samedi 16 octobre 2010

Métropolite Antoine de Souroge: La mémoire de la mort


Memory eternal 2

L'injonction qui demande de se souvenir de la mort n'est pas un appel à vivre avec un sentiment de terreur, dans la conscience permanente que la mort va nous vaincre, et que nous allons périr complètement avec tout ce à quoi nous tenions. 

Cela signifie plutôt: "Soyez conscients du fait que ce que vous dites maintenant, ce que vous faites en ce moment, ce que vous entendez ou que vous recevez maintenant peut-être le dernier événement, ou la dernière expérience de votre vie actuelle.

Dans ce cas, ce doit être une victoire, non une défaite, un sommet, et non un creux. Si seulement nous réalisions à chaque fois que nous sommes confrontés à une personne que cela pourrait être le dernier moment de sa vie ou de la nôtre, nous serions beaucoup plus attentifs, plus beaucoup à l'écoute des paroles que nous prononçons et des choses que nous faisons.

Version française Claude Lopez-ginisty
d'après

Nouveaux Martyrs: Vie de sainte Sarah/Fatima Al-Mutairi


"Ils viendront de l'orient et de l'occident et ils siègeront avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume de Dieu"
Fatima est née en 1982 dans la région du Kassim en Arabie Saoudite, dans la ville de Barida. Elle a grandi dans une famille de cinq personnes, avec ses deux parents et ses deux grands frères. La famille était musulmane pratiquante sans toutefois prendre le côté fanatique.
Dès sa tendre enfance elle avait des aptitudes à apprendre par cœur tout ce qu'elle entendait à l'école, ce qui a poussé sa mère à l'inscrire à l'école coranique, pensant qu'elle lui ferait du bien en la poussant à apprendre le Coran par cœur et à s'engager dans la voix de l'islam fondamentaliste. Sauf que la jeune fille a véritablement pris le chemin extrême de la religion, elle faisait toutes les prières commandées par les autorités religieuses et jeûnait même tous les lundis et les jeudis de l'année en plus du mois de ramadan; elle s'habillait tout en noir avec le Hijab et le Niquab. Désormais elle s'abstenait de tout ce qui aurait tendance à la pousser vers une vie d'adolescence relâchée selon elle. Ainsi elle interdit la radio et la télévision à la maison en empêchant la famille d'écouter des chansons et de la musique. Elle rompit les relations avec les adolescentes de son âge qui oseraient montrer leur visage en public, ou apprenaient des chansons mondaines, ou discutaient de sujets éloignés de la rigueur coranique, ce qui la poussa à s'isoler complètement de toute relation avec les jeunes filles de son âge. Ajoutons à cela que sa mère regretta formellement de l'avoir envoyée dans cette école. Elle la retira et l'envoya désormais dans les écoles publiques de la région.
Cet isolement produisit chez elle une sorte de dépression avec des maux de tête, et le médecin diagnostiqua une cause psychologique de ces douleurs. Alors notre amie, ne pouvant plus continuer dans cet état, fit un revirement radical; Elle enleva les vêtements noirs et vécut comme toutes les filles de son âge, regardant à nouveau la télévision, écoutant de la musique, et même apprenant par cœur des chansons, tout en continuant à faire les prières quotidiennes et en écoutant les cheiks musulmans prêcher à la télé et à la radio leurs discours fondamentalistes. Elle disait qu'en accomplissant ses devoirs religieux, son cœur restait loin de Dieu. Par la suite, une transformation eut lieu dans son âme, elle ne pouvait plus supporter les chefs religieux fondamentalistes et fanatiques, qui passaient leur temps à prononcer des menaces et des malédictions sur tout et pour toutes choses. Elle prit en haine ces discours et chercha tout le temps à démontrer que l'islam véritable n'est pas celui que prêchent ces cheiks, il est plutôt celui de la tolérance et de la paix. Elle disait que ce genre de discours est responsable de l'éloignement des gens de la religion.
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Tsvetan Biyukov: A demain!



Les paroles soutiennent
et les paroles peuvent frapper
Les paroles ressemblent à des cannes

Les paroles se rendent
Les paroles trahissent
Les paroles trahissent l'espoir et l'amour

Les paroles contraignent
et les paroles trompent
Tes paroles consolent et pourtant tu pars

Les paroles donnent tout
et les paroles n'ont pas tout
Paroles amères derrière ton dos

Les paroles confirment
et pourtant nient
Tuent ton âme avec des couteaux haineux

Les paroles pour guérir
Les paroles pour attirer
Les paroles, les dents serrées - rien de nouveau

Les paroles d'amour
et les paroles de haine
Les paroles t'ont mis dans la tombe

Paroles-défis
Voix putride de colère
parole vide qui fait un bruit vide

Les paroles de l'affliction
et de la frustration
dues à l'aliénation des paroles

Les paroles restreignent
et les paroles récupèrent
Paroles de sagesse, paroles naïves

Les paroles créent
et les paroles détruisent
Paroles puissantes dans une voix puissante

Les paroles peuvent juger
et les paroles pardonner.
Parole de Dieu, crois-tu?

Puis-je être
ce que je veux être?
Toujours homme de paroles, mais homme d'action.

Attendez et vous verrez,
Attendez seulement, et vous verrez.


Je prierai pour vous, vous priez pour moi.

+

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Hésychie (302)



La Tradition est un soleil
Qui rassure les âmes 
Et fait toutes choses nouvelles
Dans les ténèbres du monde

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 15 octobre 2010

Le miracle de saint Serge de Radonège



St. Sergius


Il y a bien longtemps vivait un jeune garçon, âgé d'environ sept ans, qui luttait pour apprendre à lire et à écrire. Malgré les plus grands efforts, le travail  d'apprentissage des lettres ne donna pas de fruits pour lui. Ridiculisé par ses pairs et à cause de la déception de ses parents, avec une grande douleur de cœur, le jeune garçon se retira dans la forêt.

Comme il marchait le long d'un chemin très boisé, la vue d'un staretz priant sous les chênes massifs le fit sursauter. Il s'approcha doucement du saint homme tandis que le staretz se tournait vers le jeune garçon et il vit immédiatement qu'il était très troublé. Déversant la douleur de son cœur à cause de son défaut d'apprentissage, le staretz lui répondit en lui offrant un cadeau du pain bénit,  signe de l'aide de Dieu, qu'il sortit soigneusement d'une petite poche.

Par la grâce de Dieu, il apprit immédiatement à lire et à écrire avec aisance. Tous les jours de sa vie, il utilisa sa capacité à acquérir des connaissances comme un moyen d'acquérir la grâce de Dieu. Ce jeune garçon, Bartholomée, en grandissant est devenu Saint-Serge de Radonège, fondateur du 14ème siècle de la Laure de la Sainte Trinité-Saint Serge en Russie [...]

Version française Claude Lopez
d'après
( Introduction au programme d'école 
à la maison pour les petits enfants/ extrait du blog)


Sur Orthodoxphotos. com: Les reliques de notre Père parmi les saints Jean de Changhaï








Shrine with the relics of the holy hierarch John
Reliquaire de saint Jean

St. John Maximovitch lying in state immediately after his repose

Saint Jean peu de temps après sa naissance au Ciel


'It is hardly to doubt that Vladyka manifestly pleased God by his truly ascetic life and struggle of prayer. It is worthy of attention that when we served his funeral on the sixth day (for various reasons I was long delayed en route, and they waited a long time for the funeral on Thursday, at six o'clock in the evening), his coffin stood open. Not only were there no signs of bodily decomposition whatsoever, but Vladyka lay as one sleeping; his hands had their usual appearance and color and were soft and warm... his incorruption was obvious' (from a letter of Metropolitan Philaret)

Saint Jean pendant l'office de pannikhide

The relics of the holy hierarch John after washing and revesting

Saint Jean revêtu d'une soutane après l'invention des reliques

After having washed the relics, the priests are vesting the saint in his bishop's vestments

Les reliques sont habillées

The holy relics arrayed in new hierarchal vestments and placed in a new coffin. Around - participants.

Saint Jean vêtu en hiérarque après l'invention de ses reliques

In accord with the elevated mood the hierarchal Gospel reading proclaims: 'I am the good Shepherd, and know My sheep, and am known of Mine... and I lay down My life for the sheep.'

Glorification de notre Père parmi les saints Jean 

A little girl venerating the holy relics

Petite fille vénérant les reliques de saint Jean

Photos des reliques de saint Jean de Changhaï sur http://www.orthodoxphotos.com/Holy_Relics/St._John_Maximovitch/

OrthodoxPhotos.com

Vie des startsy de Grèce, Roumanie et Russie,
Photos, icônes...







Hésychie (301)



Ne cherche pas 
A faire que ta foi 
S'accorde avec le monde
Il passera et elle sera toujours vraie

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 14 octobre 2010

Saint Jean, apôtre de la Diaspora: Soyez vigilants!


john-maximovitch


Tenez bon dans la vigilance spirituelle, parce que vous ne savez pas quand le Seigneur vous appellera à Lui-même. Dans votre vie terrestre soyez prêts à tout moment à lui rendre des comptes. Méfiez-vous que l'Ennemi ne vous attrape dans ses filets, qu'il ne vous trompe en vous faisant tomber dans la tentation. Faites quotidiennement votre examen de conscience; essayez de purifier vos pensées, vos intentions.

Il était un roi qui avait un mauvais fils. N'ayant pas d'espoir qu'il change pour le mieux, le père condamna à mort le fils. Il lui donna un mois pour se préparer.

Le mois s'écoula, et le père convoqua le fils. À sa grande surprise, il vit que le jeune homme avait sensiblement changé: son visage était maigre et tiré, et tout son corps ressemblait à celui de quelqu'un qui avait souffert.

"Comment est-il possible qu'une telle transformation soit intervenue en toi, mon fils?" demanda le père.

"Mon père et mon seigneur, répondit le fils," comment pouvais-je ne pas changer lorsque chaque jour qui passait me rapprochait de la mort? "

"Bon, mon fils," dit le roi. "Puisque tu as évidemment retrouvé tes sens, je te pardonne. Cependant, tu dois te maintenir dans cette disposition vigilante de l'âme pour le reste de ta vie."

"Père, répondit le fils," c'est impossible. Comment puis-je résister aux séductions et aux tentations innombrables?

Alors le roi ordonna qu'un récipient plein d'huile soit apporté, et il dit à son fils: "Prends ce récipient et transporte-le dans toutes les rues de la ville. Te suivront deux soldats avec des épées tranchantes Si tu renverses ne serait-ce qu'une seule goutte, ils te couperont la tête. "

Le fils obéit. A pas légers, prudents, il marcha le long de toutes les rues, les soldats l'accompagnaient, et il ne renversa pas une seule goutte.

Quand il revint au château, le père demanda: "Mon fils, qu'as-tu vu lorsque tu étais à pied à travers la ville?"

"Je n'ai rien vu."

"Que veux-tu dire, rien?" dit le roi.

"Aujourd'hui est jour férié, tu as dû voir les étals de toutes sortes de bibelots, beaucoup de voitures, les animaux, les gens ..."

"Je n'ai rien remarqué de tout cela," dit le fils. "Toute mon attention était centrée sur l'huile dans la cuve. J'avais peur de renverser une goutte et de perdre ainsi ma vie."

"Tu as raison, mon fils, dit le roi. "Garde à l'esprit cette leçon pour le reste de ta vie. Sois aussi vigilant avec ton âme comme aujourd'hui tu le fus avec l'huile dans le récipient. Tourne tes pensées loin de ce qui bientôt disparaîtra, et les garde concentrées sur ce qui est éternel. Tu seras suivi, non  pas par des soldats armés, mais par la mort à laquelle nous nous rapprochons tous les jours. Sois très prudent pour garder ton âme de toutes les tentations ruineuses. "

Le fils obéit à son père, et il vécut heureux.

Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, soyez forts. (ICor. 16:13).

L'Apôtre donne aux chrétiens ce conseil important pour attirer leur attention sur le danger de ce monde, pour leur enjoindre de faire un examen fréquent de leur cœur, parce que sans celui-ci, on peut facilement causer la ruine de la pureté et de l'ardeur de sa foi, et insensiblement passer du côté du mal et de l'incrédulité.

Tout comme une préoccupation fondamentale est d'être attentif à tout ce qui pourrait être nocif pour notre santé physique, de même nos préoccupations spirituelles devraient se méfier de tout ce qui pourrait nuire à notre vie spirituelle et au travail de la foi et du salut. Par conséquent, évaluez avec soin et attention vos impulsions intérieures: sont-elles de Dieu ou de l'esprit du mal? Méfiez-vous des tentations de ce monde et de gens du monde; méfiez-vous des tentations intérieures cachées qui viennent de l'esprit d'indifférence et de négligence dans la prière, du déclin de l'amour chrétien.

Si nous tournons notre attention à notre esprit, nous remarquons un torrent de pensées et d'idées successives. Ce torrent est ininterrompu, c'est la course partout et à tout moment: à la maison, à l'église, au travail, quand nous lisons, quand nous conversons. C'est généralement appelé la pensée, écrit l'évêque Théophane le Reclus, mais en fait c'est une perturbation de l'esprit, une dispersion, un manque de concentration et d'attention.

La même chose arrive avec le coeur. Avez-vous déjà observé la vie du cœur? Essayez, même pour un court laps de temps, et voyez ce que vous trouvez. Quelque chose de désagréable se produit, et vous êtes irrité; un malheur se produit, et vous vous plaignez, vous voyez quelqu'un que vous n'aimez pas, et l'animosité se fait jour en vous, vous rencontrez l'un de vos égaux qui vous a maintenant distancé dans l'échelle sociale, et vous commencez à l'envier, vous pensez à vos talents et capacités, et vous commencez à devenir fier...

Tout cela est pourriture: la vaine gloire, le désir charnel, la gourmandise, la paresse, la malveillance, l'une sur l'autre, détruisent le cœur. Et tout cela peut passer par le coeur en quelques petites minutes. Pour cette raison, une ascète, qui était extrêmement attentif à lui-même, avait tout à fait raison de dire que "le cœur de l'homme est rempli de serpents venimeux. Les cœurs des saints seulement sont exempts de ces serpents, que sont les passions."

Mais cette liberté n'est atteinte que par un processus long et difficile de  connaissance de soi, de travail sur soi et en étant vigilants dans la vie intérieure, c'est-à-dire, en l'âme.

Soyez prudent. Veillez sur votre âme! Tournez vos pensées loin de ce qui sera bientôt passé, et tournez-les vers ce qui est éternel. Là vous trouverez le bonheur que votre âme cherche, dont votre cœur a soif.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
OTHODOX AMERICA, vol. XIV, n ° 2-3, September-October 1993

Saint- Tikhon de Zadonsk: La tentation est comme un émétique



Dieu "donne la grâce aux humbles"(Jacques 4:6), ce qui corrige et renouvelle un homme. Donc, l'homme qui se connaît commence à se corriger et devient progressivement meilleur. Apprenez à vous connaître, alors, et vous vous corrigerez.

Les tentations et les épreuves montrent ce qui se cache dans le cœur d'un homme. La tentation est similaire au remède appelé émétique. Un émétique révèle ce qui est caché dans l'estomac. Alors les tentations et les épreuves rendent manifestes ce qui est à l'intérieur d'un homme. La Sainte Parole de Dieu et d'autres livres chrétiens soulignent la corruption de notre nature, mais on le reconnaît par l'expérience réelle ou l'acte dans les tentations et les épreuves.

Ainsi, la vaine gloire se manifeste à travers la privation de la gloire, l'avarice par la privation de la richesse, l'envie par le succès du prochain, et la colère par la déception. 

Si, ensuite, vous tombez dans les tentations diverses, ô chrétien, tout cela se passe avec la permission de Dieu pour votre grand avantage, afin que vous puissiez ainsi savoir ce qui est caché dans votre cœur, et le sachant, vous pourrez vous corriger. Beaucoup se flattent eux-mêmes et se considèrent comme bons, humbles et doux, mais ils vont découvrir le contraire en vertu de la tentation. Ne vous découragez pas dans les tentations, alors, mais rendez d'autant plus grâce à Dieu de ce qu'Il vous amène ainsi à la connaissance de soi et souhaite que vous soyez corrigés et que vous soyez sauvés.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Hésychie (300)



C'est le Royaume
Et le temps arrêté
Et fécond de l'Eternité
Que tu trouves dans le pèlerinage

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 13 octobre 2010

L'enfer dans la tradition orthodoxe



Dieu nous permet d'être effrayé par les descriptions de l'enfer et nous laisse croire qu'il est courroucé au point de nous administrer un châtiment éternel en nous condamnant à l'enfer. L'enfer a été créé comme le lieu des anges déchus et parce que certaines personnes choisissent de suivre les démons, elles aussi, elles passent l'éternité avec leurs dirigeants, les démons, en enfer. 

Dieu ne les y a pas envoyées, elles Le fuient loin et se cachent de Sa lumière. Les anges déchus et les gens qui ont choisi et choisissent d'être séparés de Dieu sont très tourmentés, en présence de Sa Lumière divine. 

La pureté suprême de Dieu brûle le péché et la corruption. Ces anges qui sont tombés (les démons) et les personnes qui choisissent de rester dans l'état de "nature déchue" constamment jusques à leur mort physique sont pleins d'impureté. Cette impureté fait partie de ce qu'ils sont. 

Dieu ne les a pas créés ainsi, mais ils ont librement choisi d'être tels, parce qu'ils préfèrent suivre leur propre volonté aveugle, au lieu de suivre, au lieu de suivre d'abord aveuglément la volonté parfaite de Dieu. Cette impureté qu'ils ont choisie pour faire partie d'eux-mêmes des brûle en présence de la Lumière de Dieu. 

Pour être avec Dieu dans le Ciel, nous devons devenir purs, car l'impureté ne peut pas partager un lieu avec la pureté de Dieu. Tout comme l'huile et l'eau ne peut pas former un mélange homogène, ainsi, les pécheurs impénitents et les démons ne peuvent pas vivre avec le Saint-Esprit dans et autour d'eux dans la mesure où ils se combinent. 

Leur attachement à l'impureté leur donne occasionne de la douleur quand ils sont en présence de Dieu. Dieu miséricordieusement a préparé un lieu de ténèbres pour leur donner "l'ombre" de Sa Lumière. 

Ils sentent encore la brûlure de Son amour, mais pas aussi intensément qu'ils ne le feraient en Sa Présence. Cela est inévitable parce que c'est l'amour de Dieu qui maintient heureusement leur retraite sombre sans laquelle ils souffriraient encore plus. Ils ne pourraient pas supporter de passer, même les plus brefs instants dans le Ciel. Pour eux, c'est infiniment pire que l'enfer. 

Pour être dans le Ciel, nous devons nous détacher de toute impureté. Si nous devenons justes par nos propres efforts volontaires (libre arbitre), même sans atteindre la sainteté dans la vie, nous pouvons être libérés au moment du décès des restes de l'impureté par la grâce de Dieu, après avoir "acquis" cette grâce, pour ainsi dire, à travers les œuvres de la foi. 

[...]

Nous avons ensuite fini par comprendre que Dieu est vraiment miséricordieux et offre Sa miséricorde et Son aide pour nous tous. Certains d'entre nous apprennent à accepter humblement Son offre, et les autres non. Nous devons prier pour eux.

C'est Dieu que nous aimerons le plus dans le Ciel. Comme cela serait fantastique pour nous de commencer à le faire déjà alors que nous sommes encore sur  terre.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Victor Mihailoff
An Orthodox Survival Guide for the 21st Century
Chapter 17: God's Relationship with us
(Chapitre 17: La relation de Dieu avec nous)

Saint Jean de Cronstadt: Embrasser les choses saintes


Embrasser avec les lèvres, 
correspond à embrasser avec l'âme; 
et lorsque nous embrassons des choses saintes,
 nous devrions les embrasser aussi
 avec l'âme et le cœur 
autant qu'avec les lèvres. 

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Saint jean de Cronstadt
My Life In Christ (Ma Vie en Christ)
Edition du Monastère Holy Trinity
Jorndanville N.Y.
USA

Hésychie (299)



Le temps de la prière
Te rapproche
De l'Eternité
Et t'éloigne du néant

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 12 octobre 2010

Saint Nicolas de Jitcha: Prière à Dieu



Repentez-vous avant la mort ne ferme la porte de votre vie et n'ouvre la porte du Jugement.

Repentez-vous avant la mort et, puisque vous ne connaissez pas l'heure de la mort, repentez-vous, aujourd'hui-même, maintenant, et cesse de répéter votre péché.

Ainsi prie saint Ephrem le Syrien:

Avant que la roue du temps ne s'arrête dans ma vie, aie pitié de moi;

Avant que le vent de la mort et les maladies, hérauts de la mort, n'apparaissent sur mon corps, aie pitié de moi;

Avant que le soleil majestueux sur les hauteurs devienne plus sombre pour moi, aie pitié de moi, et puisse ta lumière briller pour moi d'en haut et dissiper les ténèbres terribles de mon esprit;

Avant que la terre ne retourne à la terre et ne devient pourriture et avant la destruction de toutes les traits de sa beauté, aie pitié;

Avant que mes péchés ne me trompent au Jugement et ne me fassent honte devant le Juge, aie pitié, Seigneur, plein de douceur;

Avant que les hôtes ne sortent, précédant le Fils du Roi, pour assembler notre misérable race devant le trône du Juge, aie pitié,

Avant que la voix de la trompette ne sonne avant Ta Parousie, épargne tes serviteurs et aie pitié, ô Seigneur notre Jésus;

Avant de verrouiller Ta porte devant moi, ô Fils de Dieu, et avant que je ne devienne nourriture pour les feux de la géhenne qui ne s'éteint pas, aie pitié de moi.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Hésychie (298)




Rends grâces à Dieu
Pour toutes les bornes lumineuses
Que sont les saints
Sur la Voie du Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 11 octobre 2010

Les violences tolérées contre les Serbes au Kossovo




Le diocèse de Ras-Prizren et de Kosovo-Metohija ont exprimé leur mécontentement et leur protestation la plus sévère aux représentants internationaux au Kosovo-Metohija par l'absence de réaction internationale à la lapidation des fidèles qui revenaient le dimanche de l'inauguration de Sa Sainteté le Patriarche serbe Irinée. Au moins dix autobus et des voitures ont été lapidés par des Albanais qui se sont rassemblés dans les rues qui conduisent au Patriarcat de Pec. De nombreux bus et de petits véhicules ont été endommagés et au moins une personne a été blessée et hospitalisée.

Même si les attaques n'ont en rien été provoquées et sans doute qu'elles étaient ethniquement et religieusement motivées, aucun bureaux ou institutions internationales au Kosovo-Metohija n'a condamné publiquement ce vandalisme. Un représentant du gouvernement auto-proclamé du Kosovo, Memlji Krasniqi a même fait une déclaration disant que l'homélie de Sa Sainteté le Patriarche, qui a appelé à une coexistence pacifique de tous au Kosovo-Metohija, était "un mélange de religion et de politique" et que la déclaration était "absurde et sans effet réel." 

Une telle attitude par le représentant de l'institution auto-proclamée, sans dire un mot sur les attaques qui ont eu lieu après l'inauguration, donne une justification formelle de la violence qui a eu lieu dans les rues de Pec. Les principaux médias du Kosovo a également donné un ton négatif à l'intronisation du patriarche Irénée avec leurs accusations classiques contre le peuple serbe et l'Église. 

La présence des dirigeants de l'organisation ultra-radicale "auto-détermination" Albin Kurti ce jour-là à Pec n'était pas non plus une coïncidence. Ses évaluations agressives et menaçantes de la cérémonie d'inauguration du patriarche serbe qui ont été diffusés par les principaux médias du Kosovo ne sont que la continuation de la campagne à long terme contre l'Eglise orthodoxe serbe menée par cette organisation extrême. Les menaces et les affiches sacrilèges qui insultent le patriarche Irénée sont un autre indicateur de la haine des Albanais radicaux, et leur volonté de répéter la violence qui ces dernières années a détruit 150 églises orthodoxes serbes, malheureusement, en présence des forces internationales de paix. Bien sûr, dans toutes ces accusations le fait n'a pas été mentionné que cette ville dans laquelle l'intronisation a eu lieu compte seulement 18 citoyens de Serbie sur la population d'avant-guerre de 20.000 âmes. Cette situation est le meilleur indicateur de la liberté et de la qualité de la vie qui se construit ces dernières années au Kosovo et Metohija.

Même si la police du Kosovo dans un communiqué a rapporté six émeutiers arrêtés, l'impression générale de ceux qui ont été attaqués avec des pierres, c'est que la police dans plusieurs cas, n'a pas réagi et a permis le rassemblement de plus de personnes avec des pierres. Il est étonnant que ni la police locale, ni les forces internationales n'avaient pas prévu ou souhaité de prévoir que des groupes militants prépareraient un lynchage public de pèlerins serbes.

L'absence de condamnation internationale de la propagande des médias et des attaques sur des véhicules des pèlerins serbes peut, malheureusement, être caractérisée comme suppression de la tolérance  religieuse et ethnique, qui ne conduit pas à l'évolution des relations inter-ethniques au Kosovo-Metohija et décourage les Serbes de visiter librement leurs lieux saints, conformément à leurs droits et libertés religieux, dont la protection internationale du Kosovo se vante. Dans le même temps, le diocèse est reconnaissant au réseau du Kosovo d'action stratégique (KSAM) qui comprend une soixantaine d'organismes non-gouvernementaux et qui a publié une déclaration condamnant la violence dans les rues de Pec.

La meilleure réponse à ces explosions de violence ethnique et religieuse dans les rues de Pec, auxquelles les Serbes du Kosovo se sont acclimatés au fil des années, est la célébration de l'intronisation du patriarche serbe qui a été paisible et sublime, représentant dans la plus digne manière la tradition séculaire des plus anciennes institutions existantes au Kosovo et Metohija.

Le siège du diocèse de Ras-Prizren
et au Kosovo-Metohija
Gracanica-Prizren

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après

Appel de la Paroisse orthodoxe Saint Georges et Saint Maurice de Sion (Suisse)







Chers frères et sœurs en Christ,

Une nouvelle fois, nous faisons appel à votre aide.

En juin, Dieu a envoyé dans notre paroisse la famille Meles pour le baptême de leur fille Lia. Ce fut à ce moment-là que nous avons découvert la situation dramatique de cette famille. Ayant demandé l’asile en Espagne, celui-ci leur a été refusé. Sur les mauvais conseils de leur avocate, ils sont venus tenter leur chance en Suisse.

En raison des accords de Schengen, la Suisse ne pouvait pas les accepter. La famille devait impérativement repartir pour l’Espagne. Connaissant la vie qui les attendait là-bas, la famille Meles a tenté malgré tout une demande d’asile en Suisse. Cette demande s’est soldée par un refus.

Il faut savoir que Mehari est Erythréen et Eynalem est Ethiopienne. Mehari a été mis en prison en Ethiopie et a eu ensuite 6 mois pour quitter le pays. Ayant une épouse éthiopienne, la famille ne peut se rendre ni en Erythrée, ni en Ethiopie.

Quarante huit heures après le baptême de leur fille, la police est venue les chercher à leur domicile pour un rapatriement forcé en Espagne. Arrivé à l’aéroport de Genève, la famille a refusé d’embarquer. Dès lors, Mehari, le père fut incarcéré pour des mesures de contraintes tandis que Eynalem, la mère et David (2ans 5 mois) et Lia (3 mois) les enfants ont pu rejoindre leur domicile.

En accord avec les autorités valaisannes, Père Daniel a visité plusieurs fois Mehari à la prison, tandis que Matouchka s’occupait d’Eynalem et des enfants.

Avec l’accord des autorités valaisannes, la maman et les enfants ont passé les derniers jours au domicile de Père Daniel et c’est là que la police est venue les chercher pour les conduire une seconde fois à l’aéroport de Genève. Ce deuxième départ s’est déroulé dans de bonnes conditions.

Avant ce deuxième départ, nous avons pu organiser, avec l’aide de Monseigneur Timothée, évêque de l’évêché roumain d’Espagne, leur accueil et leur hébergement à Madrid.

Pendant 3 mois, Monseigneur Timothée a assuré personnellement le financement de leur logement. Malheureusement, vu sa situation financière en Espagne, il ne peut plus continuer.

Le mercredi après-midi 29 septembre, nous avons reçu un appel de détresse de Mehari : « Demain, nous sommes à la rue …»

Face à l’urgence et Matouchka étant la marraine des enfants, nous avons immédiatement versé le montant de la location.

Après avoir pu contacter Monseigneur Timothée, celui-ci nous a affirmé ne pas être au courant de la situation du jour. Il semble qu’il y ait eu une mauvaise communication avec la personne qui devait s’occuper de la famille.

Nous faisons un appel urgent à votre générosité pour aider la paroisse à assurer, ces prochains mois, le paiement de la location qui s’élève chaque mois à 350€.

Monseigneur Marc s’occupe du dossier afin d’entrer en contact avec les avocats qui s’occupent de la famille et ainsi trouver une solution à leur statut de requérant d’asile.

Vous pouvez faire vos dons en versant sur les ccp suivants avec la mention « AIDE SOCIALE » :

En francs suisses (CHF)

Numéro de compte : 17-198001-2
IBAN : CH63 0900 0000 1719 8001 2
BIC : POFICHBE
Adresse de l’établissement bancaire :
La Poste Suisse
PostFinance
Nordring 8
CH - 3030 Berne
SUISSE


En Euro (EUR)

Numéro de compte : 91-238494-4
IBAN : CH44 0900 0000 9123 8494 3
BIC : POFICHBE
Adresse de l’établissement bancaire :
La Poste Suisse
PostFinance
Nordring 8
CH - 3030 Berne
SUISSE

D’avance, nous vous remercions pour votre aide et nous vous présentons nos plus cordiales salutations en Christ.

Le comité de la paroisse

Hésychie (297)



Ne perds pas le fil de la prière
C'est avec lui sur la trame des jours
Que tu tisses sûrement
L'éternité de ton âme


上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 10 octobre 2010

UN SAINT ORTHODOXE DE LA TRIBU DE MOHAMMED



Св. Феодор Тирон

Peu de choses nous sont connues des vies des saints anciens de l’Eglise Orthodoxe d’Antioche, étant donné que nombreux furent ceux qui ont été oubliés, et ce n’est que récemment que les trésors de l’héritage orthodoxe en langue arabe est à nouveau accessible pour être étudié. 

Parmi ces saints, le martyr Antoine-Rabah, qui vécut à la fin du VIIIè s. à Damas, occupe une place particulière. C'était un notable arabo-musulman de la tribu Qouraishi, dont fut issu le fondateur de l’Islam Mohammed. Grâce à un miracle, il se convertit au christianisme, reçut le baptême, puis prononça ses vœux monastiques avec le nom d’Antoine. Son histoire devint si connue, que le calife lui-même l’appela chez lui et après un court entretien au sujet de la foi, donna l’ordre de le faire exécuter. C’était le 25 décembre 799.

Son plus jeune contemporain, l’évêque de Kharran Théodore Abou Koura (+ 830), célèbre théologien et polémiste orthodoxe de cette époque, écrivit dans son "Livre sur les icônes" : "A notre époque a vécu un martyr très connu. Il était issu d’une famille musulmane célèbre, et beaucoup connaissent son histoire. Qu’il se souvienne de nous dans ses prières au Christ ! Il s’appelait Antoine. Il racontait qu’il devint chrétien en raison d’un miracle qu’il vit de l’icône du saint martyr Théodore".

Cette histoire qui fut transmise oralement, puis enrichie de nouveaux détails, parvint jusqu’à saint Grégoire le Décapolite (+842), qui la consigna comme le "Récit fort utile et émouvant pour tous, au sujet de la vision que reçut un Sarrasin, qui crut [et devint] martyr pour notre Seigneur Jésus-Christ". Il y eut d’autres vies du martyr Antoine, dont les auteurs sont inconnus. Nous reproduisons ci-dessous l’une d’entre elles.

" Au nom du Dieu Unique, Père, Fils et Saint-Esprit.
Récit au sujet de saint Antoine, qui devint martyr dans la ville de Rakka aux jours [du calife Haroun al Rachid].
A cette époque vivait à Damas un homme connu du nom de Rabah, qui habitait dans le quartier de Naïrab, non loin d’un monastère dédié au saint martyr Théodore [Tiron]. Ce Rabah, issu de la tribu [arabe] des Qouraishi venait souvent à l’église de Saint Théodore et dérobait les saints Dons et les consommait, déchirait les voiles de l’Autel, arrachait et jetait les Croix, et causait beaucoup de malheurs au prêtre et à ceux qui servaient dans le sanctuaire. Sa maison était orientée vers l’église, et il suivait tout ce que faisaient les chrétiens qui y venaient le jour du dimanche.

Une fois, après la fin de l’office, le prêtre ferma le sanctuaire, tira le rideau, boucla la porte de l’église et partit chez lui. Mais Rabah, passant devant l’église, jeta un coup d’œil [par la fenêtre] dans le sanctuaire et vit [à l’intérieur] une icône de saint Théodore [représenté] sur un cheval, avec une lance dans la main, transperçant un grand serpent. Voyant cette image, Rabah prit un arc, le tendit et décocha une flèche, en visant l’icône du saint. Soudain, la flèche [se retournant] revint en arrière et transperça la main de Rabah, de telle façon que la pointe sortit de l’autre côté de la paume de la main. A la vue de ce miracle, Rabah fut saisi d’effroi et cria. Avec difficulté, il sortit la flèche de la main et fut privé de ses sens par la douleur.

De cet [événement] Rabah ne parla à personne. Quelques temps après, le jour de la mémoire du saint martyr Théodore, se rassemblèrent à l’église [à l’occasion de la fête] l’évêque, les prêtres et de nombreux habitants de Damas. Lorsque l’office Divin commença, Rabah, comme à son habitude, était assis à sa place, observant les fidèles en prière, la beauté de la cérémonie, et écoutant les voix magnifiques [des psaltes].

Et voici [qu’au moment de la grande entrée] il vit une offrande [portée] sur le diskos, sous la forme d’un agneau, agenouillé, plus blanc que la neige, et une colombe planant au-dessus de lui. [Cela continua] jusqu’à ce que les célébrants entrassent dans le sanctuaire. Lorsque le diskos avec l’offrande et le calice furent posés sur l’Autel, la colombe s’éleva et vola au-dessus de la tête des prêtres, qui glorifiaient et priaient Dieu. [Ensuite] commença le moment de la communion [des célébrants]. [Rabah] vit que l’agneau était séparé en morceaux et que les prêtres s’approchaient et recevaient des morceaux [de la chair] des mains de l’évêque.

Rabah fut fortement étonné [de ce qu’il avait vu] et pensa en son âme : "Dieu soit loué ! Grande est la foi des chrétiens, en vérité, cette foi est noble et véritable". Lorsque les fidèles communièrent, il vit sur le diskos élevé par le diacre au-dessus de sa tête, que l’agneau était entier et, comme au début, la colombe planait au-dessus des célébrants. Et [Rabah] était fort étonné de tout cela. Il descendit vite de sa place et accourut près des portes de l’église, alors que sortaient les fidèles à la fin de l’office. Rabah cria fortement aux prêtres et au peuple : "Chrétiens, j’ai vu aujourd’hui un grand miracle de votre religion : si auparavant, je vous voyais [comme il me semblait] communier au vin et au pain, aujourd’hui, j’ai vu que vous receviez des morceaux de chair et que vous buviez du calice quelque chose semblable au sang ! Je suis ébranlé ! En vérité, grande et noble est votre religion !"

Les prêtres et les paroissiens [qui étaient là], entendant ces paroles, rendirent grâces au Christ Sauveur, qui rendit visible Son Mystère, et sortirent avec grande joie, racontant les uns aux autres ce que leur avait dit Rabah.

La nuit commença et Rabah ne put s’endormir pendant longtemps, méditant sur ce [miracle], qu’il avait vu de ses yeux. A l’heure du cri [des premiers coqs], saint Théodore lui apparut, assis sur un cheval, en armure et avec une arme. Il réveilla [Rabah], et lui dit à voix forte : " Par tes actes tu as provoqué ma colère : tu as souillé mon sanctuaire, tu as tiré une flèche sur mon image, tu as [iniquement] mangé la chair de mon Père et Seigneur, tu as déchiré l’ornement sur mon Autel, tu t’es moqué des serviteurs de mon église. Change maintenant tes opinions et crois fermement dans le Christ, délaisse l’iniquité et reviens à la vie [authentique] et au salut".

Après ces paroles, le saint martyr disparut, et Rabah pensa à tout cela avec tremblement jusque [tard] le matin. La foi en notre Seigneur Jésus-Christ brûla en son cœur. Le matin, il monta sur un cheval, prit un peu d’argent et, laissant tout le reste, se dirigea au lieu appelé Kousbakh, situé à dix miles de Damas. Et cela se produisit par la Providence du Christ, car Rabah rencontra des pèlerins qui se dirigeaient vers Jérusalem, et il les accompagna. Séjournant dans [ces] lieux bénis, [Rabah] se rendit chez Sa Sainteté Elie, patriarche de [Jérusalem], lui raconta tout ce qu’il vit [dans l’église], l’apparition du martyr, et les paroles de ce dernier.

L’ayant écouté, le patriarche rendit grâces au Christ et dit : "Sache, mon enfant, que les mystères du Christ sont majestueux, et qu’Il se révèle à celui qu’Il aime. Que souhaites-tu, mon enfant ?" [Rabah] dit : "Je veux que tu me baptises". Le patriarche répondit : "Je ne puis le faire par crainte des autorités. Cependant, va avec les pèlerins sur le fleuve du Jourdain, et le Seigneur Jésus Christ t’aidera. Quelqu’un te baptisera secrètement".

Après ces paroles [du patriarche, Rabah] prit sa bénédiction, et se rendit immédiatement sur le Jourdain. Après avoir parcouru la moitié du chemin, il arriva au monastère de la Très Sainte Mère de Dieu [appelé aussi] Khozeba et alors que commençait [déjà] le soir, il resta dans l’église pour y dormir la nuit. Et la nuit, la Mère de la Lumière – la Vierge Marie – lui apparut, se dressa à son chevet et réveilla [Rabah]. Et il vit la plus Parfaite des femmes, revêtue du pourpre, et avec Elle était encore une femme, vêtue de blanc. [La Mère de Dieu] prit Rabah par la main et dit : "Ne t’attriste pas. Je suis avec toi".

Le matin [Rabah] pria devant la sainte église ; avec une grande joie, il continua son chemin, [et chemina] jusqu’à ce qu’il atteignît la Mer Morte. Là, il chercha l’évêque du monastère Khor, et on lui répondit que celui-ci se trouvait dans le monastère de Saint Jean Baptiste. Et il partit plus loin, jusqu’au lieu près du Jourdain, où il baptisa notre Seigneur Jésus Christ. Là [Rabah] vit deux moines, cheminant sur le rivage.

Rabah s’empressa de les rejoindre et leur demanda de le baptiser au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Ils furent d’accord et dirent : "Enlève tes vêtements et entre dans l’eau". Ce jour était très froid, mais il le fit avec grande joie et allégresse. Et lorsque [après le baptême], il sortit de l’eau, ils tracèrent sur lui le signe de la Croix et l’invitèrent dans leur monastère, [qui se trouvait] sur le rivage du fleuve, le reçurent chez eux avec [grande] hospitalité et honneur. [Ayant vécu avec eux], il manifesta le désir de devenir moine, et ils le tonsurèrent, lui disant : "Désormais, ton nom sera Antoine". Ils le revêtirent du grand habit et le congédièrent dans la paix du Christ. Cet [homme] béni revint à Damas, souhaitant se montrer dans l’habit monastique à son peuple et à ses parents.

Lorsqu’ils le virent, ils furent dans l’étonnement et demandèrent : "Qu’as-tu fait de toi, et qu’est-ce que ce vêtement sur toi ?" Il répondit : "Je suis chrétien, croyant en mon Seigneur Jésus-Christ. Que voulez-vous donc ?"  Ils entreprirent de le convaincre et argumentèrent avec lui toute la journée, mais ne purent ainsi le détourner de la foi dans le Christ. [Conscients de leur échec], ils l’amenèrent de force sur le marché de Damas et le présentèrent au juge.

[A ce moment], lorsque le juge le vit, [toute] la foule des Musulmans et des autres [habitants] allaient déjà à sa suite. [Le juge] dit : "Malheur à toi, Rabah ! Pourquoi as-tu laissé la foi, dans laquelle tu es né, méprisant ta naissance de noble extraction et devenant un infidèle, un chrétien ?" Saint Antoine lui répondit : "Tout cela pour avoir donné mon accord à recevoir le Seigneur Jésus Christ. Fais avec moi ce que tu veux". Entendant cela, le juge ordonna de battre [le saint] et de le jeter en prison, ce qui fut accompli. Antoine vécut sept mois en détention, et il fut placé ensuite dans une cellule avec les Ethiopiens, les voleurs et les pilleurs. Là, il passa dix-sept jours, ne voyant pas la lumière.

Et après dix-sept nuits, la lumière brilla soudain dans l’obscurité. Elle éclaira toute la prison, et une voix retentit, disant : "Ne crains pas, Antoine, [une] couronne t’attend avec les martyrs et les justes". Les autres détenus virent cette lumière et le racontèrent au surveillant, qui partit en informer le juge. Lorsque le juge entendit cela, il fut étonné et donna l’ordre de faire sortir [Antoine] de prison et de le placer en prison avec les Quraishi et les Arabes semblables à lui [selon la notabilité]. Ceux-ci l’importunèrent par des arguments, se moquaient de ses paroles et l’invectivaient pour [avoir adopté] la foi chrétienne. Mais le Christ aida [le martyr] et mettait en sa tête des arguments contre leurs attaques.

La nuit commença, et avant l’aurore [Antoine] vit deux vieillards vêtus de blanc, l’un tenant un candélabre avec de nombreuses lampes, brûlant sans huile et l’autre tenant une couronne. Et [ce vieillard] posa la couronne sur la tête du martyr. Le saint se réjouit fort de cette vision.

Lorsque le matin se leva, le juge ordonna de le sortir [de la prison], et de le transférer dans la vile de Khaleb. De là, ils le dirigèrent sur Ephrata et ensuite à Rakka. Là, on livra [Antoine] au gouverneur du nom de Khartam, qui l’enferma dans une cellule très étroite de la prison de la ville.

Des bruits sur cette affaire parvinrent aux oreilles de Haroun al-Rachid, qui ordonna de le libérer des chaînes et de l’amener à lui. Lorsque Haroun al-Rachid le vit [Antoine], il dit : "Malheur à toi, noble Rabah ! Qu’est-ce qui t’a contraint à faire ce que tu as fait ? Et qu’est-ce que ce vêtement que tu portes ? Peut-être voudrais-tu des Dinars ? J’améliorerai ta situation, et tu auras des biens en abondance. Renonce à cette façon de penser et ne tombe pas dans l’erreur".

Le bienheureux répondit : "Non, en vérité, on ne m’a pas induit en erreur, car j’ai cru et j’ai connu le Seigneur Jésus Christ, venu dans le monde. Il est la Lumière et le salut pour quiconque [Le] cherche et aspire à Sa bienveillance. Maintenant, je suis chrétien, croyant dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit ».

A peine al-Rachid avait-il entendu ces paroles, il ordonna de lui trancher la tête.
Le saint dit [au calife] : "En vérité, aujourd’hui tu as accompli mon souhait, puisque j’ai péché à trois reprises devant le Seigneur, et je suppose que je ne me purifierai de ces péchés que par ma décapitation ». Al-Rachid demanda ; "De quels trois péchés s’agit-il ? "
Antoine répondit : « Le premier péché, c’est que lorsque j’étais païen, je priais à la Kaaba, dans la Mosquée fermée, qui est à juste titre appelée ainsi, car sa fréquentation est interdite à ceux qui croient dans le Christ. Le deuxième péché, c’est d’avoir sacrifié le jour du sacrifice. Et le troisième péché, c’est que j’ai participé à la campagne contre les byzantins et que j’ai tué ceux qui croyaient dans mon Seigneur Jésus Christ. Aussi, j’espère que Dieu me pardonnera [tout] cela après ma décapitation et qu’Il me baptisera par mon sang".

Après ces mots, sur ordre du calife, il fut décapité en raison de sa foi dans notre Seigneur Jésus Christ. Le corps [du martyr] fut pendu sur la rive de l’Euphrate, et [le calife] ordonna de le garder, ne permettant pas que quelque chrétien s’approche de lui. Et les gardes virent chaque nuit le feu et une colonne de lumière qui descendait du ciel sur le corps [de saint Antoine], et étaient fort étonnés. Nombreux furent ceux qui crurent dans le Christ après cette vision.

Alors [Haroun al-Rachid] ordonna de retirer le corps et de l’enterrer non loin de l’Euphrate, dans un endroit appelé "Monastère des oliviers". Le martyre de saint Antoine eut lieu le jour de la Nativité [du Christ], après la fin de la Liturgie, la 183ème année du gouvernement des Arabes.

Que notre Seigneur et Dieu, par les prières de saint Antoine nous donne la patience.

Version française depuis la version russe
de Bernard Le Caro
(que nous remercions chaleureusement)
d'après pravoslavie.ru.
Original : 
Storia di Rawah al-Qurashi
Torino 2001, 
p. 95-115

(traduit de l’arabe en russe. Original : storia di Rawah al-Qurashi, Torino 2001, p. 95-115)