lundi 26 août 2019

Métropolite Antoine [Pakanitch]: Jeûner pour de bonnes raisons!



Le Seigneur a condamné le pharisien, non pas parce qu'il a jeûné, mais parce que sa motivation était basée sur l'orgueil. Le pharisien voulait être vu par les hommes et il n'avait aucune crainte de Dieu. Il a osé se tenir devant le Seigneur avec fierté et arrogance, tandis que le publicain se tenait au loin, se frappant la poitrine, implorant la miséricorde du Seigneur. Alors que le publicain voyait ses péchés et se repentait, le pharisien se tenait devant le Seigneur, arrogant, pensant qu'il était meilleur que les autres hommes. Il ne désirait pas communier avec Dieu, mais être honoré par les hommes.

Alors que nous, qui observons l’ancien calendrier, commençons le jeûne de la Dormition, imitons le publicain, qui se considérait comme le pire des pécheurs et qui implorait le pardon de Dieu. Gardons le jeûne, non pas pour être vu par les autres, mais pour laisser la place au Seigneur. Fuyons la viande, les produits laitiers et le poisson, car nous aimons Dieu et désirons nous rapprocher de Lui, en nous dépouillant des plaisirs terrestres.

Adoptons le jeûne comme une occasion de nous limiter nous-mêmes, de nous abstenir et de nous vider de nous-mêmes. Portons la Croix en auto-crucifixion, mourant à nous-mêmes lorsque nous revêtons Christ. Nous n'osons pas penser que nous sommes chrétiens si nous refusons de jeûner, car porter notre Croix est le seul moyen de devenir de véritables disciples du Christ.

Embrassons le jeûne en sachant que "le jeûne est sombre jusqu'à ce qu'on entre dans l'arène. Mais commencez et vous verrez quelle lumière il apporte après les ténèbres, quelle libération des liens, quelle libération après une vie pénible…" (Saint Théophane le Réclus)

Soyons enfin conscients que «les jeûnes et les vigiles, l’étude de l’Écriture, le renoncement aux biens et aux choses du monde ne sont pas en soi une perfection, comme nous l’avons dit; ce sont ses outils. Car la perfection ne se trouve pas en eux; elle est acquise à travers eux. 

Il est donc inutile de nous vanter de notre jeûne, de nos veilles, de notre pauvreté et de notre lecture de l’Écriture lorsque nous n’avons pas atteint l’amour de Dieu et de nos semblables. 

"Quiconque a atteint l'amour a Dieu en lui-même et son intelligence est toujours avec Dieu." (Saint Jean Cassien)

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire