samedi 23 février 2019

Eglises orthodoxes russes en Europe Occidentale ( Daru)

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Préservons l'intégrité et la cohérence de l'exercice de la responsabilité pastorale au sein des églises orthodoxes russes en Europe Occidentale

La lettre ouverte de Monseigneur Emmanuel au clergé de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe Occidentale, a suscité incompréhension et doutes. D'autant plus que cette lettre est apparue juste avant la tenue de l'Assemblée Générale Extraordinaire dédiée à la détermination de l'avenir de l'Archevêché.

Le métropolite Emmanuel propose de discuter de façon ouverte et confiante l'idée de la création d'un vicariat russe au sein de sa métropole, suite à la dissolution de l'archevêché par le patriarche Constantinople. Dans sa lettre, le métropolite donne les conditions de la mise en place d'un vicariat, d'une façon bienveillante mais directive.

Un vicariat se définit comme une structure ecclésiale subordonnée dont le contour reste flou : elle peut prendre la forme d'une structure métropolitaine, d'un archevêché ou d'un exarchat. Les vicariats existants aujourd'hui ont des statuts qui se situent entre ceux de l’archevêché et de l'exarchat. Ses statuts sont en réalité définis par le patriarcat de Constantinople. Si l'exarchat avec ses statuts actuels devient un vicariat de la métropole grecque en France, il risque de voir ses statuts remis en question, et donc de perdre toute liberté d'action. Or pour pouvoir sauvegarder dans le contexte actuel une certaine autonomie, l'exarchat doit pouvoir préserver ses statuts. Notamment afin de pouvoir aborder sereinement le fonctionnement futur de l’exarchat (organisation des monastères, choix de ses cadres et de son archevêque).

Le témoignage porté par la tradition orthodoxe russe est fort dans de nombreux pays d'Europe Occidentale, bien au-delà de la France. Quel sens y a-t-il à réduire le statut de l'archevêché à un vicariat de la métropole grecque de France?

Une pratique similaire a déjà eu lieu dans le passé. En 2006, l'évêque Basile Osborne (Grande Bretagne) a quitté le patriarcat de Moscou pour rejoindre le patriarcat de Constantinople en créant un vicariat dépendant indirectement de Constantinople. L'évêque s'est ensuite marié, a été réduit à l'état laïc et son vicariat a été transformé en simple doyenné. L'archevêché, avec son si riche héritage spirituel, mérite-t-il un sort semblable?

Aujourd'hui, les européens se familiarisent plus facilement avec l'orthodoxie dans leur langue vernaculaire, mais au fil de leur cheminement dans la foi, nombreux sont ceux qui choisissent la beauté des offices en slavon, et souvent la tradition eucharistique participe du choix de telle ou telle paroisse.

Que peut proposer la tradition grecque aux paroisses russes, dont il lui est parfois difficile de prendre en compte les particularités? On peut se demander s’il ne s'agit pas finalement d'une manœuvre pour s'approprier les paroissiens de l'Archevêché, ce qui aurait une implication bien plus grande que la simple commémoration du patriarche œcuménique pendant les offices.

On peut se souvenir du Concile de Moscou de 1917-1918. Au stade de préparation de ce Concile, dans le troisième chapitre du conseil préconciliaire dans le Journal N°2 du 23 juin 1917, se trouve la décision de considérer l'institution d'évêques vicaires comme non canonique. Sont également proposées des mesures paisibles de remplacement de cette institution.

Malheureusement, dans le cas d'une union avec la métropole Grecque Orthodoxe de France, l'archevêché perdra non seulement son autonomie, garantie par ses statuts actuels, mais également sa tradition spirituelle russe. Il est notable que la mention du caractère temporaire de la structure de l'archevêché, avec à terme l'objectif d'un retour à l'union avec l'Eglise Orthodoxe Russe, ait, comme par hasard, aujourd'hui disparu des statuts. Cela équivaut à un oubli de l'histoire de la création de cette union de paroisses russes et, à terme, à un contrôle direct par le patriarcat œcuménique.

En réalité la problématique est plus large, mais elle est volontairement réduite dans la lettre de Monseigneur Emmanuel. La problématique de l'Exarchat touche à la formation des futurs cadres qui viendront en soutien à l'activité pastorale de l'archevêque Jean, et pas seulement le fait de choisir dans ses statuts un état de vicariat, et possiblement plus tard, d'un simple doyenné.

Aujourd'hui, alors que des difficultés apparaissent dans les relations entre les églises sœurs il convient de tirer les leçons de l'histoire. Au moment de la guerre grecquo-turque de 1965, l'état de délabrement du patriarcat œcuménique n'était un secret pour personne. C'est pourtant à ce moment précis que le patriarche Athénagoras exclut l'Exarchat des paroisses russes de sa juridiction. Et on sait quel fut le destin de cette entité soi-disant moribonde, qui ne voulut pas rejoindre l'Eglise Orthodoxe Russe du Patriarcat de Moscou en raison de la dépendance de cette dernière vis-à-vis du pouvoir soviétique: en 1965 fut proclamé l'indépendance totale de l'Exarchat sous la direction de l'archevêque Georges Tarassov. Pendant 5 ans, les paroisses de l'exarchat ne dépendirent canoniquement d'aucun Patriarcat.

Il est possible que l'objectif de la démarche du patriarche Athenagoras était de réintégrer l'exarchat après que celui-ci se soit affaibli et ait exclu de ses statuts la finalité première de l'exarchat qui était de revenir à terme au sein de l'Eglise mère Russe. Il est peut-être erroné d'interpréter ainsi les agissements du patriarcat œcuménique mais les faits parlent d'eux-mêmes. L'exarchat en effet ne formula pas le vœu de quitter le patriarcat de Constantinople en 1965, de la même manière, aujourd'hui, l'archevêque Jean ne s'est pas adressé au patriarcat de Constantinople avec la demande d'abolir l'exarchat ou de partir à la retraite. Quel était ici le propos : de même qu'en 1965, à savoir, dans un moment tendu, de conflit entre églises sœurs, comme c'est le cas aujourd'hui en Ukraine, forcer l'exarchat à faire un choix dans des conditions difficiles.

En 1971, le patriarcat de Constantinople reprit l'archevêché en son sein, et en 1999, lui octroya le statut d'exarchat à nouveau, mais non plus avec le fait de rejoindre l'Eglise russe comme finalité, comme cela avait été le cas originellement.

Quel que soit le sens que choisisse le navire, il est essentiel, tout comme en 1921, date à laquelle il était déjà dirigé par une association de droit français, que son cap soit choisi en conformité avec le droit canon, et que soit préservé un exercice intègre et cohérent de la responsabilité pastorale des paroisses orthodoxes russes en Europe Occidentale.

Olga Kitchaeva
Département des relations avec la société et les médias du Patriarcat de Moscou

Mourons au moins comme des chrétiens!

La cathédrale du Christ Sauveur après sa destruction

Dans le livre "Les saints de tous les jours" il y a une section sur un monastère en Russie qui était tombé en décrépitude morale. C'était il n'y a pas si longtemps, soit dit en passant. Tout cela s'est passé il y a seulement un siècle. Ces moines, un peu comme le fils prodigue, avaient pris l'héritage divin de leur Père céleste, et l'avaient dépensé dans des choses gratifiantes, passionnées et terrestres. Le monastère avait acquis une très mauvaise réputation dans les environs.

On disait que ses moines étaient tous des fainéants et des ivrognes. Pendant la guerre civile [en Russie], les bolcheviks sont arrivés dans la ville la plus proche du monastère. Ils ont rassemblé ses habitants sur la place du marché, puis ils y ont traîné les moines du monastère dans un convoi.

Le commissaire a crié haut et fort vers le peuple en montrant du doigt ces hommes en noir :

"Citoyens ! Citadins! Vous connaissez ces ivrognes, ces gloutons et ces fainéants mieux que moi ! Maintenant, leur pouvoir a pris fin. Mais pour que vous compreniez mieux comment ces vagabonds ont trompé les ouvriers et les paysans pendant des siècles, nous jetterons leur croix et leurs écritures dans la poussière devant eux. Maintenant, sous vos yeux, vous verrez comment chacun d'eux marchera sur ces outils de tromperie et d'asservissement du peuple ! Et alors nous les laisserons partir, et laisserons les quatre vents les disperser !"

La foule rugit. Et tandis que le peuple se réjouissait, l'higoumène du monastère avança, c'était un homme corpulent avec un visage charnu et un nez tout rouge à force de boire. Et il dit en se tournant vers ses compagnons moines : "Eh bien, mes frères, nous avons vécu comme des porcs, mais mourons au moins comme des chrétiens !"

Et pas un seul de ces moines n'a bronché. Ce jour-là, toutes leurs têtes ont été coupées par les sabres des bolcheviks.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


vendredi 22 février 2019

Quelle est la chose la plus importante de la vie?


Les réponses peuvent être différentes : la famille, le travail, l'argent, la santé, l'éducation, etc. En effet, tout ce qui précède est d'une grande valeur, mais ne se transforme en rien si notre cœur manque de la chose la plus importante : l'amour. Sans ce sentiment sacré, non seulement tout perd sa valeur, mais la vie aussi perd son sens. L'amour est quelque chose qui bénit notre vie et lui donne un sens ; quelque chose qui inspire le succès, donne la force de surmonter les obstacles. C'est ce que le saint Evangile nous dit maintenant.

Quand le docteur de la loi, qui connaissait bien la loi de Moïse, demanda au Christ, le mettant à l'épreuve, "Quel est le grand commandement de la loi", Jésus lui dit : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes " (Matthieu 22:36-40).

Peut-être que la plus grande partie de la littérature spirituelle et profane est consacrée à la révélation de ce grand sentiment. L'amour peut être différent : non seulement vivifiant, mais aussi agressif : cela se produit quand l'amour se mélange à la colère et à la jalousie ; destructeur : quand quelqu'un aime la femme d'un autre homme ou vice versa ; égoïste : quand nous nous aimons le plus et nous avons peu d'amour pour autrui. Certaines personnes ne croient pas du tout à ce sentiment, parce qu'elles ont déjà été battues par la vie.

Le docteur de la loi, ayant entendu la réponse de fond, se tut et cessa d'éprouver le Christ, et nous, pécheurs, nous nous demandons : comment apprend-on un tel amour ?

Saint Jean Climaque dit que parler d'amour, c'est comme parler de Dieu, car selon saint Jean l'évangéliste, "Dieu est amour, et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui" (1 Jean 4:16). Par conséquent, pour apprendre à aimer vraiment, il faut se rapprocher de Dieu et se connecter à Lui. Pour cela, nous prions, purifions notre âme et notre corps des péchés et nous recevons la Sainte Communion.

L'amour s'épanouit, quand nous suivons diligemment les commandements de Dieu, et disparaît, quand nous péchons et ne nous en repentons pas. "Plus il y a de péchés, moins il y a d'amour", - enseigne saint Théophane le Reclus.

Alors, qu'est-ce qui détruit l'amour ou en fait quelque chose de  pathétiquement faux ?

Premièrement, il y a les péchés d'orgueil et de vanité, quand nous sommes fiers de nos réalisations ou de nos choses. Cependant, non seulement nous sommes fiers, mais nous encourageons aussi les autres de diverses façons à nous féliciter et à nous complimenter. Quand l'orgueil remplit le cœur, il n'y a pas de place pour le véritable amour. Avant chaque confession, vérifiez-vous très soigneusement : de quoi est-.ce que je me vante ? Repentez-vous sincèrement.

Deuxièmement, il y a la paresse et l'ennui, qui se développent lorsque des obstacles surgissent sur le chemin de la vie. Au lieu de nous tourner vers Dieu par la prière et de les vaincre avec l'aide de la grâce de Dieu, nous abandonnons.

Troisièmement, il y a la colère et l'avidité pour l'argent. Ces péchés nous poussent à tromper des connaissances que nous n'apprécions plus. L'essentiel est de gagner le plus d'argent possible. Ce sont les questions d'argent qui sont en train de devenir la raison de l'éclatement de la plupart des familles ou de la peur de fonder leur propre famille.

Les péchés de débauche et d'alcoolisme sont la dernière chose qui nous rend incapables d'aimer vraiment Dieu et notre prochain comme nous-mêmes. Tout commence petit. Pour le bien de la compagnie, on prend un verre, on fume une cigarette ou on regarde un film pronographique. Plus tard, on commence à aimer cela, on l'apprécie et on se transforme progressivement en infirme spirituel, qui est absolument incapable de remplir son cœur d'amour. Au lieu de cela, on ne cherche le plaisir que pour une nuit ou même on perd la tête et opn se livre à des passions contre-nature.

Maintenant, nous voyons à quelle vitesse la technologie se développe et à quelle vitesse l'amour disparaît en même temps. on en est venu au point où la colère et la discorde entre les peuples voisins sont proclamées comme étant la norme. C'est maintenant un sujet de parade, les gens s'y épanouissent.

Si nous sommes de vrais chrétiens et que nous ne nous appelons pas simplement comme tels, nous devons combattre résolument toute manifestation de péché en nous sans nous justifier par le fait que tous les autres le font. Si nous ne bloquons pas le péché et n'aidons pas les autres à le faire, ces restes d'amour, que possèdent certains dévots de la vertu et grâce auxquels le temps de l'apocalypse est reporté, seront rapidement détruits.

Amen !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Sur le blog de Laurence

Métropolite Onuphre

"Je reste avec l'Eglise persécutée, mais véritable. Et cela me rend heureux"



Je suis pécheur Mais l'ampleur du péché du synode de Constantinople me fait simplement peur.

«Eh bien, pourquoi, après tout, argumenter? Quelle importance, l’Eglise ou le patriarcat ? C’était celui de Moscou, maintenant, celui de Constantinople, ensuite ce sera celui de Kiev".

La question n'est pas vaine. Pourquoi dans l’absolu prendre la parole pour ou contre quelque chose ? Tant de gens sont surpris aussi par saint Jean le Baptiste.

S’il était seulement resté au Jourdain. S’il avait prêché, fait l'anachorète, baptisé ... Qu'est-ce qu'il lui a pris d’aller dénoncer le roi? Pourquoi s’est-il mêlé de politique?

Mais le fait est que là où la politique empiétait sur des questions morales, une personne aussi influente que Jean-Baptiste n'avait pas le droit de garder le silence.

Après tout, le roi Antipas était le chef d’un peuple religieux, il était à la tête du peuple élu de Dieu et servait, qu'il le voulût ou non, d’exemple à ceux que le saint appelait au repentir. Toute action du roi devenait une tentation difficile ou un exemple élevé pouvant inspirer des exploits.La voix de la conscience devait se faire entendre!

Le crime commis par le roi contre les mœurs, la morale a forcé le Précurseur à élever la voix 
Et il a fini en prison.

Le roi profite de la proximité de la présence du juste pour mener de longues conversations avec lui. Elles auraient pu provoquer un changement dans la vie d'Hérode Antipas, s’il n’y avait eu la danse perverse de la jeune fille, sa nièce, au cours d’une beuverie et d’une bacchanale devant ses invités...

Alors, est-ce que cela valait la peine pour Jean le Précurseur de dénoncer le roi, cela valait-il la peine, comme on le dit maintenant en argot, de « s’inscrire » quand Hérode avait tort, quand il péchait personnellement ?

Pourquoi n'avons-nous maintenant pas le droit de garder le silence sur le péché du patriarche de Constantinople contre l'Église du Christ? Pourquoi s'attacher à des principes jusqu'à la persécution?
Ne serait-il pas vraiment plus facile de fermer les yeux et d’accepter qu’on pût également faire son salut avec le patriarche de Constantinople? Ce qui est important, c’est l’amour!

On peut tomber d'accord sur tout. Mais le problème est que, selon les mots de l'apôtre Paul, l'amour n'est "pas déréglé". Et si ce dérèglement nous est imposé sous les dehors de l'amour, c'est le crime absolu! Contre l'Amour même!

Pendant des siècles, l'église a élaboré des canons, pour préserver le fonctionnement de la vie de l’organisme ecclésial selon ses normes et son ordre. Et une seule violation du canon quand elle procède de n’importe quel chrétien nous est douloureuse. Mais la blessure est particulièrement mortelle lorsque c’est un primat de l'Église qui l’inflige et que favorisent ce brigandage ceux qui sont appelés à respecter l'Église, les hiérarques!

Le pouvoir, la richesse et la politique détruisent le christianisme chez quiconque s'enlise dans cette boue. Le patriarcat de Constantinople est maintenant tombé. Et être avec lui, c'est partager son crime contre l'Église et l'Amour.

Je ne peux pas admettre cela. Je suis un pécheur. Mais l'ampleur du péché du synode de Constantinople me fait simplement peur.

À partir de là, je reste avec l’Église qui est persécutée, mais à la bonne place, celle de l’Eglise véritable. Et cela me rend heureux.

Parce que dans cette Eglise demeurent seulement ceux qui sont fidèles au Christ. Et c’est avec vénération que je contemple les saints hiérarques et les prêtres, les laïcs de l'Église orthodoxe ukrainienne actuelle, qui, par leur loyauté, créent la plénitude de la sainteté. Et je les supplie de ne pas me rejeter, moi pécheur
https://chroniquesdepereslavl.blogspot.com/2019/02/je-reste-avec-leglise-persecutee-mais.html
traduction moniale Elizabeth et Laurence Guillon

Simple rappel


Le site grec Romfea publie la lettre du patriarche Bartholomée du 7 avril 1997 prenant acte de l’anathématisation de Philarète Denisenko
Nous publions ci-dessous la lettre du 7 avril 1997 du patriarche de ConstantinopleBartholomée au patriarche de Moscou Alexis II, prenant acte de l’anathématisation du Philarète Denisenko et de la destitution d’autres clercs par le Patriarcat de Moscou :
« Votre Béatitude et Sainteté le patriarche de Moscou et de toute la Russie, bien-aimé et très cher Frère dans le Christ Dieu et concélébrant de notre modicité, nous vous embrassons fraternellement dans le Seigneur, et nous vous saluons très agréablement. Avec l’attention appropriée, nous avons lu en réunion du Saint-Synode qui siège autour de nous, la lettre du 6 mars de cette année (n° de protocole 749), de Votre très chère Béatitude, communiquant à notre très sainte Église la décision canonique de votre Saint-Synode infligeant la sanction de l’anathème à Philarète (Denisenko) et Gleb Yakounine, et la destitution de l’ordre sacerdotal et réduction à l’état laïc de Valentin Rousantsov, Adrien Starina et Joasaph Chibaïev. Ayant pris connaissance de la décision susmentionnée, nous la communiquons à la hiérarchie de notre trône œcuménique et nous exhortons celle-ci à n’avoir dorénavant aucune communion ecclésiastique avec les susnommés. Ce faisant, embrassant Votre Béatitude d’un saint baiser, avec profond amour dans le Seigneur et la plus parfaite considération, nous restons de Votre estimée Béatitude le cher frère en Christ, + Bartholomée de Constantinople ».

jeudi 21 février 2019

Le péché est une maladie, et l'Eglise est un sanatorium


Il est naturel d'avoir des sentiments de culpabilité si nous considérons le péché comme une transgression contre 'la loi de Dieu' plutôt que comme une maladie dont nous avons hérité comme enfants du premier Adam. Parce que si, avec le temps, le péché devient une seconde nature, il exerce une autorité dans notre âme qui nous fait faire ce que nous ne voulons pas, comme le dit saint Paul. Comme nous le savons tous, cela apporte sa propre pression, la paix est perdue et l'agitation arrive, avec tout ce que cela signifie pour notre vie quotidienne.

Parce qu'ils se connaissaient si bien et qu'ils avaient donc une connaissance profonde de la nature humaine, nos saints Pères et Mères parlent du péché, qui s'envenime en nous, comme une maladie. Alors nous ne sommes donc pas coupables, mais malades et nous devons chercher un remède si nous voulons profiter de la vie, de nos relations, de nos dons et d'un état de santé naturel.

En tant que mode de vie, l'Église est dans le monde pour agir comme un sanatorium. C'est la tâche des membres du clergé, dans l'accomplissement du travail de l'Église, de traiter les personnes qui viennent à eux avec les moyens que l'Église met à leur disposition : la vraie foi, le jeûne, la prière et les sacrements. C'est leur mission principale, le reste en découle.

Puisqu'ils ont grandi dans une société qui est, d'une certaine façon, prudente, puritaine et centrée sur l'humain, il n'est pas surprenant que la plupart de ses membres souffrent de dépression, de répression, d'anxiété et de névroses. Ce qui est tragique, c'est que les ministres de l'Église et les autres personnes qui la composent agissent de la même manière, tentant de réglementer le comportement extérieur tout en rejetant toute connaissance du monde intérieur. Si c'est le cas, quel espoir avons-nous ?

Comme à toutes les époques, le message de l'Église aujourd'hui est un message d'optimisme, d'espérance et de joie. Parce que la mort, dans ses diverses manifestations, a été vaincue par le Christ, le nouvel Adam, cela signifie que le péché, quelle qu'en soit la forme, n'est plus une maladie incurable. Qui que nous soyons, quel que soit notre mode de vie, nous ne sommes pas seuls. Si nous voulons vraiment vivre, tout ce dont nous avons besoin, c'est du désir d'être guéris.

Il se peut que ce qui précède ne soit que des mots qui sonnent bien et qui viennent de l'exubérance théologique. Mais ceux qui ont fait l'expérience de ce dont j'ai parlé, ou qui le font maintenant, vous diront que les mots reflètent une réalité merveilleuse qui nous donne ce que nous voulons tous au plus profond de nous-mêmes : la liberté et la joie.

Ne restons pas enracinés dans la négation de nous-mêmes et du monde qui nous entoure. Ne laissons pas notre vie devenir misérable parce que nous ne voyons que nos faiblesses et nos péchés. En tout cas, quelle est notre importance ? Celui qui compte, c'est le Christ, dont l'amour L'a forcé à devenir " l'un de nous ", à descendre en enfer, comme nous, et à vaincre notre plus grand ennemi, la mort.

C'est pourquoi Son enseignement est appelé l'Evangile, la bonne nouvelle, et c'est pourquoi Sa présence a marqué l'avènement du Royaume de Dieu, qui est caractérisé par la joie, la joie et encore la joie. Quel dommage si nous continuons à nous attarder sur la mort.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mercredi 20 février 2019

La passion la plus dangereuse



Dieu est le Dieu de la liberté : Là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté (2 Corinthiens 3:17)
La liberté est la chose la plus précieuse que nous ayons. La plus grande puissance de notre liberté est le droit de choisir - de vivre avec Dieu ou sans Lui.

L'expérience de vie des saints ascètes et même notre petite expérience de vie montrent que nous pouvons nous trouver dans un état où notre volonté est paralysée. Elle est remplacée par la passion.

Les "petits" péchés accumulés se transforment en un enchevêtrement de passions. Parfois, il est même impossible de savoir quelle passion est la plus forte.

La racine de tout le mal
Les gens luttent avec leurs péchés pendant toute leur vie. Mais il y a une passion qui est meurtrière pour chacun d'entre nous - l'amour de l'argent. Elle ruine la vie humaine. Quand l'amour de l'argent s'empare de notre cœur, il tue toutes les autres passions. 

Il conduit inévitablement à la trahison des personnes proches, des amis et de Dieu lui-même. Une personne ne vit qu'avec une seule pensée - comment augmenter sa richesse. On ne se soucie de rien d'autre. Aucun homme ne peut servir deux maîtres : penser aux biens terrestres et à Dieu.

Comment lutter contre les passions ? C'est incroyablement difficile. Par exemple, le contraire de l'orgueil est l'humilité. Une personne humble ne se fâche pas, ne s'irrite pas et ne s'ennuie pas.  On comprend que tout dépend de Dieu. Bien sûr, la lutte ne vient que de la personne. Mais tout le reste vient du Seigneur. Et seule la miséricorde de Dieu peut vaincre les passions.

Mais comment vaincre l'amour de l'argent ? Nous devons trouver le contraire : faire l'aumône.  Comme le disait saint Laurent à l'empereur, qui ordonnait de montrer le trésor caché : "Les pauvres sont les vases où l'on met le trésor. Et quiconque mettra son trésor dans ces vases, le recevra en abondance dans le Royaume des Cieux".

C'est seulement ainsi, petit à petit, que nous devons éradiquer cette passion en faisant l'aumône. Rappelons-nous la parabole de l'Évangile sur le jeune homme riche qui demandait au Christ : "Que ferai-je de bon pour avoir la vie éternelle ?... Toutes ces choses [les commandements] je les ai observées depuis ma jeunesse, que me manque-t-il encore ? (Matthieu 19:16, 20). Mais il s'est avéré que le jeune homme riche se trompait. Et l'Éternel, par son appel, l'a aidé à évaluer son état de péché : "Si tu es parfait, va vendre ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; et viens et suis-moi" (Matthieu 19:21) Mais que t'est-il arrivé ? Le jeune homme s'éloigna, triste, de l'Éternel, car il avait de grands biens qu'il ne voulait pas perdre, et il n'était pas prêt à refuser de les acquérir.....

Nous devons apprendre à donner. D'abord quelque chose dont nous n'avons pas besoin. Mais avec le temps, quelque chose dont nous avons besoin et qui est essentiel pour nous.

C'est ce que nous dit le Grand Canon de Saint André de Crète. C'est ce que nous disent les images de l'Écriture Sainte afin de déterminer les lignes directrices pour le bon chemin vers Dieu au début du jeûne.

Ayant vu nos vices et nos passions, nous devrions établir une bonne base pour lutter contre eux. Un cœur repentant et contrit, rempli de la prière sacrée de saint André de Crète et de colère envers le péché - la colère que Dieu lui-même a fondée dans notre nature - nous aidera dans cette lutte.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

mardi 19 février 2019

TÉMOIGNER DU CHRIST DANS UN PAYS "PROGRESSISTE Entretien avec le Métropolite Tikhon de l'Eglise orthodoxe d'Amérique


Le samedi 2 février 2019, une délégation de l'Église orthodoxe d'Amérique [OCA] conduite par Sa Béatitude le métropolite Tikhon a visité le monastère Sretensky à Moscou et célébré la Vigile nocturne. Par la suite, les frères du monastère se sont entretenus avec Sa Béatitude, et cette interview a été enregistrée pour le nouveau site web du monastère de Sretensky.

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Notre métropolite Tikhon (Chevkounov) fut interrogé sur les perspectives d'établissement d'une Église orthodoxe française indépendante, peut-être autocéphale. Il a dit que ce ne serait probablement pas possible. Quand on lui a demandé pourquoi, il a répondu : "Parce que vous n'avez pas de monachisme"[1] Pour avoir une Église, il faut avoir le monachisme. Nous aimerions vous demander comment est la situation dans l'OCA en ce qui concerne le monachisme ? Combien y a-t-il de monastères, qui les rejoint, et en général se remplissent-ils ?

Eh bien, je dirais que la vie monastique est très diverse aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. Nous avons bien sûr notre diocèse au Mexique. Mais dans l'Église orthodoxe en Amérique, nous avons vingt-neuf monastères en ce moment. Certains sont très petits, mais quelques-uns sont plus grandes, et je pense que cela exprime au moins la diversité que nous avons du monachisme déjà aux États-Unis, au Canada et au Mexique après seulement quelques centaines d'années. Bien sûr, l'Église orthodoxe en Amérique a été implantée par saint Germain et les moines, donc il y a déjà cette semence de la vie monastique dans l'âme de l'Amérique, même s'ils ne la connaissent pas. Je pense donc que c'est la vie monastique qui reflète les réalités des circonstances locales. Comme ici, il y a des monastères qui se concentrent sur la prière hésychaste, mais aussi d'autres qui ont diverses missions dans le monde - par exemple mon propre monastère de Saint Tikhon de Zadonsk est relié au séminaire, et cela fait partie de l'obédience des moines : travailler et servir au monastère. Je dirais donc qu'il y a une bonne combinaison entre la vie hésychaste et la vie de service dans plusieurs de nos monastères en Amérique du Nord.

Monastère de Saint Tikhon de Zadonsk

    
-Concernant l'éducation théologique. Quelle est la situation de l'enseignement théologique à l'OCA ? Où met-on l'accent dans la préparation du prêtre ? Et en général, combien de personnes se préparent pour le séminaire, et combien étudient actuellement, s'il existe de telles statistiques ? Mais surtout, sur quoi insiste-t-on pour les préparer à devenir pasteurs ?

-C'est une bonne question. Un livre pourrait être écrit à ce sujet. Permettez-moi de commencer par la dernière partie de la question. Une partie difficile de l'enseignement théologique est la préparation à l'enseignement théologique. Dans le contexte nord-américain, il n'y a pas beaucoup de préparation, parce que la culture est telle qu'elle va à l'encontre de l'éducation théologique ou de la vie religieuse en général ; et tant de fois des jeunes hommes et des jeunes femmes viennent étudier dans les séminaires avec moins de préparation que dans le passé. C'est donc l'un des défis, surtout en Amérique du Nord, parce que nous n'avons pas une tradition séculaire de préparation à l'enseignement théologique et qu'une grande partie de la préparation doit se faire dans les séminaires eux-mêmes. Cela met donc plus de pression sur les séminaires pour qu'ils fassent cette préparation avant même d'arriver à l'éducation théologique proprement dite. C'est la première partie...

Nous avons trois séminaires : Saint Vladimir, Saint Tikhon et Saint  Germain d'Alaska pour l'OCA ; il y a aussi plusieurs autres séminaires. Mais il y a certainement les disciplines traditionnelles qui sont offertes : patristique, histoire, Ancien Testament, Nouveau Testament, théologie liturgique, liturgie, droit canon. Le Père Alexandre est notre professeur de droit canon, donc il a le cours le plus important, bien sûr ! Mais au fur et à mesure que nous offrons ces cours, il y a aussi le besoin de combler tous les autres besoins qui n'ont pas vraiment été satisfaits. Et il y a la nécessité de faire face aux difficultés contemporaines que les prêtres ont surtout avec les questions administratives, juridiques, financières et pastorales, qui deviennent beaucoup plus difficiles dans notre époque moderne. Donc, cela ajoute un autre niveau de défi. Mais notre formation théologique tente d'y répondre en incorporant des classes, ou des parties de classes, qui répondraient à ces besoins. Je pourrais continuer sur ce sujet, mais peut-être avez-vous d'autres questions aussi ?

-S'il vous plaît, continuez.

Je n'ajouterai qu'un petit mot. Plus récemment, au cours des dix dernières années, nos séminaires ont pris des mesures pratiques pour aborder certaines de ces questions, en particulier en formant nos séminaristes à la pastorale et plus particulièrement à l'éducation clinico-pastorale, où ils reçoivent des compétences concrètes et pratiques qu'ils peuvent utiliser dans leur travail pastoral. Et tous nos séminaires accordent beaucoup d'attention à cet aspect. Nous essayons aussi de faire en sorte que leur éducation ne se fasse pas seulement en classe, mais aussi dans les paroisses, les hôpitaux ou les prisons, pour qu'ils reçoivent une formation dans ces ministères. La pastorale pénitentiaire est très centrale, de même que la pastorale hospitalière et le travail avec les jeunes - tous ces aspects doivent être intégrés dans notre formation théologique. C'est difficile, parce que chaque professeur dans sa propre discipline veut conserver suffisamment de temps, d'heures de crédit pour cette discipline, mais il y a beaucoup d'autres besoins pour la vie pastorale dans le monde moderne.

Ai-je raison de dire que l'orientation pratique de l'éducation est une partie organique et naturelle de l'ensemble du processus éducatif ?

-Oui.

Séminaire St. Vladimir

    
-Votre Béatitude, vous venez de parler de la complexité de la société américaine. C'est vrai, nous considérons la société américaine comme étant très progressiste, très moderne et probablement très laïque. Comment l'Église américaine parvient-elle à élever la voix et comment le peuple orthodoxe américain tient-il compte de cette voix ? Est-il possible de prêcher l'Evangile dans votre société ?

-Je dirais que c'est possible, bien sûr, parce que l'Evangile peut être prêché de génération en génération. Mais c'est certainement difficile dans le contexte nord-américain. Cependant, surtout parce qu'en Amérique du Nord, peut-être plus qu'ailleurs dans le monde, la polarisation de la société est très évidente, il est donc beaucoup plus difficile de présenter la voie des Pères de l'Église et des Conciles, qui est celle de la modération. Mais je pense précisément parce que nous avons cette voie, que nous avons une contribution unique en tant qu'Église pour ce monde polarisé.

J'ai en fait écrit un petit livre pour présenter un cheminement pour l'Église en Amérique du Nord qui adopte cette approche, une approche très initiée par certains des bâtisseurs et fondateurs de l'Église en Amérique du Nord : Le Père Alexandre Schmemann, le Père Jean Meyendorff, mais avant cela le Métropolite Leonty (Tourkevich), Vladimir Lossky et ainsi de suite, qui a toujours présenté l'Orthodoxie comme étant à la fois traditionnelle et progressiste. Le monde ne voit que l'un ou l'autre, mais dans l'Église nous devons avoir les deux : un progressisme qui n'est pas innovation, et un traditionalisme qui n'est pas fossilisation des choses dans le passé, mais une tradition vivante. Mais c'est un chemin très difficile à parcourir, surtout dans un monde qui préfère l'un ou l'autre ; c'est plus facile d'être un progressiste qui... Eh bien, voici mon livre. Vous pouvez lire à ce sujet.

Mais il me semble que c'est ainsi que l'Église, du moins en Amérique du Nord, et peut-être dans le reste du monde, peut présenter les vérités éternelles de l'Évangile d'une manière authentique et authentique et non comme cela se produit souvent dans les dénominations chrétiennes progressistes où il y a un sens qui laisse derrière tout ce qui est inutile, dans le sens protestant. Cependant, en même temps, il y a aussi l'approche protestante d'être rigide et conservateur, mais sans la plénitude de la foi. Je pense donc que l'Église orthodoxe a à la fois la capacité de préserver la tradition, mais de la partager d'une manière qui inspirera les gens à venir au Christ.


    
-Votre Béatitude, nous avons deux autres questions. L'expérience de l'Église américaine est très intéressante en soi, parce que, comme je le répète, pour nous, la société américaine est nettement plus progressiste, et nous comprenons que nous pouvons nous attendre à peu près à la même chose dans un avenir pas si lointain. C'est à ce propos que se pose la question : Quels sont les principaux problèmes que votre troupeau vous apporte, qu'est-ce qui est le plus essentiel pour lui et quelles sont ses maladies spirituelles ?

Je dirais, en gros, que le plus gros problème concerne la personne humaine : "Qu'est-ce qu'une personne humaine ?" La question des idées progressistes d'aujourd'hui est généralement formulée dans le contexte de questions comme la sexualité, le genre et toutes ces choses, qui sont des questions qui se posent dans nos paroisses. Mais je pense qu'elles sont soulevées parce qu'il y a de la confusion devant ces questions sur ce qu'est une vraie personne humaine. Ainsi, je vois surtout chez les jeunes ces questions, non seulement sur la sexualité, mais plus largement : "De quoi parle mon existence ?" et "Quel est le but d'avoir une religion ? C'est une grande question générale avec laquelle beaucoup de gens se battent. Ils rejettent non seulement le Christ, mais aussi la religion organisée ou toute autre forme d'existence en dehors d'eux-mêmes. 

Les problèmes spirituels viennent donc de l'isolement que les gens se créent en rejetant le Christ ou la religion organisée ou même en rejetant le sens de la communauté, ce qui se reflète dans le divorce et les gens qui ne se marient pas au départ. Mais je pense que toutes ces questions se résument à la confusion sur ce que signifie être une personne humaine à l'image et à la ressemblance du Christ, et au désespoir d'être dans un état brisé sans savoir comment s'en sortir. Par conséquent, certains se tournent vers de fausses solutions : les drogues, la pornographie et toutes ces autres choses qui promettent une sorte de réponse aux questions de la vie, mais qui éloignent davantage la personne de la vraie vie.

-Merci, Votre Béatitude, de nous avoir parlé aujourd'hui.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

[1] L'intervieweur n'indique pas ici avec quel représentant exact de quelle juridiction orthodoxe le métropolite Tikhon parlait, mais nous savons qu'en fait, il y a des monastères en France. Par exemple, Bussy-on-Othe, Lesna, le monastère du P. Placide et un couvent serbe avec des moniales brésiliennes pour n'en nommer que quelques-uns. En fait, il y a plusieurs monastères orthodoxes en France, tous appartenant à des juridictions différentes.-O.C.[Orthochristian]


Sur l'excellent blog de l'Eglise russe de Turin! Un test pour déterminer son degré réel d'Orthodoxie

M. Chaban, uniate en chef des zouaves pontificaux

Le responsable de l'œcuménisme de l'Église gréco-catholique ukrainienne [id est uniate!], le père Igor' Chaban (sur la photo), a fait quelques déclarations sur le rôle de Protos du Patriarche œcuménique, qui serviront à confirmer le rôle primordial de l'évêque de Rome et à ouvrir la voie à l'unité tant espérée des chrétiens (sous réserve, évidemment, de l'acceptation de la position romaine)

À notre avis, ces paroles sont d'une grande valeur pour déterminer si VOUS qui les lisez êtes orthodoxes (ou au moins si votre ecclésiologie l'est). Lisez attentivement les déclarations du Père Igor', que nous vous présentons [---]: si vous avez des problèmes de digestion, ou si vous venez de manger, gardez un sac en papier à côté de vous... en cas d'effets désagréables, au moins vous ne pourrez pas dire que nous ne vous avons pas avertis. Selon vos réactions, vous aurez une preuve efficace de votre degré d'Orthodoxie :

- Si vous sentez que vous partagez pleinement les idées du Père Igor, alors vous n'êtes pas orthodoxe, même si vous pouvez occuper un siège au Saint Synode de Constantinople.

- Si vous répondez "pas même mort" à l'idée de partager les idées du Père Igor, alors félicitations, vous avez réussi le test et vous êtes orthodoxe (ou du moins votre ecclésiologie l'est).
[Voici le texte]

Le Patriarcat de Constantinople comprend l'importance du rôle de Protos (le premier), ce qui offre de nouvelles occasions d'unir les orthodoxes et les catholiques, Père Igor' Chaban, président de la Commission pour la promotion de l'unité des chrétiens de l'Église gréco-catholique ukrainienne ( uniate!), partage son point de vue, sur news.ugcc.ua, la ressource en information de l'Église gréco-catholique [uniate] d'Ukraine.

Il en est arrivé à cette conclusion grâce aux déclarations du Métropolite Emmanuel (Adamakis) de France.

"Le Métropolite Emmanuel de France, dans son discours de bienvenue, prononcé après l'intronisation du Métropolite Epiphane, a souligné que le trône de Constantinople est le principal parmi toutes les Églises orthodoxes de Dieu, car la vie et la pratique de l'Église ont permis qu'il existe une institution sacrée pour résoudre les conflits dans toute matière ecclésiale," rappelle Chaban.

Ainsi, le Métropolite Emmanuel a indirectement " souligné l'importance du rôle de Protos (le premier) dans le monde chrétien, dont le rôle dans le premier millénaire est accompli et continue d'être accompli aujourd'hui pour l'Église œcuménique par l'évêque de Rome ", a-t-il déclaré.

Le chef de la commission de l'Église gréco-catholique ukrainienne est convaincu qu'une telle prise de conscience de l'importance de servir de Protos pour l'unité de l'Église " ouvre de nouvelles opportunités d'officier ensemble sur le même autel ".

"Pour cela, il n'est pas nécessaire de beaucoup de choses -avoir la même foi, la même compréhension des saints sacrements, obéir à son propre évêque, qui a une succession apostolique, et d'être en unité avec l'évêque de Rome qui est un signe visible de l'unité de l'Église du Christ", assure-t-il.

Chaban a également dit que l'unification entre l'Église gréco-catholique ukrainienne [uniate] et l'Église orthodoxe d'Ukraine [schismatique] n'est possible que si la nouvelle structure ecclésiastique reconnaît la suprématie de Rome. Le saint [sic] Pape Jean-Paul II a qualifié l'Ukraine de "laboratoire de l'œcuménisme". C'est peut-être pourquoi, au niveau local, les Églises ukrainiennes comme l'Apôtre Jean, dans leur recherche de l'unité, sont en avance sur les anciennes Églises apostoliques, mais en tenant compte du but commun, elles ne devraient pas, à l'exemple de saint Jean, prendre des mesures trop audacieuses et précipitées sans les autres Églises avec lesquelles elles sont unies dans la communion et l'amour du Christ" a-t-il affirmé.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Remarque: Effectivement, voilà un bon test pour savoir si l'on est orthodoxe. Le conseil de se munir d'un sac papier avant la lecture des insanités proférées par M. Chaban, était fort judicieux, car ses paroles sont un puissant émétique. CLG



lundi 18 février 2019

LES NOUVEAUX MARTYRS COMME NOUVEAUX TÉMOINS DE LA VÉRITÉ ÉTERNELLE


Aux pasteurs russes sur la façon dont nous pouvons participer à l'expérience des nouveaux martyrs
Ce qui se passait en Russie il y a 100 ans est souvent appelé "la petite apocalypse". Pourtant, c'est alors que les modèles de confession de la foi - les nouveaux martyrs et confesseurs de l'Église russe - nous ont été donnés. Mais comment les personnes modernes, faibles et "gâtées", peuvent-elles participer à leur expérience de fermeté dans la foi ?


    
"Est-ce que je témoigne du Christ par ma vie ?"

Evêque Benjamin [Veniamin (Likhomanov)], 
évêque de Rybinsk et Danilov


L'évêque Benjamin [Veniamin (Likhomanov)]de Rybinsk et Danilov :

Aujourd'hui, nous voyons un fossé entre les générations qui est probablement encore plus profond que celui imposé par les bolchéviks qui ont pris le pouvoir au début du XXe siècle. Alors, les gens conservèrent beaucoup de bonnes qualités par inertie. Mais aujourd'hui, alors que les derniers porteurs de la tradition royale russe pré-révolutionnaire s'éteignent et que l'héritage de l'expérience soviétique a été reconsidéré de façon critique, une sorte de vide est apparu.

Raison de plus pour nous d'en apprendre le plus possible sur la vie de ceux qui ont conservé la foi pour nous la transmettre en lisant les Vies des nouveaux martyrs de l'Église russe. Qu'est-ce qui les a aidés à résister et à s'accrocher à la confession de la foi ? Leurs œuvres et leurs lettres nous étonnent, surtout quand on compare cette vie exprimée en mots avec le style des documents falsifiés que les enquêteurs leur faisaient signer après les interrogatoires.

Quand les gens modernes, y compris ceux qui ne fréquentent pas l'Eglise, découvrent l'exploit des nouveaux martyrs - sous quelles épreuves et à quel prix ils ont gardé leur foi - beaucoup se convertissent au Christ.

Aujourd'hui, il n'y a pas de circonstances extrêmes dans lesquelles les nouveaux martyrs et les nouveaux confesseurs se sont déjà trouvés ; c'est pourquoi nos contemporains sont tièdes. J'ai vu le temps où les croyants vivaient encore sous la persécution, bien qu'ils n'aient pas été fusillés pour leur foi. L'esprit des confesseurs était très fort à l'époque, et les attitudes des gens envers l'Église, la vie et les uns les autres étaient différentes. Ils étaient prêts à défendre leur foi et à la transmettre à leurs enfants.

Aujourd'hui, nous sommes "comme des coqs en pâte", gâtés par de bonnes conditions de vie, comme l'aurait sûrement dit l'Archimandrite Paul [Pavel (Grouzdev)|. De nos jours, les églises sont ouvertes, l'Evangile et les écrits des saints Pères sont accessibles à tous ! Et est-ce que nous résistons à la pression extérieure, sans parler de nous restreindre nous-mêmes ?

Le travail ascétique est nécessaire pour notre salut - c'est ce que nos ancêtres nous disaient. Commencez à réformer votre âme dans les petits soucis qui vous ont été laissés pour que vous puissiez aimer vos ennemis, comme le Seigneur l'a enseigné (cf. Mt 5, 44). Le saint Nouveau hiéromartyr Vladimir (Bogoyavlensky) a fait le signe de croix sur ses bourreaux avant son martyre, en disant : "Que le Seigneur vous pardonne." Mais pardonnons-nous facilement les petites offense s ?

Il y a toujours une place pour le podvig [acte héroïque, un exploit ascétique en russe] dans notre vie, quelle que soit l'époque à laquelle nous vivons. Aujourd'hui, une majorité de notre société rejette les valeurs chrétiennes, comme à l'époque de l'impiété du XXe siècle. Bien qu'ils défendent une sorte d'"orthodoxie patriotique", ces "patriotes" s'élèveront contre vous dès que vous commencerez à vivre parmi eux selon les commandements de Dieu! C'est ici que commence notre confession de foi : sommes-nous prêts à faire preuve de détermination et à être avec le Christ et non avec "tous" ?

Ce n'est qu'alors que l'expérience des nouveaux martyrs et des nouveaux confesseurs deviendra pertinente pour nous. Elle concerne en particulier les jeunes. Chez les jeunes, où chacun essaie d'adopter un style de vie qui est la règle pour la majorité, la seule opposition à ces pseudo-valeurs signifie la confession de la foi.

Notre tâche principale est de rester fermes dans la foi, comme ce fut le cas avec les nouveaux martyrs et confesseurs de l'Église russe. Est-ce que je témoigne du Christ par ma vie ? Chacun de mes actes est capable d'inspirer quelqu'un à penser à Dieu et au salut de son âme dans l'éternité.

Les nouveaux martyrs et confesseurs de l'Église russe sont presque nos contemporains. Bien que nous ayons lu à propos des labeurs ascétiques des saints Serge de Radonège et Séraphim de Sarov, soyons francs et admettons que leurs labeurs ne sont pas pour nous, ils sont au-delà de nos forces.

Des actes de charité, par exemple, nous ont été donnés pour nous sacrifier, à l'imitation des nouveaux martyrs, quand nous devons faire des efforts et ne juger personne malgré toutes les insultes qu'on nous lance et prendre l'habitude de faire de bonnes œuvres. Les nouveaux martyrs nous aident à rester fermes dans notre foi, même dans la vie quotidienne.

"Les nouveaux martyrs et confesseurs sont des héros dont les jeunes peuvent suivre l'exemple."

Higoumène Lucas (Stepanov),

Higoumène Lucas (Stepanov), Chef du Département de théologie de l'Université d'Etat de Riazan Sergei Yesenin, higoumène du Monastère de la Sainte Transfiguration à Pronsk, la Métropole de Riazan :

Les jeunes sont fortement motivés pour trouver un sens à leur vie, ce qui se révèle surtout dans des épreuves très sévères, où il n'y a pas de nuances de gris. C'est pourquoi les jeunes aiment les sports extrêmes, les thrillers et les films d'horreur. Nous devrions simplement leur montrer que ce qui s'est passé dans notre pays était plus terrible que les fantasmes des sybarites d'Hollywood. Si nos jeunes n'ont pas perdu la capacité de distinguer le bien du mal, ils verront sûrement où est la vérité et où est la monstrueuse marâtre, une fois que nous leur aurons montré quelque chose de vrai.

De nos jours, les jeunes hommes et les jeunes femmes ont l'habitude de voir plutôt que d'entendre ou de lire quelque chose. Visiter les sites où nos compatriotes ont été martyrisés a un effet stupéfiant sur eux. Dans le cas extrême, il serait bon de regarder un bon film sur les nouveaux martyrs avec eux ou de les emmener dans un musée dédié à leur mémoire.

Et, surtout, si vous voulez que les autres commencent à ressentir quelque chose, vous devez le ressentir très fortement vous-même, comme l'a dit le compositeur hongrois Franz Liszt. Ainsi, si nous voulons que nos jeunes commencent à vénérer les nouveaux martyrs, nous avons besoin de pasteurs et d'enseignants désintéressés pour partager avec nos prédécesseurs leur expérience d'engagement dans la confession de la foi orthodoxe.

Nous devons faire comprendre aux jeunes qu'il peut y avoir des situations critiques dans la vie de chacun. Comment se comporteront-ils ? Quel exemple suivront-ils ? Les nouveaux martyrs et les nouveaux confesseurs sont les héros dont les jeunes peuvent suivre l'exemple. Et il aura un effet salutaire dans le climat d'hédonisme irresponsable et d'égoïsme que l'on encourage partout.

Le service militaire, la pratique de sports sérieux ou de l'un ou l'autre instrument de musique (qui n'est généralement pas facile), sont propices au développement du désintéressement. De même, le bénévolat ou les pèlerinages dans les monastères, où l'on peut travailler pendant les vacances, aident à surmonter l'égoïsme, à endurcir les âmes et à protéger les gens des effets corrompus de l'agression et de la luxure, qui sont si frénétiquement encouragés à la télévision, sur Internet et dans les jeux informatiques.

C'est pourquoi beaucoup d'enfants sont intimidés par leurs pairs de nos jours. Alors qu'à l'époque soviétique, ceux qui ne se conformaient pas à l'idéologie de l'État étaient attaqués, nous sommes aujourd'hui confrontés à la nouvelle idéologie de la consommation, qui est aussi impie et agressive que celle des Soviétiques. La dépravation est considérée comme la norme. Résister à ces choses, qui ont une influence néfaste sur nos âmes, c'est comme confesser la foi aux jeunes.

"Nous devons faire de notre mieux pour garder l'amour dans nos âmes"


Archiprêtre Valérian Krechetov

Archiprêtre Valérian Krechetov, recteur de l'Église de la Sainte Protection et de l'Église des nouveaux martyrs et confesseurs de l'Église russe à Akoulovo près de Moscou :

Les martyrs sont témoins de la Vérité. Les nouveaux martyrs sont les nouveaux témoins de la Vérité éternelle. Ce qui a été dit par Dieu incarné il y a 2 000 ans est encore vivant dans leur expérience aujourd'hui - ainsi la Vérité devient évidente et pertinente pour les autres.

Peu importe à quel point les propagandistes tentent de persuader les masses que la religion est obsolète, saint Nicolas (Velimirovitch) de Zitcha répondrait de cette façon à de telles attaques : "Comment la réalité peut-elle être contemporaine ou non contemporaine ? Car Dieu est la plus haute réalité, dominant tout ce qu'on appelle généralement la réalité." Et plus loin : "L'incrédulité signifie croire à la non réalité et à la chimère... Il ressort clairement des Saintes Écritures, de la Parole de Dieu, quel destin attend les pays avec un grand nombre de non-croyants. Il n'y a pas de paix... pour les méchants (Isaïe 57:21) - c'est leur destin, c'est ce qui a été écrit à leur sujet. Et ils ne pourront éviter la guerre que s'ils éradiquent l'impiété." C'était un extrait de son livre, La Guerre et la Bible. Il y écrit aussi qu'il n'y a pas de livre plus à jour sur la guerre, ses causes et son issue possible que la Bible et le livre de l'Apocalypse. Une guerre contre Dieu est emplie de misère.

Le christianisme, c'est la vie ! Comment cette vie peut-elle devenir "obsolète" pour quelqu'un ? Plus l'effet destructeur du péché se répand, plus nous avons besoin de cette vie. Le fait que des millions de personnes ont été tuées dans notre pays au cours du XXe siècle nous terrifie. Mais des meurtres sont commis de nos jours aussi, bien que d'autres méthodes soient utilisées. Le Seigneur nous a prévenus :  Lorsque l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi. (cf. Matthieu 13, 24-30).

Aujourd'hui, les églises sont ouvertes, mais les gens sont trop paresseux pour aller aux offices religieux. Les problèmes et les soucis de ce monde absorbent complètement leur attention. Beaucoup n'honorent pas la mémoire des saints universels, et encore moins celle des nouveaux martyrs...

Quand, le jour de la fête des Nouveaux Martyrs et des Confesseurs de l'Église russe, je lis tous leurs noms - il y en a environ 2.000 [bien qu'une grande multitude de nouveaux martyrs, qu'ils aient été révélés ou non et connus de Dieu seul, aient été canonisés.-O. O.]-les gens ne comprennent pas pourquoi il est nécessaire de faire cela. La tiédeur est devenue dominante. Les nouveaux martyrs ont subi tant d'épreuves pour nous transmettre la foi orthodoxe ! Ne pouvons-nous pas leur rendre hommage une fois par an, le jour de leur fête ?

Aujourd'hui, les gens commencent à être rancuniers, à juger, à s'irriter, à s'envier, à être jaloux, à se sentir mal à l'aise... Ces gens peuvent-ils comprendre les nouveaux martyrs et leur esprit ? Les nouveaux martyrs ont pardonné et béni leurs bouchers, tandis que nous nous fâchons avec nos proches, et explosons de colère en étant dénoncés... Les martyrs ont résisté aux épreuves parce qu'ils étaient humbles.

Nous l'entendons à maintes reprises : "Ma souffrance n'est pas méritée." Bien sûr, elle n'est pas méritée parce que nous méritons plus de souffrance à cause de nos péchés, mais Dieu, dans Sa miséricorde et Son Amour sans fin, permet que des souffrances et des difficultés beaucoup moins graves nous arrivent.

Nous devrions au moins apprendre à souffrir pour nos péchés. La souffrance pour le Christ est le critère des saints et des nouveaux martyrs.

Nous ne pouvons tout endurer que si nous avons l'amour dans nos cœurs. Nous devons faire de notre mieux pour garder l'amour dans notre âme : l'amour est le fondement de notre vie dans l'éternité. Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi du Christ (Galates 6:2) : la seule chose que nous sommes appelés à faire est de porter les faiblesses les uns des autres pour acquérir l'amour.

Comme l'a dit un staretz du Mont Athos : "Gardez à l'esprit que le temps vient où seul l'amour pourra nous sauver. Apprenez à cultiver l'amour en vous-même : Seul l'amour est la vie. Le reste est péché, ce qui est pire que la mort. Nous périrons sans lui."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après