"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 23 janvier 2012

Jean-Claude LARCHET/ Recension: « Riches et pauvres dans l’Église ancienne »


LC2

« Riches et pauvres dans l’Église ancienne ». Nouvelle édition, revue et augmentée, « Lettres chrétiennes » n° 2, Éditions Migne, Paris, 2011, 397 p.
C’est une heureuse idée d’avoir réédité l’anthologie qu’avait composée le P. Hamann sous les titre « Riches et pauvres dans l’Église ancienne » et qui était depuis longtemps indisponible. Pour cette nouvelle édition, la directrice de la collection, M.-H. Congourdeau a fait refaire toutes les traductions selon les normes actuelles, et ajouté quelques textes.
Ce volume rassemble les principaux textes des Pères de l’Église sur les thèmes de la richesse et de la pauvreté, qui présentent au total des vues assez variées et subtiles, et montrent que le christianisme ne fait pas l’éloge de toute forme de pauvreté ni ne condamne toute forme de richesse. Par exemple, d’un point de vue spirituel, une richesse partageuse est supérieure à une pauvreté envieuse. Bien qu’anciennes, ces réflexions rejoignent beaucoup préoccupations actuelles concernant la propriété, le partage des biens, le prêt à intérêt, le surendettement, l’exploitation des salariés, la spéculation, de la dignité des pauvres et de celle des riches. Car bien que le monde ait beaucoup changé depuis que ces textes ont été écrits, beaucoup de situations et de problèmes sont communs aux deux époques. La division que connaissait l’Antiquité entre une minorité de gens très riches et une majorité de personnes très pauvres a fait sa réapparition dans les sociétés modernes et touche maintenant nos sociétés occidentales développées après avoir affecté les pays du tiers-monde. Si la forme ancienne de l’esclavage a été abolie, de nouvelles formes d’esclavage et d’exploitation ont fait leur apparition. L’absence d’engagement de l’État, autrefois, dans la protection sociale, amenait les riches à s’engager dans la prise en charge des malades, des indigents et des personnes âgées. Le désengagement progressif des États dans les sociétés modernes pourrait redonner une nouvelle actualité à l’engagement des nantis dans la prise en charge des plus démunis. La lecture des textes des Pères contenus dans cet ouvrage constituera donc une aide précieuse pour comprendre, d’un point de vue spirituel et dans une perspective chrétienne, les conditions économiques et sociales du monde dans lequel nous vivons et pour trouver des solutions à certains problèmes qui s’y posent.

Ce volume, préfacé par Antoine Hérouard et introduit par Jean-Marie Salamito, rassemble les textes suivants:
– Clément d’Alexandrie, Quel riche peut être sauvé ? traduit par France Quéré, revu par M.-H. Congourdeau.
– Basile de Césarée, Homélie 2 sur le psaume 14, traduite par Monique Devailly.
– Basile de Césarée, Homélie 6 sur l’accumulation des biens, traduite par Michel Poirier.
– Basile de Césarée, Homélie 7 sur ceux qui vivent dans la richesse, traduite par Michel Poirier.
– Grégoire de Nazianze, De l’amour des pauvres, traduit par France Quéré, revu par Guillaume Bady.
– Grégoire de Nysse, De la bienfaisance, traduit par Matthieu Cassin.
– Grégoire de Nysse, Sur « Dans la mesure où vous l’avez fait », traduit par Matthieu Cassin.
– Grégoire de Nysse, « Contre ceux qui pratiquent l’usure », traduit par Matthieu Cassin.
– Jean Chrysostome, Homélie I sur Lazare, traduite par Christian Bouchet.
– Jean Chrysostome, Homélie 2 sur la parole de David, traduite par Christian Bouchet.
– Jean Chrysostome, Homélie 63 sur Matthieu, traduite par Christian Bouchet.
– Jean Chrysostome, Homélie 34 sur 1 Corinthiens, traduite par Christian Bouchet.
– Ambroise de Milan, La vigne de Naboth, traduit par des bénédictines de La Rochette, revu par Michel Poirier.
– Augustin d’Hippone, Sermon 14 : Riches et pauvres, traduit par Élise Gillon.
– Augustin d’Hippone, Sermon 36 : Deux sortes de richesses, traduit par Élise Gillon.
– Augustin d’Hippone, Sermon 41 : Fidélité dans la pauvreté, traduit par Élise Gillon.
– Augustin d’Hippone, Sermon 123 : Humilité du Christ, traduit par Élise Gillon.
Il s’achève par un guide thématique établi par Marie-Hélène Congourdeau, un index biblique, une bibliographie et, en annexe, une étude de France Quéré qui avait beaucoup contribué, en tant que traductrice, aux premiers.
Jean-Claude Larchet

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