dimanche 6 octobre 2013

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX



23 septembre / 6 octobre
15ème dimanche après la Pentecôte
Conception du prophète, précurseur et baptiste Jean ; saintes Xanthippe et Polyxène  (109) ; sainte Irais, vierge, martyre en Egypte (vers 308) ; saint André, martyr en Afrique du Nord avec saint Jean et ses fils saints Pierre et Antonin (IX°) ; saint Nicolas l'épicier, de Constantinople (1672) et saint Jean de Konitsa (1814), néomartyrs grecs.
Lectures : II Cor. IV, 6-15 ; Lc. V, 1-11. Précurseur: Gal. IV, 22-31 ; Lc. I, 5-25.

CONCEPTION DE SAINT JEAN-BAPTISTE[1]
Lorsque notre Seigneur et Dieu, le Fils unique et Verbe du Père, se préparait à descendre du haut du Ciel pour être conçu, de manière immaculée, dans le sein de la Vierge Mère de Dieu, il voulut annoncer et confirmer ce miracle d’entre les miracles, par une merveille qui lui ressemblât sans y être identique. C’est aussi pour qu’en toutes choses saint Jean-Baptiste soit le Précurseur du Christ, que, six mois avant sa visite à la Mère de Dieu, l’Archange Gabriel apparut au prêtre Zacharie, au moment où il entrait dans le sanctuaire, pour accomplir le sacrifice de l’encens et prier pour le peuple. En le voyant, Zacharie fut pris de crainte, mais l’Ange le rassura et lui dit : « Tu n’as pas à craindre, Zacharie, tes supplications ont été exaucées ; ta femme Élisabeth te donnera un fils que tu appelleras Jean. Il y aura pour toi de la joie et de l’allégresse, et bien des gens se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur ; il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère » (Lc l, 13-15). Zacharie était avancé en âge, sa femme également, aussi douta-t-il un instant de la vérité des paroles de l’Ange, et de ce que « quand Dieu le veut l’ordre de la nature est vaincu ». C’est pourquoi Gabriel lui prédit que, pour le punir et lui apprendre à n’utiliser sa langue que pour glorifier Dieu, il resterait muet jusqu’à la naissance de l’enfant.

VIE DU ST NÉOMARTYR JEAN de KONITSA
Saint Jean naquit à Konitsa, dans l’ancienne Épire, de parents musulmans. Son père était un cheikh7 réputé, membre de l’ordre des derviches. À l’âge de vingt-six ans, Jean s’installa à Ioannina, où il jouissait du respect de tous, étant fils de cheikh et lui aussi derviche. Il devint même le derviche attitré du maître de l’Aitolie, Issouf l’Arabe, qui dirigea les armées turques lors de la guerre déclenchée contre les Russes pour la possession des îles ioniennes. Bien qu’il fût encore dans les ténèbres de l’impiété, le jeune homme vivait selon sa conscience, et partageait par conséquent en beaucoup de points la conduite des chrétiens. Après le départ d’Issouf de l’Aitolie, il demeura dans la région, se rapprochant de plus en plus des chrétiens. Finalement il prit la décision de demander le saint baptême, que personne n’osait lui donner par peur des répressions. C’est pourquoi il fut baptisé dans l’île d’Ithaque sous le nom de Jean. Puis, il alla s’installer dans la région de Xiroméron, où il se maria et vécut caché, travaillant comme garde champêtre du village de Machalas. En 1813, apprenant que son fils était devenu chrétien, le père de Jean le fit rechercher par deux derviches, afin d’essayer de le ramener à leur croyance. Ils le découvrirent, mais aucun de leurs sophismes ne put convaincre le bienheureux qui prêta aucune attention à leurs discours.
À la suite de cette visite, son identité ayant été révélée aux autorités de la région, il fut arrêté par les soldats turcs et emmené à Agrinion. À toutes les questions du juge, le saint ne répondait que par ces mots : « Je suis chrétien, et je me nomme Jean ! » Après lui avoir infligé divers mauvais traitements et maintes vexations, on décida de lui trancher la tête. Au moment de l’exécution, le 23 septembre 1814, puisqu’on ne lui accordait pas la permission de lui délier un peu les mains pour faire son signe de Croix, le bienheureux s’écria comme le Larron : « Souviens-toi de moi, Seigneur, lorsque tu reviendras dans ton Royaume ! » Puis il inclina docilement la tête sous le glaive. Son corps, que les Turcs voulaient abandonner aux chiens, fut recueilli par des fidèles qui l’ensevelirent secrètement. Sa sainte dépouille fut ensuite transférée au monastère de Proussos et cachée dans une crypte, où on la découvrit en 1974.

Tropaire du dimanche du 6ème ton
Áнгельскія си́лы на гро́бѣ Твоéмъ, и стрегу́щіи омертвѣ́ша: и стоя́ше Mapíя во гро́бѣ, и́щущи пречи́стаго Тѣ́ла Tвоего́. Плѣни́лъ еси́ а́дъ, не искуси́вся отъ него́ ; срѣ́тилъ еси́ дѣ́ву, да́руяй живо́тъ. Bоскреcы́й изъ мéртвыхъ Го́споди, сла́ва Tебѣ́.
Les puissances angéliques apparurent devant Ton sépulcre, et ceux qui le gardaient furent comme frappés de mort. Marie se tenait près du tombeau, cherchant Ton corps immaculé. Tu as dépouillé l’enfer, sans être éprouvé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge en donnant la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !




Topaire de la conception de St Jean Baptiste, ton 4
Пе́рвѣе неражда́ющая непло́ды, возвесели́ся, се́ бо зачала́ еси́ Со́лнца свѣти́льника я́вѣ, просвѣща́ти иму́ща всю́ вселе́нную, слѣпото́ю неду́гующую. Лику́й, Заха́ріе, вопія́ со дерзнове́ніемъ: проро́къ Вы́шняго е́сть хотя́й роди́тися.
Réjouis-toi, stérile qui n’enfantais pas ! Voici que tu as conçu celui qui fut vraiment un flambeau du Soleil, celui qui devait éclairer le monde entier souffrant de cécité. Tressaille de joie, Zacharie, écrie-toi sans crainte : Il est prophète du Très-Haut, celui qui va naître.

Kondakion de la conception de St Jean Baptiste, ton 1
Весели́тся свѣ́тло Заха́рія вели́кій со всесла́вною Елисаве́тію сопру́жницею, досто́йно зачина́юще Іоа́нна Предте́чу, его́же арха́нгелъ благовѣсти́, ра́дуяся, и человѣ́цы достодо́лжно почти́мъ, я́ко таи́нника благода́ти.
Zacharie le grand prêtre rayonne de joie et son illustre épouse Elisabeth à juste titre se réjouit de concevoir Jean le Précurseur, que l'Archange annonça en se réjouissant et que nous les hommes, selon ses mérites nous vénérons comme initiateur de la grâce de Dieu.
Kondakion du dimanche du 6ème ton
Живонача́льною дла́нію уме́ршыя отъ мра́чныхъ удо́лій Жизнода́вецъ воскреси́въ всѣ́хъ, Христо́съ Бо́гъ, воскресе́ніе подаде́ человѣ́ческому póду ; éсть бо всѣ́xъ Спаси́тель, во-скресéніе и живо́тъ и Бо́гъ всѣ́хъ.
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui,  le Christ Dieu, qui a fait don de la Résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la Vie et le Dieu de l’univers.

Hiéromoine Grégoire de la Sainte Montagne

COMMENTAIRES SUR LA DIVINE LITURGIE
DE ST JEAN CHRYSOSTOME
La Divine Liturgie est appelée « anaphore », qui signifie en grec faire monter, offrir, parce que nous-mêmes et nos précieux Dons sommes offerts (élevés) vers Dieu. Et il faut « nous tenir avec révérence et avec crainte à ce moment redoutable de la sainte Anaphore, car quelle que soit la disposition de l’âme ou quelles que soient les pensées que chacun a en ce moment-là devant Dieu, c’est dans la même disposition qu’il est élevé vers le Seigneur » (St Athanase du Sinaï).
Les Dons précieux ne sont pas simplement offerts sur l’Autel terrestre, mais sont élevés à l’Autel supra-céleste. Et nous sommes tous appelés à nous élever jusqu’à la sphère de la paix inébranlable. Le passage vers cette sphère doit avoir lieu en paix. « Une grande paix et une grande quiétude sont nécessaires » à ce moment et en ce lieu (St Jean Chrysostome). Lorsque la sainte anaphore est offerte sur l’Autel supra-céleste, les Puissances angéliques se tiennent avec crainte et tremblement. Elles couvrent leurs visages avec révérence et chantent l’hymne au triple Soleil Divin.
Miséricorde de paix, sacrifice de louange.
À l’exhortation du célébrant invitant les fidèles à offrir la sainte anaphore en paix, ceux-ci répondent : nous l’offrons en paix et dans l’amour envers le Seigneur et nos frères. Nous offrons la miséricorde de paix. Nous offrons la miséricorde, c’est-à-dire l’amour, qui est le fruit de la paix. En effet, « lorsque nulle passion de trouble l’âme, rien n’empêche celle-ci d’être remplie de miséricorde » (St Nicolas Cabasilas).
Dieu nous dit par le prophète Osée que l’offrande de notre amour envers Lui et nos frères est préférable au sacrifice offert sans amour : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » (Osée VI,6). En outre, « tous les commandements de l’Ancien Testament concernant les sacrifices et les holocaustes sont contenus dans le commandement de la miséricorde et de l’amour (St Basile le Grand). Aussi, il est impossible d’offrir le sacrifice de la glorification de Dieu avant d’avoir offert celui de notre amour. Le sacrifice qui est offert avec amour est celui qui est agréable à Dieu. C’est un sacrifice qui glorifie et loue Son amour : c’est un sacrifice de louange.
Les fils du Royaume, dont le trait distinctif est la paix, offrent la miséricorde de paix et le sacrifice de louange. « La miséricorde envers chacun qui se trouve dans l’adversité et qui a besoin d’aide. Mais c’est une miséricorde de paix. Lorsque nous aimons la paix qui est exercée envers tous, lorsque nous avons détruit toute inimitié et conflit avec tous, alors nous offrons le véritable sacrifice de louange » (St Maxime le Grec).

LECTURES DU DIMANCHE PROCHAIN : Matines : Lc XXIV, 12-35 ;  Liturgie : II Cor. VI, 1-10 ; Lc VI, 31-36




[1] Tiré du Synaxaire du Hiéromoine Macaire de Simonos Petras.

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