mardi 27 mars 2012

Dionysis Papachristodoulou: Vas-y. mange, je prends sur moi le péché! (1/2)


Преподобный Иоанн Лествичник

Couloir d'hôpital. Attente. Gens courant ici et là, en demandant aux médecins: "Ai-je ceci, ou autre chose? Ça fait mal ici; ça fait mal là…" Terminologie médicale. Douleur. Attente dans un long couloir. Les chambres adjacentes sont vides. Ce n'est pas un hôpital public, mais une clinique de luxe... pour les privilégiés. Loin dans le couloir il y a un autre patient et ses visiteurs: des amis, et une grand-mère. Des friandises sont offertes. C'est vendredi. Jour de jeûne.

"Prends-en, grand-mère…"
"Je te remercie, non. Je jeûne."
"Allons grand-mère, prends-en un."
"Merci, je ne veux pas."
"Allez, grand-mère, mange, je prends sur moi le péché…"

Il arrive souvent dans une assemblée de personnes, que quelqu'un - avec une note d'auto-sacrifice" (mais qui cependant ne jeûne pas - dise à une autre personne (qui jeûne) "mange, et laisse-moi le fardeau du péché." Comme si le jeûne était une taxe qu'un [autre] compagnon peut payer.
Cette forme d'exhortation est indicative de la perception légaliste que nous avons, quand il s'agit de notre relation avec l'Eglise. Crime et châtiment... Loi, transgression, culpabilité, obligation, sentence, expiation, règlement... Une perception qui est attribuée à la barbarisation médiévale qui domine dans notre pays, principalement après sa libération en 1821. 
Les Canons de l'Eglise ont été réduits à des lois stériles, avec la préoccupation majeure que l'on pourrait les transgresser, et que, dans ce cas, la punition s'ensuivrait.
La loi de l'Etat peut tout simplement nous opprimer, mais nous le tolérerons afin que la société puisse fonctionner de manière rudimentaire. Mais la loi de l'Eglise, ses canons, existent pour notre bien, pour nous guérir. Celui qui les met en œuvre, a une thérapie pour toute son existence, celui qui n'y parvient pas, la thérapie sera un gain au moins pour sa conscience. 
La conscience est plutôt "élastique". Elle est extensible: l'homme peut atteindre le point de commettre le pire genre de crime et, en trouvant pour cet acte un argument, un prétexte, sa conscience peut être émoussée. Une fontaine peut surgir de l'eau sale, ou devenir tout à fait inutile… 
"Allons... tout le monde vole..." "Tu ne voleras pas..." Et la situation est effacée. C'est pourquoi un ajustement "philanthropique" à une réalité sociale est un crime. "Si quelque chose n'est pas mis en œuvre par toute personne (ou la plupart des gens), alors nous allons simplement le supprimer." Cette mentalité "réaliste" est un crime, car elle élimine toute possibilité de se repentir. Les règles de l'Église sont des indicateurs montrant le droit chemin, tandis que son économie permet à l'homme peu à peu de trouver un équilibre dans sa vie à travers une série de hauts et de bas, en tirant sa force au sein de la repentance.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
citant

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