"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

vendredi 11 janvier 2019

Trois startsy de Glinsk glorifiés comme saints: 1) Archimandrite Seraphim


Archimandrite mégaloschème Seraphim 

(1885–1976)

Il a su nous faire sentir que la vie terrestre n'est que le podvig [exploit spirituel]de l'errance temporaire sur le chemin de la vie éternelle.

Le grand staretz de Glinsk, l'archimandrite mégaloschème Seraphim  (dans le monde, Ivan Romanovitch Romanstev), naquit le 28 juin 1885 dans le village de Voronok, région de Kroupets dans la province de Koursk, dans une famille paysanne. En août 1910, après la mort de ses parents, Ivan entra au monastère de Glinsk. En 1914, il s'enrôla dans l'armée et participa à la Première Guerre mondiale. En 1916, il fut blessé et retourna au monastère après sa convalescence. En 1919, Ivan Romanstov reçut la tonsure monastique sous le nom de Juvénal.

Après la fermeture du monastère de Glinsk en 1922, le Père Juvenal s'installa au monastère  de la Dormition de Drandsk (diocèse de Soukhoumi, en Abkhazie), où en 1926 il fut ordonné hiéromoine et tonsuré dans le grand schème sous le nom de Seraphim. Cependant, le monastère de Drandsk fut bientôt fermé. Jusqu'en 1930, le Père Seraphim vivait près d'Alma Alta et travaillait comme gardien d'un rucher. Les forces armées ne l'arrêtèrent pas et ne l'envoyèrent pas construire le canal de la mer Blanche. De 1934 à 1946, le Père Seraphim vécut au Kirghizistan. Il célébrait le service divin la nuit, confessant et communiant les fidèles pendant ces services.

Le 30 décembre 1947, le Père Seraphim retourna à l'ermitage de Glinsk (qui venait de rouvrir ses portes), et en 1948, l'Archimandrite Seraphim (Amelin), voyant son expérience spirituelle et sa perfection dans les labeurs monastiques, nomma le hiéromoine mégaloschème Seraphim comme père et confesseur des frères.

Le staretz avait un don spirituel spécial pour entendre les confessions, pour appeler les gens à une ouverture totale. Il recevait avec un amour paternel particulier ceux qui étaient tourmentés par les malheurs, les peines et le découragement, et ceux qui ne savaient pas quel chemin prendre dans la vie. Le Père Seraphim savait faire percevoir aux gens que la vie terrestre n'est que le podvig de l'errance temporaire sur le chemin de la vie éternelle ; il les appelait à une vie chrétienne, parfaite et élevée. Les gens venaient à lui de tous les coins de l'Union soviétique.

L'humilité du staretz était remarquable. Il n'attribuait jamais rien  à ses propres dons, et ne se considéra jamais comme un homme de prière spéciale. La journée du staretz commençait à 2 heures du matin, quand il  faisait sa règle de cellule, puis il assistait aux offices du début à la fin, après quoi il se livrait au service de son prochain : il recevait des pèlerins, leur assignait des lieux où vivre, les confessait. 

La nuit, il répondait aux lettres. Il copiait des extraits des Saints Pères et bénissait ses enfants spirituels pour qu'ils fassent de même, et il envoyait les copies plus tard à d'autres parsonnes. L'amour lui inspirait de prendre soin de chaque âme de manière désintéressée. 

C'était un grand homme qui plaisait à Dieu et un vrai pasteur. Non seulement des moines et des laïcs venaient le consulter, mais aussi des évêques, qui voyaient qu'il n'était pas un homme de chair, mais d'esprit. 

Après la fermeture de l'ermitage de Glinsk, le Père Seraphim s'installa à Soukhoumi, où il continua son labeur de staretz en tant que père confesseur à la cathédrale. Des foules de fidèles s'y rendaient. Le 1er janvier 1976, le staretz rempli de grâce rendit pacifiquement son esprit à Dieu.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après



jeudi 10 janvier 2019

Les Fols-en-Christ de Glinsk: Moine Grégoire le fol-en-Christ



Frère Grégoire [Svarkovski] avait l'allure typique du Fol-en Christ, maigre, émacié, la tête rasée... Il ne regardait jamais les gens et portait une longue chemise calicot et une simple robe de chambre d'hôpital. Il ne possédait rien de plus, et apparemment n'avait besoin de rien de plus. Il n'avait pas de lieu où rester, n'avait pas de travail, et au début, il ne restait pas toujours au monastère. Il vivait selon les règles des "travailleurs indépendants".

Les moines avaient des opinions variées le concernant:certains pensaient que c'était un saint, d'autres qu'il était clairvoyant, d'autres encore qu'il était fou.

Il se tenait devant les quartiers du hiéromoine Aristocle, ou bien près des ruches avec Père Moïse, et ces deux moines le vénéraient et pensaient qu'il était un saint.

Il était généralement assis parterre, devant un seau, et avec une paire de ciseaux, il coupait du papier, des haillons, des lacets etc... Quelquefois, il versait de l'eau sur ce qu'il avait coupé, et arrachait des poils de sa barbe. Il ne riait jamais, ne souriait jamais, parlait rarement et alors en allégorie (en utilisant le dialecte petit russien.*)

Un jour un des moines (devenu plus tard l'archimandrite Seraphim Verbin) travaillait au bureau et devait apporter des textes à Père Aristocle pour qu'il les signe. Quand il récita la prière habituelle à la porte, il n'y eut pas la réponse attendue, Amen! Il la dit une seconde fois, mais le silence continua. Quand il répéta la prière une troisième fois, il entendit la voix enrouée de Père Grégoire qui disait:" ouvrez à l'archimandrite!"

Il entra et trouva celui qui partageait la cellule  qui était occupé, et n'avait pas entendu la prière.  Frère Grégoire en robe de chambre, était imperturbablement assis devant un seau, et il découpait un vieux journal. Ce n'est que dix ans plus tard que, devenu archimandrite,  Père Seraphim fut frappé par cette prophétie. Père Aristocle avait toujours une attitude révérencieuse envers lui, en dépit du fait que sa conduite n'était pas toujours agréable.

Une dame qui vivait près du monastère, raconte la chose suivante... Pendant la Première Guerre mondiale, son époux, qui était officier, fut mobilisé et après un certain temps, elle ne reçut plus de lettres de lui. Elle commença à s'inquiéter et demanda à sa mère d'aller à Glinsk prier la Mère de Dieu, et aller voir le fol-en-Christ Grégoire au cas où il pourrait dire quelque chose...

Quand la mère vint vers lui, il était occupé comme à son habitude, à couper du papier, et il ne lui prêta pas la moindre attention. Elle était sur le point de partir quand soudain il arracha quelques poils de sa barbe, saisit sa jambe et cria. "Aïe! Aïe! Une abeille m'a piqué! Il enroula un haillon autour de sa jambe et resta assis en silence à sa place, sans répondre aux questions de la mère.

Elle fut irritée par son silence et ne prêta aucune attention à son comportement bizarre. Après quelques jours, la dame reçut une lettre disant que son époux avait été légèrement blessé à la jambe. Alors les deux femmes réalisèrent la signification des paroles "une abeille m'a piqué!"

Durant le Grand Carême, on voulait envoyer du pain pascal [Artos?] à l'époux blessé, mais elles ne purent rien faire de la pâte: elle ne levait pas! D'abord elles attribuèrent cela à la pâte, puis elles versèrent dans la superstition: il devait y avoir eu une opération, une amputation, quelque infection ou quelque chose de pire encore.

L'absence de lettres confirmait leurs craintes... Pendant la Semaine Sainte, la mère de la dame alla à Glinsk et contacta le fol-en-Christ Grégoire. A ses requêtes , à ses questions, et à l'histoire de la pâte qui ne levait pas, il dit: " Ce n'est pas la peine!"

A Pâques, il n'y avait toujours pas de message, et la dame commença à craindre d'être devenue veuve. Puis après le service pascal, après le baiser rituel, elle se tourna et vit son époux. Il y avait eu une confusion sur la date de son départ, et il ne pouvait pas écrire pour dire s'il venait ou s'il ne venait pas. Chez elle sa mère se souvint de l'épisode de la pâte, de la prophétie de Grégoire et de son étrange comportement.

Juste avant la Révolution, le 2 mars 1917, Grégoire vint chez la dame, plaça une première petite table sur une deuxième , puis un fauteuil au sommet des deux tables et s'assit sur son "trône". Il tomba au sol et se blessa. Ils se précipitèrent vers lui, et le trouvèrent dans la pile de sièges, sur le tapis taché de sang. Il se tenait là, assis, se coupant les ongles des pieds avec un ciseau. Il saignait des tempes et des doigts.

Ils lui demandèrent: "Que se passe-t-il?" Il répondit " Cela doit en être ainsi!" 

Le jour suivant les marchands de journaux des rues criaient: " Edition spéciale! Le Tzar a abdiqué." Tout comme l'archimandrite mégaloschème Iliodore l'avait prédit en 1870, Frère Grégoire le fol-en-Christ répéta la prophétie concernant ce jour de grande tragédie de la monarchie russe.

Frère Grégoire mourut dans une prison locale après l'établissement du régime communiste.

Frère Grégoire, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
GLINSK PATERICON
publié par 
ST XENIA'S SKETE


1984


*dialecte ukrainien, par opposition au grand-russien (de Russie) ou au blanc-russien ( de Bélarus/(Biélorussie) 

Schisme ukrainien d'Istanbul


Le métropolite Amfilohije du Monténégro
 à l'occasion de la fête de Saint-Nicolas

L'amour du pouvoir du Patriarche de Constantinople est devenu une catastrophe pour l'avenir non seulement de l'Ukraine, mais aussi pour la plénitude de l'Orthodoxie, estime le primat monténégrin.

Il est très important de comprendre la nature et la mission de l'Église, surtout à notre époque, où beaucoup de gens éloignés de l'Église voudraient la gérer. Le métropolite Amfilohije du Monténégro l'a ditlors de la fête de Saint Nicolas, comme le rapporte pravoslavie.ru.

Vladyka a souligné que la soif de pouvoir est la maladie la plus dure de toute communauté humaine. Dans l'Église catholique, elle a été élevée au rang de dogme, et dans l'Orthodoxie, pendant des siècles, elle a été une tentation sérieuse.

"C'est ce qui se passe de nos jours. C'est ce qui ressort aujourd'hui du comportement du Patriarche de Constantinople à l'égard de l'Ukraine. Son désir ardent de pouvoir a conduit à un grand malheur, à une séparation catastrophique pour l'avenir non seulement de l'Ukraine et de tous les peuples slaves, mais aussi pour la plénitude de l'Orthodoxie," a souligné vladyka.

L'évêque a qualifié de folie totale les tentatives des politiciens d'interférer dans la vie de l'Église. Il s'est également inquiété du fait que le manque de respect pour l'Église indique une renaissance de l'esprit de fratricide.

"Ils pensent qu'ils ont le droit de disposer de l'Église et de sa vie, mais c'est impossible ", a-t-il expliqué.

Comme l'a rapporté l'Union des journalistes orthodoxes, l'analyste politique expérimenté Pavel Rudjakov a déclaré précédemment qu'il n'y aurait pas de véritable autocéphalie dans "l'Église orthodoxe d'Ukraine", qui deviendrait le 61e diocèse du Phanar, qui chercherait à contrôler les flux financiers dans la sphère de l'Église ukrainienne, les exilés étant "observateurs".

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Sur Orthodoxie.com:Pour mieux comprendre le « concile d’unification » qui a eu lieu à Kiev le 15 décembre

"Heureux l'homme qui ne va pas au "concile" des impies

Le 22 décembre, Taras Melnick, journaliste ukrainien originaire de Kiev a publié une longue analyse de ce qui s’est passé à Kiev autour du « concile d’unification » du 15 décembre. Nous vous proposons ci-dessous la traduction de son article :

La photo finale qui témoigne de la toute première émotion des personnes présentes au concile après l’annonce des résultats des élections montre que le visage du métropolite Emmanuel ne manifeste pas une joie particulière. Les publications dans les médias ukrainiens qui ont suivi au cours des jours suivants, et qui décrivent les péripéties qui se sont produites au cours de cet événement, ont expliqué la raison d’une réaction aussi discrète des représentants du Phanar. Le 15 décembre 2018, à Kiev, devant une foule de plusieurs milliers de personnes, parmi lesquelles se trouvaient un grand nombre d’employés de l’État spécialement transportés de diverses régions du pays ainsi que des membres de l’Église ukrainienne gréco-catholique (uniate), le président Petro Porochenko a présenté le chef de la nouvelle structure religieuse, qui a reçu le nom d’« Église orthodoxe d’Ukraine ». Il est intéressant de noter qu’à côté du chef de l’État et du « métropolite » Épiphane, seul le président du Parlement André Paruby se trouvait sur l’estrade. Ni le métropolite Emmanuel, ni les exarques de Constantinople, qui ont préparé et dirigé le concile, n’étaient présents. Cela a semblé très étrange, car l’engagement profond des émissaires du patriarche Bartholomée dans les événements précédents aurait supposé leur participation directe à la présentation publique du chef nouvellement élu de l’EOU-PO ( Église orthodoxe d’Ukraine-Patriarcat oecuménique). Il s’agissait notamment d’informations selon lesquelles les Grecs avaient parié sur la victoire du métropolite Siméon de Vinnitsa et de Bar, ce qui leur aurait permis de placer un évêque canonique à la tête de cette nouvelle structure. Cela aurait pu augmenter les chances qu’un certain nombre d’évêques de l’EOU-PM (l’Église orthodoxe ukrainienne-Patriarcat de Moscou), puissent rejoindre l’EOU-PO, ce qui aurait facilité la tâche qui incombe à Constantinople de faire reconnaître cette organisation par l’orthodoxie mondiale. Comme l’ont confirmé certaines publications, pour mener à bien ce plan, des consultations en privé avec l’influent « métropolite » Michel de Volhynie du « Patriarcat de Kiev » et au cours desquelles a été discutée la nécessité de soutenir sa candidature aux élections pour la direction de l’EOU-PO, afin de désunir ainsi le vote de l’épiscopat du « Patriarcat de Kiev » et de retirer la possibilité d’une victoire finale pour son « protégé » le métropolite Épiphane, à la suite du scrutin de Kiev, d’un accord de principe d’un accord de principe de la « maîtrise » avec l’Église ukrainienne, afin de mettre un terme au projet de loi qui prévoit les règles pour l’élection des évêques. En outre, les Phanariotes supposaient qu’ils seraient en mesure de confirmer par décision du concile et sans problèmes particuliers leur propre version des statuts de l’EOU-PO, dans laquelle étaient prescrits des points qui rendraient l’EOU-PO très dépendante de Constantinople et l’autocéphalie qui avait été proposée ne constituerait rien de plus qu’un « ornement ». Cependant, cela ne s’est pas passé du tout comme les visiteurs venus de Turquie l’avaient prévu.

mercredi 9 janvier 2019

Les Fols-en-Christ de Glinsk: Novice Serge, le fol-en-Christ



Serge Sotnikov vécut seul après la mort de ses parents, et il essayait autant que possible de mener une vie agréable à Dieu. Cependant il fut déçu par le monde et décida d’aller à Glinsk. Il donna toutes ses propriétés et arrivé au monastère, il fut en charge de la maison des pèlerins.
Il travaillait jusqu’à l’épuisement, et renonçait à tout le confort de ce monde… Ainsi comme il était fou aux yeux du monde, on l’appela fol-en-Christ.
Sa seconde obédience fut à l’infirmerie. Là, jour et nuit, il accomplissait toutes les tâches désagréables. Quoi qu’on lui donnât à faire il répondait « que cela soit béni ! » Quand on lui faisait une remarque, il disait «  Pardonnez-moi ! ». A part cela, il restait calme. Il voulait incarner l’esprit d’humilité et d’obéissance que décrivent les saints Pères. Il voulait être guidé en tout par l’avis et l’opinion de son staretz, et de ce fait, il le consultait souvent.
Une vision des tourments de l’enfer le rendit encore plus zélé pour son salut. Il agit comme un fol-en-Christ afin d’attirer sur lui une plus grande affliction, et en même temps, il se mit à révéler les mauvaises actions de quelques uns de ses frères. Il souffrit beaucoup à cause de cela, mais sans aucune amertume, il s’inclinait bien bas devant ceux qui étaient offensés, et il demandait pardon. Il quitta le monastère à deux reprises. Le deuxième fois, il revint dans un état de totale faiblesse, et fut amené à l’infirmerie. A sa sortie, le novice zélé recommença à travailler et fut assigé à nouveau à l’infirmerie. Il mourut trois jours plus tard. Il communiait partiquement chaque jour, et se confessait deux ou trois fois par jour.
Il naquit au Ciel le 14 juin 1897, à l’age de 27 ans.
Moine Serge, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
GLINSK PATERICON
publié par 
ST XENIA'S SKETE
1984

mardi 8 janvier 2019

Les Fols en Christ de Glinsk: Moine Cyrille, le fol-en-Christ



Père Cyrille vint au monastère de Glinsk en 1854, et accomplit avec diligence plusieurs obédiences pendant plusieurs années.
En 1861, de par sa vie monastique digne, il fut en charge de la sacristie. Il y demeura 7 ans et reçut un sticharion. Quand il prit sur lui de feindre l’exploit spirituel de folie en Christ, il fut transféré à la boulangerie, où avec les nouveaux venus, il passa 21 ans. 
Pendant les 14 dernières années de sa vie, il lut le psautier pour les bienfaiteurs du monastère, et dut souffrir pendant ce temps beaucoup d’épreuves et d’afflictions.
Il porta toujours les mêmes habits et cela fut ignoré de tous jusqu’à sa mort.
Le hiéromoine Eléazar, partageait un corridor avec Père Cyrille, et il raconta à un certain moine qu’un jour Cyrille s’emportait contre quelqu’un dans sa cellule. « Quand j’ouvris sa porte, il n’y avait personne ! » Apparemment, Cyrille insultait les ennemis de notre salut [id est les démons], comme l’écrit saint Antoine le Grand.
Quand ce  moine déjà mentionné était novice, il eut un jour un rêve terrible : des êtres horribles l’attaquaient. Soudain Père Cyrille apparut, une Croix à la main, et tous les ennemis furent dispersés. Au soir, il rencontra Père Cyrille. Par nature, celui-ci était toujours sérieux, mais au salut du moine, il répondit par un sourire. Il semblait connaître l’aide qu’il lui avait apportée.
En 1888, Père Cyrille devint faible, tomba malade et fut amené à l’infirmerie. Resté seul, il demeura dans le silence avec le Dieu Unique, et ne parla que lorsque cela était nécessaire, n'utilisant qu'une ou deux paroles.
Comme il voulait être plus concentré dans la prière, il se tenait les yeux fermés dans l’Eglise, mais pour le cacher, il feignait de dormir. Certains étaient tentés par lui, d’autres s’étonnaient de ce qu’il se « réveille » à chaque fois qu’il fallait faire des prosternations.
L’ascète considérait comme ordure toute chose terrestre qui doit rester sur terre. L’argent qu’il recevait de son frère, il le jetait et il restait là où il tombait, jusqu’à ce qu’il soit ramassé pour subvenir aux besoins ou aux dépenses générales du monastère.
Père Cyrille ne mangea pratiquement rien trois semaine avant de mourir ; le soir ou le matin, il buvait la moitié de tasse de thé. Le jour avant sa mort, il reçut la Communion. 
Le jour de sa mort, quand frère Matthieu lui apporta à manger comme d’habitude, il dit : «  ce n’est pas nécessaire ! »
Ses dernières paroles à Matthieu furent : «  Sois patient et humble ! »
Père Cyrille reposa en Christ le 3 septembre 1891, âgé de 57 ans.
Père Cyrille, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
GLINSK PATERICON
publié par 
ST XENIA'S SKETE
1984

Monastère de la Transfiguration


Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous informer de la mise en ligne d'un nouveau coffret de deux CD-ROM de chants religieux.

Le Christ dans la ville de Bethléem - Chants du cycle liturgique de Noël

Monastère de Chilandar (Mont Athos)


 

Ouvrages parus récemment
Calendrier liturgique orthodoxeVies des saints orthodoxes
de la terre d'Helvétie
La vie et les miracles de Saint Nicolas le Thaumaturge au travers de ses icônes
L'Amour est le royaume. Le mystère de l'autre
 

Monastère de la Transfiguration.
24120 Terrasson- Lavilledieu

lundi 7 janvier 2019

Les Fols-en-Christ de Glinsk: Moine rassophore Prochore, le fol-en Christ





En 1848, à l’age de 19 ans, Prochore vint à Glinsk et travailla à la cuisine, sous la guidance spirituelle du célèbre staretz Théodote, qu’il essaya d’imiter en tout. A cause de sa manière de vivre particulière, Prochore fut appelé bienheureux ou fol-en-Christ, ou même le fou, mais il supporta tout pour l’amour du Christs stavrophore.

Désirant être crucifié avec le Christ, ce jeune ascète vivait l’affliction et les épreuves. Sous couvert de folie, il disait la vérité amère, mais ne faisait que la volonté de Dieu et souffrait pour cela beaucoup de choses déplaisantes et de persécution. 

Il acceptait cela avec zèle, et suivait en cela la Voie du Christ, le Divin stavrophore. Il acceptait la souffrance. Pour cela il quitta le monastère en 1852, et se mit à vagabonder de village en village ; quand on lui demandait qui il était et d’où il venait, il restait silencieux.

Après de nombreuses pérégrinations emplie d’afflictions, il retourna à Glinsk et fut assigné à nouveau à l’obédience de la cuisine. Un an plus tard, il alla à la boulangerie où il rencontra le novice Athanase (qui fut plus tard le staretz Archippe), et ils menèrent tous deux une vie ascétique laborieuse de renonciation.

On lui donna le rasson un an avant sa mort qui survint en 1863. Il avait alors 34 ans et était malade de consomption. Il mourut le 24 mai en s’étouffant.

Moine Prochore prie Dieu pour nous !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
GLINSK PATERICON
publié par 
ST XENIA'S SKETE
1984

dimanche 6 janvier 2019

Message du patriarche de Moscou Cyrille au patriarche de Constantinople Bartholomée au sujet de l’Ukraine


Message du patriarche de Moscou Cyrille au patriarche de Constantinople Bartholomée au sujet de l’Ukraine
À Sa Sainteté le patriarche de Constantinople Bartholomée, 

Votre Sainteté, 

Avec profonde douleur, perplexité et indignation, j’ai lu votre lettre, dans laquelle vous m’informez des derniers actes de l’Église de Constantinople : l’entrée en communion de celle-ci avec les communautés non canoniques d’Ukraine ; «la révocation» de la gramota du Patriarche de Constantinople Denys IV, qui transférait la métropole de Kiev à la juridiction du Patriarcat de Moscou ; la tenue à Kiev d’un « concile local » des communautés non canoniques reçues en communion par vous ; l’élection par celles-ci du « primat de la nouvelle Église autocéphale d’Ukraine » ; l’intention, dans les prochains jours, d’octroyer le statut d’Église locale autocéphale à la communauté instituée par vous. 

La réunion des schismatiques avec l’Église eût été une grande joie, tant pour les orthodoxes d’Ukraine, que pour le monde orthodoxe entier, si cela s’était produit conformément aux prescriptions du droit canon, dans l’esprit de la paix et de l’amour du Christ. Mais le processus actuel, politisé, d’unification forcée, est loin des normes et de l’esprit des saints canons. Il est accompagné d’un monstrueux mélange de mensonges et, maintenant déjà, de violences à l’égard de l’authentique Église orthodoxe d’Ukraine. Or, celle-ci est l’Église de millions de fidèles ukrainiens, que vous avez reconnue comme canonique durant toutes les années de votre ministère, jusqu’aux temps récents, alors que vous feignez maintenant qu’elle n’existe pas, et qu’il n’y a que des diocèses individuels qui reviennent sous votre omophore.

samedi 5 janvier 2019

SOLIDARITE KOSOVO

Convoi de Noël 2018 : un beau succès en dépit des difficultés

« Extraordinaire : Qui sort de la règle, de l'usage ordinaires ; Qui n'est pas courant, exceptionnel, inhabituel ; Qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité... », selon le Larousse.

Ça ne fait aucun doute : ce quinzième convoi de Noël de Solidarité Kosovo a bien été exceptionnel. Absence d'Arnaud Gouillon, envoi d'une partie du matériel repoussé, équipe réduite : rien n'a été normal cette année. Et pourtant, il ne fait aucun doute que ce convoi a été un nouveau succès.



La petite Nevena habite avec ses frères et sœurs le petit village isolé de Crkolez à l'ouest du Kosovo (en Métochie). 

Un succès étonnant, particulier, presque bizarre, mais un beau succès quand même : nous sommes allés, pour la 15e année consécutive, passer quelques jours auprès des Serbes des enclaves du Kosovo. Nous leur avons apporté toutes ces choses dont ils ont tellement besoin pour supporter les brimades, les persécutions, l'angoisse du lendemain : du matériel scolaire, des cadeaux pour les enfants, du bétail pour plusieurs familles ne vivant que du travail de la terre... mais surtout nous leur avons montré que le peuple de France ne les oublie pas, ce qui était d'autant plus important que justement les circonstances sont particulièrement difficiles.



Rade a reçu une vache et un veau des bénévoles de Solidarité Kosovo. Un beau cadeau de Noël pour lui et sa famille! 

Nous vous raconterons ce convoi plus en détails dans quelques jours. Nous vous dirons les sourires timides des enfants recevant leurs cadeaux, les accolades viriles et fraternelles des fermiers venant de mettre leur nouvelle vache à l'étable, les yeux brillants du Père Serdjan heureux de voir ces gens, son peuple, et ses amis volontaires trinquer ensemble à la vie et à la liberté.

Mais nous pouvons dès maintenant vous affirmer une chose : les événements récents n'empêcheront pas Solidarité Kosovo de continuer son travail cette année encore, et aussi longtemps qu'il le faudra. Le succès de ce convoi le prouve : ils ne peuvent rien contre cette amitié qui nous lie nous jeunes Français aux Serbes des enclaves. Nous y retournerons l'année prochaine, et les années suivantes, et ainsi de suite, avec votre soutien.

Au nom de toute l'équipe, je vous remercie pour ce soutien indéfectible que vous nous témoignez et vous souhaite une bonne année 2019.




Thibaud et le Père Serdjan en pleine distribution de cadeaux à Batuse. 

L'équipe de "Solidarité Kosovo"


PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur le lien paypal suivant:

PS2 : « Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.


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jeudi 3 janvier 2019

Jean-Claude LARCHET/Recension : Saint Grégoire Palamas, « Les Cent cinquante chapitres »



Saint Grégoire Palamas, Les Cent cinquante chapitres. Introduction et traduction d’Yvan Koenig. Collection « Patrimoines », Cerf, Paris, 2018, 202 p.

Cet ouvrage du grand théologien byzantin Grégoire Palamas (1296-1359) a l’intérêt de présenter une synthèse de sa pensée et d’être considéré pour cela comme l’une de ses œuvres majeures. 

Il a été rédigé dans les années 1349-1350, alors que la controverse de Palamas avec Barlaam et Akindynos était achevée et que sa théologie avait été officiellement approuvée par le concile de 1347. Avant que ne débute sa controverse avec Nicéphore Grégoras et alors qu’il allait commencer son ministère d’archevêque de Thessalonique, Palamas a profité d’une période de relative accalmie pour présenter un résumé de ses conceptions relativement à celles de ses adversaires. Il l’a fait sous la forme littéraire – qu’avait inaugurée Évagre près de dix siècles plus tôt, mais qui restait en vogue – des kephalaia, c’est-à-dire de courts chapitres laissant beaucoup de liberté à l’auteur dans l’organisation de son exposé, bien qu’en l’occurrence le titre complet du recueil – Cent cinquante chapitres relatifs aux sciences naturelles et théologiques, à la vie morale et ascétique, et qui nous purifie de la souillure barlaamite – indique assez bien son plan général.

La partie la plus caractéristique de l’ouvrage – et la plus attendue s’agissant de Palamas – et celle qui s’étend des chapitres 64 à 150 et qui traite de la Lumière du Tabor et des énergies divines. La partie qui précède (chapitres 1 à 63) est moins attendue, puisqu’elle traite de la structure du cosmos, de son origine et de sa fin (chap. 1-14), puis des facultés de l’homme (ch. 15-20), de la connaissance spirituelle (ch. 21-29), de la nature rationnelle (chap. 30-33), de l’image de Dieu dans l’homme – ce qui amène l’auteur, par analogie, à quelques considérations de théologie trinitaire (chap. 34-40) –, de la chute originelle de l’homme et des modalités de sa guérison (chap. 41-63), cette dernière section se terminant par trois chapitres montrant la supériorité de l’homme sur les anges du fait qu’il a un corps (chap. 60-63).

Contrairement à ce qu’indique la fin de son titre, l’œuvre n’est pas polémique dans sa forme et dans son apparence (les adversaires de Palamas ne sont que peu nommés), mais elle l’est dans son fond, car il s’agit d’un bout à l’autre de présenter la position orthodoxe par rapport aux positions erronées qui venaient d’être développées par Barlaam et Akindynos, sur la question des énergies et de la Lumière divines, mais aussi sur la question connexe de la connaissance humaine et ainsi que sur celle de la nature et du devenir du cosmos, où les deux adversaires de Palamas se montraient influencés par l’humanisme byzantin qui faisait un retour à l’hellénisme antique, et donc aux cosmologies païennes.

Les Cent cinquante chapitres avaient déjà été traduits en français par Jacques Touraille dans le cadre de la publication complète de la Philocalie des Pères neptiques (vol. 10, Bellefontaine, 1990). La nouvelle traduction proposée ici par Yvan Koenig, outre qu’elle est plus juste que celle de Touraille, se fonde sur l’édition critique la plus récente.

Dans une introduction de 60 pages, Yvan Koenig présente les circonstances de la composition de l’œuvre et son genre littéraire, avant d’en proposer un découpage et un résumé. Il ajoute à cela une section sur « La traduction du De Trinitate de saint Augustin et son influence », en relation avec le fait que certains commentateurs ont affirmé, à propos de la section contenant les chapitres trinitaires (chap. 34-40) et d’une autre section contenant des catégories aristotéliciennes (chap. 125-135), une influence sur le docteur hésychaste de l’évêque d’Hippone dont le De Trinitate venait d’être traduit en grec. En accord avec R. Floghaus, Y. Koenig considère que saint Grégoire Palamas a très probablement lu le De Trinitate, mais l’a utilisé à sa manière. Il se réfère à la thèse de Mgr Amphiloque Radovic, Le mystère de la Sainte Trinité selon saint Grégoire Palamas, Cerf, Paris, 2012 (dont il est également le traducteur) pour montrer que la phrase célèbre que l’on trouve dans le chapitre 36 – « cet Esprit du Verbe suprême est tel un ineffable amour de l’Engendreur pour le Verbe lui-même ineffablement engendré » – qui semble presque littéralement empruntée à Augustin, est en fait à comprendre dans le contexte de la théologie palamite des énergies divines.

Yvan Koenig s’en est tenu dans son introduction à une présentation générale, car il entend s’adresser à un public plus large que celui des spécialistes. Comme l’ont fait saint Nicodème l’Hagiorite et saint Macaire de Corinthe qui ont fait figurer ce texte dans leur Philocalie des Pères neptiques, il considère surtout le profit que, pour leur formation, les fidèles peuvent tirer de la lecture de cet ouvrage sur des questions touchant à la cosmologie, à l’anthropologie et à la spiritualité. 

Jean-Claude Larchet

mardi 25 décembre 2018

La papauté moderne condamnée par le pape saint Grégoire le Grand

Père Vladimir Guettée


La papauté moderne condamnée par le pape saint Grégoire le Grand(VI).


Depuis plusieurs années il est évident qu’à la tête du Patriarcat de Constantinople se dressent des hommes ayant un désir malsain d’étendre leur prérogatives juridictionnelles sur l’ensemble de l’orthodoxie.
Les derniers événements en Ukraine nous montrent un passage à l’acte évident.
Ce désir d’étendre son autorité tous azimuts a déjà infecté le corps de l’Église au cours des siècles et plus particulièrement à Rome, avec les conséquences que nous connaissons depuis 1054.

C’est paradoxalement à Rome qu’un saint pape, Grégoire le Grand, avait diagnostiqué cette maladie spirituelle qui est de se prétendre de droit divin « chef » (tête) de l’Église, infaillible, vicaire du Christ, etc..

Nous vous livrons ici quelques traductions et commentaires réalisés par le P. Vladimir Guettée en 1861 (prêtre catholique-romain français converti à l’orthodoxie)
*

Au commencement de son épiscopat, Grégoire adressa une lettre de communion aux patriarches Jean de Constantinople, Euloge d'Alexandrie, Grégoire d'Antioche, Jean de Jérusalem, à Anastase, ancien patriarche d'Antioche, son ami;  S'il se fut considéré́ comme le chef et le souverain de l'Église, s'il eut cru qu'il l'était de droit divin, il se fut certainement adressé aux patriarches comme à des subordonnés, on trouverait, dans cette circulaire, quelques traces de sa supériorité́. Il en est tout autrement. Il s'y entend longuement sur les devoirs de l'épiscopat, et il ne songe même pas a parler des droits que lui eut conférés sa dignité́. Il y insiste particulièrement sur le devoir, pour l'évêque, de ne point se laisser préoccuper par le soin des choses extérieures, et il finit sa circulaire en faisant sa profession de toi, afin de prouver qu'il était en communion avec les autres patriarches, et, par eux, avec toute l’Église.( S. Grégoire, épître 25, livre 1)

L'occasion de ces lettres fut l'ambition du patriarche Jean de Constantinople, qui prétendit que sa ville épiscopale étant devenue la capitale de l'empire, il devait être reconnu universellement comme le premier évêque de l'Église. À cette fin, il inventa le titre de patriarche œcuménique ou universel et se l'attribua. La première idée d'un pouvoir central et universel dans l'Église est donc venue de Constantinople ce fut de Rome que s'éleva la première opposition contre cette prétention ambitieuse, et de la part d'un des plus grands papes qui se soient assis sur la chaire apostolique de Rome.

Voici ce que dit saint Grégoire au patriarche Jean :
« Réfléchissez donc, je vous en prie, que, par cette présomption téméraire, la paix de l'Église entière est troublée, et que vous êtes ennemi de la grâce qui a été́ donnée à tous en commun. Plus vous croîtrez en cette grâce, plus vous serez humble à vos yeux vous serez d'autant plus grand que vous serez éloigné́ d'usurper ce titre extravagant et orgueilleux. Vous serez d'autant plus riche que vous chercherez moins à dépouiller vos frères à votre profit. Donc, très cher frère, aimez l'humilité́ de tout votre cœur; c'est elle qui maintient la concorde entre les frères, et qui conserve l’unité dans la sainte Église universelle.

Qui, dites-le-moi, je vous prie, qui imitez-vous par ce titre pervers, si ce n’est celui qui, méprisant les légions des anges qui entaient ses compagnons, s'efforça de monter au faite pour n'être soumis à personne et être seul au-dessus des autres. Qui dit : Je monterai dans le ciel ; j’élèverai mon trône au-dessus des astres du ciel ; je placerai mon siège sur la montagne de l’alliance, dans les flancs de l’Aquilon. Je monterai au-dessus des nuées : je serai semblable au Très-Haut ?
Que sont vos frères, tous les évêques de l'Église universelle, si ce n'est les astres du ciel ! Leur vie et leur enseignement brillent, en effet, à travers les péchés et les erreurs des hommes, comme les astres à travers les ténèbres de la nuit. Lorsque, par un titre ambitieux, vous voulez vous élever au-dessus d'eux, et rabaisser leur titre en le comparant avec le vôtre, que dites-vous, si ce n'est ces paroles : Je monterai dans le ciel ; j’élèverai mon trône au-dessus des astres du ciel? Tous les évêques ne sont-ils pas les nuées qui versent la pluie de l'enseignement, et qui sont sillonnées par les éclairs de leurs bonnes œuvres ?
Votre Fraternité́, en les méprisant, en s'efforçant de les mettre à ses pieds, que dit-elle, si ce n'est cette parole de l'antique ennemi : Je monterai au-dessus des nuées  Pour moi, quand je vois tout cela à travers mes larmes, je crains les jugements de Dieu; mes larmes coulent avec plus d'abondance, mes gémissements débordent de mon cœur, de ce que le seigneur Jean, cet homme si saint, d'une si grande abstinence et humilité́, séduit par les flatteries de ses familiers, a pu s'élever jusqu'à un tel degré́ d'orgueil, que, par le désir d'un titre pervers. il s'efforce d'être semblable à celui qui, en voulant être orgueilleusement semblable à Dieu, perdit la grâce de !a ressemblance divine qui lui avait été́ accordée et qui perdit la vraie béatitude, parce qu’il ambitionna une fausse gloire. »

Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

Compilation J.-L. D.

Source : bnf.fr