mercredi 16 juillet 2014

Faites ce que je dis, surtout pas ce que je fais: l'œcuménisme et l'amour chez les Bisounours!



Saints Nouveaux Martyrs Serbes

*

Saints Nouveaux Martyrs
Serbes
du Camp 
de Concentration
de Jasenovac

*
Ce blog n'est pas un forum, c'est la raison pour laquelle les commentaires ne sont pas ouverts. Je réponds toujours personnellement aux correspondants qui donnent leur adresse, lorsque leurs commentaires me concernent et j'ignore les autres s'ils sont anonymes ou lorsque lorsqu'ils sont liés aux traductions pour lesquelles je donne le lien de la source de l'article s'ils veulent y faire leurs commentaires. Je me sens cependant obligé de faire une mise au point à propos d'un message reçu qui concerne l’article sur l'Ukraine, et l'uniatisme Heureux les artisans de paix publié sur ce blog la semaine dernière... (http://orthodoxologie.blogspot.ch/2014/07/heureux-les-artisans-de-paix.html)…

*
Un courageux correspond anonyme, à l’abri de son anonymat et de son défaut d’adresse de courriel qui me permettrait de lui répondre personnellement, illustre parfaitement l’expression Chutzpah (u (‫חֻצְפָּה‬)‬) invoquant en hébreu l’insolence, l’audace et l’impertinence. On emploie cette expression pour caractériser quelqu’un qui a dépassé outrageusement et sans vergogne les bornes du comportement acceptable par absence de honte. Dans le cas présent l'ignorance, l'inconscience et la suffisance sont aussi du voyage...

Cet anonyme correspondant, passionné par les Pères du Désert, est fasciné par mon zèle (sic), mais il est triste que je n’aie pas compris la prééminence de l’amour sur toutes les autres formes de spiritualité (re sic!). Il me cite aussi saint Silouane qui enseigne l’amour des ennemis. Il est tout à fait permis d'être moins léger quand on parle de spiritualité…  Lorsque le sage montre la lune, le sot regarde le doigt, comme le dit si bien la sagesse chinoise...

Je ne vois pas le rapport avec le fait que je rapporte simplement quelque chose d'obvie et de patent : l’uniatisme catholique romain délétère et criminel est toujours en vogue et cautionné à Rome, et Rome va bientôt canoniser (malgré la protestation de l'Eglise orthodoxe serbe) l’immonde cardinal Stepinac, séide du poglavnik Pavelic qui fut responsable de la conversion forcée, de la torture ou de la mort de milliers de Serbes, et du trépas de milliers de Juifs et de Roms avec eux. 

D’autre part, je le rapporte (mais la vérité n'est-elle pas compatible avec l'amour?) récemment encore, le pape actuel, comme ses prédécesseurs, a donné en exemple d’unité chrétienne l'assassin Josaphat Kuntzévitch, grand tueur d’orthodoxes. C'est sans doute une preuve d'amour?!

Et bien sûr, Ante Pavelic, le Führer croate, fut aidé à s'enfuir par l'église romaine, en Argentine puis en Espagne, et il mourut à Madrid après avoir reçu la bénédiction du bon pape Jean XXIII. Et comme le disent ses fidèles sur leur blog, pour son dernier voyage, il emporta entre ses mains le crucifix que lui avait offert Pie XII en 1941. Oui! il y eut beaucoup d'amour au Vatican pour les criminels, moins pour les pauvres bougres serbes, juifs et roms dont ils furent les victimes!

D'autre part, last but not least, la politique agressive du Vatican vis-à vis de l'Orthodoxie se poursuit encore de nos jours: création d'un nouveau diocèse uniate à Bucarest où il n'y en eut jamais dans le passé, aide matérielle de l'église uniate ukrainienne à l'armée ukrainienne lui permettant d'acheter du matériel militaire pour lutter contre les "rebelles orthodoxes". Encore une preuve "d'amour", mais lequel? Pas celui du Christ!

Si l’on doit dialoguer avec Rome autrement que par des cérémonies tout à fait mondaines et convenues (fussent-elles à Jérusalem à grand renfort de média), qui n'ont aucun intérêt dans la mesure où elles n'abordent ni les problèmes, ni les solutions, il est absolument nécessaire que Rome demande pardon en particulier pour ses crimes en Croatie durant la dernière guerre (récemment encore un prélat romain à qui on en parlait, disait qu’il fallait bien étudier la question… Dans une interview récente à la radio «Slobodna Evropa», l’archevêque Stanislav Hočevar avait, au sujet de l’éventuelle demande de pardon du pape au sujet des crimes commis pendant la Seconde guerre mondiale dans «l’État indépendant de Croatie» contre les orthodoxes serbes, donné la réponse suivante: «Le mot ‘pardon’ est si saint et important que nous devons le prononcer avec le sérieux et l’objectivité les plus grands. Dites-moi qui, jusqu’à maintenant, à étudié dans son ensemble, non seulement Jasenovac [le camp de concentration, en Croatie, où furent massacrés Serbes orthodoxes, juifs et roms, ndt], mais aussi tous les crimes [de cette époque, ndt]. Le Saint Père le fera [demandera pardon, ndt] très volontiers, lorsque les informations  seront objectives, car nous ne saurions jeter de telles paroles saintes dans le vide, sans clarté.» Tartuffe est toujours vivant, il est archevêque du Vatican!

Personne ne confond les catholiques et le catholicisme, personne ne confond les criminels et les simples fidèles qui n'en peuvent mais. Le Christ nous recommande d’aimer tous les hommes, c’est même à cela que l’on nous reconnaîtra comme Ses disciples. Les fidèles catholiques romains actuels ne sont pas responsables des crimes du passé, cependant leurs hiérarchies qui les cachent, les nient et les perpétuent ne peuvent prétendre être innocentes. Et il est pour le moins très bizarre de se voir reprocher un manque d’amour lorsque l’on proteste parce que Rome continue à nous présenter les assassins de nos frères orthodoxes comme des modèles de sainteté, et leur action criminelle comme une voie chrétienne à suivre pour l’unité des chrétiens.

un certain nombre d'articles sur cette période troublée:








et quelques livres :

V. Novak, Magnum Crimen, publié à Zagreb

Marco Rivelli, Le Génocide Occulté, Editions l'Age d'Homme

Hervé Laurière, Assassins au Nom de Dieu, Editions l'Age d'Homme

Les archives du Vatican devraient aussi aider à se documenter, en particulier sur la réaction horrifiée du Cardinal français Tisserant, face aux conversions forcées et aux massacres perpétrés par les nazis oustachis, leur Poglavnik (Führer) Pavelic avec le soutien de l'église locale dirigée par Stepinac. 

Il est vrai que le Cardinal Stepinac a été béatifié par Rome. Monsaigneur Stepinac [dénonça] la persécution des Serbes par le gouvernement oustachi dans une lettre de protestation datée du 24 mars 1945 (sic) [C’est relativement tard… sentait-il le vent tourner? Ce n'était pas difficile alors? Le Diable se fait ermite en vieillissant ! Avant cette date, rien. Par contre d’innombrables photos où on le voit faire le salut nazi en compagnie des Oustachis…] (Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich, p. 425). Dans la période précédente, s'il y eut protestation, elle fut tellement discrète que personne n'en a trouvé trace nulle part: en 1951, le chargé d'affaires français au Vatican, d'Ormesson, avec une certaine ironie, s'interrogeait sur l'absence de publicité donnée par l'archevêque aux condamnations antérieures.(op. cit.)


En effet, en 1942, le sieur Stepinac fut nommé par le Führer croate Ante Pavelic aumônier principal des forces oustachies. Il était ainsi remercié du Te Deum qu'il avait fait célébrer quelques mois plus tôt pour remercier Dieu et lui demander de bénir le Poglavnik [Führer en croate] Ante Pavelic.

L'Archevêque Ivan Saric, n'avait-il pas montré la voie aux fidèles avant son chef, en publiant une Ode au Poglavnik qui est un crachat sur la Sainte Face du Christ? Dans cette ode délétère, il célèbre Dieu, les Croates et "l'Oustachi magnifique" (Pavelic). On pense irrésistiblement à Mgr Jean de Mayol de Lupé, prélat catholique français (?) qui fut aumônier de la Division SS Charlemagne, décoré de la Croix de Fer de 2ème classe, et qui semblait souvent confondre le Führer avec Notre Seigneur. Fut-il censuré et réduit à l'état laïc par Rome? Il semble que non!

L’évêque orthodoxe Platon de Banja Luka, devant être expulsé, demanda à un évêque catholique, le Dr Jozo GARIC (qui était croate, comme les oustachis) d'intervenir auprès de l'officier autorisé et de lui permettre de rester pendant deux ou trois jours de plus afin de se préparer pour le départ. Cet évêque catholique lui dit d'être calme et paisible. Cependant, les oustachis arrêtèrent l’évêque Platon la nuit suivante, le 5 mai 1941, et l'emmenèrent, avec le prêtre Dušan Subotic […]. Ses tortionnaires ferrèrent les pieds de Monseigneur Platon comme à un cheval et le firent marcher, dans d'horribles souffrances, jusqu'à quelques kilomètres de la ville. Comme il s'était effondré, ne pouvant plus marcher, on lui arracha la barbe, ainsi qu'aux autres prêtres, et, sur sa poitrine nue, les Oustachis allumèrent un feu de charbon de bois. Après quoi ils furent achevés à coups de hachette et jetés dans la rivière Vrbanja. L’oustachi Asim Celic commit cet acte répugnant. Le corps de l'évêque, qui avait été marqué et défiguré, fut retrouvé dans le village de Kumsale, le 23 mai 1941.

Il est vrai aussi que certains camps dirigés par des moines franciscains, organisateurs de concours d'égorgements de Serbes et de Juifs, n'ont pas laissé d'archives dans la tourmente de la fin de la Seconde Guerre Mondiale… La lecture de Kaputt de Curzio Malaparte, devrait aussi édifier Son Eminence Stanislav Hočevar sur le bel humanisme des héros oustachis catholiques de cette époque.

Enfin Son Eminence devrait trouver trace de ce témoignage qui suit:

A la radio de Londres, le 16 Février 1942, un Croate, Veceslav Vilder sauva l'honneur de ses concitoyens et coreligionnaires catholiques et exposa au monde l'infamie du prélat:
" Et maintenant autour de ce Stepinac, les pires atrocités se commettent... le sang fraternel coule en ruisseaux... Les orthodoxes sont convertis de force au catholicisme, et nous n'entendons pas la voix de l'Archevêque Stepinac prêchant la révolte. Mais nous lisons qu'il participe à des parades fascistes et nazies. 
Et ce qui est pire encore: l'évêque de Zagreb, Salis-Sevis, dans son discours de nouvel an, a directement glorifié Pavelic, et l'archevêque Stepinac n'a pas repris son évêque... et un autre archevêque catholique, Saric, à Sarajevo, a composé le 24 Décembre [ ! ], toute une longue ode à Pavelic." 

Ce que ce brave et authentique patriote yougoslave catholique ignorait, c'est l'étendue de cette collaboration et son horreur.

Si "l'ignorance ne s'apprend pas" (Gérard de Nerval), la mauvaise foi peut devenir une seconde nature.

Comme le dit la chanson Nuit et brouillard, à propos des êtres que la barbarie nazie mit dans des camps de la mort, « je twisterai les mots s’il fallait les twister pour que nos enfants sachent qui vous étiez, » vous les victimes des crimes oustachis, pour lesquels Rome ne veut toujours pas demander pardon.

Relisons le Grand Inquisiteur de Dostoïevsky, 
il est toujours d'actualité!

*

Tiré du calendrier orthodoxe:

Saints nouveaux-martyrs de Serbie
Priez Dieu pour nous!

En mai 1941, les milices nationalistes croates équipent le camp de concentration de Jasenovac, où seront assassinés de 1941 à 1945 des centaines de milliers de prisonniers, pour la plupart serbes et juifs. Dans cette même période, le régime oustachi du dictateur Ante Pavelic, appuyé par Hitler et Mussolini, et bien vu d’une partie de la hiérarchie catholique, conduit au massacre cinquante mille Juifs, sept cent mille orthodoxes serbes, et même des catholiques slovènes, détruisant presque toutes les synagogues de la Croatie et 299 églises orthodoxes. Le Patriarcat orthodoxe serbe paya un prix très élevé à la furie dévastatrice des oustachis : six évêques, plus de 300 prêtres et 222 religieux perdirent la vie en ce bref laps de temps. Dans la seule éparchie orthodoxe de Plaski, ne restèrent plus vivants que 5 prêtres sur 137. Les chefs religieux, les rabbins d’une part, et les métropolites d’autre part, furent contraints à subir en public, qu’ils soient vivants ou morts, des atrocités sans nom. Parmi les principaux collaborateurs du régime inhumain de Pavelic, il y eut même quelques religieux catholiques. Les évêques qui osèrent élever la voix en faveur des juifs furent une minorité ; et presque personne ne se manifesta pour défendre les Serbes. Le martyre de l’Église serbe et des juifs croates, conséquence avant tout de haines nationalistes nourries depuis longtemps dans ces pays de frontières, doit être un avertissement à se souvenir combien les expressions de la foi religieuse ont en tout temps à veiller sur l’instrumentalisation dont elles peuvent être l’objet, et dont les résultats dans l’histoire ont toujours été dévastateurs. Mais chaque chrétien est appelé à vérifier si la foi en Christ est compatible avec une idéologie qui ne reconnaît pas la dignité et l’inviolabilité de la vie de tout homme.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire