samedi 12 février 2011

Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (VI)



Il faut savoir que, selon le témoignage de notre divinement sage, saint Père Théophore Nil, le jeûneur du Sinaï, la Divine prière mentale qui convient aux parfaits, fut déjà donnée par Dieu lui-même au Paradis, au premier homme créé. Car saint Nil dit (49ème Homélie) à ceux qui prient avec ferveur, afin qu'ils puissent hardiment préserver le fruit de la prière et que leur labeur ne soit pas vain : "Ayant prié suivant la règle, attendez ces choses qui ne sont pas selon la règle, et restez hardiment là pour préserver votre fruit. Car c'est à cela que vous fûtes assignés dès le commencement : faire et préserver, de peur que ce qui ait été fait ne soit pas préservé; sinon il n'y a pour vous aucun bénéfice venant de votre prière."
Interprétant ces paroles, saint Nil, le luminaire Russe, habitant du désert de Sora, qui, comme cela apparaît dans son livre divinement sage brillait comme un soleil en Russie par le labeur mental de la prière, dit ce qui suit "A présent ce saint ramène à l'antiquité le fait que l'homme doive faire et préserver; car l'Ecriture Sainte dit que Dieu créa Adam et le plaça en Paradis afin qu'il fasse ( travaille) et préserve le Paradis. Car ici, saint Nil du Sinaï appelle la prière le façonnement (le travail) du Paradis, et la garde contre les pensées impies après la prière, il l'appelle préservation". De même saint Dorothée dit aussi que le premier homme créé, étant mis en Paradis par Dieu, resta en prière, comme il le dit dans sa Première Instruction. De ces témoignages, il est clair que Dieu ayant créé l'homme à Son image et à Sa ressemblance, Il le conduisit dans un paradis de douceur pour travailler dans les jardins immortels, c'est-à-dire, dans les plus pures, les plus exaltées, les plus parfaites pensées divines, selon saint Grégoire le Théologien. Et ceci ne veut dire rien d'autre que le fait qu'il resta, pur d'âme et de corps, en prière contemplatrice, remplie de grâce, et qu'il préserva hardiment ceci, comme la prunelle de ses yeux, - ceci étant le labeur du Paradis -, de peur que cela ne décroisse un jour dans son âme et dans son cœur. De ce fait, grande est la gloire de la sainte et divine prière mentale, dont le bord et le sommet, c'est-à-dire, le commencement et la perfection, furent donnés à l'homme par Dieu en Paradis, et ainsi, c'est de là qu'elle a son commencement.
Mais elle acquit une gloire plus incomparablement grande lorsque Celle plus Sainte que tous les saints, plus honorable que les Chérubim et incomparablement plus glorieuse que les Séraphim, la Très Sainte Vierge Mère de Dieu, demeurant dans le Saint des Saints, accéda au sommet même de la vision Divine, au moyen de la prière mentale, et fut rendue digne d'être le magnifique réceptacle de Dieu le Verbe, Lui que toute la création ne peut contenir, Lui qui fut contenu en Elle par hypostase, et naquit d'elle sans semence pour l'amour du salut des hommes. De ceci, témoignage est donné par le pilier invincible de l'Orthodoxie, notre Père parmi les saints Grégoire Palamas, Archevêque de Thessalonique, dans son Homélie sur l'Entrée au Temple de notre Très Sainte Dame, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie; car il dit que la Très Sainte Vierge, Mère de Dieu, logeant dans le Saint des Saints et arrivant à comprendre parfaitement d'après les Saintes Ecritures qui étaient lues à chaque Sabbat, que la race humaine était en train de périr à cause de sa désobéissance, en conçut une extrême pitié et accepta la prière mentale à Dieu, afin qu'Il prenne bientôt pitié de la race humaine et la sauve. Je dois citer ici les paroles mêmes de saint Grégoire, quelques-unes parmi toutes celles qu'il a dites, et qui sont dignes d'un esprit angélique : "Car cette divine Jeune Fille, la Vierge, entendant et voyant cela, prit pitié de la race commune et chercha comment obtenir une guérison et un traitement équivalents à une telle souffrance. Elle découvrit qu'Elle devait se tourner immédiatement avec tout son intellect vers Dieu, et Elle prit sur Elle cette prière pour nous, afin de forcer Celui qu'on ne force pas et de L'attirer plus vite vers nous, de telle sorte que Lui-même puisse déraciner la malédiction à son origine, puisse faire cesser le feu qui dévorait le champ de l'âme et lier à Lui la créature, après avoir guéri son infirmité. Puis, ],a Vierge pleine de grâce, ayant ainsi examiné ce qui, selon Elle, convenait le mieux à chaque nature, plaça la prière mentale au-dessus de tout, la jugea meilleure que n'importe quelle parole à cause de son caractère merveilleux et glorieux. Et cherchant comment Elle pourrait converser avec Dieu d'une manière appropriée et habile, Elle alla à Lui comme intercesseur volontaire ou plutôt comme intercesseur choisi par Dieu."
Et plus loin il dit : "De ce fait, quand Elle vit qu'il n'était rien de meilleur pour l'homme parmi les choses existantes, Elle se dirigea Elle-même, avec crainte, vers la prière, renouvela dans l'humaine nature la grandeur et la perfection. Elle fit une découverte et agit en conséquence, et pour tout cela, Elle donna l'action comme l'ascension suprême, vers la vision; mais la vision est plus grande que les choses qui ont été mentionnées, tout comme la vérité est plus grande que l'imagination. Mais vous, vous concentrant en vous-mêmes, et ayant purifié vos intellects, écoutez maintenant la grandeur du mystère… car, saisissant l'occasion fournie par cette assemblée réunie au nom du Christ, je veux dire quelques mots avant tout, à ceux qui ont renoncé au monde. Celui qui, par esprit de renonciation, a déjà goûté aux délices à venir, qui est avec les Anges et et qui obtient une demeure en Paradis, qu'il ait le désir d'imiter, selon sa force, Celle qui la première et unique renonça au monde dès l'enfance pour l'amour de la paix : l'Epouse Toujours Vierge."
Et plus loin, saint Grégoire dit : "De là, cherchent ce qui était le plus nécessaire à un intercesseur pour converser (avec Dieu) - ce en quoi consiste la prière - la Vierge parvint à obtenir le silence sacré, le silence de l'intellect, la séparation d'avec le monde, l'oubli des choses d'ici-bas, et la Connaissance exaltée d'une auditrice de choses secrètes, jusqu'à la transformation de l'être en ce qu'il peut être de meilleur. Cette activité, en vérité ascension vers Celui Qui Est en Vérité, ou plus exactement, vers la vision Divine, est comme une brève indication pour l'âme qui a obtenu cette activité en Vérité. Toute autre vertu est comme un traitement médical applicable aux infirmités de l'âme et aux passions mauvaises qui se sont enracinées à cause de l'acédie; mais la vision Divine est le fruit d'une âme saine, en tant qu'ultime perfection et image de l'activité Divine. Donc, un homme devient "participant à Dieu", non en paroles ou en une modération judicieuse vis-à-vis des choses visibles, car ceci est terrestre, bas et humain, mais plutôt en demeurant dans le silence, car c'est ainsi que nous sommes séparés et libérés des choses d'ici-bas, et que nous montons vers Dieu. 
Et ainsi, passant jour et nuit en prières et supplications dans la chambre supérieure d'une vie de silence, nous allons en quelque sorte vers cette Nature Inaccessible et et Sainte nous nous en rapprochons dans une certaine mesure. Et ceux qui endurent cela, et sont ainsi dissous dans la Lumière qui Existe d'une manière ineffable au-delà des sentiments et de la pensée, voient Dieu en eux-mêmes, comme dans un miroir, parce qu'ils ont déjà purifié leur cœur par un silence sacré. Et ainsi le silence est un guide rapide et court, couronné de succès qui unit l'homme à Dieu, lorsque l'on s'y tient entièrement. Et la Vierge Qui s'y maintint même depuis l'enfance, - qu'est-Elle ? Elle vécut dans le silence d'une manière surnaturelle depuis Son Enfance même, et à cause de cela, Elle seule parmi toutes les femmes donna naissance - sans époux - à l'Homme-Dieu, le Verbe",
Et plus loin, il dit : "De ce fait aussi, la Très Pure, renonça en quelque sorte, aux logis et paroles terrestres, s'éloigna des gens et s'étant mise à l'écart d'une vie pleine de reproches, Elle choisit une vie invisible et sans communication avec quiconque, vivant en un lieu où nul n'avait le droit d'entrer. Là, libre de tout lien matériel, et renonçant à tout contact et à tout amour envers qui que ce soit, et ne montrant nulle pitié pour le corps, Elle concentra tout son esprit vers Lui, dans cette divine prière incessante, demeurant en Lui, avec attention. Et par ce moyen, repliée sur Elle-même et se plaçant au-dessus de tout tumulte, au-dessus de toute pensée et simplement au-dessus de toutes apparences et choses, Elle ouvrit ce nouvel accès ineffable vers le Ciel, qui est, je le dirai,  le silence des pensées. Et s'appliquant avec courage à ceci, et s'y efforçant en Son intellect, Elle S'éleva au-delà de toutes les créatures et vit bien mieux que Moïse la gloire de Dieu et Elle vit aussi que la gloire Divine n'était en aucune façon liée au pouvoir des sens - sainte et joyeuse vision des âmes et des intellects purs - dont Elle est, selon les Divins chantres - partageant une nuée véritable d'eau vive, et l'Aube du jour de l'intellect, et le chariot de feu du Verbe.
Par ces mots du divin Grégoire Palamas, celui qui est intelligent peut comprendre, aussi clairement que le soleil brille, que la Très Pure Vierge Mère de Dieu, demeurant dans le Saint des Saints, par le biais de la prière mentale, accéda aux suprêmes sommets de la vision Divine. Et, renonçant au monde pour l'amour de la paix, par le silence sacré de l'intellect, des pensées, en concentrant Son intellect dans l'incessante Divine prière et l'attention et en accédant par l'activité à la Divine vision, Elle S'offrit au Divin et Angélique ordre monastique comme exemple de vie attentive à l'être intérieur, de telle sorte que, ayant renoncé au monde et considérant Sa très fervente lutte, selon leur force et Ses prières, ils puissent l'imiter pendant les labeurs et les tâches de la vie monastique déjà mentionnés. Mais qui pourrait d'une manière digne louer la divine prière du coeur, dont la Mère de Dieu Elle-même, instruite par le Saint Esprit fut l'artisane, pour le bénéfice et l'avancement (spirituel) des moines !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972
*
(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
*


L'Ermitage du cœur (54)



Tes paroles 
Dans le silence de Dieu
Arriment ton âme
À la prière incessante

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 11 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (V)


CHAPITRE II
Le Commencement de cette divine Prière du Coeur, et les témoignages de l'Ecriture la concernant, suivant les Pères Théophores.

Avant d'indiquer d'où vient cette Divine prière, je dois présenter quelques points, à titre d'information générale. Il faut savoir que, selon les écrits de nos saints Pères Théophores, il y a deux sortes de prières mentales: l'une pour les débutants, liée à l'activité habituelle, l'autre pour ceux qui sont avancés, liée, elle, à la vision. L'une est le commencement, l'autre la fin, car l'activité est le chemin vers la vision
Et on devrait savoir que, selon Saint Grégoire le Sinaïte, il y a huit visions préliminaires, qu'il énumère ainsi "Nous disons que les huit visions préliminaires sont premièrement la vision de Dieu, divinité invisible, sans origine et Incréée, cause de tout, Une dans la Trinité et au-dessus de tous les êtres ; deuxièmement la vision de la hiérarchie des puissances mentales, troisièmement la vision de la composition des êtres (visibles) ; quatrièmement, la vision de la condescendance du Verbe qui nous observe ; cinquièmement, la vision de l'universelle résurrection; sixièmement, la vision du Second et Terrible Avènement du Christ, septièmement la vision du tourment éternel; huitièmement, la vision du Royaume de Dieu qui est sans fin ! Ayant présenté ceci, Je vais parler selon la pauvreté de ma raison infirme de la manière selon laquelle l'activité et la vision doivent être comprises.
Il faut savoir que tout le labeur monastique (je parle à ceux qui sont simples comme moi) par lequel quiconque peut être passé, avec l'aide de Dieu, l'amour du prochain et de Dieu, dans la douceur et l'humilité et la patience, et tous les autres commandements de Dieu et des Saints Pères, en parfaite soumission de corps et d'âme selon Dieu, en jeûnes, veilles, larmes, prosternations et autres méthodes pour contraindre le corps, dans l'accomplissement fervent des règles de l'Eglise et du monachisme, dans l'exercice secret de la prière mentale, en lamentation et réflexions sur la mort - un tel labeur, si tant est que l'esprit soit encore guidé par sa propre autorité humaine et sa volonté propre, peut être appelé précisément activité ; mais en aucune façon il ne peut être appelé vision. Et si un tel labeur mental d'oraison peut être appelé vision dans les écrits des saints Pères, c'est seulement une manière de parler, de même que l'intellect, comme œil de l'âme est appelé vision.
Mais quand, avec l'aide de Dieu et le labeur déjà mentionné, et par-dessus tout par une profonde humilité, l'homme purifie son âme et son coeur de toute souillure des passions de l'âme et du corps, alors la grâce de Dieu, mère commune de tous, prend l'âme purifiée comme on prendrait un petit enfant par la main, et la conduit selon son degré de purification par paliers aux visions spirituelles déjà signalées, lui révélant les indicibles mystères Divins auxquels l'intellect n'a point d'accès. 
Et c'est en vérité ceci qui peut être appelé la véritable vision spirituelle, qui est la prière de la vision, ou selon saint Isaac, la prière pure d'où surgissent la vision et une crainte mêlée d'admiration. Mais il n'est possible à personne d'atteindre cela par le labeur de sa seule volonté, à moins que Dieu n'intervienne et n'y conduise par la Grâce. Si quiconque essaie d'accéder à de telles visions sans la Lumière de la Grâce de Dieu, comme le dit saint Grégoire le Sinaïte (130ème Homélie), qu'il sache qu'il se forge lui-même des images et non des visions, les imaginant et ces images étant présentées à lui par un esprit imaginatif. Et maintenant qu'une idée claire de la prière active et contemplative a été présentée, le temps est venu d'indiquer l'origine de la divine prière mentale.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972
*
(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
*

L'Ermitage du cœur (53)


Tisse le linceul
De la résurrection
Avec le fil ténu
De la prière incessante

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 10 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (IV)

CHAPITRE PREMIER (Fin)
Voyez-vous, ô Amis, comment par le témoignage de cet invincible pilier de l'Orthodoxie, [il est établi qu']il existe une prière autre que celle prononcée par les lèvres : une prière secrète, invisible, muette, offerte du fond du coeur à Dieu, laquelle, en tant que pur sacrifice, est acceptée par Dieu comme un parfum de spirituelle fragrance, et dont Il se réjouit et est heureux, voyant que l'intellect, qui plus que tout devrait être consacré à Dieu, Lui est uni par la prière. De ce fait, pourquoi armez-vous votre langue de blasphèmes contre cette prière à laquelle "les lèvres du Christ" - c'est-à-dire Saint Jean Chrysostome - ont rendu hommage. Pourquoi la calomniez-vous, la haïssez-vous, pourquoi vous moquez-vous d'elle, la dénigrez-vous et la fuyez-vous comme une chose répugnante, et en un mot, pourquoi ne supportez-vous même pas d'en entendre parler ? La crainte et les frissons m'envahissent en songeant à votre action irrationnelle.
Pourtant, cherchant la cause de votre blasphème, je vous demande : la raison pour laquelle vous proférez des blasphèmes contre cette prière salvatrice de l'âme, n'est-elle pas due au fait qu'il vous soit arrivé de voir ou d'entendre dire que quelques-uns de ceux qui la pratiquaient étaient devenus fous, ou avaient rencontré l'illusion au lieu de la vérité, ou avaient souffert de quelque atteinte de l'âme, et de ce fait, vous fûtes amenés à croire que la prière du coeur était la cause d'un tel mal. Mais il n'en est rien, non, ce n'est pas du tout le cas. 
La sainte prière du coeur, selon les écrits des Pères Théophores, œuvrant dans la grâce de Dieu, purifie l'homme de toutes passions, le stimule pour qu'il garde avec ferveur les commandements de Dieu, et le préserve des flèches et des duperies de l'Ennemi. Si, cependant, quelqu'un ose entreprendre cette prière avec sa seule volonté, et non en accord avec l'enseignement des saints Pères, sans questionner et prendre conseil auprès de ceux qui en ont l'expérience, s'il est hautain, passionné et infirme, qu'il vit sans obéissance et soumission, et que de plus il cherche à mener une vie d'ermite sans en être digne à cause de son orgueil : un tel homme, en vérité, - je l'affirme aussi -, tombera dans les ruses et erreurs du Diable. Mais la prière est-elle la cause de la illusion précitée ( slav. prelest)? Non ! Et si vous trouvez une faute dans cette prière mentale, alors vous devriez considérer aussi qu'un couteau est en faute si un jeune enfant, à cause de l'insouciance de ses jeux, en venait à se couper avec lui. 
De même, selon vous, on devrait interdire aux soldats de se servir de l'épée que leur donne l'armée pour combattre l'ennemi si un soldat insensé en vient à se blesser avec sa propre épée. Mais, tout comme le couteau et l'épée ne sont pas fautifs, mais démontrent seulement la sottise de ceux qui se blessent avec, ainsi l'épée spirituelle, la sainte prière mentale, est dénuée de faute. Ce sont plutôt l'orgueil et l'égoïsme des orgueilleux qui sont la cause des illusions démoniaques et de tout mal spirituel.
Mais pourquoi, vous demandè-je, la cause de votre blasphème contre cette sainte prière, comme si je ne le savais pas ! Je la connais cette cause, ô mes amis ! Je connais la cause de vos babillages : premièrement, votre lecture des Saintes Ecritures n'est pas en accord avec le commandement du Christ, c'est-à-dire que vous n'appliquez pas ce que vous lisez. Deuxièmement, vous vous méfiez des enseignements de nos Saints Pères qui enseignèrent cette divine prière mentale par la sagesse que leur conférait l'Esprit donné par Dieu, en accord avec les Saintes Ecritures. Troisièmement, il y a votre extrême ignorance : il se peut que vous n'ayez jamais vu ou entendu parler des écrits de nos Pères Théophores sur ce sujet ; ou si vous en avez eu connaissance, alors vous ne comprenez pas du tout le pouvoir de leurs paroles divinement sages - et voilà la cause essentielle de votre sagesse maligne.
Si seulement vous vouliez lire, avec crainte de Dieu, avec une attention stricte et une foi inébranlable, en œuvrant à leur accomplissement avec Amour, et avec l'humilité de la sagesse, les livres patristiques qui plus que tous autres conviennent pour la lecture des monastères et qui contiennent la signification totale de la vie selon l'Evangile!... Ces livres patristiques sont aussi nécessaires aux moines pour le bénéfice de leurs âmes, et pour la correction de celle-ci et pour l'acquisition d'une compréhension vraie, correcte et humble, comme l'est la respiration pour la vie physique. 
Si vous lisiez ces livres de cette façon-là, Dieu ne permettrait pas que vous tombiez dans un tel abîme de blasphème. Il vous illuminerait plutôt, à travers cette œuvre par Sa Grâce divine, avec Son amour ineffable, afin qu'avec l'Apôtre vous disiez : "Qui pourra nous séparer de l'Amour du Christ ?" (Rom. 8 :35) que nous avons été capables d'atteindre par le labeur spirituel de cette prière. Et non seulement vous ne blasphèmeriez plus, mais vous seriez même zélés au point de donner votre vie pour elle, percevant en chaque action et expérience un bénéfice pour votre âme, - bénéfice indicible -, par cette attention mentale. 
Mais puisque vous ne lisez pas les livres des Saints Pères avec une foi inébranlable, ou que vous les lisez sans y croire, comme en témoignent les fruits de votre blasphème, ou bien que vous dédaignez totalement leur lecture, de ce fait vous êtes tombés dans des sophismes impies tels que, comme si vous n'aviez jamais entendu parler des écrits chrétiens, vous blasphémez et vous dénigrez cette prière sacrée dont toute l'Ecriture rend témoignage, selon l'interprétation divinement sage des saints Pères.
Mais afin que vous-mêmes et tous ceux qui doutent à ce propos, soient délivrés d'une telle maladie de l'âme, je ne vois de meilleur traitement que celui-ci : Je vais m'efforcer, pour autant que le Seigneur par sa Grâce me favorise et m'aide, de vous montrer que nos Pères Théophores, illuminés par la Grâce de Dieu, ont établi la construction de cet enseignement profitable à l'âme, concernant cette très sainte prière accomplie secrètement par l'intellect dans le coeur, sur le roc immuable de la Sainte Ecriture. Et si, ayant été amenés à voir comme une évidence et clairement la vérité de l'enseignement des saints Pères, avec la coopération de la grâce de Dieu touchant secrètement vos âmes, et ayant été guéris de l'infirmité de votre âme, vous offrez à Dieu, une repentance très sincère, vous deviendrez dignes de Sa Divine miséricorde et du pardon complet de votre péché.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972

*
(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
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L'Ermitage du cœur (52)


Cherche l'amitié des saints
La tendresse de la Mère de Dieu
Et la compassion d'un Père spirituel
Et chemine sans crainte dans la vie

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 9 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (III)





CHAPITRE PREMIER ( Suite)
Et quel succès le serpent, fontaine du mal, obtint-il par l'entremise de son fils de perdition, l'hérétique trois fois maudit Baarlam, à qui il apprit à blasphémer, comme je l'ai dit, contre la sainte prière du coeur ? Pouvait-il par son blasphème obscurcir la lumière de cette œuvre spirituelle, et comme il l'espérait la déraciner complètement ? Pas du tout mais son mal lui fut retourné. Car à ce moment-là, le grand champion et le grand avocat de la piété, le très radieux parmi les Saints, notre Père Grégoire Palamas, Archevêque de Thessalonique, en accord complet avec elle et dans l'exercice constant de la prière du coeur, se mit à briller comme le soleil sur la Sainte Montagne de l'Athos, avec les dons du Saint Esprit. 
Avant son élévation au Trône hiérarchique de cette Eglise, sous le règne du très divin empereur Andronique Paléologue, dans la très célèbre grande église de la sagesse de Dieu (Sainte Sophie) en la ville impériale, au grand conseil qui était assemblé contre l'hérétique Barlaam déjà mentionné, étant (Palamas) rempli de l'Esprit de Dieu et revêtu de l'invisible pouvoir d'en-Haut, il ferma la bouche qui était ouverte contre Dieu, et lui fit grande honte et par ses paroles et ses écrits inspirés de feu, il brûla ses hérésies, qui n'étaient destinées qu'au feu, et tous ses blasphèmes et les réduisit en cendres. Et cet hérétique de Barlaam avec Acindynus et tous ceux qui pensaient comme eux furent anathématisés trois fois par toute l'Eglise Catholique de Dieu. Et même maintenant, une fois par an, le dimanche de l'Orthodoxie, lui-même et les autres hérétiques sont anathématisés par la même Eglise de cette façon : "Sur Barlaam et Acindynus et leurs disciples et successeurs, anathème trois fois".
Méfiez-vous, ô amis qui osez blasphémer contre la prière du coeur, et voyez qui fut le premier blasphémateur : ne fut-ce point l'hérétique Barlaam, qui fut anathématisé trois fois par l'Eglise et qui doit être maudit à jamais ? Par vos blasphèmes, n'entrez-vous pas aussi en communion avec cet hérétique et avec ceux qui pensent comme lui ? Vos âmes ne tremblent-elles point, à l'idée que pareillement vous tombiez sous la malédiction de l'Eglise, et que vous soyez séparés de Dieu ? En vous élevant contre une tâche aussi sacrée et en scandalisant par vos blasphèmes les âmes de vos proches qui sont d'un entendement instable, ne craignez-vous pas la terrible menace que Dieu a promis pour une telle chose dans l'Evangile ? N'avez-vous point crainte des paroles de l'Apôtre qui disent "c'est une chose terrible que de tomber dans les mains du Dieu vivant" (Heb. 10 : 31), et pour cela vous pourriez tomber, si vous ne vous repentez, à la fois dans un châtiment temporel et éternel ? Quelle raison plausible avez-vous trouvée pour proférer des blasphèmes à l'encontre de cette très pure et très sainte chose ? Je suis dans une perplexité totale.
Imaginez-vous que l'invocation du nom de Jésus soit sans bénéfice ? Mais il n'est pas possible d'être sauvé par tout autre nom que celui de Jésus-Christ, notre Seigneur.
L'intellect humain par lequel agit la prière est-il défectueux ? Mais ceci est impossible, car Dieu créa l'homme à Son image et à Sa ressemblance ; et l'image et la ressemblance de Dieu est l'âme de l'homme, qui suivant la création de Dieu est pure et immaculée: de ce fait l'intellect, étant le principal sens de l'âme, comme la vue pour le corps, est pareillement sans défaut.
Le cœur, sur lequel comme sur un autel l'intellect offre à Dieu, d'une manière sacrée, le sacrifice mystique de la prière mérite-t-il le blasphème ? En aucune façon ! Etant la création de Dieu, comme l'est le corps humain tout entier, il est très bon. Et si l'évocation de Jésus sauve l'âme, et que l'intellect et le coeur de l'homme sont l'œuvre des mains de Dieu, alors qu'en est-il d'un homme pécheur s'il fait s'élever avec son intellect des profondeurs de son coeur, la prière au très doux Jésus et Le supplie de lui faire miséricorde?
Ou bien blasphémez-vous et dénigrez-vous la prière du cœur parce qu'il vous semble que Dieu n'entend pas la prière mystique accomplie dans le cœur mais seulement celle qui est prononcée par les lèvres ? Mais ceci est un blasphème contre Dieu : car Dieu connaît les cœurs et connaît exactement les pensées les plus subtiles du coeur, même les pensées à venir, et Il les connaît toute comme Dieu, Omniscient. Et il recherche lui-même comme un sacrifice pur et immaculé, une telle prière mystique élevée depuis les profondeurs du cœur, ayant ordonné : "Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, et quand tu as fermé ta porte, prie ton Père qui est dans le secret ; et ton Père qui te voit en secret, te récompensera au grand jour (Matt. 6 : 6). Ces paroles, les lèvres du Christ, la Lumière du monde et le maître universel Saint Jean Chrysostome, dans sa 19ème Homélie sur l'Evangile de saint Matthieu, avec la sagesse divine de l'Esprit Saint, les attribue non pas seulement à la prière prononcée avec les lèvres et la langue, mais à la très secrète prière sans voix prononcée depuis les profondeurs du coeur.
Il apprend à l'accomplir sans actions du corps et sans le son de la voix, mais avec la plus fervente volonté, en toute quiétude, avec la contrition des pensées et les larmes intérieures, avec la peine de l'âme et la fermeture des portes de l'intellect. Et il avance l'Ecriture Sainte comme preuve de cette prière, Moïse celui le théopte (qui a vu Dieu), et sainte Anne et le juste Abel, parlant ainsi : 
"Mais as-tu de la douleur en ton âme? Tu ne peux te contenter de crier seulement, car prier et supplier de la manière que j'ai mentionnée, est caractéristique de l'homme qui a beaucoup de douleur. Moïse aussi étant dans la peine, pria de cette manière et sa peine fut entendue, car à ce moment-là aussi, Dieu lui parla : "Pourquoi cries-tu vers moi?" (Ex. 14 : 15). Et Anne, de même, accomplit tout ce qu'elle souhaitait sans que sa voix ne soit entendue, parce que son seul cœur criait. Et Abel, ne priait-il pas en silence, même en mourant ? et son sang fit entendre une voix plus forte que celle de la trompette. Gémis-tu aussi alors, tout comme Moïse le saint ? Je ne le défends pas ! Déchire ton coeur et non tes vêtements, comme le recommanda le prophète. Appelle Dieu du fond des abîmes : "Des profondeurs, dit-il, j'ai crié vers Toi, ô Seigneur" (Ps 129 : 1) ; du fond du coeur prenez voix, faites de votre prière un sacrement". Et plus tard : "Car vous ne priez pas un homme, mais Dieu Qui est partout, Qui vous entend avant que vous ne parliez et Qui connaît les pensées qui ne passent point par les paroles ; si vous priez de cette façon, vous recevrez une grande récompense: Ton Père, dit-Il, qui te voit secrètement, te récompensera au grand jour. Et plus tard : "De même qu'Il est invisible, Il désire que Ta prière le soit pareillement".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972
*
(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
*

L'Ermitage du cœur (51)


Passe sur terre comme une prière
Hurle avec les psaumes de colère
Exulte avec le magnificat
Et vis avec la prière du Seigneur

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 8 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (II)






CHAPITRE PREMIER

De la prière du cœur qui fut l'œuvre des saints Pères de l'Antiquité; et contre les blasphémateurs de cette prière sacrée et immaculée.

Il faut savoir que cette œuvre divine de la prière sacrée du coeur, fut l'occupation incessante de nos Pères Théophores de l'Antiquité, en plusieurs endroits du désert, aussi bien que dans les monastères cénobitiques. Elle brillait comme le soleil parmi les moines : au Mont Sinaï, à Scété en Egypte, sur la montagne de Nitrie, à Jérusalem et dans les monastères qui sont autour de Jérusalem, et en un mot dans tout l'Orient, à Constantinople, sur le Mont Athos et sur les îles de la mer ; et dans ces derniers temps, par la grâce du Christ dans la Grande Russie également. Par la garde mentale de la prière sacrée, plusieurs de nos Pères Théophores, étant enflammés d'une flamme d'amour séraphique pour Dieu et, après Dieu, pour leur prochain, devinrent les stricts gardiens des Commandements divins, et ayant purifié leurs âmes et leurs coeurs de toutes les fautes du vieil homme, ils furent à même de devenir les réceptacles choisis du Saint Esprit. Etant comblés de ses divers dons Divins, leurs vies furent comme des lampes et des piliers ardents pour le monde, et ayant accompli d'incommensurables miracles, en action et en paroles, ils amenèrent au salut une multitude incalculable d'âmes humaines. Beaucoup d'entre eux, étant mus par une secrète inspiration Divine, écrivirent des livres sur leurs enseignements concernant cette Divine prière mentale, livres en accord avec les Saintes Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont les livres sont emplies de la sagesse du Saint Esprit. Et ceci arriva par la Providence particulière de Dieu, de telle sorte que dans les derniers temps ce travail Divin ne sombre pas dans l'oubli. Beaucoup de ces livres, - avec la permission divine due à nos péchés, furent détruits par les Sarrasins qui s'emparèrent du Royaume Grec, mais quelques-uns d'entre eux furent préservés jusques à nos jours par la Providence de Dieu.
Contre ce divin labeur spirituel déjà cité, et la garde du paradis du coeur, personne parmi ceux qui ont la vraie foi, n'a jamais osé prononcer de blasphème, mais tous ont montré un grand respect et une extrême vénération pour cette prière qui est pleine de bienfaits spirituels. Mais la source de malice et l'Ennemi de toute bonne oeuvre, le Diable, voyant que tous ceux vivant dans l'état monastique dans cette oeuvre de la prière du coeur, choisissaient la meilleure part, assis avec un amour non-troublé aux pieds de Jésus, prospérant dans la perfection de Ses Divins Commandements, et partant, devenaient une lumière et une illumination pour le monde, le Diable commença à se consumer de jalousie et à utiliser tous ses pièges afin de critiquer et de blasphémer cette œuvre salvatrice et si possible de l'éradiquer complètement de la surface de la terre. Ainsi il détruisit à la fois les livres - comme je l'ai déjà dit par les Sarrasins ses semblables, et de même il sema des ivraies corruptrices d'âmes, au sein du blé pur et céleste de cette œuvre, afin de commettre un blasphème contre cette oeuvre salvatrice à travers des hommes insensés, de telle sorte que les obstinés qui entraient en contact avec cette œuvre pour leur seule exaltation égoïste, moissonneraient de l'ivraie à la place du blé, et trouveraient la perdition au lieu du salut. Et de cela même, le Diable ne se contenta pas, mais il trouva dans les terres d'Italie le serpent calabrais, annonciateur de l'Antéchrist, l'hérétique Barlaam tout à fait semblable au Diable en son orgueil; et prenant place en lui avec toute sa puissance, il l'amena à blasphémer notre Foi Orthodoxe, comme cela est écrit en détail dans le Triode du Carême, dans le Synaxaire du Second Dimanche du Saint et Grand Carême. Entre autres choses, il osa de diverses façons, à la fois par la parole et par la plume, blasphémer et dénoncer mêmement, la sainte prière du coeur, dont il est fait mention au chapitre 31 du livre sacré, de notre Père parmi les Saints, Siméon, Archevêque de Thessalonique, dont je transcris ici les paroles exactes :
"Barlaam cet impie, blasphéma et écrivit beaucoup à la fois contre la prière sacrée et contre la Divine grâce et lumière qui furent sur le mont Thabor (Mat 17:5). Ne comprenant pas et n'étant pas même capable de comprendre (car qui pourrait comprendre en étant devenu vain en esprit et fier de la vanité de ses pensées?) la signification des paroles suivantes "Priez sans cesse!" (1 Thes 5:18) ou de ces paroles "Je prierai avec l'esprit, et je prierai avec l'intelligence aussi" (1 Cor 14:15) ; ou "chantant des hymnes et des cantiques dans votre coeur pour le Seigneur" (Col. 3 : 16) ; ou "Dieu a envoyé l'Esprit de son Fils, c'est-à-dire la grâce, dans vos coeurs, criant Abba, Père!" (Gal. 4 : 6) ; ou "Il vaudrait mieux que je dise cinq mots avec mon intelligence plutôt que dix mille mots en langue" (1 Cor 14:19) il [Barlaam] renonça à la prière du coeur elle-même, ou plutôt à l'invocation du Seigneur qui est aussi la confession de Pierre quand il dit . "Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant" (Mat. 16:16) et la tradition du Seigneur lui-même quand Il dit dans l'Evangile : "Quoi que vous demandiez au Père en Mon Nom, Il vous le donnera !" (Jean 15 : 16) et de même : "En Mon Nom ils chasseront les démons" (Marc 16 : 17) et ainsi de suite. Car "Son nom est la vie éternelle" (Jean 17 : 3) : "Mais ceci, - est-il dit -, est écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant, vous aviez la vie par Son Nom (Jean 20 : 31) ; et le Saint Esprit est donné à travers l'invocation du Christ : "Nul homme ne peut nommer Jésus Seigneur, si ce n'est par le Saint Esprit" (1 Cor. 12 : 3). Ceci est écrit en des myriades de passages."



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972

*
(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
*

L'Ermitage du cœur (50)



Dieu est partout présent
Mais je le préfère néanmoins
Dans le cri des moineaux
Et la beauté des lys

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 7 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale



PREFACE DU STARETZ PAÏSSY
Il m'a été dit, à moi le dernier des derniers, que certains moines osent blasphémer contre la prière de Jésus, créée par Dieu, à jamais mémorable et divine, accomplie par l'intellect dans le cœur. Ces moines fondent leur bavardage à ce sujet sur le sable de la vaine sagesse, sans aucun étai. En cela ils sont armés par l'Ennemi, de sorte que par la langue en guise d'arme, il puisse trouver une faille dans cette œuvre infaillible et divine et que par l'aveuglement de l'entendement de ces moines, il puisse obscurcir ce soleil spirituel. De ce fait, me lamentant d'une telle sagesse diabolique chez ceux qui furent égarés au sortir des entrailles de leur mère et diseurs de mensonges (Psaume 57 :4) et craignant pour ceux dont l'entendement n'est pas encore affirmé et qui, à l'écoute de telles fables pourraient tomber comme ces moines dans l'abîme du blasphème et pécher mortellement contre Dieu, blasphémant ainsi l'enseignement de nos très nombreux pères théophores qui ont rendu témoignage et enseigné cette prière divine, étant alors illuminée par la grâce divine; et de plus, ne supportant plus les paroles blasphématoires contre cette œuvre sans tache, et plus encore, étant persuadé par les supplications des zélateurs de cette œuvre salvatrice des âmes, j'ai résolu - bien que cela soit au-delà de mon esprit infirme et de mes faibles pouvoirs - d'appeler à l'aide mon très doux Jésus, - sans Qui nul ne peut rien faire -, afin de réfuter la fausse raison de ceux qui ont l'esprit vain, et afin de fortifier le troupeau des frères choisis par Dieu dans notre monastère au Nom du Christ, et d'écrire quelques lignes sur la divine prière du cœur, sous la forme d'extraits des enseignements des saints Pères, afin d’en donner un témoignage sûr, ferme et indubitable.
N'étant que poussière et cendres, je m'agenouille mentalement en mon cœur devant l'inaccessible grandeur de Ta divine gloire et je Te supplie, ô mon très doux Jésus, Fils Unique et Verbe de Dieu, rayonnement de la gloire et image de l'Hypostase du Père! Illumine mon esprit et ma pensée enténébrés et accorde Ta grâce à mon âme misérable, de telle sorte que ce mien travail puisse servir la gloire de Ton très Saint Nom, et puisse être bénéfique à ceux qui, par cette œuvre mentale et sacrée de la prière du cœur, souhaitent s'unir mentalement à Toi notre Dieu, et Te porter sans discontinuer dans leur cœur et leur âme, Toi la perle de grand prix, et pour la correction de ceux qui, dans leur extrême ignorance, ont osé blasphémer Ton œuvre Divine, afin de les remettre dans le droit chemin.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972


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(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
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L'Ermitage du cœur (49)


C'est maintenant ou jamais
Le temps du repentir béni
Et du changement souhaitable
Avant la Parousie et le Jugement

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Jean-Claude LARCHET: Recension/ Stéphane Bigham,"Les Images Chrétiennes"

Bigham_ImagesChr
Recension: Stéphane Bigham, « Le images chrétiennes. Textes historiques sur les images chrétiennes de Constantin le Grad jusqu’à la période iconoclaste (313-900) », éditions Médiaspaul, Montréal, 2010, 477 p.

Le Père Stéphane Bigham, qui est actuellement l'un des meilleurs spécialistes d’icononologie et à déjà publié dans ce domaine plusieurs ouvrages de qualité, nous offre ici une vaste anthologie de textes relatifs aux images chrétiennes sur une période qui couvre six siècles, lesquels correspondent aussi à la formation des bases de la théologie de l’icône au sein du monde chrétien.
L’avantage de cette nouvelle publication est de réunir dans un seul livre une trentaine de documents dont certains existaient déjà en traduction française, mais dans des publications difficilement accessibles, et dont d’autres n'avaient pas encore été traduits en français.
Une bibliographie en donne les sources et indique les études existant à leur sujet.
lire la suite de la recension 
de Jean-Claude LARCHET 
sur ORTHODOXIE.COM 

dimanche 6 février 2011

Enseignements de Père Païssios de bienheureuse mémoire


Elder Paisios

Le staretz [Païssios] dit: Un certain moine que je connais est allé en excursion avec un groupe. L'un d'eux ne croyait pas du tout en Dieu. Comme c'était un ami, les autres l'avait amené pour qu'il confesse qu'il ne croyait pas. Quand les autres ont commencé à discuter entre eux, le moine a rejoint l'incroyant et avec sa propre méthode a chassé de son sein la question de l'incroyance - sans que les autres ne le  remarquent. L'homme lui-même comprit ce qui s'était passé. Un changement eut lieu en lui et toute la compagnie semblait comme en-ciel. Cette personne crut en Dieu par l'intercession du moine.

Le staretz dit: Souvent, nous voyons une personne et nous lui disons deux paroles spirituelles et il change. Plus tard, nous disons: "Ah, j'ai sauvé quelqu'un." Je crois que la personne qui a la disposition et la bonté en lui, s'il ne change pas par nous, le fera par un ours ou un renard ou autre chose. Faisons attention à la fausse évangélisation.

Le staretz dit au sujet de Papa-Tykhon 1 2: Il y avait un petit staretz qui avait simplifié sa vie. Il n'avait pas de travaux ménagers. Il était libre de tout le confort, parce que ce que nous appelons aujourd'hui le confort n'est en fait qu'inconvénient. Le confort c'est de simplifier sa vie et de se limiter à l'essentiel. Ensuite, la personne est libérée.

Le staretz dit: Nous ne devons pas contraindre les autres à suivre le combat spirituel. Vous ne pouvez pas  forcer quelqu'un s'il n'en a pas la disposition. C'est comme ce qui se passe avec les aliments. Si quelqu'un n'est pas disposé à manger et qu'on lui donner à manger sous la contrainte, il va vomir.

Le staretz dit: Le monde d'aujourd'hui a besoin de bons confesseurs. Les bons pères spirituels sont aujourd'hui peu nombreux et les rares qui restent font leur travail dans l'urgence en raison des nombreuses personnes qui vont à eux. Comme un bon chirurgien qui fait des interventions nombreuses et qui est préoccupé par les résultats car il ne donne pas sa pleine mesure, comme il se doit. S'il y avait de bons pères spirituels, il n'y aurait pas tant de psychiatres.

A la question de savoir comment un père spirituel doit appliquer les canons dans la confession, le staretz répondit: Le père spirituel doit voir chaque personne séparément et agir en conséquence. pour moi le père spirituel qui applique les canons sans examiner chaque situation individuellement est un criminel.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://www.orthodoxphotos.com/readings/paisios/priesthood.shtml

Staretz Tikhon,
 père spirituel de Père Païssios

Sainte Russie


HOLY RUSSIA


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L'Ermitage du cœur (48)


Comme la graine devient fleur
Comme la fleur devient fragrance
Ton âme un jour par la prière
Fleurira en Eden

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)