vendredi 12 février 2016

Père Peter Alban Heers: Une parole sur la "coupe commune" et les étapes vers l'unité entre l'Orthodoxie et hétérodoxie


Père Peter Alban Heers 
*


 On entend souvent la réplique malaisée cultivée par certains orthodoxes concernant la  "panhérésie" de l'œcuménisme (qui est un déni ecclésiologique et théologique de l'unité de l'Eglise, qui est l'Eglise orthodoxe!): "cela ne se produira jamais", "il n'y a aucun moyen pour que jamais nous entrions en communion avec Rome", etc. Ce genre d'apaisement est destiné à nous mettre à l'aise et à nous concentrer sur l'union à la Coupe commune comme seul vrai problème.

Cependant, ni maintenant, ni depuis plus de 30 ans,  la question de la communion n'a été en jeu et, en fait, elle est actuellement hors de propos.

Même si on n'entre jamais en communion avec l'hétérodoxie, il est encore possible qu'une ecclésiologie hérétique soit adoptée. 

Voici une façon de comprendre ce qui se passe et comment l'ennemi se prépare à l'acceptation d'une ecclésiologie hérétique et donc d'une fausse union. 

Voici comment je l'explique à certains de mes paroissiens: en ce moment l'état d'esprit œcuméniste voudrait nous faire croire que nous sommes fiancés au protestantisme papal, c'est-à-dire au catholicisme romain. Donc, vous les entendez dire que nous avons la même foi, mais que malheureusement, nous ne pouvons pas communier ensemble. 

La prochaine étape est de reconnaître, en Concile, que nous sommes tous deux «l'église», mais peut-être l'un plus que l'autre (selon le point de vue). Ce serait équivalent à un mariage, à savoir la reconnaissance des mystères et l'ecclésialité. 

Voici ce que le document "Relations de l'Eglise orthodoxe avec le reste du monde chrétien" fait essentiellement, bien que timidement et avec un double langage. Une fois que le mariage est célébré, c'est une question de temps jusqu'à ce que le couple se retire dans sa chambre intérieure et consomme. Telle est la coupe commune. Que cela arrive lentement ou rapidement ou pas tout, importe peu, car le mariage est la clé qui termine la séparation. Ne faites pas une fixation sur la consommation. La reconnaissance de mystères et l'ecclésialité est tout.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*
Père Peter est recteur et père spirituel de la paroisse du Saint Prophète Elie, à Petrokerasa, petit village dans les montagnes près de Tessalonique

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire