétra. Comme ils aiment cette sainte dans son monastère! Sa main gauche y est conservée: son poignet, la paume et les doigts, avec la peau et les tendons. Sa température se tient régulièrement à 37° Centigrade, preuve que c'est la main d'un témoin vivant du Christ ressuscité, preuve vivante du fait que "la mort n'a pas non plus de pouvoir sur elle" (Romains 6 : 9). 

Durant l'agrypnie [ 2 ], ils m'ont montré un stasidion [ 3 ] pratiquement au centre. À côté de moi il y avait un petit staretz aux cheveux gris [ 4 ]. Il se tenait droit comme un cierge, sans agitation. Au cours de l'office, il s'est affaibli, il était évidemment fatigué. Il dormait très probablement. Mais il n'était pas détendu, pas relâché comme habituellement le sont les gens qui dorment. Son état était différent et intéressant: sa tête était penchée sur sa main, ses yeux presque fermés. De temps en temps, on l'entendait ronfler un peu, doucement et paisiblement. Mais chaque fois que les chanteurs faisaient une erreur, il entrait en action et corrigeait sans délai. Et puis revenait à... son repos. "Le corps dort par ​​la nécessité de la nature, mais son cœur reste éveillé à cause de son grand amour." Et vraiment, son esprit garde la veille. Cet homme, semble-t-il, vit dans un autre monde. 

Nous sommes arrivés à l'exapostilaire. [ 5 ] Tous les pères se sont levés, ont enlevé leurs skoufias, [ 6 ] et se sont inclinés quand le prêtre desservant a effectué la litanie sur les reliques de la grande sainte et protectrice du monastère, qui sont présentées sur une plateau d'argent. 

Bientôt la vénération a commencé - j'ai été stupéfait... J'ai regardé ce que les autres faisaient, et je sentais que je n'étais pas avec eux. J'ai essayé de comprendre ce qu'il fallait faire, et comment le faire correctement, mais je ne pouvais pas percer le secret. 

Tout le monde autour de moi, je le sentais, vivait un événement dont je n'avais aucune idée. Le chœur a intensifié la célébration. Les moines ont montré par leur apparence toute entière qu'ils faisaient l'expérience de quelque chose que je ne pouvais pas percevoir. La seule chose que je pouvais faire était de suivre ce qui se passait, superficiellement et avec curiosité. Bientôt le staretz à côté de moi a quitté sa place, et il est allé à son tour vers les reliques. Faisant trois prosternations, il les baisa, fut oint par le prêtre, et avec une profonde émotion, il retourna à son stasidion. 

" Tu y vas aussi," me dit-il, "ne sois pas timide, aujourd'hui la Sainte est parfumée. Reçois une partie de sa grâce." 

"J'ai fait ce qu'il a dit et je suis allé jusqu'aux reliques. C'est ce que, en dehors de tout le reste, les autres avaient également fait. Mais les doutes me sont restés. Je ne croyais pas particulièrement à tout cela. J'y suis allé comme dans une rêverie. 

Et j'ai été étonné par le parfum. J'ai eu un désir insatiable de confirmer ce fait  et de vénérer les reliques de nouveau. 

Mais je me sentais bizarre, c'était un moment inopportun pour faire des expériences! Je suis retourné à ma place physiquement, mais mentalement je suis resté avec la Sainte. Mes questions se multipliaient, mais ma foi n'avait pas augmenté. 

C'était le "signe" que j'avais demandé, mais ce n'était pas le "signe" dont j'avais besoin. Je ne pouvais pas y croire, mais encore une fois, je ne pouvais pas imaginer que les moines mentaient. Ils avaient des visages tellement purs, et ils faisaient l'expérience de ce qui se passait, sans raisonnement ou arguments. Je n'avais aucune raison de les soupçonner de mensonge. 

[Picture of hieromonk in light-filled church] Photo: Travis Dove / travisdove.com

Photo d'un hiéromoine dans l'église illuminée 
Photo: Travis Dove / travisdove.com 

"Géronda [ 7 ], comment cela se produit-il" ai-je demandé. "Peut-être que par piété, les pères ont saupoudré un peu de parfum [sur les reliques]? Ou bien les reliques sont elles elles-mêmes fragrantes? "

" Voici, la révérence est ruinée dès que vous saupoudrez du parfum. La révérence est augmentée lorsque vous recevez ce parfum ineffable dans la simplicité. La Sainte Montagne est pleine de ces faits." 

 " Que signifie parfum ineffable?"

 " Si nous saupoudrions un peu de parfum dans un magasin de parfum, alors il serait "parfum." "Maintenant, quand nous n'avons pas saupoudré quoi que ce soit,  mais que le parfum sourd par lui-même, on l'appelle "parfum ineffable."

Je m'inclinai et je lui baisai la main. Lui-même était aussi parfumé, comme s'il avait manipulé de l'encens. L'agrypnie a continué: elle a duré douze heures. 

Un moine que je connaissais, est venu vers moi: "As-tu reçu une bénédiction du staretz Arsène?" 

"Qui est-ce ?" demandai-je, n'ayant aucune idée de qui il parlait." 

Le petit vieillard qui se tenait à côté de toi." 

" Le petit vieux qui dormait à côté de moi," me dis-je. 

"Il a le don de ne pas se laver," a ajouté le moine. "Cela fait déjà dix ans qu'il cessé de laver son visage, et il est parfumé partout. Il est aussi pur qu'une larme. Il vit à Kalamitse, seul dans une cellule, à une heure et demie de marche d'ici. Cours, avant qu'il ne parte!"

Je ne l'ai pas rattrapé. Il s'était retiré dans sa cellule avant le début de la fête à la trapéza [ 8 ]. Il avait été rassasié par le service divin. Il n'avait pas besoin de nourriture ou de mots pour emplir son âme. 

Il se leva, s'assit, sombra pendant douze heures, et encore à chaque seconde, il  respirait de l'agrypnie. Il a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée (Luc 10:42).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Métropolite Nicolas de Mesogaia and Lavreotiki
A Still Small Voice 
in


*


Notes:


[ 1 ] Podvijnik: un "athlète spirituel," celui qui lutte spirituellement, qui entreprend des podvigs (exploits ascétiques). Podvig: une tâche spirituelle difficile entreprise volontairement. 

[ 2 ] Agrypnie: très long service divin célébré avec une grande solennité à l'Athos le dimanche, les grandes fêtes et les fêtes des saints patrons des églises, et même les jours de commémoration des saints vénérés en particulier . 

[ 3 ] Stasidion: dans les monastères orthodoxes, une chaise en bois spécial avec accoudoirs élevés et un siège qui peut être soulevé [appelé miséricorde , de sorte qu'un moine peut se tenir debout pendant les longues veillées , tout en étant en mesure de reposer ses bras sur les accoudoirs . Quand il est autorisé ou nécessaire de faiblesse, le siège peut être plié vers le bas afin qu'il puisse s'asseoir. 

[ 4 ] Staretz (ici, "starchik," une forme affectueuse): un staretz/ancien, généralement monastique, qui par une longue expérience, l'obéissance, les luttes spirituelles, l'amour et l'humilité a reçu des dons spirituels spéciaux et vers qui d'autres viennent pour avoir des conseils spirituels. 

[ 5 ] Exaposteilarion. (Grec: renvoi) L'hymne finale, le tropaire qui suit le Canon à Matines, vers la fin du service. Parfois appelé Svetilen/photogogikon, car il chante le Christ, Lumière du monde. Il est relié à l'Evangile des Matines. 

[ 6 ] Skoufia : chapeau de prêtre ou de moine. 

[ 7 ] Géronda [prononcé yéron'da]: grec pour "Aîné/Ancien" ou "Staretz".

[ 8 ] Trapéza: réfectoire dans les monastères orthodoxes.

SOLIDARITE KOSOVO



SOLIDARITE KOSOVO

En réaction à la destruction de la coopérative agricole diocésaine par des extrémistes, Solidarité Kosovo convoie 8 tonnes de nourriture

Les familles serbes du Kosovo ne sortent pas indemnes de l’hiver. Les fortes pluies qui s’abattent ces dernières semaines sur les Balkans, provoquant de nombreuses inondations dans le sud de la Serbie, succèdent à une période de froid qui s’était installée durant ces cinq derniers mois dans la région.

A une nature parfois cruelle s’ajoutent la violence des actes de vandalisme visant à chasser les derniers chrétiens du Kosovo. Il y a quelques semaines alors que les ouvriers agricoles de la soupe populaire diocésaine venaient de planter les légumes pour la saison à venir, plusieurs délinquants se sont introduits sur le site coopératif afin de voler le matériel agricole, détruisant au passage toutes les cultures. En quelques minutes, les serres ont été brisées, la pépinière saccagée, le système d’irrigation fortement endommagé.

L’objectif de ces extrémistes n’était pas simplement de voler pour ensuite revendre, mais bel et bien de saccager les moyens de production de cette modeste coopérative dont le premier bénéficiaire est la soupe populaire. La conséquence première de cette saison compromise, ce sera la faim dans les ventres des 3000 foyers serbes qui en dépendent. N’était-ce pas là le but finalement recherché par ces vandales ? Quoi qu’il en soit tel en est l’enjeu.

Cet hiver la soupe populaire diocésaine « Majka Devet Jugovica » avait croulé sous les sollicitations dramatiquement en hausse des familles chrétiennes du Kosovo. Tour à tour, c’est dans le stock puis dans les réserves que les cuisiniers bénévoles ont puisé pour confectionner les repas chauds.

Suite à ces destructions, Svetlana, Directrice de la Soupe Populaire, nous a partagé un constat alarmant : les ressources en denrées alimentaires de l’association, déjà fortement atrophiées durant l’hiver, ne seront pas suffisantes pour répondre au besoin quotidien de ces familles.

Face à cette situation d’urgence, le diocèse du Kosovo-Métochie a demandé à Solidarité Kosovo de pallier aux premiers besoins en nourriture.

Pour répondre à leur demande, l’association française a mobilisé tous ses bénévoles. Fédérés autour du même objectif, ils ont réussi en moins d’un mois le tour de force de récolter plus de 8 tonnes de nourritures auprès des contacts fidèles de « Solidarité Kosovo » dans l’industrie agro-alimentaire. Le convoi sitôt complet a sillonné les routes d’Europe jusqu’à Gracanica où il a été réceptionné par les bénévoles de l’association Majka Devet Jugovica, manifestement très émus par ce soutien français.

C’est ainsi que les bénévoles de la Soupe Populaire ont déchargé plus de 8 tonnes de conserves d’haricots verts, de ratatouille, de petits pois, avec l’aide des bénévoles de l’association Solidarité Kosovo, qui à l’occasion du convoi exceptionnel avaient effectué le déplacement sur place.

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Haïjin Pravoslave (CCCXLV)


Lumière de Pâques
Qui abolit les ténèbres
Et éclaire l'âme

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 24 avril 2014

La mémoire courte ( très courte de l'Occident américanisé!…) [source Figaro]


- Alors que certains appellent à une intervention armée de l'Occident en Syrie, l'écrivain et journaliste au Figaro Magazine Jean-Christophe Buisson rappelle les effets désastreux pour les Serbes du recours par les États-Unis et l'Union européenne à la guérilla albanaise en Yougoslavie.




Jean-Christophe Buisson est journaliste et écrivain. Il dirige les pages culture et art de vivre du Figaro Magazine. Il est notamment l'auteur d'Assassinés (Perrin, 2013).

Il y a quinze ans, en mars 1999, échaudés par les précédents croate et bosniaque, chauffés à blanc par des intellectuels hémiplégiques, les États-Unis et l'Union européenne lançaient une campagne de bombardement sur la Yougoslavie (la Serbie, en réalité) afin d'empêcher un «génocide» au Kosovo. Selon certains journalistes et les témoignages d'Albanais fuyant leur région, 100 000 victimes étaient déjà à déplorer et un exode d'une ampleur similaire à celui de la première grande épuration ethnique du XXème siècle (les Grecs orthodoxes chassés d'Anatolie par les Turcs après le Traité de Lausanne) était en cours. Il y avait urgence à intervenir. Pour l'aider à combattre l'armée yougoslave, l'OTAN - qui agit là sans résolution de l'ONU - fit appel à la guérilla albanaise locale, l'UÇK (Armée de Libération du Kosovo). Classée jusqu'en 1998 dans la catégorie «organisation terroriste» du Département d'État américain, financée essentiellement par le trafic d'héroïne, elle devenait subitement plus que fréquentable: une alliée. Choquant? A Washington, on fit cyniquement savoir que la fin justifiait les moyens. Après tout, en d'autres temps et d'autres lieux, l'Amérique avait bien pactisé avec Ben Laden pour lutter contre le monstre russe…

Au terme de trois mois de guerre, Milošević capitula. On compta les morts: entre 3 000 et 4 000, tout compris (Albanais, Serbes, Tziganes, civils, militaires). On admit du bout des lèvres qu'on avait un peu exagéré l'ampleur de la répression serbe puis on passa à autre chose. Arraché à la Serbie et ce, bien qu'il abritât les monastères qui ont vu naître la nation et l'identité serbes, le Kosovo fut mis sous tutelle de l'OTAN. En 2008, il se déclara unilatéralement indépendant et l'Occident - qui hurlerait six ans plus tard quand la Crimée userait de la même méthode pour se rattacher à la Russie de Poutine -, applaudit à tout rompre. Du coup, à Priština, la capitale, on rêve désormais tout haut d'une entrée prochaine dans l'Union européenne.


Le Milošević local, Bachar Al-Assad, ne fait-il pas pire que « le boucher des Balkans » ? Ne conviendrait-il pas de fournir des armes et des conseils aux vaillants « combattants de la liberté » qui œuvrent à sa chute en fermant les yeux sur leurs méthodes et leurs exactions ?

Tout va tellement pour le mieux dans le meilleur des mondes balkaniques que certaines chancelleries occidentales se demandent si elles ne devraient pas suivre cet exemple pour mettre fin à l'épouvantable guerre civile en Syrie (entre 100 000 et 150 000 morts déjà, et bien réels, eux). Le Milošević local, Bachar Al-Assad, ne fait-il pas pire que «le boucher des Balkans»? Ne conviendrait-il pas de fournir des armes et des conseils aux vaillants «combattants de la liberté» qui œuvrent à sa chute en fermant les yeux sur leurs méthodes et leurs exactions? Ne devrait-on pas, là aussi, intervenir en s'appuyant sur les milices antigouvernementales locales? Après tout, on l'a fait au Kosovo il y a quinze ans avec un mouvement qui se rendait coupable d'enlèvements, de trafics d'organes et d'exécutions sommaires. On l'ignorait à l'époque? Faux: mais ceux qui l'écrivaient ou le disaient étaient considérés comme manipulés ou stipendiés par Belgrade (l'auteur de ces lignes, par exemple). Et quand bien même on l'eût ignoré alors: en 2014, la chose est de notoriété publique* et cela n'empêche pas un des anciens leaders de la sinistre UÇK, Hashim Thaçi, d'être paisiblement assis dans le fauteuil de Premier ministre du Kosovo depuis six ans. Ni Ramush Haradinaj, un de ses prédécesseurs, condamné pour crimes de guerre par le Tribunal Pénal international de La Haye, de vivre aujourd'hui, libre, dans sa région natale.

Mais admettons le principe et observons juste les conséquences de son application. Le Kosovo de 2014 est-il réellement le pays enviable qui justifiait l'intervention musclée de l'Occident il y a quinze ans? Pays le plus pauvre d'Europe, État mafieux rebaptisé «République de l'héroïne» par les antistups anglais, il fournit, toujours selon les services britanniques, 70 % des dirigeants du marché du sexe pour la seule ville de Londres. La drogue à destination de l'Europe occidentale en provenance d'Afghanistan transite toujours, après la Turquie, par la vallée de la Drenica (dont est originaire Thaçi…), le taux de chômage du pays approche les 50 %, le trafic de voitures volées et d'êtres humains y est florissant, etc. Sans parler de la liberté de déplacement et la liberté de culte, qui ne sont pas respectées. Ainsi, la semaine dernière, vendredi Saint, un groupe de 150 Serbes orthodoxes ont demandé aux forces de sécurité internationales basées au Kosovo d'être escortés jusqu'à Djakovica, dont ils avaient été chassés en 1999, pour fêter la Résurrection. L'EULEX et la KFOR leur ont adressé une fin de non-recevoir, arguant qu'elles ne pouvaient assurer leur sécurité. Cette ville du sud-ouest du Kosovo comptait 12 000 Serbes sur ses 100 000 habitants il y a quinze ans. Selon Djokica Stanojević, président de l'Association des citoyens de Djakovica, ils ne sont plus aujourd'hui que quatre à y vivre. Quatre vieilles nonnes…

Le Kosovo, un exemple pour la Syrie de demain, vraiment?

* Outre le rapport de Dick Marty de décembre 2010 et les aveux de Carla Del Ponte, ancienne procureure du TPIY, Nataša Kandić, directrice du Fonds pour le droit humanitaire à Belgrade, vient de dénoncer violemment l'inaction suspecte de l'UE et des États-Unis pour juger les crimes commis contre les Serbes au Kosovo après 1999.

Aphorismes du staretz Sophrony de Maldon (II)

Архимандрит Софроний Сахаров со старцем Иосифом Ватопедским


" La vie terrestre est pour nous un jugement continuel de Dieu. Si nous suivons les commandements du Christ, la grâce de l'Esprit Saint viendra à nous; mais lorsque nous nous engageons à les accomplir (même de façon modeste), Dieu nous laisse, et nous ressentons cet abandon que les étrangers ne connaissent même pas. Ils ne comprennent pas ce qu'est l'abandon par Dieu."

" L'âme humaine est l'image de Dieu. Elle trouve le repos que lorsqu'elle atteint la perfection." 

" Nous ne pensons pas à la façon de changer le monde avec nos propres forces. Nous nous efforçons de recevoir la force de Dieu pour agir en tout temps avec amour." 

" Quand la grâce de Dieu vient à nous, alors que nous vivons déjà ici-bas dans la dimension de l'éternité."

" La chose la plus importante dans la vie spirituelle est de s'efforcer de recevoir la grâce de l'Esprit Saint. Il change nos vies (surtout à l'intérieur, pas extérieurement). Nous vivrons dans la même maison, dans les mêmes circonstances, et avec les mêmes personnes, mais notre vie sera déjà différente. Mais cela n'est possible que sous certaines conditions: si nous trouvons le temps de prier avec ferveur, avec des larmes dans les yeux. Dès le matin pour demander la bénédiction de Dieu, qu'une attitude de prière puisse définir l'ensemble de notre journée."

" Celui qui abandonne sa croix ne peut pas être digne du Seigneur et devenir Son disciple. Les profondeurs de l'Être divin sont révélées pour le chrétien quand il est crucifié pour notre Sauveur. La Croix est le fondement de la théologie authentique." 

" La plus grande tragédie du chrétien est l'incapacité de trouver un père spirituel. Les laïcs sont eux-mêmes coupables dans ce domaine, s'ils ne sont pas disposés à écouter les paroles de leurs instructeurs spirituels." 

" La vie sans Christ est insipide, triste, et désespérée."


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant




Haïjin Pravoslave (CCCXLIV)


Rosée sur ta vie
La Grâce illumine tout
Et te montre Dieu

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 23 avril 2014

Aphorismes du staretz Sophrony de Maldon (I)



54429.p


Les paroles suivantes de l'archimandrite Sophrony (Sakharov)  ont été enregistrées par différents moines du Mont Athos.

" Je ne suis ni grec ni russe; je suis athonite."

" Je porte une soutane depuis soixante ans, mais chaque fois que je rencontre un chrétien orthodoxe ou tout autre personne, je m'incline profondément devant elle." (Ainsi le staretz voulait indiquer qu'il se sentait  le plus indigne.)

" La théologie est le contenu de nos prières."

" Les Pères du IVe siècle nous ont laissé certaines prophéties, selon lesquelles, dans les derniers temps le salut sera lié avec de profondes afflictions."

" Nous devons avoir la volonté de surmonter les tentations comparables aux douleurs des premiers chrétiens. Tous les témoins de la résurrection du Christ ont été martyrisés. Nous devrions être prêts à endurer toutes les épreuves."

" La psychologie apporte le plus grand mal à l'humanité d'aujourd'hui, parce que cette science ne prend pas en considération la révélation divine, selon laquelle l'homme est créé "à l'image et à la ressemblance de Dieu."

" Chacun d'entre nous, à chaque instant de notre vie, est dans le besoin absolu de la grâce divine, qui est donnée à l'homme par la douleur et l'effort. Quand nous prions le matin, prions le soir, et prions à chaque instant - alors nous avons le droit de dire: "Seigneur, ne me quitte pas; aide moi."

" Il est essentiel de lire l'Evangile, ce livre incomparable. Ensuite, notre vie sera construite sur ​​la base de la Parole de Dieu. Et nous commencerons à penser et à prendre des décisions dans l'esprit des commandements divins. Que c'est beau, quand on commence à penser comme le Créateur de ce monde ! "

" Quand nous commençons à mener la vie chrétienne, toute notre travail, toute notre lutte ascétique [podvig] est dirigée vers l'acceptation de nos ennemis avec amour. En cela consiste le témoignage martyrique du chrétien."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant





Haïjin Pravoslave (CCCXLIII)


Christ est toujours là
C'est nous qui par négligence
Le quittons souvent

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 22 avril 2014

Saint Théophane le reclus: La prière (R)



Святитель Феофан Затворник


Le Sauveur nous a commandé d'entrer dans notre chambre, et d'y prier Dieu le Père en secret.


Selon saint Démètre de Rostov, la chambre signifie le cœur. En conséquence, les commandements du Seigneur, nous obligent à prier Dieu mentalement dans notre cœur. Ce commandement est pour tous les chrétiens. 


L'apôtre Paul recommande la même chose, disant que nous devons toujours prier en esprit. 


Ainsi, il est impossible de contester le fait que la prière mentale est obligatoire pour tous les chrétiens, et si elle est obligatoire, elle est aussi possible, car Dieu ne demande jamais l'impossible.

Version française de Claude Lopez-Ginisty
D'après St. Theophan the Recluse
Kindling the Divine Spark
Teachings on How to Preserve Spiritual Zeal
ST. XENIA SKETE PRESS
USA, 
1994
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Reliquaire de saint Théophane le Reclus

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