"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

lundi 28 février 2011

Saint Nil de la Sora: La prière contre les mauvaises pensées



Quand on a une mauvaise pensée, on doit faire appel à l'aide de Dieu, car, comme Saint Isaac le Syrien le dit, nous ne possédons pas toujours en nous-mêmes la force de nous opposer à de mauvaises pensées, et il n'est aucune aide dans ce cas, si ce n'est celle de Dieu. 
Par conséquent, guidé par les instructions de [saint] Nil du Sinaï, nous devons prier ainsi sans relâche, avec soupirs et larmes, le Seigneur Jésus Christ: "Aie pitié de moi, Seigneur, et ne me permets pas de périr.  Mets en déroute, ô Seigneur! le démon qui m'attaque. Ô mon espérance sûre, marque ton signe au-dessus de ma tête au jour de mon combat avec le Démon! Vaincs l'ennemi qui se bat avec moi. Ô Seigneur, ô Verbe de Dieu, avec Ta paix et Ta tranquillité apprivoise les pensées qui m'assaillent! " 
Ou, selon les instructions du bienheureux Théodore le Studite, sur le fait d'avoir des pensées impures, prie en utilisant des paroles du prophète David,  " Juge-les, Seigneur, qui sont injustes avec moi et combats ceux qui me combattent." et récite ensuite le psaume 34 en entier, et, comme l'a écrit l'hymnographe, "Rassemble et recueille mon esprit dispersé, ô Seigneur, purifie mon cœur sauvage. Comme Tu l'as dit à Pierre, accorde-moi le repentir, en soupirant comme au publicain, comme à la femme dépravée, les larmes, pour que je puisse pleurer vers Toi! Aide-moi et débarrasse-moi des pensées mauvaises.  Car, comme les vagues de l'océan, mes transgressions s'élèvent contre moi, et comme un navire dans l'océan profond, je suis surchargé de mes pensées et de mes intentions, mais guide-moi dans un port tranquille et sûr. 
Ô Seigneur, sauve-moi aussi par ma repentance, pour que je pleure abondemment sur la faiblesse de mon esprit, car ce n'est pas de ma propre volonté que je subis ces changements involontaires - hésitations, agressions, défaites… C'est pourquoi je crie vers Toi: ô Sainte Trinité, sans commencement, aide-moi, et me confirme à rester ferme dans les pensées et intentions, les sens et les sentiments de bien!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

L'Ermitage du cœur (70)


Laisse toujours ton cœur
Guider lentement et sûrement
Ton intellect et ton âme
Vers le Royaume ineffable

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Recension: « L’église des Trois Saints Hiérarques à Paris (1931-2011): Une histoire en photos »

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Jean-Claude Larchet sur Orthodoxie.com
« L’église des Trois Saints Hiérarques à Paris (1931-2011): Une histoire en photos », publication du Centre de l’Orthodoxie russe en France, 2011, 24 p.

Le « Centre de l’Orthodoxie russe en France », rattaché au diocèse de Chersonèse (Patriarcat de Moscou), a publié, à l’occasion du 80e anniversaire de la paroisse des Trois Saints Hiérarques (5 rue Pétel, Paris, 15e), où fut fondée la première église du diocèse et où reste jusqu’à ce jour son église-cathédrale, une brochure fort bien présentée et très richement illustrée. On y retouve, à plusieurs époques de leur vie, les grandes figures qui ont contribué à la fondation et à la vie de cette église, et qui, par la suite, ont illustré le diocèse, mais aussi, au-delà de lui, l’Orthodoxie en France et dans le monde grâce à leur rayonnement dans les domaines de la théologie (Vladimir Lossky), de la spiritualité (l’Archimandrite Athanase [Netchaev], le starets Sophrony [Sakharov], le starets Serge [Chévitch], la moniale Théodosie [Orlova], le métropolite Antoine [Bloom]), de l’iconographie et de l’inconologie (le moine Grégoire [Kroug], Léonide Ouspensky), de l’édition de textes patristiques et de l’histoire de l’Église (l’archevêque Basile[Krivochéine]), de la musique liturgique (Maxime Kovalevsky), et du droit canonique (l’évêque Pierre [L’Huillier]). 
Lire la suite ICI

dimanche 27 février 2011

Katherine-Mary Johnson: Brûle seulement!



Marchant dans l'obscurité, une maison ensevelie dans le calme du sommeil, et je romps le silence par le frottement d'une allumette qui fait jaillir une étincelle, l'obscurité est vaincue par la lueur d'une seule flamme.

Que la lumière soit.

Toute création commence par faire sortir la lumière de l'obscurité, et il n'est rien de plus créatif que la prière.

L'allumette crépite tandis je la tiens à proximité d'une mèche éteinte, la flamme danse et la ramène à la vie. Le mur d'icônes derrière, brille maintenant d'un doux reflet à la lumière de ce cierge. Un cierge qui veille comme une icône du cœur.

Et quoi d'autre est la prière, mais un cœur brûlant sans cesse, Sa Lumière illuminant les profondeurs?

Noeuds de laine, tout effilochés et usés, qui passent par le pincement de deux doigts, s'accrochent sur la peau usée par les longues journées de lessive et d'entretien. La répétition des mots familiers lisse un cœur endurci.

Et c'est quand mon esprit se met à errer, que mes yeux s'ouvrent et que la flamme qui brûle encore se tient droite comme mon juge.

(Le geste d'allumer un cierge est un geste puissant et spirituel. La lumière est la vie, et à chaque fois que nous apportons la lumière dans les ténèbres, nous nous rappelons de Dieu. Le cierge, bien sûr, brûle seulement. Il ne commence pas à faire autre chose ou à se demander s'il doit être ailleurs. C'est ainsi que nous devrions être.
Archimandrite Meletios Webber 
Bread & Water, Wine & Oil: An Orthodox Christian Experience of God
Pain et eau, vin et huile: Une expérience chrétienne orthodoxe de Dieu)

Je vagabonde en esprit, mais ce cierge brûle seulement, monte la garde, ne se demande pas s'il servirait une plus grande cause en faisant autre chose, en étant ailleurs. Il ne se demande pas comment il est devenu froid en début de journée, ou comment il ira bientôt vers sa fin. Il se tient seulement droit et il brûle. Flamme sans faille qui toujours éclaire l'image de Dieu devant lui.

Toujours présent et dans la Présence. Répandant la lumière sur l'instant insaisissable Maintenant.



Est-ce vraiment si étrange que Dieu soit présent dans le moment présent? Alors, pourquoi ai-je été surprise d'apprendre que le mot grec intraduisible pour Sa  Seconde Venue, Parousia, est tiré d'un verbe qui signifie être présent?

C'est la seule occasion que nous avons de le rencontrer, le moment de Sa venue. Partout présent et remplissant toutes choses. C'est seulement ce moment même qui ouvre la porte du cœur. Celle à laquelle Il frappe.

Etre présent. Seulement brûler en étant présent. Lorsque chaque moment est maintenant, partout est ici.

Maintenant le seul moment à considérer.

Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut.
II Corinthiens 6:2

Version française Claude Lopez-Ginisty 
d'après

L'Ermitage du cœur (69)



Dans la prière incessante
Regarde le monde
Avec l'impassibilité
Du soleil sur le paysage

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

samedi 26 février 2011

Saint Syméon le Nouveau Théologien: La Beauté de l'Amour de Dieu



Mes chers Pères et Frères, dès que je me suis souvenu de la beauté de l'Amour de Dieu, sa Lumière est soudain apparue dans mon cœur. J'ai été submergé par ses délices. 
Ô Seigneur, comme est heureux celui qui T'a étreint, car il n'aura plus aucun désir d'étreindre une beauté terrestre.
Heureux celui qui, mû par ton Amour, s'attache à Toi. Il reniera le monde entier.
Heureux celui qui caresse Ta beauté, et avec un désir infini s'en délecte, car il sera spirituellement rassasié.
Heureux celui qui T'étreint, car il sera miraculeusement changé. Il se réjouira en esprit et dans l'âme, car Tu es joie ineffable.
Heureux celui qui obtient possession de Toi, car il comptera les trésors du monde comme néant, car Tu es en vérité, la richesse véritable et inépuisable.
Heureux, trois fois heureux est celui que Tu acceptes, car, bien qu'il soit sans gloire visible, il sera plus glorieux que tout ce qui est glorieux.
Bienheureux est celui qui est aimé de Toi, reçu par Toi, enseigné par Toi, celui qui demeure en Toi et qui est nourri par Toi en Christ, l'immortelle nourriture, le Christ notre Dieu.


Version française Claude Lopez-ginisty
d'après
Father Stephen Belonick
A Journey Through Great Lent
Light & Life Publishing
USA 1998

L'Ermitage du cœur (68)


Laisse les illusions du monde
Tangibles mais trompeuses 
Pour les réalités ineffables
Promises dans le Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Le Fossé de la Mère de Dieu à Diviyévo (3)

vendredi 25 février 2011

La catholicisme et la montée de l'athéisme



[Petite note de clarification à propos de F. Dostoïevski: Les Origines de l'Athéisme Moderne]


Certains peuvent penser que la "faute originelle" du catholicisme n'existe guère plus qui conduisit à la montée de l'athéisme, comme l'a noté Dostoïevski et d'autres théologiens orthodoxes. Nous devons garder à l'esprit cependant pourquoi il en est ainsi. 
Fondamentalement, c'est à cause de la montée de l'humanisme et du sécularisme en Occident, et bien sûr on ne peut pas écarter la Réforme. C'est en raison de l'absence d'une repentance de la papauté dans les doctrines catholiques,  que de telles divisions ont pu se faire jour, en premier lieu. Aujourd'hui le catholicisme a une nouvelle façade, tels que nier qu'il existe des différences essentielles entre l'orthodoxie et le catholicisme, mais essentiellement le catholicisme est toujours le même avec cette intention de faire que les orthodoxes s'inclinent devant le pape comme suprême Pontife de l'Église. Et le pape actuel est très clair à propos de cette intention, ce qui explique pourquoi aujourd'hui le dialogue orthodoxe-catholique met l'accent sur les questions morales et non doctrinales (*). Aujourd'hui, le catholicisme, aussi important qu'il soit, se trouve dans une position très vulnérable en Europe occidentale en particulier parce que ses faiblesses lentement mais sûrement sont exposées, même si elles ont une force en étant toujours à la base de l'ordre moral de l'Occident (avec l'ensemble de la chrétienté), qui répond au moins à ce besoin fondamental de l'homme, même dans un environnement séculier.

A la racine du problème historique de la papauté est l'influence franque qu'elle reçut en mettant en œuvre la méthode scolastique de faire de la théologie, qui  plaça la raison comme outil ultime d'acquisition de connaissances, par opposition à la méthode orthodoxe qui existait en Occident aussi au cours de la premier millénaire, qui est essentiellement la méthode empirique de connaissance théologique. La méthode empirique se concentre sur son expérience de Dieu à travers la vision de Son énergie ou de Ses pouvoirs incréés. L'Occident, en plaçant la raison comme source suprême de la connaissance et de la révélation et reléguant ce qui fut révélé seulement dans l'Écriture, permit à l'athéisme de prospérer, puisque l'expérience directe et personnelle de Dieu fut écartée (sauf à travers une émotion sentimentale ou une illusion mystique). Selon la logique on peut disputer pour la foi et contre la foi, et inversement, et cela sans cesse. Des arguments peuvent être avancés. qui sont valables pour l'existence de Dieu et contre l'existence de Dieu. Les orthodoxes mettent cependant toujours l'accent sur ce qui a toujours enseigné dans l'Écriture et les Pères de l'Église, à savoir que l'on ne peut pas savoir si Dieu existe avec une certitude absolue à moins qu'il n'y ait une connaissance directe et une expérience directe de Dieu. Jésus a dit: "Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu." La purification du cœur est au cœur de la spiritualité orthodoxe, et la seule façon de vraiment "voir Dieu" et d'acquérir l'Esprit Saint et la foi basée sur des preuves concrètes advient par la purification du cœur de ses passions et de ses péchés.

Il s'agit fondamentalement de la différence essentielle entre l'Orthodoxie et le Catholicisme, ce qui conduit à de nombreuses autres différences.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
MYSTAGOGY

(*)Le pape Benoît XVI a réaffirmé la primauté universelle de l'église catholique romaine, approuvant un document publié mardi, selon lequel les Eglises Orthodoxes étaient "défectueuses" et que les autres églises chrétiennes n'étaient pas de véritables églises. […] Le document dit que les églises orthodoxes étaient vraiment des "églises", parce qu'elles ont la succession apostolique et qu'elles possèdent "de nombreux éléments de sanctification et de vérité." mais il est dit q'il leur manquait quelque chose, parce qu'elle ne reconnaissaient pas la primauté du pape. défaut ou "blessure" qui leur nuisent. 
(Déclaration du 7 octobre 2007 voir le document complet in http://www.msnbc.msn.com/id/19692094/ns/world_news-europe/)

L'Ermitage du cœur (67)


L'Ennemi a souvent
Le visage hideux 
Que me renvoie le miroir 
De ma suffisance

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Le Fossé de la Mère de Dieu à Diviyévo (2)

jeudi 24 février 2011

Prêtre Michael: Les dix commandements des époux orthodoxes


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1. Avec ton époux, ne prétends pas être celle qui enseigne. La meilleure façon de le changer est de l'aimer comme toi-même et de le respecter.

2. Le mariage est une aventure constante mais belle, qui nous aide à découvrir notre moi véritable, le monde de l'âme de notre partenaire, et de connaître Dieu dans notre "église domestique."

3. Nous acceptons notre époux comme il est, avec ses faiblesses et ses idiosyncrasies, et non comme nous voudrions qu'il fût. La famille est un stade, un exercice des âmes et la cour du Paradis.

4. Essayez de comprendre votre partenaire. N'oubliez pas que l'époux pense avec une sèche logique, tandis que l'épouse le fait avec l'émotion et le cœur.

5. N'essayez pas d'imposer votre opinion et de corriger votre partenaire. Essayez plutôt de vous corriger vous-même. L'amour vit de l'harmonie des oppositions et avec le pardon. Ne vous mettez pas en colère.

6. Avec foi, patience et amour, on fait face à toutes les difficultés de la vie avec succès.

7. Le plus grand ennemi de la vie conjugale est l'égotisme. Le fait d'attaquer votre partenaire ne vous sauve pas, mais nous attaquer à notre propre ego, nous sauvera.

8. Le meilleur exemple pour nos enfants est celui où le père aime la mère, et la mère aime le père, et que les enfants les voient prier et aller à l'église.

9. Le secret de la paix familiale est dans le fait d'être capable de pardonner et de respecter.

10. Le mariage est un "grand Mystère", qui commence à l'Eglise et qui est renouvelé dans la confession, dans la Divine Liturgie et les autres mystères de l'Eglise Orthodoxe et dans notre Foi Vivante.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Priest Michael
Practical Guide of Orthodoxy and Orthopraxy
Orthodox Kipseli Publications
Thessalonique 1998

Icône:

L'Ermitage du cœur (66)

Laisse le rôle de juge
A ceux qui n'aiment pas
Et garde la bienveillance
Au cœur et aux lèvres

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

Le Père PetroniouTanase de la sainte Montagne de l'Athos est né au Ciel le 22 février 2011. Mémoire Eternelle!

Le Fossé de la Mère de Dieu à Diviyévo (1)

mercredi 23 février 2011

Père Paul Sawabe, premier prêtre orthodoxe japonais


Paul (Pavel) Sawabe a été le premier étudiant japonais et catéchumène de Saint Nicolas du Japon après son arrivée à Hakodate, au Japon en 1861. Paul a été le premier Japonais à embrasser le christianisme orthodoxe et il fut un ardent disciple du futur Saint Nicolas et il fut un missionnaire actif. Grâce à ses efforts, la mission japonaise a attiré de nombreux nouveaux chrétiens et un jour, il est devenu le premier Japonais à être ordonné à la prêtrise...
*
Takuma Sawabe est né en 1833 dans la préfecture de Kochi. Son nom original était Yamamoto Kazuma. Il était étudiant, avec un cousin qui pratiquait l'art samouraï du Ken-do (sabre japonais) et la philosophie. En 1857, sortant d'une beuverie d'alcool, Yamamoto se retrouva avec deux montres volées par son cousin, qu'il tenta de vendre. Yamamoto s'enfuit à Hakodate pour échapper à la police qui l'avait identifié comme ayant volé les montres. A Hakodate, Yamamoto épousa la fille d'un prêtre shintoïste nommé Sawabe. Yamamoto, après avoir épousé la fille du prêtre, devint fils adoptif du prêtre et changea son nom. Sous sa nouvelle identité Takuma Sawabe ne participa pas à la prêtrise Shinto, mais il dirigea un groupe qui révérait l'empereur et exigeait l'expulsion des étrangers. Le Consulat de Russie à Hakodate devint une cible de leur plan d'assassinats.

Une nuit, en 1865, armé d'une épée, il affronta le hiéromoine Nicolas avec l'intention de le tuer avant qu'il ne commence sa prédication. Dans l'échange de paroles qui suivirent, Nicholas demanda pourquoi Sawabe le tuerait sans entendre parler de ce que Nicolas aurait à dire. Donc, Sawabe demanda Nicholas de lui parler de sa religion chrétienne. Comme le jeune missionnaire parlait, ses paroles  adoucirent le coeur de Sawabe, son intérêt s'accrut, et il commença à étudier la doctrine chrétienne. Bientôt, Sawabe fut rejoint dans un groupe de discussion par un ami médecin, Sakai Tokurei. A leur tour, ils furent rejoints par deux amis de plus, Urano et Suzuki, et ainsi le groupe des catéchumènes augmenta. Ils  commencèrent à enseigner le christianisme orthodoxe à d'autres japonais. Pourtant, à cette époque, la politique japonaise étaitpersécutait encore les chrétiens, et interdisait la conversion au christianisme.

Puis, en avril 1868, avec le Lecteur Sartoff Bissarion gardant la porte du bureau du consulat, Nicholas baptisa Sawabe, Sakai et Urano avec pour noms de baptême de Paul, Jean, et Jacques, respectivement. Ils étaient devenus les premiers japonais à accepter le christianisme orthodoxe. Après leur baptême, Paul ses amis allèrent prêcher la nouvelle religion avec plus de ferveur.

Comme la menace d'emprisonnement et peut-être même d'exécution augmentait dans la région de Hakodate, le hiéromoine Nicolas envoya Paul et ses amis voyager ailleurs au Japon, pour prêcher la foi nouvelle, mais en fait pour qu'ils soient plus en sécurité. N'ayant pas de nouvelles de Paul pendant quelques mois, le hiéromoine Nicolas fut très heureux de recevoir des nouvelles de Paul concernant ses succès à Sendai, au nord de Honshu. Avec le temps, l'opposition au christianisme s'apaisa, et celui qui était alors l'archimandrite Nicolas commença à envisager d'élargir son travail de missionnaire à Tokyo.

Ce fut Paul Sawabe que Nicholas envoya à Tokyo pour examiner la situation pour le travail missionnaire dans la région de Tokyo/Yokohama et pour le conseiller sur le potentiel d'un tel travail là-bas. Le rapport de Paul fut optimiste, et Paul conseilla à Nicholas de venir à Tokyo dès que possible. Ainsi, à la fin de janvier 1871, l'archimandrite Nicolas arriva à Yokohama et se dirigea vers Tokyo pour mettre en place son quartier général.

L'opposition locale au christianisme était encore présente. En Février 1872, Paul Sawabe et plusieurs de ses collègues en Christ furent arrêtés par la police locale à Sendai. Les fonctionnaires furent surpris que, même parmi les enfants, leurs réponses aux questions posées montraient une conviction profonde en leur foi chrétienne. Même si beaucoup n'avaient pas été baptisés, aucun ne  modifia sa position, mais ils furent renforcés dans leur foi.

Le 12 Juillet 1875, lors du deuxième Conseil général de la mission japonaise, l'archimandrite Nicolas  décida qu'il y avait un besoin de clergé indigène, et il nomma Paul Sawabe comme devant être le premier prêtre, et  Jean Sakai diacre. Un mois plus tard, l'évêque Paul de la Sibérie orientale vint à Hakodate pour conférer les premiers sacrements des ordres sacrés au Japon, et ordonna le nouveau prêtre et du diacre.

Paul Sawabe continua de servir sa nouvelle foi tandis que son église grandit au fil des décennies suivantes. Il devait survivre à son mentor et évêque d'un an, et mourir en 1913.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
cité par

L'Ermitage du cœur (65)



Le chant comme une prière
Et la voix comme l'encens
Transcendent les limites du monde
Avec l'écho du Nom

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)




Vie de saint Seraphim de Sarov

mardi 22 février 2011

Métropolite Ephrem: Sermon avant le Grand Carême donné à l'Eglise Sainte Marina



Au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, amen.

Bien-aimés, dès aujourd'hui, nous commençons ce chemin du Carême et nous nous préparons au cours des trois prochaines semaines. Aujourd'hui, vous avez entendu le chant magnifique, "Ouvre-moi les portes de la repentance, ô Donateur de vie." C'est l'un des plus beaux chants de l'Eglise pendant le Carême, tandis que l'Eglise nous prépare progressivement pour le jeûne. De même, lorsque nous prions dans la Divine Liturgie, l'Église nous prépare à déposer tous les soucis terrestres, parce que nous sommes sur le point de recevoir le Roi de toutes choses.

Pour un chrétien, toute cette vie est une préparation. On travaille et on se donne de la peine et on prie et on se marie et on élève des enfants. Tout cela est une préparation. Si nous sommes fidèles, alors nous voulons aller au ciel et voir la Face de Dieu. Cette vie passe, mais pour la vie du fidèle dans le Ciel est éternelle. C'est pourquoi l'Église a organisé cette période de temps qui est appelée période de repentance. C'est, un temps de retour à Dieu, un temps où l'on est transporté de la terre vers le Ciel.

Une personne vit dans cette terre chrétienne et peine à cause de sa faiblesse et à cause de la faiblesse de ce monde. Toutefois, son cœur aspire à ce qui est au-delà, quelque chose de plus beau et plus parfait. C'est pourquoi nous entendons l'Evangile et le lisons. Nous croyons au Seigneur Jésus qui est venu pour nous, comme l'évangéliste Jean le dit: "Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l'ayez en abondance (Jean 10:10)". Il a préparé pour nous une vie meilleure que la vie misérable que nous vivons aujourd'hui. Nous sommes consolés lorsque nous allons à l'église et entendons l'Evangile. Que dit l'Evangile d'aujourd'hui? Il parle de deux hommes, dont l'un a été appelé pharisien, et l'autre publicain.

D'après ce que les gens peuvent voir, le pharisien était privilégié et important, respecté par les gens. Il avait des connaissances et des richesses et une position importante. Toutefois, sa faute à l'égard du Seigneur n'était pas qu'il avait appris, sa faute, c'est qu'il était fier de ce qu'il avait. L'autre homme était un publicain, c'est-à-dire un percepteur, il percevait la dîme. Aujourd'hui, chez certains hérétiques protestants paient la dîme. Mais ce publicain volait de l'argent, c'est-à-dire qu'il récoltait plus que nécessaire et les gens le considéraient comme un voleur. Malgré cela, il vint prier à genoux et dans le repentir et il dit: "Ô Dieu pardonne-moi, pécheur!" C'est pourquoi le Seigneur  fit son éloge et lui donna raison. Il le préféra au pharisien, car il avait dit: "Ô Dieu, pardonne-moi pécheur!" C'est-à-dire qu'il a confessé son péché.

La personne qui a une valeur noble devant Dieu est celle qui quand elle pèche, confesse son péché et ne le cache pas. Ce fut la vertu du publicain, l'humilité. C'est pourquoi le Seigneur Jésus a dit, et nous dit sans cesse, ces paroles de l'Evangile qui sont à l'opposé de l'esprit du monde: "Celui qui s'abaisse est élevé"

Que Dieu nous accorde dans le jeûne à venir d'être humble, afin qu'Il nous bénisse et nous élève vers le Royaume des Cieux, Amen.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Icône:

L'Ermitage du cœur (64)




Que ta prière des jours
Soit le chant de l'éternité
Dans le Nom Ineffable
Qui éblouit le silence

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

lundi 21 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (XV et fin))





Sais-tu que la partie raisonnable de l'homme se trouve dans son sein ? Car c'est dans son sein, que même lorsque les lèvres sont silencieuses, nous parlons et prenons avis et disons des prières, des psaumes, etc... Que cette partie raisonnable, l'ayant départie de toute pensée (car tu le peux si tu le désires) dise : "Seigneur Jésus-Christ Fils de Dieu aie pitié de moi" ; et force-la à dire en dehors de tout autre chose, ces paroles à l'intérieur. Et quand tu garderas ceci pendant quelque temps, par ceci l'entrée du coeur te sera ouverte aussi, indubitablement comme je te l'écris, car nous-mêmes avons découvert ceci par expérience. Et viendront à toi, avec la vigilance si douce et tant désirée, le chœur de toutes les vertus : l'amour, la joie, la paix, etc..."
Le divin Grégoire le Sinaïte, enseignant aussi cette méthode de l'intellect dans le cœur, cette très salutaire invocation du Seigneur, dit : "Assis dès le matin sur une chaise basse, descend ton intellect de la tête dans le coeur et garde-le là. Et te penchant avec difficulté et ressentant une douleur aiguë dans la poitrine, les épaules et le cou, clame sans cesse avec l'intellect ou l'âme : "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi". Puis, s'il arrive que par suite du confinement ou de la douleur et des fréquentes invocations, cela devienne désagréable (ce qui n'arrive pas à cause de la Nourriture à Trois Noms fréquemment ingérée, car il est dit, "ceux qui me mangent auront encore faim" (Sirach 24: 23) alors transfère ton intellect à l'autre moitié ; dit : "Fils de Dieu, aie pitié de moi". Et en prononçant cette deuxième partie de nombreuses fois, tu ne changeras pas souvent les deux moitiés de la prière par paresse et ennui car les fruits transplantés souvent ne prennent pas racine. Garde ta respiration légère aussi, afin de ne pas respirer fortement car le mouvement de l'air qui procède du coeur, disperse la pensée et assombrit l'intellect ; et revenant de là, il entraîne le captif à l'oubli, ou le force en un lieu en place d'un autre. Et ainsi il devient insensible à ce à quoi il ne devrait pas l'être. Si tu vois la souillure des esprits impurs, c'est-à-dire, les pensées qui s'élèvent ou forment des images dans ton esprit, ne sois pas effrayé ni surpris ; mais de même si de bonnes pensées concernant certaines choses t'apparaissent, ne leur prête pas attention, mais en retenant le souffle autant que possible et en enfermant l'intellect dans le coeur et en faisant constamment et fréquemment l'invocation du Seigneur Jésus, tu écraseras et déracineras ces pensées en les blessant invisiblement avec le Nom Divin, comme le dit saint Jean Climaque (Degré 21) : "Battez les ennemis avec le Nom de Jésus, car il n'est d'arme plus forte, que ce soit au ciel ou sur la terre" ("Du Silence" 11, 15).
De même, ce saint enseignant comment on doit être assis en silence, en prière, dit : "Quelquefois, on doit s'asseoir sur un tabouret pour ce labeur, quelquefois être sur un lit pour le repos. Tu dois être assis avec patience, pour l'amour de Celui qui a dit que nous devions être patients dans la prière" (Luc 18 : 1). Nous ne devons pas nous lever trop vite, pour ne pas nous évanouir, à cause de la difficulté de la peine, de l'affliction, de l'invocation et de la tension fréquente de l'intellect. Ainsi le déclare aussi le prophète : "Les afflictions se sont emparées de moi comme de quelqu'un qui enfante" (Jer. 8: 21). Et ainsi, pénétrant et concentrant l'intellect dans le coeur, si ton coeur doit être ouvert, appelle à l'aide le Seigneur Jésus. Si tes épaules te font mal et que tu as souvent mal à la tête, endure ceci d'autant plus fermement et avec zèle, en cherchant le Seigneur dans ton coeur : "car à ceux qui se forcent appartient le Royaume des Cieux, et les violents le prennent par la force" (Mt. 11: 12), etc...
Et il dit encore au sujet de ce que l'on doit dire dans cette prière : "Les Pères parlaient ainsi : l'Un dit toute la prière "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi", un autre en dit la moitié, "Jésus Fils de Dieu, aie pitié de moi" - et ceci est plus approprié en raison de l'infirmité et du caractère enfantin de l'intellect. Et nul, seul, ne peut, si ce n'est par l'Esprit, nommer secrètement et purement et parfaitement le Seigneur Jésus (2 Cor. 12 : 3) mais comme un enfant muet, il ne peut le prononcer avec sa langue. Et il ne faudrait pas par paresse changer souvent l'invocation du Nom, mais rarement". Il dit encore : "Quelques-uns enseignent que ceci doit être prononcé avec les lèvres, d'autres avec l'intellect, mais je permets les deux choses. Quelquefois l'intellect est las et s'ennuie en parlant, il en est de même pour les lèvres. De ce fait il faut prier des deux façons - à la fois avec les lèvres et avec l'intellect ; cependant on doit invoquer à voix basse et sans bruit (de peur que la voix en troublant la sensation et l'attention de l'intellect, ne l'entrave), jusqu'à ce que l'intellect, s'étant habitué, avance et reçoive le pouvoir de l'Esprit pour prier fortement et à sa pleine mesure. Alors il ne sera plus nécessaire de parler avec les lèvres, et ce ne sera même plus possible, l'individu étant en condition d'effectuer cette activité avec son seul intellect" (ler et 2ème des 7 derniers chapitres).
Et ainsi, prêtez attention à la manière dont les Saints Pères, - comme je l'ai indiqué -, présentent cet enseignement très clair et cette pratique de l'activité mentale pour les débutants. Et à partir de cet enseignement, vous pourrez comprendre aussi les enseignements des autres Saints sur cette activité, qui est présentée d'une manière directe.
Fin des six chapitres. 

Au Dieu Très Miséricordieux 
est la gloire, 
l'honneur, 
la louange et l'action de grâce
 dans les siècles des siècles. 
Amen.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972
*
(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
*

Père Gheorghe CALCIU: Quand vous communiez...



Lorsque vous communiez et que vous quittez l'église, l'ange s'incline devant vous! Vous vous tenez devant les anges, parce que vous êtes porteurs du Christ! Si vous ne comprenez pas cela, je ne dis pas que vous venez à l'église en vain, mais que vous n'êtes pas vraiment pénétrés par ce que signifie venir à l'église, du fait que vous devez être sauvés, du fait que vous n'êtes pas venus au monde pour périr comme tout autre animal. Vous n'êtes pas venus pour vivre une vie qui se termine par la mort, mais vous êtes venus au monde avec une mission. Cette mission possède un aspect social, mais en même temps, il s'agit d'une mission sacrée: répandre la Parole de Dieu, être un exemple pour tous, exhorter les autres à travers ce que vous faites, faire le bien, parce que cela vous conduit aussi au salut.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
Père Gheorghe Calciu
Interviews, Homilies and Talks
Saint Herman of Alaska Brotherhood
cité par 

L'Ermitage du cœur (63)


Que demander de plus
Toi qui as la prière
Et la perspective du Royaume

上帝的朋友 ( L'ami de Dieu)

dimanche 20 février 2011

Saint Païssy Velitchkovsky: Le Parchemin/ Six Chapitres sur la Prière Mentale (XIV)


CHAPITRE VI
Le commencement de l'apprentissage de la divine prière de l'intellect dans le cœur.
Jadis, cette très sainte activité de la prière dmentale, rayonnait en plusieurs endroits où les Saints Pères avaient leurs demeures. De ce fait, en ce temps-là, il y avait aussi beaucoup de maîtres experts en cette activité spirituelle. Pour cette raison aussi, nos Saints Pères, quand ils écrivaient à ce sujet, ne parlaient que du bénéfice spirituel inexprimable qui en procédait, n'ayant nul besoin, comme je le pense, de disserter sur l'expérience de cette activité qui convient aux débutants. Et même si certains ont écrit à ce sujet quelquefois, cela était très compréhensible seulement pour ceux qui avaient l'expérience de cette activité, car pour ceux qui n'en avaient pas l'expérience, c'était tout à fait incompréhensible. Mais certains des Saints Pères, quand ils virent que des instructeurs véritables et confirmés de cette activité commençaient à être peu nombreux, et craignant que les premiers pas de cette prière mentale ne soit perdus, décrivirent, aussi le commencement et l'expérience de cette prière, la manière selon laquelle un débutant devrait l'apprendre, comment il devrait entrer avec son intellect dans le pays du cœur puis y former là cette prière avec l'intellect en vérité et sans erreur. Le divin enseignement des Pères concernant ce sujet, est exposé ici.
Saint Siméon le Nouveau Théologien parle ainsi à propos du commencement de cette activité : "L'attention vraie et détrompée, et la prière consiste en ceci que durant le temps de la prière l'intellect gardee le cœur et demeure toujours en lui, c'est-à-dire que, depuis les profondeurs du cœur, le cœur doit envoyer une prière au Seigneur. Et quand il goûte avec le cœur que "le Seigneur est bon" (Ps. 33 : 8) et se réjouit avec douceur, l'intellect ne sort plus du lieu du cœur. Et avec l'apôtre, il dit : "Il est bon pour nous d'être ici" (Matt. 17 : 4). Et examinant sans cesse les lieux du cœur, il acquiert une certaine moyen de chasser toutes les pensées de l'Ennemi qui y ont été semées". Et plus loin il parle encore plus clairement de cela : "Assis dans une cellule silencieuse dans un coin choisi, fais en sorte de faire ce que je te dis : Ferme la porte et élève ton intellect au-dessus de tous soucis, et presse ton menton sur ta poitrine, mouvant l'œil des sens en harmonie avec l'intellect. Retiens l'inspiration par le nez afin de ne pas expirer trop fort, et efforce-toi de trouver mentalement l'endroit où est le cœur en toi, où il est naturel que tous les pouvoirs de l'âme soient situés. 
D'abord tu trouveras là, ténèbres et rude grossièreté. Mais, si tu continues a faire cela nuit et jour, tu obtiendras - ô merveille - la joie incessante"*. Et plus loin il parle plus clairement de ceci comme suit : "Aussitôt que l'âme a trouvé le lieu du coeur, immédiatement elle voit ce qu'elle n'a jamais vu auparavant : elle voit de l'air au milieu du coeur et celui-ci est entièrement brillant et rempli de discernement. Et à partir de ce moment-là, peu importe d'où vient une pensée, avant qu'elle n'entre et ne prenne forme, elle est immédiatement bannie et détruite par l'invocation de Jésus-Christ. De là, l'intellect, se souvenant du mal fait par les démons, élève contre eux une colère naturelle, les poursuit et jette à terre les adversaires spirituels. Et vous apprendrez aussi d'autres choses avec l'aide de Dieu, en gardant l'intellect et en gardant Jésus dans le coeur. (Homélie 68 "Sur les trois formes de l'attention et de la prière") 
Saint Nicéphore le Jeûneur, enseignant avec encore plus de clarté ce qui concerne l'entrée de l'intellect dans le cœur dit : "D'abord, que ta vie soit une vie de silence, sans soucis, et en paix avec tous. Puis en entrant dans ta chambre, enferme-toi et assis dans un coin, fait ce que je te dis : tu sais que ce que nous inspirons, n'est autre que cet air; nous ne l'expirons que par le cœur. Et c'est la cause de la vie et de la chaleur du corps. Le cœur draine l'air, afin de laisser partir sa chaleur par la respiration et d'avoir de la fraîcheur. La cause de cette activité, ou plutôt son serviteur est quelque chose de léger, qui, créé très infime par le Créateur, comme une sorte de soufflerie, aspire aisément et expire ce qui l'entoure, c'est-à-dire, l'air. De cette manière, le cœur, tirant sa fraîcheur, à l'aide de l'air et laissant sortir la chaleur, accomplit sans discontinuer la fonction pour laquelle il fut établi au sein de la vie. 
Alors, étant assis et concentrant ton intellect, force-le à entrer dans le cœur avec la respiration. Et quand il entre là, ce qui s'ensuit ne sera pas sans joie et sans bonheur". Et plus loin : "De ce fait, ô Frère, entraîne ton intellect à ne pas sortir trop vite de là; car il trouvera cela très ennuyeux à cause de la claustration et du confinement intérieur. Mais quand il s'habituera il ne supportera plus de s'aventurer ailleurs à l'extérieur, car le Royaume des Cieux est en nous, et quand nous l'examinons là, et que nous le cherchons par la prière pure, alors tout ce qui est extérieur devient vil et haïssable. Si immédiatement comme je l'ai dit, tu entres avec l'intellect dans le lieu du coeur que je t'ai indiqué, alors remercie Dieu et glorifie-Le, réjouis-toi et continue cette activité sans discontinuer et tu apprendras ce que tu ne sais pas. Et tu dois savoir aussi que l'intellect ne doit pas rester silencieux et oisif, mais doit avoir comme activité et labeur incessant ces paroles : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi" ; et il ne doit jamais cesser cette activité. Cela empêche l'intellect d'être étouffé et le préserve de l'atteinte et des pensées de l'Ennemi, et l'élève chaque jour dans l'amour et le désir divin. Mais si, ô Frère, après avoir œuvré longtemps, tu ne peux pas entrer au pays du cœur, comme nous te l'avons ordonné, fais ce que je te dis et avec l'aide de Dieu tu trouveras ce que tu cherches."

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après 
THE SCROLL 
Containing 
SIX CHAPTERS ON MENTAL PRAYER
By Our Father of Blessed Memory [saint] 
STARETZ PAISIUS VELITCHKOVSKY
Orthodox Word
Saint Herman of Alaska Brotherhood,
Platina,
California, USA
1972
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(Gravure de saint Païssy: 
Dominique Aymonier-Lopez)
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*Dans la traduction russe des Homélies de Saint Siméon le Nouveau Théologien, l'évêque [saint] Théophane le Reclus fait à ce moment du texte une remarque sous forme de note, prévenant le lecteur que ces techniques, à cause du manque de guides spirituels peuvent engendrer de fâcheuses conséquences. Il doit donc être bien compris que la pratique des techniques exposées dans le chapitre VI ne doit pas être détachée des conditions indispensables exposées au chapitre IV : il faut au minimum être sous l'obédience (la direction spirituelle) d'un père spirituel dans un monastère.
Pour les laïcs, ces techniques peuvent être réduites à une simple pratique que l'Evêque Théophane expose ainsi : "Il s'agit surtout d'acquérir l'habitude de garder l'intellect dans le cœur. On doit faire descendre l'intellect depuis la tête jusqu'au cœur, et le planter là, c'est-à-dire acquérir l'habitude d'une prière sans distraction qui peut être acquise en général commodément en cheminant dans la Voie de Dieu par le labeur de la prière, et surtout par la fréquentation de l'Eglise".