samedi 3 décembre 2016

AUTHENTICITÉ DES ROULEAUX METALLIQUES AVEC LA PREMIÈRE MENTION DU CHRIST



Les physiciens de l'université britannique du Surrey ont prouvé l'authenticité des rouleaux métalliques vieux de 2.000 ans trouvés en 2008 dans une grotte jordanienne. Le livre, avec un portrait du Christ, décrit l'apparition de Dieu dans le temple de Salomon alors que Jésus priait, rapporte Vesti.Ru en référence à Yahoo! News.

L'artefact historique unique est constitué de plusieurs feuilles de plomb reliées avec du fil de fer. Le texte, gravé sur la surface métallique, dit que l'enseignement du Christ n'était pas une nouvelle religion, mais le renouveau de l'ancienne tradition religieuse juive. Les apôtres Jean, Pierre et Jacques sont également mentionnés sur les pages de l'ancien livre.

Pendant près de huit ans, les chercheurs ont été incapables d'établir l'authenticité du livre, et pendant longtemps, il a été considéré comme une contrefaçon. Les physiciens britanniques Chris Jeynes et Roger Webb se sont mis à travailler précisément sur ce point en effectuant une analyse chimique de la découverte.

Ils ont établi que la composition de l'alliage est basée sur le plomb, avec lequel le livre est fabriqué, identique à la composition des anciennes plaques de plomb romaines. Selon les scientifiques, l'analyse isotopique exclut que cela aurait pu être fabriqué au vingtième ou au vingt et unième siècle.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

vendredi 2 décembre 2016

Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe sur le texte « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien »


En date du 29 novembre, l’Église orthodoxe de Bulgarie a arrêté sa position sur le Concile de Crète et en particulier le texte de ce Concile intitulé « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste [et non pas « l’ensemble » comme il est dit dans la traduction française officielle, ndt] du monde chrétien ». Nous publions ci-dessous le texte intégral du document du Saint-Synode :

« Prise de position du Saint-Synode [de l’Église orthodoxe bulgare] concernant le Concile de Crète (2016) et le texte ‘Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien’.
Le Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie, lors de sa session du 15 novembre (protocole N°22), siégeant au complet, a examiné le texte ‘Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien’ adopté par le Concile ayant eu lieu en juin de cette année en Crète, a pris la position suivante :
Lors de la session du 1er juin 2016, protocole N°12, le Saint-Synode, siégeant au complet, décida de proposer le report du Grand et Saint Concile de l’Église orthodoxe, afin que la préparation à sa réalisation fût continuée. Dans le cas contraire, le Saint-Synode avait décidé que l’Église orthodoxe bulgare n’y participerait point.
Par la suite, les Saint-Synodes d’autres Églises orthodoxes locales participant à l’organisation du Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe sont intervenus avec des propositions semblables. Puis quatre Églises locales autocéphales ont déclaré leur non-participation (dans l’ordre chronologique) : l’Église orthodoxe bulgare (décision du 1er juin de cette année), le Patriarcat d’Antioche (décision du 6 juin de cette année), l’Église orthodoxe de Géorgie (décision du 10 juin de cette année), l’Église orthodoxe russe (décision du 13 juin de cette année). Du 16 au 27 juin de cette année, en l’Académie orthodoxe de Crète, République de Grèce, a été réalisé le Grand et Saint Concile de l’Église orthodoxe planifié, mais sans la participation de quatre Églises locales, et en l’absence de l’Église autocéphale orthodoxe en Amérique (OCA) reconnue comme telle par l’Église orthodoxe de Bulgarie et dont la participation, dès le début, n’a pas été prévue, pas même en tant qu’hôte. Au Concile étaient présents les représentants des médias et les invités de communautés religieuses hétérodoxes (catholique-romaine, anglicanes et d’autres).
Le Concile réalisé en Crète, a voté et adopté avec certaines modifications six documents préconciliaires, et également son « Encyclique » ainsi que son « Message ». 33 évêques participant au Concile n’on pas signé le document « Relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien », et certains des hiérarques non signataires (parmi eux des théologiens orthodoxes faisant autorité) ont publié des explications de leur position. Par sa lettre, protocole № 798 du 14.07.2016 (Référence de la réception à la chancellerie du Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie : N°498 du 20.09.2016), S.S. le patriarche œcuménique Bartholomée a expédié au Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Bulgarie les documents votés et adoptés par le Concile. Après une traduction spécialisée, effectuée par un traducteur autorisé dans le but donné, les métropolites diocésains [de l’Église orthodoxe bulgare] ont reçu lesdits documents.
La première conclusion importante est que, par rapport à leur rédaction préconciliaire, les documents votés et adoptés par le Concile de Crète ont subi des certaines modifications, mais celles-ci ne sont pas essentielles et elles sont insuffisantes pour que lesdits documents soient adoptés de façon panorthodoxe.
I. Sur le document « Les relations de l’Église orthodoxe avec le reste du monde chrétien ».
1. En ce qui concerne le texte du point 4, on peut dire que l’Église orthodoxe sous « l’union de tous » a toujours compris la réunion à elle ou le retour dans son sein, par le saint Baptême, la sainte Chrismation et la Pénitence de tous ceux qui errent selon les éléments de ce monde, et qui se sont séparés d’elle par l’hérésie et le schisme, conformément aux règles canoniques de l’Église. L’Église une, sainte, catholique et apostolique n’a jamais perdu l’union dans la foi et la communion dans le Saint-Esprit, et ne peut accepter l’expression « rétablissement de l’unité » avec « les autres chrétiens », étant donné que ladite unité existe immuablement dans le Corps du Christ et que seuls l’unité et l’unicité constituent les propriétés essentielles de l’Église. De même que l’Église orthodoxe ne peut adopter également les différents enseignements et conceptions, sur lesquels les hétérodoxes fondent ladite unité. De telles théories sur l’existence d’une quelconque « unité » apparente de toutes les confessions chrétiennes comme, par exemple, l’enseignement sur « l’église invisible », la « théorie des branches », « la théologie baptismale » ou « l’égalité des dénominations ». Toutes ces théories peuvent êtres reliées avec l’enseignement scolastique sur la grâce créée du Saint-Esprit, qui a été conciliairement condamné par la Sainte Église. Si au contraire on accepte une telle doctrine, l’existence de la grâce Divine dans les différentes confessions chrétiennes, se différenciant dans différentes dénominations qualitativement et quantitativement, peut alors être fondée. Conformément à cette théorie hétérodoxe, il est admis que pour autant que des actes liturgiques soient accomplis dans une communauté chrétienne, ils peuvent de différentes façons produire la vie dans la grâce, qui varie en fonction de l’état de chaque confession. Cette théorie théologique affirme que soi-disant les actes liturgiques peuvent donner l’accès au salut des chrétiens des communautés correspondantes, auxquelles ils appartiennent. En raison de cette existence supposée de la grâce dans chaque dénomination chrétienne, il conviendrait d’entreprendre les efforts communs afin que soit atteinte la plénitude de l’unité en Christ (cf. décret du l’œcuménisme du Concile Vatican II).
2. En ce qui concerne la recherche « l’unité perdue de tous les Chrétiens », exprimée et confirmée par le point 5, nous considérons que cela est inacceptable et inadmissible, étant donné que l’Église orthodoxe n’a jamais perdu son unité interne, malgré les hérésies et les schismes qui constituent un détachement du Corps de l’Église, par lequel le Corps mentionné ne perd pas son intégrité ontologique initiale, qui est renfermée dans l’indivisibilité ontologique de l’Hypostase du Christ.
3. Dans les points 6, 16 et 20 est reconnue « l’appellation historique » «des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle », malgré le fait que dans le point 1 du document est affirmé autre chose, à savoir qu’aucune communauté hérétique ou schismatique ne peut être appelée « église ». L’existence d’une pluralité d’églises est inadmissible, conformément aux dogmes et aux canons de l’Église orthodoxe. En outre, on part initialement du principe, dans le point 2, que « L’Église orthodoxe assoit l’unité de l’Église sur le fait qu’elle a été fondée par notre Seigneur Jésus-Christ, ainsi que sur la communion dans la Sainte Trinité et dans les sacrements. Cette unité s’exprime à travers la succession apostolique et la tradition patristique, et elle a été vécue jusqu’à ce jour en son sein ».
L’addition de l’expression « appellation historique », ainsi que l’explication selon laquelle les confessions hétérodoxes ne se trouvent pas en communion avec l’Église orthodoxe, n’ôte pas le caractère problématique et erroné du texte donné. Dans le passage mentionné au point 6 du document, sont juxtaposées des réalités contradictoires. Est-ce que l’appellation « orthodoxe » rapportée à l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique et qui constitue une appellation historiquement confirmée, diminue sa réalité et sa signification ? Toute appellation juste, surgissant dans l’histoire, reflète une essence définie, une réalité existante. Dans le cas contraire, elle est un concept sans ampleur réelle, simplement quelque nom sans objet réel, qui l’exprimerait ou la refléterait. Un tel nom sans objet réel constitue une fiction.
Dans une telle configuration, il fallait alors mentionner dans le document conciliaire que « l’appellation historique » des « églises », appliqué aux communautés s’étant détachées de l’Église orthodoxe, est une appellation fictive, sans référence réelle à la réalité. Si nous n’émettons pas la réserve en question, l’appellation historique « Églises hétérodoxes » aura une référence historique réelle, à laquelle elle se rapporte. C’est-à-dire que nous reconnaissons l’existence réelle des autres Églises, distinctes de l’orthodoxe, ce qui entre en contradiction évidente avec le point 1 et les paroles initiales du point 6 du document (L’Église Une et Unique).
4. L’affirmation contenue dans le paragraphe 12 selon laquelle « au cours des dialogues théologiques, le but poursuivi par tous est le même : le rétablissement de l’unité dans la vraie foi et dans l’amour » est trop simpliste et non exhaustive des dimensions du processus. L’unité suppose l’identité de la foi, l’unanimité et l’unité d’action dans toutes les définitions dogmatiques et les règles ecclésiales, confirmées par les Conciles œcuméniques, de même que dans la tradition liturgique et la vie sacramentelle dans le Saint-Esprit. La façon de réaliser cette unité repose sur la pénitence, la confession de la foi orthodoxe et le Baptême.
5. Dans le point 20, il est indiqué que « Les perspectives des dialogues théologiques engagés par l’Église orthodoxe avec les autres chrétiens sont toujours déterminées sur la base des principes de l’ecclésiologie orthodoxe et des critères canoniques de la tradition ecclésiastique déjà constituée », mais il serait plus exact de remplacer l’expression « de la tradition ecclésiastique déjà constituée », par « la tradition de l’Église orthodoxe ».
6. L’impression générale du document donné est la suivante : il contient de nombreuses expressions ambiguës et de termes ecclésiologiques impropres. C’est également un fait important que le but fondamental des dialogues théologiques accomplis avec les confessions hétérodoxes ne soit pas mis en évidence dans le document de façon fondée et exhaustive, à savoir le retour des hétérodoxes selon l’ordre canonique dans le sein de l’Église orthodoxe. De même, les fondements et principes essentiels des dialogues donnés ne sont pas manifestement pas formulés. Au lieu de cela, dans le point 16 et suivants, l’organisation non gouvernementale « Conseil œcuménique des Églises » à laquelle, Dieu soit loué, l’Église orthodoxe bulgare ne participe plus depuis longtemps, est légitimée.
7. Contrairement à l’objectif principal que nous avons mentionné plus haut dans le point 6 du document (points 9, 10, 11, 12, 13, 14 и 15), la méthodologie de conduite des différents dialogues est réglementée de façon cohérente et exhaustive.
8. Le texte du point 22 présuppose l’infaillibilité du Concile qui s’est réuni en Crète et l’attitude non critique envers celui-ci, étant donné que dans le point concerné, il est affirmé que « la préservation de la foi orthodoxe pure n’est sauvegardée que par le système conciliaire qui, depuis toujours au sein de l’Église, constitue l’autorité suprême en matière de foi et des règles canoniques ». Mais on pourrait mentionner des périodes entières de l’histoire ecclésiastique qui montrent que le critère définitif de confirmation des Conciles œcuméniques est la conscience dogmatique vigilante de tout le plérôme orthodoxe. Le système des Conciles œcuménique et panorthodoxes ne peut assurer automatiquement et mécaniquement la justesse de la foi confessée par les chrétiens orthodoxes.
II. Conclusion principale
Le Concile qui s’est déroulé en Crète n’est ni grand, ni saint, ni panorthodoxe.
1. Et ce, tant en raison de la non participation d’un certain nombre d’Églises locales autocéphales, que des fautes organisationnelles et théologiques qui y ont été permises. Malgré cela, nous respectons et estimons les efforts de tous les organisateurs et participants à sa réalisation.
2. L’examen attentif des documents adoptés au Concile de Crète nous amène à la conclusion que certains d’entre eux contiennent des affirmations non conformes à l’enseignement ecclésial orthodoxe, à la tradition dogmatique et canonique de l’Église, à l’esprit et à la lettre des Conciles œcuméniques et locaux.
3. Les documents adoptés en Crète sont sujets à une nouvelle discussion théologique dans le but de les rectifier, rédiger à nouveau et corriger, ou de les remplacer par d’autres (nouveaux documents) dans l’esprit et la tradition de l’Église.
L’Église orthodoxe bulgare constitue une partie indissociable, un membre vivant de l’Église une, sainte, catholique et apostolique. En tant que partie du corps du Christ, sur le territoire local de la Bulgarie et des diocèses bulgares à l’étranger, l’Église orthodoxe de Bulgarie continuera à l’avenir également à rester en communion eucharistique fraternelle, en communion spirituelle, dogmatique et canonique avec toutes les autres Églises orthodoxes locales – tant avec celles qui ont participé au Concile de Crète que celles qui ses sont abstenues. L’Église n’est pas une organisation séculière, mais un organisme divino-humain. Elle ne doit pas être sujette dans sa vie conciliaire à l’influence des intérêts politiques et séculiers et aux divisions en résultant. Son chef est le Seigneur Jésus-Christ, qui est « la voie, la vérité, et la vie ».
Les principes d’autocéphalie et de conciliarité de la vie ecclésiale non seulement ne se contredisent pas, mais se complètent mutuellement, découlant l’un de l’autre et se trouvant entre eux en pleine unité ».

et

jeudi 1 décembre 2016

Evêque Antoine: Jeûner , ce n'est pas faire un régime!




Le carême de la Nativité, qui a commencé pour les chrétiens orthodoxes le 28 novembre, donne à chacun la possibilité de changer son monde intérieur et de transfigurer sa vie. Le métropolite Antoine de Boryspil et Brovary, hiérarque de l'Église orthodoxe ukrainienne, a parlé du premier jour du jeûne, comme le rapporte le Centre d'information de l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne.

"Aujourd'hui commence une période spéciale qui se poursuit pendant quarante jours, se terminant par la célébration de la Nativité du Christ - la venue dans le monde de Celui Qui a transformé l'histoire humaine, Lui Qui est capable de changer la vie de chacun de nous," a dit Vladyka Antoine. "Beaucoup sont intéressés par les particularités de l'alimentation de jeûne de ces jours. Mais il est important de comprendre que le jeûne n'est pas un régime alimentaire, et pas simplement un refus de la viande et des produits laitiers. Le carême est un temps spécial, alloué à l'homme pour analyser son monde intérieur, pour renforcer sa prière, et pour essayer de changer sa vie.

Selon ses dires, la suppression des désirs et le rejet des passe-temps oisifs contribue à l'attention et au travail intérieurs sur l'âme.

Vladyka Antoine a également noté que le carême de la Nativité est un temps propice à la charité et aux bonnes œuvres.

"Qu'est-ce que les retraités, les grandes familles ou les invalides peuvent se permettre aujourd'hui? Les chrétiens ont une tradition des temps anciens: l'argent économisé en ne mangeant pas de produits animaux, est donné aux pauvres et aux nécessiteux. Cela devrait être un labeur important sur le chemin de la Nativité," a déclaré le métropolite.

À cet égard, aider votre prochain pour le bien du Christ peut susciter une réponse dans nos cœurs et devenir la source de toutes nos bonnes actions qui changeront la situation dans la société.

"En ces jours de la Nativité il est important d'envisager plus souvent en Qui nous croyons, et d'essayer de comprendre ce que cela signifie pour nous. Alors une Église orthodoxe sera comme une maison, la prière sera nécessaire, comme la respiration, et la vie sera transfigurée. 

La préparation à la Nativité du Christ ne devrait pas se limiter uniquement aux cadeaux, aux fêtes et aux décorations d'arbres de Noël. Jetez un coup d'œil autour de vous et commencez à faire du bien tous les jours, à au moins une personne. Nous ne devons pas sous-estimer le pouvoir des petits pas - tous les grands changements commencent de cette façon. Si nous commençons maintenant, beaucoup sera changé par la Nativité. Le Christ nous a montré le chemin de l'amour, qui consiste à le suivre dans notre vie quotidienne, et ce chemin mène à la paix et à la prospérité pour tout le pays," a conclu le métropolite Antoine.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 30 novembre 2016

Père Vasile Tuda/ saint Silouane: Un remède contre la dépression




Le plus grand fléau du 21e siècle n'est pas le sida, ni le cancer, ni la grippe H1N1, mais quelque chose qui affecte beaucoup plus de gens, et que nous pouvons à peine commencer à comprendre: la dépression. 

Un Américain sur dix souffre de l'une ou l'autre des formes de cette maladie. Les taux d'utilisation d'antidépresseurs aux États-Unis sont tout aussi inquiétants. Un sondage récent dévoile qu'un Américain sur huit les utilise. Prozac, Zyprexa, Cymbalta ne sont plus des noms étranges, mais des noms rencontrés familièrement dans presque tous les ménages américains. Même les enfants se rapprochent des taux d'utilisation des adultes. Ce sont des chiffres très élevés et paradoxaux dans un pays où tous sont libres de jouir "de la vie, de la liberté et de la recherche du bonheur."

Même en temps de crise, les Américains ont, à tous égards, une vie meilleure que celle de la plupart des pays du monde. Il suffit de jeter un coup d'œil à la vie des chrétiens au Moyen-Orient, et vous réaliserez les bénédictions dont nous jouissons tous les jours. La plupart d'entre nous ont un emploi, une maison, une voiture ou deux, assez de nourriture, l'éducation, l'égalité des chances, la liberté religieuse pour n'en nommer que quelques-unes. Pratiquement nous ne devrions avoir besoin de rien; Pourtant, une personne sur dix désire ardemment quelque chose, il lui manque tellement cette chose, si importante, qu'elle ne peut pas faire face à ce manque de son propre chef. Cela explique l'usage des drogues; Avec elles, il est plus facile de faire face aux aspects négatifs de la vie. Elles sont une béquille qui aide les gens à avancer un court moment dans leurs vies.

Mais une béquille est seulement une béquille; elle ne peut amener que jusqu'à  un certain point. L'homme déprimé a besoin d'un remède différent, qui s'occupera de la racine de ses problèmes, effacera son désespoir et lui offrira un nouveau bail pour la vie. Une guérison, cependant, ne peut pas venir sans la compréhension de la maladie sous-jacente. Donc, cela pose une question: pourquoi l'Amérique est-elle déprimée? Que nous manque-t-il encore dans l'abondance qui nous entoure?

Une brève réponse est: Dieu nous manque. Nous pouvons penser que nous manquons de quelque chose d'autre, nous pouvons justifier notre dépression en nous créant des besoins imaginaires, mais en dernier ressort, c'est Lui qui nous manque. Il nous a créés pour un but: l'union avec Lui dans l'éternité. Perdant cela de vue, nous perdons tout et, dans notre myopie, nous continuons à désirer quelque chose que nous ne sommes pas conscients d'avoir perdu. Tout remonte à ce que nous sommes, ce que nous faisons ici et où nous allons; C'est un retour à l'essentiel.


Au milieu de la révolution de l'information, du world wide web [réseau internet] et du boum de la technologie, l'homme aspire encore aux mêmes choses fondamentales: un but et une direction. La société séculière ne peut pas lui donner cela non plus. Le but est temporaire, cessant d'exister quand la vie expire, et les directions que l'on obtient sont tellement contradictoires qu'elles finissent par s'annuler d'elles-mêmes. L'homme est donc désorienté, perdu et au bord du désespoir. Il a soif, mais il n'y a pas de puits de vie, il a faim, mais il n'y a pas de nourriture pour son âme éternelle, et en tant q'homme, il est seul.

Alors que faire? Dans un entretien que j'ai lu récemment, il fut demandé par un prêtre en visite à l'archimandrite Sophrony [Sakharov], de bienheureuse mémoire, alors jeune moine,: "Père Sophrony, comment serons-nous sauvés?" Père Sophrony prit une tasse de thé, la lui donna et lui dit: "Debout au bord de l'abîme du désespoir, et quand vous sentez que c'est au-delà de vos forces, faites une pause et prenez une tasse de thé." 

C'était une réponse très étrange, et le jeune prêtre fut complètement désorienté. Alors, il alla vers saint Silouane l'Athonite, qui vivait non loin de là, et lui dit tout, demandant conseil. Bref, le lendemain, saint Silouane vint à la cellule de Père Sophrony et tous deux entamèrent une conversation sur le salut. Le beau fruit de leur conversation fut une phrase inoubliable que je voudrais aussi offrir comme réponse à notre conversation d'aujourd'hui sur la dépression: "Garde ton esprit en enfer et ne désespère pas."

À première vue, la position de saint Silouane sur le salut n'est pas moins étrange que la réponse initiale de Père Sophrony, mais elle est vraiment logique. Dans le christianisme traditionnel, les difficultés de la vie, les épreuves sont assumées comme faisant partie de notre existence déchue. Nos corps et nos esprits subissent des tourments, mais ce n'est qu'une étape temporaire. 

Les Pères ascétiques les considéraient comme des épreuves équivalentes aux exercices athlétiques, très utiles pour pratiquer et améliorer les pouvoirs de l'âme comme la patience, la bonté, l'espérance, la foi et ainsi de suite. 

Nous gardons notre esprit en enfer quand nous assumons consciemment la douleur de vivre dans un monde déchu, quand nous apprenons de cette agonie passagère pour éviter la torture encore plus grande d'une éternité sans Christ. Mais il y a de l'espoir dans cette souffrance parce que le Christ lui-même les a d'abord souffertes [ces épreuves] et nous a ouvert une voie hors du désespoir, un moyen de sortir de la douleur, un moyen de sortir de la mort. Le Christ est le puits de Vie, le Pain de l'éternité, et le seul homme dont nous ayons besoin.

Ainsi, en tant que chrétiens, nous gardons notre esprit en enfer et nous ne désespérons pas, mais nous rendons courageusement gloire à Dieu en toutes choses, même dans la douleur, en espérant, toujours en espérant, en notre Sauveur, le seul qui puisse nous éloigner du bord du désespoir, et nous amener à une vie nouvelle en Lui. En Lui nous mettons notre espérance, en Lui nous trouvons notre but, et en Lui nous fixons notre but.
Par l'intercession de notre Père parmi les saints Silouane l'Athonite, par les prières du Père Sophrony de Maldon, de tous les Pères ascétiques et de tous les saints, Seigneur plein de compatission et d'espérance, aie pitié de nous et sauve-nous!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


Sur le site de l'OLTR: Site de l'OLTR - Editorial de Novembre 2016 - "Entendre et écouter"


Voilà six mois qu'un nouvel archevêque et exarque du Patriarcat de Constantinople, Mgr Jean de Charioupolis, a été intronisé à la tête de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale. Nous sommes heureux que, grâce à ses charismes, un certain calme apparent soit revenu après plusieurs années fort agitées. 

Mais nous regrettons amèrement que, comme son prédécesseur Mgr Gabriel, le nouvel archevêque n'écoute qu'une partie de ses ouailles, celle qui considère que si ses parents et grands-parents ont gardé et entretenu les églises construites en Europe par des Russes, ils l'ont fait pour se les approprier. Et il n'écoute pas ceux qui considèrent qu'eux-mêmes, leurs parents et grands-parents ont défendu ces églises russes contre le pouvoir soviétique persécuteur de la foi, non pour se les approprier, mais pour les faire vivre et les remettre à l'Eglise russe maintenant qu'elle n'est plus opprimée, à l'image de la parabole des talents, voire celle des vignerons.

Nous regrettons amèrement qu'il n'écoute que ceux qui pensent que l'Eglise russe est à ce point indigne que s'en rapprocher mettrait en danger la pureté de l'orthodoxie transmise par leurs parents, pureté qu'ils s'imaginent devoir préserver jalousement de toute possible contamination par des contacts avec le Patriarcat de Moscou. Et qu'il n'écoute pas ceux qui se réjouissent de la renaissance miraculeuse de l'Eglise russe à partir de presque rien et jugent que la grâce et la sainteté ne l'ont jamais quittée, même s'il n'est évidemment pas facile de relever la spiritualité du peuple russe après les dégâts causés par le pouvoir athée « combattant Dieu », comme on l'exprime en russe (богоборческая власть). 

Nous regrettons amèrement qu'il n'écoute que ceux qui s'attribuent les mérites des grands théologiens russes réfugiés à Paris après la révolution et considèrent leurs œuvres comme leur héritage exclusif. Et qu'il n'écoute pas ceux qui regardent avec intérêt et sympathie les développements de la théologie en Russie, où l'on connaît maintenant les théologiens de l'émigration, mieux que chez nous, et où l'on fait un intense effort de formation pour éviter d'éventuelles dérives provoquées par l'affaiblissement de la tradition ecclésiale pendant la période soviétique. 

Nous regrettons amèrement qu'il n'écoute que ceux qui s'autoproclament « embryon de l'Eglise locale » pour justifier la position canonique aberrante de l'Archevêché. Et qu'il n'écoute pas ceux qui estiment que cette aberration n'a plus aucune raison de se poursuivre car sa cause (les persécutions de l'Eglise en Russie) a disparu. Et qu'en plus, elle entraîne le Patriarcat de Constantinople dans une situation impossible dans laquelle il exerce sa sollicitude en Europe occidentale à travers deux hiérarchies épiscopales parallèles : les métropolites grecs dirigeant des diocèses par pays (comme Monseigneur Emmanuel, Métropolite de France, par exemple) et, en même temps, par le truchement d'un archevêque, exarque de sa sainteté le Patriarche, ayant autorité sur des communautés russes, ou d'origine russe, situées dans les mêmes pays. Le phylétisme n'est pas loin ! 

Nous regrettons amèrement cette situation, mais nous n'allons pas étaler bruyamment notre désaccord par des manifestations de type syndical, totalement inappropriées en Eglise, comme on a pu en déplorer à Paris. Nous considérons cela, non seulement comme indigne, mais comme un signe manifeste des dérives qui se sont développées dans ce corps ecclésial. 

Nous voudrions espérer que l'actuel archevêque saura résister à cette nouvelle pensée unique apparue parmi les membres de l'archevêché, qui ont progressivement marginalisé, par des méthodes douteuses, tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux. Nous avons toujours dit et pensé que toutes ces questions, ayant trait à la situation canonique, auraient dû donner lieu à un débat ouvert, y compris avec les patriarcats de Constantinople et de Moscou. Il n'est jamais bon de maintenir les problèmes sous le tapis ou de nier leur existence. Il n'est peut-être pas trop tard pour ouvrir, enfin, cette discussion. 

Séraphin Rehbinder 
Président de l'OLTR 

Novembre 2016 
LIEN OLTR 
Et Publications 2016 

mardi 29 novembre 2016

Sur Orthodoxie.com:Déclaration du métropolite de Naupacte Hiérothée au sujet du Concile de Crèt



Lors de la dernière Assemblée des évêques de l’Église de Grèce (23-24 novembre 2016), Mgr Théologue, métropolite de Serrès, a lu son rapport intitulé « Information sur les travaux effectués par le Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe », et une très large discussion s’en est suivie sur son contenu ; puis des décisions ont été prises. Le rapport consistait de trois points principaux, premièrement, le système conciliaire de l’Église et la préparation du Saint et Grand Concile, deuxièmement, la contribution continuelle de notre Église dans la préparation et la formation de ses textes et, troisièmement, les propositions à leur sujet. En fait, le rapport était axé sur l’information des membres de l’Assemblée des évêques [de l’Église orthodoxe grecque] au sujet du Concile de Crète et des décisions que devrait prendre celle-ci. Lors des sessions [de l’Assemblée des évêques], je suis intervenu oralement à deux reprises, et j’ai soumis un texte pour le procès-verbal, dans lequel j’ai analysé plus en détails mes opinions. Je publierai ci-après ma principale intervention qui a eu lieu le premier jour de l’Assemblée.
J’ai écouté attentivement le rapport de S.E. le métropolite de Serrès et de Nigriti Théologue et je le remercie pour la peine qu’il s’est donnée, la confession qu’il a donnée au début et pour ses propositions. Pour ce qui concerne ce que je vais soutenir par la suite, je procèderai à certains développements. J’ai écrit un texte que je déposerai pour le procès-verbal, tandis que j’ai été contraint à souligner certains points essentiels pour le sixième texte, décisif, intitulé « L’Église orthodoxe et le reste du monde chrétien ».
1. La préparation de ce Concile n’était pas suffisante. Le texte qui a été élaboré par la 5ème Conférence préparatoire préconciliaire n’était pas connu de la hiérarchie. Nous l’avons reçu avec les signatures des Primats en janvier 2016. Il convenait qu’il y ait un débat à l’Assemblée des évêques [de l’Église orthodoxe de Grèce] préalablement à leur signature par les Primats. De même, nos délégués à la 5ème Conférence préparatoire préconciliaire ont informé le Synode permanent [de l’Église orthodoxe de Grèce] que le texte final intitulé « Relations de l’Église orthodoxe envers le reste du monde chrétien », « exprime absolument la position panorthodoxe sur les thèmes concrets, de façon équilibrée et dans le cadre de l’ecclésiologie orthodoxe, telle qu’elle a été formulée et préservée par la Tradition patristique et conciliaire de l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique ». Or, ces constatations ne sont pas correctes, parce que le texte, tel que cela a été exprimé par de nombreuses personnes, était problématique, raison pour laquelle il a été corrigé.
2. Le Concile qui s’est réuni en Crète, comme je l’ai souligné à plusieurs reprises, était un Concile des Primats et de leur suite. Après avoir suivi tout le travail du Concile de Crète, j’observe qu’il existe aussi des points positifs, qui ont été mentionnés dans le rapport [de Mgr Théologue] et je les ai notés dans mon texte qui a été publié. Il est de notre devoir de le souligner. Les cinq premiers textes sont généralement bons, il existe quelques carences, raison pour laquelle il était nécessaire que j’exprime par écrit mes réserves dans deux cas. Les deux des cinq textes, je les ai signés avec des réserves explicites, concernent le sens de la personne et les conséquences ecclésiologiques des mariages mixtes.
3. Le texte qui constituait la base du Concile était le sixième, intitulé « L’Église orthodoxe et le reste du monde chrétien ». Le texte final présente beaucoup de problèmes, malgré quelques bonnes formulations à caractère général. Or, lorsque les procès-verbaux du Concile, où sont reflétés les points de vue authentiques de ceux qui ont décidé et signé les textes, il apparaîtra alors clairement qu’ont dominé au Concile la théorie des branches, la théologie baptismale et principalement le principe de l’inclusion, c’est-à-dire le glissement du principe de l’exclusion [des communautés hétérodoxes du concept d’Église Une, ndt] vers le principe de l’inclusion. Ce sixième texte n’était pas mûr pour la décision et la signature, raison pour laquelle nous avons proposé différentes corrections, lesquelles cependant n’ont pas été adoptées, et que j’ai notées dans le texte que j’ai envoyé à tous les membres de la hiérarchie [de l’Église orthodoxe de Grèce]. Il est caractéristique que le texte [du Concile] a été corrigé dans les quatre langues après l’achèvement des travaux du Concile. Quoi qu’il en soit, on peut observer des passages contradictoires. À mon avis, ce texte n’est pas théologique, mais diplomatique. Or, l’unité de l’Église ne s’appuie pas sur des textes diplomatiques, comme cela a été manifesté dans l’histoire, par exemple « l’Ecthèse » de l’empereur Héraclius et le « Typos » de l’empereur Constant II. Ensuite, au cours des travaux du Concile en Crète ont été exprimées certaines falsifications de la vérité pour ce qui concerne saint Marc d’Ephèse, le Concile de 1484 et le texte conciliaire des Patriarches d’Orient, en 1848, concernant le mot « Église » utilisé pour les chrétiens qui se sont détachés de l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique.
4. Dans le sixième paragraphe du sixième texte, a été acceptée par les Églises présentes la nouvelle proposition soumise par notre propre Église. Concrètement, la décision [originelle ndt] de la hiérarchie [de l’Église orthodoxe de Grèce] était : « L’Église orthodoxe connaît l’existence historique des autres Confessions et Communautés chrétiennes ne se trouvant pas en communion avec elle ». Après l’opposition d’autres Églises, notre Église a formulé une nouvelle proposition : « L’Église orthodoxie accepte l’appellation historique des autres Églises et confessions hétérodoxes ne se trouvant pas en communion avec elle ». Or, nous n’étions pas dotés par la hiérarchie [de l’Église orthodoxe de Grèce] du pouvoir d’altérer les décisions de celle-ci, comme l’ont dit de nombreux hiérarques [de l’Église orthodoxe de Grèce] présents [au Concile]. Ensuite, il n’y a pas eu de discussion pour accepter le changement en question, il y a eu un simple vote et encore en vitesse. D’autres propositions, comme « le reste du monde chrétien », « les non orthodoxes », « ceux qui sont en dehors d’elle [de l’Église] », etc. auraient pu être adoptées. En outre, par la nouvelle proposition ont eu lieu différents changements, qui de mon point de vue sont problématiques, à savoir : la phrase « L’Église orthodoxe connaît » par la phrase « L’Église orthodoxe accepte ».
La phrase « l’existence historique » a été remplacée par la phrase « l’appellation historique ». Il n’y a pas d’appellation sans existence, car autrement est exprimé un nominalisme ecclésiologique. Sinon, acceptons l’appellation « Macédoine » pour l’État de Skoplje, pour avoir prévalu durant de nombreuses années.
La phrase « Communautés et confessions chrétiennes » a été remplacée par la phrase « Églises et confessions chrétiennes hétérodoxes ». Le mot « hétérodoxe » en relation avec l’Église orthodoxe signifie hérétique. En conséquence, attribuer l’adjectif hétérodoxe à l’Église est contradictoire. La parole de saint Marc d’Ephèse est caractéristique : « Ce n’est pas par un juste milieu, ô homme, que les affaires ecclésiastiques ont été corrigées. Il n’y a aucun milieu entre la vérité et le mensonge ». Il faut également mentionner que le terme Église n’est ni un descriptif, ni une image, mais qu’il manifeste le Corps réel du Christ, conformément à l’enseignement de l’Apôtre Paul : « Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous » (Éph. I, 22-23). Cela signifie que l’Église est identifiée avec le Corps divino-humain du Christ et, puisque le Chef est un, le Christ, et le Corps du Christ est un, « Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous » (Éph. 4, 4-6). Ainsi, la nouvelle proposition ne se conforme pas « à l’esprit de la hiérarchie [de l’Église orthodoxe de Grèce]», comme le mentionnait le communiqué de presse [de l’Église orthodoxe de Grèce] du jour concerné (25.6.2016), mais constitue une proposition diplomatique.
5. Ce qui est cependant le plus important dans cette affaire est que la nouvelle proposition, tandis qu’elle semble à première vue sans danger, est néanmoins anti-orthodoxe. Pour soutenir ce point de vue, je mentionnerai deux commentaires théologiques. Le premier est que l’idée selon laquelle une Église peut être caractérisée comme hétérodoxe-hérétique a été condamnée par les Conciles du XVIIème siècle à l’occasion de la « Confession de Loukaris », laquelle semble avoir été écrite ou adoptée par le patriarche de Constantinople Cyrille Loukaris. Il s’agit de la phrase [dudit patriarche] selon laquelle « il est vrai et certain que l’Église dans son cheminement puisse se tromper et choisir au lieu de la vérité, le mensonge ». Les décisions des Conciles du XVIIème siècle ont statué que l’Église ne peut faire erreur. Ainsi, ou bien il existe une Église sans enseignements hérétiques, ou bien il existe un groupe hérétique qui ne peut être appelé Église. Le deuxième commentaire théologique est que cette nouvelle proposition exprime le point de vue protestant sur l’Église invisible et l’Église visible, qui est une « ecclésiologie nestorienne ». À la fin du texte [du Concile de Crète], il est écrit : « D’après la nature ontologique de l’Église, son unité ne saurait être perturbée. ». Ici est sous-entendue l’Église invisible qui est unie, c’est ce que signifie « ontologique ». La suite de la phrase, qui est introduite par « cependant», continue ainsi : «l’Église orthodoxe accepte l’appellation historique des autres Églises et Confessions chrétiennes hétérodoxes qui ne se trouvent pas en communion avec elle », cela sous-entendant l’Église visible qui est divisée. Luther, mais principalement Calvin et Zwingli, pour affirmer leur identité lorsqu’ils se détachèrent de Rome, ont développé la théorie d’Église invisible et visible. Conformément à ce point de vue, l’unité de l’Église invisible est acquise, tandis que les Églises visibles sur terre sont divisées et luttent pour trouver l’unité. Vladimir Lossky, commentant cette théorie, affirme que celle-ci est un « nestorianisme ecclésiologique », lorsqu’elle divise l’Église entre celle qui est invisible et celle qui est visible, à l’instar, des natures divine et humaine dans le Christ [selon Nestorius, ndt]. De cette théorie sont dérivées d’autres théories comme celle des branches, la théologie baptismale et autres.
6. Proposition. Après tout ce qui précède, je pense, puisque le texte contient beaucoup de contradictions, que si la hiérarchie ne le rejette pas, qu’elle soit au moins réservée sur son contenu et qu’elle décide que le texte en question soit l’objet d’un réexamen et d’une révision par un autre Concile qui aura lieu dans l’avenir, et ce pour les raisons suivantes :
a) Nombreux sont ceux qui ont compris que ce texte a été écrit et décidé en vitesse et qu’il n’est pas finalisé, étant donné en outre qu’il a été signé par les évêques le dimanche matin, pendant la divine Liturgie.
b) Le Concile de Crète a exprimé le vœu que de tels Conciles se répètent régulièrement pour régler différents problèmes. Au demeurant, beaucoup de questions sont restées en suspens, lesquelles nécessitent une action immédiate.
c) L’Église d’Antioche a considéré le Concile comme [Synode] préconciliaire, ce que l’Église de Serbie soutient également, et récemment, l’Église de Roumanie a décidé que les textes adoptés en Crète peuvent être retouchés partiellement, développés par un futur Saint et Grand Concile de l’Église orthodoxe et perfectionnés, sans pression du temps, et avec le consensus panorthodoxe.
d) Cela est la pratique habituelle dans le système conciliaire orthodoxe. Les Conciles œcuméniques ont connu de nombreuses sessions qui ont duré de nombreuses années. Nous avons également le Concile Quinisexte, qui a complété en droit canon les Vème et VIème Conciles œcuméniques, et encore le Concile Prime-second (861), et les Conciles hésychastes sous St Grégoire Palamas, qui sont considérés comme un seul Concile. Une telle proposition évitera les schismes qui peuvent se produire dans l’Église.

Simple Rappel...


Photios Kontoglou ( 1895-1965), fut un des plus grands iconographes de Grèce. Les saints de Lesbos, Raphaël, Irène et Nicolas, lui sont apparus pour qu'il fasse leur icône. Il a résumé d'une manière admirable une certaine attitude fausse [mais de plus en plus répandue] vis-à-vis de l'Orthodoxie...

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"Ils aiment l'Orthodoxie, disent-ils, mais ils se plaignent que ses jeûnes soient trop longs. 

Ils aiment l'Orthodoxie, mais les offices sont trop longs.Les barbes sont trop longues aussi, et les soutanes sont de trop.

De plus, l'Orthodoxie a trop de vigiles, trop de prosternations, trop d'épitimies, trop de saints canons dans le Pedalion…

Et enfin, elle a trop d'anathèmes, contre trop d'hérésies."

Icônes de Photios Kontoglou sur internet: ICI

lundi 28 novembre 2016

Saint Jean [Maximovich]: La Mère de Dieu




Ayant éprouvé toutes les difficultés de la vie terrestre, la Mère de Dieu qui intercède pour la race chrétienne voit chaque larme, entend tout gémissement et toute supplication dirigée vers Elle. 

Particulièrement proches d'Elle, sont ceux qui œuvrent dans le combat contre les passions et sont zélés pour mener une vie agréable à Dieu. Mais même dans les soucis du monde, elle est une aide irremplaçable. 

"Joie de tous ceux qui souffrent, intercession pour les offensés, et nourricière de ceux qui ont faim, consolation des voyageurs, havre de ceux qui sont ballotés par la tempête, visitation des malades, protection et intercession de la vieillesse infirme, Tu es la Mère Du Dieu d'en Haut, ô Très Pure "(Stichères de l'office sà l'Hodigitria [Celle quoi montre le chemin, i.e. le Christ]). "L'espérance, l'intercession et le refuge des chrétiens", "La Mère de Dieu en prière incessante" (Théotokion du Ton 3). "Le jour et la nuit, elle prie pour nous et les sceptres des royaumes sont confirmés par ses prières" ( Nocturne).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Saint John [Maximovitch]
THE ORTHODOX VENERATION OF THE MOTHER OF GOD

dimanche 27 novembre 2016

Attitudes patriarcales


Ces jours-ci, nous avons reçu deux nouvelles liées à des comportements patriarcaux qui semblent être clairement en miroir: d'une part le patriarche Cyrille, à l'occasion de son septantième anniversaire, a reçu les félicitations du patriarche Ilia II de Géorgie parce que l'Église russe reconnaît la souveraineté de l'Eglise géorgienne en  Abkhazie, en dépit d'une position très pro-russe de l'Eglise orthodoxe en Abkhazie.

D'autre part, le patriarche Bartholomée offre une démonstration d'ingérence dans les affaires intérieures d'un autre Eglise autocéphale, en insistant sur la reconnaissance formelle du Concile de Crète par l'Eglise de Grèce, malgré la présence de voix discordantes parmi les évêques de cette dernière Église.

Nous n'apprécions pas particulièrement de nous mettre à faire de la publicité comparative, et encore moins parmi les patriarches, mais nous croyons important de souligner ce qui nous semble une façon de gérer les relations inter-orthodoxes en harmonie avec les instructions du Christ à Ses disciples, et une façon de le faire qui  semble s'en écarter imprudemment.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

LES ROMANOV: UN PORTRAIT DE FAMILLE



Avant la révolution en Russie, un genre populaire était le portrait de famille. Les parents étaient habituellement assis au centre, entourés par leurs enfants, et le photographe prenait un certain nombre de photos. 

Beaucoup de familles avaient de telles photographies, et maintenant nous pouvons observer ces familles - familles paysannes, familles de la noblesse et familles de prêtres. 

Comme ces photos diffèrent de nos photos instantanées prises lors de vacances ou de sorties, ne comprenant pas toujours chaque membre de la famille. Ces vieilles photographies reflètent une relation traditionnelle à la maison et au foyer, et à nos proches comme un monde à la valeur intrinsèque. 

Certaines de ces photos de la famille royale Romanov ont été conservées jusques à nos jours. En elles, nous pouvons tracer une histoire d'amour - Nicolas et Alexandra comme fiancés, puis comme mari et femme, puis avec leur premier-né. Enfin, nous les voyons tous - comme nous les voyons représentés sur des icônes.






























Version française Claude Lopez-Giniosty
d'après