samedi 27 mars 2010

Samedi de Lazare



Largement ignoré par beaucoup dans la chrétienté, les orthodoxes appellent le jour avant le dimanche des Rameaux, le "Samedi de Lazare", qui est une sorte de prélude à la Pâques du week-end suivant. C'est en effet un petite Pâques avant la plus grande Pâques. Et cela, bien sûr, a été organisé par le Christ lui-même, Qui a relevé son ami Lazare d'entre les morts comme une dernière action avant d'entrer dans Jérusalem et comme début de sa lente montée vers le Golgotha, au fil des jours de la semaine sainte.

L'une des hymnes de la veillée du Samedi de Lazare dit que le Christ "l'a dérobé d'entre les morts." J'aime bien l'expression. Le week-end prochain il n'y aura pas de vol, mais un dynamitage des portes de l'enfer lui-même. Ce qu'il fait pour Lazare, il fera pour tous.

Lazare, bien sûr, est différent de ceux précédemment ressuscités des morts par le Christ (comme la fille de Jaïre). Lazare était mort depuis quatre jours et la corruption du corps s'était déjà installée "Mon Seigneur, il sent déjà!" a expliqué une de ses sœurs, quand le Christ a demandé qu'on L'amène au tombeau.

Je me suis assis dans ce tombeau en Septembre 2008. Il n'est pas particulièrement remarquable en tant que sanctuaire. Il est aujourd'hui, en possession d'un privé, de famille musulmane. On paie pour y entrer. Plusieurs de nos pèlerins ne voulaient pas payer pour y entrer. Je n'ai pas pu m'en empêcher.

Lazare est un personnage important dans la littérature russe du 19e siècle. Raskolnikov, dans Crime et Châtiment, constate le début de son repentir du crime d'assassinat, en écoutant la lecture de l'histoire de Lazare. Il est, pour beaucoup, et à juste titre, un rappel de la résurrection universelle. Ce que le Christ a fait pour Lazare, il le fera pour tous.

Pour moi, il est aussi un signe de la mise au tombeau universelle: même avant de mourir, nous avons souvent commencé à habiter nos tombes. Nous vivons notre vie avec les portes fermées (et nous puons!). Nos cœurs sont souvent des lieux de corruption et non pas l'habitation du Dieu Bon. Ou, au mieux, nous Lui demandons de nous rendre visite comme Il rendit visite à Lazare. Cette visite fit venir les larmes aux yeux du Christ. L'état de notre corruption Le fait pleurer. C'est d'une telle contradiction avec la volonté de Dieu. Nous n'avons pas été créés pour la tombe.

Je note également que, dans l'histoire de Lazare, même dans le fait qu'il soit ressuscité des morts, il se relève dans la faiblesse. Il reste lié par ses bandelettes mortuaires. Quelqu'un doit le "délier". Nous-mêmes, après avoir été plongés dans les eaux du baptême et revêtus de la justice du Christ, trop souvent, nous échangeons ces robes glorieuses pour des habits du tombeau. Le Christ nous a rendus vivants, mais nous restons liés comme des hommes morts.

Je me suis assis dans le tombeau de Lazare, car il semblait si familier. Mais il y a une voix qui nous appelle tous.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Father Stephen
in

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