samedi 18 juillet 2015

Onze musulmans turcs ont reçu le baptême dans l'Eglise Orthodoxe



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Onze citoyens turcs, parmi lesquels un célèbre acteur turc ont été baptisés orthodoxes il y  aquelques jours (mai 2015). Le mystère a été célébré par le Métropolite d'Attique.

A l'origine, il y a 6 ans, treize citoyens turcs, de religion musulmane, visitèrent Chios en tant que touristes, dans des groupes venant de son voisin de l'Est. Parmi les sites visités à Chios, il y avait des monastères et des temples.

Les treize musulmans et musulmanes (âgés de 30 à 40 ans) furent impressionnés par la beauté des monuments orthodoxes de l'île, et dès leur retour en Turquie, ils décidèrent de lire, et de s'instruire sur l'Orthodoxie en général.

Treize musulmans furent impressionnés par ce qu'ils lisaient, et bientôt ils  organisèrent un deuxième voyage touristique de cinq jours à Chios. Mais cette fois, ils firent en sorte de rencontrer le prêtre, avec qui ils eurent de longues conversations.

Les discussions portèrent leurs fruits! Treize Turcs demandèrent au prêtre de suivre le catéchisme en vue d'embrasser la religion orthodoxe.

L'ecclésiastique, avec la bénédiction du Métropolite de Chios a appelé de l'Attique un prêtre vétéran avec qui il entreprit conjointement l'enseignement des musulmans. Treize Turcs firent de fréquents voyages à Chios, où les les prêtres catéchistes les attendaient toujours. Cette belle relation spirituelle dura environ trois ans!

Et à un moment donné, le temps arriva... Les catéchistes estimèrent que les citoyens turcs catéchumènes étaient prêts à se joindre officiellement à l'Église orthodoxe en tant que membres.

Donc, il y a quelques jours, selon ierovima [organe de presse], une église de l'Attique agenda pour eux le sacrement du baptême. Cependant des treize personnes prévues, onze seulement parvinrent aux fonts baptismaux (cinq hommes, six femmes), après l'échec de deux d'entre eux pour obtenir un visa.

Dans un climat d'émotion, le Métropolite  d'Attique célébra le baptême. Onze citoyens turcs furent baptisés chrétiens orthodoxes et rentrèrent chez eux.

Des dizaines de croyants ont assisté à ce saint Mystère et respecté la demande de l'évêque et des nouveaux illuminés de ne pas prendre de photos de la cérémonie.

Pour la petite histoire, parmi les convertis, il y avait un acteur turc connu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Εξάψαλμος

vendredi 17 juillet 2015

Les ruines d'une église et les restes d'un prêtre orthodoxe russe sont proposés à la vente en Suède



“The Russian yard” (“Russky dvor”) in Gotland
"La cour russe" ("Russky dvor") à Gotland



De récentes nouvelles de Gotland, en Suède nous disent plusieurs choses. Premièrement, il y avait certainement une présence orthodoxe sur cette île scandinave; en second lieu, qu'il peut y avoir eu un ecclésiastique russe particulièrement vénéré qui officiait là; et troisièmement, qu'il devrait y avoir plus de recherche des suédois orthodoxes en Suède dans ce domaine. Il pourrait y avoir beaucoup plus de choses à trouver!

Si un acheteur potentiel de la maison de la "cour russe" paie 8,1 millions de couronnes suédoises, il ou elle aura deux appartements, un restaurant décoré de fresques anciennes ainsi que les ruines (les fondations, la nef et l'abside) d'une église orthodoxe sur lesquelles la maison est construite. Les restes d'un prêtre russe qui vivait il y a 900 ans se trouvent parmi les ruines. Le site suédois, Ma maison, a publié des documents sur ce thème, intitulé "Une maison à Gotland est proposée à la vente: avec un squelette dans le sous-sol."

Remains of a Russian priest who presumably lived 900 years ago.
Restes d'un prêtre russe 
qui vivait vraisemblablement il y a 900 ans.


Jadis dans la ville  de Visby -capitale de Gotland- les marchands russes avaient leur propre demeure avec une église du XIIIe siècle dédiée à Saint Nicolas le Thaumaturge . La maison a été construite sur les ruines de l'église de la place centrale de Visby en 1680. Aujourd'hui, le bâtiment, connu sous le nom "cour russe", est un monument architectural sous la protection de l'État, mais toute personne privée peut entrer en sa possession.

"Le squelette d'un ancien prêtre russe fait aussi partie de la propriété, donc l'acheteur l'aura aussi en sa possession," raconte l'agent immobilier Leif Bertwig qui est en charge de la vente de "la cour  russe."

Les ruines de l'église ont été découvertes par des archéologues dans les années 1970.

"Au cours des travaux d'excavation, environ trente tombes ont été découvertes sur ce site, et cela a permis aux archéologues suédois de supposer que l'établissement des marchands russes peut avoir été situé précisément dans cette partie de Visby. 

Le bâtiment de l'église elle-même est soit une église paroissiale, soit une chapelle. Sans aucun doute, la culture orthodoxe a laissé sa marque sur Gotland, ce qui peut être vu, par exemple, dans les fresques de style byzantin représentant saints Boris et Gleb à l'intérieur de l'une des églises les plus anciennes de l'île, connue comme "Garde Kyrka," raconte Arkady Ryabichenko, expert en études scandinaves, candidat des sciences historiques à l'université  Baltique fédérale Emmanuel Kant lors de son entrevue avec Pravoslavie.ru.

Recteur de la paroisse Saint-Serge du Patriarcat de Moscou à Stockholm, l'archiprêtre Vitaly Babouchine a commenté les dernières nouvelles de Visby pour Pravoslavie.ru:

This is what the Russian church might have looked like.


Voici à quoi l'église russe aurait pu ressembler.

"Il y a deux ans notre paroisse a demandé aux propriétaires du restaurant dont les fondations comprennent les ruines de l'église orthodoxe, de permettre à un petit groupe de pèlerins russes d'accéder à ce site mémorial et de me permettre d'y effectuer un bref office commémoratif. Cependant, les Suédois n'étaient pas enthousiastes. Ils ne refusèrent pas directement la permission, mais invoquèrent un possible inconvénient que notre visite pourrait causer. 

Je ne me souviens pas de ce qu'ils voulaient dire, mais il semble que cela avait à voir avec les horaires du restaurant. Je ne savais rien alors à propos de la présence de restes humains, ils devaient l'avoir dissimulé. Maintenant que les propriétaires vendent leur propriété, ils croient (à en juger par leur annonce) que ces honorables restes leur appartiennent.

"Selon la tradition, un prêtre russe a été enterré à l'intérieur de cette église vers 1200. Malheureusement, je n'ai pas de sources historiques fiables à ma disposition pour soutenir ou réfuter cette information, donc je pense que ce sont seulement de pieuses traditions. Cependant, les sépultures dans les églises sont souvent révélatrices d'une origine royale ou grande-ducale de ceux qui y sont enterrés, ou bien de la présence d'un personnage ecclésiastique particulièrement vénéré, ce qui est susceptible d'être le cas ici.

“The Russian yard” in Gotland.


"La cour russe" à Gotland.
 
"Je ne vais pas perdre de temps à commenter le travail du restaurant suédois où on peut avoir un bon repas et des boissons au-dessus des os d'un prêtre russe. Maintenant, le restaurant avec ses propriétés (y compris la crypte et le squelette) sont en vente. 

Si nous entrions en possession de ce bâtiment, alors, en tant que chrétiens orthodoxes russes, nous aimerions tout d'abord dûment enterrer ces restes honorés et  célébrer un office pour le repos de tous nos compatriotes qui vivaient et travaillaient à Gotland au temps jadis. 

Je pense que nous pourrions montrer l'exemple d'une véritable attitude orthodoxe russe envers des restes humains qui doivent être traités selon les valeurs universelles et le don de Dieu de la vie, et non pas comme une partie de propriété du restaurant! 

Il est difficile de dire comment cette maison peut être utilisée à l'avenir. Le fait est que, comme site historique médiéval, elle est spécialement protégée par l'Etat et on doit l'utiliser raisonnablement avec ses joyaux archéologiques, en tenant compte de tous les avantages et inconvénients. Malheureusement, on n'a pas la possibilité de l'obtenir. Nous espérons que ses nouveaux propriétaires accepteront un compromis et que nous serons en mesure de décider du sort de l'église et des restes humains enterrés à cet endroit. "


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

jeudi 16 juillet 2015

Conseils Spirituels de saint Païssios l'Athonite: La Télévision (R)




Fr. Paisios - Mount Athos (4)
Photo: 

Comment la télévision abîme nos âmes, et plus particulièrement celle des jeunes.

La télévision nous fait un grand tort. Elle est particulièrement destructrice pour les enfants. Un enfant de sept ans est venu à l'ermitage un jour. J'ai vu le démon de la télévision parler par la bouche de l'enfant, exactement comme les démons parlent par la bouche des possédés. 

C'était comme un bébé né avec toutes ses dents. Il n'est pas facile de trouver des enfants normaux; ils deviennent de petits monstres. Et vous voyez qu'ils ne pensent plus par eux-mêmes, ils ne font que répéter ce qu'ils ont entendu et vu à la télévision. 

C'est pour cela qu'ils ont inventé la télévision: pour abrutir les gens et les rendre stupides afin qu'ils prennent tout ce qu'ils entendent et voient à la télévision pour des faits avérés, et qu'ils agissent en conséquence.

Nous devrions inciter nos enfants à rechercher une "télévision spirituelle".

[ Il faut aider les mères] à comprendre que la télévision endort l'esprit des enfants. Ils perdent leur capacité de penser par eux-mêmes, de penser d'une manière critique- sans oublier les dommages qu'elle cause à leurs yeux. 

Et nous parlons d'une télévision faite par les hommes. Mais il est une autre sorte de télévision, une télévision spirituelle. Quand les gens déracinent leur vieux moi, et que les yeux de l'âme sont purifiés, ils peuvent voir le futur sans l'aide d'aucune machine. Ont-ils dit à leurs enfants que c'était là une autre sorte de télévision? S'ils ne le font pas, ces boîtes rendront nos enfants stupides. 

(N.B: : Père Païsios joue sur le sens du mot télévision, vision au loin, vision de l'avenir spirituel, du Royaume)

Version française Claude Lopez-Ginisty

mercredi 15 juillet 2015

NATALIA POKLONSKAYA: "La Mère de Dieu guide notre Russie"





Simféropol le 10 juillet 2015
   
Dans son interview au journal russe Komsomolskaya Pravda, le Procureur général de la République de Crimée Natalia Poklonskaya a répondu à la question de savoir pourquoi elle vénérait particulièrement le saint tzar russe ayant souffert la Passion, Nicolas II Alexandrovitch. Il lui a également été demandé si elle croyait que la monarchie reviendrait à l'avenir.
  
"Ce fut vraiment un crime flagrant lorsque le tsar Nicolas Alexandrovitch fut détrôné et que toute sa famille fut sauvagement assassinée", a déclaré le procureur général de la Crimée. "Et quant à ce qui est mieux et ce que sera l'avenir, une monarchie ou une république - ce n'est pas mon affaire."

With the delegation of the Orthodox Army Mission and the myrrh-streaming icon of Tsar Nicholas II – a photo from Natalia Poklonskaya's Facebook page
Avec la délégation de la Mission de l'Armée orthodoxe 
et l'icône myrrhoblyte du tzar Nicolas II 
(photo sur la page Facebook de Natalia Poklonskaya)
    
"Une moniale a eu une vision: on lui a dit de descendre à la voûte de l'église à Kolomenskoye pour y trouver un " tableau noir." Elle devait le laver "afin qu'il devienne rouge," alors elle y verrait une image de la Mère de Dieu [1]. Et en effet, l'icône "régnante" de la Très Sainte Mère de Dieu fut trouvée dans la voûte de l'église. 
Икона Божией Матери Державная

Cette trouvaille avait une signification profonde. Après l'assassinat de la famille impériale, la Mère de Dieu prit le gouvernement de la Russie. En habit rouge et avec le Christ enfant dans ses bras, elle protège et guide notre Russie. Et que Dieu aide la Russie à prospérer," a déclaré N. Poklonskaya, répondant à la question.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

[1] L'icône "régnante" de la Mère de Dieu est apparue sur le 2/15 mars 1917, au village de Kolomenskoye  près de Moscou (maintenant célèbre musée-réserve de Moscou situé dans le quartier du même nom). Le saint patriarche Tikhon (Belavin) de Moscou (1865-1925) a participé à la composition de l'office et de l'acathiste à cette icône.

Sur le blog de Maxime: Et si on disait la vérité???


LA VÉRITÉ QUI DÉRANGE

Dette souveraine européenne sans la Grèce :
12, 5 mille milliards
97, 5%

Dette souveraine de la Grèce :
 320 milliards
 2,5%

mardi 14 juillet 2015

Vladimir MOSS: Le pain de l'Eucharistie (6)


Saint Spyridon et saint Nicodème
Boulangers de Prosphores 
des Cavernes de Kiev (Rus')

*

L'archevêque Averky explique que pour la Pâque de l'Ancien Testament, "le pain était trempé dans une sauce spéciale faite de dattes et de figues. Le chef de famille en donnait parfois [à ses convives] comme un signe de sa faveur spéciale. Et dans ce sens, bien sûr, le Seigneur a voulu une fois de plus susciter le sentiment de repentir chez Judas. 

Ce n'était clair que pour Jean. Mais pour les autres Apôtres, le Seigneur a parlé du traître, comme les trois premiers évangélistes le rapportent, en termes généraux: "Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c'est lui-même qui me livrera," "Malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est trahi..." "Lui [Judas] ayant alors pris le morceau, sorti immédiatement; et il faisait nuit. "[17]

Les saints Pères divergent quant à savoir si Judas participa ou non, à l'eucharistie du  Nouveau Testament qui fut alors instituée. 

L'archevêque Averky croit que non. Les services divins de la Semaine Sainte, comme nous les lisons dans le Triode, disent que oui. Le bienheureux Théophylacte adopte une position neutre: "Pire qu'une bête, Judas ne devint pas plus doux quand il participa au repas commun. Il n'écouta même pas quand il reçut des reproches, mais il alla jusqu'à goûter au Corps du Seigneur, et ne se repentit toujours pas."

Mais certains disent que le Christ n'a pas donné les Mystères aux autres disciples, jusqu'à ce que Judas soit  parti. Donc, nous devrions aussi faire de même chose et retirer les Mystères à ceux qui sont mauvais... "[18]

En tout cas, une chose est certaine: après que Jésus-Christ ait béni le pain, qui avait certainement levé et non un pain sans levain, celui-ci a alors immédiatement cessé d'être du pain, mais il est devenu Sa Chair. 

Ceci est indiqué même par la grammaire du grec des évangélistes synoptiques. Car, comme l'archevêque Averky l'explique, quand le Seigneur a dit: "Ceci est mon corps", le mot pour ceci n'a pas été la forme masculine du pronom, "ουτος", ce qui aurait été la forme correcte si elle avait qualifié le mot masculin "αρτος", qui signifie "pain", mais "τουτο", qui était la forme neutre du pronom et donc approprié pour le mot neutre "σωμα", qui signifie "corps." 

En d'autres termes, " à ce moment, le pain avait déjà cessé d'être du pain, et il était devenu le Corps véritable du Christ, ne retenant que la forme du pain." [19] 

Le pain de la terre était devenu le pain du ciel...

19 juin / 2 juillet 2015.
Apôtre Saint Jude.
St. Jean [Maximovitch]

 *


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
le texte de Vladimir Moss 
publié le 19 juin/ 2 juillet 2015  
en la fête du saint apôtre Jude
et de saint Jean [Maximovitch]
 
NOTES:
[17] Averky, op. cit., p. 273.
[18] Bienheureux Théophylacte, op. cit., p. 228.
[19] Averky, op. cit., p. 275.


Humour (noir)

Il n'était peut-être pas nécessaire, ni utile, de remplacer l'Oncle Sam par l'Oncle Tom!  c.l.-g.




source: AltermediaFrance-Belgique



lundi 13 juillet 2015

Vladimir MOSS: Le pain de l'Eucharistie (5)





"La question se pose", poursuit l'archevêque Averky, "pourquoi le Christ a-t-Il célébré la Pâque juive, qu'Il a, sans aucun doute effectué la journée de la Cène Mystique (même si les Apôtres ne la décrivent pas en détail, parce que leur attention principale a été axée sur l'établissement de la Pâque du Nouveau Testament, la Sainte Communion à la Chair et au Sang du Christ) un jour plus tôt que ce qui était nécessaire? 

L'hypothèse de base est que, parce que le soir du 14 Nisan cette année était le début du repos du sabbat (le samedi) qui approchait, alors l'agneau de la Pâque avait été tué le soir du 13. Cela coïncide avec la remarque de saint Marc: "Quand ils tuèrent l'agneau pascal" et saint Luc: "Quand la Pâque doit être tuée". En outre, il est connu qu'après l'esclavage de Babylone, les Juifs - en particulier les Galiléens - commencèrent à avoir le zèle de célébrer même les jours précédant le jour de la fête. 

C'était particulièrement le cas pour les Galiléens qui étaient venus à Jérusalem: pour eux l'agneau était toujours abattu un jour plus tôt - le 13 au lieu du 14. Ce fut un grand soulagement pour ceux qui servaient dans le temple, pour qui abattre 256.000 agneaux en une journée, le 14 Nisan, aurait été trop lourd. 

Enfin, il est supposé que le Seigneur a accompli la Pâque un jour plus tôt parce qu'il savait que le jour suivant, il serait livré entre les mains des Judéens, qu'il serait crucifié, et afin que Son sacrifice sur la Croix, dont la préfiguration était les agneaux pascals, devrait être offert le même jour et à l'heure où les agneaux pascals étaient abattus. En tout cas, nous savons que le but de saint Jean était de compléter les récits des trois premiers évangélistes. Par conséquent, nous devons accepter son indiscutable indication que la Sainte Cène a été accompliee par le Seigneur avant l'arrivée de la fête pascale, c'est-à-dire, non pas le 14, mais le 13 Nisan. "[14]


*

L'archevêque Averky enseigne aussi que le Jeudi Saint, le Seigneur célébra la Pâque de l'Ancien Testament en premier et pour la dernière fois, avant d'instituer l'Eucharistie du Nouveau Testament. 

Comme le bienheureux Théophylacte l'écrit, "après avoir observé la Pâque dans la forme, Il l'a ensuite célébrée dans la vérité." [15] Saint Luc décrit la scène comme suit... Le Seigneur a d'abord dit: "J'ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Et, ayant pris une coupe et rendu grâces, il dit: Prenez cette coupe, et distribuez-la entre vous; car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu (Luc 22,15 à 18). [L'archevêque] Averky comprend ce fruit de la vigne dans le Royaume comme signifiant la joie divine du Royaume du Christ que les disciples connaîtront après la Résurrection. [16]

Alors qu'ils étaient encore en train de manger, le Seigneur a indiqué d'une manière cachée que Judas le trahirait. A Jean seulement  fut révélée l'identité du traître, comme il le raconte: "Jésus répondit: C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l'Iscariot. Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit: Ce que tu fais, fais-le promptement. (Jean 13,26 à 27).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
le texte de Vladimir Moss 
publié le 19 juin/ 2 juillet 2015  
en la fête du saint apôtre Jude
et de saint Jean [Maximovitch]


NOTES:

[14] Averky, op. cit., p. 269

[15] The Explanation by Blessed Theophylact of the Holy Gospel according to Saint Matthew, House-Springs, Mo: Chrysostom Press 1992,p.227. Une note de la traduction indique que d'autres Pères et auteurs orthodoxes  ne sont pas d'accord avec Théophylact cependant, pour dire quand ou même si en fait le Seigneur a consommé l'ancienne Pâque, c'est-à-dire le repas pascal cette année-là.

dimanche 12 juillet 2015

Vladimir MOSS: Le pain de l'Eucharistie (4)




Pour clarifier cette énigme, retournons vers l'archevêque Averky: 

"Les quatre évangélistes décrivent tous la Sainte Cène du Seigneur, avec Ses disciples à la veille de Ses souffrances sur la Croix, mais tous ne rapportent pas les circonstances de cette Cène avec la même plénitude. En outre, les expressions utilisées par les trois premiers évangélistes pour le jour où la Cène Mystique eut lieu, semblent contredire d'une certaine manière les expressions utilisées par le quatrième évangéliste, saint Jean. La seule chose que nous pouvons dire avec certitude est que la Sainte Cène a eu lieu le cinquième jour de la semaine, à savoir en fonction de notre calendrier, un jeudi. 

De même, il est clair que le Seigneur a été condamné et crucifié le sixième jour de la semaine - vendredi. 
Il est resté dans le tombeau le septième jour de la semaine - samedi, et a été ressuscité d'entre les morts le premier jour de la semaine. 

Cependant, la perplexité et les différences d'opinion sont provoquées à l'égard de la relation entre le jour de la Sainte Cène et la fête juive de Pâque qui a été célébrée à l'époque, c'est-à-dire: la Cène Mystique eut-elle lieu le 14 Nisan, le soir où la Pâque juive, a commencé, ou le 13 Nisan, soit le jour précédant ce soir où la fête de Pâques a commencé? Ces perplexités sont générées par les indications suivantes des évangélistes au sujet de la Cène Mystique:

Matthieu 26:17 "Le premier jour des pains sans levain, les disciples s'adressèrent à Jésus, pour lui dire: Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque?"

Marc 14:12  "Le premier jour des pains sans levain, où l'on immolait la Pâque, les disciples de Jésus lui dirent: Où veux-tu que nous allions te préparer la Pâque?"

Luc 22: 7 "Le jour des pains sans levain, où l'on devait immoler la Pâque, arriva,"

Jean 13: 1 "Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue..."

     "La Pâque a commencé le soir du 14 Nisan et, par conséquent, si nous adhérons à l'usage strictement biblique du mot, "le premier jour des pains sans levain" ne peut être que le lendemain, soit le 15 Nisan. Évidemment, les trois premiers évangélistes ne respectaient pas l'usage strictement biblique du mot, mais celui quotidien de la conversation. Conformément à cette utilisation, il est possible d'appeler "le premier jour des pains sans levain," non pas le 15 Nisan, qui tombe le jour après la participation à la Pâque, ni même le 14, lorsque la Pâque est consommée, mais le 13 - le jour avant la Pâque - comme cela est clairement indiqué par l'évangéliste Jean, qui affirme que la Sainte Cène était "avant la fête de Pâque." 

En outre, saint Jean a d'autres témoignages selon lesquels que la Pâques juive a commencé seulement le vendredi soir, lorsque le Seigneur fut crucifié: Jean 18:28, - ceux qui mènent Jésus à Pilate n'entrèrent pas dans le prétoire, "de peur de se souiller, mais afin de pouvoir manger la Pâque", et Jean 19:31 - les Juifs se précipitèrent pour briser les genoux des crucifiés, afin de ne pas laisser les corps sur les croix, le samedi, "car que ce sabbat était un grand jour, c'est-à-dire que le samedi coïncidait avec le premier jour de la Pâque et, par conséquent, la Pâque avait été mangée la veille, le vendredi, après que le Christ avait été crucifié. "[12]

Conformément à cette interprétation, et contrairement aux Latins, les Juifs ne mangeaient pas de pain sans levain, le Jeudi Saint. Cette interprétation est étayée par le patriarche Pierre: "Même Luc dit que le Christ prit un pain [αρτος] et non pas une matza [pain azyme]. Car il n'y avait pas encore de matzoth [pains sans levain en hébreu, αζυμα en grec], on était un jeudi quand cela est arrivé. Car ce jeudi était encore le 13 Nisan et il n'y avait pas encore de pain azyme, et la suppression du pain avec levain n'avait pas encore eu lieu. Car, selon la Torah, le pain azyme commençait le quinzième jour, et le quatorzième l'agneau était immolé, et rien de plus ... "[13]

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
le texte de Vladimir Moss 
publié le 19 juin/ 2 juillet 2015  
en la fête du saint apôtre Jude
et de saint Jean [Maximovitch]


Notes:

[12] Averky, op. cit., p. 268.
[13] Pierre, op. cit. (avec quelques altérations) in Smith, op. cit., p. 57, note 75.

Librairie

Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la parution de deux nouveaux ouvrages.

Silouane. Ecrits spirituels



 

Prière et vie spirituelle. Textes des pères syriaques.

Sebastian Brock.
 
 
 
 
 
 

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


29 juin / 12 juillet
6ème dimanche après la Pentecôte

Saints glorieux et illustres
ApÔtres Pierre et Paul

St Grégoire, métropolite d’Héraclée et de Raidestos (1925) ; saint Païssios du Mont Athos (1994)

Lectures : Rom. XII, 6–14 ;  Matth. IX, 1–8. Apôtres : 2 Cor., XI, 21 – XII, 9 ; Мatth. XVI, 13–19.

HOMÉLIE DE ST JUSTIN DE TCHÉLIÉ SUR LES
SAINTS APÔTRES PIERRE ET PAUL

L
orsque les hommes ont entendu la prédication du Seigneur Christ, ils ont commencé à s’étonner de ce que, Lui, le Docteur de Nazareth, leur demande de renoncer aux leurs, de L’aimer plus que leurs parents, plus que leurs enfants, que leurs amis, leurs biens. « Cela nous est incompréhensible. Que nous donnes-tu en échange ? » Et le Seigneur a dit : « Si tu veux être parfait », si tu veux être un homme cheminant dans la vérité, renonce à toi-même, charge-toi chaque jour de ta croix, et suis-moi. Pierre, troublé par ces paroles, Lui demande : nous avons tout quitté, et nous T'avons suivi. Et le Seigneur lui répond : « Quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera la vie éternelle ». Il héritera la vie éternelle ! C’est précisément la raison pour laquelle le Seigneur est venu en ce monde : afin de donner la vie éternelle aux hommes. Afin de transformer cette prison de la mort et cette île de la mort qu’est la terre en île de la Résurrection. C’est le but du Seigneur Christ apporté par Lui en ce monde ; c’est ce que Lui seul a apporté au monde et personne d’autre, et pour cette raison, Il est le véritable Dieu et la Vie éternelle… Rappelez-vous de l’apôtre Paul. Pierre était un homme simple, un pêcheur de Galilée. Mais Saül, Paul, le jeune homme le plus instruit de son époque, devant lequel se profilait une carrière brillante, aurait pu obtenir toutes les situations possibles et recevoir tout le pouvoir. Et ce Saül, ce persécuteur de Jésus de Nazareth, a vécu un miracle infini. Enragé, plein d’élan, tout entier dans les passions, il persécute les chrétiens ! Premièrement, parce qu’il sont quelques hérétiques, des simplets, des idiots, parce que toute la Loi de Moïse est contre eux, et qu’il faut les écraser. Et il a commencé à persécuter et à tuer tout ce qui est chrétien. Mais sur la route lui apparaît le Seigneur ressuscité, qui lui dit : « Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ? » Saül devint soudain aveugle… Et il se rendit chez Ananie, qui était à Damas et auquel le Seigneur avait donné l’ordre de le guérir… Et Ananie baptisa l’apôtre Paul, le bénit, il recouvra la vue. Depuis lors, l’apôtre Paul, comme il le dit lui-même, n’a rien connu d’autre que le Seigneur Christ, crucifié et ressuscité. Car il a ressenti que tout le chemin entre la mort et l’immortalité était parcouru, que le Seigneur Christ est Celui qui donne à l’homme des forces et la puissance de vaincre toute mort, tout péché, tout diable. Et depuis lors il prêche sans crainte et au monde entier le Seigneur Christ ressuscité. Il n’a pas peur de l’empereur, il n’a pas peur de son procureur, il ne craint aucun pouvoir terrestre. Une seule chose est pour lui la principale, comme il l’écrit aux chrétiens : atteindre la résurrection des morts, c’est son but. Tout le reste est pour lui « de la boue ». Toutes les autres choses qui ne conduisent pas à la Résurrection, tout ce qui ne donne pas la Vie éternelle à l’homme, n’est rien d’autre que la mort, le péché, le diable, qui enlève à l’homme ce qui est le principal et le plus heureux et le plus précieux ! Et réellement, les saints Apôtres sont des hommes comme nous, de la même nature que nous, mais par la force du Christ, ils ont conquis le monde. L’empire romain est tombé devant eux, bien que ses empereurs les aient persécutés, toute leur force terrestre. Ils sont les seuls vainqueurs du genre humain, qui pour vaincre n’ont pas fait usage de la violence, des armes, du glaive, mais ont cheminé dans ce monde comme des agneaux parmi les loups. Et il s’est produit le plus grand miracle historique dans le genre humain : les agneaux ont vaincu les loups ».

Tropaire du dimanche du 5ème ton
Собезнача́льное Сло́во Oтцу́ и Дýxoви, отъ Дѣ́вы ро́ждшeecя на спасе́нie на́ше, воспои́мъ вѣ́рній и поклони́мся, я́ко  благоволи́ пло́тію взы́ти на кре́стъ, и cме́рть претерпѣ́ти, и воскреси́ти уме́ршыя сла́внымъ воскресе́ніемъ Cвои́мъ.
Fidèles, chantons et adorons le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, né d’une Vierge pour notre salut : car il Lui a plu, en Sa chair, de monter sur la Croix, de subir la mort et de relever les défunts par Sa glorieuse Résurrection !


Tropaire des saints Apôtres, ton 4
Апо́столовъ первопресто́льницы и вселе́нныя учи́теліе, Влады́ку всѣ́хъ моли́те ми́ръ вселе́ннѣй дарова́ти и душа́мъ на́шимъ ве́лію ми́лость.
Princes des Apôtres divins et docteurs de l'univers, intercédez auprès du Maître Universel pour qu'au monde Il fasse don de la paix et qu'à nos âmes Il accorde la grande miséricorde.
Kondakion des saints Apôtres, ton 2
Тве́рдыя и боговѣща́нныя пропо-вѣ́датели, ве́рхъ апо́столовъ Твои́хъ, Го́споди, прія́лъ еси́ въ наслажде́ніе благи́хъ Твои́хъ и поко́й: болѣ́зни бо о́нѣхъ и сме́рть прія́лъ еси́ па́че вся́каго всепло́дія, Еди́не, свѣ́дый серде́чная.
Seigneur, Tu as accueilli, pour le repos et la jouissance de tes biens, les solides prédicateurs divinement inspirés, les coryphées des apôtres. Tu as jugé leurs labeurs et leur mort supérieurs à tout holocauste. Toi seul connais les secrets de nos cœurs.
Kondakion du dimanche du 5ème ton
Ko а́ду Спа́сe мо́й, coшéлъ ecи́, и врата́ сокруши́вый  я́ко всеси́ленъ, умéршиxъ я́ко Созда́тель coвоскре-cи́лъ ecи́, и cме́рти жáло сокруши́лъ ecи́, и Aда́мъ отъ кля́твы изба́вленъ бы́сть, Человѣколю́бче. Тѣ́мже  вси́  зове́мъ : спаси́ на́съ, Го́споди.
Ô mon Sauveur, Tu es descendu aux enfers, brisant ses portes comme Tout-Puissant ; et avec Toi, Créateur, Tu ressuscitas les morts, brisant l’aiguillon de la mort et libérant Adam de la malédiction, ô Ami des hommes ! Aussi, tous nous Te clamons : Seigneur, sauve-nous!

VIE SUCCINCTE DE ST PAÏSSIOS DU MONT ATHOS[1]
Né en 1924 à Farassa de Cappadoce, le futur père Païssios a été baptisé la même année par saint Arsène, un grand ascète et thaumaturge[2], dont il suivra l‘exemple toute sa vie. Au baptême, saint Arsène lui donna son propre prénom, contrairement à l’usage qui voulait que l’on donnât au nouveau-né le prénom de son grand-père. Il dit alors à ceux qui s’en étonnaient : « Ne voulez-vous pas que moi aussi j’aie un successeur ? » Et c’est effectivement ce qui se produisit. Dès son jeune âge, le futur père Païssios prendra la ferme résolution de devenir moine. Héritier de la grande tradition ascétique d’Asie Mineure, le père Païssios cheminera sur la voie de celui qui l’avait baptisé. D’abord en menant une jeunesse pieuse à Konitsa, dans l’ouest de la Grèce, où sa famille avait émigré après l’exode d’Asie Mineure, puis ensuite sur la Sainte Montagne de l’Athos, où il passera la quasi-totalité de sa vie monastique, avec une interruption de quelques années, d’abord à Stomion, près de Konitsa, puis au monastère de sainte Catherine sur le Mont Sinaï. De retour sur la Sainte Montagne, il fut à l’origine du rétablissement de la vie cénobitique au monastère de Stavronikita, puis de la fondation du couvent Saint-Jean-le-Théologien à Souroti, près de Thessalonique, où reposent aujourd’hui ses saintes reliques. Les exploits dans le jeûne et la prière du père Païssios sont sans aucun doute considérables, mais connus de Dieu seul. Comme tous les saints, il les dissimulait au regard des hommes. Malgré les dons spirituels qu’il avait reçus, il se jugea indigne du sacerdoce, ce qu’il expliqua ainsi : « Lorsque j’étais ecclésiarque – telle était mon obédience – la chose suivante m’est survenue. Lorsque les mots ‘L’Agneau de Dieu est immolé’ furent prononcées [par le prêtre tandis qu’il perce la prosphore au cours de la proscomédie], je vis l’Agneau[3] sur le discos palpiter comme une brebis que l’on immole ». Cette expérience secoua tant l’Ancien qu’il n’a jamais voulu lui-même devenir prêtre. Cela ne l’empêcha pas toutefois de guider spirituellement moines et laïcs. Après avoir vécu au kellion de la Sainte-Croix, près du monastère de Stavronikita, d’abord auprès de l’Ancien Tykhon (+ 1968), un ascète russe renommé, puis ensuite seul, il décida de demeurer auprès de l’Ancien Ménas le Roumain, qui était aveugle, pour le soigner durant ses vieux jours, mais il ne reçut pas la bénédiction nécessaire. C’est alors qu’il s’installa dans un autre kellion dit « Panagouda », non loin de Karyès, près du monastère de Koutloumousiou. C’est là que son activité de père spirituel prit une ampleur grandissante. Ce furent alors des milliers de personnes qui demandaient ses prières et ses précieux conseils spirituels. Ce que le Père Païssios a écrit au sujet de la cellule de saint Arsène de Cappadoce pouvait être appliqué à la sienne également : « Sa cellule recueillait la douleur des hommes souffrants ». On trouvait auprès de lui la paix, tous les problèmes disparaissaient et parfois semblaient subitement futiles. Quant aux personnes qui ne pouvaient lui rendre visite, elles lui écrivaient. Tous les jours, il recevait d’innombrables lettres de fidèles lui demandant ses prières. Il en faisait trois tas : les problèmes familiaux, les dépressions nerveuses, les cancers. « Les trois plaies de notre époque » disait-il. Par ses prières, les gens désespérés recouvraient la santé, trouvaient des solutions à leurs problèmes. En donnant des conseils, il ne faisait aucune pression, il n’enlevait pas aux hommes leur liberté. C’était là le signe d’une paternité spirituelle authentique. Nombreux étaient les miracles obtenus par ses prières. En effet, il obtint – et obtient – de nombreux miracles du Père Céleste. Le don de clairvoyance qu’il avait reçu, lui permettait comme le dit l’apôtre, de « juger de tout »,  n’étant « lui-même jugé par personne » (I Cor. 2, 15). Il pouvait ainsi mieux aider les hommes dans des situations difficiles, percevant avec acuité tous leurs problèmes. Durant les six dernières années de son existence terrestre, sa santé s’est grandement détériorée, en raison d’un cancer à l’état avancé. Aussi, peu avant son bienheureux trépas, il dut partir à Thessalonique pour y être soigné. Toute cette période fut un véritable martyre pour lui, il souffrait énormément. Malgré cela, il continuait à distribuer généreusement ses charismes en recevant les visiteurs. En raison de son état physique, il ne put regagner la Sainte Montagne et resta au Couvent de Souroti, près de Thessalonique. La dernière semaine, alors qu’il n’y avait guère de doutes quant à son départ prochain, ce fut une file ininterrompue de visiteurs qui vinrent prendre sa bénédiction, affligée de la prochaine séparation. C’était en quelque sorte la confirmation des paroles du patriarche Paul de Serbie, d’éternelle mémoire : « Lorsque l’homme vient au monde, tous se réjouissent autour de lui, tandis que lui-même pleure ; mais il lui faut vivre de telle façon que, lorsqu’il décède, tous pleurent et lui-seul se réjouisse ». Vers minuit, le 11 juillet 1994, il remit son âme au Seigneur. Il était âgé seulement de soixante-dix ans. On peut se demander pourquoi le Seigneur ne nous a pas laissé le saint plus longtemps en ce monde. La réponse nous est peut-être donnée par son disciple, le père Isaac, déjà mentionné. Alors qu’on lui demandait pourquoi saint Basile le Grand était mort à l’âge de seulement 52 ans, celui-ci répondit : « Parce qu’il avait alors achevé toute la mission que Dieu lui avait confiée ».

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Jn. XX, 1-10
Liturgie : Rom. XV, 1-7 : Matth. IX, 27-35

LES PROCHAINS FEUILLETS LITURGIQUES PARAÎTRONT, DIEU VOULANT, L


[1] Le père Païssios a été canonisé par le Patriarcat de Constantinople en 2015 et c’est aujourd’hui qu’il est fêté officiellement.
[2] Voir sa vie, écrite par le Père Païssios, « Saint Arsène de Cappadoce », traduite en français et éditée par le Monastère Saint-Jean-le Théologien, Souroti, Thessalonique, 1996.
[3] C’est-à-dire la partie centrale du pain d’offrande qui est changée en Corps du Christ au cours de la sainte Liturgie.