"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 4 octobre 2015

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


21 septembre / 4 octobre
18ème dimanche après la Pentecôte
Clôture de la fête de l’Exaltation de la Croix
saint Codrat, apôtre, martyr à Magnésie (vers 130) ; saint prophète Jonas ; saint Jonas le sabbaïte, prêtre, père de saints Théodore et Théophane "les marqués", compositeurs d'hymnes (IX) ; saint Isaac et saint Mélèce, évêques de Chypre ; saints Eusèbe et Prisque, martyrs ; saint Castor, évêque d’Apt (vers 426) ; saint Daniel de Choujgorsk (XVI) ; saint Joseph de Zaonikiev (1612) ; translation des reliques de saint Dimitri de Rostov (en 1752) ; saints néo-martyrs de Russie : Alexandre (Fedoseev), Alexis (Stabnikov), Constantin (Chirokinsky), Jean (Flerov) (1918) ; Maurice (Poletaïev), moine, Basile (Kondratiev) (1937) ; Valentin (Nikolsky), Alexandre (Beliakov), Jean (Lazarev), André (Benediktov), Pierre (Sakharovsky), Jean (Nikolsky), prêtres (1937) ; Jean (Bystrov), prêtre (1938) ; Basile (Krymkine), prêtre (1942).
Lectures : Dimanche après l’Exaltation de la Croix: Gal. II, 16–20. Мc. VIII, 34 – IX, 1. Dimanche : 2 Cor. IX, 6–11. Мatth. XVIII, 23–35.

VIE DE SAINT CODRAT DE MAGNÉSIE[1]

S
aint Codrat (Quadratus) vivait au temps des Apôtres. Il était sage et savant et, devenu disciple du Christ, il reçut en abondance la grâce du Saint-Esprit. Il fut consacré évêque d’Athènes où il amena de nombreux païens à la foi par ses paroles divines, qui laissaient sans réponse les orgueilleux sophistes. Mais un tel succès excita la jalousie des ennemis du Christ, qui le chassèrent de son diocèse après l’avoir frappé à coups de pierres et lui avoir fait subir bien d’autres tourments. Il se rendit alors dans la ville de Magnésie en Lydie (aujourd’hui Manisa), où son enseignement lumineux fit merveille pour repousser les ténèbres de l’idolâtrie. Il reçut la couronne du martyre sous le règne d’Hadrien (vers 117). Son corps, qui était vénéré à Magnésie, procurait guérison et réconfort à tous ceux qui s’en approchaient avec foi.
Vie du saint PROPHÈTE JONAS
Jonas est un des douze « petits prophètes » de l’Ancien Testament. Il était fils d’Amittay, qui était de Gat-hahépher, situé près de la ville d’Azot, au bord de la mer, dans le territoire des Philistins. Il vécut au cours du VIIIe siècle av. J.-C., et avait prédit au roi d’Israël Jéroboam II (788-­748) que son royaume serait rétabli dans ses anciennes frontières. Un jour, le Seigneur lui ordonna d’aller annoncer à Ninive sa destruction prochaine, si ses habitants ne se repentaient pas. Pris de peur, et pressentant que la miséricorde divine allait démentir sa prédication, car il savait qu’Il est un Dieu de miséricorde et de compassion, lent à la colère, riche en grâce et se repentant du mal (Jon 4, 2), Jonas chercha à s’enfuir loin du Seigneur, aussi s’embarqua-t-il à Joppé en direction de Tarsis (Espagne). Mais Dieu, qui est partout présent et remplit tout, déclencha une violente tempête, si bien que le vaisseau menaçait de se briser. Les marins, ayant appris que Jonas était la cause de cette tempête, le jetèrent à la mer qui se calma aussitôt. Au moment où il tombait à l’eau, Jonas fut englouti par un monstre marin. Pendant les trois jours et trois nuits qu’il passa dans le ventre de l’animal, en prophétie du séjour du Christ dans les entrailles de la terre, il élevait vers Dieu cette prière :

Dans ma tribulation, j’ai crié vers le Seigneur mon Dieu,
et Il m’a exaucé ; Il a écouté ma voix, ma clameur du sein des enfers (…)
Je suis descendu vers la terre
dont les serrures se ferment pour l’éternité ;
et Tu as fait remonter ma vie de la corruption,
vers Toi, Seigneur mon Dieu
(Jon. 2, 3, 7)

Au bout de trois jours, sur un ordre divin, la bête rejeta Jonas sain et sauf sur le rivage. Il partit donc pour Ninive et parcourut la ville pendant trois jours en proclamant : Encore quarante jours et Ninive sera détruite ! À sa grande surprise, les habitants crurent à sa parole, se repentirent et publièrent un jeûne universel, auquel ils soumirent même leurs animaux, si bien que Dieu apaisa sa colère et ne les châtia point. Dépité, Jonas reprocha à Dieu sa miséricorde et il se retira à l’orient de la ville dans une petite hutte. Le Seigneur fit pousser un ricin pour l’abriter de son ombre et lui procurer ainsi quelque consolation. Mais, le lendemain, à la pointe de l’aube, un ver piqua le ricin qui se dessécha. Accablé par le soleil et par un vent d’Est brûlant, le prophète demanda la mort. Dieu lui répondit que si son serviteur s’affligeait pour ce ricin qui en un jour disparaît, à combien plus forte raison ne devrait-Il pas, Lui, avoir pitié de cette cité de plus de cent vingt mille habitants. Dieu enseignait ainsi à Jonas, et à toutes les générations, qu’Il préfère la miséricorde à la justice, et qu’en tout temps, Il attend la conversion des pécheurs pour les faire vivre et non mourir.
Tropaire du dimanche, ton 1
Кáмени запеча́тану отъ Iyде́й и во́иномъ стрегу́щымъ пречи́стое Tѣ́ло Tвое́, воскре́слъ ecи́ тридне́вный, Cпа́ce, да́руяй мípoви жи́знь. Ceго́ ра́ди си́лы небе́сныя вопiя́xy Tи, Жизнода́вче : сла́ва Bocкреcéнію Tвоемý Xpисте́ ; сла́ва Ца́рствiю Tвоему́ ; сла́ва cмотре́нiю Tвоему́, еди́не Человѣколю́бче.

La pierre étant scellée par les Juifs et les soldats gardant Ton corps immaculé, Tu es ressuscité le troisième jour, ô Sauveur, donnant la vie  au monde ; aussi, les Puissances des cieux Te crièrent : Source de vie, ô Christ, gloire à Ta Résurrection, gloire à Ton règne, gloire à Ton dessein bienveillant, unique ami des hommes!
Tropaire de l'Exaltation de la Croix, ton 1
Спаси́, Го́споди, лю́ди Твоя́ и благослови́ достоя́ніе Tвоé, побѣ́ды правосла́внымъ христiáномъ на сопроти́вныя да́руя, и твое́ coxpaня́я Кресто́мъ твои́мъ жи́тельство.
Seigneur, sauve Ton peuple et bénis Ton héritage ; accorde aux chrétiens orthodoxes la victoire sur les ennemis et garde Ton peuple par Ta Croix.


Kondakion du dimanche, ton 1
Воскpécлъ ecи́́ я́ко Бо́гъ изъ гро́ба вo сла́вѣ и мípъ coвоскpecи́лъ ecи́, и eстество́ человѣ́ческое я́ко Бо́гa воспѣва́ет Tя́, и сме́рть изчезе́ : Aда́мъ же лику́ет, Влады́ко, Éва ны́нѣ отъ у́зъ избавля́ема ра́дуется зову́щи : Ты́ ecи́ и́же вcѣ́мъ подая́, Xpисте́ Bocкреcéніe.
Ô Dieu, Tu es ressuscité du tombeau dans la gloire, ressuscitant le monde avec Toi ! La nature humaine Te chante comme son Dieu et la mort s’évanouit. Adam jubile, ô Maître, et Ève, désormais libérée de ses liens, Te crie dans sa joie : « C’est Toi, ô Christ, qui accordes à tous la Résurrection ! »

Kondakion de l'Exaltation de la Croix, ton 4
Вознесы́йся на крéстъ во́лею, тезо-имени́тому Твоему́ но́вому жи́тель-ству щедро́ты твоя́ да́руй, Xристе́ Бо́же, возвесeли́ си́лою Tвоéю правосла́вныя христіа́ны, побѣ́ды дая́ и́мъ на сoпоста́ты, посо́біе иму́щымъ Твое́ ору́жіе ми́ра, непобѣди́мую побѣ́ду.
Toi qui T’es volontairement élevé sur la Croix, ô Christ Dieu, accorde Tes miséricordes au nouveau peuple qui porte Ton Nom. Réjouis les chrétiens orthodoxes par Ta Puissance et donne-leur la victoire sur les ennemis, ayant pour secours Ton arme de paix et trophée invincible.

HOMÉLIE DE ST JEAN CHRYSOSTOME SUR L’ÉPÎTRE DE CE JOUR

L’apôtre dit: « Que chacun donne selon la détermination de son cœur». En effet, nous faisons plus quand on nous laisse libres, que lorsque nous sommes contraints. Aussi insiste-t-il sur ce point; car après ces mots : « Selon la détermination de son cœur », il ajoute : « Non avec chagrin, ni par force ». Et non content même de cela, il y joint encore ce témoignage tiré de l'Écriture : « Car Dieu aime celui qui donne avec joie». Voyez-vous quelle suite l'apôtre met dans tout cela « Je ne vous dis pas cela par manière de commandement » puis : « Et je vous donne en cela un avis » ; ensuite : « À titre de bénédiction, et non pas comme arrachés à votre avarice » et enfin : « Non avec chagrin, ni par force; car Dieu aime celui qui donne avec joie ». Je crois qu'ici « avec joie » veut dire avec libéralité ; mais il s'est servi de ce mot afin de les porter à donner de bon cœur. En effet, comme l'exemple des Macédoniens, et tous les autres, étaient capables de les faire donner abondamment, il ne parle pas beaucoup de cette qualité de leurs dons, mais il parle d'une autre: la spontanéité. Car si c'est une œuvre de vertu, et que toute action provenant de la contrainte perde sa récompense, il est bien fondé à s'y prendre ainsi. Et il ne se borne pas à des conseils; mais, comme toujours, il fait des vœux pour eux: « Et Dieu », dit-il, « a le pouvoir de vous combler de toute grâce». Par cette prière il fait tomber un argument où l'on se retranche contre cette générosité, et qui encore maintenant arrête plusieurs personnes. Bien des gens craignent de faire l'aumône, parce qu'ils se disent : J'ai peur de devenir, pauvre moi-même, et d'avoir besoin des autres à mon tour. Eh bien ! Pour dissiper cette crainte, il ajoute cette prière : « Dieu a le pouvoir de faire abonder toute grâce en vous ». Non pas simplement: de vous combler, mais : « de faire abonder en vous ». Et qu'est-ce que « faire abonder la grâce?» C'est-à-dire, vous enrichir de tant de faveurs que vous puissiez exercer abondamment cette générosité. « Afin qu'en toutes choses et toujours ayant tout ce qui vous suffit, vous abondiez en toute bonne œuvre ». Voyez encore dans ce souhait la grande sagesse de l'apôtre. Il ne leur désire pas la richesse ni le superflu, mais « tout ce qui leur suffit ». Et ce n'est pas seulement par là qu'il est admirable; car si d'une part il ne leur a pas souhaité le superflu, il ne les surcharge pas non plus, il ne les force pas à donner de leur indigence même, parce qu'il condescend à leur faiblesse; il demande pour eux des ressources suffisantes, et il fait voir en même temps qu'il ne faut pas abuser des dons de Dieu. « Afin », dit-il, « que vous abondiez en toute bonne œuvre ». C'est-à-dire, je vous souhaite ces biens afin que vous en fassiez part à d'autres. Et il ne dit pas seulement Afin que vous en donniez, mais : « Afin que vous abondiez ». Oui, s'il leur souhaite le nécessaire quant aux choses matérielles, il demande que dans l'ordre spirituel ils aient même du superflu, non pas seulement en fait., d'aumône; mais sous tous les autres rapports; car c'est le sens de cette expression : « En toute bonne œuvre ». Ensuite, à l'appui de cette pensée, et voulant un témoignage qui les détermine à la libéralité, il fait intervenir la parole du prophète; c'est pourquoi il, ajoute : « Selon qu'il est écrit : il a dispersé son bien, il a donné aux pauvres; sa justice demeure dans la suite des siècles ». Cela revient à ce qu'il disait : « Afin que vous abondiez ». Car l'expression : « Il a dispersé» ne signifie pas autre chose que donner avec libéralité. Car si les richesses ne subsistent pas, leur résultat subsiste. Chose admirable en effet, celles que l'on garde se perdent, et celles que l'on disperse demeurent, et demeurent pour toujours. Ce que le prophète appelle ici justice, c'est la charité envers le prochain : en effet la charité nous justifie, parce que c'est un feu qui détruit nos péchés, quand nous répandons largement nos aumônes. Ainsi, n'y regardons point, mais donnons à pleines mains (…) Eh quoi ? direz-vous, quand je vois des gens qui après avoir tout sacrifié, non-seulement ne reçoivent rien en retour, mais ont ensuite eux-mêmes besoin d'autrui? A cela je répondrai : Vous me parlez là de ceux qui ont donné tous leurs biens, tandis que vous; vous ne donnez pas même une obole… Nous ne vous poussons pas jusqu'aux dernières limites de l'indigence, nous vous prions seulement de vous retrancher le superflu, et de vous contenter de ce qui suffit. Ce qui est suffisant, c'est ce dont on ne peut se passer pour vivre.
Sur le site Orthodoxie.com paraît désormais quotidiennement, sous la rubrique « VIVRE AVEC L’ÉGLISE », la vie du saint commémoré avec son tropaire et son kondakion, ainsi que la lecture de l’Évangile du jour et un commentaire de saint Théophane le Reclus.


[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

samedi 3 octobre 2015

Entretien avec saint Seraphim de Sarov (11/31)


Saint Séraphim de Sarov " Christ est ressuscité, ma joie ! " La découverte miraculeuse des reliques du saint en 1991 à Leningrad

Quand Dieu, le Saint-Esprit nous visite et vient dans la plénitude de Son ineffable bonté, alors nous devons cesser de prier, et nous détacher même de la prière.
L'âme orante prononce des paroles comme offrandes, mais quand le Saint-Esprit descend, elle doit être totalement silencieuse afin de pouvoir entendre clairement, et comprendre vraiment les paroles de Vie éternelle que le Saint-Esprit daigne lui donner.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après une brochure intitulée
One Month with Saint Seraphim

Saint Séraphim: Le chemin de la Foi (R)






Saint Séraphim est pour nous " un instructeur et un inspirateur de la vie chrétienne véritable. Ses Instructions Spirituelles tout comme sa célèbre Conversation avec Motovilov sur l’Acquisition du Saint Esprit, ne contiennent pas de nouveaux enseignements, mais redisent simplement dans notre époque moderne, l’enseignement chrétien ancien des pères [théophores] qu’il cite constamment : saint Basile le Grand, Grégoire le Théologien, Jean Chrysostome, Macaire le Grand, Denys l’Aréopagite, Ambroise de Milan, Isaac le Syrien, Syméon le Nouveau Théologien, les Pères de la Philocalie. Avec les Saintes Ecritures, les vies des saints et les offices de l’Eglise (tout ceci dans le contexte de la tradition vivante de la vie spirituelle de Sarov) sont ses sources et il transmet fidèlement leur enseignement : crainte de Dieu, attention spirituelle à soi, le fait de ne pas se fier aux impulsions de son propre cœur, mais de devenir tellement immergé dans la loi du Seigneur que l’on apprend « à nager dans la loi du Seigneur », accomplir son salut avec patience, humilité, repentance, pardon, acquérir l’Esprit de paix, le saint Esprit qui est la fin de tous nos labeurs spirituels, mettre Dieu avant toute chose avec Son Amour qui réchauffe nos cœurs froids et nous inspire de Le suivre, de Le connaître, et de L’aimer.
Cet enseignement n’est pas complexe, mais de nos jours, quand l’amour de beaucoup s’est refroidi et que le sel du christianisme disparaît, il est presque impossible à suivre. C’est seulement avec grande humilité de notre part (que nous pouvons apprendre de l’humilité du "pauvre Séraphim" comme il avait l’habitude de se nommer lui-même) que nous pouvons espérer recevoir et appliquer cet enseignement de la véritable vie spirituelle à nos pauvres vies de chrétiens.
Par les prières de notre saint père Séraphim, puissions-nous comprendre ses paroles et selon notre force les mettre en pratique pour le salut de nos âmes. " (Père Seraphim Rose, St Seraphim of Sarov, Sermon on Nativity 1978, publié par Orthodox Australia, Vol. III, N°1 (66), janvier-mars 1991, p. 28)
Fr. Seraphim in the St. Elias Skete, Noble Ridge, near the St. Herman of Alaska Monastery in Platina, Cal. In the background is Mt. St. Herman.
Père Seraphim (Rose)

L’auteur des lignes qui précèdent, moine orthodoxe américain, mourait en Californie, il y a une vingtaine d’années. Dans sa jeunesse, celui qui se nommait encore Eugene Rose avait connu la révolte contre Dieu et, en proie à la crise spirituelle de la jeunesse des années cinquante, ayant rejeté totalement l'image morte du « christianisme » de la société américaine, il s’était intéressé aux religions orientales non chrétiennes. 

Épicurien, esthète, grand amateur de gastronomie et de musique, il était très intelligent et parlait plusieurs langues dont le chinois (il traduisit en partie le Tao Te King de Lao Tsu). Par la pure Grâce de Dieu que les ignorants appellent hasard, il avait un jour fait la rencontre de l’Orthodoxie. Il assista à un office orthodoxe dans une langue qu’il ne connaissait pas encore (le slavon) et même s’il ne comprit rien à la cérémonie, il sut d’une manière indubitable qu’il était arrivé au terme de son errance et de sa quête spirituelle. Et soudain, Eugene Rose, promis à un grand avenir académique, à une carrière prometteuse dans l’université, abandonna tout pour le Christ. Il avait trouvé la perle de grand prix et il donna vraiment tout ce qu’il possédait, et tout son être pour l’acquérir. 

Saint Jean Maximovitch créa pour lui une école de théologie… Car il fut aussi son disciple. Il prit le prénom de Séraphim lorsqu’il devint moine et entreprit ses podvigs personnels à l’imitation de son saint patron de Sarov. Il apprit le russe et le slavon et se retira dans une solitude montagneuse de Californie avec un autre moine, le Père Herman. Avec la bénédiction de saint Jean Maximovitch, ils fondèrent la fraternité de Saint Germain d’Alaska, et Père Seraphim Rose fut véritablement digne de son saint patron. Il vécut dans l’inconfort, le froid et la dure ascèse du désert de Platina et atteignit une très haute stature spirituelle. 

Il mourut trop jeune et dès sa mort, des miracles abondèrent par sa sainte intercession. Après les longs offices monastiques à l’église, la règle de prière personnelle et la direction spirituelle, dans sa cabane inconfortable, dans le froid et les épreuves, il avait, jour après jour jusques à son natalice, le jour de sa naissance au Ciel, traduit en anglais les œuvres majeures de la littérature spirituelle, depuis les Instructions Spirituelles de saint Séraphim, jusques à la Vita Patrum de saint Grégoire de Tours. Il était véritablement devenu un staretz, prenant soin avec douceur, amour et humilité de l’âme de ses innombrables enfants spirituels, comme le faisait son saint patron lui-même. 

Il réussit, prodige extraordinaire en ces temps de divisions et de schismes qui déchirent l’Eglise du Christ, à rassembler autour de sa mémoire les différentes juridictions orthodoxes américaines à Platina, lors des célébrations pour le vingtième anniversaire de sa mort. Il est vénéré comme un saint jusques en Russie et ses œuvres sont traduites en une multitude de langues. Il a été digne de son saint patron et nous ne pouvons douter que l’ermite de Sarov ait été un exemple vivant et fécond qui a inspiré cet homme désespérément à la recherche du Dieu vivant. Que par la miséricorde de Dieu et la prière fervente de Sa Mère Toute Pure, saint Séraphim devienne aussi notre guide sur la Voie de l’ascèse !

Lisons la biographie de saint Séraphim, non comme un recueil de récits merveilleux, mais comme un chemin de vie céleste qui va nous permettre, par la précieuse aide spirituelle du thaumaturge béni de Sarov de nous diriger sûrement dès à présent vers la plénitude du Royaume de Dieu.

Claude Lopez-Ginisty

Une première version de ce texte a été publiée 
dans La Chronique de Saint Séraphim de Sarov
dans la revue Diakonia
Fraternité Orthodoxe-Tous les Saints de Belgique
Orthodoxe Broederschap van Alle Heiligen van Belgïe

vendredi 2 octobre 2015

Entretien avec saint Seraphim de Sarov (10/31)



Elevez vos cœurs. Gardez-les dans l'ardeur.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après une brochure intitulée
One Month with Saint Seraphim

Prêtre Gabriel (ROCHELLE): LE CHEMIN SPIRITUEL DE SAINT SERAPHIM DE SAROV (R)



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 St. Seraphim of Sarov prayed on a rock for a thousand days.

Saint Séraphin de Sarov pria sur une pierre pendant mille jours.

*
Dans l'Église orthodoxe, les saints apparaissent. Il n’y a pas de bureau central de contrôle de l'institution, qui qualifie et qui certifie qu’une personne est un saint. 
En bref, nous sommes tous des saints. Le mot signifie simplement " mis à part " et c'est ainsi que les chrétiens eux-mêmes l’ont compris depuis les temps anciens: mis à part pour le service de Dieu dans le monde, mais pas du monde. "Celui qui aime vraiment Dieu se considère lui-même comme un vagabond et un nouveau venu sur la terre, car en lui est un effort vers Dieu dans l'âme et l'esprit, qui ne contemple que Dieu. " Certaines personnes surgissent comme des gens d’exception dans l'église. Leur caractéristique principale est de chercher à vivre en présence de Dieu avec chaque fibre de leur être, et de reconnaître la présence de Dieu dans la création et l'humanité.


Saint Séraphin de Sarov, auteur de l'adage cité ci-dessus, était, était un tel saint. Séraphim naquit Prokhor Mochnine en 1759 à Koursk, en Russie, dans une famille de marchands, et il montra une forte sensibilité spirituelle dès l'enfance. Après avoir récupéré d'une maladie infantile, il entra au monastère de Sarov en 1778. 
La Mère de Dieu guérit saint Séraphim enfant

En 1786, il prononça ses vœux définitifs pour devenir moine, et il reçut le nom de Séraphim, qui signifie "feu"ou "combustion", en partie à cause de son zèle à la prière. 
Après 1793, année où il fut ordonné prêtre de l'église, il déménagea dans un ermitage d’une forêt à sept kilomètres au nord du monastère, et il commença à voir les gens comme staretz, […]. 

Ordination de saint Séraphim

Saint Séraphim, alors diacre, a une vision

*

Saint Séraphim de Sarov " Christ est ressuscité, ma joie ! " La découverte miraculeuse des reliques du saint en 1991 à Leningrad

Les gens vinrent à lui au cours des dernières décennies de sa vie. Au début de cette période, il subit une sévère correction des mains de brigands, qui le laissèrent bossu pour le reste de sa vie. Lors du procès de ces hommes, qui avaient été capturés, Séraphim leur a offert des paroles de pardon.


Les brigands battent saint Séraphim

Les animaux de la forêt aimaient particulièrement Séraphim, et il les nourrissait et même, comme le dit la légende, les animaux le nourrissaient également. Parmi ses amis animaux était un ours souvent représenté avec lui sur une des icônes qui commémorent sa vie. […].

Saint Seraphim de Sarov  (1759-1833) - L’entretien avec Motovilov

A propos de la foi, saint Séraphim dit : "La foi, selon les enseignements de saint Antioche, est le début de notre union avec Dieu : les vrais croyants sont la pierre de l'Eglise de Dieu, préparé pour l'édifice de Dieu le Père, qui est élevée vers les hauteurs par la puissance de Jésus-Christ, c'est-à-dire par la Croix et l'aide de la grâce de l'Esprit Saint." "La foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2:26 ). Les œuvres de la foi ( fruits de l'Esprit ) sont l'amour, la paix, la patience, la miséricorde, l'humilité et le fait de porter sa croix. La foi véritable ne peut pas rester sans œuvres. Celui qui croit vraiment accomplira aussi sûrement de bonnes œuvres."



Guérison de Mantourov

D’importance pour l'approche de saint Séraphim concernant la foi, fut l'acquisition de l'Esprit Saint, qu'il a appelé le " vrai but de la vie chrétienne." Il a donné sa vie pour cette acquisition par la prière et la discipline et il a exhorté ses visiteurs à la même pratique.


Entretien avec Motovilov sur l'acquisition de Saint Esprit

Sa parole est plus mémorable est :  " Acquiers un esprit de paix, et des milliers autour de toi seront sauvés. " La prière, la discipline ascétique et les actes de miséricorde parviennent à cela, après une longue période. Saint Séraphim dit, " Seules les actions accomplies pour le Christ nous donnent les fruits de l'Esprit Saint."

Image
Saint Séraphim creusant le canal de la Mère de Dieu (Kanavka)

L'Eglise orthodoxe de Russie a reconnu Séraphim comme saint en 1903, la 70e année après sa mort. Les Églises orthodoxes du monde entier ont organisé une célébration du centenaire de sa reconnaissance comme saint en 2003. Les gens continuent de venir prier sur la tombe de saint Séraphim et ressentent sa présence dans leur vie de diverses manières, dans ses conseils et par la guérison.


Naissance au Ciel de saint Séraphim

*

« N'ayez pas peur, DIEU EST AVEC NOUS !  »  dit saint Séraphim de Sarov
Glorification de saint Séraphim



Reliquaire de notre Père parmi les saints Séraphim de Sarov

*

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Videos:

Le Fossé de la Mère de Dieu à Diviyévo
(en russe)

Дивеево Канавка Божией Матери






jeudi 1 octobre 2015

Entretien avec saint Seraphim de Sarov (9/31)


Icon of St. Seraphim of Sarov

Par le souffle de Ton Consolateur, réchauffe-moi Seigneur!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après une brochure intitulée
One Month with Saint Seraphim

Note: Le découragement était abhorré par saint Seraphim qui enseignait que l'on pourrait le bannir instantanément en se tournant vers Dieu.

Le livre de saint Seraphim (R)



Icon of St. Seraphim of Sarov

J'avais un livre sur la vie de Saint Séraphim de Sarov. J'adore ce livre. Je ne l'avais pas seulement relu souvent, mais je l'avais donné à mes amis et connaissances à lire. Le livre était devenu si usé, que j'avais décidé de ne plus le donner à personne. 

Un jour un de mes bons amis est venu. Il a vu le livre sur l'étagère, et m'a tellement supplié pour l' emprunter, que j'ai cédé et lui ai donné le livre. 

- Je te le donnerai à la condition, ai-je dit, que tu ne le donneras pas à quelqu'un d'autre. Regarde, comment il est usé, il reste seulement de petits morceaux de la couverture. 

- Je vais être le seul à lire ce livre, et je ne vais le montrer à personne d'autre, m'a-t-il assuré, mais ... il n'a pas tenu sa parole. 

Sa voisine a vu le livre et l'a tellement supplié de lui donner le livre sur son saint préféré, qu'il le lui a donné en lui disant: 

- Ne le donne à personne parce que, s'il est perdu, qu'est-ce que je dirai à son propriétaire? 

La voisine et sa fille le lirent avec plaisir et ne pressèrent pas pour le rendre. 

La fille de la voisine avait un admirateur, un jeune ingénieur, qui finalement lui a demandé de l'épouser. Il semble que la jeune fille l'aimait beaucoup, mais elle l'a refusé, disant: 

- Je suis croyante, et tu n'es pas encore baptisé. tu ne m'épouseras pas à l'Église, tu ne m'autoriseras pas à aller aux offices à l'église, et lorsque nous aurons des enfants, tu ne me laisseras pas les élever comme ma mère l'a fait. Je ne vais pas t'épouser, nous sommes trop différents. 

Après le refus, le jeune homme a tenté de la convaincre à plusieurs reprises, puis, à un moment où la jeune fille était au travail, il est allé vers sa mère et a commencé à lui demander d'influencer sa fille. 

La mère le traita bien, mais refusa de convaincre sa fille. Voyant qu'il était bouleversée, elle l'a invité à boire une tasse de thé et est allée à la cuisine pour préparer les choses nécessaires. 

Tandis qu'elle s'affairait, le jeune homme était assis à la table et il commença à feuilleter le livre sur Saint Séraphim. Lorsque l'hôtesse s'assit à la table avec lui, il a commencé à lui demander de lui donner le livre. Elle ne céda pas. Ensuite, il la remercia pour le thé et après avoir dit au revoir, il a saisi le livre et s'est enfui, en promettant de revenir bientôt. 

La pauvre femme a eu peur de rencontrer mon ami, car jours passaient, mais le jeune homme ne revenait pas. Enfin, elle lui a avoué, ce qui s'était passé, et ils ont tous deux réfléchi tristement à ce qu'ils pourraient faire.  

Un mois est passé, puis un autre. La cinquième semaine du Grand Carême est venue. Soudain, le jeune homme est apparu dans la maison de sa bien-aimée. 

-Mes chers, s'exclama-t-il,  je suis maintenant avec vous... Hier, j'ai été baptisé, et tout cela est dû à Saint Séraphim. Quand j'ai commencé à feuilleter ce livre chez vous, il m'a tellement intéressé, que je ne pouvais pas me détacher de lui. Ensuite j'ai eu un désir de m'instruire sur la foi, sur le Christ. J'ai commencé à lire, j'ai  cru et j'ai finalement été baptisé. Et le livre est en bon état, le voici!

Il l'a mis sur la table. Le livre était réparé, il avait une belle couverture neuve qui avait dû coûter de l'argent. Il m'est revenu dans ce merveilleux état. J'ai décidé de le donner aux mariés comme cadeau.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après