samedi 5 novembre 2022

L'omniscience de Dieu quant à nos péchés



"Tu as fait cela, et moi je me suis tu" (Ps. 50:21)

C'est le Seigneur qui parle. Il s'est tu, et vous imaginez donc qu'Il ne remarque pas qu'un péché ou un autre puisse lui être caché et rester sans conséquences. "Parce que la sentence contre une mauvaise action n'est pas exécutée promptement", dit l'Écriture, "le cœur des enfants de l'homme ne craint pas de faire le mal" (Eccl. 8:11).

Pendant un certain temps, Dieu permet que l'ivraie pousse avec le blé, mais le moment viendra où Il parlera et, rappelant à une personne tout ce qu'elle a oublié, il lui dira : "Tu as fait cela". 

Et maintenant, c'est la parole de Dieu qui nous parle, condamnant clairement nos péchés ; et la vie et l'expérience nous parlent aussi, nous confrontant aux conséquences de tel ou tel péché. 

Tout a commencé par une petite chose : telle ou telle mauvaise habitude a d'abord enroulé son fil ténu autour de vous, et maintenant ce fil ténu est devenu une corde épaisse qui vous a lié pieds et poings. 

Les traces de vos péchés se retrouvent chez vos enfants, vos proches et dans vos actes, et ils vous disent : "Tu as fait cela" ; mais tu te détournes et tu continues à pécher. 

Enfin, la voix accusatrice de Dieu retentira dans votre âme insouciante, et vous entendrez de sa part non seulement "Tu as fait cela", mais encore : "Je t'accuserai et je mettrai tes péchés sous tes yeux ; comprends cela, toi qui as oublié Dieu" (Ps. 50:21-22).

Écoutez cette voix, elle vous dit la vérité, et effondrez-vous avec repentance et une contrition sincères devant le Seigneur aimant qui vous accuse pour que vous compreniez. Il peut et veut pardonner et effacer vos transgressions et, en vous donnant un cœur nouveau, vous placer sur un "chemin nouveau et vivant" (Héb.10:20).

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

Extrait du livre "Day by Day" 
Russian Orthodox Cathedral 

of St John the Baptist 

Washington, DC

USA


vendredi 4 novembre 2022

Métropolite Pavlos | St. Païssios: Trois démons prévoient de cacher le bonheur aux hommes quelque part




Le Métropolite Pavlos de Sisanion and Siatista (+2019) nous raconte une histoire inspirante de Saint Païssios : « où devrions-nous cacher le bonheur pour que les hommes ne puissent jamais le trouver ? »

Métropolite Pavlos
Aujourd'hui, nous vivons à une époque où nous souffrons tous. Mais chacun pense que la cause de sa souffrance est son prochain. En réalité, nous souffrons à cause de nous-mêmes.
Je vais donc conclure, je ne suis pas sûr de l'avoir déjà dit, mais je l'ai lu ces derniers temps et je l'ai beaucoup aimé. St. Païssios désignait les démons comme « tagalakia ».

J'ai donc lu quelque part ce qui suit. Une fois, la « galakia » [les démons] a eu une conférence. « Où devrions-nous cacher le bonheur pour que les hommes ne puissent jamais le trouver ? » L'un d'eux dit : "Je suggère de le cacher sur la plus haute montagne du monde. Qui pourra le trouver là-haut ? »
Les autres dirent : « N'est-ce pas, aujourd'hui les hommes ont tant de moyens et [peuvent] grimper partout, ils l'y trouveront».
Un autre dit : « Je suggère de le cacher au plus profond du plus grand océan. Qui pourra y parvenir ? »
« Ils ont des sous-marins, ils ont tellement de choses, ils les trouveront. »
Un petit «tagalaki » [démon] ne parlait pas. Les autres lui demandent : « Petit, qu'en penses-tu ? »
« J'ai une autre suggestion. Cacher le bonheur des hommes dans un endroit où ils ne croiront jamais qu'il existe et c'est la raison pour laquelle ils ne parviendront jamais à le trouver. »
Les autres furent impressionnés. « Bonne suggestion, mais où est un tel endroit ? »
« Je vous suggère de cacher le bonheur des hommes dans leur âme. Ils ne parviendront jamais à le trouver parce qu'ils ne croiront jamais qu'il puisse y être trouvé. »

C'est notre drame. Dieu nous l'a dit. « Car en effet, le royaume de Dieu est en vous. » [Luc 17:21]. Nous la cherchions à l'extérieur et c'est pourquoi nous ne la trouvons jamais.
Je souhaite, et faites de même, regardez Dieu avec amour et liberté, [regardez les hommes] avec amour et liberté, pour trouver le bonheur caché en nous-mêmes. Pour nous calmer et trouver la paix, alors nous aurons trouvé le but et la beauté de notre âme.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

ELDERS



jeudi 3 novembre 2022

La staritza Evdokia (Eudocie), folle-en-Christ (III et fin)


Sur la

Tombe de la staritza Evdokia


(+ 24 octobre/6 novembre 1890)

Comme c’était quelqu'un qui pratiquait la prière avec ferveur et secrètement, la bienheureuse Evdokia se préparait toujours à la Sainte Communion en temps opportun; et le jour où elle recevait les Saints Mystères du Christ, son visage qui était toujours agréable et manifestait la spiritualité, brillait d’une joie surnaturelle. L’higoumène la traitait d’une manière protectrice, et la bienheureuse était toujours respectueuse envers elle, et lors de la fête onomastique de l’higoumène, elle la félicitait toujours en lui apportant une prosphore. Mais quand l’higoumène voulait lui donnait des vêtements, elle ne les prenait pas.
Elle se distinguait toujours par un esprit de non-possession extraordinaire. Si quelquefois, dans un esprit de consolation, elle prenait quelques unes des choses qui lui étaient données, alors elle les redonnait rapidement à quelqu’un d’autre. Elle prenait seulement, quelquefois, un peu de gruau d’avoine cru, dont elle se nourrissait. Pour elle-même, elle ne prenait rien et donnait des aumônes aux autres. Une moniale voulut lui donner une soutane (padraznik). La bienheureuse dit qu’elle viendrait bientôt la chercher. Un peu plus tard, elle envoya vers la moniale une pauvre pèlerine qui avait besoin de vêtement, et la soutane lui fut donnée.Quand on lui apporta une couverture qui lui avait été laissée par une certaine moniale qui était morte, Evdokia leur demanda de la lui reprendre et de la donner à quelqu’un qui en avait besoin, disant: Pourquoi me l’apportez-vous? Suis-je immortelle?
Dans sa cellule, il n’y avait que des icônes, une petite table et un petit banc, de vieux vêtements, et une pauvre vaisselle dans laquelle, de temps en temps, elle prenait un peu de nourriture du réfectoire. Elle n’allait jamais prendre un bain chaud (sauna); très souvent, elle se frottait avec de la neige. A de nombreuses reprises, pour la prière, elle allait seule en haut de sa cellule, là où il y avait aussi son cercueil.
Par le truchement de tels labeurs ascétiques du jeûne et de l’épuisement physique, la bienheureuse mettait sa chair sous le joug de l’esprit, se purifiait de toute passion, et gagnait de la force pour le combat contre les esprits malins. Elle endurait un fort combat, mais elle causait la défaite des démons par la puissance du Nom de Jésus et par le jeûne.
La miséricorde de Dieu était sur elle, et même durant sa vie, le Seigneur lui accorda les dons de clairvoyance et de discernement spirituel. Elle prédit que beaucoup mourraient bientôt, et elle les exhortait à se repentir de leurs péchés. Quand elle voyait un cœur bon, prêt à recevoir son conseil spirituel, alors, très inspirée, et cela pendant de nombreuses heures, elle parlait avec sagesse du salut.
Quand les gens se tournait vers elle pour leur guidance spirituelle et qu’ils suivaient son conseil, la réussite suivait. Quand ils ne suivaient pas son conseil, il leur arrivait malheur. Une marchande qui vendait de  la dentelle recevait toujours sa bénédiction pour ses voyages, et elle lui obéissait ; et elle avait toujours du succès dans ses entreprises. Cependant, un jour la bienheureuse lui conseilla d’aller avec ses marchandises dans la ville de Mtsenk, et de là à Optino vers le Père Ambroise. Elle n’obéit pas; elle partit de Mtsenk, où elle avait seulement vendu la moitié de ses marchandises, et elle alla dans une autre ville où elle perdit même ce qu’elle avait gagné auparavant, et elle n’y vendit rien. 
Par ses conseils la bienheureuse évitait les malheurs qui les attendait, les affermissait pour supporter les afflictions, les faisait se souvenir de transgressions oubliées, et les exhortaient à vivre pieusement. Parmi ceux qui la respectaient, il y avait à la fois des moniales et des gens qui vivaient dans le monde. Au monastère, on se transmettait plusieurs récits de la clairvoyance de la bienheureuse.
Elle supportait un nombre peu négligeable d’épreuves, d’offenses et d’insultes et entreprenait de nombreux labeurs ascétiques de mépris de soi. Un jour, pendant un voyage, elle fut blessée par un cheval ; une autre fois, elle se brûla gravement le dos. Dans sa vieillesse, à cause du froid et des longues stations debout dans la prière, ses jambes devinrent très douloureuses, enflées et noires; et bientôt, avant sa mort, plusieurs de ses orteils tombèrent. Mais elle supporta tout. De même, elle supporta sans se plaindre les maladies graves qui l’affligèrent avant sa mort.
Avant sa mort, elle se confessa à de nombreuses reprises et communia aux Saints Mystères du Christ. Elle dit adieu à tout le monde ; elle ordonna que toutes ses misérables possessions soient partagées entre les moniales, et elle naquit paisiblement au Ciel dans la 61ème année de sa vie, le 24 octobre/6 novembre 1890.
Elle fut enterrée près de l’autel dans la partie Sud-Est de l’Eglise de la Protection de la Mère de Dieu (Pokrov) et des pannikhides sont souvent faites sur sa tombe. Il est très difficile d’amener les possédés à sa tombe ou à sa cellule (id est les démons résistent !)
La veille du 40ème jour après sa mort, la bienheureuse Evdokia apparut dans son sommeil à une moniale et lui dit qu’elle avait trouvé grâce auprès du Seigneur. Elle était entièrement et merveilleusement belle, et son visage brillait d’une joie céleste. Quand la moniale lui demanda ses prières, la bienheureuse dit: "Parce que tu as agi après ma mort comme une mère, je ne t’abandonnerai pas." Et elle ajouta, "Toi, efforce-toi de lutter. Dans l’église, tiens-toi toujours avec crainte, souviens-toi que c’est là la maison de Dieu; et la nuit, lève-toi pour prier!"


Sainte staritza Evdokia, prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Ascetic Strugglers of Piety
Volume II
(original Russian Strugglers for Piety 
of the 18th and 19th centuries
October Volume, Moscou 1909 [en russe])
Saint Païsius Orthodox Women Monastery
Safford, Arizona
USA

mercredi 2 novembre 2022

Lettre de Père Victor Potapov à propos du pélerinage à Jordanville sur la tombe de Frère José Muñoz


Chers frères et sœurs,

Aujourd'hui, plus de 120 pèlerins qui sont rentrés de notre voyage éclair de deux jours à Jordanville ont passé leur journée à récupérer physiquement et mentalement de tout ce qu'ils ont vu au monastère de la Sainte Trinité [de Jordanville] le week-end dernier. 

L'une des choses les plus incroyables que nous ayons vécues s'est produite sur la tombe du frère José. L'icône de la Sainte Mère de Dieu d'Hawaï a été apportée à la tombe et placée sur un lutrin à côté de la tombe de José. 

Le fond de la couverture en tissu était visiblement rempli de myrrhon, comme un ballon rempli d'eau. Une fois placée sur le lutrin, le myrrhon a jailli sur la couverture blanche du lutrin. Le myrrhon a visiblement commencé à couler sur la couverture du lutrin, visible par tous. 

Cela s'était déjà produit auparavant, mais jamais en aussi grande quantité. Habituellement, nous oignons les gens avec un pinceau, mais cela n'a pas été nécessaire cette fois-ci, car chaque pèlerin a pu toucher la partie inférieure de la couverture de l'icône et s'oindre d'une abondante portion de myrrhon. Gloire à Dieu ! J'enverrai des photos de ce miracle plus tard dans la semaine.

En XC,

Père Victor

Version française Claude Lopez-Ginisty




La staritza Evdokia (Eudocie), folle-en-Christ (II)



(+ 24 octobre/6 novembre 1890)

Quand elle vivait au monastère, elle fabriquait des chaussures pour les moniales, et pour cela elle était tout le temps exposée au goudron. Quelquefois, elle tricotait de petites coiffes avec de l’herbe des marais. Lorsqu’elle remarquait qu’une des moniales commençait à l’estimer, elle devenait très dure avec elle.
L’été elle s’habillait en vêtements chauds; en hiver, elles marchait pieds nus, et ne se couvrait pas les oreilles, même par le temps froid le plus intense. Elle marchait ainsi dans Toula. Elle n’acceptait aucun don de quelque sort que ce soit pour elle, et  elle disait à une jeune fille proche d’elle, qu’elle ne permettait à personne de lui apporter un don, car si on laissait une personne le faire, il n’était plus possible de s’en débarrasser. Mais quand on apportait quelque chose à manger à son chat, alors elle l’acceptait.
Elle supplia une moniale de la laisser vivre dans un grenier froid, et là, elle vécut, pendant dix-sept années durant les hivers, dans un froid terrible.
Plus d’une fois, elle voyagea jusques à Kiev, été comme hiver. Habillée comme d’habitude, elle supportait tous les désagréments du voyage, et elle aimait ces voyages, car ils lui donnait une occasion d’être dans une parfaite solitude orante. Et le Seigneur Lui-même, gardait visiblement Sa fidèle servante. La plupart du temps durant son voyage, elle aimait passer la nuit, non pas dans les villages, mais sous les arbres, dans de petites forêts.
Un jour, alors qu’elle se reposait dans une forêt, deux loups s’approchèrent d’elle, se tinrent longtemps près d’elle, puis, sans lui faire le moindre mal, ils s’en allèrent. Quand la jeune fille à qui elle racontait cela demanda à la bienheureuse* si elle ne fut pas effrayée, Evdokia répondit pas du tout, car elle ne les gênait pas. A une autre occasion, quand la glace sur la rivière se brisait, elle traversa sans dommage sur un bloc de glace alors qu’il semblait qu’il n’y avait aucune chance qu’elle en réchappe.
Après dix-sept ans de vie dans le grenier, la bienheureuse, ayant enduré beaucoup de maux des esprits malins et de gens méchants, fut forcée de quitter ce grenier. Elle s’installa alors dans une cave sous une autre  cellule où elle vécut cinq ans. Une jeune fille proche d’elle raconta ainsi sa vie dans la cave : "J’étais chez elle l’hiver dans son abri incroyable où il il y avait de très petites fenêtres, mais aucun poële… On se tient dans sa pièce en silence… On regarde seulement comment elle vit… Sur ses murs il y a une telle abondance de neige que tout est couvert de blanc. Et elle allait chez elle comme dans une cellule ornée de marbre, avec un vieil habit monastique, avec seulement des bas et un petit bonnet d’été sur la tête."
Quand la propriétaire eut besoin de cette cave, elle vécut dans une petite baraque pendant toute une année. Avec la permission de l’higoumène, un bienfaiteur fit une cellule en pierre de 3 mètres soixante de long pour la bienheureuse, mais même là, elle se faisait une vie très rigoureuse. Elle n’allumait pas le poële: il faisait froid dans la cellule, et elle laissait la porte presque à moitié ouverte. Dans cette pièce, la bienheureuse apporta vingt grosses poules avec lesquelles elle vécut constamment ; et il y avait aussi des pigeons. Il y avait de petites rigoles pour les oiseaux et du fourrage. Par cette pauvreté, dans la cellule froide, pleine de poules, d’une saleté inimaginable, la bienheureuse s’isolait des gens, et s’adonnait pleinement au combat de la prière.



Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Ascetic Strugglers of Piety
Volume II
(original Russian Strugglers for Piety 
of the 18th and 19th centuries
October Volume, Moscou 1909 [en russe])
Saint Païsius Orthodox Women Monastery
Safford, Arizona
USA

mardi 1 novembre 2022

La staritza Evdokia (Eudocie), folle-en-Christ (I)


Ste Eudokia Folle-en-Christ
 (Fête le 24 octobre/6 novembre)



(+ 24 octobre/6 novembre 1890)


La staritza Evdokia est née en 1830 à Toula. Elle était la fille de Matthieu Plaskonov, qui était d'un rang social commun. Ses parents étaient des gens modestes d’une grande piété; son père travaillait dans une fabrique d’armes. Dès son enfance, Evdokia se distinguait des autres jeunes filles par une rare beauté. Même lorsqu’elle était enfant, elle était calme, modeste et obéissante; elle aimait la solitude et elle était très pensive.
A l’âge de 15 ans, Evdokia Matveyevna (fille de Matthieu) alla en pèlerinage au monastère des thaumaturges des Solovki, et ce voyage développa plus encore son esprit religieux et développa plus spécialement sa dévotion à la Providence de Dieu. Une circonstance y contribua en particulier. Pendant le voyage de retour, dans une ville, alors qu’Evdokia n’avait ni argent ni pain pour le long voyage de retour, elle marchait le long d’une rue, pleurant et ayant peur de demander l’aumône. Soudain, un jeune homme vint vers elle et lui dit : "Ne pleure pas," et il lui donna de l’argent. Il devint alors invisible si rapidement que sa marraine qui était sa compagne de voyage et qui marchait devant elle, ne vit pas le jeune homme.
Jusques à l’âge de vingt ans, elle vécut dans la maison de ses parents. En plus d’elle, ils avaient deux fils. Comme elle aidait sa mère dans ses tâches, elle ne pensa jamais au mariage, et toutes ses pensées allaient au Ciel. 
Quand elle eut vingt ans, Evdokia décida d’entrer dans la vie monastique. Ses parents bénirent sa décision avec joie. Elle pensa d’abord entrer au monastère de Toula, mais désirant prendre conseil auparavant, elle se tourna vers un certain fol-en-Christ très respecté qui vivait à Toula. Il gisait, la tête dans la direction de la ville de Mitchalov et il lui dit : voilà la direction que tu dois prendre.
Suivant son conseil, la belle jeune fille, un sac sur l’épaule, partit pour le monastère féminin Ryazansky de Mitchalov, où elle fut acceptée par l’higoumène Elpidephora.
Evdokia y vécut ses premières sept années en novice modèle. Humble et dévouée, elle était remarquée pour son amour des durs labeurs, et elle était extraordinaire par la qualité de son travail manuel. Elle était obéissante et diligente, novice auprès d’une des moniales les plus strictes, et durant ses heures libres, elle s’occupait aussi de moniales âgées, apportant à certaines du bois de chauffage, de l’eau à d’autres, lavant le linge  pour d’autres encore. Toutes l’aimaient pour son bon caractère et sa promptitude à les servir.
Durant la septième année de sa vie monastique, Evdokia d’adonna à un ascétisme très rigoureux, couvrant cela sous le masque de la folie en Christ. D’abord on considéra qu’elle était devenue folle, mais après un certain temps, son ascétisme fut compris.
Même avant cela, Evdokia était une femme de prière fervente: maintenant, elle prit sur ses épaules ce nouveau combat spirituel, elle s’adonna entièrement à la prière, et plus particulièrement à la prière secrète. Elle assistait toujours aux offices divins. Elle se tenait près des portes et retournait à sa cellule avant tous les autres.
Son labeur ascétique rigoureux, elle le cachait sous le masque de la folie. Elle jeûnait  beaucoup ; elle mangeait peu. De temps en temps, elle allait voir sa famille à Toula. Sur un petit traineau, elle emportait des pommes de terre et du pain, qu’elle mangeait en route. Quand elle était à Toula, elle passait son temps à travailler; très souvent elle apportait sur son traineau une pile de linge des moniales qu’elle lavait.
A Toula, elle déambulait toujours avec un chaton dans son sein; quand on lui demandait pourquoi, elle s’excusait, disant qu’avec le chaton elle avait plus chaud. Elle marchait vite et parlait peu. La plupart du temps, elle était concentrée en elle-même.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Ascetic Strugglers of Piety
Volume II
(original Russian Strugglers for Piety 
of the 18th and 19th centuries
October Volume, Moscou 1909 [en russe])
Saint Païsius Orthodox Women Monastery
Safford, Arizona
USA

lundi 31 octobre 2022

Anna Berseneva-Shankevich: "LES SOEURS VEULENT QUE VOUS CHASSIEZ [ DE MOI]L'ESPRIT D'ORTHODOXIE"

 

L'histoire de la façon dont une abbesse catholique est devenue moniale orthodoxe

Sœur Melania, ancienne abbesse catholique, doyenne d'un monastère carmélite, a prononcé des vœux monastiques dans l'un des monastères orthodoxes de l'est de la Pologne. Son chemin vers l'Orthodoxie ne fut pas facile et fut rempli de rebondissements soudains. Elle a accepté de partager son histoire difficile et étonnante avec les lecteurs du portail Pravoslavie.Ru.

Les ancêtres de mon père sont originaires de Pologne occidentale, c'étaient des catholiques. Et les parents de ma mère, de petite noblesse, possédaient un terrain sur la rivière Neman ; aujourd'hui, c'est le territoire de la Biélorussie. Tous mes parents qui vivent maintenant à Minsk professent l'orthodoxie, et je suis très heureux qu'il y ait non seulement des catholiques, mais aussi des orthodoxes dans ma famille !

Nos grands-parents, lorsqu'ils voulaient cacher le sujet de leur conversation à leurs petits-enfants, passaient au russe. La famille était bonne. Nous pratiquions le catholicisme, nous allions l'église, mais je n'ai jamais pensé que je pourrais devenir religieuse. J'aimais beaucoup le Seigneur, mais je n'imaginais pas qu'il voudrait amener un mauvais être comme moi à son monastère ! J'avais 20 ans lorsqu'un ami de Kyungz, un professeur d'étude biblique, qui allait à une conférence scientifique, m'a proposé d'aller avec lui. J'ai eu l'occasion de passer deux ou trois jours dans un monastère, de prier, puis de rentrer chez moi. J'ai accepté. C'était ma première visite au monastère ; les sœurs m'ont posé des questions très sérieuses, mais je pensais que c'était très habituel que c'était le cas avec tout le monde. Le troisième jour, j'avais rendez-vous avec l'abbesse. J'ai entendu une question de l'abbesse : "Quand emménagerez-vous avec nous ?" Elle ne m'a pas demandé si je voulais emménager avec elles. Elle a demandé - quand ? Et j'ai décidé que c'était le Seigneur qui m'informait de Sa volonté. Je l'ai informée que j'étudiais la philologie polonaise à l'université, et que mes études n'étaient ont pas encore terminées, mais on m'a dit que je devais quitter l'université. Que, si nécessaire, je serai envoyée vers d'autres études. Tout cela semblait très sérieux, alors j'ai dit : "Je viendrai dans un mois."

À la maison, mes parents furent désemparés par les nouvelles que j'apportais. Mais néanmoins, un mois plus tard, je suis allée au monastère et j'y ai passé deux ans. Les sœurs étaient largement engagées dans la charité ; elles m'ont aidé dans les hôpitaux, les écoles, sont allées en Afrique pour nourrir les affamés... À la fin de la deuxième année, le confesseur du monastère m'a bénie pour déménager dans un autre monastère, fermé. Selon lui, il serait utile pour moi de vivre dans un ermitage. Lorsque j'en ai informé l'abbés, elle a soupiré : "J'avais peur de cette conversation... J'avais l'impression que tu serais renvoyée." Ainsi, par obéissance, je me suis retrouvé dans le monastère des sœurs carmélites. Là, j'ai prononcé des vœux monastiques ; au fil du temps, j'ai été élevé au rang d'abbesse. Dans le monastère, je suis devenu doyenne, j'ai encadré de jeunes sœurs. 18 ans de ma vie ont été passés dans l'Ordre carmélite.

Un jour, un ecclésiastique polonais est venu à notre monastère avec une proposition d'établir une communauté carmélite à Usolye, dans la région d'Irkoutsk. Il y avait autrefois une vaste diaspora polonaise - les défunts et les vivants avaient besoin de la prière de leurs frères dans la foi. Personne ne voulait y aller, parce que les sœurs de cet ordre passent toute leur vie (à de rares exceptions près) à l'intérieur des murs de leur monastère, elles ne sortent même pas. Se rendre en Sibérie signifie ne jamais retourner en Pologne. Il n'est pas difficile de deviner qu'aucune des sœurs ne voulait un tel destin. Et j'ai pensé - qu'apparemment, je devrais le faire. Eh bien ! Vous devez connaître le pays dans lequel vous vivrez, et moi, prenant une bénédiction, j'ai commencé à étudier l'histoire de la Russie, à lire sur l'Orthodoxie. Il y a beaucoup de saints en Russie ; vous pouvez les prier et leur demander de l'aide.

J'ai été recommandée par la maison d'édition orthodoxe polonaise Bratchek. Nous avons commencé à envoyer des SMS, et "Bratchek" m'a beaucoup aidé - j'ai eu beaucoup de littérature orthodoxe et d'icônes. Quelle que fût la question que j'avais, ils m'envoyaient un livre ou une brochure sur cette question. Et c'est ce qui est incroyable. Tout dans ces livres était écrit d'une manière simple et intelligible. Au début, cela m'a embarrassé ; puis je suis allé à la prière, et tous les délices intellectuels se sont évaporés de ma tête - seuls ces textes simples sont restés. J'ai adoré la lecture philosophique, je lisais à la fois Dostoïevski et Florensky en traductions, la littérature complexe me procurait du plaisir. Mais les livres simples m'ont rendu une personne différente - ils ont été inspirés par le souffle du Saint-Esprit.

L'éditeur de "Bratchek" Marek Yakimyuk a amené le peuple russe dans notre monastère. Un jour, l'archimandrite Ambrose (Yurasov) est venu avec lui de la ville russe d'Ivanovo avec les sœurs d'un monastère orthodoxe. Nous parlâmes  à travers les barreaux. Le père Ambrose nous a demandé : "Mes sœurs, vous arrive-t-il d'être en colère les unes contre les autres ?" Et pendant longtemps, nous avons discuté de la passion de la colère. À l'aide d'exemples simples, le Père nous a expliqué comment faire face aux tentations, comment aimer notre prochain. Ses paroles allaient droit au cœur. Nos sœurs étaient assises en larmes - le Saint-Esprit était si fort dans ses discours. Une beauté surnaturelle ! J'étais heureux de voir ces larmes chez mes sœurs.

En lisant la littérature orthodoxe, je me suis posé une question à laquelle je voulais vraiment trouver une réponse. J'ai écrit une lettre à Marek : "Ici, j'ai lu les anciens startsy et j'ai lu notre contemporain le staretz Païssi Svyatogorets [id est Païssi Vélitchkovsky]. Ils sont séparés par des siècles, mais je ne ressens pas la différence entre eux ! Comment cela est-il possible? » La réponse de Marek fut mon premier pas vers l'orthodoxie. Il écrivit : "L'Église orthodoxe est une continuation des traditions paternelles. Tout le monde est vivant dans l'Église orthodoxe ! » Je suis allé voir mon confesseur catholique et j'ai demandé : "Qu'est-ce qui ne va pas chez nous ? Pourquoi les anciens startsy sont-ils l'histoire, et non pas la réalité pour nous ? » Le confesseur m'a répondu que nous vivions dans un nouveau monde. « Mais écoutez ! » J'ai poursuivi. « L'Évangile a été écrit il y a deux mille ans - cela signifie-t-il qu'il est obsolète ? » Personne ne savait comment me répondre. Puis beaucoup de gens proches se sont détournés de moi, j'ai perdu beaucoup d'amis - ça m'a fait mal.

À cette époque, j'étais soutenu par le père Ambroise et la moniale Marie de Jérusalem. Un jour, Janna Biczewska est venue en Pologne pour des concerts ; la tournée de la chanteuse a été organisée par Marek Jakimük. Je la connaissais et j'adorais ses chansons, alors j'ai demandé à Marek de la saluer. Pour une raison quelconque, il ne m'a pas compris et a pensé que j'invitais Jeanne à me rendre visite ; après un certain temps, son manager m'a appelé. Je ne pouvais même pas imaginer qu'une telle chanteuse viendrait à notre monastère ! Pour nous, Polonais, Bichevskaya, Vysotsky et Okudjava, c'est la Russie incarnée dans les chansons. Mot pour mot - il s'est avéré que le directeur était à l'école avec ma mère, et ma mère l'aidait avec son frère malade. Je vous ai dit que ma mère était morte et  le directeur était très triste. "Nous viendrons à votre monastère", a-t-elle décidé.

Jeanne et moi sommes devenus très amies tout de suite et nous sommes toujours amies. Les Russes sont si bons ! Je les sens proches en tant que parents. Les chansons de Jeanne sont remplies d'un tel sentiment, d'un tel amour pour la Russie ! Jeanne n'est pas une chanteuse laïque, c'est une personne profondément religieuse - ses chansons rayonnent pour moi l'orthodoxie. Probablement personne d'autre ne sait comment faire l'expérience du peuple russe. Les réunions avec différents Russes m'ont beaucoup influencée - de tels dons de Dieu m'ont été octroyés.

La dernière année au monastère carmélite fut très difficile pour moi. Je comprends mes sœurs - elles ne voulaient pas que je meure. Bien sûr, il leur semblait étrange que l'abbesse polonaise veuille passer à l'orthodoxie, à la Russie (dans notre esprit, l'orthodoxie est égale à la Russie). En juillet 2010, une situation difficile entre l'abbesse et les sœurs s'est produite dans le monastère, même les autorités de l'église sont intervenues. J'ai aidé à faire face à cette situation, tout s'est bien terminé, et Matoushka la Mère supérieure voulait que je me repose. Malgré le fait que les carmélites ne devraient jamais quitter le monastère, j'ai été autorisée à aller dans un autre monastère pour une journée, pour vénérer les sanctuaires. J'ai immédiatement décidé d'aller dans un monastère orthodoxe - je voulais vraiment assister à la liturgie orthodoxe, pour la première fois de ma vie ! Mais je ne l'ai pas dit à l'abbesse - j'avais peur qu'elle me l'interdise, et je ne serais pas en mesure de désobéir. "Je vous dirai où j'étais à mon retour", ai-je dit de manière évasive. La Mère a réalisé où j'allais, mais elle resta silencieuse.

Nous avons pris rendez-vous avec Marek Yakimyuk, il m'a rencontré à la gare et m'a emmenée  à l'église St. Nicolas de Bialystok. Je suis entré dans le temple et mes larmes ont commencé à jaillir. À ce moment-là, il est finalement devenu clair que ma voie était l'orthodoxie. Après Bialystok, nous sommes allés au monastère de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Zverki. C'était le 12 juillet, la fête de Pierre et Paul. Plusieurs années plus tard, j'ai appris que Païssi Vélitchkovsky, mon saint orthodoxe préféré, est célébré le même jour ! J'ai lu tous ses livres que j'ai pu trouver et je l'ai considéré dans mon cœur comme mon confesseur. Nous avons parlé à l'abbesse, et à la fin, elle a demandé : "Quand viendras-tu nous voir ?" C'était comme la voix de Dieu. Comme une fois dans ma jeunesse dans un monastère catholique, on m'a demandé : "Quand viendras-tu nous voir ?" - alors maintenant le Seigneur a montré Sa volonté. Je savais qu'il n'y avait pas besoin de chercher un monastère - le Seigneur me l'avait déjà donné.

Après mon retour au monastère carmélite, les sœurs m'ont raccueillie avec hostilité - ma Mère n'a pas pu résister et leur a dit où j'étais allée. J'ai été enfermée dans ma cellule pendant quelques mois... Seules quelques jeunes sœurs que j'avais l'habitude d'être en charge m'ont apporté du réconfort. En décembre, mon nouvel habitat était une clinique psychiatrique dans la communauté catholique - les sœurs carmélites espéraient qu'elles y prouveraient mon incapacité là-bas. L'examen dura quatre mois, et à la fin, je fus emmenée chez un prêtre exorciste faisant autorité - il a s'occupait des mauvais esprits possédés par les démons et les expulsait. Lorsque nous sommes restés ensemble au bureau, Kyądz a demandé :

- Pourquoi ma sœur est-elle venue me voir ?

- J'ai été amenée pour que l'on expulse un démon de moi.

- Ma sœur, je prie pour vous, mais vous n'avez pas d'esprit maléfique. Que veut d'autre ta sœur ?

J'ai eu les larmes aux yeux, et j'ai avoué :

- Ils veulent que vous me fassiez sortir l'esprit de l'Orthodoxie.

Le prêtre fut  silencieux et il pria le chapelet. Après un certain temps, il  dit :

- Ma sœur est arrivée à la mauvaise adresse. J'ai terminé mon travail de doctorat sur la prière de Jésus ; dans ma cellule, je finis de peindre l'icône "Le Sauveur non fait de mains d'homme" et je vais étudier l'expérience des moines orthodoxes dans le repentir des mauvais esprits à Potchaev.

Notre conversation s'est terminée par une bénédiction pour se convertir à l'orthodoxie. Je l'ai pris comme un miracle de Dieu.

Nous sommes devenues amis avec les employés de l'hôpital catholique et nous sommes même tombés amoureuses les unes des autres. Elles ont dit aux sœurs carmélites que j'étais en bonne santé et qu'il n'y avait aucune raison de me garder dans une clinique psychiatrique ; que j'avais subi tous les examens possibles et que me déclarer folle serait mentir et qu'elles ne prendraient pas un tel péché sur leur âme. Les sœurs carmélites et les prêtres catholiques sont venus à l'hôpital - ils ont essayé de me dissuader de me convertir à l'orthodoxie. Tous les jours - réunions, conversations, mais j'ai répété que je ne retournerais pas au monastère. C'était très difficile, mais j'ai demandé au Seigneur de me donner de la force pendant une heure, pendant une minute... Et le Seigneur m'a aidé à m'accrocher. Enfin, mon père et mon frère sont venus me chercher et m'ont ramené à la maison.

Après m'être reposé une semaine à la maison, le 4 mai, je suis allé dans un monastère à Zverki. Je savais que ma bien-aimée Janna Bichevskaya honorait vraiment le tsar-martyr Nicolas II. Au début, j'eus une attitude difficile envers lui, et j'ai prié le Tzar pour qu'il m'aide. Le 16 juillet, je me suis converti à l'orthodoxie, et ma première communion fut le 17 juillet - le jour du souvenir de la famille royale ! Quand je l'ai découvert, j'ai été choquée. Pendant plusieurs années, j'ai été novice dans un monastère, puis moniale, et ce Grand Carême, j'ai été tonsurée moniale. 

Mon chemin fut sinueux et difficile, mais je suis sûr que Dieu Lui-même m'a guidée. Aujourd'hui, je prie pour l'amour entre la Russie et la Pologne. Le Diable sème l'inimitié entre nous, mais je crois que le Seigneur aidera à la surmonter !

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après

PRAVOSLAVIE.RU

dimanche 30 octobre 2022

19ème DIMANCHE APRÈS LA PENTECÔTE



Aujourd'hui, la lecture de l'Évangile dominical est l'histoire du fils de la veuve de Nain (Luc 7:11-16) et elle fait suite à la guérison du serviteur du centurion. Cette guérison s'est faite à distance. Le Seigneur n'était pas présent au chevet du malade et les sceptiques auraient donc pu dire que le serviteur n'était peut-être pas mort. Le Christ a levé tous les doutes par ce miracle remarquable. Il a rencontré le triste cortège funèbre et n'a pas guéri par Sa seule parole. Il a touché le cercueil, montrant ainsi que son corps même est vie. Comme le dit Théophylacte dans son commentaire : Puisque Dieu le Verbe, qui donne la vie à toutes choses, s'est Lui-même fait chair, sa chair elle-même est donc également créatrice de vie, et élimine la mort et la corruption. Le jeune homme s'est assis et a commencé à parler. Ce n'était pas une apparition, mais la preuve de sa résurrection. Le commentaire explique : Vous pouvez aussi comprendre la veuve comme l'âme qui a souffert de la perte de son époux, la Parole de Dieu qui sème la bonne semence. Et le fils d'une telle veuve est l'esprit qui est mort et qui est porté hors de la ville, c'est-à-dire hors de la Jérusalem céleste qui est la terre des vivants.

Aujourd'hui est le dimanche où nous commémorons les 318 Pères du 1er Concile œcuménique. Ce sujet a été traité dans les notes hebdomadaires des années précédentes. Les lecteurs qui sont sur la base de données depuis moins d'un an ne l'auront pas vu et nous avons donc ajouté un article, en deuxième pièce jointe, donnant un bref résumé de la controverse sur les iconoclastes.

Le calendrier des saints nous donne une longue liste de noms pour ce jour, dont celui de saint Paulin, premier évêque d'York. Il était arrivé en Grande-Bretagne, avec la mission grégorienne comprenant St Mellitus, envoyée pour convertir les Anglo-Saxons païens, au début du 7ème siècle. C'était un moine de Rome. Paulin est resté dans le Kent jusqu'en 625, date à laquelle il fut élevé à l'épiscopat par l'archevêque Juste de Canterbury. La sœur du roi Eadbald du Kent, Ethelburge, devait épouser le roi Edwin de Northumbrie, qui était païen. Il avait cependant accepté que sa femme reste chrétienne et puisse pratiquer le culte de son choix. Dans son histoire, Bède rapporte que Paulin accompagna Ethelburge lors de son voyage en Northumbrie. Il décrit Paulin comme un homme de haute stature, un peu voûté, aux cheveux noirs, au visage fin, au nez crochu et fin, à l'aspect à la fois vénérable et impressionnant.

Paulin était infatigable dans ses efforts pour gagner des âmes au Christ. Le roi Edwin et nombre de ses partisans furent baptisés à York en 627. La tradition rapporte qu'au cours de son séjour dans la résidence royale de Yeavering, le saint évêque passa 36 jours à baptiser de nouveaux convertis. On lui attribue également le baptême de Hilda, l'abbesse fondatrice de l'abbaye de Whitby. Le roi Edwin fut vaincu et tué à la bataille de Hatfield Chase en 633 (ou peut-être 634). Cela entraîna la division du royaume d'Edwin et un fort déclin du christianisme dans le nord. Paulin, ainsi qu'Ethelburge, ses enfants et leurs fidèles serviteurs, s'enfuirent dans le Kent. Pendant son séjour dans le Kent, Paulin devint évêque de Rochester, où il resta jusqu'à sa mort en ce jour de l'année 644. Lorsque la nouvelle cathédrale fut construite dans les années 1080, ses reliques furent transférées dans un nouveau sanctuaire.

Aujourd'hui également, nous commémorons le staretz Ambroise d'Optina. Né en 1812, Alexandre Mikhailovitch Grenkov était le sixième de huit enfants. Malgré son origine modeste (son père était un petit fonctionnaire laïc de l'église), il entra à l'âge de 12 ans à l'école cléricale de Tambov, puis au séminaire théologique de Tambov. En 1835, peu avant d'obtenir son diplôme, Alexandre tomba gravement malade et fit le vœu de devenir moine s'il guérissait. Il se rétablit mais prit d'abord un poste d'enseignant. Après avoir été conseillé par le staretz Hilarion de Troekurovo d'aller à Optina, Alexandre entra dans ce monastère réputé en 1839. Son premier guide spirituel fut le staretz Léonide, et plus tard, il fut l'assistant de cellule du staretz Macaire. En 1842, il fut tonsuré comme moine et reçut le nom monastique d'Ambroise, en l'honneur de saint Ambroise de Milan. Bien qu'il ait été ordonné prêtre trois ans plus tard, sa santé était si mauvaise qu'il était à peine capable de servir comme prêtre. La maladie l'obligeait à passer du temps en réclusion mais elle lui permit de se concentrer sur la maîtrise de la prière de Jésus et d'apprendre la signification de l'hésychia

Pendant toute cette période, le Père Ambroise continua à travailler avec le staretz Macaire sur la traduction des écrits des Pères, y compris la traduction de l'Echelle de l'ascension divine [id est l'échelle sainte de saint Jean Climaque]. En plus de cela, un nombre croissant de pèlerins recherchaient ses conseils spirituels. Il ne refusait jamais d'écouter les personnes qui demandaient de l'aide, même lorsqu'il était au bord de l'épuisement. Il était clairvoyant et avait le don de guérison. Lorsque le staretz Macaire mourut en 1860, le père Ambroise devint le staretz principal d'Optina et le resta jusqu'à sa mort. En 1884, le staretz Ambroise fonda le couvent de Chamordino, conçu pour accueillir toutes les femmes, y compris les plus pauvres d'entre elles qui ne pouvaient apporter aucune dotation au couvent. Il pensait qu'un couvent devait être ouvert à toute femme désireuse de devenir moniale. le staretz Ambrose est décédé à Shamordino en ce jour de 1891.  

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DIMANCHE DES PÈRES DU SEPTIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE

Aujourd'hui, nous nous souvenons des hiérarques qui se sont réunis à Nicée. Il est tentant de penser que le 7e concile œcuménique a mis fin à l'iconoclasme et a vaincu les ennemis de l'orthodoxie. Or, si le Concile a établi et promulgué la Vérité, l'affaire ne s'arrête pas là. C'est un rappel pour nous de ne pas être complaisants car l'Ennemi ne dort jamais. En deux temps, l'iconoclasme a troublé l'Église pendant plus d'un siècle. L'article suivant, déjà publié, donne un bref aperçu de l'ensemble de la controverse.

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Le 7e concile œcuménique a eu lieu en 787. Le sujet était la restauration des icônes suite à la controverse des Iconoclastes.

Dans la deuxième décennie du 8e siècle, le patriarche Germain de Constantinople a dû défendre la vénération des icones dans les églises contre les critiques de quelques évêques provinciaux. Comme il n'appartient pas aux autorités civiles de déterminer les doctrines et les coutumes de l'Église, le patriarche fut surpris lorsque, en 730, l'empereur byzantin Léon III publia un décret en faveur de l'iconoclasme.

Les événements se précipitèrent et Germain fut chassé du pouvoir, remplacé par Anastase, plus conciliant. Lorsque le fils de Léon, Constantin, devint empereur, il promeut encore plus vigoureusement l'iconoclasme et, en 765, il fit convoquer un "concile" au cours duquel les icônes furent condamnées. Après avoir réussi à intimider les évêques présents, Constantin se servit de l'autorité fallacieuse de son faux concile pour imposer l'iconoclasme par la violence.

Après la mort de l'empereur Léon IV en 780, sa veuve, l'impératrice orthodoxe Irène, agissant en tant que régente pour son jeune fils, l'empereur Constantin VI, décida de mettre fin à l'iconoclasme. Le succès ne fut assuré qu'en 787 lorsque le 7e concile œcuménique, qui se tint à Nicée sous la direction du patriarche saint Tarase, condamna l'iconoclasme et ordonna la restauration et la vénération des icônes dans toutes les églises. Malheureusement, à la mort d'Irène en 802, les ennemis de l'Église réapparurent. En 815, ils trouvèrent un nouveau champion en la personne de l'empereur Léon V, l'Arménien, qui lança une nouvelle attaque contre les icônes. Les empereurs successifs poursuivirent leur persécution iconoclaste.

Le dernier empereur iconoclaste, Théophile, fut le pire de tous. Sa campagne s'intensifia après 834. Cependant, la victoire de l'orthodoxie vint grâce aux actions d'une autre femme. À sa mort, la veuve de Théophile, l'impératrice sainte Théodora (commémorée dans le calendrier de l'Église le 11 février), ordonna immédiatement la fin de la persécution. Un nouveau patriarche, Méthode, qui avait déjà souffert pour l'orthodoxie aux mains des hérétiques, fut installé. La restauration des icônes fut proclamée le premier dimanche du Grand Carême de 843 dans la grande cathédrale Aghia Sophia de Constantinople. 



Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après


in Mettingham. 

ENGLAND