samedi 10 mai 2008

Saint Néomartyr Alexandre Jacobson






Saint Alexandre (Jacobson)
Nouveau Confesseur de la Maisond'Israël
† 1930

Fête le 8 Septembre



Au terrible camp de concentration de Solovki, en 1929, avec la fin de l'hiver, le scorbut se répandit et vers le printemps, le nombre des prisonniers atteints dans la quatrième division du camp étaitde 5000 -sur 18000-. En tant que médecin emprisonné, en plus de mon travail habituel, je devais m'occuper de superviser l'un des nouveaux baraquements où logeaient 300 prisonniers atteints de scorbut.

Quand j'arrivai à ces baraquements, je fus accueilli par un jeune infirmier Juif au visage très beau et très vivant. C'était un étudiant en médecine de 4ème année. Avoir un aide aussi qualifié était très rare et se révéla être d'un grand secours. Alexandre Yacovlevitch Jacobson, c'était son nom, fit la tournée de tous les baraquements avec moi et me montra tous les malades. Il me donna pour chaque patient, son diagnostic et les traits caractéristiques de la maladie. Les malades étaient tous dans un état grave. Ils avaient des gencives gâtées et pleines de pus à cause de la gangrène scorbutique, leurs articulations étaient enflées, leurs extrémités saignaient, tout cela se voyait après un examen sommaire. Après un examen plus approfondi, plusieurs d'entre eux révélaient de sérieuses complications internes: néphrite hémorragique, pleurésie et péricardite, sérieuse affection des yeux etc... Par les explications données par l'infirmier, je compris qu'il connaissait précisément les symptômes des affections et qu'il faisait un diagnostic correct.

Découvrant qu'Alexandre travaillait quelquefois 24 heures sans pause, je l'envoyai se reposer et j'allai visiter et examiner les malades tout seul. Sur leurs fiches étaient inscrits tous les faits les concernant, c'est-à-dire leur prénom, leur nom de famille, date et lieu de naissance etc; le diagnostic aussi était indiqué ainsi que leurs plaintes subjectives. A cause du grand nombre de malades, j'étais forcé de les examiner très rapidement et de laisser des notes très succintes sur leurs fiches, cependant ma tournée qui commença à 8 heures du matin, ne s'acheva qu'à 3 heures du matin avec deux pauses de trente minutes pour le déjeuner et le souper. Le jour suivant, retournant aux baraquements à 8 heures, j'y trouvai Alexandre qui avait déjà fait la tournée des malades, préparé mes ordonnances et également préparé des informations sur les cas les plus graves. Il avait encore travaillé de midi à huit heures du matin sans interruption aucune. Son visage était enflé et portait des traces très visibles de coups. En réponse à mes questions, il me dit la chose suivante: à 7 heuresdu matin, les baraquements avaient été visités par le chef du Guépéou (i.e. KGB de l'époque) du camp. Ce chef était ivre. Visitant les malades, il leur demanda s'ils étaient satisfaits du médecin et de l'infirmier. Quelques uns des prisonniers malades déclarèrent que le docteur n'était venu que très tard la nuit avait jeté un oeil et avait rapidement regardé quelques malades sans vraiment apporter aucun secours à ceux qui étaient gravement atteints, et que de plus l'infirmier n'était venu travailler qu'à midi.

Sans se demander si les plaintes étaient justifiées ou non, et sans demander d'explications à l'infirmier, le Chef le frappa plusieurs fois au visage et demanda qu'en tant que docteur chargé de cette section, je me présente à lui à midi, pour une "explication"...

Alexandre Yacovlevitch, dis-je à l'infirmier, je dois aller à l'interrogatoire comme vous le savez. Voyez vous-même combien il y a de malades sérieusement atteints. Bien que vous ayez déjà travaillé 24 heures, pourriez-vous travailler encore deux ou trois heures, jusqu'à ce que je revienne - je l'espère du moins - de l'interrogatoire?

Bien sûr ,docteur, me répondit l'infirmier humblement, je resterai m'occuper des cas sérieux.

Faites-le je vous prie, car après tout, vous savez de quoi il retourne même dans les cas les plus complexes et je ne puis que vous remercier chaleureusement pour votre aide. En ce qui me concerne, je vais tâcher d'expliquer au Chef du Guépéou qu'il a été injuste à votre égard.

Oh ne vous faites donc pas de souci pour moi, s'écria d'une manière très vive l'infirmier, et ne me défendez pas.J'ai dû supporter des tourments bien plus difficiles sans être coupable le moins du monde, et je remercie seulement Dieu pour cela. Souvenez-vous de ce que disait Saint Jean Chrysostome: "Gloire à Dieu en toutes choses!"

Etes-vous donc chrétien ? lui demandai-je étonné.

Oui, je suis Juif et Orthodoxe , répondit-il en souriant joyeusement.

Je lui serrai la main en silence, puis je lui dis: eh bien au revoir. Merci. Nous parlerons demain. Priez pour moi.

Soyez calme , me dit l'infirmier d'un ton très assuré,priez constamment votre ange gardien pendant tout le temps de l'interrogatoire. Que Dieu vous garde, docteur!

Je sortis. En chemin, je priai le Seigneur, Sa Très-Pure Mère, Saint Nicolas le Thaumaturge et plus spécialement mon Ange Gardien, suivant en cela le bon conseil d'Alexandre.

Entrant dans le bureau du Chef, j'adressai mentalement et pour la dernière fois une prière à mon Ange Gardien, lui demandant: défends-moi, éclaire-moi!

Le Chef m'accueillit en silence avec un air sévère. D'un doigt il montra une chaise. Je m'assis.

Dis-moi, quand as-tu fait la tournée des malades hier, et pourquoi est-ce que ton aide, l'infirmier Juif n'a commencé à travailler qu'à midi?

Mentalement, sans paroles, je demandai l'aide de mon Ange Gardien. Essayant de rester calme, d'une voix posée et égale, sans hâte, je lui racontai tout en détail. Je lui dis que par ordre du Chef de la Division Sanitaire, je devais venir aux baraquements à 8 heures. Découvrant que l'infirmier, après avoir ouvert une nouvelle section, avoir reçu 300 patients et préparé tout ce dont j'avais besoin, avait travaillé sans interruption toute une journée et toute une nuit, je l'avais envoyé se reposer pendant quelques heures pendant que moi-même, je me chargeai de faire la tournée des patients. Ma tournée dura de 8 heures à 3 heures du matin. Et en fait, le dernier groupe de patients du grenier, je ne pus l'examiner qu'entre 2 et 3heures du matin. L'infirmier après son labeur ininterrompu de 24 heures, et après n'avoir dormi que 3 ou 4 heures, revint travailler à midi et travaillait actuellement depuis 24 heures sans interruption, et ce pour la seconde fois.

Alors de quoi se plaignent ces porcs! dit le Chef en m'interrompant, dîtes à ces propres à rien que je vais les mettre au cachot!

Ce n'est pas de leur faute répondis-je, après tout, ils ne savent rien de nos conditions de travail . Ils vous ont dit la vérité , l'infirmier est venu dans le grenier à midi et le docteur a fait sa tournée à deux heures du matin.

Bien, dit-il, se grattant la tête eten bâillant, bien, pars!

Sortant de l'interrogatoire, j'allai immédiatement vers les baraquements. J'y trouvai le Chef de la DivisionSanitaire, un médecin qui après avoir accompli sa peine pour crime (avortementqui causa la mort), resta au camp comme "employé libre"

Le Chef de la Division Sanitaire hurlait après l'infirmier parce que quelque chose n'allait pas.

Quelle honte d'arriver si tard au travail! cria-t-il vers moi cette fois.

Je lui expliquai ce qui s'était passé et il partit.

Pourquoi est-il si en colère après vous? demandai-je à Alexandre.

A cause de l'odeur ici. Je lui ai expliqué que 90% despatients avaient des blessures pleines de pus. Alors il a hurlé: silence! et alors vous êtes entré.

Allez dormir! lui dis-je , et revenez à six heures du soir.

Longtemps, je voulus mieux connaître Alexandre et avoir une conversation à coeur ouvert avec lui, mais comme nous étions très occupés et épuisés, cela ne nous fut pas possible.

Un jour cependant, pour la Fête de la Nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, prenant prétexte d'une inspection dans un endroit éloigné, je parvins à m'arranger pour que l'on nous y envoie ensemble.

Tôt le matin, j'allai avec lui du Monastère de Solovki le long de la route de Saint Sabbas, jusqu'à une forêt de pins que nous atteignîmes après avoir fait plusieurs kilomètres et après avoir quitté la route. C'était un jour d'automne merveilleux, clair et chaud, comme il en est peu à Solovki. Dans les rayons de soleil, les bouleaux brillaient en d'immenses taches d'or dans la forêt de pins.

Ce paysage extraordinaire mettait une touche de douce componction à la Fête de la Mère de Dieu. Pénétrant dans l'épaisseur de la forêt, je pus m'asseoir avec Alexandre sur des souches d'arbres et je lui demandai de me parler de lui. Voici ce qu'il me dit...

Il était le fils d'un marchand du marché de Saint Alexandre à St Pétersbourg, il avait perdu très tôt ses parents et avait commencé à vivre seul. Etudiant en seconde année de médecine, il s'était lié d'amitié avec un géologue, Juif et partisan de Tolstoï, qui l'attira avec les fables de Tolstoï et l'enseignement de ses zélotes.

Alexandre fut grandement impressionné, non par les oeuvres théologiques de Tolstoï, mais par ses contes et ses histoires: "Dieu est là ou est l'Amour", "De quoi vivent les hommes", etc... Une année plustard, étant alors étudiant en troisième année, il fit la connaissance d'un vieux médecin qui connaissait Tolstoï personnellement. Ce médecin, chrétien orthodoxe fervent , expliqua à Alexandre l'essence de la secte de Tolstoï et lui révéla "l'immense trésor de l'Eglise Orthodoxe". Une année plus tard, Alexandre fut baptisé et devint chrétien orthodoxe.

Après mon baptème, raconta Alexandre, je ne pus considérer avec indifférence les Juifs pieux. Par contre les Juifs athées, comme le sont la plupart d'entre eux maintenant, ne m'interessaient pas beaucoup. Or ces Juifs qui croyaient en Dieu, commencèrent à m'apparaître simplement comme de malheureuses personnes dans l'erreur à qui j'étais moralement obligé d'apporter le Christ. Je leur demandai pourquoi ils n'étaient pas chrétiens. Pourquoi n'aimaient-ils pas le Christ?

Ces disputes et cette mission du" Juif nouvellement converti" furent vite connus et Alexandre fut arrêté.

Dans l'un des camps, continua Alexandre, je travaillai à des tâches particulièrement pénibles comme bûcheron et le Chef était une véritable bête. Le matin et le soir, avant et après let ravail, il faisait aligner les prisonniers et leur ordonnait de chanter "les prières du matin et du soir": le matin l'Internationale et le soir une chanson soviétique dans laquelle étaient ces paroles." nous mourrons tous comme un seul homme pour le pouvoir soviétique..." Tout le monde chantait, moi je ne pouvais pas le faire, je demeurais silencieux. Passant dans les rangs, le Chef remarqua que j'étais silencieux et commença à me frapper au visage... Alors je me mis d'une manière inattendue, même pour moi-même, à chanter en regardant les cieux, "Notre Père qui es aux Cieux..."

La bête qu'était le Chef, possédé par la méchanceté, me jeta au sol et me battit à coups de talons, jusqu'à ce que je sois inconscient.

Après ma libération du camp, je fus mis en "exil libre" dans la ville de Vyatka.

Bien, et qu'avez-vous fait à Vyatka?lui demandai-je.

Quand j'arrivai à Vyatka, ville totalement inconnu pour moi, d'abord je demandai où était l'église ( A cette époque toutes les églises n'avaient pas encore été fermées). Quand j'entrai dans l'église, je demandai s'il n'y avait pas là une icône de Saint Tryphon de Vyatka et quand sa fête était célébrée. Ils me montrèrent une icône du Saint et me dirent que sa fête allait être célébrée le lendemain, 8 octobre. Mon coeur bondit d'allégresse en moi de ce que SaintTryphon m'avait amené dans sa ville pour sa fête. Tombant à genoux devant l'icône du Saint, je lui dis que je n'avais à Vyatka d'autre ami que lui et que je nepouvais demander d'aide à personne d'autre. Je lui demandai de faire que je puisse organiser ma vie et trouver du travail à Vyatka.

Après la prière, mon coeur était empli de simplicité, d'aise et de joie calme, signe sûr que ma prière avait été entendue. Sortant de l'église après l'agrypnie, je marchai lentement le long de la rue principale tenant sous mon bras mon petit balluchon avec toutes mes affaires.

Eh bien, mon cher, est-ce que tu viens de sortir de l'hôpital?entendis-je soudain : c'était la voix agréable d'une femme qui s'adressait à moi. Devant moi cette dame s'était arrêtée, elle était potelée et portait un foulard blanc propre sur la tête; elle était modestement mais proprement et correctement vêtue et elle me regardait avec des yeux clairs et bienveillants.

Non Matouchka, répondis-je, je ne viens pas de l'hôpital, je viens de prison, j'ai été libéré du camp de concentration et envoyé à Vyatka.

Pour quels crimes as-tu mérité punition, pour vol, brigandage, meurtre? Non, répondis-je, pour le foi en Dieu,et parce que Juif je suis devenu chrétien. Une conversation établit des liens entre nous. Elle m'invita chez elle. Dans sa chambre tout était propre et ordonné et tout le coin au dessus du lit était rempli d'icônes devant lesquelles trois lampes de couleurs différentes brillaient.

Demain nous fêtons la mémoire de Saint Tryphon de Vyatka, défenseur et protecteur de notre ville, fit cette femme, et elle me montra une petite icône du Saint. Je tombai à genoux et memit à pleurer de joie et de gratitude. Et ainsi, je pus vivre chez cette pieuse veuve et deux jours plus tard, je trouvai du travail comme chauffeur de camion. Je vêcus ainsi paisiblement, gloire en soit rendue à Dieu, pendant six mois et au printemps, je fus arrêté à nouveau et cette fois condamné à dix ans et je vins sur cette île sainte de Solovki. Maintenant ce sont Saint Zossime et Saint Sabbas qui m'aident de leurs prières.

Silencieusement, je continuai à marcher dans les profondeurs de la forêt avec Alexandre... Et soudain, d'une manière tout à fait inattendue, nous arrivâmes devant une vieille chapelle de pierre à moitié délabrée, dont les portes et les fenêtres étaient fermées par des planches clouées en travers. Les planches étaient vieilles et furent enlevées avec peu d'effort. Nous entrâmes dans la chapelle et nous vîmes sur le mur une grande icône ancienne de la Mère de Dieu de Smolensk. La peinture sur l'icône était écaillée et le seul visage de la Mère de Dieu était encore clairement visible- en fait ses yeux seuls étaient intacts!

Alexandre tomba soudain à genoux devant cette icône , élevant très haut ses deux mains et à voix haute, il se mit à chanter " Il est digne en Vérité..." Il chanta la prière jusques à la fin. Quelque chose bloquait ma gorge, je ne pouvais pas chanter avec ma voix, mais mon âme toute entière chantait et se réjouissait en regardant ces yeux: les doux yeux de la Mère de Dieu et les yeux pleins de contrition d'Alexandre.

Un mois après cette promenade, Alexandre fut arrêté et envoyé Dieu sait où. L'arrestation d'un prisonnier signifiait généralement qu'il finirait devant le peloton d'exécution. ( En fait, un autre détenu, le Professeur S.V. Grotov qui était à Solovki à ce moment-là, et qui connaissait Alexandre Jacobson comme lui opposant au "Sergianisme", atteste qu'il fut fusillé en 1930.)

Presque quarante ans ont passé depuis lors et devant moi apparaît souvent avec une clarté inoubliable, la merveilleuse vision de ce Confesseur de la foi, Juif et Orthodoxe, devant le regard de la Mère de Dieu.

Et j'entends sa voix joyeuse résonnant avec une foi inébranlable et un désir ardent et profond de glorifier Celle Qui est " Plus Vénérable que les Chérubim..."

Saint Nouveau Martyr du Christ ALEXANDRE, prie pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après Yvan M. ANDREYEV, 
traduit en Anglais 
par le Hiéromoine de Bienheureuse Mémoire Seraphim ROSE 
de la Fraternité de Saint Germain D'Alaska, 
à Platina,Californie

vendredi 9 mai 2008

Saint Phanourios et la Phanouropita





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SAINT PHANOURIOS
( †27 Août/9Septembre)

Saint Phanourios est vénéré dans l’Eglise depuis plus de cinq siècles. Il fut révélé d’une manière fortuite lors d’un raid de pillards dans l’île de Rhodes. Durant leur pillage d’une église, ils mirent à jour un certain nombres d’icônes anciennes que virent des moines cachés non loin de là. Les pillards étant partis en laissant ces icônes sans valeur pour eux, les moines découvrirent que l’une d’elles était dans un état remarquable de conservation. Celle-ci représentait un saint nommé Phanourios, avec autour de son portrait douze scènes de sa vie qui indiquaient clairement qu’il avait été martyrisé. Aucune des autres icônes exhumées par les pillards n’était aussi nettement préservée: les moines y virent un signe. L’archevêque Milos de Rhodes, en appela au Patriarche et au Saint Synode, une cathédrale fut construite pour abriter l’image du saint.

La tradition rapporte que Saint Phanourios avait une mère païenne. Avant son martyre, il recommanda à ses amis chrétiens de prier pour son salut. Il leur enjoignit lorsqu’ils auraient besoin de son intercession de faire un gâteau et de prier pour l’âme de sa mère avant de le manger, leur promettant d’intercéder auprès du trône divin afin que Dieu entende leur requête.

La pratique de la confection de ce gâteau connu sous le nom de “Phanouropita”, s’est transmise de générations en générations jusques à nos jours. Ce gâteau est préparé, porté à l’église et béni par le prêtre. Les chrétiens qui en mangent se signent avant de manger et prient pour le repos de l’âme de la mère de Saint Phanourios.

Le hiéromoine Euthyme du Monastère Saint Nicolas d’Andros, raconte qu’un membre de sa famille avait acheté de la farine à Nauplie pour faire la Phanouropita. Il y en avait cinq sacs dans un placard. Le temps passait et personne ne faisait le gâteau du saint, mais on prenait de la farine dans les placards où on l’avait rangée, et peu à peu la farine disparut. Le jour même où cela arriva, un jeune homme apparut à la grand-mère, le visage fâché. Au bout de son bras, il tenait les sacs vides. Il dit alors distinctement: “ Pourquoi n’as-tu pas fait mon gâteau?”

Selon une tradition populaire bien établie, le gâteau de Saint Phanourios doit comporter 9 éléments, à savoir:

° Farine/levure

° Sucre

° Eau

° Raisins secs

° Noix

° Huile

° Cannelle

° Sésame

° Muscade

Il est possible d’utiliser d’autres ingrédients.

Une recette donnée au Monastère de Saint Antoine le Grand ( Métochion de Simonos Pétra de l'Athos en France) mentionne

° 4 verres de farine avec de la levure

° une cuillerée de cannelle

° 12 grandes cuillères de jus d’orange

° 1 Verre de sucre et deux grandes cuillerées de sucre. un peu de sucre glace

° un demi verre d’eau

° un demi verre de noix

° un demi verre de raisins secs et un demi verre de raisins blonds

° un verre d’huile de tournesol

° Un zeste de citron

( Il y a aussi 9 éléments distincts!)

RECETTE

On mélange la farine et la cannelle.

On met dans un récipient l’eau, le jus d’orange, l’huile, le sucre normal, le zeste de citron; on mélange le tout et on y incorpore ensuite la farine, le raisin et les noix. On mélange correctement. Dans un moule huilé et enfariné, on met la pâte ainsi obtenue et on cuit à four moyen pendant trois quarts d’heures. Lorsque le gâteau est froid, on saupoudre de sucre glace.

Après la bénédiction, le prêtre le coupe en forme de croix. On continue à le couper en petites parts carrées. Au prêtre échoit le premier morceau.



APOLYTIKION DE SAINT PHANOURIOS, Ton 4



L’Eglise sur terre brillamment° entonne un cantique des cieux;° l’assemblée des Anges répond festivement;° Par des hymnes sacrées dans les hauteurs,° à la terrestre solennité.° L’une acclame tes exploits,° tandis que l’autre, ici-bas,° célèbre la céleste gloire que tu trouvas,° illustre Phanourios, par tes peines de martyr.



PRIERE DE BENEDICTION DE LA PHANOUROPITA

Seigneur Jésus-Christ, Toi Qui est le Pain Céleste et Qui dispenses pour l’âme une nourriture en abondance. Toi Qui es le donateur de tous biens et Qui par Elie as produit des aliments là où le laboureur n’avait pas travaillé, Toi Qui es l’espoir des désespérés, le secours de ceux qui sont sans secours et le salut de nos âmes, bénis ces offrandes et ceux qui Te les ont apportées pour Ta gloire et en l’honneur du Saint et glorieux mégalomartyr Phanourios.

Toi Qui es bon, accorde tous Tes biens à ceux qui ont préparé ce(s) gâ teau(x), biens de ce monde et biens d’En-Haut. Réjouis-les par Ta présence et montre-leur la voie qui mène au salut. Exauce sans tarder les prières de leur cœur, favorise tous leurs projets et conduis-les à s’appliquer dans l’ac complissement de Tes commandements afin qu’ils louent et glorifient Ton Nom très saint et glorieux dans l’allégresse et la joie, par les prières de la Très Sainte Mère de Dieu, du Saint et glorieux mégalomartyr Phanourios le Thaumaturge et de tous Tes Saints. Amen!

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après plusieurs sources monastiques

jeudi 8 mai 2008

Saint Syméon le Nouveau Théologien: Communion


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O mon Sauveur, par quelle miséricorde sans limite
M'as-Tu autorisé à devenir un membre de Ton Corps?
Moi, l'impur, le souillé, le prodigue...
Comment se fait-il que Tu m'aies revêtu
De ce brillant vêtement,
Rayonnant de la splendeur de l'immortalité,
Qui change tous mes membres en lumière?
Ton Corps, immaculé et Divin,
Est tout radieux du feu de Ta divinité, 
Auquel il est ineffablement joint et réuni.
C'est le don que Tu m'as fait, mon Dieu:
Cette enveloppe mortelle et méprisable
Est devenue une avec Ton corps immaculé,
Et mon sang s'est mêlé à Ton Sang.
Je sais aussi
Que j'ai été fait un avec Ta divinité
Et je suis devenu Ton propre Corps très pur,
Un membre brillant, clair et transparent,
Lumineux et saint.
J'en vois toute la beauté, 
Je puis en contempler l'éclat.

Je suis devenu un reflet
De la lumière de Ta Grâce!

Saint Syméon le Nouveau Théologien
Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après la version du site


mardi 6 mai 2008

Saint Syméon le Nouveau Théologien: Poème



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Nous nous éveillons dans le Corps du Christ,
Comme Christ éveille nos corps, 
Et ma pauvre main est Christ, 
Il entre en mon pied,
Et Il est infiniment moi.

Je bouge ma main, et merveilleusement
Ma main devient Christ,
Devient Lui tout entier
( Car Dieu est indivisiblement entier,
Sans lisière à Sa Divinité!).

Je bouge mon pied, et aussitôt,
Il apparaît comme la flamme d'un éclair:
Mes paroles sont-elles blasphèmes?
Alors ouvre-Lui ton cœur

Et laisse-Toi recevoir l'Un
Qui s'ouvre à toi si profondément.
Car si nous l'aimons véritablement,
Nous nous éveillons dans le Corps du Christ

Où tout notre corps, partout
Dans toute partie cachée
Est réalisé en joie comme Lui,
Et Il nous rend complètement réel,


Et tout ce qui est blessé
Tout ce qui nous semble sombre, discordant,
Mutilé, laid, irréparablement abîmé,
Est en Lui transformé

Et reconnu comme sain, aimable,
Et radieux dans Sa lumière.
Il s'éveille comme le Bien-aimé
Dans la moindre parcelle de notre corps.

Saint Syméon le Nouveau Théologien

Version française Claude Lopez-Ginisty 

lundi 5 mai 2008

PRIERE POUR LES ENNEMIS



Médaillon russe

Seigneur Jésus-Christ,
Qui nous as ordonné d'aimer nos ennemis, 
et ceux qui nous injurient,
et ceux qui nous blessent, 
et de prier pour eux et de leur pardonner...

Toi Qui, Toi-même, a prié pour Tes ennemis
Qui Te crucifiaient:
accorde-nous, nous T'en supplions,
un esprit de réconciliation et de douceur chrétiennes, 
afin que de tout cœur, nous puissions pardonner
toute blessure et être réconcilier avec nos ennemis.

Accorde-nous de vaincre 
la malveillance et les offenses
avec une douceur chrétienne 
et un amour véritable pour notre prochain.

Nous Te demandons encore, ô Seigneur, 
d'accorder à nos ennemis la paix véritable
et le pardon de leurs péchés; 
et ne permets pas qu'ils quittent cette vie 
sans la foi véritable
et une conversion sincère.

Et aide-nous à répondre au mal par le bien,
et à rester sauf des tentations du Malin
et de tous les périls qui nous menacent
sous la forme d'ennemis visibles et invisibles.

Amen!


Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après une source orthodoxe anglaise

dimanche 4 mai 2008

Saint Jean de Changhai


Jdc

Bernard Le Caro, Saint Jean de Changhaï, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2006, 318 p. (collection « Grands spirituels orthodoxes du XXe siècle »)
Monseigneur Jean Maximovitch (1896-1966), canonisé par l’Église Russe hors-frontières en 1993 sous le nom de saint Jean de Changhaï, est aujourd’hui reconnu bien au-delà des frontières de son Église comme l’un des grands spirituels orthodoxes du siècle dernier. Pour lire l'article de M. Jean-Claude Larchet consacré à ce livre, utilisez le lien suivant: