"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 30 juin 2011

Archimandrite Georges, Higoumène du Monastère de Grigorios au Mont Athos: (6) Les qualifités nécessaires pour la déification





Les saints Pères disent que dans l'Église que nous pouvons certainement atteindre la déification. Pourtant, la déification est un don de Dieu. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons atteindre par nos propres moyens. Naturellement, nous devons vouloir, lutter, et nous préparer afin que nous soyons dignes, capables et assez réceptifs pour accepter et garder ce grand don de Dieu, puisque Dieu ne veut pas faire quoi que ce soit pour nous, sans notre liberté. Néanmoins, la Théosis [déification] est un don de Dieu. Pour cette raison, les saints Pères disent, d'une part, que nous "souffrons" la déification, et d'autre part, que Dieu actionne la déification.

Nous discernons également certaines qualités nécessaires sur le chemin de l'homme vers la déification:

a) L'humilité

Selon les saints Pères, la première qualification nécessaire est l'humilité. Sans l'humilité bénie, l'homme ne peut pas être mis sur la bonne voie pour la Théosis, il ne peut accepter la grâce divine et ainsi s'unir avec Dieu. Il suffit de reconnaître que la divinisation est le but de la vie, qu'elle exige notre humilité, car sans humilité, comment allez-vous reconnaître que le but de votre vie est en dehors de vous, qu'il est en Dieu?

Tant que l'homme vit de manière égocentrique, anthropocentrique, de manière autonome, il se place au centre et comme but de sa propre vie. Il croit qu'il peut être perfectionné par ses propres efforts; défini par ses propres efforts; déifié par ses propres efforts. Tel est l'esprit de la civilisation contemporaine, de la philosophie contemporaine, de la politique contemporaine: créer un monde encore meilleur, encore plus juste, mais faire ceci de façon autonome, par soi-même; créer un monde qui aura l'homme en son centre, sans référence à Dieu ; sans la reconnaissance que Dieu est la source de tout bien. C'est la faute qu'Adam a commise, croyant que, avec seulement ses propres pouvoirs, il pourrait devenir Dieu, il pouvait devenir parfait. La faute d'Adam est celle que tous les credos humanistes font à travers tous les âges. Ils ne considèrent pas que la communion avec Dieu soit indispensable pour la réalisation de l'homme.

Tout ce qui est orthodoxe est centré d'une manière divino-humaine; son centre est le Dieu-homme, le Christ. Tout ce qui n'est pas orthodoxe a ce dénominateur commun: son centre est l'homme, que ce soit dans le protestantisme, le catholicisme romain, la franc-maçonnerie, le millénarisme, l'athéisme, ou tout autre chose est en dehors de l'orthodoxie. Pour nous, le centre est Dieu-homme, le Christ. Cela signifie qu'il est facile pour quelqu'un de devenir hérétique, millénariste, franc-maçon ou tout autre chose, mais il est difficile de devenir chrétien orthodoxe. Pour devenir chrétien orthodoxe, vous devez d'abord accepter que le centre du monde n'est pas vous, mais le Christ.

Ainsi, le début du chemin vers la Théosis est l'humilité, c'est-à-dire que nous reconnaissons que le but de notre vie est en dehors de nous; c'est avec notre Père, notre Créateur.

L'humilité est nécessaire pour voir que nous sommes malades, que nous sommes intolérants, que nous sommes pleins de faiblesses et de passions.

Encore une fois, pour persister dans cette voie, quelqu'un qui commence le chemin de la divinisation doit avoir  l'humilité constante, car s'il accepte l'idée qu'il agit parfaitement bien simplement en utilisant ses propres forces, alors la fierté pénètre lui, il perd ce qu'il a gagné et doit recommencer depuis le début, à devenir humble, à voir sa faiblesse, sa maladie humaine, et à apprendre à ne pas compter sur lui-même. Afin de se trouver en permanence sur le chemin de la divinisation, il a besoin de dépendre de la Grâce de Dieu.

Par conséquent, dans la vie des saints, leur grande humilité nous impressionne. Alors qu'ils étaient près de Dieu, ils brillaient dans la lumière de Dieu, ils étaient thaumaturges, ils donnaient la myrrhe, et pourtant, en même temps ils croyaient eux-mêmes qu'ils étaient très modestes, très loin de Dieu, qu'ils étaient les pires des hommes. C'est cette humilité qui en faisait des dieux par la grâce.

2) L'ascétisme

Les saints Pères nous disent également que la divinisation a des degrés. Elle commence par le stade le plus faible et progresse vers le plus élevé. Une fois que nous avons l'humilité, afin de devenir purifiés des passions, nous commençons notre ascèse en appliquant les saints commandements du Christ, en commençant notre lutte quotidienne en Christ par le repentir et avec beaucoup de patience. Les saints Pères disent que dans Ses commandements Dieu Lui-même est caché. Quand un chrétien les observe par amour et foi en Christ, alors il s'unit avec Lui.

Selon les saints Pères, cette première étape de divinisation est aussi appelé "praxis". C'est des conseils pratiques donnés au début de la voie de la divinisation.

Naturellement, ceci n'est pas du tout facile, parce que la lutte pour déraciner les passions à l'intérieur de nous est grande. Beaucoup d'efforts sont nécessaires, de sorte que, progressivement, notre désert intérieur est purifié des épines et des pierres des passions pour qu'il puisse être cultivé spirituellement, et afin que la semence du Logos de Dieu puisse tomber et porter ses fruits. Des efforts importants et continus envers nous-mêmes sont nécessaires pour tout cela. C'est pourquoi le Seigneur dit que "le Royaume de Dieu souffre violence, de sorte que les violents s'en emparent." (Matthieu 11:12). Et, les saints Pères nous enseignent encore: "Donnez du sang et recevez l'Esprit", c'est-à-dire vous ne pouvez pas recevoir le Saint Esprit, si vous ne donnez pas le sang de votre coeur dans la lutte pour vous purifier des passions, afin de vous repentir véritablement et en profondeur, et en vue d'acquérir les vertus.

Toutes les vertus sont des aspects de la seule grande vertu, la vertu de l'amour. Quand un chrétien acquiert l'amour, il a toutes les vertus. C'est l'amour qui expulse la cause principale de tous les maux et de toutes les passions de la psyché de l'homme. Cette cause, selon les saints Pères, c'est l'égoïsme. Tous les maux en nous viennent de l'égoïsme, qui est un amour malade pour soi-même. C'est la raison pour laquelle notre Église a l'ascétisme. Sans l'ascèse, il n'y a pas de vie spirituelle, pas de lutte, et aucun progrès. Nous obéissons, jeûnons, veillons, œuvrons avec des prosternations, et des stations debout, tout cela afin que nous puissions être purifiés de nos passions. Si l'Eglise orthodoxe cesse d'être ascétique, elle cesse d'être orthodoxe, car elle cesse alors d'aider les hommes à se débarrasser de ses passions, afin qu'ils deviennent des dieux par la grâce.

Les Pères de l'Eglise développèrent un grand et profond enseignement anthropologique sur le psychisme et les passions de l'homme. Selon eux, dans la psyché vous pouvez distinguer les parties intelligentes et passibles. Le passible, à nouveau, comprend des parties passionnées et désirantes. La partie intelligente contient les facultés de raisonnement de la psyché; les pensées et les pouvoirs cognitifs. Les parties passionnées sont les émotions positives et négatives, l'amour et la haine. La partie désirante contient les bons désirs des vertus et les désirs mauvais pour le plaisir; pour le plaisir, l'avarice, la gourmandise, le culte de la chair et des passions charnelles. À moins que ces trois parties de la psyché, la partie intelligente, la passionnée, et la désirante ne soient purifiées, l'homme ne peut pas recevoir la grâce de Dieu en lui-même, et il ne peut pas être déifié. La partie intelligente est purifiée par la vigilance, qui est la garde continue du noûs [intellect] des pensées, en gardant les bonnes pensées et en rejetant les mauvaises. La partie passionnée, encore une fois, est purifiée par l'amour. Enfin, la partie désirante est purifiée par l'auto-contrôle. Toutes ces parties sont à la fois purifiées et sanctifiées par la prière.

3) Les Saints Mystères et de la prière

Le Christ Lui-même s'installe dans le cœur de l'homme par les Saints mystères: le saint baptême, la chrismation, la sainte confession et  la Divine Eucharistie. Les chrétiens orthodoxes qui sont en communion avec le Christ ont Dieu et Sa grâce en leur sein, dans leur cœur, parce qu'ils ont été baptisés, chrismés, se sont confessés et ont reçu la Sainte Communion.

Les passions couvrent la grâce divine comme les cendres enterrent une étincelle. Grâce à l'ascèse et à la prière, le cœur est purifié des passions, l'étincelle de la grâce divine est ravivée, et le fidèle chrétien  sent [la Présence du] Christ dans son cœur, le centre de son existence.

Chaque prière de l'Eglise contribue à purifier le cœur, mais la prière dite monologique, aussi connue comme prière noétique ou prière du cœur, est particulièrement utile: "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi, pécheur". Cette prière, qui a toujours été prononcée sur la Sainte Montagne, présente l'avantage suivant: parce qu'elle est en une seule phrase: elle nous aide à concentrer notre noûs [intellect] plus facilement. Concentrant notre noûs [intellect], nous plongeons dans notre cœur, et puis nous veillons à nous assurer qu'il n'est pas occupé par d'autres choses et d'autres idées, bonnes ou mauvaises, mais qu'il est occupé avec Dieu seulement.

La pratique de cette prière du cœur, qui, avec la grâce de Dieu peut à terme devenir continue, est toute une science, un art sacré que les saints de notre foi décrivent en détail dans leurs saints écrits, et aussi dans une grande collection de textes patristiques appelée la "Philocalie" [Amour de la Beauté].

Cette prière aide et réjouit l'homme, et quand le chrétien progresse dans cette prière et que dans le même temps sa vie suit les saints commandements du Christ et de son Église, alors il est digne de recevoir  l'expérience de la Grâce divine. Il commence à goûter la douceur de la communion avec Dieu, de savoir par expérience "Goûtez et voyez que le Seigneur est bon" (Psaume 34:8). Pour nous, orthodoxes, Dieu n'est pas une idée, quelque chose que nous pensons, que nous discutons ou lisons, mais une personne avec Qui nous entrons en communion personnelle de vie et, c'est quelque chose que nous vivons, et Quelqu'un de Qui nous recevons l'expérience.

Ensuite, nous voyons quelle grande joie, innommable et indicible, c'est d'avoir le Christ en nous et d'être chrétiens orthodoxes.

Dans leurs différentes préoccupations et toutes leurs occupations quotidiennes, Il aide les chrétiens qui sont dans le monde à trouver au moins quelques minutes de silence pour pratiquer eux-mêmes cette prière.

Certes, quand tous les travaux et les obligations sont accomplis dans l'humilité et l'amour, et dirigés vers Dieu, ils nous sanctifient, mais la prière est aussi nécessaire.

Dans une pièce calme (peut-être après une lecture spirituelle, ou après avoir allumé une petite lampe à huile devant des icônes et après avoir brûlé de l'encens), autant que possible, loin du bruit et de l'activité, et après que toutes autres considérations et pensées soient devenues silencieuses, ils devraient plonger leur noûs [intellect] dans le coeur en disant la prière: "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi pécheur". Combien de paix et de force le psychisme tire de ce silence de Dieu! Combien cela les renforce au cours de la journée afin qu'ils puissent rester paisibles sans tension nerveuse et anxiété, mais en ayant toutes leurs forces réunies dans l'harmonie!

Certaines personnes dans d'autres endroits recherchent le silence de la psyché en utilisant des moyens artificiels qui sont trompeurs et démoniaques, comme dans les religions dites orientales. Ils essaient de trouver un certain silence en utilisant des exercices extérieurs, la méditation etc, pour atteindre un certain équilibre de la psyché et du corps. Le défaut de tout cela, c'est que, à proprement parler, même quand l'homme essaie d'oublier les diverses considérations du monde matériel, il n'a pas de dialogue avec Dieu, mais seulement un monologue avec lui-même, de sorte que de nouveau il se retrouve dans l'anthropocentrisme, et de cette façon, il échoue.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Photo:
Chapelle Russe orthodoxe 
de 
Rock Creek Cemetery
Washington D.C. USA
(Trad.)

L'Ermitage du cœur (189)


La prière véritable
Est celle qui s'exprime dans le silence
Qui est selon saint Ephrem le Syrien
Le langage du monde à venir

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Géorgie

mercredi 29 juin 2011

Archimandrite Georges, Higoumène du Monastère de Grigorios au Mont Athos: (5) La déification est possible grâce aux énergies incréées de Dieu


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 Преображение Господне. XII век.

Dans l'Église orthodoxe du Christ l'homme peut atteindre la déification parce que, selon les enseignements de la Bible et des Pères de l'Église, la grâce de Dieu est incréée. Dieu n'est pas essence seulement, comme l'Occident le pense; Il est aussi énergie. Si Dieu n'était que de l'essence, nous ne pourrions pas nous unir à Lui, nous ne pourrions pas communier avec Lui, parce que l'essence de Dieu est redoutable et inaccessible à l'homme, en conformité avec la déclaration: "Jamais l'homme ne verra ma face et vivra" (Exode 33: 20).

Citons un exemple quelque peu pertinent tiré des choses humaines. Si nous saisissons un fil électrique nu, nous allons mourir. Toutefois, si l'on peut brancher une lampe à ce fil, nous sommes éclairés. Nous verrons, apprécierons, et serons assistés par l'énergie du courant électrique, mais nous ne serons pas en mesure de saisir son essence. Disons que quelque chose de semblable se produit avec l'énergie incréée de Dieu.

Si nous étions capables de nous unir avec l'essence de Dieu, nous aussi nous deviendrions des dieux en essence. En d'autres termes tout deviendrait un dieu, et il y aurait une confusion telle que, rien ne serait essentiellement un dieu. En quelques mots, c'est ce qu'ils croient dans les religions orientales, par exemple dans l'hindouisme, où le dieu n'est pas une existence personnelle, mais une puissance indistincte dispersée à travers tout le monde, chez les hommes, les animaux, et dans les objets (panthéisme).

Encore une fois, si Dieu avait seulement l'essence divine - à laquelle nous ne pouvons pas participer - et n'avait pas eu Ses énergies, il resterait un dieu auto-suffisant, fermé en lui-même et incapable de communier avec ses créatures.

Dieu, selon le point de vue théologique orthodoxe, fait partie d'une Trinité et une Trinité en Un. Comme saint Maxime le Confesseur, saint Denys l'Aréopagite, et d'autres saints Pères le disent à maintes reprises, Dieu est rempli d'un amour divin, d'un éros divin pour Ses créatures. En raison de cet amour infini et extatique qui est Sien, Il sort de Lui-même et cherche à S'unir à eux. Ceci  s'exprime et se réalise par le biais de Son énergie, ou, mieux, de Ses énergies.

Avec celles-ci, Ses énergies incréées, Dieu créa le monde et continue de le préserver. Il donne essence et substance à notre monde à travers Ses énergies créatrices d'essence . Il est présent dans la nature et préserve l'univers avec ses énergies préservantes; Il illumine l'homme avec ses énergies illuminantes; Il le sanctifie avec son énergie sanctifiante. Enfin, Il le divinise avec Ses énergies déifiantes. Ainsi, à travers Ses énergies incréées, le Dieu saint pénètre la nature, le monde, l'histoire et la vie des hommes.

Les énergies de Dieu sont des énergies divines. Elles aussi sont Dieu, mais sans être Son essence. Elles sont de Dieu, et donc elles peuvent diviniser l'homme. Si les énergies de Dieu n'étaient pas divines et incréées, elles ne seraient pas Dieu et donc elles ne seraient pas en mesure de nous déifier, de nous unir à Dieu. Il y aurait une distance infranchissable entre Dieu et les hommes. Mais en vertu du fait que Dieu a des énergies divines, et en S'unissant avec nous par ces énergies, nous sommes capables de communier avec Lui et de nous unir avec sa grâce, sans devenir identiques à Dieu, comme cela se passerait si nous étions unis à Son essence.

Alors, nous nous unissons à Dieu à travers Ses énergies incréées, et non par Son essence. C'est le mystère de notre foi et de notre vie orthodoxes.

Les hérétiques occidentaux ne peuvent pas accepter cela. Etant rationalistes, ils ne discernent pas entre l'essence et l'énergie de Dieu, donc, ils disent que Dieu est seulement l'essence. Et pour cette raison 'ils ne peuvent pas parler de la déification de l'homme. Parce que, selon eux, comment l'homme pourrait-il être divinisé quand ils n'acceptent pas que les énergies divines soient incréés, mais qu'ils les considèrent comme créées? Et comment quelque chose de créé, c'est à dire, quelque chose en dehors de Dieu, pourrait-il  déifier l'homme créé?

Afin de ne pas tomber dans le panthéisme, ils ne parlent pas du tout de la déification. Quel est donc, selon eux, le but de la vie de l'homme? Simplement le perfectionnement moral. En d'autres termes, puisque l'homme ne peut pas être déifié par la grâce divine, les énergies divines, à quoi donc sert sa vie? Seulement qu'il devienne moralement meilleur. Mais la perfection morale ne suffit pas pour l'homme. Il ne suffit pas pour nous tout simplement de devenir meilleurs qu'avant, d'accomplir des actes moraux. Nous avons comme objectif final de nous unir avec le  Dieu Saint Lui-même. C'est le but de la création de l'univers. C'est ce que nous désirons. Ceci est notre joie, notre bonheur et notre épanouissement.

La psyché de l'homme, qui est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, asoif de Dieu et désire l'union avec Lui. Peu importe combien l'homme peut être moral, combien il peut être bon, peu importent le nombre de bonnes actions qu'il peut effectuer, s'il ne trouve pas Dieu, s'il ne s'unit pas à Lui, il ne trouve pas de repos. Parce que le Dieu Saint  Lui-même a placé en lui cette soif sainte, l'éros divin, le désir d'union avec Lui, pour la déification. Il a en lui la puissance érotique, qu'il reçoit de Son Créateur, pour aimer vraiment, vivement, de façon désintéressée, tout comme son Saint Créateur tombe amoureux du monde, de ses créatures. Il en est ainsi que, avec cet saint élan érotique et le sa puissance d'aimer, il tombe amoureux de Dieu. Si l'homme n'avait pas l'image de Dieu en lui, il ne serait pas en mesure de chercher son prototype. Chacun de nous est une image de Dieu, et Dieu est notre prototype. L'image cherche le prototype, et seulement quand il le trouve qu'il trouve le repos.

Au XIVe siècle, il y eutt un grand bouleversement dans l'Eglise qui fut provoquée par un moine d'Occident, Barlaam. Il avait entendu que les moines du Mont Athos parlaient de déification . Il fut informé que, après une longue lutte, la purification des passions, et beaucoup de prières, ils devenaient dignes de s'unir avec Dieu, d'avoir une expérience de Dieu, de voir Dieu. Il entendit qu'ils voyaient la Lumière Incréée qui les saints Apôtres avaient vue lors de la Transfiguration du Christ notre Sauveur sur le mont Thabor.

Mais, ayant l'esprit rationaliste hérétique de l'Occident Barlaam fut incapable de percevoir l'authenticité de ces expériences divines des moines humbles, et ainsi, il commença à accuser les moines du Mont Athos, comme si c'était eux qui étaient égarés, hérétiques et idolâtres. En d'autres termes, il disait qu'il était impossible pour quelqu'un de voir la grâce de Dieu, parce qu'il ne savait rien sur la distinction entre l'essence et l'énergie incréée de Dieu.

Ensuite, la Grâce de Dieu fit surgir un grand maître éclairé de notre Église, l'Athonite saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique. Avec beaucoup de sagesse et l'illumination de Dieu, mais aussi avec son expérience personnelle, il a dit et écrit beaucoup de choses, qui enseignèrent, en conformité avec les Saintes Écritures et la Tradition sainte de l'Église, que la Lumière de la Grâce de Dieu est incréé; que c'est une énergie divine. Et qu'en fait, les hommes déifiés voient cette lumière comme l'ultime, la plus grande expérience de déification (gr. theosis), et qu'ils sont vus à l'intérieur de cette Lumière de Dieu. C'est la gloire de Dieu, Sa splendeur, la Lumière du Mont Thabor, la Lumière de la Résurrection du Christ et de la Pentecôte, et la nuée lumineuse de l'Ancien Testament. C'est la Lumière incréée de Dieu véritable, et non celle symbolique comme Barlaam, et d'autres comme lui, qui croyaient en leur illusion.

Par la suite, dans trois grands synodes de Constantinople, l'Eglise tout entière justifia saint Grégoire Palamas, déclarant que la vie en Christ n'est pas simplement l'édification morale de l'homme, mais la déification, et que cela signifie participation à la gloire de Dieu, une vision de Dieu, de Sa grâce et de Sa Lumière Incréée.

Nous avons une grande gratitude envers saint Grégoire Palamas, parce que, avec l'illumination qu'il a reçue de Dieu, avec son expérience et sa théologie, il nous a l'enseignement et l'expérience éternelle de l'Eglise concernant la déification de l'homme. Un chrétien n'est pas chrétien tout simplement parce qu'il est capable de parler de Dieu. Il est chrétien parce qu'il est capable d'avoir une expérience de Dieu. Et tout comme, quand on aime vraiment quelqu'un, et que l'on parle avec lui, on sent sa présence, et on apprécie sa présence, il en est ainsi dans la communion de l'homme avec Dieu: il existe non pas une simple relation externe, mais une union mystique de Dieu et de l'homme dans l'Esprit Saint.

Même maintenant, les Occidentaux considèrent la Grâce divine, ou l'énergie de Dieu, comme quelque chose de créé. Malheureusement, c'est aussi l'une des nombreuses différences qui doivent être sérieusement prises en considération dans le dialogue théologique avec les catholiques romains. Ce n'est pas seulement le Filioque, la primauté de l'autorité, et l'infaillibilité du pape, qui sont les différences fondamentales entre l'Église orthodoxe et les partisans du pape. Ce sont également celles mentionnées plus haut. Si les catholiques n'acceptent pas que la grâce de Dieu soit incréée, nous ne pouvons pas nous unir avec eux, même s'ils acceptent tous les autres points. Carr qui est capable de parvenir à la déification, si la grâce divine est une création et non une énergie incréée du Très-Saint Esprit?


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (188)


Dieu est toujours là
Dans le plus fort de tes soupirs
Aux jours de la détresse
Il est cette grâce qui te fait subsister

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

mardi 28 juin 2011

Archimandrite Georges, Higoumène du Monastère de Grigorios au Mont Athos: (4) Le lieu de la déification de l'homme


Ceux qui souhaitent s'unir avec le Christ, et, à travers Jésus-Christ, avec Dieu le Père, reconnaissent que cette union se réalise dans le corps du Christ, qui est notre Sainte Eglise Orthodoxe. Une union, bien sûr, non avec l'essence divine, mais avec la nature humaine du Christ déifié. Mais cette union avec le Christ n'est pas externe, elle n'est pas non plus simplement morale.

Nous ne sommes pas des disciples du Christ de la façon dont certains peut-être suivent un philosophe ou un maître. Nous sommes membres du corps du Christ, l'Eglise. L'Eglise est le Corps du Christ, le corps réel, et non un corps moral, comme certains théologiens l'ont écrit à tort, n'ayant pas examiné  cette question profondément, dans l'esprit de la Sainte Eglise. Malgré notre indignité et notre péché, le Christ nous prend en tant que chrétiens, et nous incorpore dans Son Corps. Il nous rend membres de Lui-même. Et ainsi nous devenons de vrais membres du Corps du Christ, et pas seulement moralement. Comme l'apôtre Paul le dit, "Nous sommes membres de Son corps, de Sa chair, et de Ses os» (Ephésiens 5:30).

Certes, selon l'état spirituel des chrétiens, ils sont parfois des membres vivants du Corps du Christ, et à d'autres moments des membres morts. Pourtant, même en tant que membres morts, ils ne cessent d'être membres du Corps du Christ. Par exemple, quelqu'un qui est baptisé est devenu un membre du Corps du Christ. S'il ne se confesse pas, ne reçoit pas la Communion, ne vit pas une vie spirituelle, il est un membre mort du corps du Christ. Mais quand il se repent, il reçoit immédiatement la vie divine. Cela l'imprègne et il devient un membre vivant du Corps du Christ. Il n'a pas besoin d'être rebaptisé. Quelqu'un qui n'a jamais été baptisé, toutefois, n'est pas membre du corps du Christ, même s'il vit une vie qui est morale par rapport aux normes humaines. Il a besoin d'être baptisé pour devenir un membre du corps du Christ, pour devenir incorporé au Christ.

Ainsi, parce que nous sommes membres du corps du Christ, la vie du Christ nous est offerte et elle devient notre vie. Et ainsi, nous sommes animés, sauvés, et déifiés. Nous ne pourrions être divinisés, si le Christ nous avait pas fait membres de Son Saint corps.

On ne pourrait pas être sauvés, si les Saints Mystères [Communion] de l'Eglise n'existaient pas, qui font  de nous un seul corps avec le Christ, et par lesquels, selon les Pères de l'Église, nous partageons la même chair et le même sang que le Christ, en d'autres termes, nous devenons un seul corps et un seul sang avec le Christ.

Quelle grande bénédiction que nous participions aux Mystères Immaculés! Le Christ devient nôtre, la vie du Christ devient nôtre; Son sang devient notre sang. C'est pourquoi saint Jean Chrysostome dit que Dieu n'a plus rien à donner à l'homme que ce qu'Il lui donne dans la Sainte Communion. Ni l'homme ne peut demander quoi que ce soit au-delà de ce qu'il reçoit du Christ dans la Sainte Communion.

De cette façon, alors, après avoir été baptisés, chrismés, et après nous être confessés, nous communions au Corps et au Sang du Seigneur, et nous aussi nous devenons des dieux par la Grâce, nous unissant à Dieu; nous ne sommes plus des étrangers, mais Ses proches.

A l'intérieur de l'Eglise dans laquelle nous nous unissons à Dieu, nous vivons cette réalité nouvelle que le Christ a apporté au monde: la nouvelle création. C'est la vie de l'Église, du Christ, qui devient la nôtre comme don de l'Esprit Saint.

Tout dans l'Eglise conduit à la déification. La Sainte Liturgie, les Mystères [Sacrements/ Communion], le culte divin, le sermon de L'Evangile, le jeûne, ils conduisent tous à cette seule chose. L'Église est le lieu unique de la déification.

L'Eglise n'est pas une institution sociale, culturelle ou historique, et elle ne ressemble à aucune autre institution dans le monde. Elle n'est pas comme les différents établissements du monde. Peut-être que le monde a de bons établissements, de bonnes organisations, de bonnes institutions et d'autres belles choses. Mais notre Eglise orthodoxe est l'inimitable, le lieu unique de la communication de Dieu avec l'homme; le lieu de ​​déification de l'homme. Au sein de l'Eglise seulement l'homme peut devenir un dieu, et nulle part ailleurs. Il ne peut le devenir, ni dans les universités, ni dans les fondations de services sociaux, ni dans aucune des belles et bonnes choses que le monde possède. Toutes ces choses, aussi bonnes soit-elles, ne sont pas en mesure d'offrir ce que l'Église offre.

C'est pourquoi, peu importe combien les institutions mondaines et les systèmes progressent, ils ne pourront jamais remplacer l'Eglise.

Il est possible que nous, hommes faibles et pécheurs, passions par des crises et des difficultés de temps en temps au sein de l'Eglise. Il est possible même que des scandales se produisent dans le giron de l'Eglise. Toutes ces choses arrivent dans l'Eglise parce que nous sommes encore sur le chemin de la Théosis [déification], et il est très naturel que les faiblesses humaines existent toujours. Nous sommes en train de devenir des dieux, mais nous ne le sommes pas encore. Donc, peu importe combien de fois ces choses se produisent, nous ne quitterons pas l'Eglise, parce que dans l'Église, nous avons la seule possibilité de nous unir à Dieu.

Ainsi, quand nous allons à l'église pour assister à l'office, nous pouvons y rencontrer des gens qui ne font pas attention à l'office divin, qui poursuivent des conversations, et détournent notre attention. Puis vient une pensée apparemment raisonnable qui dit: "Que gagnes-tu en venant à l'Eglise? Ne vaudrait-il pas mieux rester à la maison avec plus de paix et de confort?

Nous devons cependant  prudemment contredire cette mauvaise pensée: "Oui, peut-être que d'une part je vais avoir une paix extérieure plus grande à la maison, mais je n'aurai pas la grâce de Dieu pour me déifier et me sanctifier. Je n'aurai pas le Christ, Qui est présent dans Son Église. Je n'aurai pas Son Saint Corps et Son Sang Précieux, Qui sont sur l'autel sacré dans Sa Sainte Église. Je ne vais pas prendre part à la Cène Mystique de la Divine Liturgie. Je vais être coupé de mes frères en Christ, avec lesquels nous formons le corps du Christ".

Ainsi, quoi qu'il arrive, nous ne quitterons pas l'Eglise, parce que c'est seulement en elle que nous trouvons le chemin de la déification.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (187)


La prière véritable
Coule dans ton cœur apaisé
Comme glissent entre tes doigts
Les grains du chapelet de laine

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Staretz Cléopa: La prière (dernier enregistrement du staretz) (Roumain/Anglais)

lundi 27 juin 2011

Archimandrite Georges, Higoumène du Monastère de Grigorios au Mont Athos: (3)La contribution de la Mère de Dieu à la divinisation de l'homme



Alors, le Seigneur Jésus nous donne cette possibilité, de nous unir à Dieu, et de revenir à l'objectif primordial, que Dieu a préparé pour l'homme. C'est pourquoi il est décrit dans l'Écriture Sainte comme le chemin, la porte, le bon berger, la vie, la résurrection, la lumière. Il est le nouvel Adam, qui répare la faute du premier Adam. Le premier Adam nous a séparés de Dieu par sa désobéissance et son égoïsme. Par Son amour, et Son obéissance au Père, obéissance jusques à la mort, à la mort sur la Croix, le second Adam, le Christ, nous ramène une fois de plus à Dieu. Il oriente à nouveau notre liberté vers Dieu, afin que, en la Lui offrant, nous nous unissions à Lui.

Mais l'œuvre du nouvel Adam pré-suppose l'œuvre de la nouvelle Eve, la Panaghia [Toute Sainte/ Mère de Dieu], qui, ainsi, répare le tort causé par l'Eve de jadis. Eve a conduit Adam à la désobéissance. La nouvelle Eve, la Panaghia, contribue à l'incarnation du nouvel Adam qui va guider la race humaine vers l'obéissance à Dieu. Pour cette raison, comme première personne humaine qui ait obtenu la théosis [divinisation] d'une manière exceptionnelle, voire irremplaçable,  Notre Dame la Théotokos a joué un rôle dans notre salut, qui est non seulement fondamental, mais aussi nécessaire et irremplaçable.

Selon saint Nicolas Cabasilas, théologien du grand 14e siècle, si la Panaghia n'avait pas, dans son obéissance, offert sa liberté à Dieu - si elle n'avait pas dit "oui" à Dieu - Dieu n'aurait pas été en mesure de s'incarner. Parce que Dieu, qui avait donné la liberté à l'homme, n'aurait pas été en mesure de la violer. Il n'aurait pas été en mesure de s'incarner, s'il n'y avait pas eu une psyché d'une telle pureté, toute sainte, immaculée comme celle de la Théotokos, qui lui avait complètement offert sa liberté, sa volonté, d'elle-même à Dieu, afin de l'attirer vers elle-même et vers nous.

Nous devons beaucoup à la Panaghia. C'est pourquoi notre Eglise honore et vénère la Mère de Dieu. C'est pourquoi saint Grégoire Palamas, résumant la théologie patristique, affirme que notre Panaghia détient la deuxième place après la Sainte Trinité, qu'elle est dieu, après Dieu, la frontière entre le créé et l'incréé. "Elle conduit ceux qui sont sauvés", selon une autre belle expression d'un théologien de notre Église. Et saint Nicodème de la Sainte Montagne, le luminaire inébranlable et le docteur de l'Église, a souligné que les rangs angéliques sont illuminés par la lumière qu'ils reçoivent de la Panaghia.

C'est pourquoi elle est loué par notre Eglise comme "plus vénérable que les chérubim et incomparablement plus glorieuse que les Séraphim.

L'incarnation du Logos et de la Théosis de l'homme sont le grand mystère de notre foi et de notre théologie.

Notre Eglise orthodoxe vit ça tous les jours avec ses Mystères [sacrements], ses hymnes, ses icônes,  sa vie toute entière. Même l'architecture d'une église orthodoxe témoigne de cela. Le grand dôme de l'église, sur lequel est peint le Pantocrator, symbolise la descente du Ciel sur la terre, il nous dit que le Seigneur pencha les cieux et descendit. Le Saint-évangéliste Jean écrit que Dieu est devenu homme "et a habité parmi nous"(Jn 1:14).

Et parce qu'Il est devenu l'homme à travers la Theotokos, la Mère de Dieu, nous la dépeignons dans l'abside de l'autel, pour indiquer que, grâce à elle, Dieu vient sur terre et vers les hommes. Elle est "le pont par lequel Dieu est descendu", et encore, "elle qui mène ceux de la terre au ciel", l'abside des cieux, l'espace de l'iaccessible, qui contenait le Dieu inaccessible en elle-même, pour notre salut.

DE plus, notre Eglise dépeint des hommes divinisés: ceux qui sont devenus des dieux par la grâce, car Dieu s'est fait homme. C'est pourquoi dans nos églises orthodoxes, nous pouvons représenter non seulement le Dieu incarné, le Christ et sa Mère Immaculée, Notre Dame la génitrice de Dieu, mais aussi les saints autour et en dessous du Pantocrator. Sur tous les murs de l'Eglise nous peignons les résultats de l'incarnation de Dieu: les hommes saints et déifiés.

Par conséquent, en entrant dans une église orthodoxe et en voyant les belles icônes de saints, nous avons comprenons immédiatement et en faisons l'expérience: nous comprenons l'œuvre de Dieu pour l'homme et le but de notre vie.

Tout dans l'Eglise parle de l'incarnation de Dieu et de la déification de l'homme.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après



L'Ermitage du cœur (186)


Ne cherche pas à prouver
Au monde qui t'entoure
La logique de ta foi
Aime et vis ardemment

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Jean-Claude LARCHET: Recension: Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, «Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe», tome 2 (nouvelle édition).

Synaxaire 2
Hiéromoine Macaire de Simonos-Pétra, «Le Synaxaire. Vie des saints de l’Église orthodoxe», 2e édition, revue et augmentée, Tome 2, Novembre-Décembre, éditions Indiktos, Athènes, 2010, 661 p.
Vient de paraître le tome 2 de l’édition revue et augmentée du Synaxaire, réalisée par le Père Macaire, moine d’origine française établi depuis plusieurs décennies au monastère de Simonos-Pétra au Mont-Athos.
Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une simple réimpression de la première édition (qui a connu un grand succès et est depuis longtemps épuisée), mais d’une édition refondue où les notices ont été révisées, corrigées et complétées, et où de nouvelles notices sont venues s’ajouter, concernant notamment un grand nombre de saints occidentaux et de nombreux saints récemment canonisés appartenant aux diverses Églises orthodoxes locales.
Cette nouvelle édition est un peu plus coûteuse que la précédente, mais les volumes, reliés, sont fort bien présentés et comportent de nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleur, tirées notamment du superbe Ménologe de Basile II.



Sur orthodoxie.com

dimanche 26 juin 2011

Archimandrite Georges, Higoumène du Monastère de Grigorios au Mont Athos: (2)L'incarnation de Dieu, cause de la déification de l'homme



Les Pères de l'Église disent que Dieu s'est fait homme afin que l'homme soit fait dieu. L'homme ne serait pas en mesure d'atteindre la déification si Dieu ne s'était pas s'incarné.

Dans les années précédant le Christ, beaucoup de gens sages et vertueux étaient apparus. Ainsi, les anciens Grecs avaient atteint des normes assez élevées de philosophie sur le bien et à propos de Dieu. Leur philosophie, en fait, contenait des graines de la vérité, le soi-disant "logos spermaticos". C'étaient des gens très religieux, après tout, ils n'étaient pas du tout athées, comme certains de nos contemporains qui ne connaissent pas bien les faits, tentent de les présenter. Mais bien sûr, ils ne connaissaient pas le vrai Dieu, ils étaient idolâtres, et pourtant c'étaient des gens très pieux et craignant Dieu. Pour cette raison, en essayant d'enlever sa foi en Dieu de la psyché de notre peuple pieux, même sans son consentement, les éducateurs, les enseignants, les politiciens et les gouvernants agissent de façon incohérente envers la mémoire de la nation grecque, et ainsi ils commettent le crime d''hubris (grec ὕϐρις, la démesure, l'arrogance funeste) dans le sens ancien du terme. En substance, ils tentent sa déshellénisation, parce que la tradition des Grecs, tout au long de notre histoire ancienne, récente et moderne, est une tradition de piété et de respect pour Dieu, à laquelle toutes la contribution culturelle de l'hellénisme au monde a été et est basée.

Dans la philosophie des anciens Grecs nous discernons un désir certain pour le Dieu inconnu, un désir de l'expérience de Dieu. Ils furent fidèles et pieux, mais ils n'eurent pas les connaissances correctes et complètes de Dieu; la communion avec Dieu était absente. La déification n'était pas possible pour eux. 
Dans l'Ancien Testament, on trouve aussi des gens justes et vertueux. Mais l'union totale avec Dieu, Theosis, devient possible, est atteinte, avec l'incarnation du Logos divin. 
C'est le but de l'incarnation de Dieu. Si le but de la vie de l'homme était tout simplement de devenir moralement meilleur, il ne serait pas nécessaire pour le Christ de venir dans le monde, pour tous ces événements de la divine Providence d'avoir lieu; n'auraient pas été nécessaires l'incarnation de Dieu, la Croix, la mort et la résurrection du Seigneur; tout ce que nous chrétiens croient (gr. pistis) n'aurait pas eu besoin de passer par le Christ. La race humaine aurait pu tout aussi bien apprendre à devenir moralement meilleure par les prophètes, les philosophes, les hommes justes et les enseignants,. 
Nous savons qu'Adam et Eve ont été séduits par le Diable et voulaient devenir des dieux, mais pas dans la collaboration avec Dieu, et non par l'humilité, l'obéissance, ou l'amour, mais en s'appuyant sur leur propre pouvoir, leur propre volonté, égoïstement et de manière autonome. C'est-à-dire que l'essence de la chute est l'égoïsme. Ainsi, en adoptant l'égoïsme et l'autonomie, ils se sont séparés de Dieu, et au lieu d'atteindre la déification, ils ont atteint exactement le contraire: la mort spirituelle. 
Comme les Pères de l'Église le disent, Dieu est la vie. Donc, quiconque est séparé de Dieu est séparé de la vie. Par conséquent, la mort et la mortification spirituelle sont le résultat de la désobéissance de la première création. 
Nous connaissons tous les conséquences de la chute. La séparation d'avec Dieu jeta l'homme dans une vie charnelle, bestiale et démoniaque. La brillante création de Dieu est tombée gravement malade, presque mortellement. Ce qui avait été fait "à son image" a été terni. Depuis la chute, l'homme n'a plus les conditions pour procéder à la déification, comme il les avait, avant son péché. Dans cette situation de maladie grave, de presque mort, il ne peut plus se réorienter vers Dieu. Il y a donc un besoin d'une nouvelle racine pour l'humanité; le besoin d'un homme nouveau, qui sera en bonne santé et capable de rediriger la liberté de l'homme vers Dieu. 
Cette nouvelle racine, l'homme nouveau, c'est l'homme-Dieu, Jésus-Christ, le Fils et Verbe de Dieu, Qui s'incarne pour devenir la nouvelle racine, le nouveau départ, le nouveau levain de l'humanité. 
Comme le Théologien saint Grégoire de Nazianze, le dit dans ses écrits théologiques, avec l'incarnation du Logos une seconde communion entre Dieu et l'humanité est réalisée. Une telle première communion existait au paradis. Ceci, cependant, a été brisé. L'homme a été séparé de Dieu. Le Dieu Très-Bon alors fournit alors une autre communion, une seconde communion, qui ne peut plus être coupée, c'est une union de Dieu et des hommes. Parce que cette seconde communion de Dieu et des hommes passe par la personne du Christ. 
Le Christ Dieu-homme, le Fils et Verbe de Dieu le Père, a deux natures parfaites: divine et humaine. Ces deux natures parfaites sont jointes, sans changement, sans confusion, sans séparation, sans division dans la personne du Christ, selon la célèbre définition duIVe Saint Concile oecuménique de Chalcédoine, qui, en résumé, constitue l'armure théologique de notre Église orthodoxe, donnée sous la direction de l'Esprit Saint, contre les hérésies christologiques de toutes sortes à travers tous les siècles. Ainsi, nous avons un Christ avec deux natures, divine et humaine. 
Maintenant, au moyen de l'union des deux natures en la personne du Christ, la nature humaine est irrévocablement unie à la nature divine. Parce que le Christ est l'éternel homme-Dieu. Comme Dieu-homme, Il est monté aux cieux. Comme Dieu-homme, il siège à la droite du Père. Comme homme-Dieu, il viendra juger le monde à la Seconde Venue. C'est pourquoi, la nature humaine est désormais intronisée dans le giron de la Sainte Trinité. On ne peut plus séparer la nature humaine de Dieu. Donc, maintenant, après l'incarnation du Seigneur , peu importe combien nous, en tant qu'hommes nous péchons, peu importe combien nous nous détachons de Dieu - si, par la repentance, nous souhaitons nous réunir à nouveau avec Dieu, nous pouvons réussir à le faire. Nous pouvons nous unir à Lui et ainsi devenir des dieux par la grâce.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

http://www.greekorthodoxchurch.org/theosis_reason.html
Icône en céramique de la Sainte Trinité
Dominique Aymonier-Lopez
Chapelle Orthodoxe Russe
Rock Creek Cemetery
Washington D.C.
USA

L'Ermitage du cœur (185)


Tout est grâce
Dans la prière 
Où le cœur et l'âme
Unissent Ciel et terre

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Feuillets Liturgiques de la Cathédrale Russe de Genève (version bilingue)

geneve.jpg
Dimanche de tous les saints de la Terre Russe:

На секирной горе зимой

На секирной горе зимой. Фото: Сергей Веретенников
Фото: Сергей Веретенников
in 

samedi 25 juin 2011

Archimandrite Georges, Higoumène du Monastère de Grigorios au Mont Athos:Theosis/la déification comme but de vie de l'homme





La question du destin de notre vie est très grave, car elle concerne la question la plus importante pour l'homme: le but pour lequel nous sommes placés sur la terre. Si l'homme adopte une attitude correcte sur ce sujet, s'il trouve son destin réel, il peut alors prendre aussi une position correcte au sujet des questions particulières, et sur celles qui surviennent dans sa vie quotidienne, telles que ses relations avec d'autres personnes, ses études, sa profession, son mariage et l'enfantement et l'éducation des enfants. Toutefois, s'il ne prend pas la position correcte sur cette question de base, alors il échoue également dans ses objectifs particuliers. Car, quel sens peuvent avoir des buts particuliers, si la vie humaine dans son ensemble n'a pas de sens?

Le but de notre vie est déclaré déjà par le premier chapitre de la Sainte Bible, lorsque l'auteur saint nous dit que Dieu a créé l'homme "à Son image et à Sa ressemblance". Nous avons donc déterminé le grand Amour que le Dieu trinitaire a pour l'homme: Il ne lui souhaite pas simplement d'être un être avec certains dons, certaines qualités, une certaine supériorité sur le reste de la création, mais Il lui souhaite d'être un Dieu par la Grâce .

Extérieurement, l'homme semble être seulement un être biologique, comme les autres êtres vivants, les animaux. Bien sûr, il est un animal, mais "un animal... qui peut être déifié par son inclination vers Dieu ", comme saint Grégoire le Théologien le dit d'une manière caractéristique (Homélie sur la Théophanie MPG 36, 324, 13). Il est le seul être qui se démarque de toute la création, le seul qui puisse devenir un dieu.

"À son image" se réfère à des dons que Dieu a donné à l'homme seul, seul parmi toutes Ses créatures, de sorte qu'il constitue une image de Dieu. Ces dons sont: un esprit rationnel (en grec nous), la conscience et l'auto-autorité, en d'autres termes la liberté, la créativité, l'eros et l'aspiration à l'absolu et à Dieu, la prise de conscience personnelle, et toute autre chose qui met l'homme au-dessus de tous les autres êtres vivants de la création, et fait de lui un homme et une personnalité. En d'autres termes, tout ce qui fait de l'homme une personne. Ce sont les dons relatifs "à Son image".

Ayant été formé "à Son image", l'homme est appelé à acquérir le "à Sa ressemblance", en d'autres termes, la déification (grec théosis). Le Créateur, Dieu par nature, appelle l'homme à devenir un dieu par la Grâce.

Les dons relatifs "à Son image" ont été donnés à l'homme par Dieu afin que qu'il puisse monter très haut, de sorte que grâce à eux, il puisse atteindre une ressemblance avec son Dieu et Créateur, de sorte qu'il puisse avoir non pas une relation extérieure morale, mais une union personnelle avec son Créateur.

Peut-être est-il très audacieux pour nous, même de dire ou de penser que notre but dans la vie est de devenir des dieux par la Grâce. Toutefois, ni la Sainte Bible, ni Pères de l'Église ne nous ont caché cela.

Malheureusement, il existe une ignorance des gens en dehors de l'Église, mais aussi chez de nombreuses personnes au sein de l'Eglise, car ils supposent que le but de notre vie est, au mieux, une amélioration simplement morale, c'est-à-dire devenir des hommes meilleurs, alors que ce n'est pas ce qui nous est donné par l'Evangile, par la Tradition de l'Église, et par les saints Pères: l'homme doit s'améliorer, devenir plus moral, plus juste, se contrôler plus, être plus attentif. Tout ces choses doivent être faites, mais elles ne sont pas le grand dessein, le but final pour lequel notre Créateur a formé l'homme. Quel est ce but? La déification (en grec théosis) que l'homme soit uni à Dieu, non pas d'une manière externe ou d'une manière sentimentale, mais ontologiquement, vraiment.

C'est à cette hauteur que l'anthropologie orthodoxe place l'humanité. Si nous comparons les anthropologies de toutes les philosophies, les systèmes sociaux et psychologiques avec l'anthropologie orthodoxe, nous allons déterminer très facilement combien les autres sont pauvres, comment elles ne parviennent pas à répondre à ce grand désir de l'homme pour quelque chose de très grand et de vrai dans sa vie.

Puisque l'homme est "appelé à être un dieu", à savoir qu'il a été créé pour devenir un dieu, tant qu'il ne se trouve pas sur le chemin de la déification (théosis) il sent un vide en lui-même; il sent que quelque chose ne fonctionne pas correctement, il se sent pas de joie, même quand il essaie de couvrir ce vide avec d'autres activités. Il peut s'engourdir, créer un monde de fantaisie, mais il sera dans le même temps pauvre, petit et limité, et il se mettra en cage et s'emprisonnera à l'intérieur de celui-ci. Il peut organiser sa vie de telle façon qu'il ne soit jamais tranquille, jamais seul avec lui-même. Il peut essayer, par les bruits, la tension, la télévision, la radio, l'information continue sur toutes sortes de sujets, comme avec de la drogue, d'oublier, de ne pas penser, de ne pas s'inquiéter, de ne pas se souvenir qu'il n'est pas sur la bonne voie, qu'il s'est égaré loin de son but.

En fin de compte, cependant, le malheureux homme contemporain ne trouve pas de repos jusqu'à ce qu'il constate qu'il y a "autre chose", la plus grande chose qui existe réellement dans sa vie, le beau véritable et créatif.

L'homme peut s'unir à Dieu? Peut-il communier avec Lui? Peut-il devenir un dieu par la Grâce?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (184)


Tu n'attends rien de ce monde
Et lorsque tu le quitteras
Il n'aura été pour toi
Qu'un chemin vers le Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Кедровая роща Толгского монастыря, основанная Иоанном Грозным

vendredi 24 juin 2011

Saint Riagail de Bangor (+11/24juin)



(De certains saints de notre héritage orthodoxe occidental, il ne nous reste aucun détail de leur vie. Parfois, ces saints oubliés se manifestent spontanément aux fidèles, et leur vénération longtemps oubliée, brille à nouveau comme un cierge neuf devant l'icône du Christ dans l'Eglise Universelle. 
Saint Ephrem le Nouvel Apparu n'était pas connu. Saint Phanourios oublié dans les siècles passés, revint en mémoire des pieux orthodoxes lorsque l'on retrouva son icône. 
De notre père parmi les saints Riagail, il ne reste que le nom et le fait qu'il fut higoumène à une époque où l'Eglise Orthodoxe souffrit des invasions venues des froideurs du Nord. Par ses prières, que Dieu accorde la renaissance de Son Eglise dans les terres qui virent jadis le Triomphe de l'Orthodoxie. NdT)

Saint Riagail de Bangor est aussi appelé Reghuil, Ragallach ou Regail.
+
Le 11 Juin voit la commémoration d'un higoumène du IXe siècle du célèbre monastère de Bangor, dans le Comté de Down. Bien que peu de choses semblent être connues des détails de la vie de Saint Riagail, les annales enregistrent son natalice en 881, en un  temps où Bangor avait du mal à se remettre des effets des invasions vikings. Les Annales d'Ulster en l'an 821 ont une mention plutôt laconique: "Les païens ont envahi Bennchor le Grand" et cela s'est avéré être la première d'une série d'agressions contre les fondations de Saint Comgall. 
En effet, lorsque les envahisseurs revinrent l'année suivante, les Annales des Quatre Maîtres dépeignent le sacrilège commis sur les reliques de Saint Comgall comme l'accomplissement d'une prophétie du saint que lui-même avait faite:

"Pillage des Beannchair par les étrangers; l'oratoire a été brisé, et les reliques de Comhghall ont été retirées du sanctuaire dans lequel elles étaient, comme l'avait prédit Comhghall, quand il a dit:

Ce sera vrai, vrai, par la volonté du Suprême Roi des rois,
Mes os seront apportés, sans défaut, du bien-aimé Beannchair à Eantrobh."

Saint Riagail, comme successeur de saint Comgall, fut ainsi confronté à l'exercice de son higouménat dans des conditions très différentes de celles de l'âge d'or du monastère. Le chanoine O'Hanlon donne ce bref résumé de cette évidence des Annales et des martyrologes:

Saint- Reghuil, higoumène de Bangor, dans le comté de Down.
[Neuvième siècle.]

Au 11 Juin, le Martyrologe de Tallagh rapporte un festival en l'honneur de Riagail, Bennchair. Il a prospéré au neuvième siècle, et en un temps où Bangor fut pillé par les Normands. Ce monastère semble avoir récupéré un peu, pendant la période de son higouménat. Dans les Annales des Quatre Maîtres, la mort de ce saint, appelé Ragallach, higoumène de Beannchair, est mentionnée en l'an 881. Le martyrologe de Donegal, mentionne d'ailleurs à ce jour, Reghuil de Bennchor [i.e.Bangor]. 

Saint Père Riagail prie Dieu pour nous!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Icône de saint Comgall, saint Gall et saint Colomban
+

L'Ermitage du cœur (183)


Tu n'es jamais seul
Car un membre du Corps
Npeut être isolé de l'Amour
Qui le fait vivre en Christ

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Матушка Варвара и Пюхтицкий монастырь

За водой на источник. Фотографии из книги «Пюхтица – Святая гора». Стр 199
Фотографии из книги «Пюхтица – Святая гора». Стр 199

jeudi 23 juin 2011

Bienheureux ceux qui ont faim...




Avec une épée flamboyante dirigée de tous côtés, les chérubins gardaient l'Arbre de Vie. Ayant mangé pour leur propre intérêt, nos premiers parents se sont égarés. Ils ont cru au mensonge du serpent, ils ont pensé qu'ils deviendraient semblables à Dieu en se rassasiant, en s'appuyant sur leurs propres forces. Moment dans le temps où tout d'un coup, manger n'était plus Communion, mais rassasiement de soi.

C'est dans la prière de la sixième heure que le péché est nommé, celui qui a causé la chute de nos premiers parents. Présomption. Cette pensée maligne qui chuchote le mensonge, me dit que d'une certaine manière, en m'appuyant sur mes propres forces, je peux devenir Lui sans Lui.

Et pourtant c'est dans le fait de manger. C'est dans le poids d'un ventre plein que nous nous trouvons dans la présomption. Malheur à vous qui êtes rassasiés!

Le plus sûr moyen d'oublier Dieu est, pour vous, d'être rassasiés.




Ô Toi qui le sixième jour et à la sixième heure clouas à la Croix le péché qu'Adam, par présomption, commit dans le Paradis, déchire aussi la cédule de nos iniquités, ô Christ Dieu, et sauve-nous.
Extrait de la sixième heure


Seuls ceux qui désirent Dieu seulement ont faim du fruit de l'Arbre de Vie. L'épée flamboyante ne garde plus l'Arbre. Heureux ceux qui ont faim et soif. Ils seront rassasiés de bonnes choses.

Et ainsi, nous jeûnons.


Ayant reçu l'Esprit à genoux à la Pentecôte, il est temps de se vider. Nous partîmes avec la bénédiction de l'Eglise et ensemble, nous œuvrons. Jours des occasions, chance de nous débarrasser de toutes ces choses qui conduisent à la présomption. Jours à avoir mal et faim de la grâce, de faire l'expérience de la faiblesse qui conduit à la véritable force.




Aujourd'hui, en ce lundi après la Fête de tous les Saints, nous commençons les jours du Jeûne des Apôtres. Et comme les apôtres, ayant reçu l'Esprit à la Pentecôte, nous nous préparons par la prière et le jeûne.

Nous nous préparons à sortir comme une lumière dans l'obscurité, à vivre une vie qui fait resplendir la lumière de la résurrection dans le monde. La grande œuvre spirituelle de déterrer le cœur, de  le réorienter encore et encore. Le combat béni qui écarte l'obscurité qui y réside, les ombres qui font obstacle à Sa Lumière.

Les Chérubins ne gardent plus l'Arbre, ils nous conduisent dans la Grande Entrée à son Fruit. Le moment où soudain, manger n'est plus remplissage de soi-même, mais Communion.

Dans nos efforts, puissions-nous être bénis. La grâce de Dieu.




Traduction française Claude Lopez-Ginisty
d'après

dans


le blog de 
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Katherine

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