"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 28 février 2019

Père Steven Powley: Et si...?



Et si tu n'avais pas perdu ton sang-froid la semaine dernière ?  Et si tu n'avais pas dit ce mensonge ?  Et si tu avais pris cet autre boulot ?  Et si tu avais épousé cette autre personne ?  Et si tu n'avais pas quitté l'équipe de football du lycée ?  Et si tu avais eu la pause dont tu avais besoin ?  Et si tu avais fini la fac ?  Et si ____ (remplissez le blanc).

Combien de fois revivons-nous certains événements du passé en disant : "Et si j'avais fait ça différemment ?"  Parfois, nous rêvons de ce que serait la vie si les choses s'étaient passées différemment.  Parfois, nous essayons de réparer les erreurs, de trouver une "faille" pour justifier nos actions.  Il y a un danger bien réel pour beaucoup d'entre nous que nous le fassions tant que nous nous consumons avec le passé.

Pensez à "Et si" pendant un moment.  "Et si" est toujours le début d'une fausse histoire.  Nous avons notre histoire, notre vie.  Je ne suis pas devenu le joueur  shortstop [position importante au jeu de baseball] des Dodgers de Los Angeles.  Peu importe à quel point je regarde le passé avec ce "Et si", je ne serai jamais un tel arrêt-court.  Ce n'est pas mon histoire !!!  Ce " et si " semble assez innocent, mais il peut mener à l'insatisfaction dans ma vie.  Je peux finir par blâmer les autres, comme ma femme ou mes enfants, pour mon "échec" à atteindre les grandes ligues.  Ma véritable histoire peut finir par être saccagée par une fausse histoire.

Il y a une grande citation du Prince Caspian de C.S. Lewis (des Chroniques de Narnia) quand Lucy est confrontée au lion, Aslan (qui représente Jésus), car elle ne lui a pas obéi*. Elle essaie d'abord de justifier ses actes, puis elle demande ce qu'elle aurait fait si elle lui avait obéi. Aslan lui répond : "Pour savoir ce qui se serait passé, mon enfant ? Non. On ne dit jamais ça à personne."

Les "Et si" peuventt sembler innocent, mais ils sont toujours faux et ils nous causeront des problèmes quand nous les utiliserons.  "Et si j'avais épousé cette autre personne" n'aidera pas mon mariage !  Ce n'est pas mon histoire !  "Et si je n'avais pas divorcé" ne changera pas le divorce !  Ce n'est pas mon histoire !  "Et si je n'avais jamais eu d'enfant" ne m'aidera pas à élever mes enfants !  Peu importe le "Et si", nous ne saurons jamais ce qui se serait passé et la fausse histoire nous fera probablement du mal.

Les Saintes Écritures nous conseillent : "Oubliant ce qui est derrière et m'efforçant vers ce qui est devant, je m'avance vers le but pour gagner le prix pour lequel Dieu m'a appelé vers le ciel... vivons à la hauteur de ce que nous avons déjà atteint" (Philippiens 3:13-16).  Dieu dit : "Ne me dites pas "Et si" avec le passé, mais continuez vers demain avec celui que vous êtes aujourd'hui."

Nous sommes tous dans une situation dans laquelle nos décisions passées nous ont mis.  Nous pouvons remettre en question ces décisions pour les 10 prochaines années (en nous frappant la tête avec le "Et si") ou nous pouvons voir où nous en sommes aujourd'hui et continuer vers l'avenir qui sera finalement "notre histoire" !  Parfois, nous devrons pardonner aux autres ou demander pardon à Dieu et aux autres, mais ensuite nous devrons l'oublier et passer à ce qui deviendra "notre histoire".  Pour en revenir au prince Caspien, Aslan dit à Lucy que "tout le monde peut savoir ce qui va se passer" s'ils commencent à lui obéir dès maintenant. Que le Seigneur bénisse votre "véritable histoire" tous les jours !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


mercredi 27 février 2019

Saint Païssios de la Sainte Montagne: Priez pour les autres!



Avez-vous déjà traversé (ou traversez-vous actuellement) une période très difficile dans votre vie ? Il peut s'agir de blessures causées par un accident ou le diagnostic d'une maladie horrible ou d'une relation précieuse soudainement disparue de votre vie ou... il y a tant de choses possibles que nous appellerions "difficiles" ! En fait, y a-t-il quelqu'un qui n'ait pas connu des moments difficiles dans sa vie ?

Ceci étant vrai, alors la question se pose de savoir comment nous gérons spirituellement une telle adversité dans nos vies ? Évidemment, sur le plan physique, nous devrions demander de l'aide médicale en cas de blessures ou de maladies. Cet article concerne plutôt le côté spirituel des choses. Une réaction est de lever un poing en colère contre Dieu en disant : "Pourquoi moi ô Dieu ?" Une autre est de supplier Dieu encore et encore d'enlever la douleur et d'apporter la guérison.

Le grand saint Paul a eu beaucoup d'adversités de ce genre dans sa vie (voir 2 Corinthiens 11:23-32 pour une liste). Pourtant, pour saint Paul, il y avait une question qui se détachait plus que les autres. Il l'appelait son "épine dans la chair" (2 Corinthiens 12:7). C'était là un grand homme de Dieu, dont les prières étaient continuellement exaucées, suppliant Dieu de lui enlever cela. Après avoir supplié trois fois Dieu de l'enlever, il reçut cette réponse : "Ma grâce te suffit, car ma force est rendue parfaite dans la faiblesse." (2 Corinthiens 12:8-9). Aïe... ce ne serait pas la réponse que j'attendrais de Dieu !

Souvent, mes propres prières peuvent être très égocentriques quand je suis confronté à une blessure ou une maladie grave jusqu'à ce qu'on me rappelle que Sa Grâce est suffisante pour moi. Je suis actuellement au milieu d'une période difficile de ma propre vie, alors que je guéris des fractures que j'ai subies lors d'un accident. Mes médecins ont fait un excellent travail pour me ramener à la maison, mais je suis toujours aux prises avec la douleur. Pendant mon temps libre, je relis le livre du staretz Païssios du Mont Athos du Hiéromoine Isaac (publié en français à l'Age d'Homme en  2009). Le staretz Païssios est maintenant reconnu comme Saint Païssios. Sa vie et ses enseignements ne laissent aucun doute sur le fait que cet homme de Dieu soit reconnu comme un saint de notre foi.

Il y a eu deux citations qui ont surgi des pages de ce livre cité, et qui m'ont amené à changer complètement mon approche de ma propre période difficile. Saint Païssios souffrait d'une hernie. Voici la déclaration qu'il  fit à l'époque :

"J'ai une hernie mais je ne veux pas d'opération. Laissez-moi avoir quelque chose qui cloche chez moi. C'est une grande chose d'être malade, de souffrir, et de ne pas prier pour cela, mais de prier pour les autres. Dieu écoute vraiment quand quelqu'un qui souffre et prie pour que les autres guérissent." Notez qu'il ne dit pas que c'est une grande chose d'être malade ou de souffrir, mais plutôt que c'est une grande chose de prier pour les autres et non pour soi-même quand ces choses arrivent. Plus tard, la hernie s'est aggravée et il a subi la chirurgie nécessaire, mais au début, il voulait se concentrer sur la prière pour les autres.

Ah! cela a attiré mon attention et cette nuit-là, ma femme et moi avons prié l'Hymne Acathiste "Gloire à Dieu pour toutes choses" et avons ensuite prié pour tous ceux que nous connaissions qui souffraient (la plupart d'entre eux à cause de beaucoup plus que quelques os fracturés). La joie qui remplissait mon cœur lorsque nous terminions nos prières était tout simplement incroyable. Je ne me concentrais plus sur moi, mais sur les besoins des autres. Depuis lors, ma joie est de prier pour les autres sans prier pour moi-même.

La deuxième citation que j'ai entendue a également eu un grand impact :

"Le staretz Païssios a pu ignorer sa douleur. Vous faites votre travail, et je ferai le mien ", disait-il à ses maladies, et il continuait à prier, à faire du travail manuel ou à voir des gens. Bien qu'il souffrait lui-même, il réconfortait ceux qui souffraient." (Page 310)

"Ignorer ma propre douleur et réconforter les autres" est un grand pas pour la plupart des gens, mais les récompenses sont grandes ! C'est peut-être la seule façon de comprendre vraiment les paroles du Seigneur : "Ma grâce te suffit, car ma force est rendue parfaite dans la faiblesse."

Voici le défi pour chacun d'entre nous au cours de cette semaine à venir, que nous soyons en bonne ou en mauvaise santé, que nous souffrions d'une manière ou d'une autre ou dans un endroit où il n'y a absolument aucune souffrance :

Il n'y a rien de mal à prier pour soi-même, mais que se passerait-il si vous concentriez vos prières sur les autres et non sur vous-même ? Si vous voulez l'essayer, alors pendant les 7 prochains jours ne priez pas pour vous-même. Priez seulement pour les autres. Si vous oubliez et commencez à prier pour vous-même, arrêtez-vous et concentrez-vous immédiatement sur la prière pour les autres. De plus, trouvez quelqu'un qui souffre pour le réconforter, soit en personne, soit par téléphone, par courriel ou par lettre. Que cela soit béni pour vous et que vous soyez une bénédiction pour les autres !

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Encore un grand humoriste à Constantinople ( si l'on apprécie l'humour noir!)


Le texte qui suit (sauf les commentaires en rouge) est sur orthodoxie.com

Le métropolite de Belgique Athénagoras : « L’Église mère [marâtre serait plus exact] (de Constantinople) agit toujours pour le bien et l’unité de l’Église [oy vey ist mirḥutspâ (חֻצְפָּה)]*»

Le métropolite de Belgique Athénagoras (Patriarcat œcuménique) s’est adressé par une allocution à la conférence qui a eu lieu au siège du Parlement européen à Bruxelles jeudi dernier 21 février sous le titre « Le rôle du Patriarcat œcuménique dans l’Église orthodoxe et l’Europe aujourd’hui ». La manifestation était organisée en collaboration avec le député européen du Parti populaire européen, Manolis Kefaloyiannis, et le diocèse métropolitain de Belgique du Patriarcat œcuménique, tandis que le principal orateur était le métropolite de Smyrne Mgr Bartholomée, se trouvant alors à Bruxelles. 
Dans son allocution, le métropolite Athénagoras a déclaré : « Ceci est une occasion, lors de cet événement de ce soir, pour exprimer notre soutien à l’Église mère ( pourquoi le patriarcat (sic) d'Istanbul a-t-il besoin de soutien? Est-ce parce qu'aucun des Patriarcats n'a accepté ces actions délétères en Ukraine?), notre Patriarcat œcuménique, qui agit et œuvre toujours avec pour critère le bien et l’unité de notre Église (Voire!!! Quelle plaisanterie excellente!). Le Patriarcat œcuménique n’a jamais œuvré pour la division et la désintégration de l’unité des orthodoxes (Ah? ce n'est pas évident! Et les prêtres de l'Eglise ukrainienne canonique persécutés ne s'en aperçoivent pas! Quant à son action au début du XXe siècle avec la reconnaissance de l'église vivante des bolchéviks, la division des Eglises par l'introduction du nouveau calendrier, on ne voit pas très bien en quoi cela a servi l'unité!)… L’unité de notre Église est éprouvée aujourd’hui (par la faute de qui?) Nous avons connu des épreuves (Peut-on appeler épreuves les persécutions ignobles que l'on inflige aux autres, et le fait de manipuler d'une manière éhontée les canons pour mettre à la tête d'une pseudo-église des gens excommuniés?) semblables dans de nombreuses phases de l’histoire ecclésiastique, lesquelles ont été finalement surmontées avec l’aide de Dieu. Notre Patriarcat œcuménique, sur la base des droits que la tradition et l’histoire de notre Église lui ont légués (Mensonges éhontés des papophiles phanarodoxes!), a pris la même initiative pour tant d’autres Églises, sœurs et filles (en créant une deuxième "église" en Estonie par exemple?) Pourquoi ne l’aurait-elle pas fait avec l’Église d’Ukraine… »
C'est la meilleure histoire belge de l'année, dommage qu'elle ne fasse rire que les porte cotons de Bartholomée et ses sbires stambouliotes! C.L.-G.
Source : Romfea et orthodoxie.com
Note:
* expression de l'exaspération pour la première formule (oy vey ist mir!)et du culot éhonté (ḥutspâ (חֻצְפָּה))pour la deuxième!

Conversion


Un musulman égyptien qui avait l'intention d'assassiner son cousin chrétien a révélé son histoire de conversion miraculeuse.

Dans un récit qui rappelle la rencontre surnaturelle de l'apôtre Paul avec Jésus sur le chemin de Damas, "Mostafa" a dit à Open Doors USA que sa famille lui avait ordonné d'exécuter son propre cousin à cause de sa foi en Jésus Christ.

Honorer sa famille, pensait-il, signifiait qu'il devait accomplir cette tâche meurtrière. Ainsi, un jour, son cousin, "Mohammed", était assis à l'église et écoutait attentivement un sermon. Mostafa s'est glissé dans le dos et s'est assis à l'affût du moment où il allait frapper.

Mais quelque chose de surnaturel s'est produit. Mostafa réalisa qu'il n'était pas du tout offensé par les paroles du prêtre, et qu'il n'était pas repoussé par les voix qui s'élevaient pour adorer Jésus. En fait, son cœur fut ému par toute cette expérience. Rapidement, il se rendit compte qu'il était impossible de tuer son cousin, et il a décidé de l'avouer à Mohammed sur place.

"Je suis venu du village de notre famille pour t'espionner et voir si tu étais vraiment devenu chrétien ", a-t-il dit, les larmes coulant sur son visage. "Je devrais informer ta famille de ce que j'ai vu, mais je ne peux pas. Je pense que le choix que tu as fait était peut-être le bon. Peux-tu m'en dire plus ? Pourquoi as-tu quitté l'Islam pour le christianisme ?"

Mohammed a immédiatement ramené Mostafa chez lui et a commencé à lui expliquer l'Evangile. Tous deux passèrent toute la soirée à converser sur la vie et les promesses de Jésus-Christ. Finalement, Mostafa décida qu'il avait besoin de se reposer après ce qui avait été une journée épuisante sur le plan émotionnel.

Mais Dieu n'en avait pas encore fini avec lui. Pendant qu'il dormait, il fit un rêve. Jésus lui apparut sur la Croix et lui dit : "J'ai fait tout cela parce que Je t'aime, et Je veux que tu sois libre de tes péchés.

Le lendemain matin, Mostafa se précipita hors du lit et demanda à Mohammed de prier pour lui. Mohammed a immédiatement commencé à se confesser et à promettre sa vie et son amour à Jésus : "J'avais prévu de tuer mon cousin, Ton disciple," dit-il. "Mais maintenant, je suis prêt à donner ma vie pour Toi."

Un mois plus tard, Mostafa fut baptisé, avec son cousin et son meilleur ami à ses côtés. Il a maintenant juré de cheminer avec Jésus tous les jours de sa vie.

Cependant, en raison des conséquences graves et mortelles de la conversion au christianisme dans un pays à majorité musulmane comme l'Égypte, Mostafa a dû garder son histoire de conversion secrète pour sa propre famille. Lui et Mohammed étudient la Bible ensemble, prient et tiennent des réunions secrètes. Ce n'est que lorsqu'ils se sentiront en sécurité qu'ils partageront l'Evangile avec leurs proches. Ce niveau de persécution et de risque est commun pour les croyants dans les pays où croire en Jésus est offensant et blasphématoire pour la majorité de la population.

Que Dieu donne à ces deux hommes la force de marcher dans l'Esprit et de chercher à honorer leur Seigneur avec tout ce qu'ils ont.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après


mardi 26 février 2019

Archimandrite Ioannichie (Balan): SUR LA REPENTANCE ET LA LUXURE Homélie du dimanche du Fils prodigue


Père, j'ai péché contre le ciel et contre Toi, et je ne suis plus digne d'être appelé Ton fils : fais de moi un de Tes mercenaires.

(Luc 15:18-19)

Bien-aimés fidèles ! La lecture de l'Évangile d'aujourd'hui, tout comme celle que nous avons lue la semaine dernière, nous fixe le même objectif important : préparer notre âme et notre corps au travail ascétique du saint Grand Carême. Dimanche dernier, l'Évangile nous a rappelé le péché d'orgueil et l'importance vitale de l'humilité ; cette semaine, l'Écriture parle de la passion répugnante de la luxure et de la puissance salvatrice de la repentance.

Que les saints pères étaient sages ! D'abord ils révélèrent l'orgueil qui cause la mort de notre âme, et ensuite ils démasquèrent la luxure qui tue notre corps. Le premier, le péché commis par Adam, s'installe dans le cœur pour tuer l'âme, le second envahit notre esprit pour tuer le corps. Quand tous deux sont présents, ils nous détruisent complètement, nous entraînant dans l'abîme sans fond du feu et de la mort.

Ainsi, l'âme humaine se mêle au corps tout comme l'orgueil est inséparable de la luxure. Le péché de luxure est généralement précédé par l'orgueil. Les saints Pères affirment à l'unisson : "Celui qui est vain avec ses vertus tombe dans la luxure" (Saint Jean Climaque, L'échelle de l'Ascension Divine. Étape 4. Sur l'obéissance. chapitre 27). Par conséquent, si nous voulons préparer notre corps et notre âme au labeur du Carême, parlons de la passion de la luxure et de la puissance de la repentance. Tout d'abord, suivons l'Evangile.

L'homme qui a deux fils est notre conscience. Le corps dans cette parabole correspond au fils cadet, car il est plus faible et sujet au péché. Le fils aîné est notre âme, car elle est plus enracinée dans la vertu de l'obéissance à Dieu.

Lorsqu'il est conquis par les passions, le corps demande à la conscience de lui donner sa part de propriété afin de la gaspiller en une vie rebelle. Ainsi, le corps a soif de liberté, d'argent, de bons vêtements, de nourriture, de vin, de plaisirs pécheurs etc. Se débarrassant de la bride de la conscience, ivre de liberté, de jeunesse et de passions diverses, il entreprend son voyage au pays de la luxure, étrange pour Dieu, et oublie  son frère aîné et son maître, la conscience.

Là-bas, le corps gaspille ses dons naturels - la santé, la jeunesse et sa substance, ses années merveilleuses et sa liberté. Là-bas, il est confronté à une terrible famine, c'est-à-dire à de graves maladies, à la pauvreté, à des tribulations et, enfin, au désespoir. Là, il devient l'esclave de Satan, qui le fait prendre soin des porcs - tous les péchés bestiaux - et entraîne les autres dans cet abîme. Chaque péché charnel est suivi d'autres péchés, plus graves les uns que les autres.

Quelle horrible chute, mes frères ! Plus nous succombons à la passion de la luxure, plus il est difficile de guérir ; cela semble encore plus terrible car elle prévaut sur tout le monde. Il n'y a pas d'autre péché aussi dégoûtant pour les gens et le Seigneur que la luxure, et aucun autre péché n'est si répandu dans le monde entier. L'esprit sombre de la luxure est présent partout - dans le corps d'un garçon et d'un vieillard, dans la maison des pauvres et des riches, dans la cabane des gardes et dans le palais de l'homme riche.

De nos jours, la passion de la luxure agit avec une fureur et un zèle excessifs. Elle brise les vases les plus purs et les plus honorables, elle charme les esprits les plus louables, elle maltraite les corps des plus jeunes, elle tache les joues les plus pures de la chasteté, elle ment aux mères des plus jeunes et inspire la honte aux plus âgés. Cet esprit démoniaque ne ressent aucune sympathie pour les bébés innocents, les seins desséchés ou les parents sans enfant. Elle endurcit le cœur des mères en pierre, transforme les époux en meurtriers et rend les jeunes immoraux. Cela défait tout le monde pour en faire des enfants de Hinnom.

D'où vient toute l'indignation du Diable face à la race humaine ? Sachant combien peu de jours nous restent, Satan pourrait-il s'efforcer de tenter de tenter les gens par des péchés charnels multiples qui piègent le plus facilement tout le monde ? Ce doit être la seule explication pour laquelle ce péché est si répandu de nos jours. Il n'y a guère de jeune homme de nos jours qui n'ait pas commis ce péché avant le mariage. Nous pouvons rarement trouver une femme qui n'ait pas cédé à cette tentation de sa propre volonté. Nous ne connaissons pratiquement aucun couple qui ait réussi à préserver son lit sans souillure, ou de jeunes mariés qui ne sont pas menacés par le divorce à cause de cette passion dédaigneuse.

Par conséquent, la luxure est maintenant un ulcère social pour toute l'humanité, un cancer inconnu qui semble incurable. L'esprit de la luxure rugit comme un lion et rôde partout en essayant d'en tenter le plus grand nombre possible. On peut le trouver n'importe où : il erre, frivole, dans les rues, se tient debout à tous les carrefours, passe son temps dans les bars, traîne dans les soirées, attire les jeunes, fréquente les couples mariés, ne quitte jamais les maisons des veuves, rit dans la rue, agit sans cesse dans les magasins et les marchés pour donner espoir en quelque chose de grand. Il incite les gens à boire, à raconter des plaisanteries stupides, à organiser des réunions pécheresses et à trop dormir. L'esprit de la luxure frappe à toutes les portes, ouvre les portes de nombreuses maisons et les fenêtres de nombreux cœurs, adoucit les convictions les plus inébranlables, fait du corps un culte et fait de l'âme un objet de culte.

Par conséquent, la luxure est maintenant un ulcère social pour toute l'humanité, un cancer inconnu qui semble incurable. L'esprit de la luxure rugit comme un lion et rôde partout en essayant d'en tenter le plus grand nombre possible. On peut le trouver n'importe où : il erre frivole dans les rues, se tient debout à tous les carrefours, passe son temps dans les bars, traîne dans les soirées, attire les jeunes, fréquente les couples mariés, ne quitte jamais les maisons des veuves, rit dans la rue, agit sans cesse dans les magasins et les marchés pour donner espoir en quelque chose de grand. Il incite les gens à boire, à raconter des blagues stupides, à organiser des réunions pécheresses et à trop dormir. L'esprit de la luxure frappe à toutes les portes, ouvre les portes de nombreuses maisons et les fenêtres de nombreux cœurs, ramollit les convictions les plus inébranlables, rend le culte du corps et le péché insignifiants.

Il n'y a guère de chemin que l'esprit de luxure n'ait pris pour aller à la chasse aux âmes humaines ! Y a-t-il un village où il n'habite pas, une ville où il ne règne pas ou une rue où il ne marche pas sans vergogne, de sorte que si nous n'essayons pas d'y résister, il entre chez nous sans y être invités ? Parfois, l'esprit de luxure déambule dans les rues les plus désolées, menant une guerre acharnée avec même les ermites et les saints les plus expérimentés.

Les saints pères nous conseillent de ne pas combattre ce terrible péché, mais de le fuir, car nous ne sommes pas plus sages que le roi David ou Salomon que la luxure a vaincus.

Rare est l'homme qui ne soit pas infecté par cet esprit des ténèbres ; mais heureux est celui qui, assailli par la luxure, sort fort et victorieux, comme Joseph l'a fait en Égypte. Béni est celui qui ne commet aucun péché par son regard, plus béni encore est celui qui ne commet aucun péché dans ses pensées, et trois fois béni est celui qui ne tombe pas dans le péché par les cinq sens.

Ce péché pénètre le cœur humain de façon imperceptible. D'abord par les yeux et les oreilles, puis par les pensées, l'imagination, l'esprit et la volonté, et ensuite il atteint le cœur ; le péché est prêt - la forteresse est prise et l'âme est soumise. Ainsi, les sentiments débridés portent la convoitise. Elle est nourrie par un sommeil excessif et par la gourmandise. Si un individu boit, a des plaisirs pécheurs, et se comporte vaniteusement, il mûrit et il l'asservit ; il en va de même quand les gens se sentent éloignés de l'Eglise, de la prière, de la confession sincère, du jeûne et de la vie chrétienne. Au contraire, ce qui vainc la luxure, c'est la prière, ce qui l'affaiblit, c'est le jeûne, ce qui la purifie, c'est souvent la confession des péchés, ce qui la guérit, c'est l'humilité, ce qui la chasse, c'est la retenue et la mémoire de la mort.

Nous pouvons percevoir l'effet dévastateur de la luxure à travers ses conséquences, qui sont terribles et que l'on peut voir partout. Sans aucun doute, l'impact le plus courant de la luxure est la souffrance : douleur physique, affaiblissement et troubles de l'esprit, ou même la mort. Mais les impacts les plus horribles sont l'éloignement total de Dieu et le désespoir.

Celui qui se retient est mentalement et physiquement bien développé ; son visage est léger, ses yeux sont clairs, ses paroles sont douces. Celui qui est adultère est toujours fragile ; son visage est pâle, ses yeux sont rouges et anxieux, sa parole est cruelle et attirante, son corps tremble souvent. Ces personnes ne dorment pas bien et rêvent surtout de cauchemars.

Ceux qui ont de la retenue sont calmes et paisibles dans tous les malheurs ; ils réfléchissent profondément, aiment jeûner, prier et se confesser, et communient avec beaucoup de plaisir et de joie. Au contraire, ceux qui sont souillés par ce péché ont toujours l'air anxieux, sont querelleurs et distraits dans leurs pensées ; leur esprit est las et confus, leurs sentiments ne sont pas purs. Ils évitent complètement le jeûne car, comme ils le disent, il les rend faibles ; ils ne vont pas à l'église parce qu'ils n'ont pas le temps ; ils ne prient pas car ils ont honte devant les gens ; ils ne confessent pas leurs péchés par crainte du prêtre ; et ils ne rejettent pas le péché car, comme ils le croient, ils ne peuvent être sauvés. Une personne adultère a peur de la mort ; elle souhaite qu'il n'y ait pas de Dieu, pas de mort, pas de jugement pour que ces péchés ne soient jamais révélés.

S'il s'abstient du péché, sa famille vit en paix, ses enfants sont heureux et en bonne santé, sa femme est obéissante et miséricordieuse - tout dans sa vie est imprégné de vertu. Mais la maison saisie par la passion de la luxure est constamment bombardée de chamailleries, d'invectives, de débauches et d'alcoolisme excessif, de maladies incurables, de divorces et de procès. La femme n'éprouve aucune joie à être mère, le berceau reste vide, le jardin est sans vie, tout est chamboulé.


Archimandrite Ioanichie Balan

Que la vie d'un homme conquis par le mal de la luxure et du désespoir est pénible et terrible ! Bien-aimés fidèles, continuons à suivre le fil de l'Evangile.

Assailli de péchés, abandonné par ses enfants, de sa femme, de ses amis et de sa propre conscience, éloigné de la grâce divine, l'homme adultère peut un jour retrouver ses esprits. Il revient à la raison en se souvenant de son enfance innocente, de l'amour de sa mère qui avait tant fait pour l'élever et de la miséricorde du Seigneur ; comme le fils prodigue, il est étreint par la nostalgie de la maison de son père.

Rejeté par sa conscience, attaqué par les maladies, horrifié par la mort imminente, il se relève de sa chute, regarde dans l'espace. Pleurant, il regrette ce qu'il a fait. Ce pays lointain semble dégoûtant, et il se met à pleurer amèrement. Alors il se tourne vers son âme, sa conscience, son Père et crie : "Mon âme, mon âme, mon âme, lève-toi ! Pourquoi dors-tu ?" Ou bien il crie comme le fils prodigue : "Père, j'ai péché contre le ciel et contre Toi, et je ne suis plus digne d'être appelé Ton fils : fais de moi l'un de Tes mercenaires" (Luc 15:18-19). J'ai souillé la terre par mes péchés, gaspillé les années de ma vie, ma précieuse santé, ma jeunesse et mes biens ; je ne T'ai pas obéi, j'ai abandonné Ta maison, je me suis privé de la joie d'aller à Ton église. J'ai souillé mon lit et mon corps. J'ai mortifié le fruit de mon corps, abusé de ma femme et tenté beaucoup de gens avec mes péchés ! Je n'en peux plus, j'ai faim, tous mes nouveaux vêtements sont en lambeaux, je n'ai plus d'argent, les maladies me touchent. Il n'y a personne pour me protéger, me guérir, me connaître ! Ô Dieu, laisse-moi être avec Toi ! J'ai péché contre le ciel et devant Toi, mais fais de moi Ton dernier serviteur !"

Oh, comme le repentir d'un homme adultère est rare et précieux !

Et le Seigneur miséricordieux, Qui est toujours généreux, va vers lui, l'attend, l'embrasse et écoute sa confession, pardonne ses offenses, et lui donne finalement de nouvelles robes de repentance, lui met une bague à la main et l'invite dans Sa maison. Là, étant joyeux, Il tue un veau gras pour lui.

Le Seigneur reprend Son fils prodigue s'il a une profonde repentance dans son cœur, confesse honnêtement ses péchés et observe la pénitence imposée par un prêtre. Ainsi, l'homme reçoit de nouvelles robes d'espérance pour le salut et porte un anneau d'or, ce qui est un signe que ses péchés ont été pardonnés et qu'il est maintenant fiancé au Christ. Puis il entre dans la Sainte Eglise, où les anges se réjouissent de son retour, où il reçoit la Sainte Communion et se rachète.

Bien-aimés fidèles, la passion de la luxure est forte, mais la miséricorde de Dieu est plus forte ! Il est vrai que le monde entier semble être la maison du mal, et Dieu est patient. Le péché est maintenant plus difficile à pardonner ; nous le commettons sans jamais le cacher, de manière flagrante et sans vergogne. Mais le Seigneur est patient. Il va vers nous, nous cherche et frappe à la porte de notre cœur avec la main de Sa miséricorde. Si nous ne répondons pas, Il vient avec des maladies, des épreuves ou la pauvreté. C'est peut-être la seule façon d'éveiller notre repentance. Nous sommes lents à nous repentir, mais le Seigneur est encore patient !

Après qu'Adam ait commis le péché, Dieu ne l'a pas laissé complètement seul. Adam désirait le fruit, fut tenté et succomba à cette tentation, tomba et ne confessa pas honnêtement son péché, mais transféra la faute sur Eve. C'est pourquoi il fut expulsé du Jardin vers le pays du péché. Là, dans un pays lointain, Adam, intimidé par les épines et les loups, se souvint de son Père et commença à appeler désespérément, "Seigneur, je ne suis plus digne d'être dans le jardin d'Éden, mais fais de moi un de tes serviteurs les plus pécheurs. J'ai regardé le fruit, je l'ai désiré et j'ai péché, mais reprends-moi. Du fond des abîmes, je crie vers toi, Seigneur ! Seigneur, écoute ma voix... Sors mon âme de prison " (Psaumes 129:1 ; 141:8).

Adam et ses descendants pleuraient ainsi depuis de nombreuses années. Le Dieu miséricordieux écouta leurs prières et se dirigea vers eux. Là où ils se sont rencontrés, une croix s'élevant vers le ciel fut érigée ; c'était la Croix de la Miséricorde de Dieu.

Le Seigneur va vers chacun de nous, nous appelle à la repentance, et nous attend toute notre vie. Il désire au moins que nous venions [vers Lui]. Et si nous écoutons la voix de Dieu, si nous nous repentons de nos péchés et si nous nous tournons vers une nouvelle vie de pénitence, le Christ nous accueillera avec Sa joie ineffable : Nous étions perdus, et nous sommes de nouveau vivants ; nous étions perdus, et nous sommes retrouvés (Luc 15:24).


Cependant, si nous négligeons Ses paroles, ne ressentons aucun repentir, Il nous attendra au seuil d'une Eglise désolée ou sur le chemin ; plein de misère paternelle, Il pleurera avec les paroles du prophète : Car l'Eternel parle. J'ai nourri et élevé des enfants, Mais ils se sont révoltés contre moi. 3Le boeuf connaît son possesseur, Et l'âne la crèche de son maître: Israël ne connaît rien, Mon peuple n'a point d'intelligence. (Isaïe 1:2-3), L'homme dans son luxe ne comprend pas, il ressemble au bétail muet. (Psaumes 48:21).


La voie du jeûne est l'une des meilleures façons de rejeter toute sorte de plaisir terrestre et sensuel et de retourner au Christ. Pour vaincre l'auto-indulgence, il faut garder le jeûne, maîtriser les pensées frivoles, pratiquer l'humilité, purifier le péché du cœur, il faut le brûler avec la prière attentive et une profonde humilité.




Le grand Carême nous attend - c'est la bonne, sainte et royale voie de la repentance, la voie qui nous conduit à la rencontre du Seigneur. C'est pourquoi nous avons lu un article sur le Fils prodigue avant le Carême. Rejetons toute forme de convoitise révoltante. Et avec la luxure, rejetons tous les autres péchés.

Que les mères prennent soin du fruit de leur sein, car elles devront faire face à une grave condamnation pour le péché de l'infanticide. Que les parents favorisent l'honneur de la famille, afin qu'ils puissent jouir de la longévité et du bonheur de leurs enfants. Que les enfants obéissent à leurs parents, à moins qu'ils ne veuillent suivre l'exemple du Fils prodigue. Que les jeunes et les personnes âgées, les filles et les veuves, les pauvres et les riches, fuient l'ulcère des plaisirs charnels s'ils veulent que la joie et la paix étreignent leur âme dans cette vie, et s'ils veulent acquérir la paix éternelle dans l'au-delà.

Les parents doivent s'occuper de leurs enfants, leur inculquer la bonté ; les parents ne doivent pas laisser leurs enfants sortir de sous leurs ailes pendant qu'ils sont encore petits, ils ne doivent pas les laisser sans soins pour que le tourbillon des péchés charnels les accable et qu'ils périssent sans Dieu. Assistez aux offices de l'Eglise avec eux aussi souvent que possible, allez vous confesser avec eux,  faites d'eux des enfants fidèles de l'Eglise et de la société et non des serviteurs du Diable. Aimons la maison de notre Père, où nous sommes tous nés spirituellement. Rentrons à la maison !




Ce retour peut prendre une heure ou un jour, mais l'Église nous donne sept semaines de jeûne et de repentir. Chaque jour du Grand Carême est une étape qui nous conduit de plus en plus haut, pour que nous puissions enfin rencontrer le Christ. Au début du Grand Carême, nous sommes comme Adam chassé du Jardin d'Éden, et comme le Fils prodigue. Alors que Pâque approche, comme des enfants retournant chez leur père, nous devenons comme l'Adam racheté, et le fils prodigue que son père a retrouvé. Le dimanche des Rameaux est le jour où nous entrons à Jérusalem avec notre Seigneur, où nous participons à la Cène avec Lui dans une joie indicible et où nous avons part au veau gras, c'est-à-dire que nous recevons la Sainte Communion. Digne d'entrer dans la Nouvelle Jérusalem avec Christ et de manger son souper est celui qui a brisé les liens du péché, qui confesse les péchés et observe les jeûnes.

C'est le vrai sens de la lecture de l'Evangile d'aujourd'hui. Par conséquent, en conclusion, chers fidèles bien-aimés, rejetons l'orgueil spirituel et l'auto-indulgence. Vivons une vie nouvelle, une vie pure, paisible et juste. Nous ne sommes pas des temples de luxure, mais des temples de l'Esprit Saint (1 Corinthiens 6:19.). Il y a des myriades de parents sans enfants, de familles pauvres et de berceaux vides ; il y a beaucoup d'enfants sans mère et de mères qui ne ressentent aucune joie. On ne devrait pas être comme ça. Nous avons gaspillé notre jeunesse en plaisirs, mais cela suffit ! Levons-nous, allons vers le Christ !

Ce qui nous conduira à Lui est le jeûne, ce qui Le rendra miséricordieux, ce sont nos prières, nos confessions, nos prosternations et nos larmes. Nous tomberons devant Lui en disant : "Père, j'ai péché contre le ciel et contre Toi." Père miséricordieux, Il nous embrassera, déchirera la cédule de nos péchés, guérira nos maladies et essuiera nos larmes ; il fortifiera notre foi, nous habillera de robes blanches et mettra un anneau d'or à notre main, en signe de réconciliation. Il entrera dans Son Église avec nous, et nous nourrira de Son Corps et de Son Sang. Il se réjouira ineffablement avec le ciel et la terre, car nous étions morts, et nous sommes maintenant vivants, nous étions perdus, et maintenant nous sommes retrouvés. Amen!


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Arhimandrit Ioanichie Bălan. 
Predici la Postul jument. 
Mănăstirea Sihăstria, 
2007. pp. 18-28.
Cité par 

L'Eglise orthodoxe véritable



L'Église du Christ est vivante et libre. En elle, nous nous avons le mouvement et nous avons notre être, à travers le Christ qui est sa Tête. En Lui nous avons la pleine liberté. 

Dans l'Église, nous apprenons la vérité et la vérité nous rendra libres (Jean 8:32). Vous êtes dans l'Église du Christ chaque fois que vous relevez quelqu'un courbé par la tristesse, ou lorsque vous faites l'aumône aux pauvres et visitez les malades. 

Vous êtes dans l'Église du Christ quand vous criez : "Seigneur, aide-moi." 

Vous êtes dans l'Église du Christ quand vous êtes bon et patient, quand vous refusez de vous fâcher contre votre frère, même s'il a blessé vos sentiments. 

Vous êtes dans l'Église du Christ quand vous priez : "Seigneur, pardonne-lui. 

Quand vous travaillez honnêtement dans votre travail, quand vous rentrez chez vous fatigués le soir, mais avec le sourire aux lèvres ; quand vous récompensez le mal par l'amour - vous êtes dans l'Église du Christ. 

Ne voyez-vous donc pas, jeune ami, à quel point l'Église du Christ est proche ? Vous êtes Pierre et Dieu construit Son Église sur votre  déclaration de foi. Vous êtes le rocher de Son Église contre lequel rien ne peut prévaloir...

Construisons des églises avec notre foi, des églises qu'aucune puissance humaine ne peut abattre, une église dont le fondement est le Christ... Sentez-vous pour votre frère à vos côtés. Ne demandez jamais: "Qui est-il ? Dites plutôt : " Ce n'est pas un étranger, c'est mon frère. Il est l'Église du Christ comme moi je le suis." [Citation : P. George Calciu]

Avec un tel appel dans nos cœurs, commençons réellement à appartenir à l'Église du Christ, l'Église orthodoxe. 

Il ne suffit pas d'être membre à l'extérieur, il faut que quelque chose bouge en nous qui nous rende différents du monde qui nous entoure, même si ce monde se dit "chrétien" et même "orthodoxe". 

Gardons et nourrissons les qualités de la véritable vision orthodoxe du monde dont j'ai parlé plus tôt : une attitude vivante, normale, aimante et indulgente, non égoïste, préservant notre innocence et notre insouciance même avec une conscience pleine et humble de notre propre péché et de la puissance des tentations du monde qui nous entourent. 

Si nous vivons vraiment cette vision orthodoxe du monde, notre foi survivra aux chocs qui nous attendent et sera une source d'inspiration et de salut pour ceux qui chercheront encore le Christ, même dans ce naufrage de l'humanité qui a déjà commencé aujourd'hui.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
THE ORTHODOX WORLDVIEW
(La Weltanschauung orthodoxe)

lundi 25 février 2019

Le chemin de la guérison est dans l'Eglise



Beaucoup d'hésitations....

Certaines personnes ne veulent pas se confesser, d'autres sont rendues folles parce qu'elles se sont réveillées tôt pour aller à l'église, le jeûne ressemble à une montagne, mais le régime pour la plage est un jeu d'enfant. Vous voyez un prêtre dans la rue et vous avez envie de traverser la rue [pour l'éviter]. Le péché veut vous ancrer dans son propre port.

Et qu'est-ce qu'il y a derrière tout ça ?

Nous ne voulons pas abandonner le péché. Nous l'aimons bien. Comme le dit une chanson, la coupe du péché est douce. On ne veut pas se séparer, on est ensemble depuis des années, on aime ce mariage. Nous ne faisons plus qu'un. Si quelqu'un touche notre autre moitié, même dans un sermon, nous devenons fous. Tout est réprimande pour nous. Nous voyons le Christ crucifié et pleurons le Grand Jeudi [Jeudi Saint], mais nous ne voulons pas passer à l'étape suivante. La vue de la Croix est une réprimande pour nous, mais nous sommes trop faibles pour prendre le chemin de la guérison.

Le péché est comme un amant qui menace de briser votre mariage si vous dites une seule parole. Vous venez à l'église, vous allumez simplement un cierge et vous repartez tête baissée, incapable même de regarder les saints dans les yeux, parce que cela se refléterait sur votre condition et vous ne le voulez pas. Vous avez honte, mais vous ne faites rien. Vous avez cédé trop de vos droits. Vous êtes dans une situation délicate.

Quand on a l'habitude d'être dans sa cellule, la liberté semble être une maladie.

Puis le Christ entre dans votre vie et vous murmure dans toutes les différentes situations dans lesquelles vous êtes impliqués que vous ne voulez pas être qui vous êtes, que cette prison où vous vivez n'est pas vraiment votre maison. Souvent Il vous parle quand vous souffrez, parce que c'est la seule fois où vous l'écoutez.

Et soudain, le moment est venu pour vous de prendre des décisions.

Si vous acceptez Son invitation, alors, comme disent les saints, votre amour passionné du péché est éteint par l'amour passionné de l'Époux, et la guérison peut commencer.

Dans l'Église, nous appelons cela la " repentance ", un cheminement avec le Christ à la barre. Nous appelons aussi cette guérison " sainteté " et " transformation en Christ ". Nous appelons notre acceptation " intention ". Le sens du changement, nous l'appelons " être touché par la Grâce ". Le murmure du Christ nous l'appelons 'révélation'.

Vous êtes malade, mais aussi le premier à être invité à un banquet, dont vous êtes l'invité d'honneur.

Le banquet est le Saint Autel. Le maître de la fête est le Christ Qui vous a parlé et dont vous êtes l'invité d'honneur.

C'est vous qui êtes assis dans la salle de prière. D'autres pourraient se moquer de vous pour vous être associé à des vieilles femmes et à ndes commérages, mais vous êtes déjà ailleurs. Vous regardez le péché et il vous fait horreur. Soudain, vous entendez le bruit des portes du Royaume des Cieux qui s'ouvrent et vous êtes invité à l'intérieur...

Tout cela se passe dans l'Église, où vous êtes avec les malades, les fous, les pécheurs et les opprimés.

Combattez le bon combat, mon ami. N'oubliez jamais : vous êtes un membre de Son corps.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Saint Matthieu, nouveau martyr de Russie


Fête le 5/18 janvier


Le nouveau martyr Matthieu Ivanovitch Gousev naquit le 9 août 1868 dans le village de Nakhabino, dans la famille du paysan Ivan Gusev. Matthieu étudia à l'école du village. Il travailla et éleva sa famille dans sa propre grande ferme et fournit de l'avoine et du foin pour une auberge voisine. Matthieu était un  pieux laïc dans son village natal, membre du conseil de l'église, ce qui, lors de son arrestation en 1937, servit de principale accusation contre lui et de preuve de son crime ; le président et le secrétaire du conseil du village écrivirent à son sujet qu'il "est un homme d'église ardent et qu'il était lié aux prêtres".

En 1933, Matthieu Ivanovitch fut arrêté pour ne pas avoir rempli une mission agricole, ses biens furent confisqués et il fut condamné à huit ans de prison. Après d'intenses efforts, la sentence, jugée injuste, fut annulée, et Matthieu fut libéré après quinze jours d'emprisonnement. 

Des témoins interrogés en juillet 1937 montrèrent que Matthieu Ivanovitch, discutant de la fermeture du temple de Nakhabino, a dit que s'il avait été plus jeune, l'église n'aurait pas pu fermer, mais maintenant, bien qu'ils veuillent faire quelque chose avec le chef de l'église, ils ont peur. Des témoins ont également montré que Matthieu Ivanovitch aurait dit que le gouvernement soviétique ne donnait la liberté à personne, qu'il parlait de la constitution stalinienne, de la liberté de religion.

Le saint nouveau martyr avec sa famille

Matthieu Ivanovitch fut arrêté le 7 septembre 1937 et emprisonné à la prison Tagansky à Moscou. Il avait soixante-dix ans ; après son arrestation, le médecin de l'hôpital local, après avoir examiné son état de santé, a reconnu la perte presque totale de sa vision et une détérioration sénile.

- Quand et combien de temps avez-vous été le chef de l'église ? enquêteur lui a demandé son enquêteur.

- Je n'ai jamais été le chef de l'église, mais j'ai siégé au conseil de l'église et j'ai été un dirigeant actif de l'église", répondit Matthieu Ivanovitch.

- En juin 1937, lors d'une conversation avec un autre villageois, vous avez diffamé le gouvernement soviétique et la constitution. Reconnaissez-le!

- En juin 1937, j'ai dit : "L'église était fermée, alors ce temps est venu. Je n'ai rien dit d'autre. 

- En juillet 1937, lors d'une conversation avec un autre villageois, vous calomniiez les lois soviétiques dans un esprit contre-révolutionnaire. Reconnaissez-le!

- En juillet 1937, j'ai dit : "Le gouvernement soviétique permet la libre prédication de la religion dans sa constitution, sépare l'Église de l'État, et les églises sont fermées sans notre consentement...". Je n'ai rien dit d'autre.

- À qui étiez-vous lié ? Dîtes-le!

- En 1937, je me rendais souvent chez le prêtre de l'église du village de Nahabino et chez le chef de l'église, également au conseil paroissial.

- Quelle conversation avez-vous eue avec le prêtre ?

- La conversation avec le prêtre était purement religieuse. Une fois, il y a eu une conversation avec un prêtre au sujet de la constitution. J'ai dit que l'église est séparée de l'État et que nous pouvons maintenant la réparer. Nous n'avons pas eu d'autres conversations.

- Les enquêteurs savent que, lors d'une conversation avec un autre villageois en juin 1937, - l'enquêteur revenait sans cesse sur le même témoignage du témoin de service - vous avez diffamé le système et la politique existants de construction collective de fermes. Reconnaissez-le!

- Je n'ai jamais calomnié le système existant. Je disais, ça veut dire qu'un tel moment est arrivé, un cercle d'inimitié. Comme il est écrit dans l'Evangile, le fils contre le père et le père contre le fils. Je n'ai pas eu d'autres conversations.

- Plaidez-vous coupable à l'accusation portée contre vous ? -a demandé à Matvei Ivanovich pour la dernière fois un enquêteur.

- Je n'admets pas que je suis coupable de l'accusation ", a-t-il répondu.

Le 10 octobre 1937, le trio du NKVD condamna Matthieu Ivanovitch à dix ans de prison dans un camp de travail correctionnel. Matthieu Ivanovitch Gousev est mort à Siblag le 18 janvier 1938 et a été enterré dans une tombe inconnue.

Le 17 juillet 2006, il fut glorifié avec les saints nouveaux martyrs de Russie.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après diverses sources

dimanche 24 février 2019

Archimandrite George (Kapsanis): LE SACRIFICE D'UN MISSIONNAIRE


En souvenir de l'archimandrite Kosmas (Aslanidis), apôtre de la République du Zaïre

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Allez donc enseigner à toutes les nations, en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, et en leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Amen! (Matthieu 28,19-20). Tel était le commandement final que notre Sauveur a donné à Ses apôtres. Tout  chrétien véritable est un missionnaire qui témoigne que le Royaume de Dieu est venu dans le monde et il répand la bonne nouvelle à d'autres personnes.

Le hiéromoine Kosmas Grigoriatis (Ioannis Aslanidis dans le monde; 942-1989) est l'un des missionnaires orthodoxes les plus connus de notre temps, grâce auquel la Lumière du Christ a illuminé l'âme de beaucoup de nos frères et sœurs africains en Christ. Cette année, nous commémorons le trentième anniversaire de sa dormition.

Nous aimerions offrir à nos lecteurs quelques mots de réminiscence en l'honneur du Père Kosmas, qui ont été dits par l'higoumène du monastère de Grigoriou du Mont Athos [Geronda George (Kapsanis) de bien heureuse mémoire.

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Après le coucher du soleil le vendredi 7 janvier 1989, le prédicateur zélé de l'Évangile à nos frères africains, le hiéromoine Kosmas, s'est éloigné de cette vie pour se lever dans la lumière toujours brillante du Royaume de Dieu. Sur le chemin de Lubumbashi à Kolwezi, il acheva soudain son voyage terrestre, et marcha sur le chemin menant à l'éternité, à la Cité éternelle, à la patrie tant désirée.

Les premières connaissances qu'il reçut dans son enfance furent celles de ses pieux parents Dimitri et Despina Aslanidis. Encore enfant, il commença à absorber la piété de ses parents, car sa famille vivait et gardait la foi orthodoxe grecque telle qu'elle lui avait été transmise dans la région bénie du Pont.

Enfant, Ioannis fréquenta les écoles du dimanche, puis devint lui-même professeur et collaborateur du métropolite Augoustinos de Florina, une infatigable hiérarque de notre Église. Ioannis reçut également une éducation spirituelle dans un séminaire à Rizarios.

En août 1975, à l'âge de 33 ans, il partit pour le Zaïre où, sous la direction du missionnaire Père Amphilochios (Tsukos), il construisitt 10 églises en 14 mois ! Il était physiquement fort et avait toutes les connaissances et compétences techniques requises, ce qui l'a beaucoup aidé dans son ministère.



En décembre 1977, il vint à notre monastère, sur la recommandation de quelques startsy vénérés du Mont Athos, afin d'y vivre un certain temps et d'être tonsuré; puis, avec la bénédiction, la direction et l'aide du monastère, de retourner à son ministère. Après près d'un an de test et après avoir fait preuve d'une grande ascèse et d'amour envers le mode de vie monastique, Ioannis fut tonsuré dans le Grand Schème et reçut le nom de Kosmas, afin que Saint Kosmas [Côme] d'Aetolie devienne son gardien et guide dans sa vie. 

Le Père Kosmas fut ensuite ordonné diacre puis prêtre par l'évêque de Rodostol, Chrysostome, qui aimait Dieu, et il retourna au Zaïre. De nombreux exploits l'y attendent : construction d'églises, catéchèse, sermons, baptêmes (il baptisa plus de 15.000 Africains), organisation d'une grande ferme (60 acres) et d'un complexe d'élevage qui fournira de la nourriture aux prêtres, aux pauvres africains orthodoxes et non-orthodoxes, aux lépreux et aux prisonniers. On ne peut pas compter le nombre de ses innombrables œuvres et exploits dans cet énorme ministère apostolique, pastoral et social !

Lors de son dernier séjour sur le Mont Athos en juin 1988, le Père Kosmas semblait très fatigué. Il venait à la Sainte Montagne  une fois tous les 2 ou 3 ans pour reprendre des forces, se confesser, prier et recevoir des instructions pour un travail missionnaire ultérieur.

En 1980, le Père Kosmas fut élevé au rang de confesseur, puis d'archimandrite, par le métropolite d'Afrique centrale Timothée.

Le Père Kosmas n'a pas cherché à obtenir quelque titre que ce soit. Il était préoccupé par le salut du peuple et l'affermissement de l'Orthodoxie au Zaïre. Il enseigna aux Africains la prière de Jésus, la considérant comme une arme efficace contre la " démonocratie " des sorciers africains. Le Père Kosmas croyait que l'une des tâches les plus importantes était l'initiation des Africains nouvellement baptisés à la vie liturgique. Il célébrait souvent les offices et les vigiles nocturnes, enseignait le chant byzantin et les typicons du Mont Athos autant qu'il arrivait à les traduire. Avoir une bonne connaissance du swahili et de l'afrikaans lui a facilité la tâche. Et à la gloire de Dieu, nous voudrions aussi mentionner que des millions en argent sont passés par les mains du Père Kosmas ; cependant, il est mort comme un vrai moine : pauvre et sans possessions.

Lors de sa dernière visite au Mont Athos, le Père Kosmas a rédigé un document de recherche dans lequel il a tiré des conclusions basées sur son expérience missionnaire. Il s'agit d'un ouvrage original, qui fait autorité et qui est très utile pour l'avancement du ministère orthodoxe. Lors d'une assemblée des frères de notre monastère, le Père Kosmas a dit que personne ne pourra commencer un vrai ministère en Afrique s'il n'est pas prêt à y faire enterrer ses propres os.



En 1989, en la fête de la Théophanie de notre Seigneur, le Père Kosmas a baptisé 350 Africains à Kolwezi et a marié 22 couples nouvellement baptisés. Le Père Kosmas a filmé un certain nombre de baptêmes et d'autres œuvres missionnaires et a envoyé l'enregistrement à ses proches. Le film montre un arc-en-ciel à la fin et un enregistrement des humbles paroles du Père Kosmas dans lequel il exprime l'espoir que, ayant apporté tant d'âmes à l'Église, ses péchés lui seront pardonnés.

Il y avait un grand rassemblement de personnes à ses funérailles au Zaïre, servies par le métropolite Timothée d'Afrique centrale, qui est aussi un travailleur infatigable dans le domaine de l'évangélisation en Afrique. Des représentants du gouvernement du Zaïre ont également assisté à l'inhumation, qui ont grandement apprécié les énormes efforts sociologiques du défunt père Kosmas. Avec un sentiment de douleur profonde, Sa Grâce Timothée a remis à la terre les restes de son dévoué collaborateur.

Source: From: Charismas and charismatics. An anthology of the manifestation of the gifts of grace (3 volumes). V. 3. (Oropos: The Holy Monastery of the Paraclete, 2009). [Charismes et charismatiques. Une anthologie de la manifestation des dons de la grâce (3 volumes). V. 3. (Oropos : Le Saint Monastère du Paraclet, 2009).]

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après