samedi 13 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (24)

Святитель Феофан Затворник


Tav. Le signe. L'indication d'une vie véritablement pieuse.

La 22ème octave commence par la lettre Tav - le signe. Ici sont indiqués des signes par lesquels on peut déterminer si l'on est sur le bon chemin. C'est la dernière octave, celle qui sert de conclusion.
Elle décrit les sommets de la perfection humaine, les fruits donnés par une âme dévouée à Dieu. Elle a appris à prier, à chercher la compréhension et l'aide de Dieu (v. 169 - 170), d'ardentes prières et louanges surgissent de l'âme (v. 171), et la langue veut publier la voie de Dieu pour les autres hommes (v. 172); l'assurance de la protection de Dieu rend audacieux et augmente le zèle pour le salut (v. 173 - 174) comme elle vivifie l'âme et la remplit de l'assurance que Dieu l'aidera jusqu'à la fin (v. 175). Pourtant, au dernier moment, le Prophète s'humilie devant Dieu, en appelle à Sa miséricorde (v. 176), montrant là le signe même de son salut.

Verset 169 : "Que ma prière s'approche de toi Seigneur ; selon ta parole, donne-moi l'intelligence."

Il est juste de demander au donateur de toute sagesse l'intelligence, et de ne pas faire confiance à son intellect. C'est ce que le Prophète a fait. Lui qui sincèrement et totalement s'est remis entre les mains du Seigneur, reçoit cette intelligence presque aussitôt. Ceci arrive cependant quand le cœur est purifié des passions et que l'Esprit, l'Esprit de Vérité y fait sa demeure.

Verset 170 : "Que ma demande pénètre en ta présence : selon ta parole délivre-moi."

Il n'est nul homme se trouvant dans une situation difficile qui ne chercherait à y échapper. Ceux qui ont mis leur espoir en Dieu, alors qu'ils n'épargnent pas leurs propres efforts, ne leur attribuent aucun pouvoir et attendent la délivrance de Dieu en toutes circonstances qu'elles soient petites ou grandes.

Verset 171 : "Mes lèvres laisseront déborder un hymne quand tu m'auras enseigné tes jugements."

Au début l'intellect prie avec effort, c'est la prière de l'intellect. Une telle prière, échauffant le cœur se transforme en prière de l'intellect et du cœur. Le cœur ayant été réchauffé par l'influence de l'intellect commence à prier de lui-même, c'est la prière véritable ! La prière et la pratique active des commandements ne vont pas l'une sans l'autre, elles sont toutes deux une partie indissociable de la vie pieuse. La perfection de l'une conduit au succès de l'autre.

Verset 172 : "Ma langue publiera ta parole, car tous tes commandements sont justice."

Quand quelqu'un en est arrivé à aimer les paroles de Dieu, alors son discours est tout rempli d'elles. Ayant réellement vu combien le péché enchaîne et combien les commandements libèrent, qui ne les publierait pas pour les autres hommes ? Si vous voulez vivre une vraie vie, vivez comme vous l'ordonnent les commandements, tout autre vie n'est pas la vie.

Verset 173 : "Que ta main soit là pour me sauver, car j'ai choisi tes commandements."

Je n'ai pas d'autre volonté, je n'ai pas d'autre désir que de cheminer dans tes commandements. Ils retiennent toutes mes pensées et pénètrent tous mes sentiments. Celui qui parle ainsi, est l'enfant même de Dieu, et il peut espérer que la main de Dieu soit au-dessus de lui. Cela lui donne de l'audace mais une audace qui repose sur l'espérance et l'amour.

Verset 174 : "J'ai désiré ardemment ton salut, Seigneur, et ta loi est ma méditation."

Tout comme le désir des commandements, la soif du salut de notre Seigneur et la méditation continuelle de la loi expriment le zèle ardent du salut par l'accomplissement véritable des commandements. Ce zèle est la force motrice d'une vie pieuse : c'est la vie. Sans Lui, il n'est pas de vie spirituelle.

Verset 175 : "Mon âme vivra et te louera, et tes décrets seront mon secours."

La certitude du salut est nourrie et maintenue par le fait que le chemin du salut a été établi et traversé en tant qu'homme par notre Seigneur Lui-même. Dieu a donné les commandements et les promesses, l'homme y a cru et les a suivis avec confiance en l'aide de Dieu, et la conscience de cette aide donne des ailes à son espérance.

Verset 176 : "J'ai erré comme une brebis perdue ; viens chercher ton serviteur car je n'ai pas oublié tes commandements."

Il est merveilleux, dans la recherche du salut, que plus on se perfectionne dans la piété, et plus on se considère comme loin de la perfection. Une opinion aussi modeste et humble est en vérité le signe le plus sûr de progrès.
Ce verset est la conclusion et le sommet de tout ce psaume. Il révèle la hauteur de la perfection morale et dévoile en quoi elle consiste : les véritables serviteurs de Dieu se jugent semblables au serviteur inutile ou à la brebis perdue.

Fin et gloire à notre Dieu !

Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)
Merci à Michel Balestra qui l'a dactylographié

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