"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 23 novembre 2016

Staretz Syméon, higoumène du monastère de Grigoriou [Mont Athos] (+1905)


Higoumène Syméon Grigoriatis (+1905)

Homme béni par Dieu, Spyridon Angelidis, comme il était nommé avant sa tonsure, est  à Tripolidans le Péloponnèse en 1830. En 1852il arriva au monastère de Saint Paul (Mont Athos) avec trois amis. Selon l’higoumène Séraphim, décédé en 1960 : "larguant les amarres de tous soucis profanes pour les choses matérielles, il se consacra avec zèle et abnégation au service de l’higoumène et des autres Pères, et après avoir été testé dans une variété de fonctions, il fut renommé Syméon". Par la suiteil fut ordonné diacre et servit au Secrétariat du monastère. Il fit ses études à l’Académie d'Athoniada et servit au sein du Secrétariat de la Sainte communauté.

Les ferventes prières des Pères du monastère de Grigoriou l'amenèrent au trône de l’higoumène, après qu’il ait d’abord été ordonné prêtre. Il fut emmené au monastère de son staretz, Sofronios Ayiopavlitis (†1882). Dans son style élevé habituel, le staretz Gabriel Dionysiatis (†1983) écrit : "ce cénobium avait la chance d’avoir des higoumènes qui étaient déjà connus pour leur zèle au service du monastère, et tout d’abord parmi ceux-ci le hiéromoine Syméon, fut également le nouveau fondateur, qui érigea les splendides nouveaux quartiers résidentiels qui sont presque équivalents aux plus anciens, et aussi la très remarquable porte d’entrée. Ayant été invité à être l’higoumène de Saint Paul, il imposa son autorité, même s’il y était un étranger, à travers son mode de vie austère, sa diligence et son amitié envers tous, tandis que son amour du labeur et ses efforts exceptionnels pour la construction de la nouvelle aile devinrent proverbiaux. Il fut le premier parmi les travailleurs et, du matin jusques au crépuscule, il portait des pierres et d’autres matériaux sur son dos, sans toutefois omettre le moindre détail de son travail spirituel prévu.

A un moment donné, l’approvisionnement en huile d’olive du monastère fut considérablement réduit et il était loin d’être certain qu’il durerait toute l’année. Le moine responsable, Hypathe, alla vers l’higoumène Syméon et demanda s'il devait continuer à servir de l’huile. La réponse fut : "l’huile est pour nous tous. S'il y en a assez, c’est assez pour nous tous." Et ils l'utilisèrent encore et encore, mais l’approvisionnement en huile, ne baissa  jamais. L'huile resta dans la jarre pleine, par la bénédiction de l’higoumène Syméon, par l’obéissance du serviteur Hypathe, et par  les prières des moines qui en bénéficièrent.

Il partie reposer en paix dans le Seigneur comme higoumène, le 20 octobre 1905. Le plus éminent de ses enfants spirituels fut le très vertueux Athanase (†1953), qui devint plus tard l’higoumène. Par la vertu de Syméon et de ses nombreux sacrifices, quand ses ossements furent retirés de sa tombe, ils exhalèrent une bonne fragrance.

Il servit en tant qu’higoumène pendant 46 ans et eut beaucoup de dons spirituels. Il était très intelligent, perspicace, fort et travailleur. Il mit toute son espérance en Dieu. Il laissa un exemple de diligence, de zèle, de sagesse et de spiritualité.
Monastère de Grigoriou (Athos)


Lorsqu’A. Moraïtidis visita le monastère, il écrivit: "l’Athonite Syméon, originaire du Péloponnèse, homme d’assez grande taille et vénérable hiéromoine, vint vers moi accompagné du Père Barlaam, appuyé sur son bâton d'higoumène, et me bénissant de la manière la plus cordiale [...] et avec le doux sourire par lequel il réunit d'autres hommes pieux du Péloponnèse pour vivre comme moines avec lui, se révélant être ses fils obéissants et humbles. 

Après les discours officiels habituels, nous avons parlé longuement du cénobium hésychaste, des dernières rénovations qui sont entièrement attribuables à l’activité progressive de cet higoumène du Péloponnèse, dont l’ambition est de faire que ce petit monastère soit grand et merveilleux, en ce qui concerne le nombre de moines et leur vertu. 

Le résultat est qu’aujourd'hui il est préféré aux nombreux autres monastères par ceux qui désirent leur propre salut. Pour son ordre et l’observation méticuleuse de la prière et le réfectoire très complet, dans les restrictions de la règle monastique, qui fournit la subsistance à tous ces moines qui portent le poids du service et des obédiences de la nuit noire jusques au crépuscule de la journée suivante - avec les activités de pétrissage, cuisson, boulangerie et travail dans l'atelier du tailleur, du cordonnier, dans le jardin, au débarcadère, au déchargement de l’abondance des produits qui rapportent les caïques du monastère depuis ses dépendances, pour tout cela, et la rénovation des murs et l’ajout d’une nouvelle aile, de nouveaux moines et d’un nouveau régime, l'higoumène Syméon jouit de la réputation d’être le nouveau fondateur de ce monastère.

Source : Moine Moïsis, Μέγα Γεροντικό εναρέτων αγιορειτών του εικοστού αιώνος Τόμος Α΄, 1901-1955, § Ιερομόναχος Συμεών Γρηγοριάτης (1830-1905), Publications de Mygdonia, 1ère édition, septembre 2011
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
la version anglaise 
de 

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