mardi 19 mai 2020

Le Procès du saint Patriarche Tikhon


Saint Tikhon le Patriarche de Moscou, et Illuminateur de l ...

Saint Patriarche/ Martyr Tikhon


Un jour, le Patriarche dut prendre part personnellement, en tant que témoin, au procès engagé par les bolcheviks contre un groupe d'ecclésiastiques. Le Patriarche fut averti que le sort des accusés dépendait de son témoignage.

Ce procès, auquel participaient un grand nombre de prêtres, s'acheva au début du mois de mai 1922 et fut l'occasion de présenter la "justice rouge".

Voici la description par un témoin oculaire de l'interrogatoire du Patriarche et de la conduite des accusés et du public.

"Lorsque la figure imposante, vêtue de noir, apparut aux portes de la salle, accompagnée de deux escortes, tout le monde se leva involontairement. Toutes les têtes s'inclinèrent en un hommage profond et respectueux.

Sa Sainteté le Patriarche fit calmement et majestueusement le signe de croix sur les accusés et, tournant sur les juges un regard direct, sévère et majestueux, attendit son interrogatoire, appuyé sur sa crosse épiscopale. Vous avez ordonné que votre appel soit lu publiquement, appelant le peuple à refuser de se soumettre aux autorités", demanda le président du tribunal.

Le Patriarche répondit calmement : "Les autorités sont bien conscientes que mon appel n'est pas un appel à refuser de se soumettre aux autorités, mais seulement un appel à préserver nos objets sacrés, et au nom de leur préservation, à demander aux autorités de nous permettre de payer l'équivalent monétaire de leur valeur, afin que, tout en aidant ainsi les frères affamés, nous puissions encore préserver nos objets sacrés". Ainsi, cet appel coûtera la vie à vos serviteurs dévoués", déclara le président du tribunal, indiquant d'un geste dramatique les accusés assis sur un banc.

Le staretz jeta un regard aimable et affectueux sur les ministres de l'autel et  dit clairement et fermement : "J'ai toujours dit, tant aux autorités chargées de l'enquête qu'au peuple tout entier, que je suis le seul coupable. Ce n'est là que mon armée du Christ, qui exécute docilement les ordres du chef qui lui a été donné par Dieu. Mais s'il faut une victime rédemptrice, les agneaux innocents du troupeau du Christ doivent mourir."

La voix du Patriarche se fit entendre de tous les coins de l'immense salle, et il semblait lui-même grandir lorsque, se tournant vers les accusés, il leva la main et les bénit, en disant haut et fort : "Je bénis les fidèles serviteurs du Seigneur Jésus-Christ pour souffrir et mourir pour Lui. Les accusés tombèrent à genoux. L'interrogatoire du Patriarche était terminé".


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

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