dimanche 18 décembre 2016

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

5/18 décembre
26ème dimanche après la Pentecôte

Saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie, thaumaturge (vers 345) (anticipé) ; saint Sabas le Sanctifié, abbé en Palestine (532) ; saint Anastase, martyr ; saint Diogène, martyr  saint Cyrion et son fils Zacharie (IVème s.) ; saints moines et confesseurs de l’Athos : Cosmas le prôtos et ses compagnons (XIIIème s.) ; saint Gourias, évêque de Kazan (1563) ; saint Nectaire de Karyès et de son père spirituel Philothée (XVIème s.) ; saints néo-martyrs de Russie : Élie (Tcheveroukhine), prêtre (1932) ; Gennade (Letiouk) (1941), moine ; Serge (Pravdolioubov), prêtre (1950).
Lectures : Éph. V, 8–19, Lc. XVII, 12–19 ; St Nicolas : Hébr., XIII, 17–21. Lc. VI, 17–23.

SAINT NICOLAS, ARCHEVÊQUE DE MYRE EN LYCIE[1]


E
mule des apôtres et fervent imitateur de notre Seigneur Jésus-Christ, colonne vivante de l’Église par son zèle à défendre la foi et modèle des saints hiérarques par son soin pastoral, notre saint Père Nicolas s’est montré généreux intendant de la grâce de Dieu par ses innombrables miracles en faveur des pauvres, des délaissés, de ceux qui souffrent l’injustice et de tous ceux qui, jusqu’à aujourd’hui, réclament sa paternelle protection. Il vit le jour dans la ville de Patare, en Lycie, vers la fin du iiie siècle, dans une famille chrétienne longtemps privée de progéniture. Dès sa plus tendre enfance, il montra son amour pour la vertu et son zèle dans l’observance des institutions de l’Église, en s’abstenant de prendre le sein de sa nourrice jusqu’au soir, chaque mercredi et vendredi. Pieux et réservé, il fut éduqué dans les lettres sacrées et, tout jeune encore, fut ordonné prêtre par son oncle, l’archevêque Nicolas. Veilles, jeûnes, prières étaient des vertus dans lesquelles le jeune clerc excellait depuis longtemps ; mais, lorsque, à la mort de ses parents, il distribua généreusement ses biens aux nécessiteux, l’aumône devint pour lui son plus grand titre de gloire devant Dieu. Il se considérait comme le simple économe des biens qui appartenaient aux pauvres, et mettait un soin tout particulier à garder secrètes ses bonnes actions afin de ne pas être privé des récompenses célestes (cf. Mt 6, 3). C’est ainsi qu’il sauva de l’infamie trois jeunes filles que leur père, acculé par les dettes, voulait livrer à la prostitution, en déposant secrètement, à trois reprises, suffisamment d’or pour les marier. Finalement découvert par leur père, Nicolas fit promettre à celui-ci, sous peine d’éternelle malédiction, de ne révéler à personne son bienfait. En retour, Dieu le fit briller devant les hommes par ses charismes et ses miracles. En route pour un pèlerinage aux Lieux saints, il apaisa à deux reprises, par sa prière, la tempête qui mettait en péril le navire sur lequel il s’était embarqué.  À son retour, au milieu de l’allégresse populaire, il fut bientôt désigné comme évêque de la ville voisine de Myre, à la suite de l’intervention d’un ange de Dieu auprès des évêques réunis en synode pour l’élection. Mis en prison pendant la grande et dernière persécution de Dioclétien et Maximien (305), le saint pasteur n’en cessa pas de confirmer ses brebis spirituelles dans la foi ; et, la paix de l’Église ayant été proclamée lors de l’avènement de Constantin, il montra un zèle ardent pour détruire les temples des idoles et en chasser les démons. L’hérésie impie d’Arius ne tarda pas cependant à troubler et à diviser le saint Corps du Christ, mais elle trouva encore saint Nicolas au premier rang des champions de l’Orthodoxie, parmi les Pères réunis pour le Premier Concile Œcuménique de Nicée, en 325.

Après avoir sauvé la ville de Myre de la famine, en apparaissant au capitaine d’un bateau chargé de blé, l’homme de Dieu sauva de la mort trois officiers romains, injustement accusés de complot, en apparaissant en songe à l’empereur saint Constantin et au perfide préfet Avlavios. Une fois délivrés, les trois militaires, pleins de reconnaissance envers le saint, devinrent moines. À de nombreuses reprises encore, tant pendant sa vie qu’après sa mort, saint Nicolas est miraculeusement intervenu pour protéger les navires en détresse et ceux qui voyagent par mer, c’est pourquoi on le vénère comme le protecteur des navigateurs. C’est ainsi qu’il apparut un jour à la barre d’un navire en perdition dans une tempête et le conduisit à bon port, ou qu’une autre fois, il vint au secours d’un voyageur passé par-dessus bord et qui, au cri de : « Saint Nicolas, viens à mon secours ! », se retrouva soudain dans sa demeure entouré des siens ébahis.

Pendant de longues années, le saint évêque fut pour ses fidèles comme une présence du Christ, l’Ami des hommes et le Bon Pasteur ; il n’y avait pas de malheur auquel il ne compatît, pas d’injustice qu’il ne redressât, pas de discorde qu’il n’apaisât. Il se distinguait partout où il se trouvait par son visage lumineux et l’atmosphère de paix radieuse qui se dégageait de sa personne. Lorsque, après tant de bienfaits, il s’endormit dans la mort pour gagner le Royaume des cieux (entre 345 et 352), les hommes se lamentèrent d’avoir perdu leur pasteur et leur providence, mais les anges et les saints exultèrent de joie en recevant parmi eux le doux Nicolas. Ses saintes reliques furent déposées à Myre, dans une église construite en l’honneur du saint, où elles recevaient chaque année l’hommage d’un grand nombre de pèlerins, et son culte se diffusa à Constantinople et dans tout l’Empire.

En 1087, Myre étant tombée sous le pouvoir des Sarrasins, les troupes italo-normandes de la Première Croisade s’emparèrent des saints ossements et les transférèrent à Bari, en Italie du Sud, un grand nombre de miracles s’accomplissant partout où elles passaient. C’est là que, depuis, elles sont vénérées.

TROPAIRES ET KONDAKIA DU JOUR

Tropaire du dimanche du 1er ton
Кáмени запеча́тану отъ Iyде́й и во́иномъ стрегу́щымъ пречи́стое Tѣ́ло Tвое́, воскре́слъ ecи́ тридне́вный, Cпа́ce, да́руяй мípoви жи́знь. Ceго́ ра́ди си́лы небе́сныя вопiя́xy Tи, Жизнода́вче : сла́ва Bocкреcéнію Tвоемý Xpисте́ ; сла́ва Ца́рствiю Tвоему́ ; сла́ва cмотре́нiю Tвоему́, еди́не Человѣколю́бче.

La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton Corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique ami des hommes!

Tropaire de St Nicolas, ton 4
Пра́вило вѣ́ры и о́бразъ кро́тости, воздержа́нія учи́теля яви́ тя ста́ду твоему́, я́же веще́й и́стина. Сего́ ра́ди стяжа́лъ еси́ смире́ніемъ высо́кая, нището́ю бога́тая, о́тче священнонача́льниче Нико́лае, моли́ Христа́ Бо́га, спасти́ся душа́мъ на́шимъ.

Tropaire de saint Sabas, ton 8
Сле́зъ твои́хъ тече́ньми пусты́ни безпло́дное воздѣ́лалъ еси́, и и́же изъ глубины́ воздыха́ньми во сто́ трудо́въ уплодоноси́лъ еси́, и бы́лъ еси́ свѣти́льникъ вселе́ннѣй, сія́я чудесы́, Са́вво, о́тче на́шъ, моли́ Христа́ Бо́га спасти́ся душа́мъ на́шимъ.
Par les flots de tes larmes tu as fait fleurir le stérile désert, par tes profonds gémissements tu fis produire à tes peines cent fois plus, par tes miracles éclatants tu devins un phare éclairant le monde entier: vénérable Père, saint Sabbas, prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.

Kondakion de saint Sabas, ton 8
Яко отъ младе́нства Бо́гу же́ртва непоро́чная прине́слся еси́ добродѣ́телію, Са́вво блаже́нне, садодѣ́латель бы́въ благоче́стія; тѣ́мже бы́лъ еси́ преподо́бныхъ удобре́ніе, граждани́нъ же пусты́нный достохва́ленъ. Тѣ́мже зове́мъ ти́: ра́дуйся, Са́вво пребога́те.
Comme dès l'enfance, bienheureux Sabbas, tu t'es offert, en ta vertu, comme une offrande immaculée à ce Dieu qui te connaissait bien avant ta naissance, tu devins le pur joyau des saints Moines,  digne de louange comme citoyen du désert. C'est pourquoi je te crie dans l'allégresse: Réjouis-toi, Père vénérable et digne de nos chants.
Kondakion de saint Nicolas, ton 3
Въ Мѵ́рѣхъ, свя́те, священно-дѣ́йствитель показа́лся еси́, Христо́во бо, преподо́бне, Ева́нгеліе испо́лнивъ, положи́лъ еси́ ду́шу твою́ о лю́дехъ твои́хъ, и спа́слъ еси́ непови́нныя отъ сме́рти. Сего́ ра́ди освяти́лся еси́, я́ко вели́кій таи́нникъ Бо́жія благода́ти.
À Myre, saint Évêque, tu t'es montré  comme le ministre du Sacrifice divin;  car, accomplissant l'Évangile du Christ,  tu donnas ta vie pour tes brebis et sauvas les innocents de la mort; dès lors tu fus sanctifié, comme grand Pontife de la grâce de Dieu.


Kondakion du dimanche du 1er ton
Воскpécлъ ecи́́ я́ко Бо́гъ изъ гро́ба вo сла́вѣ и мípъ coвоскpecи́лъ ecи́, и eстество́ человѣ́ческое я́ко Бо́гa воспѣва́ет Tя́, и сме́рть изчезе́ : Aда́мъ же лику́ет, Влады́ко, Éва ны́нѣ отъ у́зъ избавля́ема ра́дуется зову́щи : Ты́ ecи́ и́же вcѣ́мъ подая́, Xpисте́ Bocкреcéніe.
Ô Dieu, Tu es ressuscité du Tombeau dans la gloire, ressuscitant le monde avec Toi ! La nature humaine Te chante comme son Dieu et la mort s’évanouit. Adam jubile, ô Maître, et Ève, désormais libérée de ses liens, Te crie dans sa joie : « C’est Toi, ô Christ, qui accordes à tous la résurrection ! »


HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR L’ÉPÎTRE DE CE JOUR

Célébrant « Du fond de vos cœurs à la « gloire du Seigneur ? » C'est-à-dire, avec attention. Car, si l'attention fait défaut, on chante au hasard, on ne profère que des mots, tandis que le cœur s'égare ailleurs… « Rendant grâces toujours et pour toutes choses, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Dieu et Père, soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ ». En d'autres termes Faites parvenir à Dieu vos demandes avec des actions de grâces : car rien ne réjouit Dieu comme la reconnaissance… « Rendant grâces toujours et pour toutes choses ». Quoi donc ! faut-il rendre grâces pour tout ce qui nous arrive? Oui : fût-ce la maladie, fût-ce la misère. En effet, si dans l'Ancien Testament nous trouvons ce conseil d'un sage : «Tout ce qui vous arrivera, recevez-le de bonne grâce, et soyez patients dans les vicissitudes de votre humiliation » (Ecclés. II, 14), à plus forte raison faut-il se conduire ainsi sous le régime de la nouvelle loi. Quand bien même la raison des faits vous échappe, rendez grâces : voilà les vraies actions de grâces. Que vous rendiez grâces après un bienfait, dans la félicité, dans le bonheur, au milieu des prospérités, il n'y a rien là de grand ni de merveilleux : ce qu'on vous demande, c'est de rendre grâces dans les épreuves, dans les tribulations. Votre première parole doit être : Je Te rends grâces, Seigneur.





[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras

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