samedi 17 mars 2018

RENDU SAGE PAR L’EXPÉRIENCE (3)




Le podvig (exploit spirituel) personnel de la prière est le plus souvent caché aux gens, mais pour Père Benoît, derrière sa sévérité extérieure et sa concentration extrême, on sentait toujours la prière incessante debout devant Dieu. Non pas par sa position extérieure, ni par son rang, mais par sa grandeur intérieure, cet homme de petite taille était toujours distingué dans n'importe quelle compagnie, même parmi des gens de position beaucoup plus élevée. Le podvig secret de la prière nocturne, que le Père Benoît avait déjà commencé à la Laure de Saint-Serge, ne fut pas abandonné par la suite. En raison de sa santé, il cessa graduellement d'aller au service de Minuit de l’office des frères, et n'alla pas à l'église tous les jours, mais l'action de la prière de Jésus était souvent imprimée dans les traits de son visage et le fin chapelet de perles de bois, la boucle enjambant sa main, était en mouvement constant. Il développa lui-même ce type chapelet de prière à la Laure et il les fabricait de ses propres mains, les envoyant même à l’Athos à la demande des moines.
On ne peut pas dire que la confrérie du monastère qui existait alors accepta volontiers le nouvel higoumène. Il était trop différent de l'ancien Archimandrite Evlogy (qui devint par la suite le métropolite de Vladimir). Le Père Benoît qui n'avait pas spécialement besoin de conseils changea le typikon liturgique et commença à guider tout le mode de vie du monastère pour ressembler à celui de la Laure de Saint-Serge, où il avait passé la plus grande partie de sa vie. Certains des moines précédents quittèrent Optina au premier semestre, et certains partirent plus tard. Ce fut une étape difficile de croissance, comme l'adolescence, qui remplace en grande partie la période brillante et inspirée de l'enfance. L'higoumène dut endurer plusieurs épreuves sévères: le meurtre tragique de trois moines à Pâques en 1993, et la perte d'autres fidèles et frères. Il serait impossible, même avec beaucoup de mots, de décrire toutes les tentations difficiles et l'opposition invisible de l'Ennemi à la vie du monastère.
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Mais le monastère, loin des grandes villes, glorifié par la vie des grands startsy d'Optina attira beaucoup de ceux qui recherchaient le véritable monachisme. Bien que les monastères commençassent peu à peu à renaître partout, Optina n'était pas perdu dans la foule, devenant un monastère puissant et mondialement connu. Les églises, les clochers et autres bâtiments furent reconstruits et relevés des ruines, et des ponts de granit uniques furent posés. Les églises retouvèrent un aspect magnifique et de nouvelles fresques et furent remplies d'objets de culte, d'une exquise décoration sculptée et d'icônes. Entre deux et cinq Liturgies y sont servies tous les jours, et les services se distinguent par une vénération particulière et une beauté monastique austère, ainsi que par des chants de prière stricts et sans précipitation. Le nombre de frères a dépassé 220 l'année dernière, et le nombre de pèlerins augmente avec chaque année.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
Pravoslavieru

St Georges de Ioannina



Lors de la séance du mardi 13 Mars, le  saint Synode permanent de l'Eglise de Grèce a officiellement approuvé la demande du Bureau militaire de la Présidence de la République hellénique déclarant  saint Georges de Ioannina en tant que protecteur de la garde présidentielle.

Selon un communiqué publié sur le site de l'Église orthodoxe grecque, le Saint Synode permanent a également approuvé les nouveaux offices au saint Martyr Georges.

À la même séance, le Conseil a été informé par le Comité  synodal spécial pour l'identité culturelle des propositions pour l'organisation d'événements en 2021 seront célébrés les 200 ans de la révolution grecque de 1821.

Au début de cette année, Sa Béatitude Jérôme, Archevêque d'Athènes, a consacré un monument dédié au nouveau martyr Georges au Palais Présidentiel.

Le saint martyr Georges de Fustanelle [dit aussi de Ioannina] a reçu le martyre dans la ville grecque de Ioannina le 17 janvier 1838, à l'âge de 30 ans. Dans les représentations iconographiques, le saint porte une fustanelle,  jupe courte, large, plissée et blanche qui fait partie du costume national des Grecs et des Albanais.

La fustanelle est portée par les membres de la garde présidentielle à Athènes (Evzones) comme Sa Béatitude Jérôme l'a dit  en janvier lors de la cérémonie: " La fustanelle est le symbole des luttes des Grecs pour l'indépendance."

Le vêtement grec est fait de 30 mètres de tissu blanc, censé avoir 400 plis, représentant les 400 ans d'occupation ottomane des Grecs.

Saint Georges de Ioannina est célébrée en Grèce le 17 janvier.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


vendredi 16 mars 2018

SOLIDARITE KOSOVO

Inauguration des travaux : 
100.000€ de rénovation dans quatre écoles

Mars est le mois de l'architecture partout en France. Au Kosovo-Métochie, il s’agirait plutôt du mois de la rénovation avec la fin des travaux sur quatre sites scolaires sélectionnés par Solidarité Kosovo. Au total, plus de 100.000€ ont été consacrés pour la réfection des écoles serbes de Suvi do, Rabovce, Lipljan ainsi que pour la crèche et le dispensaire médical de Livadje. Après six mois de labeurs acharnés et de contraintes climatiques, l’association française a fièrement inauguré ces nouveaux actifs scolaires qui enrichissent sans contredit le patrimoine chrétien local.  Tour d’horizon.

Petits cœurs en liesse! Les écoliers inaugurent avec joie leur école fraîchement rénovée

Des travaux de réfection « du sol au plafond » L’école représente le deuxième lieu de vie des enfants. C’est un univers décisif dans la construction de leur identité. C’est pourquoi Solidarité Kosovo opère annuellement depuis six ans un programme de rénovation scolaire en faveur des établissements chrétiens les plus vétustes du Kosovo-Métochie. Cette année, trois écoles et une crèche ont bénéficié d’une enveloppe de plus de 100.000 euros pour mener bien à bien des travaux de réfection « du sol au plafond ».

L'un des quatre sites scolaires rénové du "sol au plafond"

Isolation thermique, réfection des sols et des toilettes, installation électrique et du chauffage central, création d’une arrivée d’eau etc. La nature des travaux engagés évoque à elle seule l’archaïsme, la vétusté et parfois même l’insalubrité des établissements accueillant un jeune public.

Création d'une aire de jeux en sols souples

 « Cette année, l’eau n’a pas gelé dans les W.C. » 
Située dans l’un des rares villages multiethniques de la province, l’école de Rabovce est l’une des quatre bénéficiaires de la nouvelle tranche d’aide de Solidarité Kosovo. En juin dernier, elle a été attaquée au cocktail Molotov. Bien qu’exclusivement -et bien heureusement- matériels, l’incendie a causé des lourds dégâts.

Les spectacles des enfants donnés en l'honneur des donateurs de Solidarité Kosovo 
étaient particulièrement émouvants. Au centre, Arnaud Gouillon, Directeur de Solidarité Kosovo et à gauche, Père Serdjan.

Et c’est avec d’autant  plus d’enthousiasme que les artisans serbes employés par l’association ont travaillé d’arrache pied à rénover de fond en comble cette école défigurée. Si bien que, lors de l’inauguration, l’émotion du Directeur était palpable. « Grâce au chauffage central et à l’électricité installés, pour la première fois cette année, l’eau n’a pas gelé dans les W.C. » a-t-il notamment confié.

Photo souvenir dans l'une des salles de classe rénovées

Les écoliers en habits du dimanche Dans l’école de Suvi do, les esprits étaient en fête pour accueillir le Directeur de Solidarité Kosovo, Arnaud Gouillon et le père Serdjan, correspondant humanitaire de l’association. En leur honneur et pour fêter l’inauguration des travaux, un spectacle particulièrement touchant a été organisé.  Vêtus de leurs plus beaux habits, les jeunes écoliers ont soigneusement interprétés des chants et des récitations en serbe … et en français ! Alors que dehors, le froid était mordant, à l’intérieur, les cœurs étaient à l’unisson pour réchauffer l’école bien aidés par le chauffage centrale tout fraîchement installé.
Après les chants, les récitations et les danses en tenue traditionnel, les enfants ont remis des cadeaux qu'ils ont soigneusement confectionnés en guise de remerciement


« A la crèche, les petits grelottaient souvent » La crèche et le dispensaire médical de Livadje seront dorénavant également chauffés. Condition impensable en France, les plus petites âmes de Livadje n’avaient pas de chauffage dans toutes les pièces dans leur crèche. Seule la salle de vie, là où les bébés jouent et prennent leurs repas, bénéficiait de la chaleur d’un vieux poêle à bois. La salle d’eau comme le dortoir étaient privés de chauffage. « Les petits grelottaient souvent et tombaient cycliquement malades » se souvient Ludmilla, la directrice de la crèche.

Beaucoup d'émotion lors de la coupure du ruban inaugural!

Cette crèche a par ailleurs la particularité d’être accolée au seul dispensaire du secteur qui soigne tout un bassin de vie chrétien pratiquement laissé à l’abandon médicale. Pour la crèche comme pour le dispensaire, le chauffage central est une véritable aubaine.

Concluant avec succès un nouveau cycle de rénovation, Solidarité Kosovo remercie avec force tous ses donateurs qui par leur générosité ont rendu possible la réalisation de ce chantier humanitaire au service de la jeunesse et de l’enseignement au Kosovo-Métochie.


C'est avec gourmandise que toute l'assemblée s'est réunie autour du verre de l'amitié franco-serbe pour partager un gâteau aux couleur de la solidarité 



L'équipe de "Solidarité Kosovo"

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Un sceau possible du prophète Isaïe a été découvert à Jérusalem



Une équipe d'archéologues de l'Université de Jérusalem, dirigée par le Dr Eilat Mazar, a récemment trouvé un sceau d'argile de plus de 2700 ans qui pourrait appartenir à saint Isaïe, l'un des quatre grands prophètes de l'Ancien Testament.

Dans un article intitulé "Est-ce la signature du prophète Isaïe?", Eilat Mazar explique comment le sceau du 8ème siècle avant J.C. a été découvert lors de fouilles à Jérusalem, près de l'endroit où a été trouvé plus tôt un objet du roi Ezéchias, qui protégeait le royaume de Juda par l'invasion assyrienne conforme aux exhortations du prophète Isaïe.

"J'ai trouvé le signe du sceau du huitième siècle qui aurait pu être fait par le prophète Isaïe lui-même, à seulement 10 mètres de l'endroit où j'ai découvert plus tôt un objet du roi Ezéchias."

Le "Yesha'yahu", le nom hébreu pour Isaïe, suivi du mot "Nvy" est gravé sur l'objet d'argile. Le mot Nvy pourrait simplement être un second nom pour Isaïe ou n'importe quoi d'autre. Mais si le mot Nvy se terminait par la lettre hébraïque aleph [en hébreu נביא=navy=prophète], le mot hébreu serait créé pour "prophète". "Cependant, le nom d'Isaïe est clair", a expliqué l'archéologue.

Le saint Prophète Isaïe était de Jérusalem de la tribu des rois des Juifs. Il était fils d'Amos, le bon frère d'Amesie, l'empereur juif. Saint Isaïe a subi la mort en martyr à l'âge de cent vingt-six ans, étant coupé avec une scie de bois, sur ordre de l'empereur Manassé.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


jeudi 15 mars 2018

RENDU SAGE PAR L’EXPÉRIENCE (2)


Archimandrite Benoît jeune

Il y eut beaucoup de discussions dans la recherche d'un higoumène pour Optina dans le diocèse - après tout, cette position était, à certains égards, beaucoup plus responsable que beaucoup de sièges épiscopaux. Père Benoît a dit qu'il avait lui-même de grands doutes, voyant toutes les difficultés du ministère qui se présentait devant lui. Mais les startsy, les pères spirituels l'ont béni et l'ont envoyé à la Bienheureuse Lyoubouchka à Susanino. Elle a dit: "Oui, Benoît, ça peut être Benoît."
Au début, le patriarche Alexis II lui offrit un choix: soit higoumène à Optina, soit confesseur à Diveyevo. Père Benoît comprit immédiatement qu'il n'était plus capable de porter le fardeau de la confession: il avait déjà surmené son cœur et il sentit que cela ne durerait pas longtemps. Il choisit Optina.
De plus, sa santé était dans un état dépressif. Père Benoît lui-même ne comprenait pas comment il pourrait diriger un tel monastère. Ses crises d'asthme avaient été si graves récemment qu'il ne pouvait que dormir assis, il commençait à haleter dès qu'il commençait à parler, et il ne pouvait pas finir les ecphonèses dans les offices. Mais le patriarche dit que le Seigneur le fortifierait. Et le premier jour de son arrivée au monastère, le Père fut surpris de constater qu'il n'avait pas du tout besoin de son inhalateur, qu'il n'avait pas utilisé une seule fois depuis ce jour, même s'il devait l'utiliser plusieurs fois par jour à la Laure. Et les exercices de respiration qu'il faisait avec persévérance, jour après jour, dans sa cellule, lui faisaient trouver une force et un volume qui lui permettaient de prononcer ses ecphonèses et ses homélies de telle sorte que chaque mot était clairement entendu dans tous les coins de l'église. Ainsi la volonté de Dieu fut accomplie - l'higoumène d’Optina se souvint souvent de cela quand il devint insupportable pour lui de gérer le monastère; mais il ne résolut pas de demander sa mise à la retraite.
Le patriarche éleva l'higoumène Benoît au rang d'archimandrite et, ayant célébré la fête de Théophanie dans son monastère, il partit pour Optina. À cinquante-deux ans, l'higoumène entama une nouvelle phase de sa vie. Bien que sa vie «avec Saint Serge» ait été remplie de labeurs considérables, d'ascétisme d'abnégation et d'amour sacrificiel, l'activité à venir n'était pas une promotion, ni un pas vers une carrière dans l'Église, mais une croix sévère, acceptée par lui pour l'amour de Christ.
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Devenu higoumène, le Père Benoît cessa de confesser ses enfants spirituels environ deux ans plus tard, parce qu'il sentait que la combinaison de ses responsabilités d'higoumène et de père spirituel était au-derssus de ses forces. Mais tout en recommandant qu'ils choisissent un père spirituel pour eux-mêmes, il ne renonça pas à sa paternité spirituelle dans l'esprit et dans les cas extrêmes il reçut toujours ses enfants spirituels pour résoudre leurs problèmes, répondre à leurs notes et surtout - il ne les abandonna pas dans ses prières , qu'ils ressentaient avec une force indéniable. L’archimandrite Naum a dit que le Père Benoît porte ses enfants spirituels dans son cœur même. Derrière ces mots, simples à première vue, se tient un travail de foi, de la responsabilité la plus profonde et de la compassion de son cœur grand et sage.

Version française Claude Lopez-Ginisty
D’après
Pravoslavieru

Sur Orthodoxie.com



Mosfilms, le plus vieux et plus grand studio russe, a mis en ligne cinq des longs métrages d’Andreï Tarkovski (photographie ci-contre, source: Wikimedia) sur YouTube, dans des versions restaurées et sous-titrées, y compris en français. C’est le cas du film Andreï Roublev, en deux parties : partie 1partie 2.

mercredi 14 mars 2018

RENDU SAGE PAR L’EXPÉRIENCE (1)





A 22h 15 le 22 janvier de l'année nouvellement commencée, dans un hôpital de Moscou, à l'âge de 78 ans, reposa paisiblement l'archimandrite Benoît, qui fut vicaire de Sa Sainteté le Patriarche pendant vingt-sept ans, administrant le plus célèbres des monastères tant aimé du peuple russe- le monastère Optina.

Il y a exactement vingt-sept ans, le 20 janvier 1991, le jour de la fête patronale d'Optina, consacrée en l'honneur du prophète Jean le Précurseur, il arriva à Optina, prenant la direction du monastère. Le monastère avait été laissé sans direction pendant déjà six mois, alors que son higoumène, l’archimandrite Evlogy était à l'hôpital après un grave accident de voiture. Le monastère, remis à l'église orthodoxe le 17 novembre 1987, s'est rapidement relevé des ruines.
C'était le premier des monastères ouverts sous l'Union Soviétique (après le monastère de Danilovsky -résidence du patriarche de Moscou). Il y avait déjà près de quarante frères là-bas, un typikon liturgique monastique strict, et l'entrée centrale de l'église de la Génitrice de Dieu était déjà restaurée, ainsi que plusieurs bâtiments d'habitation de moines et une clôture partiellement détruite. Et bien que l'on puisse voir les restes des fondations et des murs d'autres églises et clochers, le problème était encore plus grand que les trous hâtivement rapiécés - c'était l'époque d'une grande recrudescence spirituelle, quand les premières poussées de la vie spirituelle commençaient lentement à germer à travers l'asphalte de l'athéisme.
L'archimandrite Benoît représenta une époque entière dans la vie de notre Église. La première moitié de son activité ecclésiale, le temps de la croissance et de la maturation spirituelle, a passé dans les murs de la Laure de la Sainte Trinité-St. Serge. Il fut diplômé du séminaire là-bas, puis de l'académie; il fut tonsuré moine et ordonné prêtre. Il devint là-bas un disciple fidèle des archimandrites Kirill et Naoum, communiquant avec eux au cours de deux décennies, selon ses propres paroles, pratiquement tous les jours. Là, avec l'archimandrite Alexis (Polycarpov), il devint l'un des confesseurs les plus aimés du peuple. L’higoumène Vissarion a même composé un distique à son sujet dans les années 1980: "La Laure eut deux piliers: Benoît et Alexis." 1

Pendant de nombreuses années, il devait entendre des confessions pendant plusieurs heures chaque jour à l'église de la porte de Saint Jean le Précurseur, où ses nombreux enfants spirituels venaient. Après le passage au réfectoire, il recevait ceux qui avaient besoin d'une conversation plus prolongée dans le porche de l'entrée ou dans sa cellule. En plus de confesser, il accomplit plusieurs autres obédiences importantes: il était le principal comptable, bibliothécaire et facteur du monastère, et il chantait au kliros. Un an avant sa nomination à la position d’higoumène du monastère d'Optina, il fut nommé à la tête de la skite de Gethsemani et commença à la ressusciter de la désolation complète.

Version française Claude Lopez-Ginisty

D’après


Pravoslavieru

--> 1 “Два столпа у Лавры всей: Венедикт и Алексей” (“Dva stolpa ou Lavri vsyei: Venedikt i Alexei”)

mardi 13 mars 2018

Peter Davydov : CONVERSION AU KOSOVO, OU COMMENT ADEM EST DEVENU ADAM





Adem de Prizren a perdu la tête dans sa vieillesse. Il est devenu dingue, complètement siphonné ! Quatre-vingt-huit ans, ce n'est pas une blague. Mais il est devenu fou un peu plus tôt, à quatre-vingts ans. Pour être exact, il s'est dirigé vers l'église orthodoxe de sa ville natale, l'ancienne capitale des Nemanichi, et il a demandé le baptême. "Je veux devenir orthodoxe. Je veux devenir Adam."

De telles proclamations dans une ville qui avait chassé presque tous les chrétiens après le pogrom de 2004 sont, il faut le dire légèrement, dissonantes avec la bonne humeur générale causée par le nettoyage de la ville des maudits Serbes orthodoxes. et la santé psychologique d'Adem, que sa grande famille élargie considérait qu'il possédait. Et cette grande famille élargie a catégoriquement refusé de s'associer avec son grand-père qui avait changé de foi.

"C'est leur affaire!" dit grand-père Adam en essuyant une larme. "Je n'ai pas changé ma foi - je suis revenu à la vraie foi. Nous étions tous chrétiens! " 

Quand ils disent que presque tous les Serbes ont été chassés de Prizren, une ancienne ville serbe, le mot «presque» est lourd de sens; ici ou juste en dehors de la ville restent quelques prêtres martyrs, le séminaire théologique de Prizren y est revenu finalement, et maintenant il fonctionne malgré les innombrables difficultés matérielles mais aussi - disons-le avec prudence - un environnement peu amical. 

A ce "presque" appartiennent également deux femmes: Evitsa Djordjevitch et sa fille Melitsa, qui pendant tout ce temps, y compris pendant la terreur contre les Serbes, étaient les seuls chrétiennes orthodoxes de cette ville. 

La télévision serbe a récemment tourné un film sur Melitsa. Je me souviens d'une scène: une petite fille est assise silencieusement devant la fenêtre et regarde la cour où jouent les enfants albanais. Mais elle ne va pas les rejoindre parce que c'est tout simplement dangereux - ils pourraient faire plus que simplement la battre. Elle regarde en silence et sa mère Evitsa pleure. C'est ainsi qu'elles vécurent, enfermés pendant plusieurs années de tristesse, courant à couvert sous des couvertures, la tête baissée. Jusqu'à ce qu'Adam soit arrivé.

Prizren


"Ici à Prizren, et au Kosovo et en Métochie en général, ce qui se passait faisait que vos cheveux se dressaient sur la tête! Ce que les gens [les Albanais] faisaient aux Serbes - des gens qui disent qu'ils prient Dieu mais qui, en fait, l'ont renié par leurs actes!", dit Adam. "Comment pouvez-vous prier Dieu mais haïr les autres peuples? Guerroyer avec eux, les tuer? Prendre leurs maisons, les violer, les voler, profaner leurs églises? J'ai regardé tout cela et ... comprenez-vous? une protestation s'éleva dans mon âme. Cette protestation est ce qui m'a conduit à l'Eglise, puis à Evitsa et Melitsa. Je devais les aider! Alors, j'ai commencé à les aider, et il n'y a rien de spécial à cela. "
Monastère des Saints Archanges
Au début, Adam portait Melitsa dans ses bras pour des promenades autour de la ville, et plus tard, quand elle a grandi, il l'a simplement accompagnée. Alors ils ont commencé à aller en voiture au monastère des Saints Archanges peu éloigné, où les offices divins ont recommencé. Cela semble idyllique - un grand-père âgé se promène avec sa petite-fille, avec la mère heureuse à côté d'eux. Oui, ce serait idyllique s'il n'y avait pas toute l'histoire qui précédait.


Adam Muyovich.
    
D'une manière ou d'une autre, le grand-père Adam a pris soin des Djorjevitch, suscitant la perplexité et le rejet habituels de ceux qui sont maintenant majoritaires à Prizren, mais en même temps le respect et la gratitude des orthodoxes qui vivent à nouveau ici. C'est maintenant une scène habituelle: Le dimanche ou un autre jour de fête, les gens s'approchent d'Adam alors qu'il se dirige vers l'église du Grand Martyr Georges pour le saluer et le remercier "pour être resté humain dans ces temps inhumains."
Prizren, le pont et la rivière

Beaucoup se disputent sur la vraie nationalité d'Adam. Certains disent qu'il est albanais, d'autres insistent sur le fait qu'il est un "Torbesh". C'est ce que les Serbes appellent les Slaves qui se sont convertis à la "foi turque" pour des raisons matérielles: les autorités turques distribuaient des produits alimentaires spéciaux pour faire renoncer à la foi orthodoxe, et ils plaçaient des sacs ("torby") avec de la nourriture à la porte de leurs maisons pour que les autres puissent les voir et contempler ce qui est le meilleur - mourir de faim dans leur orthodoxie ou "vivre comme les gens normaux". La majorité a préféré la faim. 

Et les relations entre les orthodoxes et les "Torbesh", représentants de la même nationalité, sont remplies de haine et de mépris. Incidemment, beaucoup disent que le monastère des Saints Archanges a été brûlé pendant les pogroms par les descendants des Serbes orthodoxes qui s'étaient convertis à l'Islam... Adam n'aime pas tout ce discours sur la nationalité. " Cela suffit maintenant ! Nous appartenons au Christ! "



Pendant la Liturgie, il s'assied habituellement, sa force n'est plus ce qu'elle était. Il est assis, totalement immergé en lui-même et dans la prière. Il cherche un coin où il peut rester inaperçu et converser tranquillement avec Dieu. 


Les autres paroissiens, malgré leur tempérament méridional, ne le distraient pas; la prière d'Adam est une vraie prière. Au moins, c'est ce que ses actes disent de lui.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Version italienne 
http://www.ortodossiatorino.net/

lundi 12 mars 2018

Père Nikon de Nea Skiti: La puissance du Jeûne



Dans cette vidéo, le père Nikon de Nea Skiti, au Mont Athos, parle de la puissance du jeûne et de l'idée fausse et commune selon laquelle "ce qui va dans la bouche n'est pas un péché, mais est péché ce qui en sort."

Père Nikon:

"Quand l'homme pratique l'ascèse, le Diable s'empare souvent de sa tête.

Parce qu'il sait quelle arme est le jeûne! Quelle puissance a le jeûne!

C'est pourquoi, pendant les périodes de jeûne, pendant le Grand Carême, le Carême de la Dormition et [pendant] le Carême de la Nativité, qui est un jeûne facile, le Diable devient fou en cherchant à détruire notre jeûne en nous faisant nous disputer, en nous déterminant à juger, à regarder ce que font les autres pour perdre la récompense que nous recevrons de Dieu pour ce jeûne.

Pendant les périodes de jeûne, nous devrions être plus prudents, plus vigilants, dans un état d'éveil plus profond et nous devrions faire plus de prière.

Que le jeûne ne soit pas seulement celui de notre estomac!

Qu'il soit celui de nos yeux aussi, que les oreilles jeûnent de ce qu'elles entendent, et que la langue jeûne de ce qu'elle dit, que le  jeûne concerne tout!

Jeûnons, mais sachez que parce que nous ferons souffrir le Diable, il nous attaquera!

Ne vous inquiétez pas du tout à ce sujet! Il ne peut rien faire! S'il le pouvait, alors il le ferait!

Et si vous entendez quelqu'un d'intelligent vous dire que l'Écriture dit que ce n'est pas un péché, ce qui entre la bouche, mais ce qui en sort, ce qu'il ou elle dit, c'est que ceci est important, comme le dit le Christ, et non ce que vous mettez dans votre bouche.

Et ils veulent dire, en utilisant les paroles du Christ, que le jeûne n'est pas nécessaire, parce que Christ Lui-même a dit que ce qui sort de ta bouche, cela te condamnera, pas ce que tu mets dans ta bouche.

Si quelqu'un vous dit une telle chose, dites-lui aussi: Si le Christ a reconnu le bienfait du jeûne, alors je jeûnerai aussi! Si je faisais plus de miracles que Christ, alors j'interromprai immédiatement mon jeûne. En attendant, s'il a bénéficié du jeûne, alors j'en bénéficierai encore plus!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dimanche 11 mars 2018

L'HIGOUMENE EUPHROSYNE DE GRAČANICA REPOSE AUPRES DU SEIGNEUR



L'higoumène du monastère de Gračanica au Kosovo, l'un des monastères les plus sacrés et les plus renommés de l'Église orthodoxe serbe, mère Euphrosyne, repose depuis hier auprès du Seigneur. Elle avait 90 ans, rapporte le site de l'église orthodoxe serbe.

Grande ascète de l'amour du Christ, elle a consacré sa vie à Dieu en tant que moniale dès son plus jeune âge. "Maintenant, son âme est allée dans les bras de Celui qu'elle a servi fidèlement toute sa vie", écrit l'Eglise serbe.

Ses funérailles ont été célébrées aujourd'hui à midi, après une matinée liturgique présanctifiée. Après le service dans l'église de la Dormition du monastère, tous ceux qui étaient rassemblés en son honneur ont accompagné son corps au cimetière du monastère.




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La moniale mégaloschème Euphrosyne (Jérémi) est née le 30 juin 1928 à Kapetanovići, aujourd'hui en Bosnie-Herzégovine, sixième de huit enfants. Sa mère devint plus tard moniale.

Elle resta sans père dès son plus jeune âge, mais elle hérita son amour pour la lecture des Écritures, utilisant tout son temps libre pour les lire. Même petite, elle voulait prononcer des vœux monastiques, mais son désir ne se réalisa qu'après la Seconde Guerre mondiale lorsqu'elle se rendit au monastère de Gračanica en 1948. Elle fut plus tard tonsurée au petit schème en 1957 par le futur saint Patriarche Pavle.

Elle entreprit avec ferveur plusieurs obédiences dans le monastère, ne se ménageant jamais, et elle est devenue l'adjointe de l'higoumène en 1955. Avec toute la fraternité, elle endura de nombreux procès, imposés par les autorités de l'époque. Après le repos en Christ de Mère Tatiana en 1990, le futur Patriarche Pavle l'installa comme higoumène de l'ancien monastère. Elle reçut le rang d'higumène le 16 octobre 1992.

Sous sa direction, beaucoup fut fait pour préserver le monastère. L'économat fut agrandi, une nouvelle maison de repos fut construite, de vieux bâtiments et l'église furent restaurés et repeints, un nouveau clocher fut construit et un mur fut construit autour de la cour.

Mère Euphrosyne était surtout connue pour sa prière. Sa grande prière et son amour pour Dieu attirèrent de nombreuses jeunes filles à la vie spirituelle, dont environ trente devinrent moniales au monastère.

Pendant des décennies, elle témoigna de toutes les persécutions au Kosovo et en Metochie avec ses moniales et le peuple. Grâce à sa miséricorde et son humanité, elle aida beaucoup de ceux qui avaient été lésés et donna refuge à beaucoup de personnes dans le monastère.

Elle fut tonsurée au rang de mégaloschème le 13 février 2017.

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Que sa mémoire soit éternelle!

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Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Annonce

Les journées du Monastère de la Transfiguration

Le Monastère de la Transfiguration, dépendance du Monastère de Simonos Pétra au Mont-Athos, propose un programme de conférences et d'échanges avec le Père Élie, fondateur, aumônier et père spirituel de la communauté.
Ces journées font suite à celles qui avaient eu lieu en 2016 et 2017. Elles se dérouleront le samedi 29 et dimanche 30 avril 2018.
Deux thèmes y seront abordés :
Entre le désespoir et l'espérance
Et
L'orthodoxe face à la mort

Monastère de la Transfiguration.
24120 Terrasson- Lavilledieu