"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

dimanche 31 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (XIII)







Je n'ai pas de souvenir d'avoir ressenti quelque chose comme la peur en voyant mon double, j'étais seulement perplexe: comment était-ce possible? Je me sens ici, et en même temps, je suis là-bas aussi.


Je me suis regardé debout au milieu de la salle. Pourquoi était-ce indubitablement moi, exactement le même que j'ai toujours su être.


Je voulais me toucher, de prendre la main gauche avec la droite: ma main est passée à travers, j'ai essayé de me saisir à la taille, ma main a traversé mon corps comme à travers l'espace vide.


Frappé par un tel phénomène étrange, je voulais que quelqu'un à proximité m'aide à comprendre ce qui se passait et, ayant fait plusieurs pas, j'ai étendu ma main, voulant toucher l'épaule du médecin, mais je sentais que je marchais étrangement, ne me sentant pas en contact avec le sol, et ma main, peu importe comment j'essayais, ne pouvait pas atteindre la figure du médecin. Seul peut-être quelques centimètres d'espace restaient pour l'atteindre, mais je pouvais pas le toucher.


J'ai fait un effort pour me tenir fermement sur ​​le plancher, mais, bien que mon corps ait obéi à mes tentatives et se soit abaissé, il ne pouvait pas atteindre le sol tout comme la figure du médecin n'avait pas pu être atteinte auparavant. Ici aussi une quantité non négligeable d'espace restait, mais je ne pouvais en aucun cas la surmonter.


Et je me rappelai vivement comment plusieurs jours auparavant, l'infirmière de notre bloc, désirant empêcher mon médicament de se gâter, mit le flacon qui le contenait dans un pichet d'eau froide. Cependant, il y avait beaucoup d'eau dans le pichet et immédiatement le flacon se mit à flotter; mais la vieille infirmière, ne comprenant pas ce qui s'était passé, essaya obstinément une, deux et trois fois de l'abaisser vers le bas du pichet et même de le maintenir vers le bas avec son doigt dans l'espoir qu'il finisse par y rester. Mais à peine avait-elle retiré son doigt, encore une fois qu'il était redirigé vers la surface.


Evidemment, de la même manière, l'air environnant doit être devenu trop dense pour moi, pour mon moi actuel.


Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life
Vol. 26, No. 4
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
USA

L'Ermitage du cœur (220)



Le chant choral est Joie
Qui transfigure la vie
En pure liesse
Au seuil du Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

samedi 30 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (XII)




Le sens du mot "agonie", que j'avais entendu, fut entièrement compris par moi, mais maintenant tout en moi se détournait d'une certaine manière de mes relations, de mes sentiments et s'étendait inclusivement à mes conceptions.

Sans doute, que si j'avais entendu ce mot, même au moment où les trois médecins m'examinaient, j'aurais eu peur à un degré alarmant. De même, si une telle tournure étrange, n'avait pas eu lieu dans ma maladie, si j'étais resté dans l'état ordinaire d'un homme malade, même à l'heure actuelle, sachant que la mort approche, j'aurais compris et expliqué tout ce qui avait eu lieu pour moi, différemment; mais dans l'état actuel, les paroles du médecin me surprirent seulement, n'ayant pas créé en moi ce sentiment de peur qui est caractéristique des gens qui songent à la mort, et je donnais une interprétation de tout à fait inattendue de cet état dont je faisais l'expérience, en comparaison avec mes conceptions antérieures.

Soudain ce fut pour moi une révélation: "Eh bien alors, voilà c'est ce qu'il en est! C'est la terre qui m'attire ainsi". "C'est-à-dire, pas moi, mais ce qui lui appartient, ce qu'elle me laissa avoir pendant une période de temps. Et est-ce la terre, ou bien est-ce la matière même qui essaie de me faire revenir à elle?"

Et ce qui, auparavant, semblait si naturel et vrai, à  savoir que, après la mort je devrais retourner complètement à la poussière, apparaissait maintenant artificiel et impossible.

"Non, je ne disparaîtrai pas complètement, je ne peux pas", ai-je presque crié à haute voix, et j'ai fait une tentative pour me libérer, pour m'arracher à cette force qui m'attirait, et soudain j'ai senti le calme s'installer en moi.

J'ai ouvert les yeux, et tout ce que j'ai vu au cours de cette minute, dans les moindres détails, s'est enregistré dans ma mémoire avec une  totale clarté.

J'ai vu que j'étais debout seul dans une pièce; à droite de moi, debout en demi-cercle, tout le personnel médical était entassé: après avoir mis ses mains derrière lui et regardant fixement quelque chose que j'ai été incapable de voir à cause de leurs silhouettes, se tenait le médecin-chef; derrière lui, légèrement penché en avant le plus jeune médecin, le vieil assistant médecin, tenant un sac d'oxygène dans ses mains, passant indécis d'une jambe sur l'autre, ne sachant évidemment pas quoi faire avec son appareil, soit de l'emporter, ou de ne pas le faire, car il pourrait encore servir, et le jeune médecin, après s'être incliné, soutenait quelque chose, mais à cause de son épaule, seuls les oreillers m'étaient visibles.

Ce groupe me surprit: à l'endroit où ils se trouvaient il y avait un lit. Qu'est-ce qui attirait l'attention de ces personnes, qu'est-ce qu'ils regardaient, alors que je n'étais plus là, puisque j'étais debout au milieu de la salle?

Je me suis avancé et j'ai regardé l'endroit qu'ils regardaient tous:

C'était moi qui gisais là sur le lit!

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
USA

L'Ermitage du cœur (219)


Ce monde
N'est qu'une passerelle
Vers la réalité ultime
Du Royaume des Cieux

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

vendredi 29 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (XI)



"Agonie", j'ai entendu ce mot prononcé au-dessus de moi par le médecin.

Comme je ne parlais pas, étant complètement concentré en moi, et que mon regard exprimait une absence totale d'affect en relation avec le monde environnant, les médecins décidèrent évidemment que j'étais dans un état inconscient et parlèrent de moi d'une manière audible, sans retenue. Mais en attendant, non seulement je comprenais tout d'une manière excellente, mais il était impossible pour moi de ne pas penser et d'observer à un certain degré.

"Agonie, la mort!" ai-je pensé, après avoir entendu les paroles du médecin. "Vais-je vraiment mourir?" En moi, j'ai parlé à haute voix, mais comment? Pourquoi? Je ne peux pas expliquer cela.

Je me suis soudain souvenu d'un discours savant traitant de la question de savoir si oui ou non la mort est douloureuse, que j'avais lu il y a longtemps, et, ayant fermé les yeux, je me suis interrogé quant à ce qui était entrain de se passer en moi à ce moment.

Non, je ne ressentais pas la moindre douleur physique, mais sans doute que je souffrais. Je me sentais lourd à l'intérieur et las. D'où cela venait-il? Je savais de quelle maladie j'allais mourir; ce qui était en cause ici, était l'œdème qui  m'étouffait, ou diminuait-il l'activité du cœur et cela me rendait las? Je ne sais pas. Peut-être était-ce là l'explication de ma mort à venir, selon les idées de ces gens, du monde, qui maintenant était si étrangers et éloignés de moi. Cependant, je ne sentais un insurmontable effort vers quelque part, une attirance vers quelque chose dont j'ai déjà parlé.

Et j'ai senti que cette attraction augmentait à chaque instant, que j'étais déjà arrivé très près, presque en contact avec cet aimant qui m'attirait, qui si je touchais, allait faire que tout mon corps fusionne en lui, pour devenir un avec lui de manière telle qu'aucune force ne serait alors capable de me séparer de lui, et plus fortement je sentais la proximité de ce moment, plus je devenais craintif et dépressif, et il en était ainsi car je sentais une résistance simultanée à cela avec une clarté croissante, je sentais très clairement qu'en tant qu'ensemble je ne pouvais pas m'unir, que quelque chose devait se séparer en moi, et que ce quelque chose s'efforçait de s'éloigner de l'objet inconnu d'attraction avec la même intensité que la chose en moi s'efforçait d'aller vers elle. C'est cette lutte qui me causait la fatigue, la souffrance.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
USA

L'Ermitage du cœur (218)


Revêts-toi 
De l'armure de la prière
Et ne crains rien
Dans le combat spirituel

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

jeudi 28 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (X)



Ainsi, par exemple, le médecin me pose une question, j'entends et comprends ce qu'il demande, mais je ne réponds pas, je ne donne pas de réponse, parce que je pense qu'il n'y a aucune raison pour moi de lui parler. Et pourtant, il s'agite et s'inquiète de moi, mais il est préoccupé par cette moitié de moi, qui a désormais perdu toute signification pour moi, et avec laquelle je sens que je n'ai rien à faire.

Mais soudain, l'autre moitié s'est affirmée, et d'une façon très saisissante et inhabituelle!

Je me sentis soudain tiré vers le bas avec une force irrésistible. Pendant les premières minutes, cette sensation était semblable à celle d'avoir des poids lourds et massifs liés à tous les membres de mon corps, mais peu de temps après, une telle comparaison ne pouvait pas décrire justement mon état d'âme. Cette représentation d'une telle attirance semblait désormais relativement insignifiante.

Non, ici une sorte de loi de l'attraction gravitationnelle d'une puissance très formidable agissait.

Il me semblait que non seulement moi, en tant qu'ensemble, mais chaque membre, chaque cheveu, le plus mince tendon, chaque cellule de mon corps était attiré séparément quelque part avec une tel caractère d'irrésistibilité, comme un puissant aimant attire des morceaux de métal à lui-même.

Et pourtant, peu importait combien  forte cette sensation pouvait avoir été, elle ne m'empêchait pas de penser et d'être conscient de tout, j'étais également conscient de l'étrangeté de ce phénomène. Je me suis souvenu et j'étais conscient de la réalité, c'est-à-dire que j'étais au lit, que mon service était au deuxième étage, [et] qu'en dessous de moi il y avait une salle identique, mais dans le même temps, selon la force de la sensation, j'étais certain que si en dessous de moi il n'y avait pas un, mais dix chambres empilées les unes sur les autres, ce céderait soudain devant moi afin de me laisser passer. . . vers où?

Quelque part plus loin, plus profond dans la terre.

Oui, surtout dans la terre, et je voulais gésir sur le sol, je me suis exercé et j'ai commencé à m'agiter dans mon lit.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
USA

L'Ermitage du cœur (217)


Les frontières du Royaume
Sont visibles aux yeux du monde
Et ses portes sont  toujours ouvertes
A tous les adorateurs du Nom

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mercredi 27 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (IX)



Je me souviens à environ quatre heures je me sentais une sorte de frisson léger, et désirant avoir chaud, je me suis couvert parfaitement avec la couverture et je suis resté étendu au lit, mais soudain je me suis senti très étourdi.

J'ai appelé le médecin-assistant, il est venu, m'a soulevé de l'oreiller et a soulevé le sac d'oxygène. Quelque part, j'ai entendu la sonnerie d'une cloche, et en quelques minutes, le médecin-chef est entré en hâte dans ma salle, et peu après, l'un après l'autre, nos deux médecins.

À un autre moment un tel nombre inhabituel de  personnel médical et la rapidité avec laquelle il avait été réuni m'aurait sans doute étonné et confondu, mais alors, je me suis senti totalement indifférent, comme si cela n'avait pas de relation avec moi.

Un étrange changement soudain pris place dans mon humeur! Une minute avant, plein d'optimisme, à présent même si je voyais et comprenais parfaitement bien tout ce qui se déroulait autour de moi, surgit soudain une sorte d'indifférence incompréhensible, un éloignement tel, qui maintenant, ce me semble, est complètement étranger aux vivants.

Toute mon attention était concentrée sur moi-même, mais il y avait ici aussi une étonnante qualité particulière, un certain état de division au sein de moi: je me sentais et étais conscient de moi-même avec une clarté et une certitude totales, et en même temps, j'avais un sentiment de telle indifférence pour moi, que c'était comme si j'avais même perdu la capacité de percevoir les sensations physiques.

Par exemple, je vis comment le médecin tendit la main et me tâta le pouls - j'ai vu et compris ce qu'il faisait, mais je n'ai pas senti son contact avec mon corps. J'ai vu et entendu que les médecins, m'ayant soulevé, ont continué à faire quelque chose et faisaient tout un plat à propos de mon dos, là où à l'évidence l'œdème avait commencé, mais de ce qu'ils faisaient, je ne sentais rien et ce n'est pas parce que j'avais vraiment perdu la capacité de percevoir ces sensations, mais parce que cela n'attirait pas le moins du monde mon attention, car m'être retiré quelque part au fond de moi, je n'écoutais pas ou n'observais pas ce qu'ils me faisaient.

Il semblait que soudain deux êtres ou deux essences étaient manifestées en moi: l'une cachée quelque part au fond et c'était la partie principale de moi-même, l'autre externe et évidemment, moins importante, et maintenant il semblait que ce qui avait lié ces deux parties se brûlait ou se fondait, et ces deux essences séparées, la plus forte ressentait plus vivement et avec plus de certitude, et la plus faible devenait un sujet d'indifférence. Cette partie la plus faible de mon d'être était mon corps.

Je ne peux imaginer comment, peut-être même seulement il y a quelques jours, j'aurais été frappé par la manifestation de  cet être inconnu en moi-même  jusque-là et la réalisation de sa supériorité sur cette autre partie de moi qui, selon mes convictions antérieures constituait mon être tout entier, mais que maintenant je ne remarquai même pas.

Cet état était très étonnant: vivre, voir, entendre et comprendre tout, et en même temps, apparemment ne pas voir ou comprendre quoi que ce soit, et sentir une telle aliénation à l'égard de tout.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
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L'Ermitage du cœur (216)






Le Royaume saint
Est à chaque détour
De la prière du cœur

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 26 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (VII)



Bientôt, le médecin-chef apparut; tous deux m'ont écouté et m'ont examiné - et firent couvrir pratiquement tout mon dos de sangsues; puis, après avoir prescrit un médicament, ils n'ont pas donné mon ordonnance avec les autres, mais ont envoyé un assistant séparément pour la préparer avant les autres.


"Ecoutez, qu'avez-vous imaginé pour moi maintenant que je ne me sens pas mal du tout, de me brûler avec des sangsues?" ai-je demandé au médecin-chef.

Il me sembla que ma question troubla ou découragea le médecin, et il répondit avec impatience:

"Oh, mon Dieu, pourquoi vous ne pouvez pas être abandonné comme ça au cours libre de la maladie parce que vous vous sentez un peu mieux. Nous devons tirer de vous tout ce qui qui s'est accumulé en vous pendant ce temps."

Trois heures plus tard, le jeune médecin est à nouveau venu me voir, il m'a examiné pour voir comment les sangsues avaient été placées sur moi, a demandé combien de cuillerées de médicament j'avais pris. J'ai dit: "Trois".

"Avez-vous toussé?"

"Non, répondis-je."

"Pas une seule fois?"

"Pas une seule fois."

"S'il vous plaît dites-moi," je me tournai vers le médecin assistant qui avait été constamment présent dans ma salle, quelle sorte de truc répugnant est mélangé à ce médicament. Il me fait vomir."

"Il y a là des différents expectorants, et également un peu d'ipéca", at-il expliqué.

Dans ce cas précis, j'ai agi exactement comme les négateurs contemporains de la religion agissent souvent, ne comprenant exactement rien de ce qui se passait, j'ai mentalement jugé et critiqué la procédure du médecin avec mon manque de compréhension: ils me donnent des expectorants alors que je n'ai rien à expectorer.


Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
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L'Ermitage du cœur (215)


Vois au-delà
Des apparences du monde 
L'ébauche du Royaume
Et la voie sainte du Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 25 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (VIII)


Entre temps, une heure et demie ou deux après la dernière visite des médecins, tous trois d'entre eux à nouveau apparurent dans ma salle: deux des nôtres, et un troisième, avec un air d'importance et imposant, qui n'appartenait pas à notre pavillon.

Ils m'ont ausculté et m'ont écouté pendant une longue période; un réservoir avec de l'oxygène est apparu. Ce dernier m'a quelque peu étonné.

"Qu'est-ce que c'est à présent?" demandai-je.

"Eh bien nous avons à filtrer un peu vos poumons. Parce qu'ils se sont presque rabougri en vous", dit le troisième médecin, qui n'était pas de notre pavillon.

"Mais dites-moi, docteur, qu'est-ce qui vous fascine à propos de mon dos , pour que vous soyez tellement préoccupé à ce sujet. C'est maintenant la troisième fois ce matin que vous l'avez ausculté et tout recouvert  de sangsues."

Je me sentais tellement mieux par rapport aux jours précédents, et donc dans mes pensées j'étais tellement loin de tout pessimisme par nature, de sorte que, à l'évidence aucuns accessoires médicaux n'étaient capables de me porter à supposer mon état véritable; même l'apparition d'un important et étrange médecin, je me l'expliquais comme un changement dans le personnel ou quelque chose d'une nature similaire, en ne me doutant en aucune façon  qu'il avait été spécialement appelé pour moi, car mon cas exigeait un consilium. La dernière question, je la posai avec un tel ton décontracté de bonheur, que, évidemment aucun de mes médecins n'eut le cœur d'au moins faire allusion à la catastrophe imminente. Et, en vérité, comment peut-on dire à un homme, plein d'espoir les plus heureux, qu'il a peut-être seulement quelques heures de plus à vivre!

"C'est maintenant que nous devons nous occuper de vous", m'a répondu le médecin d'une manière indéterminée.

Mais cette réponse J'avais aussi comprise dans le sens souhaité par moi-même, à savoir que maintenant, quand le point culminant avait été dépassé, quand la force de l'infirmité s'affaiblissait, évidemment il était nécessaire et plus pratique d'appliquer tous les moyens possibles pour chasser la maladie restante et aider à rétablir tout ce qui avait été affecté par cette maladie.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
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L'Ermitage du cœur (214)


Que la prière en toi
Soit comme la petite flamme
De la lampade brûlant
Devant l'icône du Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 24 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (VI)


Une nuit, je me sentais particulièrement mal, je m'agitais à cause de la fièvre et ma respiration était extrêmement difficile pour moi, mais vers le matin, c'est soudainement devenu tellement plus facile, que je fus même capable de m'endormir. Réveillé, ma première pensée au souvenir de la souffrance de la nuit était: "Eh bien, ça devait être ça, la crise est passée et, enfin maintenant il y aura une fin à cette fièvre haletante et insupportable."

Et ayant vu un très jeune médecin assistant entrant dans une salle voisine, je l'ai appelé et j'ai demandé que l'on prenne ma température.

"Eh bien, monsieur, maintenant les choses ont pris une tournure pour le mieux", dit-il joyeusement, en enlevant le thermomètre au temps convenu. "Votre température est normale."

"Vraiment?" ai-je demandé avec joie.

"Jetez un oeil par vous-même:37 et un dixième. Et il semble que votre toux ne vous dérange pas autant."

J'ai seulement réalisé à ce moment que depuis minuit, je n'avais en fait pas toussé jusques à ce matin et que même si je m'étais tourné et retourné et que je buvais quelques gorgées de thé chaud, je ne toussais pas à cause de cela.

A neuf heures le médecin est venu. Je lui ai dit que je m'étais senti mal durant la nuit et j'émis l'hypothèse qu'évidemment cela devait avoir été la crise, et que maintenant je ne me sentais pas mal et avant le matin j'avais même été capable de dormir pendant quelques heures.

"Eh bien, voilà qui est certainement bien", dit-il, et il se dirigea vers la table et lut des sortes de tableaux ou de notes qui se trouvaient là.

"Voulez-vous prendre sa température?" lui demanda l'assistant du médecin. "Sa température est normale."

"Que voulez vous dire par normal?" lui demanda-t-il, levant rapidement la tête du tableau et en regardant l'assistant avec perplexité.

"C'est exactement ce que j'ai dit, je viens de la prendre."

Le médecin fit à nouveau prendre la température et cette fois encore il regarda pour voir si la température avait été prise correctement. Mais cette fois la température n'atteignait même pas 37: elle s'avérait être deux dixièmes de moins que 37.

Le médecin prit son propre thermomètre dans la poche latérale de sa veste, il le secoua, il le vérifia, et évidemment certain de sa justesse, il prit à nouveau ma température.

La seconde prise de température montra le même résultat que la première.

À ma grande surprise, le médecin ne manifesta aucun signe de bonheur pour ma condition, ne montrant pas, ainsi, par pure politesse la moindre expression de satisfaction, et, après avoir fait demi-tour d'une manière un peu agité, il a quitté la salle, - après une minute ou deux, j'ai entendu un téléphone  qui commençait à sonner dans la salle.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
Holy Trinity Monastery
Jordanville, N.Y.
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L'Ermitage du cœur (213)


Reste calmement
En mémoire constante 
Du Dieu de miséricorde
Et vis selon le Nom

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

samedi 23 juillet 2011

Un événement vrai, mais incroyable pour beaucoup (V)



Il advint à cette période de ma vie que mon travail m'amène à K., et j'y tombai gravement malade.

Comme je n'avais ni parents, ni même un serviteur à K., je dus aller à l'hôpital. Les médecins trouvèrent que c'était une pneumonie.

Au début, je me sentais si bien que pas une fois je n'ai pensé qu'il était nécessaire de résider dans un hôpital en raison d'une telle bagatelle, mais comme la maladie se développa et la température  commença à augmenter rapidement, j'ai compris qu'avec une telle "bagatelle", il ne serait pas du tout être sage de rester seul au lit dans une chambre d'un quelconque hôtel.

Les longues nuits d'hiver dans un hôpital furent particulièrement ennuyeuses pour moi, la fièvre ne me permettait pas du tout de dormir, parfois il était même impossible de rester étendu, et être assis dans mon lit était à la fois inconfortable et fatigant: je n'avais pas envie ou n'était pas capable de me lever et de marcher à travers la salle, alors je ne tournais, m'étendais, me redressais, mettais mes jambes hors du lit et à nouveau les remettais dans le lit, et pendant tout ce temps je continuais à écouter attentivement: quand l'horloge commencerait-elle à sonner! J'attendais, attendais et elle semblait faire exprès de sonner seulement deux ou trois fois, cela signifiait une éternité entière à attendre avant l'aube. Et comme est déprimant pour un homme malade l'effet de ce sommeil commun avec beaucoup de gens, dans le calme de la nuit. On se sent littéralement  dans un cimetière en compagnie d'hommes morts.

Le degré de ma maladie devint critique, à ce même degré je suis devenu de plus en plus mal et me suis senti pire. À certains moments j'ai eu des crises telles que les conditions désagréables ordinaires devinrent imperceptibles, et je ne remarquais pas l'effet lassant des nuits interminables. Mais je ne sais pas vraiment à quoi attribuer cela : est-ce parce que je me suis toujours considéré comme un homme très fort et très sain, ou était-ce parce que jusques à ce moment-là je n'avais jamais été une seule fois gravement malade, et ces pensées tristes qui sont parfois le lot des maladies graves étaient étrangère à mon esprit - cependant, peu importe comment je me sentais mal à certains moments, peu importe comment brutalement les crises de ma maladie advinrent, non pas une fois l'idée de la mort n'entra dans mon esprit.

J'attendais avec confiance qu'aujourd'hui ou demain un changement pour le mieux prenne place, et avec impatience a chaque fois que le thermomètre était enlevé de sous mon bras je demandais quelle était ma température. Mais après avoir atteint un certain niveau, elle s'est littéralement figée à ce niveau, et à mes questions j'ai constamment entendu la réponse: "Quarante et huit dixièmes" "40 et neuf dixièmes», «41»,

"Ah que c'est lent! " disais-je avec déception, puis je demandais au docteur si mon rétablissement allait se poursuivre au rythme de la tortue.

En voyant mon impatience, le médecin me calma et dit qu'à mon âge et avec ma santé, il n'y avait rien à craindre, que la reprise ne serait pas longue, que dans des circonstances favorables, après chaque maladie, on peut récupérer en quelques jours seulement.

J'ai cru cela de tout cœur et j'ai raffermi ma patience avec cette pensée, qu'il ne restait qu'à attendre la crise, et alors tout deviendrait immédiatement tout à fait normal.

Version Française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Orthodox Life 
Vol. 26, No. 4 
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Jordanville, N.Y.
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