mercredi 19 mai 2010

La prière orthodoxe dans le quotidien des Bulgares…

© Photo: Darina Grigorova

Les Bulgares invoquent Dieu le plus souvent pour demander la santé.
La vie n’étant pas toujours un long fleuve tranquille, une grande partie des Bulgares viennent se recueillir dans les églises à la recherche d’un réconfort et d’un soulagement de leurs peines. Certains demandent même au curé de service de dire une messe en leur faveur. Mais l’on ne franchit pas les portes de l’église uniquement quand on a du chagrin, on partage aussi avec Dieu les bonnes nouvelles ou les événements heureux de notre existence. D’après les canons de l’Eglise orthodoxe bulgare, la prière est une des obligations premières du bon chrétien, que l’on retrouve dans la Bible sous forme d’un précepte : « Priez tout le temps! ». Ce qui ne signifie pas passer toutes ses journées entre les murs d’une église, loin de là, mais d’intégrer les instants de prière dans notre quotidien, comme nous le suggère le père Clément Harizanov de l’église de la Dormition de la Vierge à Sofia :
« Impossible de donner une définition exacte de la prière, car c’est à la fois un acte et une attitude de communion avec Dieu, un moment d’intimité qui n’est pas partagé avec les autres. La prière c’est un entretien de l’âme avec Dieu, un lien invisible entre l’homme et le monde spirituel. L’homme est créé à l’image de Dieu ce qui explique cette recherche permanente de l’être humain de la proximité du Créateur. D’où les différentes types de prières - la prière d'intercession (pour demander un bienfait pour quelqu'un ou soi-même), la prière de confession, et la prière de gratitude. Mais nous prions surtout lorsque le malheur nous tombe sur la tête, et les mots viennent tous seuls, invoqués par la douleur et la souffrance du moment. »
Le livre des prières de l’église orthodoxe contient des psaumes « thématiques » suivant les événements heureux ou malheureux qui émaillent l’existence des humains. D’après le père Clément Harizanov, les prières envahissent l’âme de l’être qui les récite, et l’église a institué différents modèles et catégories en fonction des circonstances. Telle la prière dite « sensée », qui nous engage à réfléchir mûrement sur le sens de chaque mot prononcé et à transmettre son message au cœur. Dieu apprécie et récompense l’effort de l’homme et il accepte chacune de nos prières pour peu qu’elle soit sincère et profonde. Alors soyons honnêtes avec nous-mêmes ; ce n’est pas parce que nous allons aligner de belles phrases qu’il en résultera une vraie prière, telle que seul le cœur peut l’exprimer…Parlons peu mais parlons bien ! Tel est le conseil que nous donne le père Clément Harizanov qui pense aussi que la prière est le principal critère qui permet de juger de notre identité chrétienne. Et il nous rappelle qu’il fut un temps où les fidèles se disaient en guise de bonjour quand ils se croisaient dans la rue: « Où en es-tu avec tes prières ? » De nos jours, les choses sont bien différentes :
« L’homme moderne n’est pas trop enclin à la prière…Déjà il n’a pas le temps, il court toujours. Et puis le fait de prier alimente pas mal de préjugés. La prière est très souvent perçue comme un moment de faiblesse, d’égarement, quand on ne sait pas comment régler ses problèmes, d’aucuns y voient même une forme de laisser aller, un déni de réponse. Or c’est faux, dans notre église orthodoxe la prière est considérée comme une action de l’esprit, un élan de spiritualité, un retour à Dieu. La prière comme le carême sont les deux ailes de la foi…Le Bulgare n’a pas l’habitude de prier, car sa culture spirituelle bat de l’aile, tout simplement… »
Si vous demandez à un Bulgare quel est l’objet de sa prière, la réponse dans la grande majorité des cas sera la santé. Le Bulgare adresse sa prière à Dieu en espérant qu’il lui apportera une belle santé. Et pourtant, il ne s’agit pas nécessairement de demander ou d’espérer obtenir quelque chose en échange des quelques mots dévots prononcés. L’explication du père Clément Harizanov :
« Il est particulièrement important que la journée d’un chrétien commence et s’achève sur une prière. Ce n’est pas par hasard si dans le livre des prières on retrouve des prières du matin et du soir. Lorsqu’on prie le matin, on recharge ses batteries en spiritualité et le soir, on apporte la paix à son âme. Et on prie Dieu de nous pardonner nos erreurs ou gestes déplacés. Tout chrétien qui se respecte a pour moi une double « nationalité », celle du Royaume de Dieu et celle de la vie sur terre et il doit remplir ses obligations et honorer ses engagements, quels qu’ils soient… »

Darina Grigorova
Version française: Sonia Vasséva
in
Radio Bulgarie

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