samedi 27 août 2011

Père Arsène [Papacioc]: Dieu est là où est l'humilité (I) (Interview: Père Ioanniche [Balan])


Elder Arsenie (Papacioc)


-Père Arsène, dis-nous, comment pouvons-nous être sauvés de nos nombreux soucis terrestres, afin que nous puissions avoir plus de temps pour la prière?

-Père Ioannichie, la prière pure du cœur et des lèvres à Dieu est une grande œuvre! La prière est une flèche aiguë avec laquelle tous les saints ont visé le ciel pendant des milliers d'années, et pas seulement eux, mais aussi les chrétiens les plus simples. La prière a transpercé le cœur des cieux, peut-être qu'elle a atteint ceux qui étaient mécontents avec les habitants de la terre, et les réponses salvifiques sont revenues par le même chemin; la foi a donc été préservée ainsi sur terre de génération en génération.

Frère chrétien, tu as également ta propre histoire: tu es entré dans la grande union chrétienne, l'Église, et tu es à jamais racheté par le sacrifice du Sauveur. Cela signifie que tu es d'une grande valeur, et que tu as une grande et noble responsabilité. Est-ce si difficile pour chacun de nous de demander à Dieu, de façon simple et directe de nous aider dans nos épreuves et souffrances, et pour Le remercier?!

Où est l'homme qui n'a rien à demander à notre Seigneur Jésus et à la Mère de Dieu? Ils disent que la Mère de Dieu est offensée par ceux qui ne lui ont jamais demandé quoi que ce soit! Elle est l'intercession de prière pour les gens, et autant que Dieu peut faire par Sa puissance, la Mère de Dieu par sa prière peut le faire aussi. Montre que tu es l'enfant de la Mère de Dieu, en ayant un coeur d'enfant dans ta poitrine!

Et nous ne pouvons être libres des soucis terrestres, que si nous voulons l'être; après tout, notre salut dépend de nous. Comme âmes données par Dieu, nous devons montrer plus de volonté, afin de ne pas nous plonger dans ces soucis terrestres et nous charger avec eux à un tel point. 

Nous gérerons notre vie comme des gens de pensée supérieure, et comme des êtres humains responsables. 

Si nous devions demander à ceux qui sont sauvés et qui vivent dans le ciel, "Qu'est-ce que cela vous a coûté pour atteindre une telle béatitude?" ils répondaient: "Le temps, un peu de temps bien dépensé sur la terre!" Cela signifie que nous n'avons absolument aucun autre moment pour amener nos âmes à la perfection des âmes qui sont appelées, douées, et pleines d'une telle résolution.

Nous devons penser au fait que nous sommes appelés "les rangs angéliques" [l'ordre monastique est appelé ordre angélique]. Les anges prient sans cesse, pendant toute l'éternité.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (247)


Le cœur orant
Avec la prière du Nom
Est un rempart solide 
Dans l'agitation du monde

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 26 août 2011

La désintégration de la théologie occidentale



Ancient Faith Radio




(Transcription d'un podcast) 
Aujourd'hui, j'ai eu une conversation avec un ami dans laquelle il a mentionné le fait que beaucoup de gens qui venaient de milieux plus ou moins marginaux ou extrémistes étaient, selon sa compréhension, à la recherche de l'Orthodoxie. Il a mentionné spécifiquement (et ce n'est pas la dernière vague concernée) les rockers punks du temps de sa jeunesse (il est beaucoup plus jeune que moi) qui cherchaient l'Eglise orthodoxe.
Il a dit: "C'est parce qu'ils voulaient tout. Ils voulaient des moines. Ils voulaient des icônes. Ils voulaient la plénitude de la Liturgie et de la théologie". Et j'ai pensé: "Il a quelque chose là!" et dans le même temps, dans mon esprit une pensée s'est glissée:" Comme il est difficile de quitter l'Occident. Comme il est difficile de quitter l'Occident. "
La raison en est que l'ensemble de nos façons de penser est empêtré dans un système qui suppose ce moi individuel, autonome, en face d'un monde, soit imaginaire soit réel, et nous avons tendance à penser en Occident que ce moi projette ce monde et se reflète sur lui, mais à aucun moment notre autonomie n'est contestée. Il me semble que c'est là le modèle de religion en Occident, depuis beaucoup, plusieurs centaines d'années à présent.
Depuis l'époque de la Réforme, la réflexion sur la foi a été intériorisée au point qu'elle est devenu presque indistincte d'une sorte de psychologie de l'âme. Même si la plupart des modèles  théologiques complexes semblent être vraiment les simples  constructions d'un moi pensant, et à la réflexion et certainement depuis l'époque d'Emmanuel Kant, le grand fondateur de ce qu'on appelle les Lumières en Occident, cela a signifié une psychologisation de la foi, une intériorisation qui ronge toutes les propositions de la révélation.
En sortant du luthéranisme comme je le faisais, j'ai commencé à comprendre que les efforts de replâtrage pour sauver l'ensemble de l'entreprise sont nés avec la montée de ce qu'on a appelé le piétisme, avec son cortège et son compagnon un peu plus rigoureux, le puritanisme. C'étaient en quelque sorte des actions héroïques qui combattaient jadis sur le front du développement du protestantisme au 16ème et 17ème siècle. Ce sont des actions héroïques, mais elles sont toujours enfermées dans le moi conscient et pensant.
Jaroslav Pelikan, qui s'est tourné vers l'Orthodoxie dans la dernière décennie de sa vie, a montré il y a de nombreuses années que la séquence de la scolastique occidentale est allée au rationalisme, au piétisme et puis où? Vous voyez, la prochaine étape logique semblait alors être le nihilisme que nous avons hérité de Friedrich Nietzsche à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Toutes les réflexions dans ce sens -rationalisme, scolastique, piétisme- présentent une sorte de bravade qui peut s'écraser dans le néant à tout moment. Et ce qui se passe dans le long terme, il me semble, est que les alternatives s'achèvent comme étant soit l'athéisme ou le théisme. Une sorte de situation de compromis, si vous voulez.
La théologie occidentale a commencé avec la scolastique sur une note positive et élevée, mais parce qu'elle a commencé à chasser ignominieusement l'idée de mystère, tous les blancs ont fini par être remplis. Il ne restait pas d'espace. L'approche négative de la théologie, appelé dans l'Église orthodoxe approche apophatique, était suspecte parce que la faculté de raisonnement était détrônée. Le vide est rempli par la contemplation de la révélation dans ce cas, mais cela n'est pas vraiment arrivé. Même Luther a dit que le bon usage de la raison est la contemplation de la révélation de Dieu, mais ce n'est pas ce qui en est résulté pour le long terme en Occident.
Je veux utiliser un angle d'attaque différent pour ce qui suit. Sur un plan purement local, l'Orthodoxie ne peut pas s'insérer dans une niche reconnaissable, et c'est peut-être l'une des autres raisons pour lesquelles sur les bords ou marges de la société, les rockers punks, trouvent en elle un tel secours et confort, car elle plaît à ceux qui ne veulent pas être identifiés avec la culture dominante. Les baptistes et autres protestants rationalistes se tiennent d'un côté. Les catholiques romains se tiennent de l'autre côté. Nous n'avons pas de marque de reconnaissance dans l'Orthodoxie, et pourtant les gens continuent à nous chercher, parce que l'approche occidentale de la théologie a tout simplement atterri dans une impasse.
Vous passez de la scolastique au rationalisme au piétisme et puis finalement vous vous retrouvez dans le néant. Regardez les milliers et les millions de personnes qui ont quitté un jour bien une approche bien  structurée de la théologie chrétienne dans le protestantisme, et qui ont simplement dérivé au loin dans le néant. J'ai tendance à penser que c'est parce que l'on se réveille un jour et on  dit: "Vous savez, je me trompe vraiment sur ce genre de choses. J'improvise au fur et à mesure que j'avance. J'invente cette théologie. C'est seulement une projection de mon propre esprit. "Alors qu'est-ce qui manque? Le réalisme sacramentel? La spiritualité? Une communauté qui soit vraiment orientée vers la sainteté, qui a des modèles de sainteté disponibles pour que les gens les considèrent, les imitent, trouvent en eux leur propre modèle d'être?
La sainteté. La sainteté est-elle possible? Non, selon la plupart des modèles occidentaux. Cette même conversation produisit plus d'informations sur le contexte de ce commentaire, et cela touchait à la crispation de tout type d'approche de la sainteté qui est fondée dans les coutumes, les gestes, les traditions. Tout le reste de cette substance a été jeté dans une grande partie de la tradition occidentale. Et cette personne dans une conversation avec moi m'a dit: "Vous savez, je pense que l'Orthodoxie a probablement maintenu les traditions de la foi aussi bien que quiconque pouvait éventuellement le faire, dans les circonstances de ce grand melting-pot que nous appelons l'Amérique." Peut-être. Je ne suis pas si sûr de cela moi-même, mais je comprends certainement le commentaire et j'espère que c'est vrai.
Je pense que l'accent mis dans l'orthodoxie sur le mystère, sur l'acceptation du mystère de Dieu, doit vraiment plaire à un grand nombre de personnes qui ont simplement épuisé leur faculté de penser leur chemin dans une position théologique. Alors que reste-t-il? Je ne sais pas. Toutes les preuves de l'existence de Dieu sont externes et sont donc vouées à l'échec. La preuve de l'existence de Dieu est plus probablement dans une vie changée, et le lieu de l'existence de Dieu est toujours dans le cœur humain.
Il n'y a vraiment plus de problème de l'existence. N'importe qui peut débattre des avantages et des inconvénients de l'existence de Dieu. C'est vraiment une question de lieu, n'est-ce pas? Saint Dimitri de Rostov a dit, "La chambre de prière matérielle d'un homme qui est silencieux ne comprend pas seulement l'homme lui-même, mais la chambre spirituelle intérieure contient également Dieu et tout le Royaume des Cieux." L'Orthodoxie est le refuge de la sainteté, et, je dirai, de la sainteté qui est tempérée et étreinte par la compassion.
La compassion et la sainteté ne sont pas antinomiques. Elles n'ont jamais pu être opposées. La sainteté, en fait, est le cadre que remplit la compassion, et la compassion donne du sens inter-personnel à la sainteté. La sainteté est la fondation inter-personnelle de la compassion. La sainteté est ce vide de soi-même devant Dieu qui permet la compassion comme le vide de soi devant les autres.
La compassion et la sainteté ne sont pas opposées, mais apposées. Du point de vue chrétien, du point de vue orthodoxe, l'une n'est pas totalement spirituellement possible sans l'autre. La compassion témoigne de la sainteté, alors même que la sainteté témoigne de la compassion.
Les formes occidentales du christianisme semblent être dans un état de désarroi. C'est ce qui ressort de cette conversation aujourd'hui. Et dans le même temps, l'Orthodoxie, assez étrangement, pas par moi dans ce cas, est confirmée comme étant un refuge pour ceux qui étaient vraiment désireux de rassembler les morceaux de leurs vies d'une manière telle, qu'ils savent qu'ils sont vraiment debout sur un terrain autre que leurs propres sentiments, leurs émotions, ou leur raison.
Lorsque vous arrivez à la fin de cette voie de la pensée, constatant tant de dégénérescence de la théologie occidentale, vous vous regardez dans le miroir et vous dites simplement: "Suis-je dans l'illusion? Ne suis-je pas simplement à inventer ce que je crois parce que c'est ce que je veux croire? "La foi est tranchante. Il faut que le mur contre lequel nous nous appuyons, nous teste, teste nos preuves, nous teste de telle manière que nous puissions émerger comme des personnes intéressées par la sainteté et la compassion tout à la fois.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (246)


Ta prière véritable 
C'est celle où ton cœur
Ardent dans la prière du Nom
Déborde de tendresse et de paix

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 25 août 2011

L'Archevêque Damaskinos d'Athènes et la shoah




L'archevêque Damaskinos Papandréou est né Dimitrios Papandreou en 1890, à Dorvitsa, en Grèce. Il s'est enrôlé dans l'armée grecque lors des guerres balkaniques. Ordonné prêtre de l'Eglise orthodoxe grecque en 1917, il fut nommé archevêque d'Athènes en 1941.

Pendant l'Holocauste, l'archevêque Damaskinos et le chef de la police d'Athènes Angelos Evert ont sauvé des milliers de Juifs grecs.

Bien qu'environ 87% de la population juive de la nation, de 60.000 à 70.000 Juifs grecs,  aient péri pendant l'Holocauste, 10.000 ont survécu, en grande partie grâce au refus du peuple grec de coopérer avec les plans allemands de déportations.

Avec l'arrivée de l'occupation des puissances de l'Axe, les déportations de villes comme le port du nord de Thessalonique furent entreprises à un rythme rapide. Beaucoup de Juifs fuyant les persécutions dans le nord trouvèrent refuge à Athènes.

Le 20 Septembre 1943, Dieter Wisliceny, adjoint d'Adolf Eichmann, l'administrateur de la solution finale nazie, arriva à Athènes. Wisliceny ordonna au rabbin Elie Barzilaï de comparaître devant lui, pour lui fournir des chiffres exacts sur la population juive d'Athènes afin de créer un Judernat. Composé de Juifs qui furent contraints de s'y engager, ce Judernat (Conseil juif)  rendait les Juifs "responsables" de maintenir la loi et l'ordre dans la communauté juive, et les utilisait comme agents de liaison entre les autorités allemandes et la population juive.

Wisliceny ordonna à Barzilaï de fournir les noms et adresses de tous les membres de la communauté juive d'Athènes, les noms de tous les Juifs étrangers vivant dans la région, les noms des juifs italiens d'Athènes, et les noms de ceux qui avaient aidé les juifs qui s'étaient échappés en Palestine. Il ordonna aussi à Barzilaï de compiler une liste d'individus prêts à servir sur un nouveau conseil, dont Barzilaï devait être président, qui créerait une force de police juive pour mener à bien les demandes nazies, et il dévoila ses plans pour créer des cartes d'identité pour toute la population juive d'Athènes.

Ebranléé par sa rencontre avec le commandant nazi, le rabbin contacta l'archevêque Damaskinos et l'informa de la réunion.

Comme Mgr Damaskinos savait ce qui s'était passé dans le nord, il suggéra que toute la communauté juive s'enfuie, car elle ne pouvait pas être protégée.

Le rabbin Barzilaï demanda aux Allemands plus de temps pour composer les listes demandées, puis, après une rencontre avec d'autres dirigeants de la communauté juive, il détruisit les dossiers communautaires et conseilla au peuple juif de fuir. Quelques jours plus tard, le rabbin lui-même quitta la capitale et rejoignit la résistance.

L'Eglise de Grèce, sous la direction de Mgr Damaskinos, condamna les plans d'Hitler pour le pays et chargea les prêtres d'annoncer sa position dans leurs sermons.

Les Juifs avaient participé librement avec d'autres Grecs à tous les domaines de vie pendant 2.300 ans, coexistant en harmonie avec leurs compatriotes orthodoxes, contribuant par un bon travail dans de nombreux domaines. Les Juifs vivaient à Athènes depuis l'époque d'Alexandre le Grand, au milieu du IVe siècle, beaucoup avaient cherché refuge en Grèce, après avoir été expulsés d'Espagne en 1492. Pendant l'Holocauste, la population juive grecque a été presque entièrement détruite.

Comme ils se préparaient à mettre en œuvre la déportation et les assassinats en  masse de leur solution finale, les nazis compilaient des rapports de renseignement au sujet de la population juive d'Athènes. Ils choisirent d'importantes fêtes juives pour leurs actes monstrueux, à commencer par un ordre donné la veille de Yom Kippour, signé par le commandant militaire allemand d'Athènes, le général SS Jürgen Stroop, qui a organisa la communauté juive de la ville sous supervision nazie.

La population juive d'Athènes avait augmenté depuis le déclenchement de la guerre. Mgr Damaskinos et le travail du rabbin avaient transformé la ville en un refuge sûr. Comme beaucoup de Juifs nouvellement arrivés n'avait pas lieu de résidence fixe, le renseignement allemand sur la population juive était souvent erroné.

Sous l'ordre émis par Stroop, les Juifs devaient paraître dans les bureaux de la communauté dans les cinq jours pour déclarer leurs résidences et enregistrer leurs noms. Malgré la menace de conséquences désastreuses pour défaut de comparaison, seulement 200 d'entre eux se présentèrent.

Dans un cas similaire, les autorités allemandes annoncèrent qu'elles avaient l'intention d'apporter une farine spéciale à Athènes pour la Pâque, avec laquelle la population juive pourrait préparer les azymes, à condition qu'elle soit prête à se manifester et à s'inscrire auprès des autorités. Bien que cet acte de fausse bonté en incita certains, beaucoup plus de Juifs s'inscrivirent parce qu'ils avaient peur que les nazis exercent des représailles sur leurs voisins chrétiens, qui  les avaient  protégés de la persécution.

Quand les Allemands commencèrent à arrêter les juifs, plus de 600 prêtres grecs orthodoxes furent arrêtés et déportés en raison de leurs actions pour aider les Juifs, et beaucoup de Juifs furent sauvés par la police grecque, le clergé et la résistance. Mgr Damaskinos et Evert affrontèrent la menace de mort pour leurs efforts, et ils aurait sûrement été tués si l'étendue de leur aide avait été connue des Allemands.

Il y avait plusieurs moyens d'évasion. Beaucoup partirent en bateau à partir d'Oropos, en Attique, où ils étaient souvent obligés de payer des frais énormes pour un voyage de trois semaines vers la Turquie. Certains jeunes hommes sans famille s'enfuirent dans les  camps de partisans dans les montagnes. De faux certificats de baptême et de nouveaux papiers d'identité de l'Église orthodoxe grecque aidaient aussi le fuyard Juif désespéré.

L'archevêque Damaskinos supervisa la création de plusieurs milliers de ces certificats, et le chef de la police d'Athènes Evert fournit plus de 27.000 faux papiers pour servir d'identité aux Juifs désespérés cherchant une protection contre les nazis.

L'archevêque ordonna également aux monastères et aux couvents d'Athènes de donner refuge aux Juifs, et exhorta ses prêtres à demander à leurs congrégations de cacher les Juifs dans leurs maisons. En conséquence, plus de 250 enfants juifs furent cachés par le seul clergé orthodoxe.

Quand tous les appels officiels à arrêter les déportations eurent échoué, l'archevêque Damaskinos lança un appel direct aux Allemands, sous la forme d'une lettre composée par le célèbre poète grec Angelos Sikelianos et signée par d'éminents citoyens grecs, dans une tentative audacieuse de faire appel au cœur et à l'esprit des autorités d'occupation, dans la défense des Juifs qui étaient persécutés.

La lettre provoqua la colère du général nazi Stroop, qui menaça l'archevêque de mort par un peloton d'exécution.  La réponse de Mgr Damaskinos fut "les chefs religieux grecs ne sont pas fusillés, ils sont pendus. Je vous demande de respecter cette coutume". Le simple courage de la réponse du chef religieux prit le commandant nazi au dépourvu, et sa vie fut épargnée.

L'appel de l'archevêque et de ses compagnons grecs est unique, il n'y a pas de document similaire de protestation contre les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale qui ait été mis en lumière dans tout autre pays européen. Il s'y lit entre autres choses:

"L'Église orthodoxe grecque et le monde universitaire du peuple grec, protestent contre la persécution... Le peuple grec a eu la douleur d'apprendre que les autorités d'occupation allemandes ont déjà commencé à mettre en œuvre un programme de déportation progressive de la communauté juive grecque... et que les premiers groupes de déportés sont déjà sur le chemin de la Pologne... "

"Selon les termes de l'armistice, tous les citoyens grecs, sans distinction de race ou de religion, devaient être traités de manière égale par les autorités d'occupation. Les juifs grecs ont fait leurs preuves... précieux contributeurs à la croissance économique du pays [et] citoyens respectueux des lois qui comprennent pleinement leurs devoirs comme Grecs. Ils ont fait des sacrifices pour le pays grec, et ils furent  toujours sur le front de la lutte de la nation grecque pour défendre ses droits historiques inaliénables... "

"Dans notre conscience nationale, tous les enfants de notre mère Grèce sont une unité inséparable: ils sont des membres égaux de l'organisme national sans distinction de religion... Notre sainte religion ne reconnaît pas les qualités supérieures ou inférieures fondée sur la race ou la religion, comme il est dit: «Il n'y a plus ni Juif ni Grec» et condamne donc toute tentative de discrimination ou de création de différences raciales ou religieuses. Notre destin commun, à la fois aux jours de gloire et dans les périodes de malheur national, ont forgé des liens indissociables entre tous les citoyens grecs, sans exception, indépendamment de leur race ... »

"Aujourd'hui, nous sommes profondément préoccupés par le sort de 60.000 de nos concitoyens qui sont juifs... Nous avons vécu ensemble dans l'esclavage et la liberté, et nous avons appris à apprécier leurs sentiments, leur attitude fraternelle, leur activité économique, et plus important, leur patriotisme indéfectible... "

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Grèce perdit 580.000 des 6,5 millions d'habitants de sa  population d'avant-guerre, et 100.000 Grecs supplémentaires furent blessés dans les combats. Des Grecs ordinaires se mirent en danger de mort, pour protester contre les autorités d'occupation. Dans le cas de la population juive d'Athènes, l'assimilation et un fort mouvement de résistance, ont permis à au moins quelques juifs grecs de survivre à l'attaque nazie.

Cinq mille Juifs restent à Athènes, pour aider à reconstruire la vie juive dans l'après-guerre en Grèce. Le gouvernement grec considère l'héritage juif dans le cadre du patrimoine national du pays, et a rénové le Musée juif de Grèce à Athènes. Site honoré parmi de nombreux trésors de la nation historique, le site de la plus ancienne synagogue de la Grèce est une ruine du Ve siècle avant J.-C., situé dans l'antique marché d'Athènes, l'Agora au pied de l'Acropole.

Après la guerre, l'archevêque Damaskinos servit comme régent de Grèce jusqu'au retour d'exil du roi Georges II. Lorsque les combats éclatèrent entre les soldats grecs pro-royalistes et des partisans communistes en 1945, l'archevêque fut nommé Premier ministre. Il appela0 à la paix et à l'ordre dans le pays. Il renonça à sa position de leadership quand le roi fut formellement rappelé en 1946.

L'archevêque Damaskinos mourut à Athènes le 20 mai 1949. 
Mémoire éternelle!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
cité par:


L'Ermitage du cœur (245)


Tes questions douloureuses
N'ont qu'une réponse
Saintement exprimée
Dans une prière fervente

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 24 août 2011

Du Bouddha au Christ

Johan Trisanjaya

Mon nom est Jean Trisanjaya. J'appartiens à l'ethnie javanaise d'Indonésie. Je suis né en 1982 dans le village de Prigi au centre de Java. J'ai été élevé dans une famille bouddhiste, mon père est  fonctionnaire du gouvernement et ma mère est femme au foyer. La plupart des gens de notre village sont musulmans, mais beaucoup adhèrent au bouddhisme. En tant que bouddhiste, j'étais si actif que j'ai été nommé Président de l'Association de la Jeunesse Bouddhiste.
L'essence de l'enseignement bouddhiste est "l'amour sans limite", où la loi des actes ("karma") est soulignée, par laquelle tous nos actes dans cette vie porteront du fruit dans notre prochaine réincarnation. L'amour n'est pas limité aux seuls humains non plus, mais aux plantes et aux animaux aussi, car ils pourraient avoir été jadis humains. Lorsque vous mourrez, avec un bon karma vous naîtrez dans le prochain corps dans un état d'être élevé. Lorsque vous mourez avec un mauvais karma, vous naîtrez, soit dans un statut inférieur de la vie en société, ou même comme animal, ou dans le royaume démoniaque.
Alors que je m'apprêtais à commencer l'école secondaire, mon cousin, le Père Alexis, est venu dans mon village et m'a dit de venir avec lui à Solo et d'aller à l'école là-bas. Il avait été bouddhiste avant de devenir prêtre orthodoxe. Je fus d'accord. J'ai senti que c'était correct de n'être exposé au christianisme que pour trois ans, car cela permettrait d'élargir mon horizon. J'avais toujours assisté au culte et aux rassemblements à l'église, mais je m'étais toujours assis sur la rangée arrière car je me sentais coupable d'être bouddhiste, mais de prier comme un chrétien.
Enfin, dans ma confusion, j'ai quitté la maison de Père Alexis et je suis rentré à la maison pendant deux semaines, sans même une autorisation d'absence de l'école. Pendant ces deux semaines, j'ai perdu tout sens dans ma vie, et je me suis senti confus. J'ai commencé à agir de façon insensée. J'ai commencé à faire des choses que je n'ai jamais faites auparavant, à la surprise et l'embarras de mon père, car il est considéré comme un pilier de la société.
Un jour, j'ai senti comme si quelqu'un murmurait et m' ordonnait de revenir à Solo vers Père Alexis, alors j'y suis retourné. Après quelques jours à Solo, j'ai commencé à apprendre de nouveau des choses sur l'Orthodoxie. J'ai ressenti le besoin d'être baptisé, et le Père Alexis fut d'accord. J'ai été surpris du fait  que même si je n'étais pas allé à l'école pendant deux semaines, je ne fus même pas réprimandé ou puni par l'école, comme on pouvait s'y attendre. Après j'ai été baptisé avec le nom de baptême de "Johanes" (Jean), j'ai aidé le ministère du Père Alexis. En l'an 2006, j'ai été élevé par le Métropolite Hilarion au rang de Lecteur.
Ce que j'ai trouvé de libérateur dans le christianisme, c'est que le Christ a vaincu la puissance de la mort par Sa résurrection, de sorte qu'il n'y ait plus de cycles sans fin de naissance et de mort dans la réincarnation, et il n'y a plus la loi du karma qui a du pouvoir sur vous, mais le puissance de la Grâce de la victoire du Christ sur le péché, la mort et le Diable. 
Les bouddhistes sont tellement effrayés par le karma, parce qu'ils sont effrayés par la perspective de réincarnation dans un règne inférieur, mais il n'y a aucune crainte de Dieu, puisque Dieu n'existe pas. Mais afin d'atteindre un bon karma, il y a tellement de règles et d'exigences difficiles à atteindre; c'est comme s'il n'y avait pas la grâce de Dieu.
Ayant compris la beauté de l'enseignement de l'Orthodoxie, j'ai maintenant un très fort désir de servir le Christ, soit comme prêtre ou laïc. Je me prépare à aller au séminaire, soit en Russie soit aux Etats-Unis afin de réaliser ce rêve. J'ai passé du temps avec le Père Daniel au cours de sa dernière visite, le conduisant à travers Java et jusques à Bali. S'il vous plaît priez pour moi. Je vous remercie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (244)


Que la prière
Douce et pure
Jaillisse en ton cœur
Comme le soleil au Levant

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 23 août 2011

Prière de confession de saint Ephrem au Très Saint Esprit.



Ô Seigneur, Roi Céleste, Consolateur, Esprit de Vérité, aie compassion et pitié de Ton serviteur pécheur et pardonne mon indignité, et pardonne-moi aussi tous les péchés que j'ai humainement commis aujourd'hui, et non seulement humainement, mais d'une manière pire que celle des bêtes- mes péchés volontaires, connus ou inconnus commis depuis ma jeunesse et ceux venant de suggestions malignes ou de mon impudence et de mon ennui. 
Si j'ai juré par Ton Nom ou blasphémé en pensées, si j'ai blâmé quelqu'un ou lui ai fait des reproches, si ma colère a porté atteinte à quelqu'un, l'a calomnié ou blessé, si je me suis mis en colère à propos de quelque chose, si j'ai dit un mensonge, si j'ai dormi sans nécessité, si un mendiant est venu vers moi et que je l'ai méprisé ou ignoré, si j'ai troublé mon frère ou me suis disputé avec lui, si j'ai condamné quiconque, si je me suis vanté, si j'ai été orgueilleux, si j'ai perdu mon calme avec quiconque, si lors de la prière, mon esprit a été distrait par l'attrait de ce monde, si j'ai eu des pensées dépravées, si j'ai trop mangé ou bien bu à l'excès, ou ri d'une manière frivole, si j'ai pensé au mal, si j'ai été attiré par quelqu'un et que cela m'ait blessé dans mon coeur, si j'ai dit des choses indécentes, si je me suis moqué du péché de mon frère quand mes propres fautes sont innombrables, si j'ai été négligent dans la prière, si j'ai commis quelque tort dont je ne puis me souvenir- car j'ai commis tout cela et plus encore- aie pitié ô mon Seigneur et Créateur, de moi Ton mauvais et inutile serviteur et absous, pardonne et délivre-moi dans Ta bonté et Ton amour pour les hommes afin que sensuel, pécheur et mauvais que je suis, je puisse m'étendre pour dormir et me reposer en paix. 
Et je vénère, je loue et glorifie Ton Nom très honorable avec le Père et Son Fils Unique, maintenant et toujours, et aux siècles des siècles. 
Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
CONFESSION
Ouvrage publié à Varsovie en 1928,
traduit en anglais
et publié
par 
HOLY TRINITY MONASTERY, 
Jordanville, N.Y.,
 USA, 
1975.


L'Ermitage du cœur (243)


Ne sois jamais violent
A propos de la foi
Iimporte peu que tu aies raison
Si tu dois blesser un frère

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 22 août 2011

Lettre écrite par l'épouse du Père Daniel (Syssoyev) nouvellement Martyrisé à Moscou




Ceci est une lettre écrite par l'épouse du prêtre nouvellement martyrisé, abattu par un musulman dans sa propre église, à Moscou, en Russie. Contemplons le grand sacrifice fait par ce prêtre, pour le Christ qu'il aimait tant, et le peuple musulman, pour lequel il se souciait si chèrement, et auquel il voulait faire connaître personnellement ce même Christ.

Saint Nouveau Martyr Daniel, prie Dieu pour nous.

Amour et bénédictions,
Higoumène Tryphon


+

Chers frères et sœurs, merci pour votre soutien et vos prières. C'est la douleur qui ne peut être exprimée en mots. C'est la douleur ressentie par ceux qui se tenait près de la Croix du Sauveur. C'est la joie qui ne peut être exprimée en mots, c'est la joie vécue par ceux qui sont venus au tombeau vide.

Ô mort, où est ton aiguillon?

Père Daniel avait déjà prévu sa mort plusieurs années avant que cela n'arrive. Il avait toujours voulu être digne de la couronne du martyre. Ceux qui ont tiré sur lui voulait, comme d'habitude, cracher au visage de l'Église, comme autrefois ils ont craché au visage du Christ. Ils n'ont pas atteint leur but, car il est impossible de cracher au visage de l'Église. Père Daniel monta à son Golgotha, dans l'église même qu'il avait construite, l'église à laquelle il avait donné tout son temps et toutes ses forces. Ils l'ont tué, comme le prophète de jadis - entre le temple et l'autel, et il fut en effet trouvé digne d'être appelé martyr. Il est mort pour le Christ, qu'il a servi de toute sa force.

Très souvent, il me disait qu'il avait peur de ne pas avoir assez de temps, le temps de tout faire. Il était pressé. Parfois, comme un être humain qu'il exagérait, il se trompait, il trébuchait et faisait des erreurs, mais il n'a fait aucune erreur au sujet de la chose principale, sa vie fut entièrement consacré à LUI.

Je ne comprenais pas pourquoi il était pressé. Les trois dernières années, il était occupé à servir, ne prenant jamais de jours de congé ou de vacances. Je rechignais, juste de temps en temps je voulais un bonheur simple, que mon mari et le père de mes enfants soit avec mes enfants et moi. Mais une autre voie avait été préparée pour lui.

Il disait qu'ils allaient le tuer. Je lui demandais qui s'occuperait de nous. Moi et les trois enfants. Il me répondait qu'il allait nous mettre dans de bonnes mains. "Je vais vous donner à la Mère de Dieu. Elle va prendre soin de vous".

Ces paroles ont été oubliées trop tôt. Il nous a dit avec quels vêtements l'enterrer. Ensuite, j'ai plaisanté en disant qu' il n'y avait pas lieu de parler de cela, on ne savait toujours pas qui enterrerait qui. Il a dit que je l'enterrerais. Une fois que notre conversation tourna sur les funérailles, je ne me souviens pas des détails, mais j'ai dit que je n'avais jamais été aux funérailles d'un prêtre. Et il répondit que cela n'avait pas d'importance parce que je serais à ses funérailles.

Maintenant je me souviens de beaucoup de paroles qui ont acquis un sens. Maintenant, mes doutes se sont dissous, les malentendus ont disparu.

Nous ne nous sommes pas dit au revoir dans cette vie, nous ne nous sommes pas demandé pardon , nous ne nous sommes pas embrassés. C'était juste un autre jour: le matin, il est allé à la Liturgie et je ne l'ai pas revu. Pourquoi je ne suis pas allée à l'église ce jour-là pour le rencontrer? J'avais pensé le faire, mais j'ai décidé que je ferais mieux de préparer le repas du soir et de mettre les enfants au lit. C'était à cause des enfants que je n'y suis pas allée. Il y avait une main qui ne m'a pas laissé y aller. Mais la veille j'étais allée à l'église et je l'ai rencontré. Je ressentais que comme de sombres nuages ​​s'amoncelaient sur nous. Et dans les derniers jours j'avais essayé de passer plus de temps avec lui. Au cours des dernières semaines je n'avais pensé qu'à la mort et à la vie après la mort. Je ne pouvais pas faire que ma tête s'éloigne de la première ou de la deuxième pensée. Ce jour-là ma tête tournait avec les mots: "La mort se tient juste derrière toi". La dernière semaine, tout a été si dur, comme si une énorme charge avait été posée sur moi. Je ne suis pas brisée. Il me soutient, je me sens comme s'il se tenait à mes côtés. Ensuite, nous nous sommes dit tant de paroles affectueuses, que nous n'avions jamais dites l'un à l'autre dans toute notre vie auparavant. C'est seulement maintenant que je comprends combien nous nous aimions.

Le service commémoratif pour les quarante jours du Père Daniel a lieu à la veille de sa fête onomastique et la fête patronale de la future église le 29 Décembre, et le 30 Décembre est la fête de la saint prophète Daniel. Selon la prophétie d'un staretz, l'église serait construite mais le Père Daniel n'y servirait pas. La deuxième partie de la prophétie a déjà été accomplie.

Matouchka Julia Sysoyeva

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (242)


Tu sauras toujours espérer
 En la Grâce de Dieu
Si tu sais encore te repentir
Et te tourner vers la prière

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Recension: Metropolitan Makarios (Tillyrides) of Kenya, « Adventures in the Unseen III: The Mission Continues »

Adventures in the Unseen

Metropolitan Makarios (Tillyrides) of Kenya, « Adventures in the Unseen III: The Mission Continues », Orthodox Research Institute, Rolligsford, 2011, 364 p.
« Aventures dans l'invisible: La Mission continue » est le troisième volume de la série « Aventures dans l’Invisible » consacrée à la Mission orthodoxe en Afrique. La manière dont l’Orthodoxie a été introduite en Afrique orientale au cours du XXe siècle, et la façon dont elle a pris racine et s’est développée relève du miracle. De l’Ouganda, elle s’est répandue au Kenya, en Tanzanie et dans toute l’Afrique. Ces dernières années, les Églises orthodoxes de Finlande, Grèce, Chypre et d’Amérique ont soutenu financièrement leur Eglise sœur en Afrique orientale, mais il faut cependant souligner que, hormis la première impulsion, l’implantation de l'Orthodoxie en Afrique de l'Est a été réalisée par les africains eux-mêmes sans aucune aide missionnaire extérieure.
Ce volume rassemble quatre-vingt-un sermons et discours prononcés de 2006 à 2009 par l’archevêque Macaire, métropolite du Kenya. Il donne un aperçu de l’énorme travail qui a été accompli sous son impulsion au cours des dernières décennies. Il y a soixante-dix ans, l’Orthodoxie n’existait pas en Afrique orientale ; aujourd’hui, un réseau de centaines de paroisses, ayant à leur tête un clergé autochtone, s’étend sur toute la longueur et la largeur de cette vaste région du continent africain. Ces écrits fournissent un témoignage de ce phénomène d’expansion remarquable et constituent une belle leçon pour les Églises orthodoxes présentes en Europe occidentale qui, bien que vivant dans un monde déchristianisé et en quête de spiritualité, sont totalement paralysées dans leurs activités missionnaires par un repli sur leurs identités nationales, culturelles et linguistiques.
L’archevêque Macaire du Kenya (dans le monde A. Tillyridès) est né en 1945 à Limassol (Chypre), où il a accompli ses études primaires et secondaires. Il a ensuite étudié la théologie à l’Institut théologique orthodoxe Saint-Serge de Paris (1968-1972) et a suivi parallèlement les cours des professeurs Jean Gouillard  à École Pratique des Hautes Etudes et Paul Lemerle au Collège de France. En septembre 1972, il a commencé des études de troisième cylce à l’Université d’Oxford sous la direction de Mgr Kallistos Ware, couronnées en 1976 par le titre de docteur en philosophie de l'Université d'Oxford. Il a mené ensuite pendant trois ans une recherche post-doctorale à l'Université de Louvain (Belgique). Les années suivantes, il a enseigné en tant que théologien laïc au Séminaire Saint-Barnabé de Nicosie et dans des écoles secondaires à Chypre, mais fut chargé, dès 1977, de fonder un séminaire à Nairobi au Kenya, dont il a été par la suite le directeur et où il a enseigné pendant quinze ans. Ordonné diacre, prêtre et évêque de Riruta en 1992, il a été élu, par le Saint-Synode du patriarcat d’Alexandrie, métropolite du Zimbabwe en 1993 et métropolite du Kenya en février 2002. En dehors du grec, qui est sa langue maternelle, il parle anglais, français, russe et italien, et peut également parler et lire de nombreuses langues africaines. Il est l’auteur de centaines d’articles théologiques et scientifiques, consacrés surtout à l’histoire des anciens Patriarcats et des Églises de Chypre et de Russie.


sur

dimanche 21 août 2011

Le prêtre parfait et la parfaite presbytéra (Epouse de prêtre/ Matouchka)




Le prêtre parfait prêche exactement 10 minutes. Il condamne le péché vertement, mais jamais ne blesse les sentiments de quelqu'un. Il travaille de huit heures jusques à minuit, et il est également concierge de l'église.

* La presbytéra parfaite s'exprime très bien. Elle ne dit jamais un mot aux réunions d'église. Elle a un temps plein, un salaire élevé, et fait l'écoles à domicile à au moins 3 enfants. Elle ne rate jamais une liturgie, une levée de fonds ou un événement social.

Le prêtre parfait gagne 140 dollars par semaine, porte des vêtements dorés, conduit une bonne voiture, achète de bons livres, et fait don de 1000 dollars à la paroisse. Il a 30 ans et possède une expérience de 40 ans.

* La presbytéra parfaite  conduit ses enfants à leurs leçons dans le dernier modèle de mini van qui ne fera pas honte à l'assemblée, lave le linge avec les détergents à lessive écologiquement corrects, rendant sains des repas équilibrés à partir de zéro, et elle recycle toutes les bouteilles, boîtes et canettes de la maison.

Le prêtre parfait  est avant tout beau.

* La presbytéra parfaite est pour la sainteté du mariage. Elle ne se soucie pas de toutes ces femmes qui affluent autour de son beau mari, ou de ce qu'il rentre tard de l'église de réunions, nuit après nuit. Après tout, elle est trop indiciblement magnifique. Elle ne porte jamais de maquillage ou ne dépense de l'argent qui devrait aller aux pauvres pour le coiffeur. Elle est toujours habillée à la dernière mode. Son foulard babouchka, ses mocassins et ses jupes qui lui arrivent à la cheville proviennent de la friperie.

Le prêtre parfait a un désir ardent de travailler avec les adolescents, et il passe le plus clair de son temps avec les personnes âgées.

* La presbytéra parfaite est entièrement consacrée à la maternité. Elle passe tout son temps à visiter les personnes confinées à appeler les gens qui n'étaient pas à la liturgie semaine dernière, et à faire du bénévolat pour la communauté. Elle se comporte avec modestie, en restant à l'arrière-plan dans l'église. Elle dirige la chorale, coordonne l'école du dimanche, conduit le groupe des femmes et organise la fabrique des pirochkis.

Il sourit tout le temps avec un visage impassible, parce qu'il a un sens de l'humour qui le maintient  sérieusement dévoué à sa paroisse. Il fait 20 appels par jour à son peuple et il est toujours dans son bureau à portée de main si nécessaire. Le prêtre parfait a toujours du temps pour le conseil de paroisse et tous ses comités et sous-comités.

* La presbytéra parfaite est complètement ouverte aux paroissiens au sujet de ses luttes personnelles. Ils n'ont jamais entendu un mot de plainte de sa part. Elle ne fait certainement pas preuve de favoritisme. Elle est l'amie très proche avec les gens de la paroisse qui importent.

Il ne rate jamais la réunion de toute organisation paroissiale et il est toujours occupé à évangéliser les non-croyants.

* La presbytéra parfaite est irréprochable quand il s'agit de ne pas se mêler des affaires des autres. Elle s'assure que le père est informé que quelqu'un dans la paroisse est malade, troublé, ou contrarié du choix de chaussures des servants d'autel.

Le prêtre parfait est toujours dans la paroisse d'à côté!

* Curieusement, même le prêtre parfait de la paroisse d'à côté ne semble pas avoir une presbytéra parfaite!

En fait, le prêtre parfait est celui qui est prêt à donner sa vie pour le Christ, si nécessaire ... .. c'est le prêtre parfait!

* On ne peut dire mieux: la presbytéra parfaite non plus (ne semble pas avoir un prêtre parfait... ;-).

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (241)


Que ta prière
Malgré ta pauvreté spirituelle
Soit l'écrin précieux 
De la paix du Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)