vendredi 12 septembre 2008

Saint Théophane le Reclus/ Psaume 118 (23)





Shin. La dent. La défense. Défense contre l'ennemi.


La 21ème octave est désignée par la lettre Shin - la dent. Dans le royaume animal, les dents sont instruments de protection, servent à se procurer la nourriture et de plus, elles aident les êtres humains à parler. Quels moyens de protection sont donnés à une personne qui veut vivre selon les commandements de Dieu ? La crainte de transgresser la loi (v. 161), l'espérance de bénédictions résultant de son accomplissement (v. 162), l'amour de la loi (v. 163) qui emplit l'âme et l'intellect de louange à Dieu, pour les bénédictions venant des jugements de la vérité de Dieu (v. 164), et ces bénédictions qui sont données en partage en conséquence de l'accomplissement de la volonté de Dieu : la paix de l'intellect (v. 165), l'espoir du salut (v. 166), l'amour même des commandements (v. 167), et ce qui couronne toutes ces bénédictions : la possibilité de cheminer devant Dieu. (v. 168)

Verset 161 : "Des princes m'ont persécuté sans raison, et mon cœur n'a redouté que tes paroles."

Se souvenant comment Saül et tous ses autres ennemis l'ont persécuté, le Prophète David dit qu'il n'avait crainte de cette persécution, son cœur ne craignait que les paroles de Dieu et à cause de cela s'abstenait de tout mensonge et de tout mal. La peur de transgresser les commandements de Dieu, protège le croyant du péché et des passions.

Verset 162 : "J'exulterai à cause de tes paroles, comme celui qui a trouvé de riches dépouilles."

Le second moyen de repousser le péché et de garder la vertu, est l'attente de récompense pour avoir fait le bien, et non seulement l'attente, mais l'expérience réelle de cette récompense ici, sur cette terre. Ceci donne à l'homme paix de l'intellect, maîtrise de ses sentiments et la connaissance nécessaire pour continuer à avancer dans la vie spirituelle.

Verset 163 : "J'ai haï l'injustice et je l'ai eue en horreur, mais j'ai aimé ta loi."

Le troisième moyen spirituel est dans l'amour de la loi de Dieu et dans une aversion absolue pour l'iniquité. L'amour de la loi commence après avoir goûté à la douceur de ses fruits, après cela elle règne dans le cœur pour l'amour de sa perfection et de sa beauté, et elle est doublée d'une aversion pour toute iniquité.

Verset 164 : "Sept fois le jour je t'ai loué, pour les décrets de ta justice."

De l'amour de la loi et du débordement du cœur découle la louange de Dieu. Dieu soit loué ! Les justes jugements de Dieu, et les agissements merveilleux de Sa Providence, appellent la louange de l'action de grâce. Ceci explique le cycle des prières d'église et pourquoi les croyants trouvent de la joie à assister aux services religieux, en y consacrant leur temps et leurs efforts.

Verset 165 : "Grande est la paix de ceux qui aiment ta loi ; rien ne les fait trébucher."

Le Prophète montre par quels moyens l'accomplissement fidèle de la loi nourrit l'âme : cela donne la paix en abondance. La paix est le fruit de ceux qui sont calmes, et le calme réintègre un individu dans son état naturel, et cet individu établit de nouveau des relations fondamentales avec Dieu, les anges, la nature et bien sûr les autres êtres, et rien ne peut briser une telle paix.

Verset 166 : "J'attendais ton salut, Seigneur, et j'ai aimé tes commandements."

La seconde chose que l'on acquiert par l'accomplissement des commandements de Dieu est l'espérance du salut. La présomption du salut, dit Saint Ambroise, donna naissance à l'amour des commandements, l'amour véritable des commandements devient l'étai de l'espérance et l'espérance donne la paix en Dieu.

Verset 167 : "Mon âme a gardé tes témoignages, elle les a aimé ardemment."

La troisième source de nourriture spirituelle reçue de l'accomplissement des commandements est l'amour même de ces commandements. Ainsi, il y a amour réel des commandements quand on les accomplit, accomplissez-les donc d'abord et ainsi vous les aimerez.

Verset 168 : "J'ai gardé tes commandements et tes témoignages, car toutes mes voies sont devant toi."

Comme résultat de ses méditations précédentes, le Prophète insiste ici sur le fait de marcher devant Dieu. La crainte de la transgression , la paix de l'intellect, l'amour des commandements l'ont amené à aimer le Législateur, à être constamment conscient de Sa présence, tout cela accroît le zèle du Prophète, son amour pour la volonté de Dieu et sa paix intérieure.


Le Psaume 118
d'après le commentaire de
Saint Théophane le Reclus

Edition abrégée du T.R.P. Gleb VLESKOFF
du Monastère de Novo Diviyevo 
( U.S.A.)
Version française de Claude Lopez-Ginisty
Traduit avec la bénédiction de Père Gleb Vleskoff
(Psaume dans la version de l’Archimandrite Placide)

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