mardi 25 février 2020

Jad Ganem : Batailles contre nature

Arab Orthodox Christians under the Ottomans 1516–1831


Dans une église d'Istanbul dédiée à l'Icône de la Mère de Dieu de Belgrade, le patriarche Bartholomée s'est levé et a écouté avec fierté le métropolite Maxime de Selyvrie prononcer un discours adressé principalement aux personnes présentes, discours  dans lequel il a dit:

"Plaçons notre espoir dans la [Mère de Dieu] et prions avec ferveur sa très sainte personne de toujours protéger son Église, sa ville et le patriarche de la Nation qui, avec un grand sens de la responsabilité paternelle, lutte jour et nuit pour la promotion du Siège œcuménique et principalement pour la défense de ses droits et privilèges.

Le patriarche a ensuite écouté la partie qui lui était directement adressée, qui disait:

"Votre Sainteté, vous qui avez pour bouclier invincible la Mère de Dieu de Belgrade et qui savez qu'elle est à vos côtés dans votre lutte contre ceux qui remettent en cause le rôle et la fonction du patriarcat œcuménique en tant que premier siège de l'Église, parmi lesquels l'ingrate Église de Moscou. Ne vous découragez pas et ne vous lassez pas. Vous avez la grâce et l'aide de l'Icône miraculeuse de la Mère de Dieu de Belgrade. Ils se déchaînent contre vous en raison de votre juste combat pour la stabilité de toute l'Orthodoxie. La Mère de Dieu, cependant, voit et approuve votre combat et elle prie son Fils. Après tout, c'est la voie de l'Église mère, du patriarcat œcuménique, qui est vivante et nourrie par la grâce de Dieu, de la Mère de Dieu et des saints. C'est pourquoi elle existe, parce que Dieu le veut, parce qu'Il la fortifie, parce qu'elle existe de droit divin - c'est-à-dire par le ciel, conformément à la volonté divine, par la grâce du Saint-Esprit - c'est-à-dire par les décrets des saints Conciles œcuméniques".

Dès que l'évêque eut terminé son discours, le patriarche lui répondit par un discours dans lequel il dit : "Préservons ensemble les lieux sacrés et saints de notre Nation dans la Cité de nos pères, qu'il n'est pas question d'abandonner. Il n'est pas question non plus que le patriarcat parte d'ici, ni que ses adversaires soient jamais victorieux, ceux que vous avez mentionnés, Votre Éminence... La vérité et la justice sont du côté du patriarcat œcuménique".

Il est manifestement clair que le patriarche Bartholomée et son éminent disciple, le métropolite Maxime, croient en ces paroles :

-- Que le patriarcat œcuménique est l'église de la nation grecque et que le patriarche de Constantinople est le patriarche de cette nation.

-- Que toute présence orthodoxe dans ce patriarcat par une personne n'appartenant pas à la race grecque constitue un grave danger pour elle et pour son avenir.

-- Que leur tâche n'est pas de répandre la foi orthodoxe, mais de promouvoir le patriarcat œcuménique, ses droits et privilèges et les prérogatives de son patriarche.

-- Qu'ils parlent au nom de Dieu, de la Mère de Dieu et des saints et qu'ils en ont la possession exclusive pour leur nation, leurs prérogatives et leurs programmes.

-- Que l'ère des conciles œcuméniques est terminée et que les conciles qui ont auparavant modifié les frontières des patriarcats et des églises ne sont plus valables aujourd'hui pour ordonner la situation du monde orthodoxe d'aujourd'hui en fonction des nouvelles réalités historiques.

Ce qui précède indique peut-être que le patriarche Bartholomée et ses disciples sont tombés non seulement dans l'hérésie de l'ethnophylétisme, mais aussi dans le blasphème contre le Saint-Esprit, dont ils font un véhicule pour eux-mêmes et leurs passions et un outil dans leurs batailles impies. Qui donc dira à ces gens : assez de blasphèmes et de frivolités ? L'Orthodoxie est plus grande que vous, votre nation, vos villes, vos prérogatives et vos privilèges. Elle est plus grande que toutes les nations, les villes, les peuples et les races. 

Dieu n'est pas et ne sera pas partie prenante dans vos vains combats. Elevez-vous jusques à Lui et ne Le faites pas à l'image de votre laideur et de votre haine !

Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après
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Version arabe originale

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